CHAPITRE XX
T>e la bénignité de T)ieii.
Psolm. 68. — Sap., I. — Joël, 2.
Luc, 6. — DioNvs., c. 4 et 5.
A Bénignité est cet attribut de Dieu que le texte grec de la Bible exprime par le mot •/f/iiTo;, et la Vulgate par le mot siiavis, comme on le voit aux Psaumes 33, 85, io8, 144 et ailleurs. Or la Bénignité est attribuée à Dieu :
i" Parce qu'il aune propension infinie à faire du bien, et à faire un bien immense et éternel. C'est ce penchant qui Ta porté à créer les anges et les hommes et à les former à son image et à sa ressemblance, afin de les rendre participants de sa divinité et de sa gloire.
Les Noms divins. — Cliap. XX. 8i
2" Sa Bénignité envers nous a éclaté après notre ruine par le péché. Loin de nous rejeter quand nous étions perdus, il s'est comporté à notre égard avec la plus grande douceur, en nous envoyant son Fils, afin que, s'étant incarné et rendu visible parmi nous, il conversât avec nous, nous relevât par là de nos péchés, nous enseignât la voie du salut, nous donnât des exemples de bien vivre, satisfît à la justice divine pour nous, nous rachetât par sa Passion et par sa mort, nous lavât de son sang, nous sanctifiât par son esprit, et nous fît les enfants de Dieu; et qu'en outre il nous laissât munis, pour notre salut, de très puissants secours, sensibles et accommodés à notre nature.
3" Autre ravissante manifestation de sa Bénignité : Devant monter au ciel, il s'est laissé à nous tout entier et d'une manière admirable dans le Sacrement de TEucharistie, pour nous être toujours, par sa présence, une source de consolation dans cet exil -, afin que, l'offrant à Dieu, il fût en notre pouvoir de l'apaiser, et qu'en le recevant nous fussions faits parficipantsde sa divinité.
82 Léonai'd Lessius.
Enfin, la Bénignité de notre Dieu éclate dans sa conduite à Tégard des pécheurs. Non seulement il les souffre patiemment, et sans les punir, quoiqu'ils retombent souvent dans leurs péchés, mais il les rappelle quand ils sont éloignés de lui, et il les invite à la pénitence, toujours prêt à les recevoir en grâce, s'ils veulent revenir. Et quand ils reviennent à lui, il ne les accueille pas avec dureté, et il ne leur reproche pas leur ancienne ingratitude, mais il les embrasse avec bénignité et avec tendresse, comme des fils qui lui sont infiniment chers, et il les rétablit dans leur premier état d'enfants de Dieu.
Pour comble de Bénignité, il ne demande rien de nous qui soit au-dessus de nos forces^ mais des choses faciles et agréables à un esprit bien fait ; car il a dit : « Mon joug est doux et mon fardeau est léger. »