CHAPITRE XXXV
^e T)ieu, comme notre Refuge.
lEu est appelé notre Refuge : i" Parce que dans toutes nos afflictions, tant de l'esprit que du corps, dans toutes nos tentations, dans tous nos périls, dans toutes nos angoisses, dans toutes nos nécessités^ lorsque nous n'espérons plus d'aucun côté, ni aide ni secours, nous avons en lui un refuge assuré, et nous pouvons nous tourner vers lui par la prière, implorant son secours. Or jamais il ne rejette ceux qui se réfugient auprès de lui et qui l'invoquent avec une ferme espérance et avec confiance, quels que soient leurs péchés, et quoiqu'ils méritent plusieurs enfers-, mais il les exauce toujours, leur accordant ce qu'ils lui demandent ou quelque
Les Noms divins. — Chap. XXXV. iSy
autre chose incomparablement plus précieuse et plus utile pour leur salut.
2" Dieu est appelé notre Refuge^ parce que, quand toutes les autres créatures nous abandonnent ou ne peuvent nous porter secours, Lui seul ne nous abandonne jamais^ mais il est toujours près de nous, il est en nous, hors de nous, autour de nous, nous environnant de tous côtés et de toutes parts, prêt à nous donner secours, à nous consoler et à nous sauver. Ainsi nous pouvons, à juste titre, dire avec David : « T)ieu est notre refuge et notre force; il est notre secours dans r excès des tribulations qui sont venues fondre sur nous. C'est pourquoi nous serons sans crainte, quand bien même la terre serait ébranlée, et les montagnes transportées dans le cœur de la mer (i). » Et ailleurs : « T)ieu est ma lumière et mon salut, qui craindraije? Le Seigneur est le protecteur de ma vie ; devant qui ai-je à trembler? » Et plus loin: « Mon père et ma mère m'ont abandonné, mais le Seigneur m'a pris avec lui (2) ».
(i)Psal. 45. — (2) Psal. 2G.
i38 Léonard Lessius.
3" Enfin Dieu est le Refuge très particulier de tous les justes qui^ fatigués de ce siècle, et voulant fuir ses mensonges, sa malignité et les souffrances cruelles dont il accable, soupirent de toute Tardeur de leurs désirs vers Dieu, comme source de la vie, abîme de tous les biens, en qui seul ils trouveront le parfait repos. Car il est la fin dernière et le terme suprême de tous les désirs, et c'est en Lui que tous doivent, de tout Télan du cœur, chercher un refuge, sïls veulent conquérir le repos béatifique du Ciel.