‹ Les Nodosités du Rhumatisme Articulaire AiguChapitre 41 sur 43 · LAN AA · texte numérisé non relu

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Sous l'influence du traitement prescrit, l’état s’améliora et le 29 mai la malade put quitter son lit. On constata cependant au niveau des genoux des nodosités grosses comme la moitié d’un petit pois et assez résistantes. Des nodosités tout à fait semblables étaient relevées aux deux malléoles externes, au coude droit jusqu’au-dessus de l’olécrane, dans la région de l’épine iliaque postéro-supérieure des deux côtés, enfin à l'articulation de l’épaule droite au-dessous de la naissance de la clavicule. Leur sensibilité était peu marquée et on pouvait les faire rouler sous la peau.

C’est dans cet état que la malade fut présentée à la Société des médecins dela Charité. Quelques-uns des assistants émirent l’opinion qu’il pouvait s’agir d’une invasion de cysticerques dans les tissus périarticulaires ; le mode de développement des nodosités rendait improbable cette façon de penser.

Très peu de temps après, une élévation du pouls et de la température survint et apparurent de l’œdème et de l’ascite. La malade mourut le 3 juillet sous le coup d’une hydropisie généralisée.

L’autopsie faite par Grawrrz montra de l’endocardite chronique très marquée avec une lésion mitrale, une hypertrophie du cœur droit qui commençait, une induration rouge des poumons, un foie muscade, de l’hydrothorax et de l’ascite.

Examen histologique.

Orservarion XXXII(/Résumée en partie).

Hosgs.— Journal de médecine de Bordeaux, 28 janvier 1894,

Enfant de 16 ans entré à l'hôpital pour une cardiopathie grave suite d’un rhumatisme articulaire très intense survenu il y a huit mois. A l’entrée, souffle systolique à la pointe, souffle diastolique à l’orifice aortique, frottement à l’appen-

dice xiphoïde, tachycardie, arythmie et pleurésie gauche. Présente de plus des exostoses au niveau des principales articulations et des « excroissances de chair » sur les poignets étles mains.

« Ces productions osseuses sont immobiles, quelques-unes douloureuses à la pression, et leur examen est rendu plus facile par la flexion des membres. De plus elles offrent le double caractère d’être presque exactement symétriques et localisées exclusivement aux extrémités osseuses.

Si nous les analysons en détail, nous en trouvons cinq à six au niveau des genoux; sur les bords arrondis des condyles, dont elles inégalisent les contours, et sur la rotule; à la partie antérieure de l'extrémité inférieure du fémur gauche, nous rencontrons une exostose beaucoup plus volumineuse, mesurant environ vingt-cinq millimètres de longueur.

Les coudes présentent le même aspect, moins accusé cependant; du reste, les saillies se sont considérablement atténuées depuis un mois; quoi qu’il on soit, vous pouvez encore percevoir des inégalités du condyle et-de la trochlée de l’humérus et, au niveau de l’olécrane, une palpation méticuleuse nous révèle à gauche une exostose douloureuse.

Du côté des poignets nous retrouvons aussi quelques inégalités sur l'extrémité inférieure du cubitus, particulièrement à droite. Enfin, les phalanges présentent toutes, plus ou moins, une hypertrophie de leurs têtes.

Voilà ce que l’on trouve au niveau des os; mais je vous ai annoncé, dès le début, que cet enfant présentait aussi des nodosités de la peau. Actuellementelles ont en partie disparu ; très nombreuses il y a un mois dans la région du poignet, du dos de la main et des doigts, nous les retrouvons aujourd’hui très effacées et en nombre beaucoup moindre; cependant il en a persisté quelques-unes dont l'examen vous per- -met de faire le diagnostic. Ce sont des nodosités cutanées,

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constituées par un épaississement du derme, mobiles avec la peau et présentant parfois un véritable pédicule de consistance plus dure, plus résistante, destiné à les relier au tissu sous-jacent. »

Horgs conclut que l’enfant présentait deux lésions bien distinctes : 1° des nodosités rhumalismales ; 2° des exostoses, semblables à celles décrites par Verneuil, et également d’origine rhumatismale. Il ne pouvait s’agir d’exostoses ostéogéniques de croissance en raison de leur siège qui n’était pas au niveau du cartilage juxta-épiphysaire, et de leur régression notable depuis un mois (1).

Opsenvarion XXXIIT (Résumée en partie).

VuLpiAN, — In Troisier. Soc. med. hôp., 26 octobre 1883.

Homme de 50 ans atteint à plusieurs reprises d'accidents rhumatismaux variés, mais toujours subaigus. Depuis une dizaine d’années présente de temps à autre des nodosités : il se formait sur la deuxième phalange d’un des doigts, surtout du médius ou de Pannulaire d’une des mains, une nodosité assez saillante pour soulever la peau et très facile à reconnaîlre par la palpation. Cette nodosité était allongée dans le sens de la phalange, comme fusiforme; elle paraissait parfois offrir le volume d’un grain de blé et elle était d’une consistance dure, élastique, comme fibromateuse; elle était légèrement douloureuse d’une façon permanente; la pression ou le choc y déterminaient une douleur extrêmement vive. La nodosité, ordinairement unique, persistait pendant 8, 10, 15 jours, puis disparaissait sans laisser la moindre trace. La peau à son niveau ne présentait aucune

(1) Peut-être ces exostoses n'étaient-elles que des nodosités en connexion avec le périoste ; leur diminution rapide justifierait assez cétte hypothèse.

modification de teinte ou de chaleur; elle n’était pas adhérente à la nodosité, qui paraissait au contraire faire corps avec le périoste de la phalange. Récemment le malade à présenté une nodosité arrondie, faisant corps avec la partie profonde de la peau de la main gauche. Cette nodosité soulevait la surface de la peau en formant une saillie peu accusée, elle avait le volume d’un grain de chénevis, et était. très résistante au doigt, comme si elle était formée de tissu fibreux.

Elle était le siège d’une douleur spontanée assez vive, devenant térébrante et brûlante par la pression.

Elle disparut au bout de douze jours.

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