‹ Les noels bourguignons de Bernard de La MonnoyeChapitre 18 sur 75 · NOELS · texte numérisé non relu

NOELS

compaaé* l’an JÏM, dans la ru* du Tlllot.

NOEL I

sim i ’air : Robin turelure.

En l’honneur du Fils de Dieu , Qui racheta la nature,

En ce saint jour de Noel, Ture-lure ,

Chantons, malgré la froidure :

Noël ture-lure-lure.

D’une crèche il fit son berceau , Son palais d’une masure.

D’une botte de paille son lit, Ture-lure,

, D'un chiffon sa couverture :

Noël ture-lure.

Il n’avait feu ni sarment Pour réchauffer sa chamure;

La bise et les quatre vents , Ture-lure,

Lui soufflaient des engelures Noël ture-lurè-lure.

Lé mau qu’el é supotai On sauvai lai créature ;

Ç’à ce qui no fai chantai , Ture-lure ;

J’an dessaron no ceinture : Noei ture-lure-lure.

Alon, gai 1 sauton, danson An çati joyeuse pôsture ;

Por élongé lai chanson, Ture-lure,

Émasson dé rime an ure :

Noei ture-lure-lure.

L’ar an à bé jôliai ;

Tô lé lanturlu-lanture,

Lé flon-flon, lé triolai, Ture-lure,

Jaimoi n’on vaillu, pranture :

Noei ture-lure-lure.

I cueùde po le çartain Que, non san queique brôdure De Vizai , le moi prôchain , Ture-lure ,

Feré bôtre en son Marcute ‘ Noei ture-lure-lure.

Lai Caidémie en respai , Nonostàn l’impôlissure ,

Ai lai faveur du seùjai,

Alun, gai ! fcaulon , rtanson An çan joyeuse posture !...

( l’age 96.)

Ài 4

■ sMte

Les maux qu’il a supportés • Ont sauvé la créature ; •

C’est ce qui nous fait chanter,

Ture-lure :

Nous en desserrons nos ceintures Noël ture-lure-lure.

Allons, gais 1 sautons, dansons En cent joyeuses postures ;

Pour allonger la chanson, Ture-lure,

Amassons des rimes en ure :

Noël ture-lure-lure.

L’air en est bien joliet ;

Tous les lanturlu-lanture ,

Les flons-flons, les triolets,

Jamais n’ont valu , d’aventure :

Noël ture-lure-lure.

Je pense pour le certain Que , non sans quelque brodure, De Vizé , le mois prochain , Ture-lure ,

Fera mettre en son Mercure :

Noël ture-lure-lure.

L’Académie en respect, Nonobstant l'incoitection ,

A la faveur du sujet ,

Ture-lure ,

N’i feré poin de raiture :

Noei ture-lure-lure.

Si ce Canticle peuvô Se faire au Louvre ôvature,

Le Roi lu-moime aussitô , Ture-lure ,

Àntonnerô , je m’éssure :

Noei ture-lure-lure.

Felipe, son peti-fi ,

Tarré por ein bon augure Qu’on dize an tô lé paï ,

Voû rôleré sai voiture :

Noei ture-lure-lure.

Ici le pu vieu penar,

Sai n’é l’oraille trô dure , Trepille corne un luzar, Ture-lure,

D6 qu’el antan qu’on marmure Noei ture-lure-lure.

Lé Carme , lé Jaicôpin ,

Lé Refuge , lés Orsure ,

Lé Chàtreu, lé Capucin Ture-lure ,

Chante dedan lo clôture Noei ture-lure-lure.

Ture-lure ,

N’y fera point de rature :

Noël ture-lure-lure.

Si ce Cantique pouvait Se faire au Louvre ouverture ,

Le Roi lui-même aussitôt, Ture-lure,

Entonnerait , je m’assure :

Noël ture-lure-lure.

Philippe , son petit-fils ,

Tiendra pour un bon augure Qu’on dise en tous les pays, Ture-lure, ‘

Où roulera sa voiture :

Noël ture-lure-lure.

Ici le plus vieux pénard,

S’il n’a l’oreille trop dure , Trépigne comme un lézard , Ture-lure,

Dès qu’il entend qu'on murmure Noël ture-lure-lure.

Les Carmes, les Jacobins ,

Les Refuges , les Ursulines ,

Les Chartreux, les Capucins, Ture-lure ,

Chantent dans leur clôture :

Noël ture-lure-lure.

LA MON'NOYE

Ma chantai du bou dé dan ,

Ç’à ne chantai qu'an painture.

Ai fau qu’ancor au dedan ,

Le cœur chante san fointure :

Noei ture-lure-lure.

Aivan que je trépassein ,

Prion Dei qu’ai no récure , Aifm qu’ein jor je peussein, Ture-lure ,

Lai-hau chantai de mezure :

Noei ture-lure-lure !

NOEI II

su l’a R : Du Grand Sa u cour.

Man Dei ! que d’anvie Je pote ai cé borgei ,

Que le Fru de vie Ché lu vi lé premei !

Lés Ainge lo baillire Le bal tô po ran ,

Et l’Ànfan Qu’ai saluïre

Fi bon vizaige ai lo maigre prezan

On peu, sans qu’on raille, Dire, come el à vrai ,

Le tam dé morvaille,

Mais chanter du bout des dents , C’est ne chanter qu’en peinture.

Il faut qu’encore au dedans,

Le cœur chante sans feinte :

Noël ture-lure-lure.

Avant que nous trépassions , Prions Dieu qu’il nous récure, Afin qu’un jour nous puissions , Ture-lure ,

Là-haut chanter en mesure :

Noël ture-lure-lure !

NOEL II

• sur i.’air : Du grand Saucour

Mon Dieu ! que d’envie Je porte à ces bergers Que le Fruit de vie Chez lui vit les premiers !

Les Anges leur donnèrent Le bal tout pour rien ,

Et l’Enfant

Qu'ils saluèrent

bon visage à leurs maigres présents.

On peut, sans qu’on raille, Dire, comme il est vrai ,

Le temps des merveilles,

LA MONNOÏE.

Que ce fu cetu-lai.

Su lé mon, su lé pléne Volein Chérubin,

Séraifin Ai lai dôzéne;

Ma mointenan ai.crainde le serin.

De bonne foteùgne,

Si le benoî Jésu Eusse autan de leùgne Vicu qu’ci airô pu ,

Du Jodain lai riveire N’eusse pa tôjor,

Su sé bor,

Vu lai lemeire

Que l’Ouche airô vu petétre ai son tor.

Qu’ici,dan lé rue,

Quant el airô passai,

De jan ai sai vue Se serein émassai !

De l’eüille et de l’oraille . On l’airô suvi *

Tô ravi.

Su le muraille

Le grô Cancoin sans pô airô gravi.

Chéeun du Messie .

Se ferô pain briô ;

On ne Voirô mie '

Dé prôçai d’Aubriù.

Su ié muraille

Le grû Cancoin san pô airu gravi.. .

(Page 102.)

Page 1