‹ Les noels bourguignons de Bernard de La Monnoye (Gui-Barôzay) suivis des noels maconnais du p. Lhuillier (le parrain Bliaise), publiés pour la premìere fois avec une traduction littérale en regard du texte patois, précédés de notices sur La Monnoye et Lhuilier [et] suivis d'un coup d'oeil sur les noëls en BourgogneChapitre 39 sur 92 · LA VIERGE · texte numérisé non relu

LA VIERGE

— Couple béni , Le saint Enfant Vous remercie ; Il est content.

Ce n'est ni l'or, ni l'argent , croyez-moi , Qui l'affriandent :

Un grain de moutarde de foi , Voilà l'offrande Qu'il vous demande.

72 LA MOMNOYE.

NOEI XIV

po lai coovarsion de Rlaizôte et de fini, son almln, faite vé ce sain tain

su l'au : Quitte ta musette.

Vé Noei , Blaizôte, Jaidi si joliôte, Vé Noei , Blaizôte (Corne tô chainge anfin ! ), Veille et cassée, Bé confessée, Prin lai pansée, Por ein maitin , De rompre aivô Gui son aimin.

« Quitton, li fit-elle, Le monde et sai séquelle, Quitton, li fit-elle, Le monde san retor.

Le Fru de vie, Né de Mairie, Nos y convie Ai ce sain jor; El à tam qu'ai sô le pu for.

« Devé lu , j'anraige.

Veille, peute et maussaige,

Devé lu, j'anreige De me tonni si tar.

NOËL XIV

pour la conversion de Blaizotte et <le Gui, son ami, faite vers ce saint temps.

sur l'air : Quitte ta musette.

Vers Noël , Blaizotte, Jadis si joliette, Vers Noël , Blaizotte, (Comme tout change enfin ! ) Vieille et cassée, Bien confessée, Prit la pensée, Par un matin , De rompre avec Gui, son ami.

« Quittons, lui fit-elle, Le monde et sa séquelle ;

Quittons, lui fit-elle, Le monde sans retour.

Le Fruit de vie, Né de Marie, Nous y convie En ce saint jour ; Il est temps qu'il soit le plus fort.

« Devers lui , j'enrage, Vieille, laide et mal-sage,

Devers lui, j'enrage De me tourner si tard.

7i LA MONNOYli.

J'ai tor san dote ; Toi seul u tôte Lai meire-gôte ; Lu , po sai par, N'ai ré mazeù ran que le mar.

a Quant i me récode De no di, de no bode.

Quant i me récode De note trigori ; J'anai tand'onte, Quejem'éponte D'an randre conte ....

Fau-t-i meuri L'ame noire et lé cheveu gri !

« Duran tan d'année Que tu m'é gouvanée, Duran tan d'année, Combé j'on fai lé fô !

An caichenôte, Que de pinçôte !

Que d'aimorôte !

Ha! ç'an àtrô....

J'on de quoi gémi note sô.

« Au pié de lai Creiche , Pleuron, laivon no teiche,

Au pié de lai Creiche.

Prion le saint Anfan .

Le cœur san fointe.

J'ai tort, sans doute ; Toi seul eus toute La mère-goutte :

Lui , pour sa part , N'aura désormais rien que le marc.

« Quand je me souviens De nos dits , de nos bourdes ; Quand je me souviens De notre désordre ; J'en ai tant de honte Que je m'épouvante D'en rendre compte....

Faut-il mourir L'âme noire et les cheveux gris !

« Durant tant d'années Que tu m'as gouvernée, Durant tant d'années , Combien nous avons fait les fous !

En cachette, Que de pinceries !

Que de caresses !

Ah! c'en est trop...

Nous avons de quoi gémir notre saoul.

« Au pied de la Crèche, Pleurons, lavons nos taches, Au pied de la Crèche ; Prions le saint Enfant.

Le cœur sans feinte,

7G LA MONNOYK.

Parce de pointe, Lé deu main jointe, Prion-le tan , Que de noir ai no rande blan.

« J'ai queique retaille.

Qu'ai fau que je li baille, J'ai queique retaille, Prôpe ai l'ammaillôtai.

J'ai po sai Meire Queique jateire, Queique braisseire ; Et po Jôzai Ton bôno qui m'a demeurai .

« Toi quifai dé rime Que lai Roulôte estime,

Toi qui fai dé rime, Ofre-li dé chanson.

Su lai pavane, Su lai bôcàne, Son beu , son àne An danseron ; Lu dormiré petétre au son.

« Ai vén ai note eide, Profiton du remeide ; Ai vén ai note eide, Àimin , sauve qui peu !

Mé jor s'anvôle, Lé tén s'éeAle;

. . Et po Jôzai

Ton bôno qui m'a demeurai.

(Page 76.)

Percé de pointes, Les deux mains jointes , Prions-le tant, Que de noirs il nous rende blancs.

« J'ai quelques retailles Qu'il faut que je lui donne ; J'ai quelques retailles Propres à l'emmailloter.

J'ai pour sa Mère Quelques jarretières, Quelques brassières ; Et pour Joseph Ton bonnet qui m'est resté !

« Toi qui fais des rimes Que la Roulotte estime; Toi qui fais des rimes.

Offre-lui des chansons.

Sur la pavane, Sur la bocane, Son bœuf, son àne, En danseront ; Lui dormira peut-être au son.

« Il vient à notre aide, Profitons du remède ; Il vient à notre aide, Ami , sauve qui peut !

Mes jours s'envolent , Les tiens s'écoulent ,

Songe ai ton rôle , Et que tô deu Je son su le moime lizeu. »

Gui, don le cœur tarre Ne peuvô se déparre , Gui , don le cœur tarre Tenoo ancor au glu, An fin fignelle, Su le môdelle De sai donzelle , Po son salu , Fi de nécessitai vatu.

An réjouissance D'éne tei repantance,

An réjouissance Loùonle Fi deDei.

Ç'à lai droiture ; Por moi , je jure , Et je rejure Mon grain de sei , Que j'an dirai tôjor Noei.

Songe à ton rôle, Et que tous deux Nous sommes sur le même penchant. »

Gui , dont le cœur tendre Ne pouvait se déprendre,

Gui , dont le cœur tendre Tenait encore à la glu , En fin finale, Sur le modèle De sa donzelle, Pour son salut , Fit de nécessité vertu.

En réjouissance D'une telle repentance , En réjouissance Louons le Fils de Dieu.

C'est la droiture ; Pour moi, je jure, Et je rejure Mon grain de sel , Que j'en dirai toujours Noël.

S'O LA MONNOYK.

NOEI XV

ls rosi dé 7?.:::zz

su l'ar : Laire lu, laire lan 1ère

Veci l'Ai van, chanton Noei.

Ain ce sain tam le Fi Dei Sor po no d'éne Vierge Meire.

Leire la , leire lan 1ère, Leire la, Leire lanla !

Dé Sôverain de Chretiantai

Pu dé troi quar se son bôtai

Po l'alai voi dan sai chaumeire.

Leire la , leire lan 1ère,

Leire la,

Leire lanla !

Seugu d'éne épluante Cor,

Loùi-Quatoze antre d'aibor,

Tôjor bé var por ein gran-peire.

Leire la, leire lan 1ère,

Leire la,

Leire lanla l

Le Roi d'Lspaigne graiveman

Béni le Nôveà Testaman ,

Et ran graice au (lier du mysteire

Seugu d'ène èpluanle cor.

Louï-Qualoze anlrc d'aibor Page KO.

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