‹ Les noels bourguignons de Bernard de La MonnoyeChapitre 61 sur 75 · I-z-an (iron autan pre té, (’) A cou d'épaye, a cou de pô · texte numérisé non relu

I-z-an (iron autan pre té, (’) A cou d'épaye, a cou de pô

Hélo ! mon Di ! on di été Qu’i 1c saquian contre la tarre,

Pre lé brisi queman dé varre.

Lé regoule pliainne de san, (’) Dedan la vele, é dan lé chan ,

Hélo ! mon Di ! an ruissayan , Rôgissian tôte lé charrire Tan qu’ù milan de la revire.

Qu’i grivay a cieû qu’avian vû (’) Cé petié eûr qu’ètian tô nù,

Hélo ! mon Di ! tôt étandu E chamain queman dé charôgne,

- Mangi dé chain... ô qué vregogne :

Je Cray que la tarre an tranbli, (*) Que le selou an bliemissi ;

Hélo ! mon Di ! tied lé rochi Pre san deveniron se tandre,

Qu’il an craquian tan qu’a se fandre!

STI ussiandè-z-you queman nô, (*) 1-1-au arian pliourai tretô ;

□èlo : mon Di! lé baite été

C’était une grand’pi lié de voir Tant d’enfants mourir à la fois:

Hélas ! mon Dieu ! c’est bien trop vrai !

Jamais la famine et la peste N’en laissèrent si peu de reste

Mais quelquefois ils les jetaient Par les fenêtres tout vivants.

Hélas ! mon Dieu ! ces Allemands,'

Qui méritaient tous la potence, 1 Empêchaient les gens de les prendre

ils en firent autant partout,

A coups d’épée, à coups de pieu ;

Hélas ! mon Dieu ! on dit aussi Qu’ils les jetaient contre la terre.

Pour les briser comme des verres .

Les rigoles pleines de sang,

Dans la villë, et dans les champs,

Hélas ’ mon Dieu ! en ruisselant,

Rougissaient tous les chemins Jusqu’au milieu delà rivière.

Que cela peinait ceux qui avaient vu Ces petits corps, qui étaient tout nus , Hélas ! mon Dieu ! tout étendus Sur les chemins comme des charognes,’ Mangés des chiens... oh! quelle vergogne!

Je crois que la terre en trembla,

Que lesoteil en blêmit ;

Hélas ! mon Dieu ! tous les rochers Pour cela devinrent si tendres Qu’ils en craquaient jusqu’à se fendre :

S’ils eussent eu de* yeux comme nous, li en auraient pleuré tous.

Hclas ! mon Dieu ! les bêtes aussi

LHUILIER.

An muglian dedan lé- 1 -élrobtie..t I n’é, ma Son, ran una foblie.

Celé que possian liou chemain .(’) Disian, an jognian lé dou main :

* Hélo ! mon Di ! vai-le v6 ben T6 lé mau qu’on fai 8Ù la taire,

An tan de pai, an tan de guarre?...»

THINE

H y vaisay ben vaireman, (*) iSi i laisse Faire é méchan , flélo! mon Di ! pandan un tan,

Lied velontai. é lied malice...

Aprai çan vaindra lieu suplice.

TJ contraire, cieù qu’an pétri (*) Potiamman é san dépi,

Hélo ! mon Di ! an Paradi *

Il ran una gran recompanse, den plied grande qne lied sofrance:

Tan-l-y a que cé pouvre anfan [*) Furon batisi dan liou san :

Hélo l mon Di ! i confessian,

San dire mô é san conniaitre, Netron bon Di é netron Maître.

Ainsain cé petié-s-lnnoussan {*) Son lied ben aise maintenan,

Hélo ! mon Di ! per, un moman, D'avay poli lied ansain anse.

Pre Gésu-Chri dans l’innôussance!

BENAY.

E nd, pre netron sanveman,

Pi-quC né sain lretô méchan,

Hélo ! mon Di ! n’é-t-i po tan De faire un pelion pénitence.

An prenan tôt an paliancc ?

TH IME.

Que deveni le bon Gésu 1

En mugissaient dans les étables...

Ce n’est, ma toi, en rien une table.

Ceux qui passaient leur chemin Disaient, en joignant les deux mains r « Hélas ! mon Dieu ! voyez-vous bien • Tous les maux qu’on fail sur la terre.

En temps de paix, en temps de guerre ?.. »

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