‹ Les Nodosités du Rhumatisme Articulaire AiguChapitre 2 sur 43 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Pendant notre année d’internat à Phôpital des Enfants- Malades, nous avons eu l’occasion d'observer, à fort peu de temps de distance, deux cas de nodosités sous-cutanées rhumatismales : le premier, dont nous avons pu suivre attentivement l’évolution pendant plus de deux mois et examiner directement par la biopsie les lésions sous-cutanées, fut présenté par M. le Docteur Lesné et nous à la Société de Pédiatrie, le second, que nous avons observé avec M. le Docteur PariILLon, est encore inédit.

Au cours des recherches bibliographiques que nous fimes à propos de ces deux petits malades, nous avons été vivement frappés par la discordance des opinions émises dans les travaux publiés sur ce sujet. A vrai dire, l’accord est à peu près fait au point de vue étiologique et clinique, et presque tous les auteurs limitent nettement aujourd’hui le cadre de la nodosité rhumatismale, ne la rapprochent plus dans une description commune des nodosités arthritiques de Féréoz, ainsi qu’on le faisait il y a peu d'années encore, et la séparent

nettement des autres complications cutanées et sous-cutanées du rhumatisme. Mais aussitôt que l’on aborde les chapitres d'anatomie pathologique et de pathogénie, cet accord cesse ; les lésions histologiques les plus différentes, les plus disparates, sont placées sur le même plan, sans que rien mette en évidence le lien qui les rattache entre elles, et explique comment, on peut trouver, dans les nodosités rhumatismales, des éléments aussi éloignés que le fibro-cartilage et linfiltration cellulaire du tissu conjonctif. De leur côté, les conceptions -pathogéniques ne reposent guère que sur des hypothèses, et, à part celle de Nepveu, aucune n’essaie d'interpréter les lésions histologiques pour expliquer le développement de la nodosité.

Il nous a donc paru intéressant de reprendre dans une étude d'ensemble les plus typiques des observations déjà publiées, d’en faire au besoin Panalyse critique et de donner une description détaillée de cette rare et curieuse complication du rhumatisme. Nous essaierons d’aller plus loin : après avoir décrit le type le plus fréquent des nodosités sous-cutanées, tel qu'il a été établi par M. Meyer, nous verrons si ce type doit subsister dans son intégrité ; nous croyons, en effet, qu'il n’est point univoque. Il existe certainement une forme de nodosités qui correspond exactement à la description de M. Meyner, et qui est assez fréquente pour qu’on puisse la considérer comme la forme normale.Mais nous pensons qu’à côté d’elle peuvent trouver place trois sous-variétés, caractérisées, la première par san évolution brève et signalée par MM. Neeveu et Bar; la deuxième, par la longue durée de la néoformation et décrite pour la première fois par M. Wipar; la troisième enfin, infiniment plus rare, par ce fait que, évoluant d’abord comme une nodosité de Meyner, la néoformation conjonctive change peu à peu de nature et se transforme en tissu ossiforme. L'anatomie pathologique nous permettra

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