R ÉPOUSE
— Ce fut Gabriel l’Ange,
Que, sans dilation ,
Dieu envoya sur terre Par grand’ compassion.
et ainsi de suite, pondant les sept ou huit pages que
EN BOURGOGNE. 267
dure le Noël. Et à chaque demande revient ce premier vers: Or, nous dictes, Marie ... — Ce chant commenceà l’Annonciation de l’Ange, comme vous le voyez, parla citation précédente, se continue pendant toute la vie du Christ, et se termine deux couplets plus loin que sa mort. Vous avez peut-être remarqué que la richesse
des rimes n’y est pas exubérante Dans la dernière
réponse, dextre rime ave journée.
Nous ne voulons pas nous étendre davantage sur ces différentes propriétés ou qualités des Noëls. Des coupures, des extraits, des fragments, n’en donnent qu’une idée trop imparfaite. Donc, pour faire mieux qu’avec ces citations partielles, nous allons vous offrir un choix, très peu nombreux du reste, de quelques-uns de ces curieux cantiques, choix dans lequel nous avons réuni d’abord tout ce qui est supportable quant à la forme, et ensuite tout ce qui , sous cette forme supportable, a pu avoir un fond naïf, original ou bizarre. Tous ceux cités sont à peu près anciens, les modernes ayant perdu la naïveté du langage sans rien gagner en sens ni en raison. Vous en verrez dont l’orthographe remonte assurément au moins à Ronsard , sinon plus haut. De ce nombre est le premier que vous allez lire; les diminutifs qui y fourmillent ont une certaine grâce, et le tour du Noël est d’une avenante simplicité. Cependant nous croyons avoir besoin de vous avertir, avant de vous faire entrer dans la lecture de ces quelques Noëls, qu’ils ne sont pas cités comme bons d’un bout à l’autre; seulement, comme la majeure partie en est acceptable, nous n’avons pas cru devoir, pour uu ou deux couplets faibles, détruire l’intégrité d’une pièce, surtout quand nous en citons un si petit nombre.