LK8 NOCES VÉNITIENNES
MOROSIKA.
Non!
GaLIGKO.
A quelqu'un «I»? vos amis .'
MOROSIKA.
Non!
GALIEKO.
A moi peut-être?
MOROSIKA, ihMMl.
Ab! si j'avais pu me perdre el mourir pour vous’.
GALIEKO.
C’est à moi, n'est-ce pas?
MOROSIKA»
Non !
GALIEKO.
Vous pouvez vous relever. Je comprends tout maintenant
MOROSIKA, ** f*lc«Ml.
Que voulez- vous dire?
GALIEKO, Ai
Moi?... mon Dieu, rien, madame. — Sinon que vous n'êtes plus nu palais Saint-Marc... sinon que je ne suis plus prisonnier dans une chambre secrète et que je n’ai plus h nie livrer pour vous sauver... sinon que vous pouvez dire à Jean Orseolo jue toute ruse et toute comédie sont désormais inutiles, voilà tout.
MOROSIKA.
Il me soupçonne!... Il soupçonne même mon dévouement!... (a r.»u..«.) Ali! voyons, expliquez-vous, je ne vous comprends pas!... Ali! parlez, monsieur, parlez!... Vous voyez bien que votre silence me tue : mai> parlez donc!
calieko.
Pour un homme qui connaît Venise, je suis impardonnable, n'esl-il pas vrai, d'avoir pu prendre au sérieux vos larmes et votre terreur?
MOROSIKA.
Ah! Seigneur Dieu!
GALIEKO.
On a voulu me faire parler, j'ai parlé, c’est charmant]
MOROSMA, » »llr-»éin«.
Oh! c'est horrible!
GALIEKO.
On m'a demandé ma tête, j’ai évité au bourreau la peine de la prendre, je l’ai donnée moi-méme comme un sol, c'est ravissant!
MOROSIKA, à .lU iD/niff.
Est-ce que cet homme ne me tuera pas, mon Dieu!
GALIEKO.
Combien a-t-on estimé ma tête, madame?... mille, dix mille, vingt mille sequins?... O n'est pas assez pour la tête d'un Ea- Jiero... (lui p-t«at •» bomw.) Tenez, prenez!... (iu.M»finoi.t«teMi>w«M.) Prenez, et sortez ! •
MOROSIKA, r*col*eit »»oc boumt.
Ah!...— Ali! tu ne me chasseras pas ainsi!... Ah! tu m'écouteras, tu m’écouteras le dis-je!... tu m’écouteras!... — (a «-Uc- ■lw>, Ah ! c’est horrible! (Rru-wm giIîcm.) Gaiieno!
— mais c'est affreux ce que vous faites là!... Je vous ai trahi... moi?... je vous ai livré... moi ?... je vous ai perdu... moi?... mais, mon Dieu, regardes ma pâleur... regardez mes larmes... regardez mon désespoir!
GALIEKO.
Comédie !
(11 t» »'u«r«ir à droit«.)
MOROSIKA.
Ah! voyez comme c'est affreux ce que vous dites et ce que vous faites, vous n’osez même pas me regarder!... (s« m«u*»t a *« peann*.) Voyons, jugez-moi avec sang-froid... examinez mon cœur sans colère... — Mon iimocence est bien évidente pourtant!... Voyons, qui t’a aimé connue un Dieu?... vovons, qui a voulu te détourner de Venise et le garder à Segnar... tu vois bien que tu inc calomnies U. Enfin, qui aurait donné son sang, sa vit*, son salut pour ne voir que toi, ne vivre que pour toi et mourir près de toi dans un désert? mais c'est moi, Gaiieno, c'est moi!
GALIEKO.
Comédie!
MOROSIKA. m nllNM.
Ah ! tenez, je vous croyais meilleur que les autres, et vous êtes pin 1 !... Vous êtes un homme atroce!... Vous nie marchez sur le cœur, vous me déchirez l’Ame, vous me torturez, et vous vous dites : C'est bien; c'est une femme perdue, une courtisane, une espionne des Dix... Eh bien! vous mentez!... (g*i>c»<> «• «•» la
rr rd P vm d.aa, n . elle rHcmb, Mifc.) Non, tu ne mens pas!... Non, je suis cela!... Je suis pire encore!... — Ah! laisse-moi te dire que je suis innocente et que je t'aime! — Oh! oui, je t'aime! — C'est malgré moi, c'est contre moi!... Je ne sais ce que Dieu a
fait de mon cœur! ... mais il me châtie avec mon amour!... mais mon amour me purifie et me brille, me relève et me brise, me ressuscite et me tue!... C’est un supplice qu'aucune autre femme n'a éprouvé, *ois-tu!... — Voyons! qu'avais-je besoin de t’aimer ainsi?... N'est-ce pas absurde/dis?... Tun'as vu que la courtisane en moi, le caprice, l'oubli... tu ns eu raison... et c'est moi qui ai eu tort de chercher un lien honnête el durable entre tous les fils brisés et souillés de ma vie!... Ah! j'étais bien insensée, je le vois maintenant!... Mais je ne fai jamais trompé, au moins!... — Tu me crois, n ‘est-ce pas?... Ah ! dis que tu me crois!... — Tiens, voici des papiers que tu m'as confiés un jou/ à Segna au moment d'un grand danger... Ges papiers contiennent là vie... Je n'avais qu'à les envoyer à l’un des inquisiteurs d'Etat, tu étais perdu... Je ne l'ai pas tait!... Est-ce une comédie?
GALIEKO, éaa, la Hrait,
Morosina !
MOROSIKA , f<nali«o»nl.
Parmi cos papiers se trouve le testament de ton père vpn relaie la mort de Giuppo, tué par lui dans une rencontre. Je n'avais qu'à envoyer cette confession à Jean Orseolopour mettre une barrière étemelle de plus entre sa tille et toi... — Je ne l ai pas fait!... Ma jalousie me le conseillait, j’ai étouffé ma jalousie, car cette révélation, c'était ta mort!... Est-ce encore uue comédie ?
GALIEKO.
Morosina!