e-arriviron , cé brigan
De neû, pû vile que le van...
Hélo ! mon Di ! un régiman De dragon, que va ü peglioge,
Ne fi jamai tan de ravoge!
I se forriron é moaison (*)
Pô rudeman que dé larron ;
Hélo ! mon Di ! y crairay-t-on ?
Queman un lou dan una grange Que prgn lé mouton é lé mange ;
Ou ben queman dé grou buison (’) Se gcton dessù lé pullion :
Hélo ! mon Di ! i-s-éfojon Le côq é tôle lé pôlaille...
Ainsain firon-t-i , cé canaille.
On lé vaisay pre tô côri (')
Avû dé côliau de bouchi...
Hélo ! mon Di ! é-t-i premi
Ils arrivèrent, ces brigands,
De nuit, plus vite que le vent...
Hélas ! mon Dieu ! un régiment De dragons, qui va au pillage,
Ne fil jamais tant de ravage !
Ils se fourrèrent dans les maisons Plus violemment que des larrons; Hélas ! mon Dieu ! le croirait-on ?
Comme un loup dans une grange Qui prend les moutons et les mange ;
Ou bien comme de grandes buses Se jettent sur les poussins :
Hélas ! mon Dieu ! elles effrayent Le coq et toutes les poules...
Ainsi firent-ils, ces canailles. •
On les voyait partout courir Avee des couteaux de boucher...
Hélas ! mon Dieu ! est-il permis
lÆS NOELS MAÇONNAIS.
De côpai lé brà é lé taite
U monde queman a dé baile !
J’an grele d’i IA racontai f .(*) Boglie, é garson ammaillAtai,
Hélo ! mon Di ! qué cru yaulai !
I lé tuyan queman dé mouche,
Pû méchatnman que dè Cartouche.'
Ban qu’a lé vay i feaian pou; (‘) Lied mosqueton dosé le cou,
Hélo ! mon Di ! cé lou-garou Samblian tretô avay la roge,
Tan i (Iron lied de carnoge.
I grenissian tretô lé dan, (')
Queman dè chain sd lé possan, Hélo ! mon Di ! pi que Satan Qu’on chasse avù ds l’iau benite,
E que s’anfui tôrjôr bian vite.
Y-an avay un qu’ére se gran (*) Qu’on l’aray pri per un jayan.
Hélo ! mon Di ! comben d’anfan I déposai devan liou paire,
Qu’an fremissian tied de coulaire !
Una fenna, dan son curti, (•) Setou qu’elle le vi veni,
Hélo ! mon Di ! le menassi De l’i bailli de sa bessale,
Darri un môrgi de javalc.
I a’avansi pretan vé aay. . (*) Elle le gripi pre lé pay ;
Hélo ! mon Di ! elle chupay U secôr sa pouvre cuaine,
Que véni avd sé vaiainc.
Lé-z-une qVian de gran grapain, (*) I.é-z-autro dè fôrche à la main ; llélo ; mon Di ! y-an avay cin
De couper les bras et les tètes Au monde comme à des bêtes !
J’en tremble de tout le raconter:
Filles et garçons emmaillotés,
Hélas ! mon Dieu ! quelle cruauté !
Ils les tuaient comme des mouches,
Plus méchamment que des Cartouche !
Rien qu’à les voir ils Taisaient peur ; Leurs mousquetons sur le cou ,
Hélas ! mon Dieu ! ces loups-garous Semblaient tous avoir la rage,
Tant ils firent tous de carnage.
Ils grinçaient tous les dents,
Comme des chiens sur les passants, ■.
Hélas ! mon Dieu ! pis que Satan Qu’on chasse avec de l’eau bénite,
El qui s’enfuit toujours bien vite.
Il y en avait un qui était si grand Qu’on l’aurait pris pour un géant.
Hélas ! mon Dieu! combien d’enTants Il dépeça devant leurs pères,
Qui en Trémissaienl tous de colère !
Les unes avaient de grands grappins.
Les autres des fourches à la main ; !
Hélas ! mon Dieu ! il y en avait cinq
Une femme dans son jardin , Si tôt qu’elle le vit venir, Hélas ! mon Dieu ! le menaça De lui donner de sa pioche.
Derrière un tas de sarments.
Il s’avança pourtant vers elle.
Elle le prit par les cheveux ; Hélas ! mon Dieu ! elle appela Au secours sa pauvre cousine, Qui vint avec scs voisines.
LHUÏLIER.
Avû dé sarpe é dô goycte,
Pre l’i-an bailli dan la fausseté.
D’autre le frapian lê son sou , (*)
Avû dé fregon sù le dou ;
Hélo ! mon Di ! combcn de cou !
L’autre pre lé chambe le sarre Si ben qu’il au chaissi pre tarre.
1 l’i ébêrgniron un you, {*}
E le pelougian su le cou,
Hélo I mon Di ! quan tû d’un cou T -an ven| tray, de cé jandarme, Que lé miron tête an alarme.
I lé batiron tête tan (*)
Qu’l ié laissiron tête an san ;
Hélo ! mon Di ! cé garneman Ghorchiron tan dedan la grange, Qu’i viron l’anfan dan sé lange.
I le cêpiron an morciau; (*)
E, belan le feû ù barciau,
Hélo .' mob Di ! cé tray bôrrlau L'uron ben tou betai an çandre, San que nion le pusse défandre !
Le garson û parrain Coula, (*) Que savay jà dere : « papa, »
Hélo ! mon Di ! cé séléra,
Pandan qu’i manjay sa bêüe,
Li utiron été la vie !
Un brove anfan, qu’érebliondain,(‘) Tetay sa maire antre sé main ;
Hélo ! mon Di ! on grou coquain, Tûi doù, d’un gran cou d’olebarde, Lé-s-aniili tan qu’a la garde !
Son fraire, qu’ere son besson, (*) D’acoule un pelié nêrrisson ,
Hélo ’ mon Di ! san conpassion
Avec des serpes et des hachettes,
Pour lui en donner dans la poitrine.
D’autres le frappaient tout son saoul. Avec des fourgons sur le dos ;
Hélas ! mon Dieu .’ combien de coups :
L’autre par la jambe le serre Si bien qu’il en tomba par terre.
Elles lui éborgnèrenl un œil ,
Et le piétinaient sur le cou,
Hélas ! mon Dieu ! quand tout d’un coup Il en vint trois, da ces gens d’armes.
Qui les mirent toutes en alarmes.
ils leB battirent toutes tant Qu’il les laissèrent toutes en sang ;
Hélas ! mon Dieu ! ces garnements Cherchèrent tant dans la grange,
Qu’ils virent l’enfant dans ses langes.
Ils le coupèrent en morceaux,
Et, mettant le feu au berceau.
Hélas ! mon Dieu ! ces trois bourreaux L’eurent bientôt mis en cendres,
Sans que personne le pût défendre !
Le garçon au père Colas,
Qui savait déjà dire ■ « papa, »
Hélas ! mon Dieu ! ces scélérats.
Pendant qu’il mangeait sa bouillie,
Lui êtèrent aussi la vie !
Un joli enfant, qui était blond ,
Tétait sa mère entre ses mains ;
Hélas ! mon Dieu ! un gros coquin,
Tous deux, d’un grand coup de hallebarde.
Les enfila jusqu’à la garde !
Son frère, qui était son jumeau,
A cêté d’un petit nourrisson.
Hélas ! mon Dieu : sans compassion
LUS NOELS MAÇONNAIS
De la ntère et de sa Illle,
Furent assommés l’un et l’autre !
De la maire 6 de sa feliôtre,
Furon assomai l’un é l’autre!
Y-ère una gran pedji de vay (*) Tan d’anfan meri a la fa y :
Hélo ! mon Di ! y-é ben trô vay !
Jamai la famine é la paiste N’an laissiron te pou de raiste !
Mà quequcvay 1 lé jetian (*) Pre lé fenaitre tô vivan.
Hélo ! mon Di ! cé-z-Oleman,
Que mérilian trelô le pandre, Anpéchian lé jan de lé prandre.