‹ Les noces vénitiennes drame en cinq actesChapitre 76 sur 83 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ORSEOLO, SlMULEf,

(fiimoUi et Oraeolo août nuit.)

Mes aïeux m'ont transmis leurs idées avec leur nom, leurs passions avec leur sang. Dieu seul pourrait éteindre en moi ce loyer ardent de haine que les morts attisent. Je ne suis pas un nomme, mon père, je suis une race.

SIMOLEÎ.

Je ne peux pas vous absoudre, mon Uls.

ORSEOLO

C’est l’un des chefs souverains d'un grand peuple qui vous supplie?

SIMOLEÎ,

C'esl l'indépendance de l'Église, c'est la justice de Dieu qui vous répond.

ORSEOLO, M mettant à genou.

C'est un ami, Simoluï?

SIMOLEÎ.

Mon ami serait dans mes bras, non à mes pieds, devant mon tribunal !

• * OR8ÂOLO.

C'est le chrétien?

SIMOLEÎ.

Alors, chrétien, repen»-toi, et oublie 1 ORSEOLO, k U»*nt.

Je ne peux pas mentir & Dieu. Je ne suis pas un homme, je vous l'ai dit, je suis une race.

SIMOLEÎ.

El ta fille?

ORSEOLO, iroanillanl.

Ma fille?... n'est-elle pas unie à l'homme de son choix? SIMOLEÎ, •«« reproche.

Un mariage secret qui interdit à Galieno l'entrée publique du palais, et le force à y pénétrer, la nuit, par une échelle, comme si son amour était maudit par Dieu et condamné par les hommes !

ORSEOLO

Vous êtes cruel, mon père. Ils pourront bientôt étaler leur bonheur aux yeux de Venise étonnée. Je leurai demandé le secret jusqu'à ma mort. Oh! je ne vivrai pas longtemps, je me hâte de mourir!... — Que leur faut-îl de plus?... — Faliero s était livré. Il m'avait jeté son nom de pirate a la face comme un défi. Je devais le livrer aux inquisiteurs d 'État... et je me suis fait son complice par mon silence... et i'ai humilié mon orgueil jusqu'à mendier son alliance et sa pitié... et j'ai fui Venise pour ne pas la trahir une seconde fou... et je me suis enterre 1 dans cette solitude, où je n'ai pour confident que la mer qui se lamente à cent pieds au-dessous de moi et les mbous sinistres qui habitent cette tour... Que leur faut-il de plus?... Il est libre enfin cet homme!... il est heureux!... — J’ai ménagé son repos jusqu'à faire disparaître violemment Momsina de Venise... Il traîne sa popularité et ses triomphes dans celte ville sonore qui me rapporte jusqu'au moindre bruit de ses pas... Je l'entends respirer... je l'entends marcher... t’entends sa joie, ses chants, scs sérénades, et j etouJDe dans ma haine, moi... — Que leur faut-il de plus?

. SIMOLEÎ.

Cette haine te tuera, mon fils!

ORSEOLO

Elle m'a tué... j'achève de mourir! — J'entends Albone!

SIMOLEÎ.

Elle vient me chercher. Elle consacre deux heures, chaque soir, à de pauvres indigents que sa vue console et que sa charité soutient. EUe cache sa bonté comme d'autres cachent leurs crimes.

(Albo«« «Mro,)

i ORSEOLO, bnl Mintl Lr*».

Ma noble et chère enfant! (nu M rr« d»«. bu «t r««bnM«.)

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