‹ Les noels bourguignons de Bernard de La MonnoyeChapitre 67 sur 75 · COUP D OEIL SUR LES NOELS · texte numérisé non relu

COUP D OEIL SUR LES NOELS

Voici le litre de quelques-uns des recueils d’où sont extraits les Noëls cités (1).

— Noels nouveaux, sur la Nativité de nostre Rédempteur Jésus-Christ, composez par Nicolas- Laurent Maillyer, chanoine, avec permission de M. Gontier vicaire-général. — Dernier degré de médiocrité.

— Noels nouveaux, sur l'heureuse nouvelle apportée

de Beth'éem de la Naissance de Jésus-Christ. — Tous les lieux communs des Noëls.

— Beaux Noels nouveaux, en l’honneur de la Nais-

sance et aussi de la Rédemption de N. S. Jésus- Christ. — Kien n’est moins beau que les pièces qu’il contient.

— Lucyfar pryn au baytan, Noëls composez à l’hon-

neur de la Vierge, par J. II. F. D. L. (le chanoine Lachaume). — C’est de ce recueil qu’on a dit plaisamment: In loto libro nil melius titulo. Notre appendice aux Noëls de La Monnoye en donne un extrait.

— Enfin, comme recueil beaucoup plus volumineux

«pie tous ceux dont les noms précèdent : LA GRAND’ BIBLE des Noels tant viels que nouveauly, composez à la louange de Dieu et de la Vierge Marie sur le chant de plusieurs hymnes et belles , chansons de ce temps. — C’est ce dernier recueil que nous avons le plus souvent mis à contribution.

(1) Nous pourrions aujourd’hui quadrupler au moins celle nomenclature, par suite des nombreux documents que nous avons réussi A nous procurer, depuis les anciennes Bibles des naïfs Noëls jusqu'aux spirituels Noëls noHvfaux de M. Ch. Ribault de Laugardière.

EN BOURGOGNE

NOEL NOUVEAU

Noel nouvelet, Noël chantons icy ; Dévotes gens, rendons à Dieu mercy ; Chantons Noël pour le Roy nouvelet :

Noël nouvelet !

Noël chantons icy !

Quand m’esveilly et j’euz assez dormy, Ouvris mes yeux , vis un arbre fleury Dont il issil un bouton vermeillct :

Noël nouvelet !

Noël chantons icy !

Quand je le vy mon cœur fust resjouy, Car grand' clarté resplendissoit de luy, Corn' le soleil qui luit au matinet :

Noël nouvelet !

Noël chantons icy !

D’un oysillon après le chant j’ouy,

Qui aux pasteurs disoit: Partez d'icy ;

En Bethléem trouverez l’Aignclet :

Noël nouvelet !

Noël chantons icy !

En Bethléem Marie et Joseph vy ;

L’asne et le bœuf, l’Enfant couché parmy, La Creicbe estoit au lieu d’un bercelet :

Noël nouvelet !

Noël chantons icy !

L’estoile vint, qui le jour esclaircy.

Et la vy bien d’où j’eslois déparly.

En Bethléem les trois Roys conduise! :

Noël nouvelet !

Noël chantons icy!

COUP d’oeil SUE LES NOELS

L'un portait l’or, et l’autre myrrhe aussy,

Et l'autre encens, qui très bon faicl seny,

De Paradis sembloit un jardinet;

Noël nouvelet !

Noël chantons icj !

Quarante jours la nourrice atlendy.

Entre ses bras Siméon le rendy.

Deux tourterell’ dedans un paneret :

Noël nouvelet !

Noël chantons icy !

Quand Siméon le vid , lit un haut cry :

Voicy mon Dieu ! mon Sauveur ! Jésus-Christ 1 Volcy celui qui joie au peuple met :

Noël nouvelet !

Noël chantons icy ! '

Un prestre vint, dont je fus esbahy,

Qui les paroll’ hautement entendy ;

Tôt les mussa dans un petit livret;

Noël nouvelet !

Noël chantons Icy !

Et puis me dit : Frère, crois-tu cecy ?

Si tu y crois, ès Cieux seras ravy ;

Ti tu n’y crois, d’Enfer va au gibet ;

Noël nouvelet !

Noël chantons icy !

Et l’autre jour je songeois dans mon liet Que je voyois un Enfant si pety,

Qui s’appelloit Jésus de Nazareth ;

Noël nouvelet!

Noël chantons icy !

Par douze jours fut Noël accomply ;

Par douze jours sera mon chant flny;

EN BOURGOGNE

Par chacun Jour j’en ai fail un couplet :

Noël nouvelel !

Noël chantons icy !

Un autre commence par ces couplets :

Laissez paistre vos bestes, Pastoureaux ;

Par monts et par vaux Laissez paistre vos bestes,

Et venez chanter Nau !

J’ay ouy chanter le rossignô.

Qui chantait un chant si nouveau , Si bon , si beau ,

Si résonneau ; li m’y rompoit la teste,

Tant il preschoit Et caqueloit.

Adonc prins ma boulette Pour aller voir Naulet.

Je m’enquis au berger Naulet :

As-tu ouy le rossignolct Tant joliet.

Qui gringoloit Là-haut sur une espine ?

Ouy, dict-il , ouy,

Je l’ay ouy ;

J’en ay pris ma doucine,

Et m’en suis resjouy.

Puis, coupant court à ce style où l’incorrection est presque gracieuse, il tombe aussitôt dans la niaiserie et la platitude. v

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