‹ Les noels bourguignons de Bernard de La MonnoyeChapitre 6 sur 75 · ÜN BOURGUIGNON BIEN PEU SAU · texte numérisé non relu

ÜN BOURGUIGNON BIEN PEU SAU

Paris, 1842.

MSSÏ0I8E

Envoyé de Dijon * mm. de Sorbonne sur le* Noels Bourguignons imprimés le 26 novembre 1701.

11 s’est imprimé depuis peu dans une ville du Royaume deux livrets en patois du pays, contenants des Noëls nouveaux qui se débitent dans ladite Ville, et dans plusieurs autres lieux de la province, que l’on chante la pluspart sur des airs qui renouvellent des idées dangereuses, et qui sont remplis de beaucoup de choses qui scandalisent les personnes qui ont une vraye piété, dont voici quelques endroits traduits fidellement.

Dans le l«r de ces livrets, qui a pour titre, en patois '• La Mort au Diable , ou Noëls nouveaux , pag. 6, après avoir décrit d'une manière boulonne les misères passées, il ajoute:

Nous ne verrons plus d' Huguenots ; Calvin, gui faisoit l’entendu , tous tes temples sont abbatus, et tu t’es fracassé le cul.

Pag. 13 et 14 , voulant opposer à la nudité de l’Enfant Jésus, les commodités et les ajustements que les hommes recherchent, il s’exprime ainsi :

Jean se munit contre le froid d’un justaucorps, d’une camisole, d’un caleon , et Nicole d’une petite robe de droguet blanc, qui nous fait voir le derrière de cette folle, plus rond qu’une boule, bien garni contre le froid. Fi, qu’est cela ? pourquoi se le tant réchauffer f Mais f’a, de par Dieu, de peur d’ttre repassé, qu’on change de rôles. Et vous, Messieurs et Mesdames, vous aurez votre part aussi pour le coup, de la Toussaints au Carême et des talons jusqu’à la tète: le velours se roule à gros flots autour de vous pendant que l’ouaitte vous chatouille le nombril...

Pag. 23, après avoir décrit des querelles des harangères, il dit:

Galebois le savetier, qui de son banc les voit, pisse de rire dans ses chausses, disant en fronçant le sourcil : Les deux femmes de Frippe-sauce n’étaient pas pires que eelles-eî.

Et plus bas, pag. 21 , il ajoute ;

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