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CHAPITRE IX

T>e l Immortalité de Dieu.

I» ad Tim., i et 6. — El omnibus locis ubi xtcrnus Jlcitur.

lEu est appelé /mmor/e/ : r Parce que, étant une substance simple qui subsiste par elle-même, il ne peut, en aucune manière, mourir par la dissolution des parties, comme l'homme meurt quand Tàme se sépare du corps. Mais cette immortalité est commune à Dieu avec toutes les natures simples qui subsistent par elles-mêmes-, qui, parce qu'elles sont simples, ne peuvent périr par la dissolution des parties de leur essence, et, subsistant comme elles subsistent par ellesmêmes, elles ne dépendent d'aucun sujet dont la mort ou l'altération doive les faire

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périr ^ comme doivent périr toutes les âmes ou vies tant des animaux que des plantes, dès que le corps est détruit, parce que, étant séparées de leurs sujets, elles ne peuvent faire aucune fonction, et par conséquent la conservation ne leur est pas due.

2" Dieu, à proprement parler, est appelé Immortel, parce qu'il est tel, par sa nature, qu'il ne peut en aucune manière cesser d'être, ou perdre sa vie. Mais tous les autres êtres sans exception sont tels, par leur nature, qu'ils peuvent perdre toute leur vie, toute leur nature et tout ce qu'ils sont. C'est pourquoi, dans l'épître à Timothée, saint Paul dit en parlant de Dieu : « Qui seul a r immortalité. Qui solus habet immortalitatem. »

La raison est que Dieu, étant l'Être premier et souverain, et le fondement de tous les êtres, ne peut en nulle manière être dépendant d'aucun autre être quel qu'il soit, et par conséquent il ne peut pas cesser d'être ou perdre sa vie, par la soustraction de l'inlîuence ou de la dépendance de quelque cause.

C'est pourquoi Dieu, par sa nature, estini-

Les Noms divins. — Cliap. IX. 49

mortel en toute manière. Mais toutes les autres créatures, les anges mômes et les bienheureux dont la nature et la vie semblent être surtout immortelles, dépendent par leur nature de rinfluence continuelle de Dieu, par laquelle elles sont créées, formées et conservées avec toute leur vie naturelle et bienheureuse; et elles sont telles par la condition de leur nature, qu'elles peuvent perdre Tune et l'autre de ces vies, et cesser d'être, si Dieu, qui librement les conserve, venait à retirer son concours.

Ainsi, quoique les philosopheset les théologiens scolastiques disent que les anges sont absolument immortels de leur nature, parce qu'ils n'ont rien en eux qui puisse leur causer la mort, et qu'il n'y a aucune chose créée qui puisse les faire mourir, attendu qu'ils sont des natures simples, ils sont cependant appelés par les saints Pères mortels de leur nature, et immortels par la seule bonté et par la seule grâce de Dieu. Ici, ils appellent grâce une influence de Dieu hbre et gratuite, par laquelle il conserve leur nature, et qui néanmoins parce qu'elle est due à leur nature n'est pas

5o Léonard Lessius.

surnaturelle mais naturelle. On appelle cette grâce gratuite parce qu'elle ne vient point de leurs mérites, de même que la création est purement gratuite. Cest pourquoi lesanges^ parleur nature, sont immortels, par rapport à la puissance des créatures, et ils sont mortels de leur nature à l'égard de la puissance de Dieu .

3° Dieu est encore appelé Immortel, parce qu'il est souverainement immuable; en sorte que non seulement il ne peut pas perdre la vie, mais qu'il ne peut même rien perdre de ce qui est en lui : car on ne peut lui rien ôter, ni de sa majesté et de sa grandeur, ni de sa gloire et de sa félicité, ni de sa lumière et de sa sagesse, ni de la paix et de la tranquillité de son esprit, ni de l'abondance de tous les biens qui sont en lui. Rien non plus de ce qui regarde ses conseils et ses décrets nepeut être changé dans son esprit. Car, si le moindre changement pouvait survenir en lui, il cesserait d'être immortel à l'égard de toutes choses-, car dans tout changement où Ton perd quelque chose, il intervient comme une espèce de mort à l'égard de ce qui est perdu.

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