CHAPITRE XV
\De la Beauté de Dieu,
Dio*'ys , c. 4, De Nom. Divin. — Cant., i V. l5. — Sapient., cxiii, v. 3.
lEU est appelé Beau : i° Comme source de toute la beauté des anges, des hommes, des cieux, des éléments, des animaux, des plantes, des perles, des pierres précieuses, et de toutes les autres choses créées.
Or, il y a sept degrés de beauté. Le premier degré et le moindre est celui de la beauté extérieure que Ton voit des yeux, comme celle qui se montre à nous dans les pierres précieuses et les fleurs ; dans Taspect et la forme des animaux -, dans les hommes et les femmes-, dans les étoiles, la lune, le soleil, etc. Voilà la beauté que les mortels
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admirent tant, et qui a tant d'empire sur leurs cœurs.
Le deuxième degré est celui de la beauté mtérieure de ces formes, d'où procède cette beauté extérieure. Cette beauté intérieure est incomparablement plus grande et plus admirable, parce que dans une simple forme et une simple puissance est contenue, par un mode ineffable, toute cette variété qui extérieurement nous apparaît dans les fleurs, les plantes, la structure des animaux, dans les couleurs et les figures et dans toutes les autres choses. Ainsi, dans la vertu d'un germe sont contenues toute la structure, les figures et les couleurs des plantes, des animaux.
Le troisième degré de beauté se trouve dans les vies des animaux, ou dans les âmes sensitives. Car dans une simple forme est contenue la force des sens, la force de l'imagination et de Tappétit sensitif. Toutes ces choses sont si admirables, que Tesprit humain ne peut même en comprendre la centième partie. L'àme sensitive est tellement élevée au-dessus de la végétative, qu'il y a
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plus de beauté dans une seule âme sensitive que dans toutes les âmes végétatives réunies ensemble.
Le quatrième degré de beauté est celui de rame raisonnable, qui est incomparablement plus belle que toutes les âmes sensitives collectivement prises.
Le cinquième degré est dans la nature angélique qui est encore incomparablement plus sublime et plus belle que Tàme raisonnable.
Le sixième degré est celui des habitants du ciel, dont la beauté surpasse la beauté de tout Tunivers, fût-elle tout entière réunie dans une seule forme.
Le septième degré est celui de la beauté divine, dans laquelle toute la beauté naturelle et surnaturelle, corporelle et spirituelle de tous les êtres créés ou à créer est très éminemment et très étroitement contenue, et toute cette beauté réunie, en comparaison de la beauté de Dieu, n'est qu'un pur néant. C'est pourquoi Taspect de la beauté divine transportera et ravira incomparablement plus les habitants du ciel, que Taspect de la
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gloire des saints, de toute la cour céleste et de tout Tunivers, bien que cet aspect doive être aussi pour eux la source d'incroyables délices.
2" Dieu est appelé Beau, parce qu'il est lui-même formellement la Beauté infinie surpassant infiniment toute beauté créée, ou qui pourrait être créée, et toute autre que l'entendement divin pourrait concevoir en dehors de soi. 11 résulte de là, qu'il est infiniment aimable et une source infinie de délices, et qu'il a une force infinie pour attirer l'esprit à son amour -, et quoique en réalité il n'attire pas infiniment les esprits des bienheureux, parce que leur vision n'est pas d'une perfection infinie, il les attire néanmoins avec une telle puissance, que tous l'aiment nécessairement et qu'ils ne peuvent en aucune manière suspendre ou arrêter l'acte de leur amour. Mais plus la nécessité d'aimer Dieu est grande dans les habitants du ciel, plus ils sont heureux !