‹ Les noels bourguignons de Bernard de La MonnoyeChapitre 60 sur 75 · e-arriviron , cé brigan · texte numérisé non relu

e-arriviron , cé brigan

De neû, pû vile que le van...

Hélo ! mon Di ! un régiman De dragon, que va ü peglioge,

Ne fi jamai tan de ravoge!

I se forriron é moaison (*)

Pô rudeman que dé larron ;

Hélo ! mon Di ! y crairay-t-on ?

Queman un lou dan una grange Que prgn lé mouton é lé mange ;

Ou ben queman dé grou buison (’) Se gcton dessù lé pullion :

Hélo ! mon Di ! i-s-éfojon Le côq é tôle lé pôlaille...

Ainsain firon-t-i , cé canaille.

On lé vaisay pre tô côri (')

Avû dé côliau de bouchi...

Hélo ! mon Di ! é-t-i premi

Ils arrivèrent, ces brigands,

De nuit, plus vite que le vent...

Hélas ! mon Dieu ! un régiment De dragons, qui va au pillage,

Ne fil jamais tant de ravage !

Ils se fourrèrent dans les maisons Plus violemment que des larrons; Hélas ! mon Dieu ! le croirait-on ?

Comme un loup dans une grange Qui prend les moutons et les mange ;

Ou bien comme de grandes buses Se jettent sur les poussins :

Hélas ! mon Dieu ! elles effrayent Le coq et toutes les poules...

Ainsi firent-ils, ces canailles. •

On les voyait partout courir Avee des couteaux de boucher...

Hélas ! mon Dieu ! est-il permis

lÆS NOELS MAÇONNAIS.

De côpai lé brà é lé taite

U monde queman a dé baile !

J’an grele d’i IA racontai f .(*) Boglie, é garson ammaillAtai,

Hélo ! mon Di ! qué cru yaulai !

I lé tuyan queman dé mouche,

Pû méchatnman que dè Cartouche.'

Ban qu’a lé vay i feaian pou; (‘) Lied mosqueton dosé le cou,

Hélo ! mon Di ! cé lou-garou Samblian tretô avay la roge,

Tan i (Iron lied de carnoge.

I grenissian tretô lé dan, (')

Queman dè chain sd lé possan, Hélo ! mon Di ! pi que Satan Qu’on chasse avù ds l’iau benite,

E que s’anfui tôrjôr bian vite.

Y-an avay un qu’ére se gran (*) Qu’on l’aray pri per un jayan.

Hélo ! mon Di ! comben d’anfan I déposai devan liou paire,

Qu’an fremissian tied de coulaire !

Una fenna, dan son curti, (•) Setou qu’elle le vi veni,

Hélo ! mon Di ! le menassi De l’i bailli de sa bessale,

Darri un môrgi de javalc.

I a’avansi pretan vé aay. . (*) Elle le gripi pre lé pay ;

Hélo ! mon Di ! elle chupay U secôr sa pouvre cuaine,

Que véni avd sé vaiainc.

Lé-z-une qVian de gran grapain, (*) I.é-z-autro dè fôrche à la main ; llélo ; mon Di ! y-an avay cin

De couper les bras et les tètes Au monde comme à des bêtes !

J’en tremble de tout le raconter:

Filles et garçons emmaillotés,

Hélas ! mon Dieu ! quelle cruauté !

Ils les tuaient comme des mouches,

Plus méchamment que des Cartouche !

Rien qu’à les voir ils Taisaient peur ; Leurs mousquetons sur le cou ,

Hélas ! mon Dieu ! ces loups-garous Semblaient tous avoir la rage,

Tant ils firent tous de carnage.

Ils grinçaient tous les dents,

Comme des chiens sur les passants, ■.

Hélas ! mon Dieu ! pis que Satan Qu’on chasse avec de l’eau bénite,

El qui s’enfuit toujours bien vite.

Il y en avait un qui était si grand Qu’on l’aurait pris pour un géant.

Hélas ! mon Dieu! combien d’enTants Il dépeça devant leurs pères,

Qui en Trémissaienl tous de colère !

Les unes avaient de grands grappins.

Les autres des fourches à la main ; !

Hélas ! mon Dieu ! il y en avait cinq

Une femme dans son jardin , Si tôt qu’elle le vit venir, Hélas ! mon Dieu ! le menaça De lui donner de sa pioche.

Derrière un tas de sarments.

Il s’avança pourtant vers elle.

Elle le prit par les cheveux ; Hélas ! mon Dieu ! elle appela Au secours sa pauvre cousine, Qui vint avec scs voisines.

LHUÏLIER.

Avû dé sarpe é dô goycte,

Pre l’i-an bailli dan la fausseté.

D’autre le frapian lê son sou , (*)

Avû dé fregon sù le dou ;

Hélo ! mon Di ! combcn de cou !

L’autre pre lé chambe le sarre Si ben qu’il au chaissi pre tarre.

1 l’i ébêrgniron un you, {*}

E le pelougian su le cou,

Hélo I mon Di ! quan tû d’un cou T -an ven| tray, de cé jandarme, Que lé miron tête an alarme.

I lé batiron tête tan (*)

Qu’l ié laissiron tête an san ;

Hélo ! mon Di ! cé garneman Ghorchiron tan dedan la grange, Qu’i viron l’anfan dan sé lange.

I le cêpiron an morciau; (*)

E, belan le feû ù barciau,

Hélo .' mob Di ! cé tray bôrrlau L'uron ben tou betai an çandre, San que nion le pusse défandre !

Le garson û parrain Coula, (*) Que savay jà dere : « papa, »

Hélo ! mon Di ! cé séléra,

Pandan qu’i manjay sa bêüe,

Li utiron été la vie !

Un brove anfan, qu’érebliondain,(‘) Tetay sa maire antre sé main ;

Hélo ! mon Di ! on grou coquain, Tûi doù, d’un gran cou d’olebarde, Lé-s-aniili tan qu’a la garde !

Son fraire, qu’ere son besson, (*) D’acoule un pelié nêrrisson ,

Hélo ’ mon Di ! san conpassion

Avec des serpes et des hachettes,

Pour lui en donner dans la poitrine.

D’autres le frappaient tout son saoul. Avec des fourgons sur le dos ;

Hélas ! mon Dieu .’ combien de coups :

L’autre par la jambe le serre Si bien qu’il en tomba par terre.

Elles lui éborgnèrenl un œil ,

Et le piétinaient sur le cou,

Hélas ! mon Dieu ! quand tout d’un coup Il en vint trois, da ces gens d’armes.

Qui les mirent toutes en alarmes.

ils leB battirent toutes tant Qu’il les laissèrent toutes en sang ;

Hélas ! mon Dieu ! ces garnements Cherchèrent tant dans la grange,

Qu’ils virent l’enfant dans ses langes.

Ils le coupèrent en morceaux,

Et, mettant le feu au berceau.

Hélas ! mon Dieu ! ces trois bourreaux L’eurent bientôt mis en cendres,

Sans que personne le pût défendre !

Le garçon au père Colas,

Qui savait déjà dire ■ « papa, »

Hélas ! mon Dieu ! ces scélérats.

Pendant qu’il mangeait sa bouillie,

Lui êtèrent aussi la vie !

Un joli enfant, qui était blond ,

Tétait sa mère entre ses mains ;

Hélas ! mon Dieu ! un gros coquin,

Tous deux, d’un grand coup de hallebarde.

Les enfila jusqu’à la garde !

Son frère, qui était son jumeau,

A cêté d’un petit nourrisson.

Hélas ! mon Dieu : sans compassion

LUS NOELS MAÇONNAIS

De la ntère et de sa Illle,

Furent assommés l’un et l’autre !

De la maire 6 de sa feliôtre,

Furon assomai l’un é l’autre!

Y-ère una gran pedji de vay (*) Tan d’anfan meri a la fa y :

Hélo ! mon Di ! y-é ben trô vay !

Jamai la famine é la paiste N’an laissiron te pou de raiste !

Mà quequcvay 1 lé jetian (*) Pre lé fenaitre tô vivan.

Hélo ! mon Di ! cé-z-Oleman,

Que mérilian trelô le pandre, Anpéchian lé jan de lé prandre.

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