CHAPITRE XIV
1)e la Sagesse de Dieu.
Prov., 1,3 et 9. — Sapient., 7 et 8. — Matih.,2. — Luc, 7. — DiONVS. , cap. 7, de Divin. Nomin. — S. Thomas, i p., q. 14.
lEU est appelé Sage et la Sagesse :
i" Parce qu'il est la cause de toute sagesse et de toute connaissance, soit petite, soit grande, dans les bienheureux, dans les anges, dans les hommes et même dans les animaux; car c'est de sa sagesse qu'émanent cette petite connaissance et toute cette industrie qui se trouvent dans les animaux.
2" Dieu est appelé formellement Sage., non parce qu'il est doué et imbu de sagesse comme le sont les anges, mais parce qu'il est la Sagesse elle-même qui subsiste par
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soi, et dans laquelle est éminemment contenue toute la plénitude de la sagesse. Par cette Sagesse, dès le premier instant de raison, si Ton peut ainsi parler, il comprend avec une clarté infinie, son essence, les processions des Personnes de la très sainte Trinité, et les Personnes elles-mêmes. Ensuite, et comme au deuxième instant, de toute éternité et dans toute l'éternité, il porte actuellement son regard, et avec une clarté infinie, sur toutes les choses possibles, et cela par la force de la lumière de son essence. Au troisième instant, son regard embrasse tout ce qui peut être fait par quelque faculté créée ou qui puisse être créée, quelle qu'elle soit. Au quatrième instant, son regard saisit tout ce qui pourrait arriver dans toute hypothèse qu'on pourrait faire : ce qu'on appelle futurs conditionnels^ qui sont infiniment infinis, attendu que les circonstances de chacune des choses qui dépendent du mouvement du libre arbitre peuvent varier à l'infini, et que chacune de ces choses peut être faite d'une infinité de manières. Au cinquième instant, il voit d'une manière absolue
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toutes les choses futures pendant l'éternité entière, avec toutes leurs circonstances.
3" Dieu est appelé Sage., parce qu'il Test par un mode très particulier et très éminent, qui ne peut être communiqué à aucune créature. Car deux choses étant nécessaires pour la sagesse, la lumière pour connaître et l'objet qui doit être connu, il a de lui-même l'un et l'autre dans un degré très éminent et avec une perfection infinie. En effet, il est lui-même la lumière infinie d'intelligence qui subsiste par elle-même, et il est lui-même et par lui-même tout objet intelligible, ou le contient en soi éminemment. Ainsi, il ne doit emprunter de personne, ni la lumière de rintelligence, ni l'objet qui peut être connu par l'entendement.