Les noms geographiques de la province de Quebec
Enregistré conformément à l’acte du Parlement du l’année mil neuf cent six, par Pierre-Georges Roy, du ministre de l’agriculture, à Ottawa.
Canada, en , au bureau
Dans tous les pays du monde, chez toutes les nations, •même barbares, la plupart des noms ont été et sont encore donnés aux lieux pour exprimer une idée ou un sentiment, pour rappeler un fait, un événement joyeux ou triste, un accident, une surprise, une victoire ou une défaite. -Quelquefois, un pur hasard, un mot heureux et expressif, la situation, la configuration du terrain, l’aspect et l’apparence d’un endroit, d’une petite rivière ou d’un site les ont dotés d’un nom que les générations suivantes ont adopté et que la géographie et l’histoire ont dû fixer d’pne manière définitive.
A l’origine, alors que le monde était moins connu,
ces noms étaient moins nombreux ; les progrès des découvertes, la multiplication de l’espèce humaine a dû en prolonger indéfiniment la nomenclature. Ils sont devenus comme des jalons jetés sur la grande route de l’humanité pour guider les générations, nouvelles et leur rappeler les différentes races qui ont successivement passé à ces endroits en y laissant l’empreinte ineffaçable de leurs mœurs, de leur caractère et de leurs vertus.
La connaissance de chacun de ces noms constitue depuis longtemps une branche importante des connaissances humaines qui prend chaque jour de l’extension.
Il est assez curieux et intéressant à la fois d’étudier l’origine et l’étymologie de chacune de ces ajypdllations qui ont toutes, ou presque toutes, une signification propre, sont toutes l’expression d’objets
communs. Chez les Hébreux, Tyr signifiait angoisse. Sidon veut dire pays de chasse, Bethléem, la maison du pain, Horeb se traduit par le désert , Héliopolis, par la douleur, Bethel, la maison de Dieu, Salem, la paix, Sion, V abondance. Le mot hébreux par lequel on désignait le peuple d’Israël, signifie le passant, transiens. Le Mont Ararat, sur lequel s’arrêta l’arche de Noé, se traduisait par terroris et le Mont Thabor par puritas. Le nom de Zabulon vient d’un mot hébreux qui signifie demeure ; celui d’Euphrate veut dire richesse ; Gabaa se traduit, selon saint Jérôme, par collis qui veut dire hauteur, éminence ; Liban par lihanus qui veut dire candidus, comme qui dirait le Mont-Blanc. Siméon veut dire qui écoute bien.
Chez les Grecs et chez les Romains pareillement, la plupart des noms propres ou de lieux étaient dus à divers incidents qui intéressaient la nation ou encore, et fort souvent, aux accidents du terrain ou à sa position naturelle. Par exemple : Fontaine Albæ qu’on appelle aujourd’hui Fontaine-les-Blanches, au diocèse de Tours ; Fontanum, près de . Montbard, qu’on a traduit par Fontenay; Villa Longa, aujourd’hui Ville-Longue, au diocèse de Carcassone, en France ; comme Stagnum, aujourd’hui L’Estanche, au département de la Meuse ; Altus Mons, Iiaumont, dans le nord de la France ; comme aussi Alta Ripa, près de Turin, dans les Etats Sardes, étaient, à n’en pas douter, des noms communs. Qui ne reconnaît dans ITauterive, en Suisse, la même traduction d’Alta Ripa des Romains ; dans Fous Vivus aujourd’hui Mauwre (Munster), en Irlande ; dans Miratorium, Le Miroir, au département de la Saône et Loire ; Petra, La Pierre, aujourd’hui Piedra, au diocèse de Terragone, en Espagne ; Vallis
Nova, dans A illeneuve, dans la Loire inférieure : A allis Décora, d’abord appelée AValcourt, aujourd’hui A\ asor, au diocèse de Namur, en Belgique ; dans A allis F lorida, ou Strata Florida, ce que nous appelons aujourd’hui Stratflur. SaltusAlbus des Romains, en Espagne, c’est de nos jours Sotos Albos ; Grandchamp était autrefois Grandis Campus comme Grandval était Grandis- Ahdlis, Grande Vallensis. Casta Naiada n’est plus que Chastenay. Solesmes était la contraction des mots Templum solis, comme Famars était Fanum Martis et Mercourt, le pays de Mercure, etc., etc.
Chez les modernes, en Angleterre, Ely a reçu son nom de la prodigieuse quantité d’anguilles, eels, qu’on prenait dans la petite rivière qui l’arrose. La ville de AVells tire son nom de la petite rivière de Saint- André qui la traverse ; celle de Bath (bain) de l’efficacité et de la chaleur de ses eaux, appelées par les Romains Aquæ Solis (eaux du soleil). Albion veut dire blancheur.
En France nous trouvons Honfleur, qui veut dire hameau sur un petit golfe ; Vaucouleurs tire son nom de la riche verdure et des prairies émaillées de fleurs dont se pare sa charmante vallée ; Salins des sources salées ; A7esont, tombeau du soleil, vestige du culte druidique ; Lesnes, qui depuis son héroïque résistance, en 1636, a été appelée Belle-Défense.
Kildare, jadis place forte et bien peuplée, veut dire la cellule du chêne, Kildara, à cause d'un chêne très haut qui s’élevait près de ce monastère, fondé au cinquième siècle, à douze lieues de Dublin, nous dit Gerald. Armagh, nom d’une ville importante de l’Irlande, se traduit par la hauteur où il y a des saules ; Kilross, riche abbaye d’Ecosse, vient de
Cella-Florum ; Faremoustier, au diocèse de Meaux, est composé de Fare, ou sainte Fare, et de moustier, abréviation du mot latin monasterium, monastère de sainte Fare. Félipré vient de hélix Pratum, Konig-Klaster, en Moravie, vient de Closter, cloître, et de Koénig, reine, Monastère de la Reine. Gott’scell est composé de Got, Dieu, et de Sell ou Sella, cellule. Lanveau, près d’Auray, en Bretagne, est composé de Lauda-vallis. Il en est ainsi d’Entremont (Etats Sardes) qu’on appelait autrefois Intermontes comme aussi d’Entrevaux, au diocèse d’Apt, département de Vaucluse, appelé jadis Intervalles, etc., etc.
Les changements de domination ou de dynastie, les guerres et les révolutions, la langue des nouveaux peuples et autres causes firent subir des variations considérables, non seulement au langage des peuples soumis, mais encore dans les noms d’un grand nombre de lieux, comme elle en avait exigé dans la division des territoires. Sans parler de Paris, l’antique Lutèce, de l’île d’Itaque aujourd’hui appelée Théaki, du nom de Samotrace changée maintenant en celui de Samotraki, nous avons près de nous, New-York, autrefois New-Amsterdam ; Boston, naguère Trimountaïn ; Toronto, jadis York; Ottawa, ci-devant Bytown ; Port-Royal, aujourd’hui Annapolis ; Albany, autrefois Orange, et mille autres dont la liste serait trop longue à énumérer.
Il en était ainsi dans l’antiquité. Bénévent, Beneventum, fut longtemps appelé Maleventum et la superstition qui y trouvait un présage crut gagner beaucoup à cette substitution. Les îles Favignana, non loin des côtes de la Sicile, sont les anciennes Agates des poètes. Ainsi dans nos provinces, aux
noms primitifs, les Anglais ont substitué fort arbitrairement des noms de l’ancien monde, New-Liverpool, Windsor, New-Glasgow, New-Edimburg, Inverness, Nova-Scotia, New-Carlisle, Farnham, Kingston, Kilkenny, Lambton, etc., etc.
Si nous reportons en effet notre pensée au moment des premiers défrichements faits dans cette colonie, on remarque que les premiers colons donnèrent à leurs établissements les noms des rivières sur les bords desquelles ils se groupèrent, Yamachiche, Maskinongé, Nicolet, Rivière.-Ouelle, Saguenay, Malbaie, Rivière-du-Sud, etc.
Le fleuve Saint-Laurent était alors la grande voie de communication entre tous ces différents établissements. Pascal a dit que les fleuves sont des chemins qui marchent. Cette vérité était surtout comprise et appréciée à cette époque primitive, alors que la hache du hardi bûcheron n’avait pas encore entamé la forêt qui bordait ses deux rives, parsemées ça et là de quelques rares établissements. L’homme de la civilisation, en attendant que les grandes routes fussent ouvertes sur ces bords enchanteurs, suivait, sur la grande rivière, dans son léger canot, les traces du farouche guerrier indien, heureux quand il pouvait échapper au tomahak de l’ennemi !
Une autre raison engageait encore les nouveaux colons à choisir les bords des rivières pour y asseoir leurs foyers, c’était la bonté et la fertilité du terrain à ces endroits, et l’avantage qu’ils trouvaient dans l’exploitation de la pêche, ordinairement plus abondante et plus rémunératrice dans ces lieux qu’à tout autre endroit.
C’est d’ailfeurs ainsi qu’en agissent tous les peuples. Tacite nous apprend que les Germains avaient
fait la même chose. “ Colunt diversi et discreti ut fons, campus, nemus placuit. ” (Liv. 1er, cliap. 15.) La colonie d’Enée était aussi venue s’asseoir sur les bords du Tibre longtemps auparavant. C’était encore sur les rives des grands fleuves que les peuples pasteurs, et après eux les Vandales du nord de l’Asie, venaient déployer leurs tentes et jeter les bases d’un royaume et d’un empire nouveaux.
Un grand nombre de circonstances différentes contribuèrent d’abord à donner à chaque lieu un nom que d’autres circonstances modifièrent ou changèrent quelquefois entièrement plus tard. Les accidents du sol, ses qualités, les événements lugubres ou joyeux, les naufrages, les combats, les victoires, quelquefois un pur hasard, firent assigner aux lieux le nom sous lequel nous les connaissons aujourd’hui ....
Classibus liio locus : hic .acies certare solebant,
Hic sævus tendebat Achilles
Les noms des rivières furent souvent donnés aux paroisses ; il en fut de même de celles qui se trouvaient sur les rives d’un lac ou d’un fleuve. Une forêt adossait un établissement, des bois d’une certaine espèce entouraient l’habitation ; des montagnes dominaient un hameau ; ces établissements, ces habitations, ces hameaux en reçurent les noms. On eut ainsi la Hêtrière, la Frenière, Lachenaie, les Gr ondines, le Sault-aux- Moutons, la Baie des Châteaux, dans le golfe Saint-Laurent, le Port à Choix, Pointe-Riche, sur la côte de Terre-Neuve, etc., etc.
Plusieurs établissements prirent les noms des premiers habitants qui s’y fixèrent : Verchères, l’île Dupas, Lauzon, Berthier, tandis qu’un grand nombre d’autres retenaient ceux que leur avaient donnés les tribus sauvages avant l’arrivée des européens :
Rimouski, Saguenay, Chicoutimi, Cacouna, Yamaska, Canamahé, Kamouraskâ, Hoche! aga, Paspébiac, Malpèque et une foule d’autres désignations plus ou moins harmonieuses ont été religieusement conservées jusqu’à nous, seuls vestiges qui nous restent de ces races autrefois répandues sur nos rives ou dans nos forêts, qui se disputaient avec acharnement, avant notre arrivée, l’empire d’un territoire encore ignoré.
On donnait quelquefois aux lieux où l’on s’établissait les noms anciens de résidence des ancêtres en France : Cfentilly, Beauport, Varennes, Bourg-la- Reine, la Beauce, et quelquefois un concessionnaire ambitieux donnait à sa seigneurie le nom qu’il portait lui-même, Verchères, Lotbinière, Chambly, Portneuf, Rigaud, Yaudreuil, etc. Chaque étendue de terre recevait ainsi l’une après l’autre, une espèce de baptême civil, dans lequel le choix du i;om était laissé au goût, à la fantaisie et à l’arbitraire de quelques personnes intéressées.
Quand ces premiers embryons de colonisation se furent développés, quand le hameau eut pris des proportions, fût devenu village et que la population augmentée, se trouva plus compacte, de nouvelles divisions devinrent nécessaires. Il fallait ériger des paroisses ; l’autorité religieuse intervint et l’autorité civile lui reconnut la faculté de donner des noms et des patrons à chaque nouvelle circonscription. Dans la plupart des cas, les anciennes désignations furent bientôt oubliées. Les deux rives du grand fleuve, acquises à la civilisation par la religion, portèrent dès lors, presqu’exclusivement des noms chrétiens plus en rapport avec le nouvel ordre de choses et avec les habitudes des populations qui vivaient en paix à l’ombre de leurs nouveaux clochers.
La plupart de ces noms nouveaux étaient chers aux habitants de la nouvelle colonie, ils touchaient agréablement leurs cœurs et leur rappelaient de belles et agréables émotions. Tout en témoignant de l’attachement de nos pères à la foi, ils leur rappelaient en outre plusieurs de ces anciennes paroisses de France où s’étaient écoulés les premiers jours de leur enfance, plusieurs des hameaux de la mère-patrie, habités encore par leurs aïeux, dans ce noble royaume de France, le plus beau , après celui du Ciel.
En mettant le pied sur nos rivages, les nouveaux arrivés retrouvaient à chaque pas, au milieu d’une population amie, sur un sol vierge et presque encore inculte, les souvenirs vivants du pays qu’ils venaient de quitter, renouaient, sur une terre où devait désormais s’écouler leur vie, la chaîne à peine interrompue des traditions et des affections commencées ailleurs.
Pendant tout le temps que dura la domination française en ce pays, les choses se continuèrent ainsi. A mesure que le cercle de la population s’agrandissait, on détachait ça et là certaines portions de territoire qu’on érigeait en nouvelles paroisses, sous le vocable de noms de saints en ajoutant quelquefois le nom primitif où l’on se trouvait. C’est ainsi qu’on établit Sainte- Anne de la Pocatière, Sainte-Anne de la Pérade, Saint-Jean Port-Joli, Saint-Charles de la Rivière Boyer, Saint-Henri de Lauzon, Saint-Louis de Lotbinière, Saint- Jean Descliaillons, etc.
Quelquefois la mauvaise humeur, le dépit ou la raillerie ont fait donner à certains endroits des noms nouveaux ou moins favorisés par la nature, des noms bizarres, ridicules même, qui ont été adoptés ensuite presque par tous. Ainsi, dans un grand nombre de paroisses nous avons des localités appelées la Grillade,
Trompe-Souris, Brise- Culotte, Vide-Poche, Pain de Sucre, Pain Court, Bel Automne, etc. Le peuple de nos campagnes invente souvent pour peindre un objet ou rappeler un lieu, des mots qui font image et qui représentent vivement à l’esprit l’idée que ces objets ou ces lieux ont fait naître.
Du reste, cette habitude se trouve chez les peuples les plus froids et les plus flegmatiques. On rencontre une foule de ces noms en Angleterre ; nous en citerons quelques-uns en passant : Crakpot, dans la Siraledale, Bite- About, Parish of Lowick, Cold-pighill, Pancake, près de Kepier, Cold Knuckles, près de Shelburn, Leggs Act’oss, près de Bolam, Sugar Mil, Cold side, Sait pig MU, New-hottle, Hell-kdles, Barefoot, etc., etc. On trouve en Belgique : Courtil-Brulé, c’est-à-dire Maison-brûlée, La Roquette, Pet ite-Poche ; Stadacona, Hochelaga, Manitoba les valent bien.
Beaucoup de paroisses conservèrent aussi le nom du patron, du fondateur, du seigneur ou du bienfaiteur de l’Eglise, le peuple ayant demandé à le conserver par reconnaissance. On peut citer parmi celles-ci : Saint-Eustache, Saint-Cuthbert, Saint- Michel, Sainte - Hénédine, Sainte - Béatrice, Saint- Raphaël, etc., etc.
Ces noms de saints, répandus avec tant de profusion, attestent la foi profonde de nos aïeux qui se plaisaient à mettre leurs établissements comme leurs entreprises sous la protection des élus de Dieu. Dans les villes, ce sont généralement le£ noms des saints auxquels les églises furent dédiées qui ont été donnés à la paroisse et aux rues qui y conduisent. Il faut cependant excepter Saint-Jean et Saint-Roch de Québec et peut-être quelques autres, car ces faubourgs existaient sous ces dénominations avant qu’on y eût construit des églises.
La colonie grandissait ainsi au milieu des luttes continuelles qui ensanglantèrent plusieurs fois le sol du Nouveau-Monde ; luttes de la civilisation contre la barberie, luttes des puissances européennes qui, bien souvent, ne le cédaient en rien à celles de la barbarie, pour la possession de ce domaine immense ouvert à l’ambition et à la cupidité des hommes et des gouvernements. Un siècle et demi après sa fondation, nos pères, toujours fidèles aux saintes lois de l’honneur, pauvres et fatigués, mais couverts de gloire et de blessures, durent livrer leurs armes aux vainqueurs ! Le drapeau à fleurs de lys repassa les mers ; et, la France, que la Providence voulait châtier, perdit un des plus beaux joyaux de sa couronne. A cette époque nous comptions une population d’environ soixante mille âmes disséminées dans un certain nombre de paroisses qui ne dépassaient pas une centaine.
Le nouveau gouvernement, hostile aux Canadiens, ne négligea aucun moyen de leur faire oublier leur glorieux passé. Après avoir tenté vainement de leur enlever leurs lois et jusqu’à l’usage officiel de leur langue, il voulut au moins substituer, partout où il pouvait le faire, des noms anglais à- ceux que nos pères avaient apportés de France.
On voulait peu à peu détruire, si toutefois nous pouvons nous exprimer ainsi, la physionomie toute française du pays pour en faire une véritable province anglaise. On tenait à effacer jusqu’aux derniers vestiges de cette domination rivale qui avait si longtemps tenu en échec les envahissements de la Nouvelle-Angleterre. On croyait contribuer ainsi à faire oublier aux anciens sujets tout ce qui pouvait leui 1 appeler le souvenir d’un passé glorieux et les
accoutumer plus facilement à l’idée bien arrêtée de les anglifier le plus tôt possible.
Cette politique peu sage et peu généreuse ne produisit pas les résultats qu’on en attendait. Elle contribua au contraire à maintenir les Canadiens plus unis que jamais et à les engager à résister avec plus de courage et de persévérance contre toutes les tentatives et les mesures qui avaient pour but la destruction de leur autonomie garantie par la capitulation et les traités.
Les nouveaux maîtres, qui avaient lutté pendant si longtemps contre leur vieille rivale, voulaient faire disparaître toute trace de sa domination en Amérique. C’était l’application, dans toute sa rigueur, du Ta? vidis ! Dans leur impatience d’anglification ils ne furent pas longtemps sans essayer de substituer à ces dénominations françaises des noms plus familiers à leurs oreilles et à leurs souvenirs. Les anciens habitants devaient substituer à leurs affections et à leurs souvenirs les souvenirs et les affections des nouveaux sujets de Sa Majesté Britannique ! il fallait adopter leurs idées et leurs sentiments sous peine d’être traités de lâches et de rebelles au Roi !... Les quelques fauteurs de cette petite oligarchie qui gouvernait alors le pays auraient décrété, s’ils n’avaient pas craint d’être ridicules, que les Canadiens ne devaient plus parler et agir que comme les heureux habitants des bords de la Tamise sous peine d’être fouettés en place publique.
On crut que le meilleur moyen de leur faire prendre l’habitude de la langue anglaise serait de changer les noms alors en usage pour désigner les différentes parties du pays. Il s’agissait de procéder à la division de la province de Québec, pour les fins de la repré-
sentation ; on la partagea en trente-un comtés, renfermant chacun un grand nombre de paroisses, et on leur donna des noms très difficiles à prononcer et sans aucune signification pour les Canadiens : — Northumberland, Hampshire, Cornwallis, Warwick , Herforcl, etc., etc.
Quand ce premier pas fut accompli, on s’occupa de diviser les terrains non concédés, appartenant à la Couronne. On forma des cantons ou townships auxquels on donna invariablement des noms à peu près semblables à ceux que nous venons de rappeler : Ixworth, Sherrington, Setrington, Dudswell, Hemmingford, Hinchinbrooke, etc., etc.
Les traditions de cette triste école ne sont pas encore oubliées partout. Dans certains départements on en conserve encore l’esprit, soit par un reste d’habitude, soit par condescendance, soit par flatterie pour les préjugés d’un autre âge. C’est ainsi qu’au département des Postes on a donné depuis quelques années même à plusieurs bureaux de postes, dans des paroisses entièrement canadiennes, des noms anglais, à Saint-Romain, Yaltort, à Durham, Y verton ; South- Quebec, c’est Lé vis, Cape Split, c’est le nom qu’on a substitué à Pligoum , qui veut dire Ventrée de la tannière du Castor.
Ces changements n’ont le plus souvent aucun rapport avec la localité. Le caprice d’un chef de bureau distribue ainsi de droite à gauche des noms de son invention ou ceux qu’il emprunte d’amis complaisants et protecteurs, au détriment de noms plus connus et plus facilement retenus.
Malgré la force d’inertie opposée à cette tendance absurde et tyrannique, elle n’en continue pas moins, à certains intervalles, dans quelques bureaux
publics. En vain, essaya-t-on de résister directement â ce dépouillement forcé de nos droits et de nos souvenirs. Les vexations et les menaces désarmèrent, il y a déjà quelques années, les plus obstinés. Convaincus d’ailleurs de l’inutilité de la lutte, ils plièrent la tête sous l’orage qui grondait au-dessus 'd’eux et attendirent patiemment des jours meilleurs. Des noms anglais ou allemands étaient souvent substitués à des noms indigènes ou français sans s’occuper si ces derniers ne rappelaient pas un homme ou un événement bien chers au cœur de nos compatriotes, sans s’inquiéter s’ils n’étaient pas un titre de gloire ou de reconnaissance pour ceux qui l’avaient choisi. On vit ainsi disparaître plusieurs noms remarquables dans l’histoire : New-Liverpool fut substitué à Etchemin, William-Henry à Sorel, etc., etc.
On fit ainsi disparaître du langage officiel une foule de noms qui méritaient d’être conservés, mais l’opinion publique se vengeait de ces tentatives mesquines en restituant, dans la vie ordinaire, les noms ainsi ostracisés, aux endroits qui les portaient auparavant. Relégués pendant quelque temps à l’écart, la force de l’habitude les remena bientôt à la surface, comme ces corps qu’on ne peut maintenir sous l’eau; et ils finirent peu à peu par se frayer un chemin jusque dans cette même langue officielle d’où on croyait les avoir bannis à perpétuité. C’est ainsi que l’énergie et le bon sens populaires finirent par triompher en plusieurs endroits des projets tyranniques d’une foule de citoyens de faux aloi qui croyaient faire leur cour aux hommes d’état de l’Angleterre en mettant en pratique, sur ce théâtre éloigné du monde, des lois barbares condamnées depuis longtemps par l’Europe civilisée et même par l’Angleterre.
Cependant, après des essais plus ou moins infructueux d’anglifier le pays, le gouvernement anglais revint à une politique plus libérale commandée d’ailleurs par les circonstances. L’élément français commença à jouir de sa juste part d’influence dans la direction de la politique du pays. On constata bientôt les heureux effets de ce changement. Les aspirations légitimes des populations furent petit à petit mieux accueillies. On commençait à les traiter un peu en sujets après les avoir traités longtemps en vaincus. Une ère nouvelle s’ouvrait devant eux, ils allaient bientôt être les maîtres de leurs destinées. Cette nouvelle direction imprimée aux affaires ne tarda pas à se faire sentir jusque dans les désignations à donner aux endroits nouveaux. On n’eût bientôt plus la même horreur pour les noms français, et l’on poussa même la condescendance jusqu’à en assigner quelques-uns à des cantons nouvellement formés.
Les choses allèrent toujours en s’améliorant jusqu’à la division faite dans le pays pour les fins électorales et judiciaires, en 1853. Une idée plus large et plus patriotique semble avoir présidé à celle-ci. Un choix plus judicieux en fut le résultat nécessaire. On donna, en effet, aux nouvelles circonscriptions, les noms tirés pour la plupart de notre histoire dans laquelle brillent tant de noms remarquables, d’hommes distingués, et comme soldats et comme citoyens ; La- Salle, Lauzon, de la Durantaye, de la Vallière, d’Iberville, etc., etc.
Aux Etats-Unis, on jette ça et là au centre d’un nouveau territoire un nom grec ou romain plus ou moins ambitieux. On semble prendre plaisir à multiplier les souvenirs classiques. Uttica, Lycurgue, Solon, Socrate, Cincinnati, etc., etc. C’est le passé
qui envahit le présent et essaie à fait revivre, à des siècles de distance, le souvenir des grandes choses et des hommes d’autrefois. Une petite ville bâtie en briques, remplie de manufactures et de magasins, d’entrepôts, etc., ambitionnera l’honneur de rappeler aux voyageurs la gracieuses élégance d’Athènes, la beauté superbe de Rome, etc.
Soyons plus naturels et plus modestes. Contentons-nous de ces noms sonores et harmonieux qui nous ont été légués par les hères peuplades qui habitèrent jadis ces contrées, ou de ceux que nous trouvons si facilement dans notre histoire nationale. Soyons ce que nous sommes ; et, si nous ne pouvons pas réussir à attirer l’attention des étrangers par nos richesses et nos ressources naturelles, par la grandeur de nos paysages et le charme de nos sites naturels, nous ne séduirons pas davantage leur curiosité en leur énumérant une suite de noms pompeux empruntés à la mythologie ou à l’histoire ancienne. Chaque pays doit avoir d’ailleurs sa physionomie propre, son caractère ;u ’nal, son cachet particulier, et il perdrait irfailh' îernent ces signes distinctifs en s’affublant pompeusement I’un passé trop brillant peut-être pour être su issé et la plupart du temps trop méprisable pour être imité. (1)
Ruricola
(1) Cette petite étude sur les noms géographiques est empruntée à la Minerve du 17 mars 1874. Nous croyons que le pseudonyme Ruricola cachait ici le savant abbé Bois.
Abatagoush, Baie (Lac Saint-Jean)
Du montagnais up, racine signifiant étroite, atuk, boisé ou touffu, et ush, diminutif. Passage étroit touffu ou boisé.
Abbotsforil, Saint-Paul d’ (JRouville)
Abbots, abbés; ford, gué; Abbotsford, gué des abbés.
Abbotsford est le village d’Ecosse où Walter Scott se bâtit un château qui était si riche et si beau qu’on a dit qu’il était “ un roman en pierre et en chaux.”
Mais le grand romancier écossais n’a eu aucun rapport avec notre Abbotsford canadien, qui a pris ce nom tout simplement parce que Joseph Abbott, père de sir John Abbott, premier ministre du Canada, y fut pendant plusieurs années ministre de l’église d’Angleterre.
Abbotts Corners ( Missisquoi)
Les premiers défrichements en cet endroit furent faits, vers 1797, par le révérend Jedediah Hibbard et le docteur James Abbott.
Abénakis Springs (Yamaska)
Le mot Abénakis veut dire “ ceux de la terre du Levant ”. Les Abénakis habitaient autrefois l’état du Maine, et s’étendaient dans le New-Hampshire, le Nouveau-Brunswick et jusque sur les côtes de la Nouvelle-Ecosse. C’est vers 1684 que les Abénakis s’établirent à Saint-François du Lac.
Abercrombie, Canton (Terrebonne)
Ije général James Abercrombie fut battu par Montcalm et Lévis à Carillon, le 8 juillet 1758.
Aberdeen, Canton (Pontiac)
Ce canton a été érigé en 1872. Ce n’est donc pas en l’honneur du comte d’Aberdeen, gouverneurgénéral du Canada de 1893 a 1898, qu il a été nommé ainsi. Il a pu prendre son nom de la ville d’Aberdeen, en Ecosse, ou encore du comte d’Aberdeen qui fut ministre des colonies en 1834.
Aberford, Canton (Pontiac)
On voit un village de ce nom dans le comté de York, en Angleterre.
Abitibi, Lac
Apitaunipi, en montagnais, veut dire : “ la où 1 eau se rencontre à mi-chemin.”
Dans la langue crise ce mot a à peu près la même signification. Il est forme de A bittüiv, milieu, moitié, et nipiy, eau, qui fait ipi, d’où abitibi, eau du milieu, eau à mi-distance. Le nom de ce lac, dit le Père Lacombe, vient de sa position à la hauteur des terres entre la baie d’Hudson et le Saint-Laurent. (1)
Acton-Vale (Bagot)
Cent endroits, peut-être, en Angleterre, portent le nom de Acton.
Adam s ville, Saint-Vincent-Ferrier d’ (Brome)
Il y a un demi-siècle, George Adams établissait une scierie dans la municipalité de Farnham-Est. De là, naissance d’un petit village sur l’Yamaska
(1) Dictionnaire de la langue des Cris, p. 705.
supérieur. George Adams, propriétaire du terrain, de la scierie et premier maître de poste de ce village, imposa son nom, et on le désigna bientôt sous le nom de Adamsville.
Adamsville a été érigée en paroisse en 1873, l’année même de 1 arrivée des Dominicains à Saint-Hyacinthe. C’est pour cette raison que Mgr Charles Larocque lui donna saint Vincent-Fer rier pour titulaire. On sait que ce saint appartenait à l’ordre de saint Dominique.
Addington, Canton (Ottawa)
Henry Addington fut orateur de la Chambre des Communes en Angleterre et créé pair par George III sous le nom de lord Sidmouth.
Adstoek, Saint-3Iétiiode d’ (Beauce)
Adstock est un village du comté de Buckingham, en Angleterre.
Lorsque, en octobre 1880, Adstock fut érigée en mission, Léon XIII venait de rendre l’office de saint Méthode obligatoire dans toute l’église et de fixer sa fête au 5 juillet. C’est pour cette raison que le cardinal Taschereau mit Adstock sous le patronage de ce saint.
Agnès (Mégantic)
C’est de l’épouse de sir John Macdonald, Suzan- Agnès Barnard, que ce village a reçu son nom.
Nous lisons dans le Travailleur de Mégantic, du 7 avril 1898 :
“ Nous avons eu le plaisir cette semaine de serrer la main à M. Dominique Morin, aujourd’hui commerçant de bois et propriétaire de moulins, résidant à Garthby. Le nom seul de Morin n’est pas sans évoquer un agréable souvenir chez les citoyens
d’Agnès, spécialement chez les vieux. M. Morin, en effet, est le premier qui s’attaqua à la forêt qui fut où s’élève aujourd’hui le charmant village d’Agnès.
. Il y a environ vingt-huit ans, M. Morin ouvrait les hostilités contre les géants qui balançaient orgueilleusement leur tête près de l’embouchure de la rivière Chaudière, en abattant le premier arbre. C’est aussi M. Morin qui le premier relia nos deux villages, en jetant sur la rivière Chaudière un pont de bois rond qui faisait toujours bien douce l’arrivée sur la rive que l’on voulait atteindre. Ce pont fut construit aux frais de la municipalité dont M. Morin était à cette époque le seul propriétaire. M. Morin travailla de toutes ses forces à faire de cette région du lac Mégantic une paroisse prospère. C’est pourquoi notre village porta d’abord le nom de Morinville, qui fut plus tard changé en celui d’Agnès à l’occasion du passage sur les bords du beau lac Mégantic de lady Macdonald, épouse du grand homme d’Etat, sir John Macdonald. Il aurait pourtant été plus conforme aux traditions et à la justice de ne pas faire ce changement. Morinville aurait été l’histoire de notre village dans son nom. Nous n’oublierons pas tout de même la vérité des faits et invitons M. Morin à venir nous voir souvent ; il y retrouvera toujours Morinville. ”
Agvvanus, Rivière (Labrador)
Du montagnais eikuanenanuts, endroit pauvre, où il y a peu de choses.
Aliuntsic (Hoclielaga)
En 1897, les citoyens dé la partie du Sault-au- Rêcollet connue sous le nom de Back-River, entre-
voyant dans l'avenir un horizon de progrès, obtinrent l’érection de Back-River en village sous le nom de Ahuntsic.
Ces citoyens voulaient rappeler des souvenirs très intéressants sur les commencements de la colonisation de notre pays, sur l’île de Montréal, et en particulier sur la paroisse du Sault-au-Récollet qu’ils habitent.
Le 28 juillet 1625, le Père Viel, récollet, descendait en canot la rivière des Prairies, accompagné d’un jeune néophyte indien du nom de Ahuntsic. Tous deux furent surpris par les Iroquois, qui s’emparèrent du Père Viel et après l’avoir martyrisé le jetèrent à l’eau dans les rapides. Ils firent ensuite souffrir d’affreux tourments au jeune Ahuntsic, avant de lui faire partager le même sort que le Père Viel. C’est depuis que l’on appelle cette localité le Sault-au-Récollet. Comme la paroisse a pris le nom de l’apôtre, il était juste que ce nouveau village, situé sur les bords de cette même rivière, non loin des rapides où le Père Viel et le jeune Ahuntsic trouvèrent la mort du martyr, porta le nom du jeune néophyte. AToilà pourquoi le nom de Ahuntsic a remplacé celui de Back River.
Akautago, Kivière (Labrador)
De Akautagan (montagnais), rivière impraticable, où on navigue difficilement.
Albanel, Sainte- Lucie d’ (Lac Saint-Jean)
Les pèies jésuites avaient des missions établies sur le cours de la rivière et sur les rives du lac Saint- Jean alors même que la capitale de la Nouvelle- France sortait à peine des langes, et l’un d’eux, le Père Albanel, faisait déjà en 1672 un voyage à la
baie d’Hubson par les rivières Mistassini et Rupert, voyage qui n’a été fait de nouveau par un Européen — le naturaliste Michaux — qu’une seule fois depuis, à la fin du siècle dernier. C’est en l’honneur de ce père jésuite que le canton Albanel, situé à l’extrémité ouest du lac Saint-Jean, fut nommé ainsi. (1).
Albert, Canton (Saguenay)
Pour perpétuer le souvenir du prince Albert, époux de la reine Victoria, et père du roi Edouard
Aldfield, Canton (Pontiac)
Paroisse du comté de York, en Angleterre.
Allard, Canton (Saint-Maurice)
En l’honneur de l’honorable M. Jules Allard, ministre des travaux publics de la province de Québec.
Allen’s Corners (Brome)
Le premier habitant de cet endroit fut Josiah Allen. Dès 1820, il y cultivait une terre.
Alleyn, Canton (Pontiac)
L’honorable Charles Alleyn fut ministre provincial et shérif de Québec.
Alma, Saint- Joseph d’ (Lac Saint- Jean)
Le lac Saint- Jean se décharge dans le Saguenay par deux issues appelées la Grande et la Petite Décharge. L’espace entre ces deux cours d’eau forme une île qui a été appelée île d’Alma.
L’Alma est une petite rivière de la Crimée qui tombe dans la mer à environ vingt milles de Sébas-
(1) Arthur Buies, Le Saguenay et la vallée du lac Saint- Jean, p.
topol. Elle est célèbre par la victoire qu’y remportèrent les alliés français, anglais et turques sur les Russes le 20 septembre 1854.
L’arpenteur Duberger était à arpenter le territoire actuel de la paroisse lorsqu’on apprit au Canada la victoire de l’Alma.
Amherst, Saint-Rémi d’ (Ottawa)
Le canton Amherst rappelle le souvenir de sir Jeffrey Amherst, commandant de l’armée anglaise qui s’empara de Montréal en 1760.
Des habitants de Montebello et des bords de la Grande-Rivière se trouvant dans une situation gênée, vinrent se réfugier dans les montagnes incultes du canton Amherst où la terre se concédait à trente centins l’arpent. * /
En 1S83, M. Rémi Prudhomme, curé de Saint- Thomas de Lefaivre, vint de la part de Mgr Duhamel, visiter plusieurs fois ces pauvres gens. Il les pressa de construire une chapelle et un presbytère, leur promettant qu’ aussitôt ces constructions faites, l’évêque pourvoierait régulièrement à leurs besoins. Dociles à ces conseils, les colons d’ Amherst élevèrent uue chapelle qui prit le nom de Saint-Rémi pour honorer M. Rémi Prudhomme. (1)
Alton, Saint-Alban d’ (Portneûf)
Alton, ville du comté de Hants, Angleterre. Dans le comté de Stafford, il y a aussi une paroisse qui porte le nom de Alton.
Alverne, Saint-François de 1’ (Bonaveuture)
Cette mission a été établie par les Capucins qui lui
(1) R. P. Alexis de Barbezieux, Historique de la province ecclésiastique d'Ottawa, p. 302.
ont donné le nom de la montagne d’Italie où leur saint fondateur, François d’ Assises, a reçu les Stigmates.
Amqui, Saint-Benoit Labre de (Matane)
Amqui, Humqui ouUmkSi est le nom d’une petite rivière qui se jette dans la rivière Matapédiac. Ce mot se prononce Umme-kou-i, et signifie en micmac, “ là où l’on s’amuse, où l’on joue”.
Saint Benoit Labre fut donné pour titulaire à Amqui, par Mgr Langevin, lors de sa canonisation par Léon XIII.
Ancienne-Lorette, Annonciation de 1’ (Québec)
C’est le Père Chaumonot qui fut le parrain de Lorette. Il avait été guéri dans sa jeunesse à Lorette, en Italie, d’une teigne dégoûtante et il en avait conservé une grande reconnaissance. La première église de Lorette, au Canada, fut bâtie exactement comme celle de Lorette, en Italie.
Comme l’Annonciation a eu lieu dans la maison de Lorette on jugea avec raison qu’une chapelle paroissiale destinée à étendre dans le pays la dévotion à Notre-Dame de Lorette ne pouvait être mieux placée que sous le vocable de l’Annonciation.
C’est lorsque les Hurons quittèrent Lorette que la paroisse prit le nom d’ Ancienne-Lorette parce que les Sauvages donnaient le nom de Jeune-Lorette à leur nouveau poste.
Angors (Ottawa)
Angers a été nommé ainsi par Mgr Duhamel, archevêque d’Ottawa, en reconnaissance des services rendus à cette paroisse par un missionnaire né à Angers en France.
Angers, Canton (Bonaventure)
L’honorable Auguste-Réal Angers, juge de la Cour Supérieure, lieutenant-gouverneur de Québec, puis ministre de la puissance du Canada.
Angoulênie, Canton (Bertliier)
Angoulême est le chef-lieu du département de la Charente, en France.
Angus (Compton)
Angus est l’ancien nom de Forfarsliire, en Ecosse.
Anse à Beanfils (Gaspé)
Le premier individu qui commença des défrichements dans cet endroit se nommait Beaufils.
Anse à Benjamin (Cliicontimi)
Au mois de juillet 1838, Benjamin Godreau, François Guay et quelques autres allèrent visiter plusieurs endroits où se trouvaient des pinières. Benjamin Godreau, en voyant la première anse de Saint- Alphonse et la qualité de son sol, s’éprit de ce lieu ; et comme il ne cessait d’en parler et de le vanter auprès de ses compagnons, ceux-ci donnèrent à cette anse le nom à’ Anse à Benjamin, nom qui lui est resté. (1)
Anse à Brillant (Gaspé)
Une famille Brillant venue du district de Québec a donné son nom à cette anse. Ce nom est’ écrit dans les registres par des mains irlandaises : Anse au Briand, au Brion, Anse Bryan.
(1) Arthur Buies, Le Sciguenay et le bassin du lac Saint-Jean,
Anse à Fu gère (Gaspé)
Suivant les uns il y poussait autrefois force fougère. Les autres prétendent qu’il y avait eu là un habitant du nom de Fishère. On voit écrit une fois dans les registres Anse à Fisher. Fougère est un nom de famille canadien.
Anse à Gilles (Islet)
L’anse à Gilles a pris son nom de Gilles Goutreau, un des premiers habitants établis sur ses bords.
Anse à Louise (Gaspé)
Une tradition bien établie affirme que, sous la domination française, uue frégate nommée la Louise fit naufrage dans cette anse.
Anse à Valleau (Gaspé)
D’après quelques-uns, et l’honorable Pierre Fortin est du nombre, il faudrait écrire : Anse au Vallon. Il est vrai que cet établissement est comme un nid qui s’abrite en frileux au pied de hautes collines qui l’enserrent de toutes parts. Mais ce nom de vallon est trop recherché pour être d’origine populaire. Si on pouvait découvrir que Valleau est un nom de famille et qu’il est la corruption de Vallée, la question serait résolue. U y a bien l’expression à vau-l’eau qui signifie en suivant le courant, mais on n’en voit guère l’à-propos ici.
Anse au Foin (Cliicoutimi)
Le foin marin croissait en abondance dans cette anse.
Anse-au-Grlfïon (Gaspé)
Les opinions sont très partagées sur l’origine du nom de l’Anse au Griffon.
Les uns veulent que cette anse ait été nommée ainsi à cause de la couleur grisâtre du fond de la mer en cet endroit. On devrait alors écrire Anse au gris fond. C’est, en effet, l’orthographe qu’adopte Mgr Plessis en 1811.
D autres prétendent que l’Anse au Griffon doit son nom a une grande démangeaison de doigts dont étaient affligée les premiers habitants de l’endroit, ce qui les portait à griffer ce qui ne leur appartenait pas.
Une troisième opinion attribue l’origine du nom de l’Anse au Griffon au premier bœuf qui fut amené dans l’endroit. Ce bœuf était très gros et portait le nom de Griffon. C’était vraiment trop lui faire d’honneur que de faire passer son nom à la postérité.
Les Anglais, entre autres Bayfield, appellent l’Anse au Griffon, Griffin’s Cove. Inutile de dire qu’il n’y a jamais eu là de Griffin.
Sous le domination française, il y eut à Montréal une famille du nom de Griffon. Des vaisseaux furent aussi appelés de ce nom. M. de La Salle en construisit un en 1678, destiné* à naviguer sur les lacs et auquel il donna ce nom. (1)
Un vaisseau de ce nom a pu s’échouer dans l’anse et lui laisser son nom et peut-être même son existence.
Quoiqu’il en soit, sur sa carte de 1744, Charlevoix mentionne l’Anse au Griffon.
Anse aux Canons (Ga»pé)
Les cartes géographiques appellent erronément cette anse l’anse au Canot. Une frégate ayant fait naufrage sur le Cap Frégate, qui est dans cette anse, les canons allèrent au fond, d’où anse aux Canons.
(1) Les armes du gouverneur de Frontenac portaient ce signe. C’est pour cette raison que La Salle baptisa ainsi son bâtiment.
Anse aux Cocques (Kimonski)
A Sainte-Luce, il y a une anse assez profonde et une pointe qui s’avance à une grande distance dans la mer ; au printemps cette anse est infestée de moules, que les Canadiens-Français appellent généralement des cocques ; de là le nom de anse aux Cocques appliqué à cette crique. Mais les Anglais ont nommé la pointe Code Point.
Ause-aux-Gascons, Ste-Gerniatne de 1* (Bon.)
Un vaisseau fit naufrage en bas de Malbaie. Un matelot gascon sur le point de périr se cramponna à une épave qui le déposa sur la côte de Percé. Il monta jusqu’à l’Anse aux Gascons et se bâtit sur ses bords une cabane dans laquelle il vécut en ermite, cultivant un petit jardin qu’il avait défriché. Il fut trouvé mort dans sa cabane à un âge très avancé. Si la tradition est correcte on devrait donc écrire Anse-au-Gascon.
Sainte Germaine était d’origine gasconne. Rien de plus naturel, donc, que de la donner pour titulaire à l’Anse-aux-Gascons.
Anse aux Sauvages (Lévis)
Le nom Indian Cove supplante petit à petit l’ancienne désignation d’Anse aux Sauvages.
Autrefois, au printemps et à l’automne, lorsqu’ils se rendaient à Québec, les Sauvages campaient sur le bord de cette anse.
Anse de la Mine (Poutiac)
On donne aussi à cet endroit le nom de “ Mine d’argent de Wright, ” parce que cette mine est exploitée par MM. Wright, Goodwin et Brophy.
En 1688, Jean-Baptiste-Louis Franquelin, hydrographe du roi, explora tout l’Outaouais supérieur ; il reconnut la même mine qui porte aujourd’hui le nom de Wright, et donna à l’endroit où elle se trouve le nom d’ Anse de la Mine.
Anse (le l’Etang (Gaspé)
Un peu entouré et caché derrière une colline est un superbe étang encaissé dans les montagnes. Il est peu poissonneux.
Anse des Mères (Québec)
L’anse aujourd’hui connue sous le nom d’Anse des Mères fut accordée par le gouverneur .Jean de Lauzon, le 26 octobre 1651, aux religieuses de b Hôtel-Dieu de Québec. Après avoir servi de lieu de pêche pendant de longues années, elle a été successivement baillée et concédée aux sieurs Viger, Trahan, Campbell, Black, Martin, Hall, Dobell et Symes. Cette anse fut évidemment nommée ainsi à cause des mères hospitalières.
Anse des Morts (Québec)
On prétend qu’un cimetière a existé en cet endroit.
Anse du Fort (Montmorency)
Lorsqu’une partie des Hurons, chassés de leur pays par les Iroquois, descendirent à Québec, en 1650, sous la conduite du Père Ragueneau, ils furent placés dans l’île d’Orléans, sur les terres de dame Eléonore de Grandmaison. Comme madame de Chavigny possédait un fief, vers le haut de l’île d’Orléans, ce fut là que durent être placés les fugitifs. On trouve encore sur ce fief un lieu appelé l’Anse du Fort, nom donné sans doute en mémoire
du fort en pieux, semblable à celui de l’île Saint- Joseph, qui fut érigé pour protéger leurs cabanes d’écorce, la modeste habitation des missionnaires et la maison de prières. (1)
Anse dn moulin à Baude (Sftguenay)
“ Une distance de trois milles sépare le moulin Baude du village de Tadoussac. Ceux qui connaissent quelque peu 1! histoire du pays ne manquent jamais de pousser une pointe jusqu’au moulin Baude pour y voir les marbres dont parlent tous les anciens écrivains.
« Charlevoix raconte qu’en arrivant au moulin Baude, en 1720, il demanda à voir ce moulin, et qu’on lui montra quelques rochers d’où sortaient un ruisseau d’une eau claire. “ C’est du moins, dit-il, de quoi bâtir, un moulin à beau, mais il n’y a guère d’apparence qu’on en bâtisse jamais.” La prédiction du Père Charlevoix ne s’est pas accomplie. Sur ces rochers dénudés un moulin a été construit, mais son propriétaire ne parait pas y avoir fait fortune, si bon en juge par les chaussées en ruine et le misérable aspect de l’établissement. Un meunier fait tourner ses meules sur le mince filet d’eau qu’alimente le ruisseau le plus souvent tari du moulin Baude. Mais tel qu’il est ce moulin suffit pour moudre les quelques épis que produit ce sol aride et ingrat.
“ D’où vient le nom de moulin Baude donné à cet endroit désert, dès les commencements de l’établissement de la Nouvelle-France ? Champlain et tous les écrivains qui l’ont suivi parlent du moulin Baude, sans s’inquiéter d’en faire connaître l’histoire.
(1) L’abbé Ferland, Notes sur les registre » de Notre-Dame de Québec, p. 34.
Cet endroit était autrefois la rade de Tadoussac. “ Pour que le mouillage soit bon, il faut que le moulin Baude soit en vue, écrivait le fondateur de la colonie. C’est un saut d’eau venant des montagnes et au travers jetez l’ancre.”
“ D’après la tradition des habitants du pays, la rive gauche du ruisseau qui coule au moulin Baude se terminait autrefois par une longue pointe de terre qui s’avançait dans le fleuve et formait comme une baie naturelle.. Deux rochers isolés formaient l’extrémité de cette presqu’île, et ils avaient été appelés par les marins le bonhomme et la bonne femme Baude. Nous donnons la légende pour ce qu’elle vaut.
“Le vent et la mer ont-ils rongé cette langue de terre ? Est-elle disparue dans quelque cataclysme ? Mystère. C’est l’opinion de plusieurs géologues que la physionomie de toute cette côte a été changée dans les violentes secousses du fameux tremblement de terre de 1663. L’historien Parkman raconte que des pêcheurs, qui descendaient le fleuve en chaloupe, se virent subitement arrêtés près de Tadoussac, par une haute montagne couverte d’arbres qui fut précipité dans les eaux à quelques verges cl’eux.
“ Quoiqu’il en soit, le moulin Baude renommé jadis comme bon mouillage n’offre plus aucun abri aux marins.
“ Ce qui a contribué surtout à faire connaître le moulin Baude, c’est que tous les anciens écrivains ont rapporté que les rochers qui l’environnent étaient composés de marbre. Il n’en fallait pas plus pour exciter la convoitise des spéculateurs. Malheureusement, il s’est trouvé après examen, que les quelques veines blanches que l’on voit courir aux flancs des mornes, n’étaient pas de nature à permettre
une exploitation payante. Ce marbre qui s’effrite facilement à l’air ne pouvait tout au plus être employé que dans quelques travaux d’ornementation.” (1)
Anse Pleureuse (Gaspé)
L’Anse Pleureuse est située dans la paroisse de Saint-Maxime du Mont-Louis. Au rapport des pêcheurs fixés dans cette anse, on y entend quelquefois venir des profondeurs de la forêt des gémissements et des sanglots auxquels on donne une origine surnaturelle. C’est probablement la grande voix des bois agités par le vent ou les hurlements des renards et autres animaux.
Anse Saint- Jean (Chicoutimi)
A neuf lieues en haut de Tadoussac et à onze lieues en bas de Saint- Alexis de la Grande-Baie, le Saguenay forme une anse d’ur.e demi-lieue de largeur sur preslfu’ autant de profondeur. Une rivière assez considérable se jette dans cette anse. C’est sur les deux rives de cette rivière que s’échelonnent les habitations de l’Anse Saint- Jean.
Anticosti, Ile d’
L’île d’ Anticosti fut découverte par Jacques Cartier, le 15 août 1535, et il la nomma île de l’Assomption à cause de la fête du jour.
“ Le lendemain, dit-il dans le récit de son voyage, jour nostredame d’Aoust quinziesme dudict moys, nous passasmes le destroict la nuict de deuant et le lendemain eusmes congnoissance de terres qui nous demouroient vers le Su : qui est vue terre à haultes montaignes à merveilles. Donc le cap sus dict de la
(1) J. -Edmond Roy, Voyage au pays de Tadoussac, p. 208.
dicte ysfe que nous auons nommée l’ysle deTAfFumption
Soit erreur, soit antipathie pour le navigateur * malouin, M. de Roberval et son pilote Jean Alphonse l’appellent île de l’Ascension.
Thévet la mentionne, dans sa Cosmographie universelle, sous le nom de Laisple, et, dans son Grand Insulaire, il l’appelle, comme Cartier, île de l’Assomption, “ laquelle, ajoute-t-il, d’autres nomment de Laisple
D’après le même auteur, les Sauvages du pays nommaient l’île d’Anticosti “ Naticousti
Ce que confirme Lescarbot : “ Cette île est appelée dit-il, par les sauvages du païs Anticosti.”
D’un autre côté, Hakluyt (vers 1600), sur la foi sans doute des voyageurs qu’il cite, l’appelle Natiscotec.
Jean de Laët adopte, sans dire pourquoi, l’orthographe de Hakluyt: “Elle est nommée, dit-il, en langage des sauvages Natiscotec.”
Le docteur Peter Heylyn, en 1660, dit que le nom de cette île est Natiscotee, lequel, suppose-t-il, est un mot espagnol corrompu par les Indiens. Les Espagnols, on le sait, pêchaient à cette époque dans le Saint-Laurent. On prétend même que le mot espagnol ainsi corrompu par les Indiens serait Anteeosta {ante, en face, et costa, la côte).
Quoiqu’il en soit, ce sont ces deux derniers noms, Natiscotec et Natiscotee, qui se rapprochent le plus de celui de Natascoueh (où l’on prend l’ours) que lui donnent aujourd’hui les Montagnais.
L’ancien nom sauvage Natiscotec, d’après Charlevoix, se serait changé en celui d’Anticosti, dans la bouche des Européens.
Mgr Guay donne une autre origine au mot Anticosti.
« J’ai toujours pensé avec beaucoup d’autres, écritil, qu’Anticosti était un nom sauvage, mais lorsque dans les étés de 1881 et 1882, je fus envoyé sur les côtes lointaines et brumeuses du Labrador et des îles adjacentes, par Sa Sainteté Léon XIII, pour y administrer le sacrement de confirmation, j eus 1 occasion d’y rencontrer grand nombre de sauvages, et de me faire conduire par eux dans leurs frêles canots d’écorce ; car sur cette côte nord, la seule voie de communication d’un lieu a un autre était celle de mer, les chemins publics étaient encore inconnus à cette époque.
“ Dans nos longs trajets sur l’onde amère, je demandai plusieurs fois à mes guides montagnais quelle était la signification des mots Labrador et Anticosti. Tous me répondirent que ces deux noms n’appartenaient point à leur langue et qu’ils l’ignoraient.
“ Depuis cette date reculée, le doute est toujours resté dans mon esprit sur la vraie étymologie du mot Anticosti.
“ Dernièrement, je m’adressai au R, P. Charles Arnaud, de la Congrégation des Oblats de Marie- Immaculée, missionnaire zélé et infatigable, depuis cinquante ans révolus, au milieu des Montagnais du Labrador. Ce vénérable prêtre possède à fond la langue de ces enfants des bois, mieux, j’oserais dire, que les sauvages eux-mêmes.
“ Je me permettrai de citer sa réponse, datée du 15 décembre dernier, de Betshiamits, et qui pour moi fait autorité.
“ Je regrette de ne pouvoir vous donner l’ expli-
cation du mot Anticosti. La raison est bien simple : je l’ignore, et mes sauvages aussi.
“ Les uns prétendent que ce sont les Espagnols ou Basques qui venaient chasser la baleine à l’entrée du golfe, bien avant l’arrivée de Jacques Cartier, qui donnèrent ce nom à cette longue île qui court presque parallèle à la terre «ferme du nord.
“ Nos Montagnais l’ont toujours appelée Notiskuan, endroit, lieu où ils vont chasser l’ours.
“ Natashkuan, endroit où l’on voit l’ours nager, soit pour traverser la rivière ou se transporter sur les îles.
“ Plusieurs de nos sauvages ignorent le nom d’ Anticosti et connaissent très bien Notiskuan et Natashkuan, ainsi que la signification. Voilà tout ce que je connais. ”
“ Pour plus amples informations, je demandai à la révérende Mère Provinciale du couvent de Jésus- Marie, à Sillery, par la bienveillante entremise de la révérende Mère Saint- Augustin, de la même maison, si les mots Anticosti et Labrador étaient espagnols. La révérende Mère Provinciale est née en Espagne, et commit parfaitement sa langue maternelle. Sans vouloir blesser l’humilité de ces deux excellentes dames religieuses, je citerai quelques extraits de la réponse qui me fut donnée, le 16 du mois dernier :
“ Anticosti est un mot composé espagnol, avec une petite altération à la finale ; au lieu de costi, ce serait costa, côte, et anti, avant. Anticosti serait donc avant la côte.
“ Après les explications précitées, il me paraît ne plus rester de doute sur l’origine véritable de l’étymologie du mot Anticosti.
“ On doit admettre qu’il est espagnol et non sau-
vage. Il est très probable que cette île reçut ce nom longtemps avant la découverte du Canada par Jacques Cartier, car il est prouvé maintenant, par l’histoire, que les côtes du Saint-Laurent furent visitées par les Espagnols et les Basques, longtemps avant son arrivée dans ces parages. ” (1)
Apsïmamoucliouan, Kivière (Lac Saint-Jean)
Ce mot est montagnais et signifie : “ Là où l’on guette l’orignal.”
Arago, Canton (Islet)
Le canton Arago rappelle le souvenir du célèbre astronome et mathématicien, François Arago.
Arcliambeault, Canton (Montcalin)
L’honorable Louis Arcliambeault fut député, de l’Assomption, puis conseiller législatif de la division de Repentigny et ministre de l’agriculture de la province de Québec.
Argentenay (Montmorency)
On a donné le nom particulier d’ Argentenay à une petite partie de la paroisse de Saint-François de F île d’Orléans.
Le fief Argentenay fut concédé le 23 juillet 1652, à Louis d’Ailleboust, seigneur de Coulonge, qui fut gouverneur de la Nouvelle-France de 1648 à 1651. Argentenay est le nom d’un petit village de la Champagne. M. d’Ailleboust, originaire de cette province, voulait, en nommant ainsi son fief, faire revivre un nom qui lui était cher.
(1) Lettres sur Vile d' Anticost:, p. 155.
Argenteuil
L’histoire de la seigneurie d’ Argenteuil commence par une promesse de concession faite par le comte de Frontenac en faveur de Charles- Joseph d’Ailleboust, le 15 juin 1682.
En 1697, le sieur d’Ailleboust et sa femme, Catherine Le Gardeur, vendirent à leur fils, Pierre d’Ailleboust d’ Argenteuil ; ce dernier prêta le serment de fidélité pour le fief (1725) et fit légaliser la promesse de 1682.
Arlaka (Lé vis)
“ Arlaka, dit le juge Gill, est un mot défiguré parce que dans le langage abénaquis d’alors il n’y avait pas la lettre 1, qui était remplacée par la lettre r, contrairement à ce qui avait lieu dans le langage des Mohicans ( de Mahigan, loup, en algonquin ) semblable à celui des Abénaquis si ce n’est qu’il n’y avait pas de lettre r, remplacée par la lettre 1. C’est 1’ des Mohicans qui a fini par l’emporter car dans le langage actuel des Abénaquis il n’y a plus de lettre r toujours remplacée par 1.”
M. J. -Edmond Roy écrit à son tour : “ Un missionnaire des Abénaquis que nous avons interrogé à ce propos nous a répondu que ce mot pouvait vouloir dire : à qui a pu arriver. Comme le village Arlaka se trouve plus éloigné de la Chaudière que Taniata et Sarosto, les Sauvages ont pu, en effet, dire une fois, dans leur langage imagé, que cette partie de leur territoire de chasse appartiendrait à celui qui pourrait y arriver : Arlaka. Il y a des étymologies qui sonnent encore plus mal que celle que nous offrons, sans cependant vouloir nous porter garant de cette dernière. ”
Arinagli, Saint-Cajétan d’ (Bellechasse)
Armagh est le nom d’un comté de la province d’Ulster, en Irlande. Le chef-lieu de ce comté porte aussi le nom d’ Armagh. C’est une ville assez considérable. Saint Malachie y est né.
Armand, Canton (Témiscouata)
En souvenir de Armand Du Plessis, cardinal de Richelieu, premier ministre de Louis XIII, qui s’occupa beaucoup de la colonisation de la Nouvelle- France.
Arnaud, Canton (Saguenay)
Le Père Arnaud, oblat de Marie-Immaculée, a consacré presque toute sa vie aux missions de cette partie du pays.
Arnold, Rivière (Compton)
La rivière Arnold tire son nom du général américain Arnold, qui, en 1775, la fit passer à une partie de ses troupes, quand il conduisit son armée à travers cette immense forêt, alors pays presqu’inconnu, pour assiéger Québec.
Artliabaska
Du cris Ayabaskaw, il y a des joncs ou du foin ça et là. Les Cris de la forêt prononcent Arabaskaw.
Arundel, Canton (Argenteuil)
Arundel est une petite ville du comté de Sussex, Angleterre.
Asbestos (Richmond)
Le sol en cet endroit contient une grande quantité d’asbeste (asbestos) ou amiante. C’est de fait la
recherche et l’exploitation de cette amiante qui fait vivre toute la population d’Asbestos.
Ascot-Corner, Saint-Stanislas d’ (Sherbrooke)
Ascot-Heath, près de Windsor, est célèbre dans toute l’Angleterre, par ses terrains de courses.
Ascot-Corner fut la première mission érigée par Mgr Paul-Stanislas Larocque et c’est pour cette raison qu’il l’a plaça sous la protection d’un de ses patrons.
Askburton, Canton (Montma^ny)
Lord Ashburton fut nommé par la Grande-Bretagne pour régler avec les Etats-Unis la dispute relative à la borne sud de la province de Québec.
Ashford, Canton (Montmagny)
Deux villes d’Angleterre, l’une dans le comté de Kent et l’autre dans le comté de Middlesex, portent le nom de Ashford.
Ashuanipi, Fleuve (Labrador)
Du montagnais uashaunipi, la baie. Les Montagnais désignent aussi sous ce nom un lac avec une ou deux issues.
Ashuaparnouchouan, Canton (Lac Saint-Jean)
La rivière Ashuaparnouchouan qui a donné son nom à ce canton se jette dans le lac Saint- Jean. Le mot ashuaparnouchouan est montagnais et signifie : “ Où se trouve le piège pour l’orignal.”
Askitiche, Lac (Chicoutimi)
Askitiche est formé des mots montagnais ushkashkueiats, là où il y a du bois de charpente vert, et assi, pays.
Assemetqnaghan, Canton (liouaventure)
Les Micmacs donnent le sens précis suivant à ce mot : Cours d’eau que l’on a soudain en face de soi, après une courbe, lorsqu’on remonte en canot la rivière dans laquelle il se jette. Les mots soulignés composent le nom. (1)
Aston, Canton (Nicolet)
Aston Manor, ville du Lancashire, Angleterre.
Attikamag-en, Lac (Labrador)
Attikamagen ou Atukumagan, en montagnais, signifie lance au cerf.
Attikonak, Lac (Labrador)
Attikamek, poisson blanc.
Atwater, Canton (Fontiac)
M. Albert- William Atwater a été député de Montréal, division No 4, et trésorier provincial.
Aubigny (Lévis)
Ville que tenta d’établir sir John Caldwell en 1818 à l’endroit où s’élève aujourd’hui la ville de Lévis. Il lui donna ce nom d’Aubigny en l’honneur du duc de Richmond, qui était duc d’Aubigny.
Auckland, Saint-Malo (Compton)
Dans le comté de Durham, en Angleterre, il y a une ville de Auckland. Saint-Malo d’Auckland fut nommée ainsi pour commémorer le souvenir de la patrie de l’intrépide navigateur Jacques Cartier, auquel est dû la découverte de notre pays.
(1) Eugène Rouillard, Noms sauvages, p. 12.
Auclair, Canton (Témiscouata)
Nommé ainsi en souvenir d’un ancien missionnaire, M. Etienne Auclair-Desnoyers. Ii fit les missions des paroisses situées entre Ivamouraska et ïtimouski de 1713 à 1717. Il accepta ensuite la cure de Ivamouraska qu’il garda jusqu’à sa mort.
Aulnaies, Saint-Iîocli des (Islet)
Une aulnaie (ou aunaie) est un lieu planté d’aulnes (ou d’aunes). L’aulne a formé les noms de lieux Aulnay, Auneuil, puis Augny, Augnot en mouillant l’n, et enfin Launay par la fusion de l’article avec le nom. La rivière Ferrée qui traverse la paroisse était bordée d’aulnes.
Aumond, Canton (Ottawa)
Un commerçant de bois du nom de Joseph Aumond fit dans cette région une exploitation considérable pendant plusieurs années.
Auvergne (Québec)
Ce village rappelle le souvenir de l’ancienne province de ce nom en France. L’Auvergne forme aujourd’hui les départements du Puy-de-Dôme, du Cantal, et partie de celui de la Haute-Loire.
Avon (Mégantic)
Nom de plusieurs villes, villages et rivières d’Angleterre.
Awantjish, Canton (Matane)
En micmac Avagantfill signifie le “ petit portage ”.
Awichiwiwigamak, Lac (Labrador)
Lac tortueux.
Ayer’s Fiat (Stansteacl)
Le premier maître de poste de l’endroit fut Homer-G. Ayer.
Aylmèr (Ottawa)
En souvenir du baron Matthew-Withworth Aylmer, gouverneur-général du Canada.
Aylmer, Saint-Sébastien d’ (Beauce)
Il nous semble que le canton et la ville d’ Aylmer, dans le comté d’Ottawa, et le lac Aylmer, dans le comté de Wolfe, étaient suffisants pour commémorer le souvenir de lord Aylmer, gouverneur-général du Canada de 1830 à 1835, dont la conduite envers les Canadiens-Français a déjà assez fait connaître le nom, sans l’imposer à un canton de Beauce.
Saint-Sébastien d’ Aylmer a aussi été connu pendant quelque temps sous le nom de Yalletord, mot qui, prononcé à l’anglaise, formait un si grossier calembour, qu’on a eu la décence de le faire disparaître.
Aylwin, Canton (Ottawa)
C’est l’honorable Thomas-Cushing Aylwin, solliciteur-général dans le cabinet Lafontaine-Baldwin en 1843, qui donna son nom au village et au canton d’ Aylwin.
Bjtbel, Canton (Saguenay)
Le Père Louis-François Babel, oblat de Marie- Immaculée, a passé sa vie dans les missions montagnaises du Labrador.
Baby, Canton (Poutiac)
L’honorable Louis-François-Georges Baby, qui a donné son nom à ce canton, a été député de Joliette,
ministre du revenu de l’intérieur, et juge de la Cour du Banc de la Reine.
Baddèley, Rivière (Chicoutimi)
Le lieutenant Baddeley fut employé par le gouvernement pour faire le relevé géologique de cette partie du territoire qu’arrose le Saguenay.
Bagot
Sir Charles Bagot est certainement le gouverneur le plus populaire que l’Angleterre nous a envoyé. Lorsqu’il tomba malade en novembre 1842 on vit toute la sympathie que lui portait la population canadienne-française. Il y eut dans toutes les églises catholiques des prières ferventes pour demander à Dieu de le ramener à la santé, dans beaucoup de paroisses même on fit chanter des messes à cette intention. A Montréal, en janvier 1843, il y eut une grande assemblée dans le but d’exprimer au gouverneur la reconnaissance des citoyens de cette ville pour les bienfaits qu’il avait conférés au pays, et la sympathie qu’ils ressentaient pour ses souffrances physiques.
Bagot’s Cluff (Antlcosti)
La pointe sud del’îled’Anticosti ne fut pas appelée ainsi en l’honneur de sir Charles Bagot, gouverneur du Canada, mais bien du colonel Bagot, commandant du 69ème régiment anglais. (1)
Bagotville, Salnt-Alplionse de (Chicoutimi)
Bagotville rappelle le souvenir de sir .Charles Bagot.
(1) Rapport sur les missions du diocèse de Québec, mai 1872, p. 116.
Baie de Fenouil (Gaspé)
Cette baie fut nommée ainsi par les pêcheurs basques. Penouïl, en langue basque, veut dire “ péninsule
En 1534, Jacques Cartier visita la baie de Penouïl et en prit possession. Avant de la quitter, il planta une croix sur la pointe de sable qui en ferme l’entrée : “ XXIII du mois, écrit-il, fismes faire une croix haute de trente pieds, et fut faite en la présence de plusieurs d’iceux sur la pointe de l’entrée de ce port, au milieu de laquelle misme un écusson relevé aux trois fleurs de lys, et dessus était écrit en grosses lettres entaillées dans du bois, Vive le roi de France. En après la plantâmes en leur présence sur la pointe, et la regardaient fort, tant lorsqu’on la faisait que quand on la plantait. Et l’ayant levée en haut, nous nous agenouillions tous ayant les mains jointes, l’adorant à leur vue, et leur faisions signe regardant et montrant le ciel, que d’icelle dépendait notre rédemption de laquelle chose, .ils s’émerveillèrent beaucoup, se tournant entr’eux, puis regardant cette croix.”
Baie des Chaleurs
“ Cette dénomination, dit M. Eugène Rouillarcl, est entrée bien profondément dans le langage populaire.
“ Les cartographes, ceux de la province de Québec comme ceux d’Ottawa, sont eux-mêmes demeurés fidèles, en tout temps, à cette appellation.
“ Tout récemment encore, en l’année 1901, une carte du Canada, préparée par ordre de l’honorable M. Sifton, ministre de l’Intérieur, tirée à des milliers d’exemplaires, inscrivait Bay des Chaleurs.
“ Or, nonobstant l’usage, voici que la commission géographique, qui a son siège dans la capitale du Canada, vient de supprimer d’un* trait de plume l’ancienne dénomination et de décréter que dorénavant on devra écrire en français Baie de Chaleur et en anglais Bay Chaleur. ?
“ Baie de Chaleur n’est pas à la vérité une innovation puisque Jacques Cartier lui-même, le 10 juillet 1534, désigna ainsi l’immense baie en souvenir de la grande chaleur qu’il y avait éprouvée ce jour-là.
“ Les cartographes et les historiens qui vinrent après lui, comme Gérard Mercator, en 1569 ; Whytfield, en 1597 ; l’historien Lescarbot ; le R. P. Hennepin, en 1704, écrivirent, comme le découvreur de notre pays, Baie de Chaleur. Cependant Jean Alphonse, premier pilote de Roberval, en 1542, et Nicolas Denys, en 1672, écrivaient : Baye des Chaleurs.
“ Depuis deux siècles, publicistes et cartographes, à commencer par Charlevoix, ont invariablement écrit : Baie des Chaleurs. Cette modification est peu importante et puisque l’usage l’a consacrée, nous ne voyons pas la nécessité de revenir à Baie de Chaleur. Quoiqu’il en soit, nous ne nous opposerions pas à ce changement. Mais il n’en est pas ainsi pour la traduction anglaise qu’on nous propose Bay Chaleur, qui est injustifiable.
“ Est-ce que Bay Chaleur est plus conforme à l’esprit de la langue anglaise, que Baie de Chaleur, ou Baie des Chaleurs ? Si l’on veut se servir de l’anglais de préférence au français, il faudrait dire comme l’a fait le géographe Thomas Jefferys, en 1760, Bay of Heat.
“ Mais la découverte de la fameuse baie a été
effectuée par un Français qui lui a appliqué un nom devenu historique, un nom que l’on trouve orthographié de la meme façon, depuis deux cents ans, sur toutes nos cartes et dans tous nos livres. Quel motif d’ordre public nous obligerait donc aujourd’hui à rompre avec une tradition parfaitement établie et de tronquer une dénomination qui a pour elle la plus respectable des origines ?
“ L’unique avantage serait ici de rendre cette appellation un peu plus courte à écrire et à prononcer. Si c’est là la raison que l’on invoque, nous répondrons .que ce n’est point la coutume, dans aucun pays civilisé, de mutiler ou d’écourter, pour un semblable motif, des noms géographiques qui ont subi l’épreuve du temps et qui forment partie du patrimoine de tout un peuple.” (1)
Baie des Ha! Ha! (Cliicoutimi)
On suppose que le nom de Ha ! Ha ! a été donné à cette baie par les Français, lorsqu’ils montèrent le Saguenay pour la première fois, parce qu’ils entrèrent dans cette baie, la prenant pour la continuation du Saguenay ; mais voyant leur erreur en arrivant au fond de la baie, ils prononcèrent à plusieurs reprises le mot Ha ! Ha ! qui est resté à la baie. (2)
D’après M. A.-D. DeCelles, le nom de la baie des Ha ! Ha ! aurait une autre origine. “ Dans les lexiques anciens, dit-il, Ha, Ha s’emploie pour désigner un passage sans issue, une impasse. Il y avait à Paris, au dix-septième siècle, uue rue des Ha ! Ha ! Or, la baie en question, sorte de lac uni au
(1) Bulletin du parler Jrançais, vol. IV, p. 365.
(2) Joseph Bouchette, Rapport des commissaires pour explorer le Saçfuenay , p. 164.
Saguenay par un long et étroit goulot, sans autre issue, mérite bien le nom qu’elle porte (1)
Baie des Pères (Pontiac)
Les Pères Oblats ont élevé sur les bords de cette baie un monastère, un hôpital et une église en pierre. La reconnaissance des premiers colons donna le nom de Baie des Pères à la mission.
Baie des Rochers (Cliicoutimi)
Grand nombre de rochers se montrent ici audessus de l’eau.
Baie du Febvre, Saint- Antoine de la (Yamaska)
L’année 1672 fut remarquable en Canada par le grand nombre de concessions en seigneuries accordées aux officiers du régiment de Carignan et à quelques Canadiens. Le capitaine de Laubia reçut le fief Nicolet, qu’il passa bientôt à M. Cressé ; tous deux y amenèrent les premiers colons, tirés des Trois-Rivières. Un autre officier du régiment de Carignan, Pierre Dorfeuille, écuyer, sieur de la Lussaudière, obtint, le' 3 novembre 1672, “une lieue de terre de front sur une lieue de profondeur, à prendre depuis la terre du sieur Crevier, en descendant vers la rivière Nicolet, le chenal Tardif compris.”
Entre Nicolet et La Lussaudière restait un territoire de deux lieues de front sur autant de profondeur, que Jacques Le Febvre, résidant aux Trois- Rivières, se fit concéder en 1683. Le seigneur prit alors le nom de Lefebvre de la Baie, d’où, ensuite, La Baie du Febvre.
(1) La Presse, 16 juin 1900.
Il y bâtit aussitôt un manoir et un moulin seigneurial, puis il s’y établit avec sa femme, Maiie Beaudry. Il eut six enfants qui firent souches des nombreuses familles Lefebvre dans La Baie et les paroisses voisines.
Bientôt, plusieurs autres familles se joignirent à la famille Lefebvre et les terres, bordant le chemin du roi, ne tardèrent pas à se défricher. Des routes s’ouvrirent, de petits rangs ou concessions se formèrent ; de sorte que, en 1715, la seigneurie était assez peuplée pour qu’il fut besoin de construire une chapelle. Cette construction détermina une desserte régulière par les curés voisins.
Ce fut le Père Dugast, récollet, curé de Saint- François du Lac, qui, le premier, ouvrit à LaBaie une mission régulière. La mission fondée, rien ne manquait plus au progrès de la colonisation et le petit établissement devint en peu d’années assez prospère pour se transformer en paroisse.
Ce n’est, cependant, que le 26 janvier 1833 que La Baie du Febvre fut érigée canoniquement en paroisse sous l’invocation de saint Antoine de Padoue, dont la fête se célèbre le 13 juin. Il y avait longtemps que cette paroisse était connue sous le nom de Baie Saint- Antoine ou LaBaie du Febvre. (1)
Baie d’Urfé (Jacques-Cartier)
Le nom d’Urfé que porte cette baie, située à environ une demi-lieue en bas de l’église de Sainte-Anne de Bellevue, vient de M. François-Saturnin Lascaris d’Urfé. A quelle occasion a-t-elle reçu ce nom ? C’est ce que nous ne pourrions dire. M. d’Urfé, d’après une note insérée au registre de Lacliine, a
(1) Benjamin Suite, Histoire de Saint- François du Lac, p. 19.
desservi le haut de l’île, qui comprenait alors Lachine, la Pointe-Claire et Sainte-Anne, après M. de Salignac de Fénélon, frère de l’archevêque de Cambrai. Comme la mission des îles Courcelles, aujourd’hui îles Dorval, n’existait plus lors du départ de M. de Fénélon pour la France, il peut se faire aussi qu’il les ait évangélisées à la baie qui porte son nom. (1)
Baie Saint-Paul (Cliarlevoix)
La baie Saint-Paul, sur la rive nord du Saint- Laurent, en face de l’île aux Coudres, est encaissée de caps d’une grande hauteur qui décrivent un cercle en forme d’ amphithéâtre vers le fond duquel viennent s’abimer les eaux de la rivière du Gouffre.
Quand cette baie reçut-elle le nom de Saint-Paul ? Qui l’a baptisa ainsi ? Nous l’ignorons. Le premier qui la mentionne est le Père Jérôme Lalemant lorsqu’il parle du tremblement de terre du mois de février 1663, et il s’exprime comme si elle était connue sous ce nom déjà depuis plusieurs années. (2)
Baie Sainte- Claire (Anticosti)
Ainsi dénommée en souvenir de la mère de M. Henri Menier, propriétaire de l’île d’ Anticosti.
Baillairgeon, Canton (Gaspé)
Mgr Charles-François Baillairgeon, le troisième archevêque de Québec.
Baracliois
On appelle Baracliois, ces lacs que forment près de leur embouchure les rivières dont l’entrée est
(1) L’abbé Bourgault, V Echo dti Cabinet de lecture paroissial
vol. VIII, p. 79.
(2) L’abbé Charles Trudelle, Trois souvenirs, p. 81.
obstruée par un banc de sable. La mer s’y engouffre et forme une vaste nappe d’eau qui se retire au baissant, laissant alors visible un vaste terrain couvert de joncs marins, de débris de forêts, et entrecoupée de bras de mer formant nombre de lagunes, séjour favori d’un nombreux gibier et rendez-vous des chasseurs. Quelques-uns de ces Barachois recèlent beaucoup d’anguilles dans leurs fonds vaseux. A v marée basse, les chevaux vont y chercher une riche pâture. D’après M. l’abbé Provancher, le mot barachois serait formé des mots barre à choir. (1)
Barforcl, Saint-Herméuégilde de (Stanstead)
On trouve deux villages de ce nom sur la carte d’Angleterre, l’un dans le comté de Dorset, l’autre dans le comté de Norfolk.
Le premier colon de Barford avait, paraît-il, le prénom Herménégilde.
Barnston, Saint-Wilfrid de (Stanstead)
Barnston, paroisse du comté de Chester, et village du comté d’Essex, Angleterre.
C’est M. Wilfrid Lussier, alors curé de Coaticooke, qui a donné son nom à cette paroisse. ‘Il s’intéressa beaucoup à sa fondation.
Batiscan (Cliamplaiu)
Le Père Charles Arnaud 'écrivait en 1880 :
mk
“ Batiscan (d’origine- montagnaise) pathiskan ou patiscan, patshiskan — vapeur, nuée légère. C’est aux gens de la place à savoir si aux environs il s’élèverait quelque vapeur ou brume, plus fréquente qu’en d’autres lieux. Comme je ne connais pas la place, je
(1) Le Naturaliste, vol, IV, p. 279.
11e sais si la vapeur ou la brume se trouve sur l’eau ou à terre ferme.”
Le Père Arnaud donnait en même temps une autre signification au mot Batiscan :
“ Le même mot signifie aussi viande sèche pulvérisée, os broyés, qu’on fait bouillir ensuite pour en retirer la graisse dont on compose le pemikan montagnais. Dans- ce cas ce serait à cet endroit que les sauvages se réunissaient à leur retour de la chasse pour faire leur festin avant de se séparer.”
D’un autre côté, on donne une troisième signification au mot Batiscan. Ce mot voudrait dire : qui a des joncs à son embouchure.
Nous serions d’autant plus prêt à accepter ce sens qu’il y a une très grande quantité de joncs à l’embouchure de la rivière Batiscan.
Le Père Lacombe fait venir le mot Batiscan du cris Tabateskan, corne fendue ou pendante.
Une cinquième origine est donnée par Y Histoire des Ursulines des Trois-Rivières (vol. III, p. 257) : “ Batiscan, riche campagne située sur le fleuve, tient son nom d’un chef sauvage très lié avec Champlain.”
M. Benjamin Suite dit au sujet de l’origine du mot Batiscan :
“ Champlain, en 1603, mentionne la rivière de Batiscan. La carte de 1609 la désigne également. En 1611, Champlain dit qu’il rencontra à Québec un capitaine sauvage appelé Batiscan. Parmi les noms sauvages cités par Lescarbot, on trouve Batiscan. Sur la carte de 1612 figure la contrée de Batisquan. L’un des chefs sauvages des Trois-Rivières, en 1627, se nommait Batisquan. L’édition des œuvres de Champlain, en 1632, dit : “ La rivière Batisquan, fort agréable et poissonneuse, est proche de
celle de Cliamplain.” En 1637, il y avait dans les environs des Trois-Rivières, un chef sauvage appelé Tchimiouirineau, surnommé Batiscan ( Relation , 1637, p. 83.) La Relation de 1634, p. 7, parle de Tehimaouirieou, chef des mêmes endroits. Le 28 janvier 1636, on baptisa aux Trois-Rivieres une petite fille âgée de deux ans, “enfant d’un sauvage capitaine de Québec nommé Tchimawirini.” Le lendemain, on baptise un autre de ses enfants, garçon de dix-sept ans. Cet homme était aux Trois- Rivières, en 1638. En algonquin, langue des gens de Québec et des Trois-Rivières, Chimiwirini veut dire : l’homme à la tête faite comme une fraise, ou encore celui qui a une tête en forme de boule. Le Batiscan n’a aucun sens connu des Algonquins actuels.” (1)
Bayfieltl, Mont
Le mont Bayfield, dont la hauteur est de 3973 pieds, a pris son nom de l’amiral Bayfield, un des géographes marins les plus renommés de la marine anglaise. Cet amiral releva les courants et les profondeurs de tout l’estuaire du fleuve Saint-Laurent et en dressa une carte qui fait autorité!
Beaconsfield (Jacques-Cartier)
Lord Beaconsfield qui fut premier ministre d’Angleterre est plus connu au Canada sous le nom de Disraéli.
Beaubien, Canton (Islet)
M. le curé Jean-Louis Beaubien dirigea la paroisse de Saint-Thomas de Montmagny pendant plus de 44 ans.
(1) Bulletin des Recherches Historiques, vol. V, p. 274.
Beauce
Le nom de Nouvelle-Beauce a été donné à cette partie du Bas-Canada, située à environ dix lieues au sud de Québec, et s’étendant, le long de la rivière Chaudière, vers la frontière américaine, dans le Maine. Ce nom, vraiment significatif, lui a été donné en souvenir de ce petit coin de la France, célèbre par la fertilité de ses terres, cpri portait le nom d€ Beauce et qui a fourni au Canada-Français plusieurs de ses hardis et entreprenants colons. (1)
Beauceville (Beauce)
Dérivé de Beauce.
Beauliarnois
La seigneurie de Beauharnois fut d’abord concédée au marquis Charles de Beauharnois, gouverneurgénéral de la Nouvelle-France, et à son frère Claude. Cette concession portait la date du 12 avril 1729. Ni l’un ni l’autre des deux frères ne profitèrent de cette concession, ils n’y firent non plus aucuns travaux. Le 14 juin 1750, le roi de France signait une nouvelle concession, cédant la seigneurie au lieutenant de vaisseau, le marquis de Beauharnois, lequel, dit l’acte de concession, avait formé le projet 'de la coloniser en y établissant un grand nombre de colons. Celui-ci ne fit, non plus, rien pour le défrichement de la seigneurie et il la passa à son neveu, le chevalier François de Beauharnois. Ce dernier la vendit, en 1763, au marquis de Lotbinière pour la somme de $8000.
(1) L’abbé Ben j. Deniers, Notes sur la paroisse de St- François de la Beauce , p. 3.
Beaujeu, Canton de (Gaspé)
L’honorable George Saveuse de Beaujeu, seigneur de Soulanges et conseiller législatif, qui a donné son nom à ce canton, décéda le 29 juillet 1865.
Beaumont, Saint-Etienne de (Bellecliasse)
“ C’est le 3 novembre 1672 que l’intendant Talon concédait à Charles Couillard, sieur des Ilets, la seigneurie qui, depuis, a porté le nom de Beaumont. Ce titre primitif de concession fut brûlé chez le notaire Gilles Rageot, dans l’incendie qui réduisit en cendres la basse-ville de Québec, le 4 août 1682. Couillard qui avait rendu foi et hommage le 6 novembre 1677, craignant d’être troublé dans la jouissance de son domaine, demanda un nouvel acte. Le gouverneur de la Barre et l’intendant de Meules accédèrent à sa demande le 7 octobre 1683.” (1)
On a dit que la seigneurie de Beaumont avait pris son nom de son premier possesseur. On vient de voir que Charles Couillard était sieur des Ilets. Nous croyons plutôt que Beaumont a été nommé ainsi à cause de son site ou en souvenir d’une commune du même nom en France.
Beauport (Québec)
La première seigneurie accordée par la Compagnie des Cent- Associés ou de la Nouvelle-France fut celle de Beauport.
Le 15 janvier 1634, en effet, Robert Giffard se faisait donner et concéder l’étendue et consistance de une lieue de terre à prendre le long de la côte du fleuve Saint-Laurent sur une lieue et demie de profondeur dans les terres à l’endroit où la rivière
(1) J.-Edmond Roy, Nicolas Le Roy et ses descendants, p. 93.
appelée Notre-Dame de Beauport entre dans le dit fleuve, icelle rivière comprise.
Cette concession était faite en toute justice, propriété et seigneurie à perpétuité, à la réserve toutefois de la foi et hommage que le dit Giffard et ses successeurs devaient porter au fort Saint-Louis de Québec par un seul hommage lige à chaque mutation de possesseur des dits lieux avec une maille d’or du poids d’une once et le revenu d’une année de ce que le dit Giffard se réserverait après avoir donné en fief ou à cens et rentes tout ou partie des dits lieux. '
Le 31 mars 1653, M. de Lauzon, gouverneur général de la Nouvelle-France, donnait et concédait à Robert Giffard deux lieues et demie de profondeur pour faire avec la lieue et demie à lui accordée par la Compagnie de la Nouvelle-France quatre lieues de profondeur sur la lieue de front de la dite seigneurie de Beauport, le tout borné d’un côté par la rivière Notre-Dame de Beauport icelle comprise et de l’autre par la rivière du Sault Montmorency.
On croit généralement que Robert Giffard était sieur de Beauport et que c’est de lui que la seigneurie et la paroisse de Beauport tirent leur nom. M. Langevin, plus que tout autre, a contribué à répandre cette erreur. (1) Dans son contrat de mariage passé devant Mtre Mathieu Poitevin le Jeune à Mortagne, Perche, le 12 février 1628, Giffard est qualifié de sieur du Moncel. Avant même 1634, la rivière Beauport était connue sous le nom de “ Notre-Dame de Beauport.” Nous voyons cela en toutes lettres dans l’acte de concession accordée à Giffard le 15 janvier
(1) Notes sur les archives de Notre-Dame de Beauport, 1ère livraison, p. 5.
1634. Ce n’est donc pas Giffard qui a donné son nom à la seigneurie de Beauport, mais bien cette dernière qui l’a qualifié.
Mais alors d’où vient ce nom de Beauport ? Sur la côte de Bretagne, remarque M. J.-Edmond Roy, il y a une baie de Beauport qui avec sa belle plage ovale couverte d’un sable qui couvre et découvre ressemble étonnamment à la nôtre. (1) Ne serait-ce pas là l’origine du nom de Beauport ?
Beaurivage, Saint-Agapit de (Lotbinière)
Beaurivage tire son nom de son premier seigneur Gilles Rageot, sieur de Beaurivage.
Bécancour (Nicolet)
On a dit que Bécancour était un nom d’origine sauvage. Cette paroisse a tout simplement pris son nom de Robineau de Portneuf, sieur de Bécancour. Celui-ci avait emprunté ce surnom de Bécancour à quelque commune ou terre de sa province natale.
Becquets, Les (Nleolet)
“ La seigneurie de Saint-Pierre les Becquets fut concédée, en 1672, à Romain Becquet, notaire de Québec, puis ensuite à ses deux filles, .Marie-Louise et Catherine- Angélique, par M. de la Barre, gouverneur, et M. de Meules, intendant de la Nouvelle- France. Cette dernière concession fut confirmée par Louis XIV. Marie-Louise épousa le sieur Jacques LeBé, marchand de Montréal. Elle mourut sans enfants, et sa sœur, Catherine-Angélique, hérita de sa part de seigneurie. Celle-ci épousa Louis Lévrard, maître canonnier de Québec. Leur fils, Charles Lévrard, vendit la seigneurie, le 1er décembre 1769,
(1) Bulletin des Recherches Historique*, vol. I, p. 189.
à Charles-François Tarien de Lanaudière pour la somme de 13,000 livres. Celui-ci partagea la seigneurie entre ses huit filles, mais il vint un temps où les héritiers furent si nombreux, qu’on jugea à propos de vendre le tout. C’est alors que J. -Ovide Tousignant, avocat de Québec, qui avait déjà des parts dans cette seigneurie par son mariage avec Sophie Young, parente par sa mère du seigneur de Lanaudière, fit l’acquisition de toute la seigneurie, et se trouve aujourd’hui avec ses deux fils, héritiers de leur mère décédée, seuls propriétaires en possession par indivis de cette seigneurie.”
C’est en souvenir des premiers seigneurs que l’on a donné à la paroisse le nom de Becquets.
Bédard, Cauton (Rimouski)
La famille Bédard a fourni plusieurs figures remarquables ; c’est le juge Pierre Bédard dont le canton Bédard rappelle le souvenir.
Bedford (Missisquoi)
Deux comtés et une ville d’Angleterre portent le nom de Bedford.
Le duc de Bedford prit un grand intérêt à l’avancement du général Wolfe qui devait venir se faire tuer sur les Plaines d’Abraham.
Beecli Ridge (Argenteuil)
Cette localité a pris son nom de la grande quantité de hêtres (beech) qui y poussaient lors de son établissement.
Bégin, Canton (Cliicoutimi)
Mgr Louis-Nazaire Bégin fut évêque de Chicoutirni avant d’être archevêque de Québec.
Bégon, Canton (Témlscouatn)
A pris son nom de Michel Bégon, intendant de la Nouvelle-France, et non de son frère Claude-Michel Bégon, gouverneur de Trois-Rivières, qui mourut à Montréal le 1er mai 1748.
Belleau, Canton (Saint-Maurice)
Sir Narcisse Belleau a été le premier lieutenantgouverneur de la province de Québec sous le régime de la Confédération.
Belle-Borne, Ruisseau (Québec)
Le ruisseau Belle-Borne, sur le , chemin Sainte- Foye, à quelques pas du monument des braves de 1760, a pris son nom de Jean Nicolet de Belle- Borne dont il traversait la propriété.
Bellecbasse
Les îlets de Bellechasse sont désignés dans la carte de Champlain faite en 1629 sous le nom de “ isles de chasse.” Plus tard, ils furent appelés islets de Belle-chasse.
Belleflne, Rivière (Montmorency)
La rivière Bellefine qui traverse une partie de la paroisse de Saint-Jean, île d’Orléans, s’appelait à l’origine rivière Dauphine. Elle avait probablement été nommée ainsi en l’honneur de madame la dauphine de France, par M. Berthelot, propriétaire de l’île, et ancien secrétaire des commandements de madame la dauphine.
Belle-Isle, Détroit de (Labrador)
Il y a sut les côtes de Bretagne, dans l’arrondissement de Lorient, une île qui porte le nom de Belle- Isle.
Bellerive, Notre Dame de (Beauliarnois)
On désignait autrefois cet endroit sous le nom de Batoche. C’était un nom bien peu poétique pour un si beau paysage. On y a vue en effet sur le bras du Saint-Laurent qui sépare la Grande Ile de la terre ferme, sur la cathédrale de Valleyfield et tout le pays environnant, sur le lac Saint-François qui s’étend à l'ouest dans toute sa majesté, sur les cascades du Coteau du Lac, etc., etc. Tout le monde disait : “ Quelle belle rive ” ! On le dit et répéta si souvent que le nom Bellerive rélégua celui de Batoche complètement dans l’oubli.
Bellevue, Sainte- Anne de (Jacques-Cartier)
C’est vers 1670 que le bout de l’île de Montréal fut ouvert à la colonisation. Le premier fief concédé dans cet endroit fut celui de Louis de la Madeleine, sieur d’Ailleboust, le 3 août 1671. L’année suivante, trois autres furent concédés, l’un à Sidrac Dugué de Boisbriand, l’autre à Charles- Joseph d’Ailleboust, sieur des Musseaux, et le troisième aux frères Louis de Berthé, sieur de Chailly, et Gabriel de Berthé, sieur de la Joubardière. Ceux-ci trouvèrent leur concession si belle qu’ils lui donnèrent le nom de Bellevue, qui, avec les années, a passé à toute la paroisse.
L’établissement cl’une chapelle dédiée à sainte Anne au Bout de l’Ile, remonte à la fin du dix-septième siècle. M. de Breslay, prêtre de Saint-Sulpice, desservait alors une humble chapelle dans l’île aux Tourtes.
“ Un soir d’hiver que M. de Breslay revenait d’administrer un malade, raconte M. Paul Stevens, une tempête de neige le surjDrit en chemin. La nuit
était noire, la route non tracée, et pas la moindre lumière, sur laquelle on pût se guider, ne perçait de temps à autre les profondes ténèbres qui entouraient le serviteur de Dieu. Il n’avançait plus qu’au hasard, tirant tantôt à droite, tantôt à gauche, sans pouvoir se reconnaître. Pour comble de malheur, le cheval, tiraillé ainsi en tous sens, vint a s emporter, et M. de Breslay se sentit tout à coup entraîné, par une course désordonnée, vertigineuse, jusqu à ce que la traine volant en éclats sur un banc de glace, le jeta étourdi et presque sans souffle sur la neige. Le saint homme essaya de se relever, mais il ne le put , dans cet effroyable choc, il s’était cassé une jambe. Il colla alors son oreille contre la neige, et tâcha de surprendre, dans la direction du vent, le bruit d un voyageur attarde ; mais il n entendit, a travers les répits de la tempête, que le grondement sourd et cadencé des flots du rapide Saintè-Anne.
“ Cependant le froid avait saisi M. de Breslay. Une torpeur générale, triste avant-coureur d’une mort prochaine, s’était emparée de ses membres. Peu à peu un invincible sommeil lui fit fermer les yeux : sa tête fatiguée retomba sur sa poitrine, et il s’affaissa clans la neige. Au point de vue purement humain, c’en était fait de M. de Breslay , mais sainte Anne veillait sur son enfant, et, quand le blessé rouvrit les yeux, il se trouvait chez lui, étendu ^ur son lit, et le chirurgien se disposait à le panser.
“ A peine rétabli, M. de Breslay éleva une modeste église, à la tête même du rapide, près de l’endroit où, après Dieu, sainte Anne l’avait sauvé.” (1)
C’est là l’origine de Sainte-Anne de Bellevue ou du Bout de l’ Ile.
h’ Echo du Cabinet de lecture paroissial, vol. VIII, p. 7.
Belœil (Verelières)
Il y a dans le Hainaut une commune de ce nom. Le feld maréchal prince de Ligne a fait sur ce village un opuscule intitulé Coup d'œil sur Belcdl. Belœil est employé pour Bellevue.
Beresl'ord, Canton (Terrebonne)
Le canton Beresford n’aurait-il pas été nommé ainsi en l' honneur du général anglais Beresford qui se distingua sous les ordres de Wellington pendant les guerres de Napoléon ?
Bergeronnes, Les (Saguenay)
La paroisse des Bergeronnes a pris son nom de deux petites rivières à quelques milles en bas de Tadoussac.
Champlain, en 1626, en parle comme de rivières déjà connues puisqu’il écrit : “ Le lendemain l’on passe près des Bergeronnettes Il écrit d’abord Bergeronnettes puis ensuite Bergeronnes.
On a dû donner à ces rivières le nom des oiseaux qui en été sont très nombreux dans ces parages et qui en France étaient connus sous le nom de Bergeronnettes (genre ammodramus).
Ce nom de Bergeronnes peut aussi avoir été donné à ces rivières en l’honneur de Pierre Bergeron, géographe et célèbre navigateur qui, dans son Traité de navigation et de voyages, parle des voyages de Cartier et de Roberval.
Dans ce dernier cas, on eût dit, il nous semble, la grande et la petite Bergeronnes et non les grandes et les petites Bergeronnes, car à proprement parler il n’y a que deux rivières et cependant on emploie toujours le pluriel. (1)
(1) Racine, Bulletin des Recherches Historiques, vol. II, p. 59.
Bergerville (Québec)
En 1847, le domaine .(le Woodfield jusqu’alore possédé par l’honorable M. William Sheppard, conseiller législatif, fut morcelé et concédé en petits lots à une rente annuelle de six livres. On lui donna le nom de Sheppardville en l’honneur de son ancien propriétaire. Les Canadiens-Français ne tardèrent pas à changer ou à traduire ce nom en Bergerville (Shepherd se traduit par berger).
Bernierville (Mégantic)
A sa réunion de mars 1898, le conseil du comté de Mégantic consentait à l’érection du village de Saint-Ferdinand en municipalité séparée. Le nom de Bernierville fut choisi pour désigner la nouvelle municipalité.
C’était certainement un bel hommage à rendre à la mémoire de feu M. Bernier qui fut pendant trentesix ans curé de Saint- Ferdinand d’Halifax, qui a bâti l’église, s’est associé au développement de cette paroisse aujourd’hui si florissante, y fonda un collège et y laissa enfin des preuves tangibles de sa générosité et de son dévouement en consacrant sa fortune à l’établissement d’un couvent et d’un asile.
Bersimis, Saint-Elisée de (Labrador)
Betsiamis est l’ancien village montagnais, qui existe encore, et qui est situé sur la rive est de l’estuaire de la r’vière Betsiamis. Bersimis est un petit centre industriel bâti depuis une vingtaine d’années à l’ouest de l’embouchure de la même rivière. Les Anglais sont les auteurs de cette dénomination.
Bersimis a été corrompu de Betsiamis et signifie rivière aux lamproies.
On a mis Bersimis sous le patronage de saint Elisée en l’honneur de M. Elisée Beaudet, de Québec, qui y fit, il y a un quart de siècle, en société avec un M. Girouard, une exploitation forestière. (1)
Bertliier-en bas (Montmagny)
Le premier concessionnaire de la seigneurie de Berthier, plus connue à l’origine sous le nom de Bellechasse, fut Alexandre Berthier, capitaine au régiment de Carignan.
Bertliier-en-liaut, Sainte-Geneviève de (Bertliier)
Le 29 octobre 1672, l’intendant Talon concédait au sieur de Randin, enseigne de la compagnie de M. de Saurel, une demi-lieue de terre de front sur une. lieue de profondeur, à prendre, sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, “ depuis la concession du sieur de Comporté (le fief Dorvilliers) jusqu’aux terres non concédées.”
Le sieur de Randin ne garda pas longtemps sa seigneurie. Le 3 novembre de l’année suivante, il la vendait à Alexandre Berthier, capitaine au régiment de Carignan, déjà en possession de la seigneurie de Bellechasse.
Le 27 août 1674, Berthier se fit concéder par Frontenac une immense étendue de terrain pour agrandir le fief qu’il avait acheté du sieur de Randin et il donna au tout le nom de Berthier tout en désignant l’endroit où il établit sa résidence sous le nom de Villemur, en souvenir d’une seigneurie de ce nom qu’il possédait en France.
L’église de Berthier et plus tard la paroisse furent mises sous le patronage de sainte Geneviève, patronne
(1) L’abbé Victor-A. Huard, Labrador et Anticosti, p. 62.
de Paris, en l’honneur de Marie-Geneviève, fille du seigneur Berthier, née l’année même de l’achat de la seigneurie du sieur de Randin. (1)
Berthierville (Berthier)
Dérivé de Berthier.
Betshouan (Labrador)
Betshouan ou Petshouan, c’est l’endroit où le courant de la mer rencontre celui de la rivière.
Betsiamis (Labrador)
Betshiamits, en algonquin, désigne l’endroit où il y a des lamproies. On sait que la lamproie est une sorte d’anguille de mer qui remonte les rivières.
“ Le mot Betsiamis n’existe pas pour les Anglais, dit M. l’abbé Huard. Ils en ont fait Bersimis. Et ceux des nôtres qui tiennent à faire connaître qu’ils savent l’anglais, ne manquent pas de dire Bersimis, avec tout ce qu’ils peuvent y mettre d’accent britannique. Mais les circonstances ont joué un tour à tout ce monde-là. Sur la rive droite de la rivière Betsiamis, à l’embouchure même, il s’est formé un établissement industriel. On aurait pu appeler cela Betsiamis-Ouest, mais les Anglais se sont tellement mêlés de cette affaire d’industrie et de commerce, qu’il a fallu y mettre du Bersimis tant qu’ils en ont voulu. Or aujourd’hui, ce village se nomme très légitimement Bersimis ; et la bourgade montagnaise de la rive gauche retient son nom de Betsiamis. C’est un détail qu’il imoorte de retenir, si l’on tient à paraître convenablement renseigné en géographie. ” (2)
(1) L’abbé S. -A. Moreau, Précis de l'histoire de la seigneurie, de la paroisse et du comté de Berthier, p. 18.
(2) Labrador et Anticosti, p. 62.
Bic, Sainte-Cécile clu( Kimouski)
Jacques Cartier, dans son deuxième voyage, entra dans le havre aujourd’hui désigné sous le nom de havre du Bic et lui donna le nom de Ilot Saint-Jean pareequ’il le découvrit le jour de la décollation de saint Jean-Baptiste. Citons plutôt son récit :
“ Le liable deuantdict ou posasmes qui est à la terre du Su, est liable de marie et de peu de valleur, nous les nommasmes les ysleaux sainct jehan, parce que nous y entrasmes le jour de la décollation dudict sainct. Le dict hable des ysleaux fainct jehan asséché toutes les marées, et y maryne l’eau de deux brasses ; Le meilleur lieu à mettre navires est vers le Su d’ung petit yslot (pii est au parmy du dict hable bort au dict yslot ”.
Jean Alphonse, dans son Routier , désigne le havre du Bic sous le nom de Cap de Marbre.
Champlain, en 1603, le nomme Pic :
“ Du dict Mantanne, dit-il, nous vinsmes prendre congnbissance du Pic, où il a vingt lieuës, qui est à la ditte bande du Su ; dudict Pic, nous traversasmes la rivière jusques à Tadousac, où il y a quinze lieuës ”.
On a prétendu que le mot Bic est d’origine sauvage. Nous croyons plutôt que le mot Bic n’est que la corruption du mot Pic. Dès 1613, Champlain luimême écrit Bic. Il nous laisse même entendre pourquoi il le nomma ainsi :
“ De Saint-Barnabé au Bic, il y a quatre heures, c’est une montagne fort haute et pointue, qui paraît au beau temps de douze à quinze lieues, et elle est seule de cette hauteur, au respect de quelques autres qui sont proches d’elle ”.
Du havre le nom de Bic s’étendit à la côte. Le 6 mai 1675, la seigneurie du Bic fut concédée par le comte de Frontenac à Charles Denis de Vitré. En 1781, elle était la propriété de Gilles-Ignace-Joseph Aubert de la Chesnaye et de la marquise de Albergatti Vazza qui la tenaient de leur père, acquéreur des droits du premier concessionnaire. En octobre 1822, la seigneurie du Bic appartenait à Azariah Pritchard, qui l’échangea pour une autre propriété avec Archibald Campbell, notaire de Québec.
Sainte Cécile fut choisie pour patronne du Bic en l’honneur de la femme du seigneur Archibald Campbell, lors de l’érection canonique de la paroisse, le 18 février 1830. Du moins, c’est ce que laisse entendre le passage suivant d’une lettre de Mgr Signay, évêque de Québec, à M. Destroismaisons, curé de Rimouski et desservant du Bic :
“ Je vous ai déjà dit que le seigneur, M. Arch. Campbell, fier de voir ériger une église dont la patronne, sainte Cécile, fait plaisir à sa femme, qui s’appelle Cécile, m’a témoigné qu’il donnerait gratis une terre, que l’on trouverait commode et adaptée aux besoins de ses vassaux catholiques ”.
Biekerdlke, Canton (Québec)
Après avoir été député à Québec pendant trois années, M. Robert Bickerdike s’e st fait élire pour la Chambre des Communes.
Biencourt, Canton (Kimouski)
Charles de Biencourt était le fils de Jean de Biencourt, baron de Poutrincourt. Il succéda à son père dans le gouvernement de Port-Royal.
Bieuville, Saint Autoiue de (Lévis)
Bienville rappelle le souvenir de Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, frère et compagnon d’armes de d’Iberville. C’est M. de Bienville qui fonda en 1 1 1 ' ln Nouvelle-Orléans, en Louisiane.
Bienville fut mis sous le patronage de saint Antoine de Padoue, en l’honneur de son fondateur, M. Antoine Gauvreau, alors curé de Lévis.
Big-elow, Canton (Ottawa)
En 1824, M. Bigelow, grand propriétaire, était à la tête d’entreprises importantes dans le canton Buckingham.
Black Cake (3Iégantic)
Le lac Noir — Black Lake — a deux milles de longueur sur un mille de largeur. Il était autrefois entouré de montagnes très boisées. Les hauts arbres de ces montagnes projetaient tellement leur ombre sur le lac qu’ils en rendaient la surface obscure, presque noire ; d’où le nom de lac Noir (Black Lake).
Blainville, Sninte-Tliérèse de (Terrebonne)
En 1684, le territoire qui forme aujourd’hui la paroisse de Sainte-Thérèse de Blainville et une partie de celle de Saint- Eustache, , sur une longueur de trois lieues et une profondeur de six milles, fut concédé à Sidrac Dugué, sous le nom de seigneurie des Mille-Iles, nom qui a survécu jusqu’à aujourd’hui dans une division sénatoriale de cette partie du pays.
Dugué mourut en 1689. Sa seigneurie retomba dans le domaine de la Couronne.
. En 1714, elle fut concédée de nouveau, mais agrandie, s’étendant depuis la seigneurie de Terrebonne jusqu’à celle des Deux-Montagnes, aux deux filles de Dugué, Suzanne, épouse de Jean Petit, et Anne-Marie-Thérèse, qui était devenue la femme de Charles-Gaspard Piot de Langloiserie, capitaine dans les troupes de la marine. A Jean Petit échut la partie qui constitue Saint-Eustache, et par le mariage de sa fille elle tomba en Dumont, où elle est demeurée depuis. Piot hérita du territoire qui forma plus tard Sainte-Thérèse de Blainville.
Anne-Marie-Thérèse Dugué avait un manoir seigneurial, en face de Yarennes, à l’île Sainte-Thérèse, de laquelle elle était seigneuresse. Elle fit les premières concessions sur la rivière des Mille-Isles ; elle baptisa de son prénom Thérèse la grande côte et la petite rivière qui est connue maintenant sous l’appellation poétique de Rivière-aux-Chiens ; de là est venu à la paroisse et au village leur nom de Sainte- Thérèse.
La fille de madame Piot de Langloiserie devint la femme de J. -B. Celoron de Blainville, à qui elle apporta pour dot sa part de la seigneurie des Mille- Isles ; en retour il lui donna le nom ’sous lequel est connue aujourd’hui Blainville, Sainte-Thérèse de Blainville.
M. de Blainville eut deux filles qui devinrent, l’une, madame Marie-ITugues Hertel de Chamhly, l’autre, madame Nolan-Lamarque. Ces deux messieurs étaient co-seigneur^ de Blainville, possédant, le premier, la partie inférieure de la seigneurie, l’autre la partie supérieure, lorsque fut érigée canoniquement, en 1789, la paroisse de Sainte-Thérèse. (1)
(1) Annales Terésiennes, vol. VI, p. 266.
Blalrttndie, Sainte-Marguerite (le (Saint-Jean)
M. David-Alexander Grant, né à Blairfindie, en Ecosse, épousa Marie-Charles- Josephte LeMoynê, propriétaire de la seigneurie de Longueuil.
C’est en l’honneur de M. Grant que l’on donna le surnom de Blairfindie à la paroisse de l’Acadie en grande partie comprise dans la baronnie de Longueuil.
Sainte Marguerite d’Ecosse a été donnée pour titulaire à Blairfindie probablement à la prière de la famille Grant, en souvenir de son pays d’origine.
Blais, Canton (Matane)
Mgr André- Albert Blais, second évêque de Rimouski.
Blake, Canton (Ottawa)
L’honorable M. Edward Blake a joué un grand rôle au Canada avant d’aller s’établir en Angleterre.
Blanchet, Canton (Gaspé)
Le docteur François-Xavier Blanchet fut l’un des fondateurs du Canadien. En 1810, il fut emprisonné en même temps que Bédard et Taschereau.
Blanc-Sablon (Labrador)
Blanc-Sablon est situé à l’entrée du détroit de Belle-Isle.
D’après l’abbé Ferland, cette baie tirerait son nom des sables blancs cl’une petite rivière qui lui apporte le tribut de ses eaux.
Une chose certaine, c’est que Jacques Cartier connaissait Blanc-Sablon. “ Blanc-Sablon, écrivait-il en 1534, est un lieu où n’y a aucun abry, du su ny du suest. ”
Le capitaine malouin n’aurait-il pas plutôt nommé ce lieu ainsi à cause de sa ressemblance avec la baie de Blanc-Sablon sur les côtes de Bretagne ?
Blandford, Saint-Louis de ( Artliabaska)
Blandford-Forum, comté de Dorset, Angleterre, est un très vieux village.
En 1833, les colons de Blandford demandèrent à Mgr Signay, évêque de Québec, la permission de se construire une chapelle. Leur demande fut favorament accueillie et cette permission leur fut accordée. L’honorable Louis Massue, de Québec, se montra d’une grande libéralité envers ces pauvres colons ; il leur fournit la peinture, les ci très et les ferrures nécessaires à la construction de la chapelle. Aussi, lorsque la paroisse fut érigée canoniquement, ils demandèrent et obtinrent qu’elle fut placée sous le patronage de saint Louis, roi de France, en l’honneur de M. Massue.
Blue Bonnets (Hochelaga)
Cet endroit était connu autrefois sous le nom de Côte à Languedoc. Des officiers anglais en garnison à Montréal ou des travailleurs employés au percement *du canal Lachine, sont parâît-il, les parrains de l’appellation Blue Bonnets. Ils auraient vu quelques vieux habitants de la Côte à Languedoc coiffés de la tuque bleue ; d’où Blue Bonnets. D’autres prétendent que le nom Blue Bomlets vient tout simplement de l’enseigne d’un aubergiste sur laquelle on avait peint un homme coiffé d’un bonnet bleu.
Boilleau, Canton (Charlevoix)
En 1860, le baron Gauldrée-Boilleau était consul de France à Québec.
Bois, Canton (Portneuf)
Le canton Bois rappelle le souvenir d’un savant, 1 abbé Bois, décédé curé de Maskinonvé.
Boisclerc, Canton, (Poutiac)
bous le régime français, on donnait un soin tout spécial aux explorations et à l’exploitation minéralogiques. Entre autres découvertes, on en avait fait une d’une mine de plomb au Portage des Chats, sur 1 Ottawa. Le 23 juillet 1743, le grand- voyer Jean- Eustache Lanoullier de Boisclerc recevait instruction d’aller examiner cette mine. C’est en souvenir de ce Lanoullier de Boisclerc qu’on a donné le nom de Boisclerc à un des cantons de la rive orientale de l’Outaouais.
Bois Fraises
D’où vient ce nom de Bois-Francs que les écrivains de langue française appliquent généralement à la région des Cantons de l’Est ?
Disons d’abord que cette épithète n’offre encore rien de légal et inutile d’en rechercher l’origine à travers les archives de l’Etat.
Le nom de Bois-Francs fut primitivement limité aux colonies françaises qui se fondèrent dans' les comtés d’Arthabaska et de Mégantic à partir de 1832.
L’un des motifs qui poussaient nos compatriotes à s’établir dans ces parages, c’est qu’ils trouvaient un sol élevé et facile à défricher à cause des essences forestières dont il était recouvert. L’érable, le merisier, le hêtre, etc, etc, dominaient sur les coteaux et le colon n’avait qu’à faire brûler les abattis de la forêt pour obtenir une abondante récolte dès la pre-
mière année, sans compter le joli revenu qu’il tirait de la cendre, par la fabrication du sel à potasse.
Ce cachet spécial des terrains où se portait le courant colonisateur ne tarda pas à les désigner. On allait prendre une concession, on allait s’établir dans les “ bois francs ”. L’expression ' se popularisa promptement, et dès le mois de septembre 1838, un document signé par l’évêque de Québec, chargeait un prêtre de visiter “ les habitants des bois francs, désignation ordinaire aujourd’hui de ces places nouvelles. ” (1)
Boisseauville (Québec)
Du nom du concessionnaire J. -Nicolas Boisseau, ancien marchand de Québec.
Bolton (Brome)
Bolton ou Bolton-le-Moors, dans le comté de Lancaster, en Angleterre, est une ville manufacturière très considérable.
Bonaventure
C’est l’île Bonaventure qui a donné son nom à la paroisse, puis au comté de Bonaventure.
Le premier qui fasse mention de l’îl.e Bonaventure est Jacques Cartier. Il ne la nomme pas cependant. “ Estans certains, écrit-il, qu’il n’y avoit aucun passage par ce golfe fisme velle, et partisme de ce lieu de S. Martin le dimanche XII de juillet pour descouvrir outre ce golfe, et allasmes vers Est le long de ceste coste viron XVIII lieuës, uisques au Cap du Pré (Percé) où nous trouvasmes le flot très grand et fort peu de fond, et la mer courroucée tempestueuse, et pource il nous fallust retirer à terre entre
(1) Bulletin des Recherches Historiques, vol. VII, p. 315.
le Cap susdit et une Isle vers Est à viron une lieuë de ce Cap, et là nous mouillasmes l’ancre pour icelle nuict.”
Il Y a une autre isle, dit Champlain, comme au su-est de l’isle Percée, environ une lieue, qui s’appelle l’isle de Bonne-adventure , et peut tenir de long une demi -lieue.”
D’où venait ce nom ?
“ En 1591, nous apprend Bergeron, il y eut un voyage entrepris par le sieur de la Court-Pré-Ravillon en Canada avec le vaisseau nommé Bonaventure pour le trafic des bêtes appelées Morses aux grandes dents.” (1)
Charlevoix écrit en 1721 : “ Nos pêcheurs prennent aujourd’hui assez peu de vaches marines sur les côtes du golphe Saint-Laurent. . Cet animal a deux dents de la longueur du bras. . -Je ne sache point si on en a jamais pris ailleurs.” (2)
La tradition assure qu’il y avait autrefois des vaches marines ou morses aux grandes dents en abondance aux environs de l’île Bonaventure.
Le Bonaventure est donc venu en ces endroits faire cette chasse et on a donné le nom de ce vaisseau à l’île. C’est une supposition, mais elle est raisonnable.
Le sieur Nicolas Denys obtint de la Compagnie de la Nouvelle-France toutes les côtes qui bordent le golfe Saint-Laurent, depuis Canseau jusqu’au cap des Rosiers. Depuis il y eut toujours dans sa descendance un Denys de Bonaventure.
Bon -Désir (Saguenay)
Dès 1721, le Père Pierre Laure, Jésuite, men-
(1) Traité de Navigation.
(2) Journal historique, lettre VIII.
tionne Bon-Désir. “ J’hivernai, écrit-il, à Notre-Dame de Bon-Désir avec les Tadoussaciens. ” Ailleurs, il laisse entendre que les Sauvages appelaient ce lieu PipSnapi.
Bord à Plouffe (Laval)
En 1801, le premier habitant de cette localité, François Plouffe, établit un bateau traversier entre les deux rives du fleuve, en société avec un nommé Deslauriers. Plouffe demeurait sur la rive nord — d’où bord à Plouffe — et Deslauriers sur la rive sud, dans la paroisse de Saint-Laurent.
11 y a quelques années on tenta de changer le nom de Bord-à-Plouffe en celui de Lemayville. Cet essai fut infructueux.
Bordeaux, Saint-Joseph de (Hoclielaga)
Vers 1879, trois capitalistes, MM. Desmarteau, Crevier et le comte Daeylar, achetaient la ferme Jubin ville, dans la paroisse du Sault-au- Récollet, pour la diviser en lots à bâtir. Le comte Daeylar était de Bordeaux et il désigna ce lieu du nom de sa ville natale.
Comme la population de Bordeaux était pauvre, éloignée de l’église paroissiale de trois milles, M. Beaubien, curé du Sault-au-Récollet, y plaça une chapelle sous la direction des Pères Viateurs, et donna saint Joseph comme titulaire à cette chapelle.
Boucher, Canton (Champlain)
Pierre Boucher, gouverneur de Trois-Rivières, et fondateur de Boucherville.
Boucherville (Cliainbly)
Pour récompenser sa fidélité au service de la Nouvelle-J rance, l’intendant Talon concéda à Pierre
Boucher, gouverneur de Trois-Rivières, la seigneurie de Boucherville, “ ayant cent quatorze arpents de front sur deux lieues de profondeur, à prendre sur le fleuve Saint-Laurent, bornés des deux côtés par le sieur de Varennes, avec les îles nommées Percées. . . pour jouir de la dite terre en tous droits de seigneurie et justice.”
C’est après cette concession que fut fondée la paroisse de Boucherville. M. Boucher nous donne lui-même l’origine du nom de la paroisse dans son mémoire intitulé : Baisons qui m’ engagent à établir ma seigneurie des îles Percées que fai nommée Boucherville. (1)
Bouchette, Saint-Gabriel de (Ottawa)
Les travaux de notre géographe Joseph Bouchette ont été appréciés même en Europe.
La première messe à Bouchette a été célébrée le jour de la fête de saint Gabriel ; d’où le choix du titulaire.
Boule, La (Snguenay)
Le premier rocher qui frappe particulièrement le regard, dès qu’on a dépassé d’environ trois milles l’embouchure du Saguenay, est celui qu’on appelle la Boule, nom qui lui a été donné à cause de sa forme arrondie.
Bourclages, Canton plontmagny)
Le notaire Louis Bourdages, membre de la Chambre d’ Assemblée, où il défendit nos droits avec éloquence.
(1) R. P. Lalande, Une vieille seigneurie, Boucherville, p. 36.
Bourget, Canton (Chicoutiml)
Mgr Ignace Bourget, deuxième évêque de Montréal.
Bourg-Louis (Portueuf)
La seigneurie de Bourg-Louis fut concédée le 14 mai 1741 au sieur Louis Fornel.
Bouthillier, Canton (Ottawa)
M. T. Bouthillier était lors de l’arpentage du canton en question agent de colonisation dans cette partie du pays.
Bowman, Canton (Ottawa)
M. Baxter Bowman, marchand de bois, fut un des premiers habitants de ce canton.
Boyer, Canton (Ottawa)
L’honorable Arthur Boyer, député de Jacques- Cartier et membre du cabinet Mercier.
Boyer, .Rivière (Bellechasse)
“ Il est difficile de déterminer d’où vient le nom de la rivière Boyer. On se perd là-dessus en conjectures. En risquerai-je une à mon tour?
“ Les premiers colons canadiens donnaient volontiers aux différentes localités, aux rivières, aux îles, aux lacs qu’ils rencontraient sur leur passage, le nom de certains personnages dont ils aimaient, pour une raison ou pour une autre, à perpétuer le souvenir dans leur nouvelle patrie.
“ En donnant à la petite rivière qui se jette dans le Saint-Laurent entre Saint-Michel et Saint-Vallier, le nom de Boyer, les premiers colons français au Canada n’auraient-ils pas voulu perpétuer la mémoire
du fameux chirurgien Boyer, de Rouen, qui accompagna Champlain dans une de ses expéditions contre les Iroquois, celle de 1610, et pansa la blessure qu’avait reçue en cette occasion le fondateur de Québec ? C’est une simple conjecture, mais qui me semble pas tout-à-fait dépourvue de vraisemblance.
“ Le chirurgien Boyer fit un deuxième voyage au Canada, avec Champlain, en 1613.
“ Champlain parle encore d’un Boyer, “ aussi malicieux que grand chicanier ” qui faisait partie de la Compagnie des Marchands de Normandie. Quelques-uns ont pensé que ce pouvait être le même personnage ; mais cela n’est nullement prouvé. Ce Boyer avait envoyé quelques prétendus colons au Canada ; mais Champlain fut obligé de les renvoyer en France, parce qu’ils passaient leur temps “ à chasser, pêcher, dormir et s’enivrer : ” et à cette occasion, il fit quelques ordonnances “ pour tenir chacun en son devoir ”, et promulgua ce qu’on pourrait appeler le premier code canadien.
‘ “ Il est bon d’ajouter qu’il n’y a jamais eu, à
notre connaissance, de Boyer, dans le comté de Bellechasse ou les environs, qui aurait pu donner son nom à la rivière dont il s’agit ici.” (1)
Brandon, Saint Gabriel de (Bertliier)
Une ville et un village d’Angleterre portent le nom de Brandon, la ville dans le comté de Suffolk, le village dans celui de Durham.
Brandy-Pot (Témiscouata)
Lorsque la mer est grosse, les marins trouvent, près des roches aujourd’hui connues sous le nom de
(1) L’abbé Gosselin, Le docteur Labrie, p. 19.
Brandy-Pot, une eau tranquille où ils peuvent mouiller. Ces roches ont, paraît-il, la forme d’un pot à V eau-de-vie ; de là le nom que les marins, qui ne sont jamais en peine pour baptiser les endroits pittoresques qu’ils visitent, leur ont donné dès les * premiers temps de la colonie française.
D’autres prétendent que le Pot à l’eau-de-vie (Brandy-Pot), a été nommé ainsi, à cause cl’une source qui y jaillit et dont l’eau, parfaitement bonne et pure, est de la couleur de l’eau-de-vie. (1)
Les Anglais ont traduit Pot à l’eau-de-vie par Brandy-Pot, et, avouons, à notre honte, que nous disons comme eux.
Brassard, Canton (Portneuf)
Ce nom rappelle le souvenir de M. Louis-Marie Brassard, curé de Nicolet et fondateur du séminaire du même nom.
BréDeuf, Canton (Chicoutimi)
Le Père Jean de Brébeuf, Jésuite, arriva à . Québec le 19 juin 1625, avee M. de Champlain, sur le vaisseau de Guillaume de Caën. Il retourna en France en 1629, mais le zèle qu’il entretenait pour le salut des infidèles le ramena dans la Nouvelle-France en 1633. Le Père de Brébeuf fut martyrisé par les Iroquois le 16 mars 1649, en même temps que le Père Gabriel Lalemant.
Bristol, Cauton (Pontiac)
Bristol est une ville bien connue du comté de Gloucester, Angleterre.
(1) Alphonse Leclaire, Le Saint -Laurent, p. 243.
Brome
Trois personnages ont illustré le nom de Brome.
1° Richard Brome, auteur comique anglais, mort en 1692, qui a laissé plusieurs pièces de théâtre qui ont été beaucoup remarquées.
2° Alexandre Brome, poète anglais, né en 1620, mort en lbbb, qui se montra, pendant le gouvernement de Cromwell, un chaud partisan des Stuarts.
3° Jacques Brome, voyageur anglais, qui vivait au commencement du dix-huitième siècle, et qui a laissé des récits de voyages en Angleterre, en Ecosse, en Espagne, en Italie et en Portugal.
Lequel de ces Brome a-t-on voulu honorer en donnant ce nom à un canton de la province de Québec? Nous l’ignorons.
Il est bien possible aussi que le canton Brome ait pris son nom du village de Brome, dans le comté de Suffolk, Angleterre.
Brome Corners (Brome)
Le village de Brome Corners est situé à l’intersection de plusieurs routes. C’est ce qui lui a valu son nom.
Brompton, Saint François-Xavier de (Riclimond)
Un faubourg de Londres, un hameau du comté de Kent et une mission du comté de York, en Angleterre, portent le nom de Brompton.
Le premier colon de Brompton fut François- Xavier Morin ; d’où Saint-François-Xavier de Brompton.
Broughton (Beauce)
Plusieurs savants anglais ont porté le nom de Broughton, entre autres Hugues Broughton, théolo-
gien et hébraïsant, né en 1549 mort en 1612 ; Richard Broughton, historien, mort en 1634 ; et Thomas Broughton, théologien, né en 1704 mort en 1774.
En 1790, William-Robert Broughton, navigateur anglais, fit partie de l’expédition de Vancouver, et découvrit les îles Knight, des Deux-Sœurs, de Chatham, et reconnut celles auxquelles on a donné le nom d’archipel Broughton, sur la côte ouest de l’Amérique du Nord.
Mais nous croyons que le nom de Broughton a été donné à un canton de Beauce pour rappeler la ville de Broughton, dans le comté de Lancaster, en Angleterre.
Brownsburg (Argenteuil)
Georges Brown vint d’Angleterre s’établir à Lachute. 11 fut pendant plusieurs années employé comme meunier au moulin seigneurial. En 1818, il reçut une concession de terrain à l’endroit aujourd’hui appelé en son honneur Brownsburg. Homme entreprenant, il établit sur ses terrains des moulins (pii furent d’un grand secours aux premiers colons de Brownsburg.
Bryson (Pontiac)
La famille Bryson a fait longtemps un grand commerce de bois. LTn membre de cette famille est actuellement conseiller législatif de la province de Québec.
Buckingham (Ottawa)
Les premiers colons de Buckingham étant anglais, ils ont, comme de coutume, voulu faire revivre la mémoire d’Albion dans leur pays d’adoption, en lui donnant un nom anglais. L’ont-ils nommé ainsi en
l’honneur du duc de Buckingham, favori des rois d Angleterre Jacques I et Charles I, assassiné en 1628 ? Nous 11e pouvons dire. Nous serions plutôt porté à croire que les premiers colons qui s’établirent en cet endroit venaient du comté de Buckingham, en Angleterre, et qu’ils nommèrent ainsi leur nouvelle patrie du lieu de leur naissance.
Buckland (Belleeliasse)
Un célèbre géologue anglais a porté le nom de Buckland, [mais nous croyons que le canton de Buckland a plutôt été nommé ainsi en souvenir d’un des nombreux villages d’Angleterre qui portent le nom de Buckland.
Bulstrode, Saint-Valère de (Arthabaska)
Le chevalier Richard Bulstrode s’est distingué pendant les guerres civiles d’Angleterre. Il était au service de Charles 1er. Il fut pendant trente ans le représentant de l’Angleterre auprès de diverses cours.
Bungay, Canton (Kamoaraska)
Bungay, ville du comté de Suffolk, Angleterre.
Bureauville (Compton)
En souvenir de l’honorable J. -O. Bureau, secrétaire provincial dans le ministère Macdonald-Sicotte.
Burtonville (Saint Jean)
C’est le général Christie Burton qui a donné son nom à Burtonville.
Bury, Saint-Raphaël de (Compton)
Bury est un village du comté de Lancaster, Angleterre.
En octobre 1866, Mgr Laflèche, coadjuteur de l’évêque de Trois-Rivières, alors en tournée pastorale dans cette partie de son diocèse, choisit saint Raphaël pour titulaire de Bury.
Bute (Mégantic)
Bute est un comté d’Angleterre.
Buton (Montmagny)
Les buttes ( butons ) sont très nombreuses en cet endroit.
Butte* à Nepveu (Québec)
Le premier propriétaire de ces terrains fut Jean Nepveu, originaire du Poitou. Il arriva à Québec avant 1653.
Cabano, Saint-Eusèbe de (Témiscouata)
On dit que le lac Cabano a été nommé ainsi parcequ’il est entouré d’élévations de terrain ou de collines qui lui donnent l’apparence d’une cabane, d’un cabanon.
Saint Eusèbe a été choisi comme titulaire de Cabano parce que le premier colon avait nom Eusèbe Sénéchal.
Cabistacliouan, Baie (Labrador)
Là où on ne voit pas autre chose que de l’écume. Des mots montagnais ka et pishiteuishuan.
Cabot, Canton (Matane)
Jean Cabot, originaire de Venise, prit du service dans la marine auglaise et découvrit l’île de Terre- Neuve en 1497.
Cacouna (Témiicouata)
Le mot cris Cacouna est formé de kâJcoua, porcépic, et de la particule nâk, qui a le sens de chez, demeure de. Cacouna veut donc dire : là où il y a du porc-épic.
Caldwell’s Maaor (Missisquoi)
Sir John Caldwell, lorsqu’il acheta la seigneurie du sieur Foucault, se bâtit un manoir en cet endroit.
Callières, Canton (Charlevoix)
Louis-Hector de Callières, gouverneur de la Nouvelle-France.
Caloune, Canton de (Maslcinongé)
M. de Calonne appartenait à une vieille et noble famille de France. Son frère fut premier ministre de l'infortuné Louis XVI. M. de Calonne mourut chapelain des Ursulines de Trois-Rivières.
Cambria (Argente ail)
Cambria est l’ancien nom du pays de Galles.
Cameron, Canton (Ottawa)
Probablement nommé ainsi en l’honneur de l’honorable Malcolm Cameron, originaire de Trois- Rivières, mais qui joua un rôle politique assez important dans Ontario.
Campbell, Canton (Ottawa)
Sir Alexander Campbell fit partie du gouvernement de sir John Macdonald et devint lieutenantgouverneur de la province d’Ontario.
Campeau, Canton (Pontiac)
M. F.-R.-E. Campeau était le vice-président de la société de colonisation du Témiscamingue lors de l’érection de ce canton.
Camtebasseg-at, Baie (Labrador)
Des mots montagnais Ica et mefapassekats, là où la prairie s’étend jusqu’à l’eau.
Canada
“ Existe-t-il une étude concluante sur l’origine et l’étymologie du nom Canada ? Beaucoup d’historiens en ont parlé incidemment, mais aucun n’a approfondi cette question, qui pouvait paraître oiseuse. Après avoir jeté un coup d’œil sur tout ce qui a été écrit à , ce sujet, nous en sommes arrivé à conclure qu’il n’y a en réalité qu’une seule étymologie possible de ce nom, l'étymologie iroquoise, et que toutes les autres, soit espagnole, soit portugaise, soit allemande, ne peuvent être prises au sérieux, bien que le mot Canada puisse se rencontrer dans ces trois langues aussi bien que dans l’idiome iroquois. La différence porterait peut-être sur la prononciation. Voyons tout d’abord sur quelles données se basent les auteurs espagnols et allemands.
“L’étymologie par l’espagnol repose sur cette légende, souvent racontée, que les explorateurs espagnols, ayant un jour aperçu les côtes dénudés du Labrador, s’écrièrent en face de cette désolation ; Aca nada, c’est-à-dire il n'y a rien ici. Et le mot Canada, passé depuis de bouche en bouche, serait resté acquis à l’histoire. Cette origine nous a toujours paru suspecte. Comment, en effet, ces chercheurs de mines rebroussant chemin, sans avoir
même lié connaissance avec les naturels du pays, auraient-ils pu laisser à la postérité une exclamation de peu d’importance, jetée au hasard comme expression d’un désappointement? On alléguera que les Labradoriens ont pu la transmettre aux autres nations avec lesquelles ils prenaient contact, et que de proche en proche elle est parvenue jusqu’aux Iroquois échelonnés sur le Saint-Laurent, entre Stadacona et Hochelaga,et m ême jusqu’aux Gaspésiens de la Baie de Gaspé. Mais alors pourquoi n’a-t-on pas dès l’origine donné le nom de Canada à tout ce vaste territoire compris entre la côte du Labrador et la rivière des Outaouais ? Or il est notoire' que lorsque Jacques Cartier, en 1535, remonta le fleuve Saint-Laurent, il apprit l’existence d’une province dite province de Canada “ au port de Sainte-Croix ”, c’est-à-dire Stadaconé ou Québec. La province du Canada comprenait plusieurs bourgades, entre autres Stadin, Sternatam, Araste, Tailla et Stadaconé la capitale. Cette province commençait vers l’île aux Coudres et ne paraissait pas dépasser beaucoup le promontoire de Québec. Les sauvages qui apprirent à Cartier la géographie de ce pays, n’étaient autres que Taignoagny et Domagaya, deux gaspésiens qu’il avait amenés en France l’année précédente. Tous deux connaissaient la langue des habitants de Stadaconé ; c’est assez dire qu’ils appartenaient à la même nation, et que, par conséquent, ils étaient iroquois, comme nous aurons l’occasion de le prouver un peu plus loin.
“ La légende espagnole nous semble donc bien risquée. Mais, dit-on, le mot Canada a été usité de tout temps, en Espagne, pour désigner des lieux ou perpétuer des souvenirs historiques. C’est ainsi que des écrivains citent avec complaisance les noms sui-
vants : Canada de San Pedro, chemin de Saint-Pierre ; Canada y pesquera, chemin de pêche ; Canada vedija, chemin du village ; Canada pastores, chemin des pasteurs. Ils en ont mentionné ainsi à la douzaine pour étayer leur chancelante théorie. Est-il donc si nécessaire de parcourir l’Espagne pour retracer le nom de Canada ? Qu’on jette les yeux sur la carte de France, et on le retrouvera dans plus d’un département. Ainsi dans celui de Saône-et-Loire, nous constatons l’existence d’un petit village appelé Basde- Canada, (1) Voilà tout aussi bien sinon mieux qu’en Espagne.
“ Le nom de Canada a été donné à un plateau élevé, près de Fécamp, dans la Seine-Inférieure, où existe encore le camp de César, vieille relique de fortifications romaines. Un écrivain déclarait, il n’y a pas très longtemps, qu’on a nommé Canada cet endroit ” à cause du froid rigoureux qui s’y fait sentir en hiver.” (2) Léon Fallue fait du mot Canada appliqué au camp de César un curieux produit du mélange de deux mots latins : “Ce camp nommé Canada, dit-il, provient peut-etre de Castra Danorum ou camp des Danois.” (3) Le peut-être n’est pas de trop. Ce n’est pas dans ces dénominations que l’on peut trouver l’origine du nom de notre pays.
“ Quant à l’étymologie par l’allemand, elle serait tirée de l’application du mot Canada à certains terrains, tels qu’il s’en rencontre dans les pampas de l’Amérique du Sud. Nous trouvons dans un ouvrage allemand traduit en français : “ On appelle Canada des bas-fonds de grande étendue dans lesquels sont
(1) Dictionnaire, des Postes et Télégraphes, Paris, 1885, p. 340.
(2) Esquisse historique sur Fécamp, par César Marette.
(3) Histoire de la ville et de l’abbaye de Fécamp, p. 24.
disséminés des groupes de roseaux. Ils peuvent être traversés par un ruisseau, et constituent par leur ensemble de bons pâturages très propres à l’élève du bétail. Ces endroits humides dans les pampas ne forment qu’une très minime partie de sa surface et n’en modifient le caractère que d’un façon accessoire ”. (1)
“ Cette version allemande ne peut guère s’appliquer à notre pays, pas plus au Labrador qu’à la vallée du Saint-Laurent, où les bas-fonds de grande étendue parsemés de roseaux sont absolument inconnus. L’application du Dr Burmeister semblerait pourtant rationnelle, d’après la méthode espagnole. La racine can seinble venir du latin canna, qui veut dire roseau. En y ajoutant la terminaison ada, on obtient un mot qui, en espagnol, signifie clairière.
“ Si l’on écarte l’étymologie par les langues européennes, il ne nous reste plus qu’à recourir aux dialectes indiens. Il ne saurait y avoir de discussion que sur l’une ou l’autre des langues usitées au Canada lors du second voyage de Jacques Cartier. Quelles étaient ces langues ? Quels étaient les aborigènes du Saint-Laurent ? Les uns prétendent que les Algonquins habitaient Stadaeoné et Hochelaga; d’autres soutiennent que c’était les Iroquois. Il y avait encore les Montagnais ou Algonquins inférieurs, qui résidaient plutôt dans la région du lac Saint-Jean. Quelques-uns vont jusqu’à prétendre que le mot Canada fut révélé à Jacques Cartier par ces derniers, parce que, disent-ils, Canada voulant dire les voilà qui s’ approchent, ou encore celui qui va voir, visite, explore, il est tout naturel de croire que les Monta-
(1) Description physique de la République Argentine, par le Dr A. Burmeister, traduit par F. Maupas, I, p. 162.
gnais, en apercevant les Français, se soient écriés dans leur langage : Kannatats, c’est-à-dire, les voilà qui viennent voir.
“ La théorie crise ne vaut pas mieux que la montagnaise. Le Père Lacombe dit dans son dictionnaire : “ Canada pour Konata, dont les Montagnais et tous les Cris se servent pour dire sans propos, sans raison, sans dessein, gratis. C’est le mot banal de la langue crise (1) Mgr Laflèc-he écrivait en 1857 ; “ Canada, sans dessein, cris. De Pikonata ou P Konata. Ce mot n’a pas de correspondant en français. Les Métis le traduisent toujours par l’expression sans dessein. Demandez à un Cris : “ Que veux-tu ?” S’il ne sait que vous répondre, il vous dira : “ P Konata ”. (2)
“ Ceux qui ont voulu expliquer ainsi l’origine du mot Canada n’ont pas tenu compte des circonstances qui ont révélé à Cartier l’existence de cette province. Les langues sauvages, ayant entre elles une grande affinité, il peut se faire que chacune possède un mot d’où Canada peut tirer son étymologie, mais faut-il en conclure que c’est la vraie, la plus sûre, celle que nous devons adopter ? Personne n’osera soutenir que Jacques Cartier rencontra des Cris sur les bords du Saint-Laurent, quand il est avéré .que dans les premiers temps du pays ils étaient cantonnés dans les parages de la baie d’Hudson. Les Montagnais, eux, séjournaient à Tadoussac et ailleurs, mais Cartier ne les mentionne pas dans ses Relations, et il n’apparaît pas non plus que le Découvreur ait eu des rapports avec les sauvages du Saguenay. Dona-
( 1 ) Dictionnaire et grammaire de la langue crise, par le R. P. Albert Lacombe, Montréal, 1S74, p. 706.
(2) Rapport sur les missions du diocèse de Québec, avril 1857, no 12, p. 105. Courrier du Canada, mai 1857.
cona, le grand chef de Stadaconé, lui apprit l’existence d’un peuple du nord appelé Piquemains, qui n’avaient qu’une jambe, et dont la conformation ne ressemblait pas à celle des autres Indiens. A quel peuple faisait-il allusion ? Cartier ne lésait pas, mais il est assez probable que c’était aux Esquimaux.
“ Quoi qu’il en soit de ces opinions, il paraît certain que le nom de Canada existait avant Jacques Cartier et qu’il provenait des sauvages qui habitaient le pays ainsi désigné par les Gaspésiens. Quels étaient ces sauvages en 1535 ? Nous n’hésitons pas à dire que c’étaient des Iroquois, et nous nous basons sur l’autorité du regretté M. Cuoq, qui connaissait tous les secrets de l’idiome iroquois. Pour étayer cette thèse, il suffira de prouver que la langue parlée à Hochelaga comme à Stadaconé était la langue iroquoise. C’est ce que démontre l’étude des listes de noms que Cartier dressa dans ses deux premiers voyages, listes que l’on trouve à la suite de ses Relations. Le savant indianologue commence par établir que tous ces mots appartiennent à une seule et même langue, malgré les variantes que l’on y retrace. Dans l’une et l’autre liste nous trouvons des mots semblables, comportant la même signification. En voici quelques-uns.
le liste 2e LISTE
Agonazo
Aggonzi
tête
Ochedasco
Onchidascon
pieds
Igata
Hegata
yeux
Hontasco
Ahontascon
oreilles
Atta
Atha
souliers
Assogne
Addogue
hachot
“ L’abbé Cuoq ajoute : “ Tous ces mots appartiennent manifestement à une même langue ; les légères différences qui peuvent se trouver entre les mots des deux listes, ne doivent s’expliquer autrement que par l’extrême difficulté'que l’on éprouve toujours, quand il faut saisir par le simple son de la voix, des mots appartenant à une langue complètement inconnue. Cette raison acquiert une force toute spéciale, quand il s’agit, comme dans le cas présent, d’une langue sauvage ; nous parlons ici par expérience et en appelons avec assurance au témoignage de ceux, qui, comme nous, ont travaillé auprès des sauvages et ont appris quelqu’une des langues de ces peuples. C’est ainsi que peuvent s’expliquer ces petites variantes, sans qu’il soit absolument nécessaire de recourir à l’hypothèse d’une différence de dialectes, ou bien d’invoquer le phénomène ordinaire du changement des idiomes ”.
“ M. Cuoq prouve ensuite que la langue parlée par les sauvages, habitant les rives du fleuve, n’était pas l’algonquine, mais plutôt l’iroquoise. Sa démonstration est lumineuse, irréfutable. Qu’il nous suffise de l’analyser. Sur près de soixante mots que renferme la première liste de Cartier, et un peu plus de cent contenus dans la seconde, il n’en est qu’un seul qui ait la physionomie franchement algonquine, et trois autres sur lesquels il est nécessaire de faire des réserves. Voici ces quatre mots :
Achesco
Amigoua
Salie
une épée des chemises fèves
Cacacomy pain
“ Le premier est évidemment algonquin.
“ Le second est le pluriel de amilc, castor, et ne signifie pas chemises. Donc nous pouvons aussi bien croire qu’il est iroquois.
“ Le troisième peut être revendiqué par les deux nations : les Iroquois appellent saheta ce que les Algonquins appellent saï.
“ Le quatrième et dernier, qui semble étranger à la langue iroquoise, ne saurait signifierpam en algonquin, qui le traduit par pakjewigan. Les Iroquois disent kanatarok.
“ Tous les autres mots des deux listes appartiennent à la langue iroquoise, et ressemblent beaucoup à l’iroquois moderne. Etablissons la comparaison :
Listes de Cartier
Iroquois moderne
Traduction
Agonazé
Aggonzi
Akenontsi
via tête
Ochedasco
Onchidascon
Ositakon
aux pieds
Hontasco
Ahontascon
Ohontakon
aux oreilles
Igata
Hegata
Okahra
œil
Atta
Atha
Ahta
souliers
Assogne
Addogne
Atoken
hache
“ Sur les dix premiers noms de nombre dans la langue des sauvages du temps de Cartier, six sont encore employés dans la langue iroquoise d’aujourd huir Tels sont :
[Langue ancienne
Iroquois moderne
Secada —
Euskata
Tigneni —
Tekeni
Hasché —
Asen
Ouiscon —
Wisk
Addegué —
Satekon
Assem —
Wasen
“ Ce petit tableau parle aux
yeux et prouve l’iden-
tité des deux langues.
“ Mais afin de détruire tout doute, citons les mots
algonquins qui correspondent déjà servi d’exemples :
à] ceux qui nous ont
Ma tête
Nictikwan
Aux pieds
Ositing
Aux oreilles
Otawakang
Œil
Ockinjik
Souliers
Makisin
Hache
Wakakwat
Pejik
Nij
Nisroi
Nanan
NicwaSwi
Mitaswi
“ Il ne peut pas y avoir d’erreur possible ; ces derniers mots ne ressemblent en aucune façon à ceux que nous avons cités en iroquois.
“ Autres exemples plus frappants encore.
“ Canada signifie en iroquois, aujourd’hui comme du temps de Cartier, ville, village, amas de cabanes, bourgade, bourg, groupe de tentes, campement de plusieurs. C’est la traduction qu’en donne Cartier luimême dans une de ses listes. Or, les Algonquins
rendent ces mots par Otenaw. Agouhana, qui veut dire chef en iroquois, se traduit en algonquin par okima ou par kijeinini, en abénaquis par sanguima, et en montagnais par sagamo.
“ Si l’on voulait continuer ce système de comparaison, on arriverait toujours à un pareil résultat. Dans chaque cas, il y aurait rapprochement sensible entre la langue des sauvages de Stadaconé et d’Hochelaga avec l’iroquois parlé de nos jours, tandis qu il serait toujours facile de constater sa dissemblance avec T algonquin et le montagnais modernes.
“ Nous pouvons donc tirer de ce qui précède les conclusions suivantes :
1° Les aborigènes de Stadaconé et d’Hochelaga appartenaient, du temps de .Jacques Cartier, à la grande famille iroquoise ;
“ 2° Leur langue est parvenue jusqu’à nous, sans avoir subi de profondes modifications ;
“ 3° Jacques Cartier ne paraît pas avoir eu connaissance des autres langues parlées en ce pays ;
“ 4° Les sauvages de Gaspê comprenaient l’iroquois ;
“ 5° L’étymologie du mot Canada , telle que donnée par Cartier, est la bonne, la vraie, la seule acceptable.” (1).
Canardière, La (Québec)
Une canardière est un lieu couvert et préparé dans un étang pour prendre des canards sauvages. Nous croyons cependant que le village en question a été nommé ainsi à cause de la grande abondance de canards sauvages qui se trouvaient sur ses battures.
(1) N.-E. Dionne, Bulletin du parler français, vol. II, p. 260.
Cannes de Koclies (G-aspé)
Ce nom est bizarre. On assure que la véritable étymologie est celle-ci : sur certaines pointes bordées de roches basses et recouvertes de petits moucles on voit une espèce de petits canards noirs que les chasseurs appellent cannes de roches. Ils sont aussi rares que farouches. Et on appelle cannes de roches les pointes où ils se tiennent.
Cannon, Canton (Saguenay)
En l’honneur de l’honorable M. L.-.J. Cannon, juge de la Cour Supérieure pour le district de Trois- Rivières.
Cantons de l’ Est
“ A quelle date et en vertu de quel acte officiel le nom de Cantons de l’Est fut-il assigné à cette partie de la Province ?
“ Malgré de longues et nombreuses recherches, il nous a été impossible d’obtenir aucune information précise à ce sujet.
“ Le nom de Cantons de l’Est ne paraît pas avoir été donné à cette région par une ordonnance officielle.
“ Comme son synonyme Bois-Francs, il est passé dans l’usage insensiblement et sans l’intervention des autorités constituées.
“ L’origine du nom est cependant facile à retracer.
“ A l’époque de la cession du Canada à l’Angleterre, la plus grande partie de ce territoire était encore la propriété de la Couronne. Les concessions faites par le gouvernement français étaient limitées aux seigneuries, sur les rives du Saint-Laurent et de ses principaux tributaires.
“ L’administration britannique entreprit, dès le début de son règne, la colonisation de ces terres incultes. Son attention se dirigea d’abord vers les solitudes qui ont formé depuis la province d’Ontario, où la forêt vierge fut arpentée et divisée en lopins réguliers sous le nom de township, d’après le mode suivi dans les états voisins.
“ Lors de la guerre de l’indépendance américaine, il se fit un mouvement d’émigration considérable de la part de ceux qui refusèrent de suivre le parti révolutionnaire et abandonnèrent leurs foyers pour venir chercher un refuge à l’ombre du drapeau de la mère-patrie.
“ Ces colons, désignés sous le nom de loyalistes, allèrent s’établir en grand nombre dans les townships récemment créés dans le Haut-Canada ou le Canada-Ouest.
“ Ce n’est qu’en 1792, et conséquemment plusieurs années après le traité de paix entre l’Angleterre et les Etats-Unis, que les premiers arpentages officiels furent exécutés dans la région inculte située entre les anciennes seigneuries et la frontière. Cette région fut, à son tour, subdivisée en townships et des efforts furent tentés pour y amener des colons.
“ Ces townships étant créés dans le Bas-Canada ou Canada-Est, furent naturellement désignés dans le langage ordinaire comme townships de la partie est du pays, par opposition aux townships primitifs de la partie ouest. En parlant des “ Eastern Townships ” on voulait indiquer ceux qui étaient organisés dans ce qui est maintenant la province de Québec, alors désignée sous le vocable de “ Eastern Canada.”
“ En remontant à ce point de départ, on pourrait à la rigueur prétendre que tous les townships formés depuis sur divers points de cette Province, soit dans la vallée de l’Ottawa, soit au lac Saint- Jean ou dans laGaspésie, sont de véritables “ Eastern Townships
“ Il vint un jour où le monde officiel crut devoir traduire le mot township en français. C’était presque un problème, car nous n’avons réellement pas dans notre langue une épellation qui définit bien la circonscription territoriale que les Anglais appellent township. On se rabattit sur le mot canton. C’était ce qu’on pouvait faire de mieux dans les circonstances. Et voilà comment notre vocabulaire géographique s’est enrichi de cette expression assez curieuse, de prime abord : “ Les Cantons de l’Est ”.
“ Nous disons que l’expression est curieuse. En effet, si on examine la carte de Québec, on voit que cette région est loin d’occuper la partie est de la Province. Elle est plutôt au sud et au sud-est.
“ Lorsque le gouverneur anglais ordonna l’ouverture de cette région à la colonisation, en 1792, c’était dans le but d’y attirer surtout une émigration d’origine britannique. Et, de fait, il s’écoula une assez longue période de temps avant que l’élément français éprouvât le besoin d’y pénétrer, vu l’immense étendue de terrains vacants que renfermaient encore les seigneuries au moment de la cession.
“ Mais nos compatriotes ne tardèrent pas à réclamer une place sous le soleil des townships et à venir s’établir dans les “ lots ”, suivant l’expression reçue parmi ceux du district de Montréal. Chaque township était subdivisé en lots, dont la concession se faisait selon une tenure différente de celle des
seigneuries. Dans la seigneurie la “ terre ” accordée au censitaire était sujette à certaines redevances et servitudes féodales, tandis que le “ lot ” était octroyé à titre de franc et commun soccage (1)
Cap h l’Aigle (Cliarlevoix)
“ De là, écrivait Champlain en 1608, fusmes à un autre cap que nous nommasmes le cap à l’Aigle, distant du cap Dauphin huit lieues.”
Cet endroit a été longtemps le refuge préféré des aigles. On les y tuait en grand nombre. Quelquefois la faim les poussait jusqu’aux abords des maisons, et les vieillards se rappellent avoir vu de ces aigles frappés à coups de bâton jusque dans le village, alors qu’ils étaient en train de s’abattre sur les animaux de basse-cour.
Le village qui se forma plus tard sur le Cap à l’Aigle adopta le nom donné par Champlain.
Le capitaine Malcolm Fraser qui, le 27 avril 1762, avait obtenu, par l’entremise du général Murray, la moitié de l’ancienne seigneurie de la Malbaie, essaya de remplacer le nom de Cap à l’Aigle par celui de Mount Murray. Il y a longtemps que ce dernier nom est oublié.
Cap h la Roclie (Lotbinière)
“ Une note mise au bas de la page 65 du Journal des Jésuites par MM. les abbés Laverdière et Casgrain, dit que le Cap à l’Arbre est le même que “ le Platon, appelé, du temps de Champlain, la pointe Sainte- Croix.” Les sources de renseignements ne sont pas indiquées.
“ Interrogé par M. H. -G. Malhiot sur la situation
(1) Bulletin des Recherches Historiques, vol. III, p. 59.
exacte du Cap à l’Arbre, M. Laverdière répondit qu’en définitive il n’en était pas certain. Voyons ce qui peut nous éclairer là-dessus.
“Une fille de Michel Goron — Marie-Françoise — épousa en 1689 Robert Ouy ou Houy dit Saint-Laurent, soldat de la compagnie de M. des Bergères.
“ A cette époque, Michel Goron habitait “ la seigneurie de l’Eschaillon,” concédée depuis 1674 à M. Pierre de Saint-Ours ; deux lieues de front à commencer quatre arpents au-dessous de la petite rivière Duchesne. Cette rivière, le seul cours d’eau de la seigneurie de Deschaillons, traverse diagonalement les terres et se jette dans le fleuve un peu audessous du Cap à la Roche.
“ La grande carte cadastrale (manuscrite) dont copie se voit à Ottawa, portant la date de 1693- 1709 indique parfaitement le Platon situé au bas de la seigneurie voisine, celle de Deschaillons, qui commence trois lieues et demie, à peu près, plus haut que le Platon.
“ Dès la deuxième terre de Deschaillons, on rencontre Michel Goron ; à la troisième il y a une rivière ou gros ruisseau sans nom, c’est la petite riviere Duchesne. Après cela, on compte six terres et l’on trouve celle de Robert Ouy. En- remontant toujours, on passe quatorze terres avant d’atteindre la seigneurie de Levrard.
“ En face de la terre de Robert Ouy, sur l’autre cote du Saint-Laurent, sont la troisième et quatrième terres du haut des Grondines.
“ La liste des noms d’habitants que porte la carte servira de complément à l’explication :
“ La première terre est en blanc. Ensuite viennent . Michel Goron, un blanc avec l’embouchure
de la rivière, François Goron, J. Denevert, Mailloux, Beaudet, Bérubé, un blanc, Robert Ouy, D. Garon, Lebœuf, Chesne, Masson, Maillou (Mailhot ? qui était parent de Goron), un blanc, Lebœuf, un blanc, Pineau (dit Laperle), Laverdure, un blanc, Pineau, Tousignan, Tousignan.
“ Robert Ouy mourut en 1702. Son fils, Robert, avait épousé Marguerite Gariêpy. Devenu veuf, il contracta un second mariage avec Louise Pilotte, en 1729. A ce propos, on le désigne comme habitant du “ Cap à l’Arbre, paroisse de Lotbinière.” N’oublions pas que la seigneurie de Deschaillons était alors comprise dans la paroisse de Lotbinière ; elle était souvent appelée “le petit Saint-Ours.”
“ La terre des Ouys était donc au Cap à l’Arbre, ou un peu plus haut.
“ Si on rapproche ce renseignement de la carte cadastrale déjà citée et de la situation bien connue du Cap à la Roche ainsi nommé aujourd’hui, on se convaincra que le cap à l’Arbre et le cap à la Roche sont un seul et même site.” (1)
Cap à l’Est (Chicoutimi)
Le Cap à l’Est est une énorme masse de granit sur lequel il ne pousse que des arbustes rabougris. Il est appelé ainsi par opposition à un cap fort escarpé qui se trouve sur la rive opposée du Saguenay.
Cap à l’Orignal (Rimouski)
Un orignal se jeta du haut de ce / cap dans le Saint-Laurent pour échapper à la poursuite d’un chasseur.
(1) Benjamin Suite, Bulletin des Recherches Historiques, vol. V, p. 314.
Cap aux Corbeaux (Charlevoix)
Les matelots ont attaché un nom d’un sinistre augure à ce promontoire. Leur imagination effrayée a sans doute peuplé le Cap aux Corbeaux de ces oiseaux de proie, comme s’ils venaient s’y abattre, pour attendre les naufrages dans l’espoir d’en dévorer les victimes.
C’était la croyance générale autrefois que les navigateurs qui montaient et descendaient le fleuve par le chenal du nord, devaient se tenir à distance, en passant devant le Cap aux Corbeaux, et ne jamais s’aventurer dans ces courants. Malheurs, disait-on, à l’esquif qui a l’imprudence de se laisser entraîner dans cette spirale marine ! Il est saisi dans ses anneaux comme dans ceux d’un gigantesque serpent. Emporté par une force invincible, il tourne, tourne avec une vitesse accélérée en décrivant des cercles qui vont toujours en se rétrécissant, jusqu’à ce qu’enfin il arrive au centre fatal qui s’ouvre en entonnoir, et l’engloutit sans retour. (1)
Cap au Diable (Kamouraska)
L’aspect morne et sombre de ce cap, l’aridité et la nudité des rochers qui le composent, son isolement, le silence et la nature désolée et presque déserte qui l’environnent ont pu engager le peuple à lui donner ce nom peu sympathique. Le docteur Charles Déguisé a fait du cap au Diable le théâtre d’une de ses jolies légendes canadiennes.
Cap aux Diamants (Québec)
D’après la relation du voyage de Roberval dans la Nouvelle-France publiée par Hackluyt, Cartier
(1) L’abbé H. -R. Casgrain, Un pélerincuie à Vîle aux Couclres,
aurait exhibé des échantillons d’or trouvés au Canada, qui, soumis au creuset, donnèrent de bons résultats. Il était aussi porteur de diamants trouvés dans le promontoire de Québec, d’ou le Cap aux Diamants a emprunté son nom.
“ Il y a, dit Champlain, le long de la coste du dict Québec, des diamants' dans des rochers d’ardoise, qui sont meilleurs que ceux d’Alençon.”
“ C’est un lieu ainsi appelé de nos Français, lisons-nous dans la Relation de 1633, pour ce qu’on y trouve quantité de petits diamants assez beaux.”
Cap Barré (Gaspé)
Le Cap Barré borde le rivage et sa face est toute striée de bandes de diverses couleurs.
Cap Blanc, Notre-Dame de la Garde du (Québec)
Les Sauvages nommaient Uupistikoiats (cap blanc, promontoire blanc, mont blanc), le cap au pied duquel est bâti le village du Cap-Blanc.
L’église du Cap-Blanc a été placée sous l’invocation de Notre-Dame de la Garde à la prière et aux instances des navigateurs de cette localité. M. Godbout, fondateur et premier curé de cette paroisse, avait d’abord choisi le nom de Notre-Dame du Port, mais la dévotion spéciale des marins pour l’église de Notre-Dame de la Garde, de Marseille, en France, où les navigateurs au long cours vont en pélèrinage, lui ayant été représentée le jour même de la bénédiction de la première pierre de l’église, Mgr Cazeau, qui faisait la cérémonie, voulut bien changer ce nom séance tenante. Plusieurs des navigateurs du Cap- Blanc avaient même dans leurs bateaux des images de Notre-Dame de la Garde, de Marseille.
Cap Bouami (Gaspé)
Le cap Bonami (et non Bon ami comme on l’écrit souvent) fut nommé ainsi parce cpie le premier habitant cle cet endroit était un Jersiais de ce nom.
Cap Brûlé (Montmorency)
Parlant du Cap Tourmente, Champlain écrit : “ Proche de ce lieu est le Cap Bruslé, entre lecpiel et l’isle aux Coudres est un chenail de 8, 10 et 12 brasses d’eau. ” C’est tout proche de ce cap que Champlain avait fait bâtir son habitation du Cap Tourmente qui fut brûlée par les Anglais en 1628. Le Cap Brûlé ne tiendrait-il pas son nom de cette circonstance ? Il a pu lui donner ce nom, aussi, parce qu’il était dépouillé de toute végétation.
Cap Chat, Saint-Norbert <tu (Gaspé)
Il y a deux versions sur l’origine de ce nom : les uns veulent que le cap Chat ait été nommé ainsi en l’honneur du commandeur de Chattes ; les autres prétendent que c’est sa ressemblance avec un chat qui lui a valu ce nom.
“ La question d’étymologie, dit un partisan de cette dernière version, n’existe pas pour ceux qui sont accoutumés à visiter la partie du pays où est situé le Cap Chat. Si vous descendez le fleuve en suivant le rivage en compagnie d’hommes du voisinage, vous êtes à peu près assuré qu’arrivé à une certaine distance de ce cap, les pêcheurs vous diront : “ Voyez-vous le chat qui dort sur le Cap ? ” En effet, dans une position donnée, un relief de rocher qui couronne le promontoire affecte la forme d’un chat.” “ En 1882, dit Mgr Bossé, j’accompagnais Mgr Lange vin en visite pastorale dans ces parages. J’allai visiter le
phare construit sur le cap Chat. Entre le plus haut sommet du cap et le phare, je vis une énorme roche isolée et représentant au naturel un chat au demirepos et dont le dos d’un gris brun était tourné vers le fleuve. Je suis certain que les Sauvages, admirables observateurs, avaient donné le nom de Chat à ce bloc si ressemblant, et que les Français l’avaient nommé d’après eux.”
Voyons maintenant une autre opinion :
“.Je trouve l’acte de baptême de ce cap dans les Voyages de Champlain, édition de 1632, page 95 de la seconde partie, couché dans les termes suivants :
“ Et costoyant toujours la coste du su, jusques au commencement des mons Notre-Dame, vingt lieues du dit cap des Boutonnières, les mons en ont vingtcinq de longueur, à la fin est le cap de Chatte assez haut fait en forme de pain de sucre fort écore. Se voient aussi des terres doubles audessus qui quelquefois vous en font perdre la cognaissance, si le temps n’est clair et serein, si ce n’est que vous approchiez d’une lieue ou deux du dit Cap de Chatte. ”
“ La carte de Champlain de 1632 et celle de Jean de Laët de 1640 le nomment aussi Cap de Chatte.
“ Pourquoi Champlain l’avait-il ainsi nommé ?
“Le commandeur de Chatte, alors gouverneur de Dieppe, était en même temps lieutenant-général du roi de France pour les affaires de l’Amérique. C’est lui qui choisit Samuel de Champlain pour entreprendre la colonisation du Canada. Le premier voyage de Champlain de 1603, pour commencer cette grande et noble entreprise, fut fait sous les auspices et en vertu d’une commission du commandeur de Chatte.
“ Quand Champlain retourna en France l’année
suivante M. de Chatte était mort et M. de Monts lui avait succédé comme lieutenant-général du roi pour l’Amérique. Par suite, le second voyage de Champlain se fît sous les ordres et par commission de M. de Monts.
“ On vient de voir que Champlain a nommé Cap de Chatte le promontoire le plus saillant de la rive sud (côte de la Gaspésie) à l’entrée du fleuve St-Laurent.
“ Vis-à-vis de ce Cap, sur la rive nord, une langue de terre faisant saillie dans le fleuve, est nommée Pointe de Monts.
“ Qui ne verrait pas l’intention de Champlain de rendre un digne et perpétuel hommage à ses deux illustres patrons ?
“ Pour moi, je considère ces deux points géographiques comme des monuments ad memoriam et honorem, dédiés à ces deux hauts fonctionnaires et dignitaires de l’état; et j’y crois aussi fermement que si j’y lisais des inscriptions gravées par la main de Champlain lui-même.
“ Outre la vérité historique qu’il faut respecter, il y a dans ces deux noms une grandeur, une dignité, un charme qui rehaussent l’importance d’une localité ; tandis que Cap Chat et Pointe des Monts sont des corruptions qui ne rappellent rien que de très vulgaire. N’est-ce pas une ironie honteuse de substituer “ un chat ” quelconque et des “ montagnes imaginaires ” à deux hommes illustres dans l’histoire de France et dans celle du Canada ?
“ Serail-il donc trop tard pour réparer cet oubli et populariser les vrais noms ? ” (1)
(1) Raphaël Bellemare, Bulletin des Recherches Historiques , vol. III, p. 28.
Cap (le la Magdeleine (Cliamplain)
Le Cap de la Magdeleine primitivement connu sous le nom de Cap des Trois-Rivières fut d’abord une mission de Sauvages de diverses nations converties à la vraie foi que les Jésuites amenèrent et voulurent fixer.
Ce terrain avait été donné aux Jésuites, le 20 mars 1651, par M. de la Ferté, abbé de la Magdeleine, au diocèse de Rouen, de l’ordre de Saint-Augustin.
C’est en l’honneur de l’abbé de la Magdeleine qui vivait à Paris et s’intéressait beaucoup aux missions du Canada, que les Jésuites nommèrent ainsi leur résidence.
Cap de la Victoire (Richelieu)
En 1610, les Montagnais et les Algonquins, avec l’aide de Champlain et de quelques Français, remportèrent, dans les environs de Sorel, une victoire signalée sur les Iroquois. C’est en mémoire de ce fait d’armes que l’on a désigné longtemps l’une des pointes voisines de Sorel, du côté de l’ouest.
Cap de Raye
On écrit indifféremment cap de Rhé ou cap Raye. Ce cap fut nommé Arraico par les Basques. Arraico veut dire poursuite ou approche.
Cap (l’Espoir (Gaspé)
“ Dans la Claspésie, à quelques milles du village de Percé, s’avance dans le golfe Saint-Laurent une sorte de promontoire auquel a été donné le nom de Cap (V Espoir.
“ Dans ces dernières années, on a trouvé moyen de faire subir une déformation à ce mot et d’inscrire sur les cartes anglaises Cape Despair, que certains
cartographes français se sont empressés de traduire par Cap du Désespoir.
“ Ce qui est plus grave, c’est que bon nombre de nos compatriotes se sont laissé prendre à cette nouveauté et ont contribué, en s’appuyant sur une légende apocryphe, à la faire passer dans le langage courant.
“ Récemment encore, un publiciste de distinction, dans une étude fouillée sur la Gaspésie, s’arrêtait avec complaisance sur cette appellation de Cap de Désespoir et entreprenait d’expliquer à son public que cet endroit avait été témoin de tant de naufrages qu’on avait voulu en fixer le souvenir dans la forme qui vient d’être indiquée. (1)
“ Nous n’entendons pas suspecter la bonne foi de qui que ce soit, mais la vérité a ses droits et le moins que l’on puisse dire c’est que les écrivains et les cartographes qui s’accrochent obstinément à cette appellation de Cap Désespoir font fausse route.
“ La preuve en est facile à faire.
“ C’est Jacques Cartier lui- même, le découvreur du Canada, qui baptisa du nom de Cap df Espérance le promontoire qu’il rencontra sur sa route en longeant la baie des Chaleurs. Cartier cherchait alors un passage à l’ouest et, se berçant de l’espoir d’arriver à cette découverte, il traça sur sa carte, en juillet 1534, le nom qui vient d’être mentionné.
“ Les cartographes qui vinrent après lui respectèrent cette appellation. Sur la carte de Pierre Desceliers qui date de 1546, on lit en toutes lettres Cap
(1) Il laut dire en toute justice que ce publiciste parait s’être appuyé sur l’opinion émise autrefois par M. l’abbé Ferland que ce qualificatif de “ Désespoir ” “ convenait à cette sinistre falaise dont, d’après la légende, les enfants sont attirés par les mystérieuses mélopées des sirènes, et par elles engouffrés aussitôt.”
d’Espoir. La carte de Gérard Mercator, publié en 1569, fait mention du Cap d’ Espérance, à l’entrée de la baie des Chaleurs. Ducreux, dans sa Tablia Novae Franciae, de 1660, imprime dans la langue latine “ Promuntarium Spei Nicolas Denys, dans sa Description géographique et historique de l’Amérique Septentrionale , année 1672, écrit : Cap d’Espoir. Sur la carte dressée en 1744, par N. Bellin, ingénieur et hydrographe de la marine, et publiée dans Y Histoire de la Nouvelle- France de Charlevoix, on fait également mention du Cap d’Espoir.
“ Voilà, il nous semble, des autorités qu’il est impossible de méconnaître et d’écarter du débat. Comment alors expliquer que Cape Despair ait survécu aussi longtemps, alors que les origines de ce nom sont si clairement déterminées ? C’est probablement l’effet d’une consonnance. Aux Anglais et aux Américains qui fréquentent, durant la saison estivale, la baie des Chaleurs et le golfe St-Laurent, les cicerone auront dit : “ C’est ici le Cap d’Espoir, et
ceux-ci et ceux-là, peu familiers avec notre langue, auront répété avec une petite variante : Cape Despair. ” (1)
Cape Cove (Gaspé)
Cap-Cove (Anse du Cap) est formé par le Cap d’Espoir.
Cap (les Rosiers, Saint-Albaii du (Gaspé)
Le Cap des Kosiers fut nommé ainsi, prétend l’abbé Ferland, parce que, autrefois, il était couvert de rosiers sauvages.
(1) Eugène Rouillard, Bulletin du parler français, vol. IV, p. 364.
Mgr Bossé n’est pas de cette opinion :
“ Quelques imaginations poétiques en attribuent l’origine aux rosiers sauvages qui couronnaient la cime du cap ; c’est trop poétique pour mériter croyance. En général, les anses et les caps de la Gaspésie ont pris les noms de ceux qui y ont fait naufrage, ou qui sont demeurés dans les environs. Il y a vers Rimouski, dans Saint-Thomas et ailleurs, des familles du nom de Desrosiers. Je serais porté à croire qu’un navigateur ou pêcheur de ce nom, ou s’est échoué, ou est demeuré dans les environs du cap qui a depuis porté son nom. Il faudrait alors écrire comme on prononce toujours en français : Cap Desrosiers. Au reste, c’est une supposition que je hasarde, mais les opinions sont libres.’’
Champlain donne raison à M. Ferland. Dans sa carte de 1632, il écrit en toutes lettres : Cap des Rosiers.
Cap-des-Rosiers fut mis sous le patronage de saint Alban, parce que le premier habitant de cet endroit se nommait Alban Bond.
Cap Maillard (Cliarlevoix)
La piété reconnaissante du peuple a attaché à ce promontoire h nom d’un vénérable prêtre des Missions Etrangères de Paris. Depuis longtemps l’oubli s’est fait autour de la mémoire de cet apôtre, qui a appuyé son bâton de missionnaire sur toutes ces plages, où son passage périodique était accueilli avec des larmes de joie et de bénédiction. Mais si son nom n’est guère plus prononcé ici que pour indiquer le Cap Maillard, son souvenir est encore vivace en plus d’un endroit du golfe, et surtout parmi les peuplades micmaques, au milieu desquelles il a passé une grande partie de sa vie. (1)
(1) L’abbé H. -R. Casgrain, Opuscules, p. 129.
Cap Pleureur (Gaspé)
Le Cap Pleureur fut nommé ainsi à cause des filets d’eau qui surgissent à divers points de sa surface. Aux premiers froids, ces filets, grossis par les pluies de l’ automne, se congèlent en prenant les formes les plus singulières. L’aspect général est celui de quatre colonnades superposées, variées de couleurs et diminuant en volume à mesure qu’elles approchent du sommet du cap. Le rang inférieur, formé par les sources les plus abondantes, présente d’énormes stalactites dont les enfoncements sont du plus bel azur. Au-dessus régnent deux galeries du blanc le plus pur, et dont les interstices sont remplis de sombres blocs de granit, de festons de mousse desséchée, d’arbrisseaux verts tranchants agréablement sur les nuances environnantes. Enfin, pour compléter le tout, d’innombrables clochetons aux reflets éclatants forment le digne couronnement de ce chef-d’œuvre divin. (1)
Cap Rouge (Gaspé)
Ce cap est coupé à pic et sa face rouge lui a valu son nom.
Cap Rouge, Saint-Félix du (Québec)
“ Le promontoire où est assis le vieux Québec forme l’extrémité orientale d’un plateau terminé, à l’ouest, par un cap, auquel la couleur de ses roches schisteuses a valu le nom de Cap Rouge, qui s’est étendu au val avoisinant, à sa jolie rivière et à la petite paroisse de Saint-Félix, érigée en 1862. (2)
(1) Rapport sur les missions du diocèse de Québec , mai 1872.
2) L’abbé H. -A. Scott, Notre-Dame de Sainte-Foy, tome I,
La paroisse du Cap»Rouge reçut saint Félix pour titulaire en l’honneur de Mgr Charles-Félix Cazeau, vicaire-général de Québec.
Cap Saint-Claude (Lévis)
Le notaire Claude Maugue acheta une terre dans les environs de ce cap, en 1677.
Cap Saint-Ignace (Montmagny)
Il y a au bord du fleuve Saint-Laurent, au centre de la paroisse, en face de l’île aux Grues, un petit cap, formant presqu’île, qui porte le nom de Cap Saint-Ignace. Ce nom lui fut-il donné par un Jésuite en mission ? La chose est possible quoique dans la liste des premiers missionnaires et curés de Saint- Ignace du Cap Saint-Ignace, on ne rencontre pas un seul Jésuite.
Peut-être ce nom lui vient-il du seigneur Vincelotte? Dans l’acte de mariage de Jean Bossé, en 1734, on voit comme témoin M. de Saint-Ignace de Vincelotte et il signe : Vincelotte Saint-Ignace.
Quoiqu’il en soit, ce nom ne tarda pas à s’étendre aux établissements qui se formèrent dans les environs, et, le 30 octobre 1678, lorsque Mgr de Laval érigea la paroisse, il lui donna une sanction officielle. Aussi quand Mgr de Saint-Vallier, le 3 octobre 1700, nomma M. Louis Mathieu, premier curé résidant, il l’intitula : “ curé de Saint-Ignace du Cap Saint- Ignace.” (1)
Cap Santé (Portneuf)
A partir de Portneuf en remontant, le rivage du Saint-Laurent s’élève graduellement jusqu’à un
(1) L’abbé N. -J. Sirois, Mono;/ rapide de Saint -Iyncice du Cap Saint-Ignace, p. 7.
endroit où l’élévation atteint soudainement une hauteur de plus de 150 pieds au-dessus du niveau de la rivière. Cette élévation prit probablement le nom de Cap Santé à cause de la salubrité de son climat.
Cap Tourmente (Montmorency)
C’est Champlain qui nomma ainsi le cap Tourmente : “ De l’isle aux Coudres, écrit-il, costoyans la coste fusmes à un cap, que nous avons nommé le cap de tourmente qui en est à cinq lieues et l’avons ainsi nommé d’autant que pour peu qu’il fasse de vent la mer y esleve comme si elle estait plaine. En ce lieu l’eau commence à estre douce.”
Cap Trinité (Saguenay)
On a donné au cap Trinité son nom parce qu’il est en réalité formé de trois caps égaux de taille et d’élévation, dont le premier comprend également trois caps disposés en échelons et formant comme trois étages superposés.
Capelton, Précieux-Sang de (Sherbrooke)
Le fils d’une dame ayant fait un mauvais coup, celle-ci pour en conjurer l’effet fit don d’une certaine somme à Mgr Racine, évêque de Sherbrooke, avec prière de mettre la première mission ou paroisse qu’il établirait sous le patronage du Précieux-Sang.
Capse (Portneuf)
Mgr Bailly de Messein, coadjuteur de l’évêque de Québec et évêque de Capse, fut longtemps curé de la Pointe-aux-Trembles.
Caplan, Saint-Charles de (Bonaventure)
Le nom de Caplan vient de la rivière principale qui coule dans cette paroisse. Ce nom a été donné
à cette rivière par les voyageurs de Carleton qui, dans leurs courses, trouvèrent, campé à son embouchure, sur le rivage, un sauvage du nom de Jean Capland.
Quant au titulaire, saint Charles, Mgr Langevin, évêque de Rimouski, le choisit, en 1877, pendant sa visite pastorale, en fixant le site de l’église. On présume que ce fut en l’honneur de Mgr Chafles-François Baillargeon, archevêque de Québec, qui avait organisé ce territoire en mission et y avait fait bâtir la première chapelle en 1865.
Capucins, Saint-Paul des (Matane)
Sur le rivage de la rivière Grand-Capucin qui, avec la rivière Petit-Capucin, a donné son nom à la paroisse des Capucins, il y a, paraît-il, un rocher qui, vu de loin, ressemble à un capucin drapé dans sa cagoule et coiffé de son capuchon.
Cariicnan, Canton (Cliamplain)
C’est en 1665 que le régiment de Carignan- Salières, qui s’était distingué contre les Turcs dans la Hongrie, arriva dans la Nouvelle-France. La plupart des officiers et soldats de ce beau régiment s’établirent dans notre pays.
Carillon (Argrenteuil)
“ Au bas du Long-Sault, côté nord de la rivière Ottawa, un peu au-dessus du lac des Deux-Montagnes, il y a un endroit appelé Carillon.
“ Un officier du régiment de Carignan, qui se nommait Carrion, resta dans le pays lorsque le régiment retourna en France, et obtint une concession de terre au lac des Deux-Montagnes, ou peut-être à la pointe de F île de Montréal, avec privilège de faire la
traite des pelleteries. On le voit dans ces lieux à partir de 1670. N’aurait-il point trafiqué au bas du Long-Sault ? ce qui lui était facile, et de là son nom serait resté au site où il rencontrait les Sauvages, en épargnant à ceux-ci un trajet de deux journées.
“ Faute de preuve directe, ce rapprochement de faits semble bien transformer Carillon en Carrion. ” (1)
Carletou (Bonaveuture)
Après la dispersion des Acadiens, quelques familles, originaires de Tracadie, allèrent s’établir à l’endroit connu aujourd’hui sous le nom de Carletou. Elles le nommèrent Tracadigetche, ou petite Tracadie.
Les Anglais, généralement, déplacent les anciens noms pour en substituer de nouveaux d’origine anglaise et qu’ils articulent plus facilement. Aussi, remplacèrent-ils Tracadigetche par Carletou, en l’honneur de sir Guy Carleton, plus tard lord Dorchester.
Caron, Canton (Lac Saint-Jean)
En l’honneur du grand-vicaire Thomas Caron, un . des fondateurs de la Société de Colonisation du Saguenay en 1845.
Cartier, Canton (Joliette)
Sir George-Etienne Cartier.
Cartierville (Jacques-Cartier)
Cette municipalité a emprunté son nom du découvreur du Canada, Jacques Cartier.
Casault, Canton (Matane)
Sir L.-N. Casault, juge en chef de la Cour Supérieure de la province de Québec.
(I) Benjamin Suite, Bulletin des Recherches Historiques , vol. I,
Caseapédiac (Bonaventure)
Cascapédiac a pris son nom de la Grande Rivière Caseapédiac qui coule dans les environs. Les Micmacs avaient probablement nommé cette rivière ainsi à cause de ses courants rapides et forts, car le mot Cascapédiac, corrompu de Sâkpêdeak, veut dire “ forts courants.” (1)
Casgrain, Canton (Islet)
M. Eugène Casgrain, seigneur de l’Islet.
Caskitshipiskotsiskat, Bivièré (Labrador)
Des mots montagnais shitshi, épais, serré ; pishkutshu, troncs ; et shikau, fourré, buisson. On peut traduire ce mot par : ici il y a un épais fourré.
Catheart, Canton (Joliette)
Charles Murray, comte de Catheart, administrateur puis gouverneur du Canada.
Catsinogamow, Bivière (Labrador)
Du montagnais Katshiwakamits, le lac long, la rivière longue.
Caneliou, Canton (Montmorency)
L’honorable Joseph Cauehon a été député de Montmorency.
Caughuawaga, Saint-François-Xavier (Laprairie)
“ La première mission iroquoise dans les environs de Montréal fut établie à Laprairie en 1667 par le Père Raffeix. C’est Mgr de Laval qui la mit sous le patronage de saint François-Xavier. Aujourd’hui
(1) Transactions of Literary and Historical Society of Quebec,
vol. III, p. 270.
les Iroquois appellent la première station de leur mission : Kentake, c’est-à-dire “ A la Prairie. ”
“ En 167G, la mission fut transférée à cinq quarts de lieue plus haut, sur le fleuve, près de la rivière du Portage. Ce site fut illustré par les vertus et la mort de Catherine Tekakwitha. La tradition locale a tiré partie de cette circonstance pour indiquer l’endroit de cette deuxième station : Kateri tsi tkaiatat, c’est-à-dire “ Où Catherine fut enterrée. ”
“ En 1679-80 le Père Frémin, missionnaire des Iroquois, fit en France un voyage très important pour la mission. Il revint avec les titres de concession de la terre nommée le Sault. A cette époque la mission est désignée par les Iroquois : “ Kalmawake ”, c’est-à-dire Au Sault, au Rapide.
“ En 1689, les Iroquois allèrent, sous la direction du Père Bruyas, établir une nouvelle station à une demi-lieue plus haut que la précédente. C’était au pied des Rapides, mais toujours appelé “Kahnawake”, c’est-à-dire Au Rapide, par les sauvages d’alors, “ Kahnawakon ”, c’est-à-dire Dans le rapide, par ceux d’aujourd’hui pour ne pas confondre avec Kahnawake actuel, Caughnawaga. Les Français appelaient encore ce troisième poste “ le Sault ” ou “ Saint- François-Xavier du Sault. ”
“ En 1696, nouvelle migration causée comme les précédentes par l’appauvrissement du sol, à une demilieue plus haut ; c’est à l’endroit qui sépare aujourd’hui la paroisse de Laprairie de la mission de Caughnawaga. Les Iroquois appellent aujourd’hui cet endroit “ Kanatakwenke ”, c’est-à-dire On a enlevé le village de là. Evidemment ce nom a été donné post eventum ; et la mission avait changé de site, en
gardant le nom qu’elle portait depuis l’établissement de 1676.
“ Ce n’est qu’en 1712, que la mission est nommée pour la première fois, dans les catalogues : “ Ad saltum Sti Ludovici, nom qui a remplacé du temps des Français 'tous les précédents, nom encore officiel aujourd’hui, quant à la province de Québec. Les Anglais ont introduit le nom iroquois mal orthographié de Caughnawaga ; ils auraient mieux fait de dire et d’écrire comme les Iroquois eux-mêmes Kahnawake.” (1)
Causapscal, Saint-Jacques tle (Matane)
Causapscal signifie en micmac “ pointe rocheuse.” D’autres prétendent que ce mot se traduit plutôt par “ eau rapide.” La rivière Causapscal est, en effet, très rapide.
C’est Jacques Smith, un des premiers colons de l’endroit, qui a donné son nom à Saint-Jacques de Causapscal.
Caxton, Saint- El ie de (Saint-Maurice)
Caxton, petite ville à une dizaine de milles de Cambridge, Angleterre.
Caxton fut érigé en paroisse le 4 février 1865, par Mgr Cooke, évêque de Trois-Rivières. Il donna saint Elie pour patron à la nouvelle paroisse en l’honneur de M. J.-Elie Sirois, ancien curé de Saint-Barnabé,
premier missionnaire de Saint-Elie.
Cawasliagemits, Lac (Labrador)
Le lac clair.
L’abbé J .-G. Forbe->, Bulletin des Recherches Historiques , vol. V p. 131.
Cawood, Canton (Pontiac)
Cawood est une petite ville du comté de York, Angleterre.
Cedar Hall (3>latane) •
La gare du chemin de fer Intercolonial à Saint- Pierre du Lac porte le nom de Cedar Hall. Ce nom fut donné à la première maison qu’un nommé Grant éleva en cet endroit, dans la forêt, près d’une carrière d’où l’on tirait la pierre nécessaire à la construction des ponts de l’ Intercolonial. De la maison le nom passa à tout le territoire qui l’environnait.
Cèdres, Les (Soulanges)
O11 a appelé Saint- Joseph de Soulanges “ Les Cèdres,” parce que à une certaine distance du village, il y avait deux gros cèdres sous lesquels se donnaient rendez-vous les bateliers très nombreux en ce temps-là, qui voyagaient entre Montréal et Kingston.
Chabot, Canton (Kamouraska)
L’honorable Jean Chabot, ministre des travaux publics, puis juge de la Cour Supérieure.
Chaloupe, La (Labrador)
“ D’ou vient le nom de “ La Chaloupe ” donné à ce hameau ? On m’explique qu’il y a là une rivière d’un plus fort volume que la rivière aux Graines, et qui s’appelle précisément rivière Chaloupe. Et l’on ajoute, avec une entière bonne foi, que les embarcations de ce nom, très employées en ces parages, trouvaient là un havre excellent où elles accouraient en foule, et que cela fait parfaitement comprendre pourquoi l’on a donné à la rivière son nom de Cha-
loupe. Voilà toujours bien une étymologie qui ne doit rien aux Grecs, ni aux Romains.” (1)
Cliamfoly
Avant d’entrer en campagne, en 1665, M. de Tracy fit élever plusieurs forts en bois sur la rivière Richelieu qui était la principale voie de communication. L’un de ces forts fut élevé au pied du Sault de Richelieu. Il fut construit en août 1665 sous les ordres de Jacques de Chambly, capitaine au régiment de Carignan-Salières. Pendant la semaine où l’Eglise célébrait la fête de saint Louis, le fort étant terminé, l’aumônier, le Père Jésuite Chaumont, offrit le saint sacrifice de la messe en présence du capitaine de Chambly et de ses hommes. La chapelle et le fort furent alors mis sous les auspices du saint roi de France.
Sept années après la construction du fort Saint- Louis, le 29 octobre 1672, l’intendant Talon concédait au capitaine de Chambly “ la quantité de six lieues de terre de front sur une lieue de profondeur, à prendre sur la rivière Saint-Louis, savoir : trois lieues au nord de la dite rivière (deux lieues en deçà du fort qui y est basty et une lieue au-delà) et trois lieues au sud de la dite rivière.” De cette époque le fort et la concession accordée à son commandant furent connus sous le nom de Chambly.
Comme on le voit l’origine du nom est bien simple. Un étymologiste a cependant trouvé moyen d’épiloguer. “ La vallée du Richelieu, écrit-il, est un des endroits du Canada où le blé vient le plus en abondance. Son nom de Chambly lui vient de
(l) L’abbé Victor- A. Huard, Labrador et Anticosti, p. 145.
Champ d'blé. On a voulu indiquer par là la fertilité de son sol.” (1)
Chambord (Lac Saint- Jean)
Le comte de Chambord décédé le 20 août 1883 fut le dernier représentant de la branche aînée des Bourbons. En 1876, il refusa le trône de France pour ne pas sacrifier le drapeau blanc.
Cliamoucliouane, Canton (Lac Saint-Jean)
Chamouchouane vient du montagnais ashuapamushuan, guet à l’orignal.
Chainpigny, Canton (Chicoutimi)
Jean Bocliart de Champigny, intendant de la Nouvelle-France.
Champlain
Un comté, des paroisses, des villages, des rivières, des lacs, etc., etc., dans la province de Québec, rappellent le souvenir du fondateur de Québec.
Cliannay (Compton)
Channay a été établie grâce à des capitaux fournis par des Français de France. Le nom de la nouvelle colonie fut choisi par les administrateurs de la Compagnie Nantaise, en souvenir de Channay, Indre et Loire, pays d’origine de M. J.-A. Chicoyne, député de Wolfe, le principal organisateur de cette Compagnie.
Chapais, Canton (Kamouraska
L’honorable Jean-Charles Chapais, députe de Kamouraska et ministre des travaux publics de la province du Canada.
(i) Canadian Antiquarian, juillet 1878.
'Chapeau (Pontiac)
Ce village, situé dans l’île des Allumettes, prend son nom d’un rocher dans les rapides de la rivière Ottawa, qui a la forme d’un chapeau.
Chapleau, Canton (Maskinongé)
Sir Adolphe Chapleau, premier ministre de la province de Québec, ministre fédéral, puis lieutenant-gouverneur de la province.
Cliarlemag-ne (l’Assomption)
En l’honneur de M. Charlemagne Laurier, député de l’Assomption au Parlement du Canada.
Charlesbourg' (Québec)
Les premiers habitants de cette paroisse s’établirent non loin de la ligne de séparation entre Charlesbourg et Beauport. Ils donnèrent au lieu qu’ils avaient choisi le nom de Bourg-Royal. Ce fut près de là, dans un lieu qu’ils appelèrent Bourg la Reine, que ces premiers habitants bâtirent la première chapelle de la paroisse.
Les Jésuites, auxquels les terres de Bourg-Royal avaient été données en fief par le duc de Ventadour, vici-roi de la Nouvelle-France, le 10 mars 1626, et qui par conséquent, en étaient les seigneurs, concédèrent ces terres et les firent tracer, comme à Bourg- Royal, en triangles dont le sommet allait aboutir au lieu où est l’église aujourd’hui et où est bâtie une petite chapelle qui remplaça celle de Bourg-Royal. Cette nouvelle chapelle fut dédiée à saint Charles.
On tira a une petite distance du sommet de tous ces triangles un trait-carré sur lequel on fit un chemin qui porte encore aujourd’hui le nom de Trait- Carré. Les nouveaux habitants placèrent leurs
demeures eu dedans ou en dehors de ce Trait-Carré et formèrent le village de Charlesbourg dont le nom s’étendit à toute la paroisse. (1)
Cliarlevoix
Le célèbre Père Jésuite Cliarlevoix a séjourné dans notre pays. Il a publié une Histoire de la Nouvelle- France très estimée.
Charny, Notre-Dame de (Lévis)
Charny est dans la seigneurie de Lauzon.
Jean de Lauzon, sieur de Charny, troisième seigneur de Lauzon, et grand sénéchal de la Nouvelle- France, fut tué par les Iroquois le 22 juin 1661.
Cliartierville (Compton)
Chartierville a été nommé ainsi en l’honneur de M. l’abbé J.-B. Chartier, qui, en 1870, à la tête d’une délégation delà société de Colonisation de Saint- Hyacinthe et de Bagot, explora le canton de Emberton pour y établir la nouvelle paroisse.
Châteauguay
C’est le 29 septembre 1673 que le gouverneur de Frontenac concéda la seigneurie de Châteauguay à Charles LeMoyne de Longueuil. Celui-ci donna le nom de Châteauguay à sa seigneurie en souvenir de la commune de Châteauguay, en France. Cette commune fait aujourd’hui partie du département de Puy-de-Dôme.
Château- Richer (Montmorency)
Le nom de Château-Riclier aurait été donné à ce lieu, suivant une note de feu M. Bédard, supérieur
(1) L’abbé Charles Trudelle, Paroisse de Charlesbourg, p. 11.
du séminaire de Québec, parce qu’un Sauvage ou un Français à demi-sauvage, appelé Richer, aurait établi sa demeure dans le tronc d’un gros arbre, placé sur le cap où est située l’église de ce lieu, et se serait plu à nommer cette singulière habitation son château. (1)
M. Edmond Rousseau raconte l’origine du nom de cette paroisse avec une légère variante : “ En
1636, écrit-il, la seigneurie de la Côte de Beaupré fut concédée au sieur Cheffault de la Regnardière. Ce seigneur fit passer dans sa seigneurie un grand nombre de colons, la plupart s’établirent à l’endroit connu sous le nom de Petit Pré. Parmi ces colons se trouvait un vieux garçon cordonnier Nestor Richer qui se bâtit une espèce de hutte à l’endroit où se trouve précisément le presbytère aujourd’hui. En peu de temps, la petite colonie fit des progrès et l’on vit surgir ça et là de coquettes maisons construites avec la pierre qui abonde dans ces parages. Mais Richer, un peu excentrique comme tous les vieux garçons, très avare d’ailleurs, resta attaché à sa hutte. En dépit des railleries de ses concitoyens, qui ne désignèrent plus son modeste réduit que sous la qualification ironique de “ Château Richer ”, il y demeura jusqu’à sa mort. Le nom en est resté à la paroisse.” (2)
“ On lit dans une lettre inédite de Mgr de Laval à M. Dudouyt, en date du 6 novembre 16S3 : “ Puisque la Providence a voulu lui inspirer (à M. Poitevin, curé de Saint-Josse, et grand vicaire de Mgr de Laval en France) de vous résigner son
(1) L’abbé Ferlant! : Notes sur les registres de Notre-Dame de Québec . p. 54.
(2) Le château de Beaumanoir, p. 3.
prieuré de Château-Richer, nous avons sujet de l’en bénir . (1)
Le nom de la paroisse de Château-Richer n’auraitil pas quelque rapport d’origine avec celui du prieuré de M. Poitevin ? Nous avouons n’avoir jamais eu une grande confiance dans l’histoire d’un nommé Richer qui aurait établi sa demeure dans le tronc d’un arbre.
Châteauvert (Portueuf)
On donne très souvent le nom de Châteauvert à la paroisse de Saint-Marc des Carrières parce que le bureau de poste est tenu par M. Georges Châteauvert, marchand et propriétaire de carrières.
Chatham, Canton ( Argenteull)
Chatham est une ville fortifiée d’Angleterre.
William Pitt, comte de Chatham, n’est peut-être pas étranger au choix de ce nom de Chatham.
Chaudière, Cliute de la
Champlain écrit en 1613 :
“ Nous passâmes un Sauta une lieue de là, qui est large de demie lieue, et descend de 6 à 7 brasses de haut. Il y a quantité de petites îles qui ne sont que rochers âpres et difficiles, couverts de méchants petits bois. L’eau tombe à un endroit de telle impétuosité sur un rocher, qu’il s’y est cavé par succession de temps un large et profond bassin : si bien que l’eau courant là dedans circulairement, et au milieu y faisant de gros bouillons a fait que les Sauvages l’appellent Asticou, qui veut dire chaudière. Cette chute d’eau mène un tel bruit dans ce bassin, que l’on l’entend de plus de deux lieues ’.
(1) L’abbé Auguste Gosselin, Henri de Bernières, p. 4q.
Cliauveau, Canton (Cliarlevoix)
L’honorable Pierre-Joseph-Olivier Chauveau fut chargé de former le premier gouvernement de la province de Québec sous le régime de la Confédération.
Cliavigny, Canton (Portneuf)
Le sieur Chavigny de Berchereau s’était fait concéder un fief dans le comté actuel de Portneuf.
Chegobicli, Lac (Labrador)
Ushukupish, pays du canard.
Chelsea (Ottawa)
Ville du comté de Middlesex, Angleterre.
Chemin Craig
Le chemin Craig ou Craig’ s Road part de Saint-Gilles, comté de Lotbinière, et va aboutir à la rivière Saint-François. Ce chemin fut commencé par l’arpenteur Jos. Kilborne et terminé en 1809 par ordre de sir James-Henry Craig. Pendant l’administration de Craig, des détachements de troupes furent employés a travailler à ce chemin et à y construire des ponts. (1)
Chemin des Anglais (Montmagny)
Le chemin des Anglais traverse plusieurs cantons ou plutôt fait la borne de ceux qui sont échelonnés sur la ligne provinciale. C’est un chemin que les commissaires nommés pour tracer la ligne provinciale en vertu du traité Ashburton avaient pratiqué pour faire transporter hommes et provisions lorsqu’ils travaillaient à faire cette ligne. Les colons ont con-
(1) Note de M. l’abbé Bois.
tinue ci s en servir et 1 ont nommé ainsi en souvenir de ceux qui le tracèrent. (1)
Chemin des Caps (Montmorency)
Le chemin des Caps fait communiquer Saint- Joachim avec Saint-François-Xavier de la Petite- Riviere. Il traverse un espace d’environ six lieues de pays stériles et montagneux.
Chemin Gomin (Québec)
Vers 1660, M. Gomin, médecin et botaniste, se construisit une résidence à Sillery pour y étudier à loisir la flore singulièrement variée de ce lieu.
C’est M. Gomin qui a donné son nom au chemin Gomin, dont il est si souvent question dans les relations du siège de Québec. (2)
Chemin Gosford
Le chemin Gosford part du fleuve Saint-Laurent et longe la rivière Beaurivage jusqu’à Saint-Gilles, d’où il va rejoindre le chemin Craig. Ce chemin fut fait en 1847 et nommé ainsi en l’honneur de lord Gosford.
Chemin Gouin
C’est l’honorable M. Gouin qui a doté la région du Nord de Montréal de ce chemin si utile à la colonisation.
Chemin Kempt
Le chemin Kempt, qui conduisait de Grand Métis à Ristigouche, a été tracé vers 1830. Il fut nommé ainsi en l’honneur de sir James Kempt.
(1) Note de M. l’abbé Bois.
(2) Sir J. -M. Lemoine, Album du touriste, p. 99.
Chemin Papineau (Montréal)
Le notaire Papineau avait acheté une terre de Pierre Monarque et y traça un chemin pour raccourcir la distance entre Montréal et le Sault-au-Récollet.
Chemin Taché
C’est sir Etienne-Paschal Taché qui fut l’inspirateur et le promoteur du chemin Taché.
Chenal du Moine
Lemoine dit Despins,' propriétaire d’une terre dans les environs du Chenal du Moine, entre 1685 et 1709, paraît avoir donné son nom au Chenal du Moine. (1)
Chenal Tardif (Yamaska)
La rivière Tardif est un des chenaux de la rivière Saint-François ; elle porte de nos jours le nom de chenal Tardif. On l’appelait aussi Cinquième Rivière, parce que l’on comptait, depuis les Trois- Rivières les rivières Marguerie, Godefroy, Nicolet et le chenal de la rivière Nicolet appelée aussi de la Ferme. On lui a aussi fait porter le nom de Chena l en avant. Il est situé à cinq lieues de Sorel. Son nom doit avoir été emprunté à Olivier Le Tardif, interprète, traiteur, commis-général des Cent- Associés, qui, de 1640 à 1665, figurait dans le commerce de pelleteries sur le Saint-Laurent.
Chénier, Canton (Rimouski)
Le patriote Jean-Olivier Chénier tué à Saint- Eustache pendant le soulèvement de 1837.
(1) Benjamin Suite, Histoire de Saint -François du Lac, p. 87.
Cherbourg, Sept-Frères de (Matane)
Cherbourg est une ville fortifiée de France. Le principal arsenal de la marine française est dans le port de Cherbourg.
La paroisse des Sept Frères de Cherbourg a été démembrée de la paroisse de Sainte-Félicité.
Félicité, grande dame romaine, élevait ses enfants dans les sublimes maximes du christianisme. Sur la dénonciation des prêtres des idoles, le préfet de Rome se fit amener Félicité et ses enfants. Malgré tous ses efforts, il ne put gagner Félicité et ses courageux enfants à sacrifier aux faux dieux.
La mère et les enfants furent condamnés à des supplices différents. Janvier, l’aîné, fut fouetté avec des cordes plombées, jusqu’à ce qu’il expirât. Félix et Philippe, le second et le troisième, furent tués à coups de massue. Sylvain, le quatrième, fut jeté la tête en bas dans un précipice. Les trois plus jeunes, Alexandre, Vital et Martial, eurent la tête tranchée. Quant à sainte Félicité, leur mère, elle fut décapitée.
Chertsey, Saint-Théodore de (Montcalm)
Ville du comté de Surrey, Angleterre.
Le chanoine Théodore Plamondon porta un intérêt particulier à l’établissement du canton de Chertsey, aussi lorsqu’il s’agit d’y fonder une paroisse on s’empressa de la mettre sous le vocable de saint Théodore.
Chesham, Notre-Dame des Bois de (Compton)
Chesham est une commune du comté de Buckingham, Angleterre.
Chester, Sainte-Hélène de (Arthabaska)
Chester, ville importante du Cheshire, en Angleterre.
Cliibougamou, Lac
L’eau est arrêtée, bloquée. L’endroit où le lac Chibougamou se décharge est tellement étroit qu’on dirait qu’il est fermé.
Chicane (Saint-Maurice)
Lors des premiers établissements de cette localité, un particulier eut un dimanche maille à partir avec un sauvage et quand on voulait désigner cet endroit on disait l’endroit de la grosse chicane. (1)
Cliichester, Canton (Pontiac)
Chef-lieu du comté de Sussex, Angleterre.
ChScoutiini
Chicoutimi, d’après Mgr Laflèche, serait composé des mots cris ishto, jusque-là, et timew, c’est profond.
Shekotimiu, dit le Père Charles Arnaud, veut dire les eaux sont profondes comparées aux autres rivières.
* 1 Chicoutimi, écrit à son tour le Père Babel, a dû être tiré de la langue montagnaise et non pas de la langue des sauvages cris qui vivent dans le Nord- Ouest. Le mot de Chicoutimi vient des deux mots montagnais tcheko (enfin), timi (profond). Les sauvages, descendant du lac pour se rendre à Tadoussac, en arrivant au bas de la battue, devaient naturellement pousser ce cri : oh ! tcheko timi, enfin c’est profond. Le t se faisant très peu sentir a disparu par l’usage. Quant à la terminaison mis, mits, mitch, elle ne change pas le nom ; elle indique seulement le locatif. Ainsi on dit : la ville de Chicoutimi, je vais à Chicoutimits, je viens de Chicoutimits, je reste à Chicoutimits ou mieux encore, pour lui con-
(1) Note de M. l’abbé Bois.
server sa vraie orthographe; Tshekotimits. Ces variantes dans la terminaison viennent d’une règle
de grammaire.”
On trouve le mot Chicoutimi écrit de treize manières dans les divers ouvrages qui en ont parlé : Chegoutimy, Chekoutimy, Chicoutimy, ChagStimi, ChakStimitch, Chikoutimi, Chek8timitch, ChikStimitch, ChegStimi, Shekatimi, Shegutimi, Checoutimi et Chicoutimi universellement reçu aujourd’hui. (1)
Cliicn Blanc (Gaspé)
Saint-Georges de la Malbaie était autrefois désigné sous le nom de Chien-Blanc. Jusqu’à ces dernières années, à quelques arpents plus bas que la pointe à la Baleine qui est vis-à-vis l’église de Saint-Georges de la Malbaie, incrusté dans la falaise rouge coupée à pic, on voyait un gros morceau de granit ou quartz blanchâtre qui ressemblait à un chien. A une certaine distance, la ressemblance était frappante. De là vi.ent sans doute le nom de Chien-Blanc appliqué à l’endroit. Une partie de cette curieuse incrustation s’est éliminée sous l’action de l’eau et de la gelée. La ressemblance avec un chien n’existe guère plus.
Cliiltou, Canton (Montcalm)
Deux villages d’Angleterre portent le nom de Chilton.
Chipayk (Ottawa)
Il y avait là autrefois un cimetière de Sauvages. Chipayk, en langue indienne, signifie cimetière. (2)
(1) Livius, Y Oiseau- Mouche, 21 novembre 1896.
(2) Note de M. l’abbé Bois.
Cliristie, Canton (Gaspé)
Robert Christie, député de Gaspé à la Chambre d’ Assemblée pendant plus d’un quart de siècle.
Cliristie’s Manor (Missisquoi)
En l’honneur de Gabriel Christie.
Church, Canton (Pontiac)
L’honorable Lévi-Ruggles Church, trésorier de la province de Québec. ,
Chute-aux-Iroquois (Ottawa)
La paroisse de Labelle, à quinze milles de Saint- Jovite, ne porte ce nom que depuis la mort du grand apôtre de la colonisation, fondateur de ce pays. Ce village s’appelait auparavant la Chute-aux-Iroquois, à cause de la fameuse cascade de la rivière Rouge sur laquelle il est bâti. Rien n’est beau comme cette chute capricieuse et puissante qui tombe de treize pieds et bouillonne à travers les rochers jusqu’à ce qu’elle aille se perdre dans la profondeur d’un large bassin.
Chutes des Chats (Ottawa)
Tous les jours, les livres et les journaux anglais corrompent des noms français dont les syllabes se prononcent facilement en anglais : les chutes des Chats sont devenues The Shctws, et ce terme passe pour désigner une prétendue famille écossaise habitant le voisinage des chutes. (1)
Ces chutes doivent leur appellation aux chats sauvages, autrefois très nombreux dans les environs.
(1) Benjamin Suite, Saint- François du Lac, p. 71.
Cimou Canton (Chtcoutimi)
M. Simon-Xavier Cimon, député de Charlevoix de 1867 à 1872.
Ciapham, Canton (Pontiac)
Le canton Clapham a pris son nom d’un marchand de l’endroit.
Clarenceville (Missisquoi)
C’est le général Christie qui nomma ainsi cette paroisse en l’honneur de William-Henry, duc de Clarence, fils du roi Georges III, qui visita le Canada en 1787.
Clarendon, Canton (Pontiac)
Clarendon était autrefois, en Angleterre, le parc de chasse favori des rois.
Clarke City (Labrador)
Les frères Clarke, riches capitalistes des Etats- Unis, sont les fondateurs de cette ville embryonnaire.
Cleveland, Canton (Richmond)
En 1855, le gouvernement détachait sept rangs du canton Shipton et formait un nouveau canton qui fut nommé Cleveland, à la demande de George-Nelson Cleveland, grand propriétaire résidant dans les limites de Shipton.
Clifton, Sainte-Htdwidge de (Compton)
Clifton est un des faubourgs de la division parlementaire de Bristol, en Angleterre.
Clifton reçut sainte Hedwidge pour titulaire parce qu’elle fut érigée le jour où l’Eglise célèbre la fête de cette sainte.
Clinton, Canton (Coniptou)
Les villes et villages de ce nom se comptent par centaines en Angleterre et aux Etats-Unis. Mais le canton Clinton a pris son nom du général sir Henry Clinton, qui remplaça sir William Howe comme commandant en chef de l’armée anglaise dans la guerre de l’Indépendance.
Clcri dorme (Gaspé)
Sur l’origine du nom de Cloridorme il y a deux versions. Un pêcheur de Saint-Thomas de Montmagny, nommé Leclerc, s’en allait avec plusieurs compagnons, regagnant ses pénates par terre, la saison de la. pêche finie. Le premier campement qu’il fit fut à l’endroit où s’élève aujourd’hui Sainte- Cécile du Cloridorme. Il se construisit une cabane à la hâte. De grand matin, quelques-uns de ses compagnons allèrent ramasser du bois. En revenant, ils appelèrent leur ami de loin. Pas de réponse. Alors l’un d’eux qui parlait mal, dit Leclerc, y dorme. Ce qui fut trouvé si drôle par ses compagnons qu’ils baptisèrent cet endroit du nom de Le Cleridorvie.
Autre interprétation plus probable. Sur certaines cartes on lit au lieu de Cloridorme, Cloridon. Un des premiers habitants de ce poste, natif de Saint- Thomas de Montmagny, se nommait Cloridon Côté. Comme on ne le désignait que par son nom de baptême, ce nom fut donné au lieu où il s’était fixé. Ce qui donne plus de poids à cette opinion c’est que les anciens habitants de Sainte-Cécile de Cloridorme ne prononcent pas Cloridorme mais Cloridon.
Clyde, Canton (Ottawa)
Qui n’a entendu parler de la Clyde, la plus importante rivière d’Ecosse ?
C'oacoaclio, Rivière (Labrador)
Rivière au ravin.
Coaticooke (Stanstead)
Coaticooke est formé de deux mots abénakis : koa, pin, et tegiu ou ttew, rivière : rivière du pin ou rivière des pins. Ce nom a sans doute été donné à la rivière Coaticooke à caiise du grand nombre de pins qui se trouvaient autrefois sur ses bords, ou encore un pin tout à fait remarquable à l’embouchure de cette rivière aurait pu inspirer cette appellation aux habitants d’alors.
Coknigan (Nieolet)
Ce nom sauvage a’^été quelque peu défiguré. C’est Ounigan qu’il faudrait dire. Ounigan signifie le lieu où l’on fait portage pour aller au lac Saint- Pierre.
Colbert, Canton (Portneuf)
Le grand Colbert s’est beaucoup intéressé à la colonisation de la Nouvelle-France.
Coleraine (Mégantic)
Coleraine est une ville du comté de Londonclerry, Irlande.
Colonie du Repatriement (Compton)
Le territoire qu’on est convenu d’appeler la Colonie du Repatriement est formé des trois cantons de Ditton, Chesham et Emberton. Ce nom lui vient de ce que le gouvernement de Qucbec choisit, en 1875, ces trois cantons pour y mettre en opération la loi (Acte 38, Vict., chap. 3) destinée à favoriser le retour au pays natal des Canadiens émigrés aux Etats-Unis.
Como (Vaudrewil)
Cette villégiature recherchée a pris son nom du lac Como, en Italie. Il faut croire que celui qui la nomma ainsi trouvait à l’endroit en question une certaine ressemblance avec les environs du lac Como.
Comporté, Rivière (Cliarlevoix)
Philippe Gautier, sieur de Comporté, fut le premier prévôt de la maréchaussée en la Nouvelle- France. Il fut nommé le 9 mai 1677. C’est à lui que la seigneurie de la Malbaie fut d’abord concédée.
Compton
Deux villages d’Angleterre portent le nom de Compton ; l’un est dans le comte de Burks, l’autre dans le comté de Surrey.
Conception, La (Ottawa)
Le titulaire de cette paroisse est l’immaculée Conception. On abrège ce nom en la Conception.
Contrecœur, Très-Sainte-Trinité de (Verclières)
Contrecœur était du nombre des douze seigneuries qui furent cédées aux officiers du régiment de Carignan. Ce fief fut accordé à François-Antoine de Pecaudy, sieur de Contrecœur, qui avait épousé à Québec, en 1667, Barbe Den}rs de la Trinité. Et c’est vraisemblablement le nom de cette dernière qui a été cause que la paroisse de Contrecœur fut érigée sous le vocable de la Très-Sainte-Trinité. (1)
Cook’s Corners (Missisquoi)
Le premier colon était un nommé Cook.
(1) Le diocèse de Montréal à la fin du dix-neuvième siècle, p. 461.
lo t
Cooksliire (Compton)
Cookshire a pris son nom du capitaine John Cook, un des premiers habitants de l’endroit.
Cornwallis
Nom du comté de Kamouraska, avant la nouvelle division de la province, en 1829. Le marquis de Cornwallis se distingua dans la guerre avec les Etats- Unis, surtout par la victoire qu’il remporta, en 1780, sur Camden et sur Greene, à Guilford, en 1781. Enhardi par ces coups de main, il s’engagea dans la Virginie, fut cerné à Yorktown et obligé de se rendre le 9 octobre 1781. (1)
Corps-Mort (Iles tle la Madeleine)
Le Corps-Mort est un rocher qui fait partie du groupe des îles de la Madeleine. On lui donne aussi quelquefois le nom de Cormoran ou de Corps-Mourant.
Il est connu des Anglais sous le nom de Dead- Man Island.
En 1534, Cartier l’avait nommé île Allezay.
Dans le journal de son voyage dans la baie des Chaleurs, en 1811, Mgr Plessis dit que le. Corps- Mort a été nommé ainsi à raison des naufrages multipliés qui ont eu lieu sur ses bords. Il est bien plus probable qu’on le baptisa de ce nom parceque, à une certaine distance, il ressemble assez à la dépouille d’un malheureux naufragé qui flotterait au gré des vagues.
Coteau du Lac (Soulauges)
Le lac dont il est question ici est le lac Saint- François.
(1) Note de M. l’abbé Bois.
Le fleuve Saint-Laurent coule en cet endroit près d’une côte qui forme les rapides du Coteau. En face de l’église, la côte s’élève a une douzaine de pieds, tandis que, à huit ou dix arpents, en remontant, elle disparaît complètement.
Coteau Station, Saint-Médard de (Soulanges)
Sur le fleuve Saint-Laurent, en face de Coteau- Station est Coteau-Landing. Lorsque la compagnie du Grand Tronc ouvrit sa voie de Montréal à Toronto, elle donna à la gare qu’elle établit en cet endroit le nom de Coteau-Station.
Coteau-Station a été placée sous le patronage de saint Médard parce que c’est la première paroisse érigée canoniquement par Mgr Joseph-Medard Emard.
Côte à Baron (Montréal)
Le propriétaire de la Côte de Notre-Dame des Neiges était Jean -Baptiste Auger dit le Baron.
Côte de Beaupré
Les belles prairies naturelles situées au pied du Cap Tourmente avaient de bonne heure attiré 1 attention de Champlain, qui y avait placé des gardiens pour prendre soin des bestiaux. Quelques personnes s’établirent de ce côté vers lb33. Trois ans plus tard, en 1636, M. deMontmagny et le Père LeJeune, en parcourant la côte de Beaupré, y trouvèrent plusieurs familles françaises, que les missionnaires visitaient régulièrement plusieurs fois par année. “ C est avec bonne raison, remarque le P ère Le J eune, parlant de ce voyage, qu’on a nomme les lieux voisins du Cap Tourmente, Beaupré ; car les prairies y sont
belles et grandes et bien unies. C’est un lieu très commode pour nourrir quantité de bestial.” (1)
Côte (le Courville (Québec)
Vers le commencement du dix-huitième siècle, Charles Caclieu de Courville possédait, dans les environs de la chute de Montmorency, une terre qu’il faisait valoir lui-même avec “ toute l’application et * l’indépendance d’un patriarche.” M. de Courville mourut presque centenaire. C’est ce Charles Caclieu de Courville qui a donné son nom à la côte de Courville cpii mène au pied du sault Montmorency. La côte de Courville est devenue célèbre par la défaite qu’y subirent les Anglais le 31 juillet 1759. (2)
Côte clés Neiges, N.-D. de la (Jacques-Cartier)
On croit généralement que ce village a pris son nom des amas de neige qui s’y amoncellent en hiver. On fait erreur. C’est un village de France qui lui a donné son nom.
La légende raconte ainsi l’origine de ce village français : Il y a quelques siècles vivait en France un homme pieux nommé Louis Vadeboncœur qui à force de travail s’était amasse une petite fortune. Il fut 52 ans en ménage. Dieu ne lui accorda pas d’enfants. Lorsque les infirmités de l’âge vinrent, Louis Vadeboncœur se dit : “ Que vais-je faire de mon argent ? Je ne puis le laisser à mes parents qui vont le dépenser en frivolités et en lolies. Je vais construire une église en l’honneur de Dieu qui m a pio tégé toute ma vie.” Il ignorait cependant où bâtir. Une nuit, un ange lui apparut et le félicita de son
(1) Relation des Jésuites.
(2) L’abbé Jean Langevin, Notes sur les archives cle Notre-Dame de Beauport.
pieux projet. “ Vous et votre femme mettez-vous en marche, ajouta-t-il, et Dieu vous conduira là où vous devez élever votre temple.” Après plusieurs jours de marche, ils arrivèrent, le 18 août, au haut d’une côte, où ils virent une croix de neige. Aradeboncœur reconnut la volonté de Dieu et s’écria :
“ Ici, je vais élever mon église et la nommer Notre- Dame des Neiges.” Bientôt les pélèrins y affluèrent.
Au dix-septième siècle, plusieurs des émigrants qui vinrent s’établir dans la Nouvelle-France étaient de Noire-Dame clés Neiges. Ils trouvèrent que cette partie de la montagne de Montréal ressemblait à leur village. Ravis, ils s’y établirent et y bâtirent une petite église qu’ils dédièrent à Notre-Dame des Neiges. (1)
Côte Emmanuel (Soulanges)
En souvenir de Emmanuel de Longueuil.
Coulouge, Rivière (Portueuf)
M. d’Ailleboust de Coulonge remplaça, en 1648, M. de Montmagny comme gouverneur de la Nouvelle- France.
Coupalville (Ottawa)
M. Adolphe Coupai a bâti un moulin à scie et un moulin à farine aux pieds de la chute aux Bluets, sur la rivière Rouge. L’esprit d’entreprise de M. Coupai a donné naissance à un village qui progresse tous les jours.
Courcelles, Sainte-Martine de (Beauce)
En souvenir du gouverneur de Courcelles.
(1) S. -J. Lyman, Canadicin Antiquaricin and Numismatic Journal ,
vol. II, p. 80.
Courval, Saint-Zéphirin de (Yamaska)
Le 25 septembre 1754, le gouverneur Duquesne et l’intendant Bigot concédaient au sieur Cressé deux lieues de front sur trois lieues de profondeur, au bout de la profondeur de la seigneurie de la Baie-du- Febvre, au bord du lac Saint-Pierre.
La fille du sieur Cressé, Louise, devint la femme de Jean-Baptiste Poulin de Courval, qui laissa son nom à la seigneurie.
Cox, Canton (Bouaventure)
Nicolas Cox, premier gouverneur de Gaspé.
Cowansville (Missisquoi)
Le capitaine Jacob Ruiter s’établit dans cette partie du canton de Dunham à la fin du dix-huitième siècle, et bâtit les moulins sur la rive sud de la rivière Yamaska longtemps connus sous le nom de Ruiter’ s Mills. Enthousiaste admirateur du héros de Trafalgar, le capitaine Ruiter donna le nom de Nelsonville à l’établissement qu’il avait fondé mais, lorsqu’on 1839, un bureau de poste fut établi à Nelsonville, il reçut le nom de Cowansville.
Cranbourne, Saint Odilon de (Dorcliester)
Les premiers colons du canton Cranbourne furent des soldats licenciés de l’armée qui avait vaincu Napoléon à Waterloo. Le gouvernement anglais désireux de se décharger du fardeau d’un grand nombre de pensionnaires militaires leur offrit en échange de leur pension de grands lots de terre au Canada. Cette offre fut acceptée volontiers et ces guerriers plus accoutumés à porter la carabine que la hache du défricheur vinrent ouvrir ce canton
qu’ils nommèrent Cranbourne, en souvenir du comté de ce nom qu’ils habitaient en Angleterre.
C’est M. Odilon Paradis, curé de Saint-Edouard de Frampton, qui ouvrit dans Cranbourne une mission permanente et il lui donna son saint patron pour titulaire.
Crespieul, Canton (Lac Saint-Jean)
Le Père Jésuite François de Crespieul passa dans la Nouvelle-France en 1670. A la fin de l’année suivante, il commençait son apostolat chez les Mon- , tagnais. Pendant trente ans, il suivit ses chers Sauvages à travers les forêts épaisses et sur les montagnes, couchant sur la neige ou dans la cabane, vivant de la vie de ses néophytes, vie dure souvent, car la disette se faisait sentir des mois entiers.
Crête-de-Coq (Maskinongé)
Corruption de Caster Cox, nom du premier habitant de cet endroit. Nos bons habitants trouvant ce nom trop difficile à prononcer désignèrent leur voisin anglais sous le surnom de Crête-de-Coq. De l’individu ce nom passa bientôt au village, qui l’a conservé. (1)
Cugnet, Rivière (Lévis)
C’est François-Joseph Cugnet, seigneur de Saint- Etienne, qui a laissé son nom à la rivière Cugnet.
Cushing (Argenteuil)
Lemuel Cushing fut un des premiers habitants de la vallée de l’Ottawa. Il était né à Trois-Rivières en 1806. Il entra en affaires à son compte dans le canton de Chatham à l’àge de 17 ans. Il travailla
(1) Note de M. l’abbé Bois.
ardument et ne tarda pas à se mettre à la tête de ses concitoyens. Pendant un grand nombre d’années il fut maire de son village et préfet du comté d’Argenteuil. En 1837, il s’enrôla parmi les miliciens appelés pour mettre fin à la rébellion. Il assistait à la bataille de Saint-Eustache. A son honneur, il empêcha le pillage.
Daaquam, Sainte-Béatrice de (Bellechasse)
La rivière Daaquam, sur les rives de laquelle se trouve Sainte-Béatrice, fut appelée ainsi parce qu’elle porte beaucoup d’eau. Daaquam a, en effet, cette signification en indien.
Dablon, Canton (Lac Saint- Jean)
Le canton Dablon a pris son nom du Père J ésuite Dablon qui, en 1642, remplaça le Père DeQuen à Tadoussac.
D’Ailleboust, Sainte-Mélanie de (Joliette)
Le 6 octobre 1736, le gouverneur de Beauharnois et l’intendant Hocquart concédaient à Jean d’Aillebout, sieur d’Argenteuil, une lieue et demie de front sur quatre lieues de profondeur, derrière la seigneurie de Lanoraie.
Ce fief érigé en paroisse plus tard fut mis sous le patronage de sainte Mélanie en l’honneur de Clrarlotte-Mélanie Panet, femme de Louis Lévesque, protonotaire à Montréal, et fille de l’honorable Pierre- Louis Panet, seigneur du lieu.
Dalibaire, Canton (Mataue)
Le roi de France, par un édit du mois de mai 1664, donnait et octroyait à la Compagnie des Indes Occidentales tous les pays de la terre ferme d’Amé-
ri que, depuis la rivière des Amazones jusqu’à celle d’Orenoc, le Canada, l’Acadie, etc., etc. Les premiers directeurs généraux de la Compagnie des Indes Occidentales furent MM. Bechamel et Dalibert ou Dalibaire. C’est probablement en souvenir de ce dernier que le canton Dalibaire a reçu son nom.
Dalles, Les (Montcalm)
L’eau de la rivière Ouarreau, resserrée entre deux rochers, sort comme d’un dalot.
Dalmas, Canton (Lac Saint Jean)
Le Père Jésuite Antoine Dalmas passa l’hiver de 1692 avec le Père de Crespieul au poste de Chicoutimi. Il fut tué l’année suivante à la baie d’Hudson. Un charpentier du nom de Guillory avait assassiné le chirurgien du fort Sainte-Anne. Il avoua son crime au Père Dalmas. Craignant d’être dénoncé par le Père, il l’assomma de deux coups de hache sur la tête. Le meurtrier jeta ensuite le corps de sa victime dans la rivière.
Danville (Iticliniond)
Danville fut ouvert à la colonisation par des émigrés de Danville, état du Vermont, en 1798.
Daveluyvïlle (Arthabaska)
Ce village comprend les lots de terre nos 40, 41 et 42 du cadastre de Bulstrode, et ces lots étaient la propriété de M. Adolphe Daveluy, marchand de la localité.
David, Rivière (Lac Saint- Jèan)
Du nom de David Stuart, un des commissaires nommés en 1828 pour explorer la rive nord du Saint-Laurent.
Debarctzch (Saint-Hyacinthe)
Pierre Debarctzch s’étant établi à Saint-Charles donna à ce lieu le nom de village Debarctzch.
Dechène, Canton (Lac Saint- Jeau)
L’honorable François-Gilbert-Mi ville Dechène, député de l’Islet et ministre de l’agriculture de la province de Québec.
Dégelé, Sainte lî ose du (Témiscouata)
Cet endroit a toujours été nommé par nos grands pères Dégelis à raison du phénomène qu’on y voit. L’origine de la décharge du lac Témiscouata ne gèle jamais, c’est-à-dire qu’elle ne se couvre jamais de glace sur un espace de plusieurs arpents. Dans les plus grands froids de l’hiver il se forme un peu de glace sur le contour de cette étroite nappe d’eau, mais cette glace ne peut tenir que quelques jours. Aussitôt que le froid tombe elle se fond. Nous doutons que le mot Dégelé que nos modernes Français ont substitué à celui de Dégelis explique aussi bien le phénomène.
Dégelis ou Dégelé fut mis sous la protection de sainte Rose par Mgr Langevin, évêque de Rimouski, par reconnaissance pour Rose Marquis, bienfaitrice de cette mission.
Delisle, Canton (Lac Saint- Jean)
Jean-Guillaume Delisle, notaire, de Montréal, fut député en Angleterre, en 1783, .avec Adhémar de Saint-Martin, négociant. Leur mission était de solliciter, pour tous les habitants du Canada, sans distinction de race ou de croyance, égalité devant la loi, dans les affaires publiques, etc., etc. Ils demandaient aussi au gouvernement anglais la permission,
pour les prêtres nés en France, de venir exercer leur ministère au Canada.
Delisle, Rivière (Soûlaudes)
Cette rivière est ainsi appelée, dit la chronique locale, du nom cl’un brave colon qui fut le premier établi sur ses bords. Selon d’autres, Delisle est le nom d’un pauvre mendiant qui se noya dans cette rivière il y a près d’un siècle. (1)
Demers, Canton (Témiscouata)
M. Jérôme Demers, supérieur du séminaire de Québec.
De Meulles, Canton (Lac Saint-Jean)
M. de Meulles, quatrième intendant de la Nouvelle- France.
De Monts, Canton (Saguenay)
Pierre du Guast, sieur de Monts, lieutenant-général de la Nouvelle-France.
Denliolm, Canton (Ottawa)
Ici nous avons l’embarras du choix. Le canton Denholm a pu prendre son nom du village du même nom au comté de Roxburgh, en Ecosse, ou du célèbre légiste Denholm.
Denlson’s Mills (Kielmiond)
A pris son nom d’un négociant de l’endroit, Joseph- R. Déni son.
Denonville, Canton (Témiscouata)
Le marquis de Denonville, gouverneur de la Nouvelle-France de 1685 à 1689.
(1) Note de M. l’abbé Bois.
De .Nouë, Canton (Gaspé)
Le Père Jésuite Anne de Noue se rendant de Trois- Rivières à Sorel, surpris par la tempête, s’égara dans les îles du lac Saint-Pierre, et ne fut retrouvé que le 2 février 1646. Il était vis-à-vis l’île Plate et la terre ferme, entre deux petits ruisseaux. Son chapeau et ses raquettes étaient auprès de lui. Ses yeux regardaient le ciel, lieu de sa demeure, et ses bras étaient en croix sur sa poitrine. (1)
De Quen, Canton (Lac Saint Jean)
Le Père De Quen, Jésuite, inaugura à Tadoussac les missions régulières dès 1635, vingt-sept ans seulement après la fondation de Québec, et trois ans après qu’eût été rendue à la France cette pauvre petite ville de cent habitants dont l’amiral Kerth avait pris la peine de s’emparer, comptant y trouver des trésors.
Derry, Canton (Ottawa
Derry, ville et comté d’Irlande.
Desanlniers, Canton (Saint-Maurice)
M. François-L. Desaulniers, député de Saint- Maurice.
Descente des Femmes, La (Cliicoutimi)
D’où vient ce nom : La Descente des Femmes ? L’anse est formée par deux pointes de rochers qui s’avancent dans la rivière. L’une est très escarpée et l’ascension est absolument impossible du côté est. Il y a déjà un quart de siècle, une fille de dix ans, qui était à s’avancer sur le rocher, eut le malheur d’approcher sur le bord de la falaise. Elle fit une
(1 Relation des Jésuites, 1646.
chute de 400 pieds et, privée de vie, fut retrouvée sur les rochers au bord du Saguenay.
On suppose généralement qu’autrefois, quelques femmes auraient eu le même sort et que le nom de Descente des Femmes vient de là. Il n’en est rien. L’origine de ce nom est moins tragique. Trois sauvagesses, brouillées avec leurs maris, avaient quitté leurs tentes dans la nuit, emportant avec elles un canot. Il leur fallait gagner Bersimis par une voie inconnue, sans rencontrer d’autres sauvages. Au lieu de gagner la rivière Sainte-Marguerite et la rivière Bersimis, par le portage ordinaire, elles prirent une direction opposée et après deux jours de marche à travers la forêt, craignant à tous moments, d’être surprises, elles vinrent, exténuées de fatigues, jeter leur embarcation à l’eau à la Descente des Femmes. C’est là la véritable origine du nom donné à cette anse où il y a aujourd’hui de grands établissements agricoles, plusieurs familles charmantes, de jolies maisons, une chapelle, un aqueduc en fer, des musiciens et musiciennes, de jolis troupeaux, toute une flotte de goélettes, de bateaux, des provisions et surtout de la crème en abondance. (1)
Desclianibault, Saint- Joseph de (Portneuf)
Dans l’acte de concession de la seigneurie de Portneuf, accordée à Jacques Le Neuf de la Potherie le lb avril 1647, il est dit que cette seigneurie est bornée au sud-ouest par le Cap du Sault. Ce Cap du Sault doit être Desclianibault. L’endroit où se trouve l’église de Desclianibault porte même encore aujourd’hui le nom de Cap Lauzon. Sept années avant la concession accordée à Le Neuf de la Po-
(1) Le Progrès du Saguenay, ‘22 mai 1902.
therie, François de Chavigny de Berchereau avait obtenu la concession du Cap du Sault. Chavigny de Berchereau passa en France où il mourut. Le 1er mars 1652, le gouverneur de Lauzon transporta à la veuve du sieur Chavigny de Berchereau, Eléonore de Grandmaison, la seigneurie en question.
Jacques- Alexis de Fleury d’Eschambault épousa la fille de la veuve Chavigny de Berchereau et hérita de la seigneurie. C’est de lui qu’elle a pris son nom.
Deux-Bras (Arthabaska)
La rivière Nicolet se sépare ici en deux bras, l’un se dirige vers le Vieux Moulin et l’autre vers les Pointes Beaudet.
Deux- Montagnes, Lac des
A peu de distance de la rivière Ottawa se trouvent les deux montagnes remarquables qui donnent le nom de Deux-Montagnes au lac en question ; l’une d’elles est appelée mont Calvart.
Dionue, Canton (Islet)
L’honorable M. Elisée Dionne, conseiller législatif et ministre de l’agriculture et des travaux publics de la province de Québec.
Disraéli, Sainte-Lucie de (Wolfe)
Disraéli reçut son nom, en décembre 1878, comme témoignage de respect envers l’éminent homme d’état qui présidait alors aux destinées de l’empire : Benjamin Disraéli.
Disraéli fut mise sous le patronage de sainte Lucie en l’honneur d’une supérieure du couvent de la Congrégation de Sherbrooke qui portait le nom de Madame Sainte-Lucie.
Ditclifield, Canton (Beauce)
Ville du comté de Northampton, Angleterre.
Ditton, Canton (Compton)
Il y a dans le comté de Surrey, en Angleterre, un village de ce nom.
Ditton est aussi le nom d’un écrivain mort à Londres en 1715.
Dixville (Stanstead)
Dixville n’aurait-il pas emprunté son nom au canton Dixville, dans le comté de Coos, New-Hampshire ?
Dolbeau, Canton (.Lac Saint Jean)
Le Père récollet Jean Dolbeau, arrivé dans la Nouvelle-France avec trois autres religieux de son ordre, évangélisa les Montagnais et les Esquimaux.
Domaine du Roi
Ce qu’on appelle la région du Saguenay et du Lac Saint-Jean n’avait pas autrefois le même nom ni les mêmes limites qu’aujourd’hui. On la désignait sous le nom général de Domaine du Roi. Joseph-Laurent Normandin arpenta le Domaine du Roi en 1732. Ce vaste espace qui ne comprenait pas moins de 72,000 milles en superficie était affermé par le roi à une compagnie appelée la Compagnie des Postes du Roi. Le bail se renouvelait au bout de vingt et un ans.
Doucaster, Sainte- Lucie de (Terrebonue)
Le canton Doncaster rappelle le souvenir de la petite ville de Doncaster, comté de York, Angleterre. C’est sur le territoire actuel de Doncaster que
se passent les incidents les pins saillants du célèbre roman de Walter Scott, Ivanhoe. Ajoutons que Doncaster au Canada ne le cède pas en scènes pittoresques à Doncaster en Angleterre.
La paroisse de Sainte-Lucie de Doncaster est voisine de celle de Sainte-Agathe des Monts. Sainte Lucie suit sainte Agathe dans les litanies et au Martyrologe. C’est peut-être la raison du choix de sainte Lucie comme titulaire.
Dorcliester
Lord Dorcliester fut ün des gouverneurs les plus populaires que l’Angleterre envoya pour administrer sa colonie du Canada.
Dorion (Vaudreuil)
Dorion est le rendez-vous de ce que compte de plus select la société canadienne-française de Montréal. Juges, avocats, médecins, journalistes, marchands viennent, durant la saison des chaleurs, goûter en ce charmant coin de terre le repos et la tranquillité, qu’ils ne peuvent trouver à la ville au milieu de leurs multiples occupations. Dorion porte le nom respecté d’un illustre disparu, sir Antoine-Aimé Dorion, qui, le premier, vint s’y reposer durant les lourdes journées d’été.
Dorion, Canton (Pontiac)
Sir Antoine- Aimé Dorion, juge en chef de la Cour du Banc de la Reine.
Dorset, Canton (lîeauce)
Dorset est un comté d’Angleterre.
Doucet’s Lantling- (Nicolet)
Doucet’s Landing a pris son nom de Belair Dou-
cet. Lors de la construction de la ligne du chemin de fer de Arthabaska à cet endroit, la plupart des ouvriers prenaient leur pension chez ce Belair Douce! On en vint à désigner l’endroit par le nom Doucet’s Landing, et le nom est resté.
Douglastown (Gaspé)
S’il s’agit d’une chose indifférente on dit quelquefois : Ceci ne me regarde pas plus que les affaires du roi de Prusse. Ce dicton qui est vrai pour plusieurs ne peut l’être pour les habitants de Douglastown car ils sont redevables de la fondation de leur paroisse à un roi de Prusse, le Grand Frédéric. Voici comment les causes et les effets se sont enchaînés pour produire cette liaison. Frédéric voulut agrandir ses états. Une coalition formidable se forma contre lui. L’Angleterre en fit partie et envoya en Allemagne une armée nombreuse. Et à part les énormes dépenses d’entretien de cette armée, l’Angleterre, qui n’a pourtant pas l’habitude d’être prodigue, fournit de gros subsides à ses alliés. De là, nécessité d’imposer des droits sur les effets de commerce. Les états de la Nouvelle-Angleterre dûrent prendre leur part de ces charges qui devinrent intolérables. Us se révoltèrent et obtinrent leur indépendance. Un certain nombre de familles loyalistes voulant rester anglaises s’adressèrent au gouvernement impérial qui leur accorda des établissements gratuits aux endroits où sont situés aujourd’hui Douglastown et New-Carlisle inhabités jusqu’alors. Et voilà comment le roi de Prusse, sans s’en douter, a contribué à la fondation de Douglastown.
L’arpenteur écossais Douglass fut chargé de tracer le plan de la nouvelle ville. Il s’acquitta de sa
tâche avec tant de succès que les autorités décidèrent de faire passer son nom à la postérité en le donnant à la nouvelle ville.
Druinmoncl
Sir Gordon Drummond, administrateur du Canada de 1814 à 1815.
Drummond ville, Saint-Frëtléric de (Drummond)
C’est aux dernières lueurs du crépuscule, le 14 avril 1815, que le major-général Frédéric-Georges Herriot, qui remontait la rivière Saint-François, à la tête d’un détachement de soldats appartenant aux régiments licenciés des Meurons, des Watteville et des Voltigeurs, planta sa tente sur la côte sud de la rivière, à l’endroit précis où se trouve aujourd’hui la villa de M. Sam Newton. Emerveillé du site et des pouvoirs d’eau presque naturels dont il prévoyait sans doute les immenses avantages pour le futur, il appela ce magnifique promontoire qui domine les chutes Drummondville du nom du général sir Gordon Drummond, alors administrateur du Canada.
Le fondateur de Drummondville avait beaucoup d’estime pour les catholiques. Le 30 juin 1818, il fit don à Mgr Plessis des lots 8, 9 et 10 du village de Drummondville “ à condition d’envoyer de temps à autre un missionnaire pour le service des habitants catholiques de l’endroit ou des environs. ” Aussi lorsque Drummondville fut érigée canoniquement on la mit sous le patronage de saint Frédéric en son honneur, (lj
(1) Et non en l’honneur du comte Pierre-Frédéric de Meuron, ainsi qu’on l’a écrit quelque part.
Duchesnay, Canton (Gaspé)
L’honorable Edouard -Louis- Antoine-Charles Juchereau Duchesnay, seigneur de Fossembault et de Gaudarville, fut élu, en 1858, conseiller législatif de la division de La Salle. Appelé au sénat lors de la Confédération, il résigna son siège le 7 janvier 1871.
Ducreui, Canton (Cliicoutimi)
Le Père Ducreux, Jésuite, est l’auteur d’une histoire de la Nouvelle-France, en latin, qui va du commencement de la colonie à 1656.
Dudley, Canton (Ottawa)
Il y a un village de Dudley dans le comté de Worcester, Angleterre.
Vers 1680, lord Dudley était gouverneur d’une des colonies de la Nouvelle-Angleterre.
Dudswell (Wolfe)
Lord William Dudswell était chancelier de l’Echiquier en 1767.
Un village d’Angleterre porte aussi le nom de Dudswell. Il est dans le Shropshire.
Dufferin, Canton (Lac Saint- Jean)
Le marquis de Dufferin, gouverneur-général du Canada de 1872 à 1878, sut se rendre populaire dans toutes les classes de la société.
Duhamel, N.-D. du Mont-Carmel de (Ottawa)
Cette paroisse a été nommée ainsi- en l’honneur de Mgr Joseph-Thomas Duhamel, archevêque d’Ottawa.
Duhamel, Canton (Poutiac)
Mgr Joseph - Thomas Duhamel, archevêque d’Ottawa.
Dumas, Canton (Saguenay)
M. Dumas prit le commandement de l’année canadienne après la mort de M. de Beaujeu, à la bataille de la Monongahêla. Il repassa en France après la conquête et fut nommé gouverneur de l’île de France.
Dundee, Sainte Agnès de (Huntingdon)
Au commencement du dernier siècle, un anglais, John Davidson, vint résider au milieu de quelques-uns de ses compatriotes établis sur les rives de la rivière au Saumon, dans le comté de Huntingdon. Davidson devint bientôt le chef de la petite colonie. Né à Perth, il avait été, tout jeune enfant, chercher fortune dans la ville de Dundee, en Ecosse. Il fut protégé par un M. Ogilvie, petit manufacturier, qui l’employa, et, plus tard, lui donna sa fille en mariage. Mais quelque années après il fut obligé de servir, resta sept ans dans l’armée et à son congé, à la paix de 1817, il émigra au Canada. Il commença au milieu de ses compatriotes un petit négoce. Son magasin qui consistait en une cabane de bois rond fut le noyau du village de Dundee, auquel il donna ce nom en souvenir de sa chère ville de Dundee où il avait coulé la plus belle partie de sa vie.
Dunliam, Sainte-Croix de (Missïsquoi)
L’honorable Thomas Dunn, qui a laissé son nom à Dunbam, fut seigneur de Saint- Armand, juge de la Cour du Banc du Roi, membre des conseils législatif et exécutif. Il administra la province du Bas- Canada à deux reprises. Il avait épousé une canadienne-française catholique et se montra toujours l’ami de notre race. C’est lui qui admit Mgr Plessis à prêter serment.
Duquesne, Canton (Kimouski)
Le marquis Duquesne de Menneville, gouverneur de la Nouvelle-France de 1752 à 1755.
Durham, Saint Fulgence de (Drummond)
Lord Durham n’a pas laissé un bon souvenir de son séjour au Canada.
Saint-Fulgence fut érigée canoniquement par décret du 30 septembre 1863. Ce nom venait de l’un des premiers citoyens de la nouvelle paroisse, M. Fulgence Préfontaine.
Durocher, Canton (Chicoutimi)
Le Père Flavien Durocher, oblat de Marie-Immaculée, premier curé de Saint-Sauveur de Québec.
Duval, Canton (Sag-nenay)
L’honorable Jean-François- Joseph Duval, juge en chef de la Cour du Banc de la Reine.
Eardley, Canton (Ottawa)
Eardley est un village du comté de Stafford, Angleterre.
Eastman, Saint-Edouard de (Brome)
Le nom de Eastman fut donné à cette localité en reconnaissance de services rendus, en temps d’élections, par un nommé John Blinn dont l’épouse s’appelait Ezray Eastman.
Le fondateur de la paroisse de Eastman est M. Charles-Edouard Milette, curé de Magog. C’est
pour l’honorer qu’on l’a mis sous le patronage de saint Edouard, roi d’Angleterre.
Eatou, Canton (Compton)
Treize villages d’Angleterre portent le nom de Eaton.
Eboulements (Cliarlevoix)
Le Père Jésuite Jérôme Lalemant, parlant du célèbre tremblement de terre du mois de février 1663, dit • A ers la baie dite de Saint-Paul il y avait une petite montagne sise sur le bord du fleuve, d’un quart de lieue ou environ de tour, laquelle s’est abysmée et comme si elle n’eut fait que plonger, elle est ressortie du fond de l’eau pour se changer en islette et faire d’un lieu tout bordé d’écueils, comme il estait, un havre d’assurance contre toutes sortes de vents.”
Ce qui a donné lieu au récit effroyable du Père Jésuite, ce sont les éboulements qui se firent à cette époque sur les bords du fleuve aux Eboulements et dont cette paroisse a tiré son nom.
Une tradition conservée dans la paroisse nous confirme dans cette opinion. La pointe au bout de laquelle est bâti le quai, rapporte-t-elle, a été formée par un immense éboulis. D’ailleurs, la structure du terrain semble ajypuyer cette tradition.
Eccores, Les (Laval)
On donne le nom d’ Eccores à la paroisse de Saint- Vincent de Paul de l’île Jésus parce que la falaise de ce côté de l’île est très élevée et presque perpendiculaire au-dessus de l’eau. (1)
(1) Accore (ou Eccore) se dit d’une côte dont le fond augmente considérablement dès qu’on s’en éloigne ou dont l’élévation est presque perpendiculaire au-dessus de l’eau. Accore ou eccore équivaut à inaccessible.
Echafaud aux Basques (Charlevoix)
Les Basques qui fréquentaient ces lieux bien avant Champlain y avaient, paraît-il, établi des échafauds pour faire sécher le poisson.
Champlain nous parle de l’Echafaud aux Basques à plusieurs reprises : “ De la pointe aux Alouettes faisant le surouest, un quart au su, l’on va au cap de Chafaut aux Basques, en ce lieu il y a ancrage, mais il faut prendre garde, car par des endroits est rocher où les ancres pourraient bien demeurer, si l’on ne reconnaît bien le fond, un peu plus vers l’eau, le mouillage est plus net et vers le Chafaut aux Basques, demeure à sec qui est au fond de l’anse où sont deux ruisseaux qui viennent des montagnes. (1)
Ecureuils, Les (Portneuf)
Yis-à-vis l’embouchure de la rivière Jacques-Cartier, sur la batture, se trouve une énorme roche qu’on voit à une grande distance. La tradition veut que Jacques LeNeuf de la Potherie, premier concessionnaire de la seigneurie de Portneuf, y ayant perdu un vaisseau, les matelots réfugiés sur la côte, à l’est de la rivière, y virent un si grand nombre d’écureuils qu’ils donnèrent à l’endroit le nom d 'Ecureuils.
Edwardston (Beauliarnois)
L’honorable Edward Ellice se porta acquéreur de la seigneurie de Beauliarnois.
Effingham
Le comté de Terrebonne porta originairement le nom de Effingham. Sir Guy Carleton, plus tard lord Dorchester, avait épousé la troisième fille de llord Effingham.
(1) Voyages, vol. IV, p. 112.
Egan, Canton (Ottawa)
En 1848, M. John Egan fut élu député d’Ottawa à la Chambre d’ Assemblée de la province du Canada.
Elgin, Canton (Huntingclon)
Lord Elgin fut un gouverneur très populaire parmi les Canadiens-Français. C’est lui qui sanctionna la loi proposée par le ministère LaFontaine- Baldwin et accordant une -indemnité de £100,000 aux victimes de l’insurrection de 1837.
Ely? Canton (Sliefford)
Ely est une importante ville d’Angleterre.
EmBerton, Canton (Compton)
Village du comté de Bucks, Angleterre.
Escoumins (Saguenay)
Champlain écrivait Esquemin. Escoumins vient de deux mots sauvages : ishko, jusque-là, et min, graine. Les environs des Escoumins ont toujours été renommés pour la grande quantité de graines sauvages que l’on y trouve. Ces graines que les Montagnais appellent uishatshimin passent l’hiver sous la neige et se conservent vermeilles jusqu’au printemps. C’est sans doute cette circonstance qui a fait donner ce nom à la place.
Escourt, Canton (Témiscouata)
C’est le lieutenant-colonel Escourt, du génie, qui, en 1846, traça la ligne de séparation entre la province de Québec et l’état du Maine.
Escuminae, Saint-Antoine d’ (Bonaventure)
Du micmac Esgomenag, “ poste d’observation ”. On avait vue sur l’entrée de l’estuaire.
JEslier, Canton (Pontiac)
Esher est un village du comté de Surrey, Angleterre.
Etamamu, Rivière (Labrador)
“ La où il y a deux sorties ”, dit le Père Lemoine.
Etcliemin
C’est dans le lac Etchemin que la rivière Etcliemin prend une de ses principales sources.
D’après l’abbé Maurault, le mot Etemânkiaks (Etchemin) veut dire “ ceux de la terre de la peau pour les raquettes ”. Les Etemânkiaks résidaient sur les rivières Sainte-Croix et Saint-Jean, dans le Nouveau-Brunswick. Les Abénakis appelaient la rivière Sainte-Croix PeskatamiS kanj i (Passamaquocldy) “ rivière qu’il est difficile d’apercevoir et que l’on voit comme à travers les ténèbres ” et ils désignaient le territoire environnant sous le nom de Etmanki, “ terre de la peau pour les raquettes ”, parcequ’il y avait en ces endroits une grande quantité d’orignaux et de caribous, dont les peaux font de bonnes raquettes. De là, le nom passa au lac, puis à la rivière et enfin aux Sauvages eux-mêmes. (1)
Fabre, Canton (Pontiac)
Mgr Charles-Edouard Fabre, décédé archevêque de Montréal.
Falardeaii, Canton (Chicoutlmi)
En l’honneur du peintre Antoine-Sébastien Falardeau, né au Cap-Santé et qui se fixa à Florence. Ses peintures furent appréciées en Europe. Le grand duc de Toscane le créa chevalier.
(1) Histoire des Abénakis.
Farnham, Saint-Roiuualcl (le (Missisquoi)
Nommée ainsi en souvenir de la petite ville de Farnham, comté de Surrey, en Angleterre.
Mgr de Saint- Val lier, pendant sa captivité en Angleterre, passa deux ans dans cette ville,
Farreltou, Saint- Camille rte (Ottawa)
Saint-Camille de Farrelton est situé dans le canton Wakefield. Lorsqu’à l’origine de la paroisse, les prêtres, MM. Brady, Désautels, Hughes, venaient y faire mission, c’était chez un M. Farrell qu’ils disaient la messe et qu’ils tenaient les assemblées. Ce digne homme méritait bien de donner son nom à la paroisse.
M. Camille Gay, prêtre français, fut un des premiers curés de Farrelton ; d’où le titre canonique Saint-Camille.
Fecteau’s Mills (Mégantic)
Le premier moulin de Fecteau’s Mills a été bâti par M. Pierre Richard, vers 1850. Ce tut une source de prospérité pour les habitants qui purent semer du blé, et d’autres grains pour en retirer de la farine et d’autres produits. Vers 1867, M. .Joseph Fecteau succéda à M. Prince. Dans les premiers temps, les colons, après avoir abattu les arbres les réduisaient en cendre pour les transformer en sait (potasse) qu’ils allaient vendre à Dan ville, en faisant le trajet à pied, transportant jVniblement sur leur dos ce qui devait leur rapporter un peu d’argent.
Ferland, Canton (Cliicoutimi)
L’abbé Jean-Baptiste- Antoine Ferland qui a passé sa vie à fairè connaître notre belle histoire méritait bien de laisser son nom à un de nos cantons.
Fitzpatrick, Canton (Saffiienay)
L’honorable Charles Fitzpatrick, juge en chef de la Cour Suprême du Canada.
FJaliault, Canton (Bouaventure)
Le comte de Flahault, aide de camp de Napoléon III et ambassadeur de France en Angleterre. Il était allié au marquis de Lansdowne, gouverneur du Canada.
Fleuriau, Canton (Rimottski)
Le canton Fleuriau fut ainsi nommé en mémoire de Charles Fleuriau, comte d’Armenonville, secrétaire d’Etat et garde des sceaux sous Louis XY.
Flynn, Canton (Rimouski)
L’honorable M. E.-.J. Flynn, député de Gaspé et premier ministre de la province de Québec.
Forillon (Gaspé)
Le Forillon est une péninsule étroite qui s’étend environ trois milles dans la mer, entre l’anse du Cap des Rosiers et la baie de Gaspé. Du côté du nord c’est un rocher nu perpendiculaire s'élevant à une hauteur de 700 pieds. “ Ce sont, dit M. J.-C. Langelier, les restes d’une montagne dont la moitié a été jetée dans la mer, après avoir été gronée par les glaces et l’eau ; l’autre moitié reste encore debout aussi droite qu’un mur.”
D’ou vient cette appellation de Forillon et que signifie-t-elle ?
M. George Johnson croit que forillon est un dérivé du verbe forer. L’analogie entre le travail du forêt et l’action des eaux sur les rochers aurait suggéré le nom.
M. Léon Gérin est celui qui, d’après nous, donne l’explication la plus plausible : “ Y a-t-il lieu, ditil, dans le cas actuel de recourir à l’hypothèse ? Je ne le pense pas. Voici ce qu’écrivait Champlain dès 1626 :
“ En ce lieu de Gaspey est une baye contenant de large en son entrée trois ou quatre lieues, qui suit au norrouest environ, cinq lieues, où au bout il y a une rivière qui va assez avant dans les terres. Les vaisseaux viennent en ce lieu pour faire la pesche du poisson sec, où est un gallay où l’on fait la secherie des moluës, et un ruisseau d’eau douce qui se ' décharge dans la grand’mer, commodité pour les vaisseaux qui vont mouiller l’ancre à une portée de mousquet de ce lieu : à une lieue du Cap de Gaspey, est un petit rocher que Von nomme le farillon, esloigné de terre d’un jet de pierre ; ce dit cap est une pointe fort étroite, le terrouër en est assez haut, comme celui qui environne la dite baye, couvert de pins, sapins, bouleaux et autres meschans bois. La pesche est abondante tant en molues, harans, saumons, macreaux, homars ”. (1)
“ Ce passage de Champlain renferme plusieurs constatations intéressantes :
“ 1° L’orthographe du mot n’est pas fourillon, comme l’écrit l’abbé Ferland (2), ni forillon, comme on le voit généralement ; mais farillon.
“ 2° Ce nom à l’origine ne désignait pas comme il l’a fait par la suite, le promontoire même qui termine la côte nord de la baie de Gaspé ; mais simplement “ un petit rocher ” détaché de ce promon-
(1) Edition Laverdière, p. 1085.
(2) La Ga-spésie.
toire, à un jet de pierre du rivage, et à une lieue de l’extrémité du promontoire, ou cap de Gaspé.
“ 3° La baie de Gaspé était dès cette époque un lieu de pêche très fréquenté, où même l’on faisait le séchage de la morue.
“ Or le mot farillon tel que Champlain nous le donne se trouve dans Bescherelle, Larousse, Littré et la plupart des grands dictionnaires et des encyclopédies. Ouvrez le Bescherelle de 1887 : “ Farillon (rad. prob. phare) Pêch. Réchaud dans lequel les pêcheurs allument du feu pendant la nuit pour attirer certains poissons. ” On trouve également dans les dictionnaires le mot sous une autre forme : “ Pharillon (prononcé fa-ri-lon), petit phare, en général ; réchaud dans lequel les pêcheurs font un peu de flamme la nuit pour attirer les poissons ; pêche dans laquelle on emploie ce feu. ”
“ Un Breton établi au Canada depuis quelques années, M. Lorans, m’informe que dans son pays on nomme fardions (ou pliarillons) les lumières de moindre importance placées sur les îlots à l’intérieur du golfe de Morbihan.
“ Ainsi farillon, diminutif de phare, est très français ; il a plusieurs significations, toutes applicables dans le cas présent. Nous n’avons que l’embarras du choix. Essentiellement, c’est une lumière pour les pêcheurs, destinée à attirer les poissons ou à guider les marins. Dès lors qu’avons-nous besoin de chercher ailleurs ? ” (1)
Forsyth, Saint- Evariste rte (Beauce)
La famille Forsyth a fait autrefois, dans notre province, le commerce de bois. C’est en l’honneur
(1) Bulletin des Recherches Historiques , vol. VI, p. 307.
de 1 un de ses membres que le canton Forsyth a été nommé ainsi.
Fort Coulonge (Pontiac)
En souvenir d’un officier français, Nicolas d’AillebQust, sieur de Coulonge, qui hiverna dans ces parages en 1694-95. M. d’Ailleboust de Coulonge était un habile traiteur , et on voit les autorités se plaindre assez souvent de son commerce avec les Sauvages.
Fortierville, Sainte-Philomène de (Lotbinière)
Cette paroisse a été démembrée de Saint- Jean Deschaillons. La dévotion particulière que portait à sainte Philomène M. Lahaye, curé de Saint-Jean Deschaillons, lui fit demander à l’archevêque de Québec, lorsqu’il fit les premières démarches pour la fondation de la nouvelle paroisse, de la mettre sous la protection de cette sainte du dix-neuvième siècle.
Son nom de Fortierville lui vient de trois frères Fortier, qui ont beaucoup travaillé à l’érection civile et canonique de la paroisse et ont toujours été très dévoués pour sa prospérité.
Fortin, Canton (Gaspé)
M. Pierre Fortin, élu député de Gaspé en 1867, a fait beaucoup pour la Gaspésie.
Fossembault, Sainte-Catherine de (Portneuf)
Le fief et seigneurie de Fossembault fut concédé le 20 février 1693 par le gouverneur Frontenac et l’intendant Bochart Champigny à Alexandre Peuvret, écuyer, sieur de Gaudarville. Le nouveau fief fut nommé Fossembault par le comte de Frontenac, à la demande même d’Alexandre Peuvret, dont la
mère Catherine Nau, mariée en premières noces à Louis de Lauzon de la Citière, était fille de Jacques Nau de Fossembault, conseiller du roi et trésorier des finances en Berry.
La paroisse fut mise sous le patronage de sainte Catherine en l’honneur de Marie-Catherine Peuvret, épouse de Ignace Juchereau Duchesnay, dont les descendants possèdent encore cette terre.
Foucault (Missisquoi)
La seigneurie de Foucault fut originairement concédée par M. de Beauharnois, le 3 août 1738, au sieur Foucault.
Foulon, Le (Québec)
On sait que le foulon, dans un port, est le lieu de destination d’un train de bois ou cage. On appelle encore foulon un grand dépôt de bois dans une rade pour l’exportation.
Fournier, Canton (lslet)
Ainsi nommé par Charles - François Fournier, arpenteur et député de l’ lslet, pour perpétuer le souvenir de son père, François Fournier, ancien membre du Parlement.
Fourvtères, Notre-Dame de (Ottawa)
Nommée ainsi par Mgr Duhamel, archevêque d’Ottawa, en souvenir de l’église de Notre-Dame de Fourvières, de Lyon, en France, où se font tant de pélèrinages.
Fox, Canton (Gaspé)
La rivière au Renard (Fox river) traverse ce canton.
Frampton (Dorcliester)
Trois villages d’Angleterre portent ce nom : Frampton, dans le district de Lincoln ; Frampton- Cotterel, dans le district de Chipping-Sodbury ; et Frampton-upon-Severn, dans le district de Wheatenhurst.
Franklin, Canton (Huutiiigtlon)
Sir .John Franklin, le célèbre explorateur anglais, vint au Canada avant de s’embarquer pour son voyage au pôle Arctique en 1825. Il revint dans notre pays en 1827. C’est lui qui, le 16 août de cette année, posa la pierre angulaire du canal Rideau.
Fraserville (Témiscouata)
Alexander Fraser acheta du général Murray la seigneurie de la Rivière-du-Loup (en bas). Cette seigneurie est encore la propriété de la famille Fraser.
Freliglisburg piissisquoi)
En 1789, Simpson Jenne, qui avait servi dans l’armée anglaise pendant la guerre de la Révolution, s’établit à deux milles du site actuel de Frelighsburg. La maison de .Jenne était à sept milles de la plus proche habitation, et pendant des mois et des mois les membres de sa famille ne voyaient aucune figure étrangère. Quelques années plus tard cependant les colons commencèrent à arriver. En 1795, un nommé Owens construisit un moulin dans les environs. Il vendit son moulin à MM. Conroy et Yumans. Ceux-ci l’agrandirent, le perfectionnèrent et le revendirent ensuite à Abram Freligh qui acheta en même temps une grande étendue de terrain. C’est Abram Freligh qui a donné son nom au village de Frelighsburg. (1)
(1) Madame C.-M. Day, History of the Ea-stern Townships, p. 319.
Frost (Sliefforcl)
Lors de l’ouverture du canton de Shefford plusieurs familles du nom de Frost vinrent s’y établir et donnèrent leur nom au village de Frost.
Fulford (Brome)
L’évêque anglican de Montréal, Francis Fulford, a laissé son nom à ce village.
Gagnon, Canton (Ottawa)
L’honorable Charles-Antoine-Ernest Gagnon, député de Kamouraska et secrétaire provincial.
Galt, Canton (Gaspé)
Sir Alexander-Tilloch Galt, ministre des finances du Canada.
Garneau, Canton (Islet)
En l’honneur de notre historien national, François-Xavier Garneau.
Garnier, Canton (Lac Saint-Jean)
Le Père Charles Garnier, Jésuite, martyrisé par les Iroquois le 7 décembre 1649.
Gartliby, Saint-Olivier de (Wolfe)
Neuf hameaux du pays de Galles, en Angleterre, portent le nom de Gartli.
L’évêque de Trois-Rivières, en mettant le canton Garthby sous le patronage de saint Olivier, a voulu honorer son grand vicaire, M. Olivier Caron. En 1898, Mgr Larocque changea le nom canonique de la paroisse de Saint-Olivier de Garthby en celui de Saint-Charles Borromée de Garthby. L’évêque de Sherbrooke fit ce changement de titulaire parce que le nom de saint Olivier ne figure pas au Marty-
rologe. Il ne jouit que du titre de bienheureux. Le grand vicaire Caron portait également le prénom Charles.
Gaspé
En 1500, la côte au nord de Terre-Neuve fut visitée par Gaspar de Cortereal qui la trouva cultivable, même labourable, et il la nomma Terra di Labrador. Il cotoya aussi tout le golfe Saint-Laurent. L’année suivante, Cortereal partit pour découvrir d’autres plages. Il ne revint pas. Son frère Michel, qui alla à sa recherche, se perdit aussi. C’est ce qui explique comment, sur une carte géographique portugaise de 1509, une partie du littoral du Labrador est nommée Terre de Cortereal , et le golfe Saint-Laurent y est appelé le golfe des deux frères. Cortereal n’aurait-il pas laissé son nom de Gaspar à Gaspé ? Il y a un grand rapprochement entre ces deux noms. Le temps aurait bien pu altérer Gaspar en Gaspé. (1)
Longtemps avant le seizième siècle, les Basques venaient dans le golfe Saint-Laurent faire la pêche à la morue. Or sur une carte géographique de Dufour représentant l’Europe occidentale de 962 à 1492, on voit la ville de Caspê, dans le royaume d’Aragon, partie nord-est de l’Espagne, et joignant le pays des Basques. En 1412, saint Vincent Ferrier résida quelque temps dans cette ville de Caspê en qualité de commissaire pour la controverse relative à la désignation de l’héritier des trois couronnes d’Aragon, de Catalogne et de Valence. (2) Les pêcheurs basques ne nous auraient-ils pas importé le nom de Gaspé de Caspé, ville d’Aragon ?
(1) Annales de la propagation de la foi, juin 1S87, p. 203.
(2) Analecta, 73ième livraison, p. 2034.
Champlain parle de Gaspé, qu’il épèle Gachepé, comme s’il était connu depuis longtemps.
Suivant l’abbé J. A. Maurault, ce nom serait une contraction du mot abénakis KatsepiSi, “ qui est séparément, qui est séparé de l’autre terre.” On sait en effet, que le Forillon, aujourd’hui miné par la violence des vagues, était un rocher remarquable séparé du cap de Gaspé.
Gatineau, Rivière (Ottawa)
La Gatineau a évidemment pris son nom d’un des membres de la famille Gatineau, aujourd’hui éteinte. Nicolas Gatineau dit Duplessis arriva au pays en 1649. Il fut greffier des Cent- Associés, aussi notaire et greffier de la Cour, aux Trois-Rivières et à Montréal. Après deux ans de résidence aux Trois-Rivières, il passa, en 1651, de l’autre côté du Saint-Maurice et s’établit au Cap de la Magdeleine, dans un village d’Algonquins. La Magdeleine était un grand marché des Sauvages qui, par peur des Iroquois, descendaient aux Trois-Rivières par le Saint-Maurice et la Gatineau. Gatineau lui-même était un fameux traitant. Nous trouvons son nom dans les registres pour la dernière fois en 1681. Peut-être se noya-t-il en voyage dans la Gatineau, qui prit son nom. (1)
Gautliier, Canton (Bertliier)
En l’honneur de Abel-Frédéric Gauthier, consul de France au Canada de 1864 à 1872.
Gaylmrst, Saint-Samuel tle (Beauce)
Gayhurst est un village du comté de Bucks, Angleterre.
(1) R. P. Alexis de Barbezieux, Histoire de la province ecclésiastique d’Ottaiva, p. 7‘2.
Le canton Gayhurst était en 1876 une mission naissante desservie par M. Samuel Garon, curé de Saint-Sébastien. Le 9 novembre 1876, l’archevêque de Québec lui écrivait pour l’encourager et lui conseiller de fixer tout de suite les endroits propices aux sites de futures chapelles dans l’étendue de sa mission. Sur ce désir de son chef, M. Garon choisit l’endroit actuel de Saint-Samuel, titulaire donné en l’honneur de son saint patron.
Gendreau, Canton (Pontiac)
Le Père Gendreau, oblat de Marie-Immaculée, président de la Société de Colonisation du Témiscamingue, fit énormément pour la colonisation de cette région.
Gendron, Canton (Québec)
En l’honneur de l’épouse de l’honorable S. -N. Parent, née Marie-Louise-Clara Gendron.
Gentilly (Nieolet)
La seigneurie de Gentilly fut concédée le 14 août 1676 à Michel Pelletier, sieur de la Prade. C’est peut-être en souvenir de la commune de Gentilly, à un kilomètre de Paris, que Michel Pelletier nomma ainsi sa seigneurie.
Gilbert, Rivière (Beauce)
L’embouchure de cette rivière arrosait la terre d’un nommé Gilbert, avant de se jeter dans la rivière Chaudière. Gilbert est le premier qui trouva de l’or sur les bords de cette rivière. On prétend même qu’à chaque saison de l’année, lorsque le lit de cette petite rivière était laissé à sec, Gilbert allait secrètement à la recherche du précieux métal et qu’il
eut le temps de réaliser une fortune considérable avant d’attirer l’attention publique sur ses opérations. (1)
Gillies, Canton (Pontiac)
M. David Gillies, député de Pontiac.
Girard, Canton (Lac Saiot-Jean)
M. Joseph Girard a été député à la législature de Québec avant de représenter le comté de Chicoutimi à la Chambre des Communes.
Godbout (Labrador)
“ Godbout est ainsi désigné, dit M. l’abbé IJuard, du nom d’un F. Godbout, capitaine d’une goélette appartenant à la compagnie de la Baie d’Hudson.” (2)
M. l’abbé Huard fait erreur, croyons-nous.
Dès 1670, la rivière Godbout portait ce nom. “ Le dix-huitième jour de mai 1670, raconte un Père Jésuite, je partis avec douze Oumamiois, et me rendis a la rivière Godbout, où ils s’étaient assemblés au nombre de cent trente personnes, tant Oumamiois que Ouchessigirouek.” (3)
Godefroy, .Rivière (Nicolet)
La rivière Godefroy coule dans l’ancienne seigneurie de M. Godefroy de Roquetaillade.
Godmancliester, Saint-Anicet de (Huntiugdon)
Godmanchester a été nommé ainsi en souvenir de la ville de Godmanchester, comté de Huntingdon, en Angleterre.
(1) Note de M. l’abbé Bois.
(2) Labrador et Anticosti, p. 67.
(3) J esuit Relations and allied documents, vol. LXXX, p. 86.
Gore, Canton (Argente uil)
Nous avons eu deux personnages de ce nom au Canada :
Sir Francis Gore fut lieutenant-gouverneur de la province du Haut-Canada.
Sir Charles Gore prit part à la suppression de la rébellion de 1S37.
Gosford, Canton (Portueuf)
Lord Gosford, cpii fut gouverneur du Canada de 1835 à 1838, s’éleva fortement au parlement britannique contre l’union des deux Canadas. Il rendit un bel hommage aux qualités des Canadiens-Français.
Gouin, Cauton (Bertliier)
L’honorable M. Lorner Gouin, premier ministre de la province de Québec.
Goynish, Kiylère (Labrador)
La carte de Bellin, datée de 1744, donne le nom de Goines à cette rivière. En divers documents plus récents, on trouve Aquanus, et Goynisli. Les cartes de l’Amirauté disent : Agwanus. Les gens de la côte prononcent : Gouanis. Comme on le voit, il y a de la filiation §ntre les mots : Goines, Gouanis, ou Goinis, Goynisli. (1)
Gracefield (O tawa)
Le premier marchand de l’endroit portait le nom de Grâce.
Granby (Sliefford)
Il y a, en Angleterre et aux Etats-Unis, plusieurs villes et villages du nom de Granby.
(1) L’abbé Victor-A. Huard, Labrador et Anticosti, p. 357.
Grand-Brûlé (Chicontimi)
Le printemps de l’année 1846 fut très liâtif. Le 5 mai,' les habitants du Saguenay étaient au plus fort des travaux des semences, et la plupart d’entre eux, profitant d’une sécheresse qui durait depuis plusieurs semaines, avaient mis le feu à leurs abattis. Tout à coup un fort vent de nord-est s’élève et le feu se propage avec une effrayante activité. En moins de deux heures l’incendie consuma la plus grande partie des habitations de Saint-Alphonse et de Saint-Alexis. A un certain endroit le feu consuma avec une telle rage qu’une étendue considérable de terrain y fut défriché par l’élément dévastateur. On appela cette trouée dans la forêt le Grand Brulé. (1)
Grand’Mère (Champlain)
Grand’Mère doit son nom à la forme du rocher qui sépare les deux chutes de cet endroit, et dont la ressemblance avec une vieille femme assise était frappante, il y a cinquante ans.
Grande- Anse, Saint-Théodore de (St-Maurice)
Ceux qui ont visité la Grande- Anse comprennent facilement pourquoi on l’a nommée" ainsi ; vis-à-vis l’endroit où se trouve l’église, la rivière Saint-Maurice s’élargit en demi-cercle, et forme une anse des plus grandes et des plus belles que l’on puisse voir.
Cette paroisse fut mise sous le patronage de saint Théodore en mémoire de M. Théodore Olscamp, fondateur et premier colon de la Grande- Anse.
Grande Coupe (Gaspé)
Cet endroit est nommé ordinairement la Grande Coupe. Cette ouverture dans les montagnes semble
(1) L’ Ois sau. Mouche, 8 avril 1893.
une résidence d’Eole. Le vent de terre surtout s’en élance avec furie.
Grande Décharge (Sagueuay)
La rivière Saguenay sort du lac Saint-Jean par un double canal dont un bras, beaucoup plus considérable que l’autre, s’appelle, pour cette raison, la Grande Décharge.
Grande-Grave, Saint-Augustin de la (Gaspé)
Le mot grave est français dans le sens d’un rivage de gravois. Il est employé dans les lieux de pêche, car il faut un tel rivage pour sécher la morue. Il était donc correct de désigner l’endroit qui nous occupe par le mot Grande-Grave.
Au commencement du siècle vivait à la Grande- Grave, M. Augustin Lehouillier, marchand. Fervent catholique, il ondoyait les enfants, enseignait le catéchisme, faisait les prières du dimanche et présidait aux enterrements. Par reconnaissance son nom fut donné à la mission.
Grande- lîivière (Gaspé)
Deux rivières coulent sur le territoire de Notre- Dame de la Grande-Rivière, la Grande et la Petite Rivière. Avant 1800, l’endroit était plutôt connu sous le nom de Petite-Rivière.
Grandville
Le 5 octobre 1707, Marie-Anne de Grandville, veuve du sieur de Soulange, se faisait concéder une seigneurie d’une lieue de front sur le Saint-Laurent, une lieue au-dessous de la rivière de Kamouraska, en descendant.
Grantham, Saint- Eugène de (Drummoud)
Grantham est une ville du Lincolnshire, Angleterre.
Dans son voyage d’Europe, *en 1820, Mgr Plessis visita Grantham.
On a mis cette paroisse sous le patronage de saint Germain, en l’honneur de M. Germain Sylvestre, un des premiers colons. M. Sylvestre mourut en 1893.
Gravel, Canton (Ottawa)
Mgr Elphège Gravel, premier évêque de Nicolet.
Greece’s Point (Argenteuil)
Le 31 décembre 1788, un billet de location signé par l’arpenteur-général de la province du Bas-Canada, était accordé au brigadier-général Allan McLean, du 84ème régiment, l’autorisant à occuper 5000 acres dans le canton de Chatham, comté de York. Le 29 mai 1790, ces terrains étaient vendus à Laclilan McLean, major au 60ème régiment à pied de Sa Majesté qui, le 16 septembre 1803, vendait le tout à John-William Greece pour la somme de £1250. (1)
Grenville, Canton (Argenteuil)
Dans la discussion sur l’établissement du gouvernement représentatif au Canada, lord Grenville fit, devant la Chambre des lords, un magnifique éloge des Canadiens. “ On a appelé préjugé, dit-il alors, l’attachement des Canadiens à leurs anciennes coutumes, qu’ils préfèrent aux lois anglaises. Je crois qu’un pareil attachement mérite un autre nom, car, à mes yeux, il est fondé sur la raison, ou, mieux
(1) C. Thomas, History of th&^counties oj Argenteuil, Québec and Prescott, Ontario, p. 307.
encore, sur les sentiments les plus nobles du cœur humain.”
Grenier, Canton (Sagueuay)
Le Père Ferdinand Grenier, oblat de Marie-Immaculée.
Grès, Saint-Etienne (les (Saint-Maurice)
“ Un peu au-dessus des Trois-Rivières, dans le Saint-Maurice, il y a un endroit appelé les Grès, où l’on voyait autrefois une chute comparable à celle de Niagara. Le tremblement de terre de 1663 ayant fait ébouler la montagne du haut de laquelle tombait la masse des eaux, il ne reste plus qu’une cascade de quinze pieds d’élévation. Les terrains d’alentour sont couverts de grands blocs de pierre, débris de l’ancien barrage de la rivière. Les Canadiens ont nommé ce lieu les Grès à cause de l’aspect qu’il présente. Depuis trois quarts de siècle on y voit des moulins à scie et quelques maisons pour loger les travaillants de ces moulins.
“ Le nom de la paroisse dans laquelle les Grès sont enclavés est Saint-Etienne, et l’on dit invariablement Saint-Etienne des Grès. Je^ me demande s’il y a coïncidence ou intention dans le choix de ce vocable. Saint-Etienne de Beauharnois, Saint-Etienne de Bolton, Saint-Etienne du Saguenay s’expliquent facilement et j’ai toujours pensé que Saint-Etienne des • Grès ne souffrait pas de doute, mais je commence à me poser la question de savoir si les auteurs de cet accouplement de noms ne renouvelaient pas un jeu de mots déjà fort ancien et dont voici le sens tel que le rapportent plusieurs historiens. A Paris, au onzième siècle, il y avait une église appelée Saint-
Etienne des Grès et une rue aboutissant à cet édifice nommée aussi Saint-Etienne des Grès. Il prit fantaisie à un bon moine de rapprocher “ grès ” de “degrés,” parceque l’on parvenait à l’église par de larges marches de pierre, et il écrivait en latin St Stephanus gradue. Grès devenait gradin. C’est un enfantillage pardonnable. L’église a subsisté jusque vers 1794. Une maison particulière occupe son emplacement auj ourd ’ hui.
“ Quelle est l’origine du surnom imposé à Saint- Etienne ? Les Bollandistes nous font connaître un saint personnage nommé Etienne, particulièrement consacré à la conversion de la race grecque, et ils le désignent comme “saint Etienne des Grecs”. Au moyen-âge et jusqu’au début de notre siècle, on prononçait grais ou grès, au lieu de grec. A présent nous disons “ grecque ” pour le masculin comme pour le féminin. Molière fait rimer “ Grecs ” avec “ grès ”. Ajoutons que l’orthographe était chose ignorée de nos aïeux et qu’ils prenaient les sons à l’oreille, par conséquent “grec” prononcé “grais” ou “grès” devenait “grès” et faisait oublier la source du terme même.
“ Mais les Triflu viens qui ont adopté Saint- Etienne des Grès savaient-ils cette histoire ? C’est peu probable. La rencontre des circonstances me paraît fortuite. Nous avions la localité des Grès, on a érigé là une paroisse Saint-Etienne qui devient Saint-Etienne des Grès, comme à Paris. Il me paraît certain que l’on a pas eu l’intention de copier Saint- Etienne des Grecs tout en écrivant “des Grès.” (1)
(1) Benjamin Suite, Monde Illustré , 20 juillet 1S95.
Grifliutown (Moutréal)
M. Griffin avait pris ce terrain à bail emphythéotique. Il transporta ce bail à M. McCord qui subdivisa cet immense terrain en emplacements.
Grondines (Portneuf)
C’est Champlain qui a été le parrain des Grondines. Parlant de cet endroit, il écrit : “ Les Grondines, et quelques îles qui sont proches, bon lieu de chasse et de pêche.”
M. Suite croit que ce nom poétique de Grondines vient des cascades et des rapides que l’on admire dans son voisinage. (1)
Grosbois
Le deuxième fils de Pierre Boucher, le vénérable fondateur de Boucherville, portait 1-e surnom de Grosbois. Il succéda à son père dans le gouvernement de Trois-Rivières. Ses descendants sont aujourd’hui connus sous le nom de Boucher de Grosbois.
Gros Cap-aux Os, Saint-Jean Baptiste (lu (Gaspé)
Cap aux Os est écrit dans les registres : Cap Bozo, Cap Buzo, Cap Boozo, Cap Oiseaux, Cabozo, Cap Ozo, enfin Cap aux Os. Ce nom vient, paraît-il, du premier habitant qui s’appelait Bozo et était un Guernesais protestant. Les registres n’en parlent pas. Les documents publics écrivent Cabozo ; les documents religieux ont adopté l’orthographe Cap-aux- Os.
Saint Jean-Baptiste avait d’abord été donné pour titulaire à l’Anse-au-Griffon. Mais quand on vit que tous les Canadiens fixés à la Grande-Grave venaient
(1) Histoire des Canadiens- Français, vol. II, p. 68.
s’établir là, on donna saint Joseph pour patron à l’Anse-au-Griffon et on mit le Cap-aux-Os sous le vocable de saint Jean-Baptiste.
Gros Crapaud (Matane)
Les postes du Gros Crapaud, du Petit Crapaud et de l’Anse Crapaud sont situés dans les cantons Cherbourg et Dalibert. Dans ces endroits, pendant quelques lieues, l’œil ne voit de toutes parts que petits- rochers isolés, arrondis, de couleur brune : on croirait voir pétrifiés une nuée de gigantesques crapauds qui se serait abattue dans ces endroits peu fréquentés.
Grosse Ile (Moutmaguy)
“ La Grosse-Ile, prétend le docteur Montizambert, était autrefois appelée île de Grâce. De l’anglais Grâce Island on a fait Grosse-Ile.” Nous croyons qu’on lui a donné ce nom de Grosse -Ile pour la distinguer des îles environnantes.
Guérin, Canton (Pontiae)
L’honorable James- John-Edmund Guérin, ancien député de Montréal No 6 et ministre sans portefeuille.
Guignes, Saint Bruno de (Pontiae)
Guigues, à la tête du lac Témiscamingue, rappelle et rappellera à perpétuité le nom du premier évêque d’Ottawa, Mgr Joseph-Eugène-Bruno Guigues.
Guigues a aussi été mis sous le patronage de saint Bruno en l’honneur de Mgr Guigues.
Guillaume-Bonhomme (Portneuf)
Le 24 novembre 1682, le gouverneur de La Barre et l’intendant de Meulles concédaient au sieur
Guillaume Bonhomme une lieue de front sur deux lieues de profondeur, à prendre au bout des concessions de M. Juchereau de la Ferté, tirant vers la rivière Jacques-Cartier.
Ilackett, Canton (Cliaiuplain)
• L’honorable Michael-Felix Hackett, député de Stanstead, président du Conseil Exécutif dans le gouvernement Taillon et secrétaire provincial dans le gouvernement Flynn.
Haldiniand (Gaspé)
Sir Frédéric Haldimand, gouverneur-général du Canada après Carleton.
Halifax, Saint-Ferdinand d’ (Mégautic)
Halifax est une ville manufacturière du Yorkshire, Angleterre.
En 1830, quelques cultivateurs de Saint-Nicolas, de Saint-Antoine de Tilly et de Saint-Sylvestre allèrent s’établir dans le canton Halifax, dont ils avaient entendu vanter la fertilité par M. Michel Dufresne, curé de Saint-Nicolas, qui l’avait exploré dans toutes ses parties. C’est M. Ferdinand Gauvreau, curé de Saint-Sylvestre, qui, le premier, alla offrir les secours de la religion aux braves colons du canton Halifax. C’est pour cette raison qu’on l’a placé sous la protection de saint Ferdinand.
Ham (Wolfe)
On connait la forteresse de Ham, en France, où Napoléon III fut confiné de 1840 à 1846. Mais nous croyons que notre canton de Ham a pris son nom du petit village de Ham, comté d’Essex, Angleterre.
Hamilton, Saint Bouaventure de (Bouaventure)
Le canton Hamilton a été nommé ainsi en l’honneur du colonel Henry Hamilton, un des lieutenants de Amhërst dans la guerre qui se termina par la prise de Québec. Hamilton fut lieutenant-gouverneur de Québec, puis administrateur de tout le Canada pendant l’absence du gouverneur Haldirnand. Il nous fait plaisir de constater que son nom a été perpétué, car pendant son administration il montra beaucoup de sympathie aux Canadiens.
Quant au titulaire, saint Bouaventure, il a été choisi à cause de la rivière Bouaventure qui coule dans le canton Hamilton.
Hampden, Canton (Compton)
Paroisse du comté de Bucks, Angleterre.
Harrington, (Canton (Argenteuil)
Harrington est une petite ville située sur les côtes d’Angleterre.
Hartwell, Canton (Ottawa)
Village du comté de Northampton, Angleterre.
Harvey, Canton (Cliicoutimi)
C’est M. Harvey, un des premiers colons du comté de Chicoutimi, qui a donné son nom à ce canton.
Hatley, Canton (Stanstead)
Hatley, paroisse du comté de Cambridge, Angleterre.
Havelock, Canton (Huntingdon)
Le général Havelock se distingua pendant la guerre de Crimée.
Heatlville (Drummond)
Il y a eu deux personnages du nom de Head au Canada.
Sir Francis-Bond Head fut lieutenant-gouverneur du Haut-Canada pendant les troubles de 1S37-38.
Sir Edmund-Walker Head, après avoir été lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Ecosse, fut gouverneur-général du Canada de 1854 à 1861.
Hébertville (Chicoutîmi)
Hébertville fut nommée ainsi en l’honneur de M. Nicolas-Tolentin Hébert, curé de Saint-Louis de Kamouraska, principal fondateur de cette paroisse prospère.
Hedleyville (Québec)
M. Hedley Anderson, marchand de bois, était propriétaire des terrains qui forment aujourd’hui Hedleyville.
Heniniingford, Saint- Romain de (Huntingalou)
Ce nom devrait s’écrire Hemingford. L’usage cependant a prévalu de mettre deux m. Et cet usage a donné cours à une opinion insoutenable à propos de l’origine de ce nom. D’après cette opinion un nommé Hemming serait venu s’établir près d’un gué (ford) et de là serait dérivé le nom tel qu’épelé actuellement : Hemmingford. Mais on ne trouve aucune trace d’individu de ce nom près des deux petites rivières qui traversent le canton. Voici, d’après nous, la véritable origine du nom Hemmingford. Le comté de Huntingdon fut nommé ainsi d’après le comté de Huntingdon, en Angleterre. Or, dans le comté anglais de, Huntingdon il y a une ville du nom de Hemingford.
C’est le 9 août 1853 que Hemmingford fut érigé en paroisse. Mgr Bourget lui donna pour titulaire le saint dont l’Eglise célébrait la fête ce jour-là.
Henryville, Saint-George <le (Iberville)
Au commencement du dix-neuvième siècle quelques habitations surgirent en cet endroit et formèrent un petit village qui prit le nom de Henryville, en l’honneur de Edme Henry, agent du seigneur Burton, et qui y venait, chaque année, séjourner quelque temps pour traiter des affaires de la seigneurie de Noyan.
Henryville fut primitivement une paroisse protestante érigée par lettres patentes du gouvernement sous le règne de George IV et on lui donna le nom de Saint-George. Plus tard, quand la population eanadienne-francaise fut assez forte, Mgr Lartigue, évêque de Montréal, érigea Henryville en paroisse catholique et elle continua à porter le nom de Saint- George.
Hereford, Saint- Venant de (Coin pt on)
Hereford est un comté d’Angleterre.
Heu, Pointe du (Charlevoix)
“ En consultant les plus anciennes cartes du Canada, j’y relève les noms de certains points qui sont encore aujourd’hui désignés de la même façon par les gens du pays. Ainsi, en face de la Pointe-au-Pic, s’aperçoit un promontoire que les indigènes appellent le Heu. Je surpris un jour un abbé et un juge de jadis habitués de la Malbaie, en leur révélant ce détail de géographie que j’avais appris en me mêlant au peuple, en ma qualité de démocrate. Ce mot bizarre m’intriguait et sa signification m’était incon-
nue ; un ancien dictionnaire me prêtant son aide, je vis qu’il signifiait “ mouillage sûr pour les navires.”
En effet, la Pointe du Heu offre un excellent abri contre le nord-est. .J’y ai vu un jour le Blake et deux autres frégates anglaises.” (1)
Hinchiubrooke, Saint-Patrice tle (Huntingrlon)
Le canton de Hinchiubrooke a pris son nom de la ville de Hinchingbrook, comté de Huntingdon, Angleterre. Le g ne se prononçant pas dans Hinchingbrook, les Anglo-Canadiens, toujours expéditifs, l’ont enlevé.
La plupart des premiers colons de Hinchinbrooke étaient des Irlandais. C’est la raison qui a engagé Mgr Bourget à donner saint Patrice pour titulaire à ce canton.
Hincks, Canton (Ottawa)
Sir Francis Hincks a joué un grand rôle dans la politique de notre pays.
Hochelaga
Hochelaga, oshelaga, oshinaka, oshinakano, dit le Père Arnaud, l’endroit où l’on surprend quelqu’un dans une embuscade, et où l’on s’en moque ; il est tourné en dérision. Ceux qui sont familiers avec l'histoire des Sauvages peuvent nous dire si le lieu qu’ils appelaient Hochelaga a été le théâtre de quelque cruauté ou embûche. (2)
“ Hochelaga, croit M. l’abbé Main ville, est une corruption du mot iroquois Oserake qui peut vouloir dire trois choses entre lesquelles on pourra choisir : 1° A la chaussée des castors. 2° Où l’on fait les
(1) La Presse, 16 juin 1900.
(2) Annales de la propagation de lajoi, 1880.
haches. 3° Là où l’on passe l’hiver. La langue iroquoise se paie le luxe d’avoir des homonymes. Lorsque ces homonymes se trouvent dans une phrase le contexte en détermine le sens d’une manière satisfaisante ; mais s’ils se trouvent seuls, on a toute liberté de faire son choix, avantage inappréciable dans un siècle de liberté. ” (1)
Hocquart, Canton (Témiscouata)
L’intendant Gilles Hocquart travailla activement au développement de la Nouvelle-France.
Honfleur-sur-Péribouka (Lac Saint- Jean)
Dans une réception que lui faisait la ville de Honfleur, le 14 août 1898, l’honorable M. Adélard Turgeon, ministre de la colonisation et des mines de la province de Québec, s’exprimait ainsi, au milieu des applaudissements répétés d’une assistance d’élite :
“ Tout bon musulman veut au moins une fois dans sa vie faire le pélèrinage de la Mecque. C’est la suprême ambition de tout Canadien de faire le voyage de France, et pour moi qui suis Normand, le voyage eut été incomplet, et le but que je poursuivais mal réalisé, si je n’avais vu la Normandie si belle sous ses aspects variés, si riche par ses souvenirs historiques. Pour perpétuer la mémoire de mon passage en Normandie qui restera l’un des souvenirs les plus agréables de ma carrière, pour créer un nouveau lien d’affection entre ma patrie normande et le pays canadien, je vais, par un télégramme daté de votre ville, faire donner au dernier canton créé dans la province de Québec, le nom de la ville de Honfleur ! ”
(1) Bulletin des Recherches Historiques, vol. IV, p. 2S6.
Hcpe, Canton (Bonaventure)
Le colonel Henry H ope remplaça, en 1785, le colonel Hamilton comme lieutenant-gouverneur de la province de Québec.
Horton (Artliabaska)
Il y a un grand nombre de villages du nom de Horton en Angleterre. Il v a même une ville de ce nom qui a une population de près de 50,000 âmes.
Le canton Horton a peut-être été nommé ainsi en l’honneur de Wilmot Horton, membre de la Chambre des Communes d’Angleterre, qui s’occupa de rémigration anglaise dans notre pays.
Howard, Saint- Adolphe de (Argenteuil)
Frédéric Howard, cinquième comte de Carlisle, se distingua dans la Chambre des Lords par ses mesures modérées dans la crise américaine. Il fut un des trois commissaires nommés en 1778 par George III pour visiter les colonies et leur conseiller la paix. Sa mission fut sans résultat, car c’était pour les colons parti pris de se séparer de l’Angleterre.
La paroisse de Saint-Adolphe, dans le canton Howard, tire son nom de M. l’abbé Adolphe Jodoin, curé de Saint-Sauveur des Monts, qui a donné le premier élan à cette colonie en 1878. A cette époque plusieurs colons vinrent de Saint-Sauveur s’établir sur des lots. M. Jodoin obtint de l’argent du gouvernement pour leur ouvrir des chemins.
Howick (Clifiteaug-uay)
La paroisse, ou plutôt le canton de Howick, lut nommé ainsi en l’honneur de lord Howick, soussecrétaire d’Etat pour les colonies en 1830. C’est lord Howick qui fit adopter par les Communes d’ An-
gleterre l’acte qui accordait à l’Assemblée législative du Bas-Canada, le contrôle de ses revenus.
Huberdeau (Argenteutl)
Huberdeau est le nom du fondateur de l’important orphelinat agricole qu’on voit à Arundel. En 1887, la Providence inspirait à un vieux prêtre retiré à Montréal, M. Huberdeau, ancien curé d’Albany, de consacrer ses économies qui s’élevaient à $10,000 à un orphelinat agricole dans le canton d’ Arundel. Quelques semaines après sa donation, ce vénérable prêtre mourait et recevait sa récompense en paradis.
Huddersfiela, Canton (Pontiac)
Huddersfield, ville du comté de York, Angleterre,
sur les rives de la rivière Colne.
Hudson Heig-lxts (Vaudrcuil)
C’est vers 1865 qu’on a commencé à désigner la Pointe à Cavagnal par le nom Hudson Heights. L’épouse de M. George Matthews, propriétaire d’une manufacture de verre établie à la Pointe à Cavagnal, portait le prénom Hudson, et c’est en son honneur qu’on le donna à l’endroit en question.
Hull (Ottawa)
Hull fut fondée par Philémon Wright, qui émigra de Woburn, Etats-Unis, en 1797. Philémon Wright était né à Hull, ville importante d’Angleterre ; c’est donc en souvenir de la patrie absente qu’il choisit ce nom de Hull, sous lequel, depuis tout près d’un •siècle, cette ville est connue.
Huntiugdon
En mai 1792, une proclamation divisait la province de Québec en 21 comtés, tous, à l’exception de
six, portant des noms anglais. Avec la vaste région située à l’est de la rivière Richelieu un grand comté fut formé et nommé Huntingdon, en souvenir du comté de Huntingdon, à quatre-vingt-onze kilomètres de Londres.
Huntingville (Compton)
Les premières familles qui s’établirent ici portaient toutes le nom de Hunting.
Iberville
“ Pierre LeMoyne d’ Iberville, dit M. Léon Guérin, fut l’un des plu i grands marins à la fois et l’un des plus habiles navigateurs que la France ait jamais eus. C’était un héros dans toute l’étendue de l’expression. Si ses campagnes, prodigieuses par les résultats obtenus avec les plus faibles moyens matériels, avaient eu l’Europe pour témoin et non les mers sans retentissement des voisinages du pôle, il eût eu, de son vivant et après sa mort, un nom aussi célèbre que ceux des Jean Bart, des Duguay-Trouin et des Tourville, et fût sans aucun doute parvenu aux plus hauts grades et aux plus grands commandements dans la marine.” (1)
Pour quelle raison Pierre LeMoyne avait-il pris le surnom d’Iberville ? “ Lorsque Pierre LeMoyne
commença à servir dans la marine, disent MM. Jocloin et Vincent, il y avait parmi les sous-secrétaires d’état, un M. d’Iberville qui peut-être protégea le jeune officier et lui laissa son nom qu’il allait illustrer.” (2)
M. Faillon donne une autre origine au surnom d’Iberville : “ LeMoyne emprunta son nom d’Iber-
(1) Histoire maritime de France, tome III, p. 426.
(2) Histoire de Lonrjueuil et de la famille de Loivjueuil, p. 111.
ville du fief de ce nom, Sous-la-Haie, dans la châtellenie d’Hotot-sur-Dieppe.” (1)
Ile à Bigot (Cliamplain)
Ce n’est pas le triste intendant Bigot qui a donné son nom à cette île mais le Père Bigot, procureur des seigneuries des Jésuites dans la Nouvelle-France.
Ile à la Pierre (Cliamplaiu)
Ce nom est dû aux carrières que les habitants de Ville-Mayie y exploitaient pendant plusieurs années au commencement de la colonie. Le Père Charlevoix, sur l’une de ses cartes topographiques, l’appelle l’île Saint-Pierre. L’un des propriétaires modernes de cette île, M. Cteorge Moffatt, lui a substitué son propre nom, et l’a appelée Moffatt' s Island ; ce nom' cependant n’a pas prévalu, quoique quelques cartes anglaises lui donnent encore le nom d’île Moffatt.
Ile h la Potlierie (Saint-Maurice)
Cette île fut désignée à l’origine sous le nom d’île aux Cochons. En 1649, l’île aux Cochons fut concédée à M. de la Potlierie et elle prit dès lors le nom de son propriétaire.
Plus tard, l’île à la Potherie fut achetée par M. Bellerive et elle porta pendant quelque temps le nom de son nouveau propriétaire.
Bouchette la désigne sous le nom d’île à l’Abri parcequ’elle offrait une protection sûre aux vaisseaux.
Jle Allriglit (Iles de la Madeleine)
Nous croyons que cette île n’a jamais eu de nom français : cela vient sans doute de ce qu’elle a été
(1) Histoire de la colonie française en Canada, vol. III, p. 351
longtemps considérée comme faisant partie de l’île de la Madeleine, à laquelle elle est presque contiguë.
Ile Amherst (Iles de la Madeleine)
Le nom d’ Amherst a été donné à cette île de l’archipel de la Madeleine en l’honneur du général Amherst, qui prit une si grande part à la conquête du pays en 1759. Elle portait autrefois le nom de Aubert. Ce nom lui venait, assure la tradition, d’un des compagnons de Jacques Cartier.
Ile Aroussen (Ottawa)
Le populaire dit île à Houssin. Il a tort. Ce nom est d’origine algonquine.
Ile au Canot (Montmagny)
Pendant l’arrêt forcé du Père Le Jeune sur l’île Patience, en 1633, un des canots de l’expédition attaché au rivage partit et alla s’échouer plus loin sur un îlot qui a gardé depuis le nom d’île au Canot.
Ile au Cheval (Verclières)
L’île au Cheval fait partie de la paroisse de Varennes dont elle n’est séparée que par un chenal peu profond. Elle a pris son nom de la coutume qu’avaient les anciens seigneurs d’y envoyer les chevaux en pâturage après avoir enlevé le foin dont elle était couverte. (1)
Ile au Sépulcre (Sagueuay)
Deux noyés trouvés sur les rivages de cette île y furent enterrés.
Ile aux Basques (Témiscouata)
Les Basques avaient formé, en ce lieu des établis-
(1) Note de M. l’abbé Bois.
sements pour la pêche, pour l’exploitation des huiles de poisson et surtout pour faire la traite des pelleteries avec les Sauvages de Tadoussac.
Ile aux Chats (Argenteuil)
Il y a eu pendant longtemps plusieurs moulins sur l’île aux Chats, ce qui attire toujours les rats. Aussi pour se débarrasser de ces encombrants personnages les meuniers amenèrent sur l’île un grand nombre de chats.
Ile aux Cochons (Bertliier)
Cette île porta d’abord le nom d’île Moras, à cause de Quentin Moras. On l’a aussi appelée île de la Trinité parce qu’elle était la dernière des trois principales îles qui se trouvent au confluent du Saint- Maurice avec le Saint-Laurent. Bouchette l’appelle l’île du Milieu. Aujourd’hui on l’appelle l’île Maillet, du nom d’un de ses propriétaires, et plus communément on dit l’île aux Cochons.
Ile aux Corneilles (Kamouraska)
Des cohortes innombrables de ces noirs volatiles y séjournent tout l’été.
Ile aux Coudres (Charlevoix)
C’est le 6 septembre 1535 que l’île aux Coudres reçut de Jacques Cartier le nom qu’elle a toujours porté depuis. Il la nomma ainsi à cause des noisetiers (le noisetier porte aussi le nom de coudrier) qu’il y trouva en abondance. “ Le sixiesme jour dudict moys, dit-il dans son Brief récit et succincte narration, avec bon vent feismes courir à mont le dict fleuve environ quinze lieues, et vinsmes poser à une isle qui est bort à la terre |du Nord, qui faict
une petite baye et couche de terre : à laquelle y a ung nombre inestimable de grandes tortues, qui sont es environs d’icelle ysle. Pareillement par iceulx du païs se faist es environs de la dicte ylfe grand pescherie de Adhotbuys. Il y a aussi grand courant es environs de ladicte ysle contient environ trois lieues de long et deux de large : et est une moult bonne terre et grasse, plaine de beaulx et grands arbres de plusieurs sortes : et entre autres y a plusieurs couldres franches que trouvasmes fort chargées de noisilles aussi grosses et de meilleur saveur que les nostres, mais ung peu plus dures. Et parce la nommasmes l’ysle es Couldres.”
Ile aux Grues (Moutmagny)
Autrefois, la sage grue avait choisi l’île qui porte son nom comme endroit d’arrêt, pendant ses migrations du printemps et de l’automne de la Floride aux froides régions de la baie d’Hudson.
Ile aux Hérons (3Iontmagny)
Au dire des Sauvages que rencontra Champlain en 1611 il y avait si grande quantité de hérons sur cette île, que “ l’air en était tout couvert.”
Ile aux Lièvres (Kamouraska)
L’ijle aux Lièvres fut ainsi nommée par .Jacques Cartier, parce que, à son retour en 1536, il y trouva, quantité de lièvres :
“ Le lendemain, dit-il dans son Brief récit et succincte narration, 16 du dict moys de may nous appareillasmes de la dicte ylse qui est a environ quinze lieues de la dicte isle es couldres, laquelle est grade d’environ cinq lieues de long, es la passasmes celluy jour pour passer la nuit, espérant le lende-
main passer les dangiers du Saguenay, lesquelz sont grands. Le soir feusmes à la dicte isle, où trouvasmes grand nombre de lièvres, desquels eusmes quantité : et par ce la nomasmes l’isle es lievres.”
Ile aux Noix (Saint-«Jean)
Ainsi nommée de l’ abondance des noix qu’on y trouva.
Ile aux Oeufs (Labrador)
Les margaux et les godets venaient ici déposer leurs œufs.
La flotte de l’amiral sir Hovenden Walker se perdit sur les récifs de l’ile aux Œufs, dans la nuit du 22 août 1711. “ On crut envoyer à l’Ile aux Œufs ramener les dépouilles des Anglais, dit la mère Juchereau de Saint-Ignace. On trouva un spectacle dont le récit fait horreur : plus de 2000 cadavres nus sur la grève qui avaient presque tous des postures de désespérés ; les uns grinçaient des dents, les autres s’arrachaient les cheveux, quelquesuns étaient à demi-enterrés dans le sable, d’autres s’embrassaient. Il y avait jusqu’à sept femmes qui se tenaient par la main et qui apparemment avaient péri ensemble. ” (1)
lie aux Oies (Montniagny)
Six milles en bas de l’île aux Grues le touriste
découvre les rivages verdoyants de l’île aux Oies. L’île aux Oies fut ainsi nommée, dès les commencements de la colonie, de la multitude prodigieuse de canards, d’outardes et surtout d’oies qu’on y voyait, et qui faisaient retentir de leurs cris tous les lieux circonvoisins.
(1) Histoire de V Hôtel-Dieu de Québec.
lie aux Perroquets (Labrador)
L’île aux Perroquets est située entre Blanc Sablon et Brador (nommé par Cartier les Islettes). Elle a reçu son nom d’une espèce de canards à tête de perroquet, dont elle était couverte.
Ile aux Pommes (Témiscouata)
“ On l’appelle ainsi, écrivait Montcalm en 1756, à cause de la quantité étonnante d’une plante rampante qui produit un petit fruit rouge, ressemblant pour la figure à celui qui est connu dans les provinces méridionales de France sous le nom d’azerole. Dans le printemps, ce fruit est dans sa maturité d’un goût délicieux très estimé des sauvages et des canadiens. On en fait de bonne liqueur. ” (1)
Ile aux Réaux (Montmorency)
“ L’ile aux Ruaux, écrit M. T.-P. Bédard, fut nommée ainsi de M. Ruaux, pieux personnage qui s’était donné au commandeur Brulart de Sillery ”.
INI. J. -Edmond Roy donne une autre origine au mot Réaux :
Les navigateurs canadiens appelaient autrefois la traverse le détroit qui se trouve entre l’île d’Orléans et l’île aux Réaux, à dix lieues -environ de Québec, parce que les vaisseaux qui remontaient le fleuve en longeant la rive nord changeaient là leur course et gagnaient les eaux qui baignent le versant sud de l’île d’Orléans. C’est l’illustre marin d’Iberville qui, le premier, trouva le passage maintenant suivi par les marins à la droite du Saint-Laurent et qui a pris son nom de l’ancienne traverse. On écrit aujourd’hui l’île aux Réaux et l’on prononce comme
(1) Journal de Montcalm, p. 53.
si le mot était écrit Rau. Champlain disait Vile aux Ruos, et les anciens missionnaires jésuites, Vile aux Ruaux, Reau ne veut rien dire, tandis que Ruau signifiait dans l’ancien langage : détroit. On appelle encore en France un détroit qui sépare l’île de Jersey des roches de Dirouilles et d’Ecrehon, dans la Manche, à quelques milles des côtes de France, le Ruau
Ile Bizard (Jacques-Cartier)
L’île Bizard prit son nom de Jacques Bizard, à qui elle fut concédée le 25 octobre 1678. Il était alors major de Montréal ; c’est pourquoi, sur les cartes du temps, l’île Bizard était désignée sous le nom de “ l’Isle du Major ” ou simolement “ Isle Major
M. Jacques Bizard, né en 1642, était fils de David Bizard et de Guillemette Robert, de Neufchâtel, en Suisse. Il fut inhumé dans l’église de Montréal le 6 décembre 1692. Il joua un certain rôle dans l’histoire militaire de la colonie à cette époque, et prit part à plusieurs des expéditions que firent alors les gouverneurs contre les Iroquois.
Ile Bouclier (Saint-Maurice)
Cette île concédée à Pierre Boucher en 1655 a été appelée successivement île de la Croix et île Saint- Joseph. Mais le nom de Boucher a prévalu.
Ile Coflin (Iles de la Madeleine)
L’île Coffîn qui forme partie de l’archipel de la Madeleine a été appelée autrefois l’île Royale. On lui donna le nom de Coffin en l’honneur de l’amiral
(1) Lettres du Père F. X. Duplessis, p. 2.
Coffîn a qui l’archipel de la Madeleine fut concédé le 24 août 1798.
Ile Coquart (Clilcoutimi)
L’île Saint-Barthélemy ou île Coquart a été nommé ainsi en l’honneur du Père Coquart, l’avantdernier missionnaire jésuite qu’ait eu le Saguenay et qui mourut à Chicoutimi en 1765.
Ile de Brion (lies de la Madeleine)
L'ile de Brion fut découverte par Jacques Cartier le 25 juin 1534. Le navigateur malouin lui donna ce nom en l’honneur de l’amiral de France, Philippe de Chabot, comte de Busançois et de Charny, et seigneur de Brion.
C’est à l’amiral de Brion que Cartier soumit le dessein qu’il avait formé d’aller explorer les pays que l’on appelait alors les Terres neuves de l’Amérique du Nord. L’amiral accueillit ce projet et voulut même l’encourager ; il fit donner l’autorisation royale au plan du navigateur et fut ainsi l’un des promoteurs de la découverte du Canada.
Comme ici-bas tout se perd, l’île de Brion n’est plus connue par la plupart de nos marins canadiensfrancais que sous le nom de Brillante, pendant que les cartes anglaises la désignent sous le nom de Bryon Island, et que la géographie élémentaire à l’usage des frères de la doctrine chrétienne, au Canada, l’appelle poétiquement l’île de Byron. (1)
Iles de la Madeleine
Le 19 janvier 1663, les îles Brion et Saint- Jean, deux des îles connues aujourd’hui sous le nom d’îles
(1) Faucher de Saint-Maurice, Promenades dans le golfe Saint- Laurent, p. 147.
de la Madeleine, furent concédées . au sieur Doublet, maître apothicaire, résidant sur la rue Brulé à Honfleur. Dans ses lettres patentes, le Roi lui accordait le privilège de porter dans l’écusson de ses armes comme support deux Sauvages avec leurs massues, et de changer le nom de ces îles en celui de Madeleine, qui était le prénom de sa femme ; en effet elle s’appelait Madeleine Fontaine.
Ile d’Entrée (Iles de la Madeleine)
L’île d’Entrée est située à l’entrée sud-est du groupe des îles de la Madeleine ; c’est probablement ce qui lui a valu son nom.
Ile des Allumettes (Pontiae)
L’île des Allumettes fut ainsi appelée, dès les commencements de la colonie française, de la grande quantité de roseaux qui y croissaient et dont on se servait en guise d’allumettes.
Plus tard, on appella l’île des Allumettes île du Borgne pareeque le chef des Algonquins qui y était établi était borgne.
Ile des Cinq (Saint- Maurice)
Cette île est vis-à-vis le portage des cinq, c’est-à-dire le portage à faire entre les cinq lacs qui se trouvent là. Ce portage passe sur la pointe de terre formée par la Matawin qui se jette dans le Saint-Maurice. (1)
Ile des Sœurs (Cliâteauguay)
On donne à cette île le nom d’île des Sœurs parce qu’elle appartient aux Sœurs Grises de Montréal. Elle est aussi connue sous le nom d’île Saint-Bernard.
(1) Note de M. l’abbé Bois.
lié <l’ Orléans (Montmorency)
Lorsqu’en 1535 Jacques Cartier monta le Saint- Laurent pour la première fois, la grande et belle île qui porte aujourd’hui le nom d’Orléans, attira son a ttention. S’ estant posé et à V ancre entre icelle grande isle et la terre du Nort, il y débarqua. A. son approche, les naturels prirent la fuite, mais la vue de Taiguragnv et de Domagaya qui l’accompagnaient les rassurèrent et ils vinrent aux navires des Français échanger des poissons, du mil et des melons. Cartier se rendit ensuite à la rivière Sainte-Croix où il plaça ses vaisseaux. Le lendemain, il retourna à l’île : “ Estans à la dicte ysle la trouvasmes plaine de fors beaulx arbres de la sorte des nostres. Et pareillement y trouvasmes force vignes, ce que n’avions veu par ci devant à toute la terre, et par ce la nommasmes l’isl'e de Bacclius ”.
C’est là le premier nom donné à l’ile d’Orléans.
Lescarbot donne à entendre qu’au printemps de 1536, Cartier changea le nom de Bacclius en celui d’Orléans. Le Brief récit et succincte narration, relation du voyage de 1535 faite par Cartier lui-même, n’en souffle mot. C’est une pure invention de Lescarbot qui tronque un passage du récit de Cartier.
Le Brief récit et succincte narration dit :
“ Le samedy sixiesme jour dud moys nous appareillasmes de havre saicte Croix et vinsmes à ysle es Coudres ”.
Lescarbot reproduit :
“ Le samedi sixième jour de May nous appareillâmes du havre Saincte-Croix, et vinmes poser au bas de Vile d’ Orléans ”.
D’ailleurs, Lescarbot se contredit lui-même quelques pages plus loin :
“ Quartier, dit-il, ne s’arrêta guère ni en la rivière du Saguenay, és iles aux Coudres et d’Orléans (ainsi s’appelle aujourd'hui celle où il mit à terre les deux sauvages qu’il avoit ramenés de France)
Le nom de Bacchus dut faire place à celui d’Orléans au troisième voyage de Cartier.
Tliêvet, qui visita le Canada quelque temps après Cartier, dit dans son Grand insulaire :
“ J’avais oublié à vous dire qu’une isle nommée des Français Orléans et des sauvages Minigo est l’endroit où la rivière est la plus étroite. L’isle de Minigo sert de retraite au peuple de ces pays pour se retirer lorsqu’ils sont poursuivis de leurs ennemis, et là où ils les mettent, les ayant pris en vie, pour les garder quelques lunes et jours, pour après les massacrer à la façon et manière que leurs anciens ennemis faisaient d’eux quand ils les avaient pris, ou sur terre ou sur mer. Autour de la dite isle, c’est la plus belle pêcherie qui soit en tout le grand océan, et où les baleines y repairent en tout temps. Les Bayonnais, Espagnols et autres y vont à la pêcherie pour y prendre ces grandes baleines ”. C’est peut-être Ouinigo (de l’algonquin Ouindigo, ensorselé), fait remarquer l’abbé Laverdière, que les Sauvages nommaient l’ile d’Orléans. (1) Ailleurs, Thé vet nous dit pourquoi le nom d’Orléans fut substitué à celui de Bacchus : “ Il est question de savoir, dit-il, que lorsque cette terre canadienne fut premièrement découverte par les Français, pour y faire nouvelle colonie, et eussent pénétré en la côte de cette terre que environs et rivière d’icelle, étant curieux d’immortaliser le nom et la mémoire des rois et princes de France, ayant mis pied à terre en quel-
(1) Champlain, Oeuvres, tome II, p. 24.
ques îles leur donnaient le nom de prince ou princesse de France, comme ils faisaient de cette île, laquelle ils nommèrent Ile d’Orléans, en l’honneur d’un fils de France, qui lors vivait et se nommait alors Valois, duc d’Orléans, fils de ce grand roi de France de Valois, premier de ce nom (1)
Les Sauvages, selon Tliévet, appelaient l’île d’Orléans Minigo. Le baron de La Honton, voyageur peu digne de foi cependant, dit que le nom sauvage de l’île était Baccaléos.
Lorsque, en 1651, les Hurons vinrent se réfugier dans l’île d’Orléans, ils lui donnèrent le nom d’île de Sainte-Marie, en souvenir de leur mission du pays des Hurons détruite par les Iroquois.
En 1675, l’île, appartenant à M. François Berthelot, fut érigée en comté noble, sous le nom d’île et comté de Saint-Laurent. “ Avant que d’arriver à Ivébek, écrivait le Père Le Jeune en 1632, on rencontre au milieu de cette grande rivière une isle nommée de Saint-Laurens, qui a bien sept lieues de long : elle n’est éloignée du bout plus occidental que d’une lieue de la demeure des Français (2) Mais c’est par erreur que le Père Le Jeune lui donne ce nom, qu’on ne trouve pas ailleurs avant 1675.
A partir de cette dernière date jusque vers 1770, l’île d’Orléans a porté alternativement le nom de Saint-Laurent et d’Orléans. Le premier de ces noms prévalut cependant dans les actes et documents publics. Depuis plus d’un siècle, on ne donne plus à l’île que le nom d’Orléans.
On a surnommé autrefois l’île d’Orléans l’île des Sorciers. Deux raisons peuvent avoir contribué à
(1) Ce fils de France était Henri II.
(2) Relation de* Jésuites.
lui faire doilner ce nom. Charlevoix, dans son Journal d’un voyage fait par ordre du roi dans l’Amérique septentrionale, écrit : “ Le dimanche vingt-deux nous étions mouillés par le travers de l’ile d’Orléans, où nous allâmes nous promener en attendant le retour de la marée. Je trouvai ce pays beau, les terres bonnes, et les habitants assez à leur aise. Ils ont la réputation d’être un peu sorciers et on s’adresse, diton, à eux pour savoir l’avenir, ou ce qui se passe dans des lieux éloignés. Par exemple, si les navires de France tardent un peu trop, on les consulte pour en avoir des nouvelles et on assure qu’ils ont quelquefois répondu assez juste : c’est-à-dire, qu’ayant deviné une ou deux fois et ayant fait accroire, pour se divertir, qu’ils parlaient de science certaine, on s’est imaginé qu’ils avaient consulté le Diable ”.
On explique ce surnom d’une autre manière aussi :
“ L’anguille était autrefois très abondante sur les bords de l’île d’Orléans ; chaque cultivateur avait une pêche à l’extrémité de sa terre et la visitait tous les jours. A cause de l’heure variée de la marée, on se rendait à différentes heures de la nuit un flambeau à la main pour s’éclairer. Le grand nombre de ces lumières, qui allaient en tous sens, se croisaient et se réunissaient quelquefois pour se disperser ensuite, présentaient un coup d’œil tout-à-fait singulier. Les habitants de la côte du nord et du sud, paraît-il, virent dans ces feux quelque chose de merveilleux, et pour ainsi dire de diabolique, et ils s’en effrayèrent même. Alors, plus de doute ; ils pensèrent tout naturellement que l’île était peuplée de sorciers, de loups-garous et de feux-follets. ” (1)
(1) L. -P. Turcotte, Histoire de Vile d’Orléans , p. 13.
Ile du Calumet (Pontiac)
L’île du Calumet, située dans l’Ottawa, à une trentaine de milles en haut de la capitale fédérale, est ainsi nommée parce que les Sauvages s’y réunissaient en grand nombre pour y fumer le calumet de paix.
C’est dans cette île, près des Sept Chutes, que Cadieux, chanté par Fréchette, a succombé. Un monument en pierre blanche lui a été élevé en 1892.
Ile du Cap- aux -Meules (Iles de la Madeleine)
L’île de la Pierre-Meulière ou l’île-aux-Meules, ou encore l’île du Cap-aux-Meules ou de Meules, a reçu son nom de deux monticules qui ressemblent, de loin, à des meules de foin. Par un de ces quiproquos bizarres dont abonde notre géographie, les Anglais en ont fait Grindstone Island.
Ile du Fort ou de l'Eglise (Yamaska)
On a aucun renseignement positif sur le site drf fort, de la première chapelle et des premières maisons de Saint-François du lac Saint-Pierre. Ces édifices devaient être à peu de distance les uns des autres et placés sur la grande île qui est bornée par le chenal Tardif et le bras principal ou central de la rivière. C’est l’île dite du Fort ou de V Eglise, dénominations qu’elle porte aujourd’hui en souvenir d’un fort et d’une église qui y ont existés pendant une longue suite d’années. (1)
lie du Gouverneur (Ottawa)
Sir Adolphe Chapleau se rendit acquéreur de cette île pour la faire cultiver alors qu’il était lieutenantgouverneur de Québec.
(1) Benjamin Suite, Saint- François du Lac , p. 39.
Ile Dupas (Iierthier)
L’île Dupas fut concédée, le 3 novembre 1672, par l’intendant Talon, à Pierre Dupas, sieur de Braché. Le nom de cette île s’écrivait autrefois Dupas et non du Pads, ainsi qu’on l’écrit généralement de nos jours. Les évêques de Québec, dans leurs ordonnances, tous les missionnaires' et curés qui ont écrit dans les registres de cette paroisse jusqu’en 1808, ont écrit Dupas ou du Pas. Le premier qui a écrit île du Pads est Mgr Plessis. Il est probable que l’évêque avait pris cette orthographe dans les Edits et Ordonnances publiés en 1803 et qui donnent le nom de la paroisse île du Pads.
Comment ce d s’est-il introduit dans ce nom ? C’est probablement une faute de copiste. Tous ceux qui ont vu l’ancienne écriture française savent que souvent l’s qui terminait les mots, était fait de manière à ressembler assez bien à ds, aussi lorsqu’il s’agit, au commencement du siècle, de livrer à l’impression les Edits et Ordonnances, le copiste prit l’un pour 1 autre, et il mit ds pour s. C’est ainsi que Dupas est devenu du Pads, et comme cette erreur parut dans le public revêtue d’une autorité officielle, elle fut adoptée comme l’orthographe véritable du nom de cette paroisse.
Ce n en est pas moins une faute. Le premier seigneur de l’île Dupas signait Pierre Dupas, sieur de Braché ; le nom de cette paroisse devrait donc s’écrire Dupas. (1)
Ile Houtelas (Nicolet)
Cette île fut d’abord connue sous le nom de île Dagneau, parce qu’elle appartenait à une famille
(1) Annuaire de Ville-Marie, vol. I, p. 4.
Dagneau. M. Brassard, curé de Nicolet, se rendit acquéreur de l’île Dagneau et la laissa en mourant à Charlotte Houtelas. Celle-ci mourut en 1817, léguant son avoir au séminaire de Nicolet. L’île porte, probablement depuis cette date, le nom d’île Houtelas, en souvenir de cette bienfaitrice. (1)
Ile Jésus (Laval)
L’île Jésus, les îles aux Vaches et les autres îles adjacentes furent concédées, le 23 octobre 1699, par Hector de Callières, gouverneur, et Jean Bochart, intendant, à l’évêque de Québec et aux MM. du séminaire de Québec. Son nom primitif était l’île de Montmagny, mais bientôt après sa concession les propriétaires jugèrent à propos de lui donner le nom qu’elle porte à présent.
Ile Madame (Montmorency)
L’île Madame se trouve à la pointe est de l’île d’Orléans, à peu près vis-à-vis Berthier. “ L’île Madame, dit M. J. -Edmond Roy, semble avoir été appelée ainsi par Champlain, peut-être en souvenir de l’île Madame que l’on voit à l’embouchure de la Charente, non loin de Brouage, la patrie du fondateur de Québec
Ile 3Ioras (Nicolet)
Pierre Mouet de Moras, enseigne au régiment de Carignan, obtint la concession de cette île comme fief en 1672 de l’intendant Talon.
Ile Montesson (Nicolet)
Michel LeGardeur de Montesson, chevalier de
(1) L'abbé Douville, Histoire du collège-séminaire de Nicolet, vol. 1er, p. 5.
Saint-Louis, ayant acquis la seigneurie de Bécancour, donna son nom à cette île.
Ile Patience (Montmagny)
En 1633, le Père LeJeune accompagna une expédition de chasse des aborigènes. Ses amis le forcèrent de séjourner huit jours sur l’île Patience. C’est probablement ce qui lui valut son nom.
Ile Perrot (Vaudreuil)
L’île Perrot a pris le nom de son premier concessionnaire, François-Marie Perrot, capitaine au régiment d’Auvergne et gouverneur de Montréal.
Ile Randin (Bertliïer)
L’île Randin fut accordée, en avril 1672, au sieur Jean-Baptiste Randin.
Ile Rosalie (Ottawa)
En l’honneur de Rosalie Cherrier, épouse de Joseph Papineau, propriétaire de la seigneurie de la Petite-Nation.
Ile Rouge (Saguenay)
Nommée ainsi par Champlain, à cause, sans doute, de la couleur de son sol.
L’ile Rouge a toujours été dangereuse à cause de la nature de ses courants. En 1629, Emery de Caen fuyant les vaisseaux de Kerth s’y échoua. Heureusement une brume épaisse favorisa son évasion.
Ile Saint-Barnabe (Rimouski)
Lorsqu’en 1535 Cartier passe en face de l’île Saint-Barnabé, remontant le fleuve Saint-Laurent, il la mentionne sans la nommer : “ Et au paravant que arriver audict hable (aujourd’hui connu
sous le nom de havre du Bic), dit-il, y a une île à Beft d’icelly environ cinq lieues, où il n’y a point de passage entre terre et elle que par basteaux.” (1)
L’île Saint-Barnabé portait ce nom en 1612, comme on le voit par la carte géographique de la Nouvelle-France faite par Champlain pour le Roi.
Pourquoi fut-elle nommée ainsi ? Nous croyons que ce fut Champlain qui lui donna ce nom, probablement parce qu’il la cotoya, le 11 juin, jour de la fête de saint Barnabé.
C’est sur l’île Saint-Barnabé qu’à vécu, pendant près d’un demi-siècle, dans le seul but de faire son salut, Toussaint Cartier, qu’on a surnommé l’ermite de Saint-Barnabé.
Ile Saint-Cliristoplie (Yamaska)
La plus grande île située dans l’embouchure du Saint-Maurice a emprunté son nom de Christophe Crevier dit la Mêlée, boulanger de son métier, établi à Québec puis à Trois-Rivières vers 1639. (2)
Ile Saint-Eloi (Cliamplain)
Au mois de juin 1603, Champlain remontant le Saint-Laurent baptisa l’île Saint-Eloi. “ Passant plus outre, dit-il, nous rencontrasmes une isle qui s’appelle Saint-Eloy.
Ile Saint-Gilles (Vaudreuil)
Cette île fut concédée à Gilles Perrot par l’intendant Talon.
Ile Sainte-Hélène (Montréal)
Sir James-M. LeMoine est sous l’impression que
(1) Brief récit.
(2) Benjamin Suite, Histoire de Saint- François du Lac, p. 12.
l’île Sainte-Hélène a pris son nom de Jacques Le- Moyne de Sainte-Hélène, deuxième fils du baron de Longueuil, qui fut propriétaire de cette île. C’est tout le contraire qui est vrai. C’est de l’île Sainte- Hélène que Jacques LeMoyne a emprunté son nom de Sainte-Hélène.
L’île Sainte-Hélène tient son nom de Hélène Boullé, femme de Champlain. Lors de son troisième voyage au Canada vers 1620, Champlain acquit cette île et la paya avec la dot de sa femme. Il lui donna ce nom en souvenir et en reconnaissance de cet événement. “ Au milieu du fleuve, écrit Champlain, il y a une isle d’environ trois quarts de lieue de circuit, capable d’y bastir une bonne et forte ville, et l’avons nommée ,1’isle de Sainte-Elaine.”
Ile Sainte-Hélène (Pontiac)
Cette île appartient à M. Bonaparte Wyse. C’est pour honorer son illustre parent, Napoléon 1er, qu’il lui a donné le nom de Sainte-Hélène.
Ile Verte, Saiut-Jean-Baptiste de 1* (Tëmiscouata)
D’où vient ce nom poétique d’île Verte ? La légende nous dit que Jacques Cartier la baptisa luimême de ce nom, parceqne n’étant couverte que de sapins, d’épinettes et de cèdres, elle garde en tout temps cet aspect verdoyant qui frappe et repose agréablement la vue. Mais il est bon d’ajouter que le Brief récit de Cartier ne mentionne pas l’île Verte. En 1663, on trouve dans la Relation des Jésuites la mention première de l’Ile Verte. Les missionnaires qui ne bornaient pas leurs visites à l’île seulement, vinrent évangéliser les Sauvages sur les bords de la grande rivière qui se jette dans le fleuve en face de
l’île et appliquèrent le nom de Ile-Verte à la terre ferme ou se trouve aujourd’hui la paroisse. (1)
La paroisse de l’Ile-Verte fut mise sous la protection de la Décollation de saint Jean-Baptiste en l’honneur du seigneur Jean-Baptiste Côté qui avait donné a la fabrique deux arpents de terre sur quatre concessions.
Iles Beau regard (Verchères)
Le premier concessionnaire des trois îles Beauregard fut le sieur Jarret de Beauregard qui les obtint du gouverneur de Frontenac le 17 août 1674.
Iles Boucliard (Verchères)
Les îles Bouchard doivent leur nom au chirurgien Etienne Bouchard, né à Paris, mais demeurant à Epernon, qui s’établit à Montréal en 1653, et y mourut en 1676.
Iles Dorval (Jacques-Cartier)
Les îles Dorval sont situées dans le fleuve Saint- Laurent, à une demi-lieue de Lachine, vers la Pointe- Claire. Elles sont au nombre de trois : la jflus grande a une étendue d’à peu près cent arpents, les deux autres sont beaucoup moins considérables.
Elles furent d’abord connues sous le nom de Courcelles, probablement parce que le gouverneur de ce nom s’y arrêta dans son expédition de 1670. Fronj tenac les concéda, en 1673, à l’abbé François de Salignac de Fénélon, frère du célèbre archevêque de Cambrai, qui y établit une mission. A son départ de la Nouvelle-France, M. de Fénélon les légua au séminaire de Saint-Sulpice de Paris.
(1) (Jharles-A. Gauvreau, Ulde-Verte, p. 24.
En 1764, elles passèrent entre les mains des directeurs du séminaire de Saint-Sulpice de Montréal qui les vendirent à M. Jean-Baptiste Bouchard de Dorval. Elles prirent dès lors le nom de leur nouveau propriétaire.
En 1860, sir George Simpson, gouverneur de la Baie d’Hudson, alors propriétaire des îles Dorval, y reçut le prince de Galles, aujourd’hui Edouard VII.
Ilet à Canuel (iiimouski)
Le premier cultivateur qui défricha une terre, sur la terre ferme, vis-à-vis cet îlot, se nommait Canuel.
Ilet au Massacre (Rimouski)
L’îlet au Massacre est situé en face de la paroisse de Sainte-Cécile du Bic. Ce nom lui vient de ce qu’on y a découvert, dans une caverne, des squelettes d’hommes, de femmes et d’enfants.
C’est sur cet îlet que M. J.-C. Taché, s’appuyant sur le passage suivant du Brief récit de Cartier, a placé le théâtre de sa légende V Evangile ignoré ou V Ilet au Massacre :
“ Nous fut par le dict Donnacona monstré les peaulx de cinq testes d’homme, est^ndues sur du bois, corne paulx de pcliemin. Lequel Donacona nous dist que c’estoient des Trudamans devers le Su, qui leur menait continuellement la guerre et nous fut dict qu’il y a eu deux ans passez que les clictz Trudamans les vindrent assaillir jusques dedas le dict fleuve, à une ysle qui est le travers du Saguenay, ou ils estoiet a passer la nuict tendas aller à Honguedo leur mener guerre, avec environ deux cens personnes tant hommes, femmes qu’enfans. Lesquels furent surprises en dormant dedans un fort, qu’ils avoient faict, où misrent les dictz Trudamans le feu
tout à l’entour et comme ils sortaient les tuèrent tous, réservé cinq qui échappèrent. De laquelle destrousses se plaignaient encores fort, nous monstrant qu’ils en auroient vengeance.”
Ilets Dombourg (Portneuf)
Dombourg est l’anagramme de Bourdon. Jean Bourdon fut le premier concessionnaire de cet endroit.
Ilets Jérémie (Saguenay)
Noël Jérémie avait contracté avec Guillaume Couture une société pour le négoce vers les rivages du Nord. Il laissa son nom aux îlets Jérémie, près de Tadoussac.
Ilot de la Vieille (G-aspé)
L’ilot de la Vieille est situé à quelques milles de la baie de Gaspé. Il était probablement uni autrefois avec la terre ferme dont il est maintenant séparé par un étroit canal. Cet îlot reçut ce nom d’un rocher de peu d’étendue qui avait été nommé ainsi parce que les yeux des marins y entrevirent une tête de femme, couverte d’une large coiffe, comme en portaient nos grand’ mères canadiennes. Mais le temps, les vents et les vagues dérangèrent probablement les ajustements de la bonne dame car lorsque l’abbé Ferland le visita en 1836, vu de la mer, il ressemblait à un vaisseau portant toutes ses voiles, tellement que les navigateurs, même ceux qui connaissaient ces lieux, s’y trompaient quelquefois. Ils lui donnent aussi le nom de Ship’s Heacl. Les Sauvages l’appelaient Katsepiou, d’où on aurait fait Gaspé, prétend M. LeMoine. Ce rocher qui pouvait avoir
de trente à trente-cinq pieds de hauteur, miné par les flots, fut renversé vers 1851 ou 1852. (1)
Inverncss, Saint-Athanase d’ (Mégantic)
Vers 1830, quelques chefs de famille originaires du comté d’Inverness, en Ecosse, cherchant dans la province de Québec un endroit pour établir leurs familles, frappés de l’étrange ressemblance d’une partie du comté actuel de Mégantic avec les montagnes de leur pays, s’y firent concéder des terres et donnèrent au nouvel établissement, en souvenir de leur patrie, le nom d’Inverness.
Plus tard, lorsque les Canadiens-Français vinrent s’établir dans le canton d’Inverness, les autorités ecclésiastiques dédièrent la nouvelle mission à saint Athanase, évêque et docteur de l’église. Ceux qui connaissent la vie de ce grand saint, qui combattit les hérétiques ariens, et qui fit rentrer tant d’âmes égarées dans le sein de la véritable église, avoueront que le canton protestant d’Inverness ne pouvait être mis entre de meilleurs mains que celles de ce saint.
Irlande, Saint Adrien d’ (Mégantic)
En souvenir de la vieille Irlande.
Ironside (Ottawa)
Il y a ici plusieurs mines de fer.
Ixworth, Canton (Jacques-Cartier)
Ixworth est un village du comté de Suffolk, Angleterre.
(1) L’abbé Ferland, La Gaspésie, p. 78.
Jacques-Cartier
Il était bien raisonnable que le découvreur du Canada eut son comté dans la province de Québec.
Jacques-Cartier, Kivière (Québec)
“ Du costé du nort, dit Champlain, il y a une rivière qui s’appelle Batiscan, qui va fort avant en terre, par où quelquefois les Algoumequins viennent ; et une autre (celle de Jacques-Cartier) du même costé, à trois lieues du dict Sainte-Croix sur le chemin de Québec, qui est la descouverture qu’il en fait et ne passa point plus outre. La ditte rivière est plaisante et va assez avant dans les terres.” (1)
“ Champlain, qui probablement n’avait point encore vu les relations de Cartier, remarque M. l’abbé Laverdière, parle ici d’après les traditions ou les idées de ceux qui le pilotaient, et vraisemblablement de Pontgravé en particulier ; car la Chronologie Septénaire, qui semble prendre les intérêts de celui-ci, enchérit encore sur ce passage, et ajoute : “ ny autre après luy qu’en ce voyage.” Mais Champlain était trop bon observateur pour ne pas concevoir quelques doutes sur la vérité de ces faits, “ ne voyant, comme il dit, apparence de rivière pour mettre vaisseaux.” Aussi prouve-t-il, au même endroit, que Cartier n’a pu hiverner ailleurs que dans la riviere Saint-Charles. Au reste il n’a pas pu s’imaginer qu’il était le premier à remonter le fleuve au-dessus de Sainte-Croix, comme l’insinue Lescarbot, puisqu il était a\ ec Pontgravé, qui connaissait les Trois-Rivières depuis au moins cinq ou six ans.” (2)
(1) Des sauvai) es.
(2) Champlain, Oeuvres, vol. I, p. 27.
Jambons, Les (Labrador)
“ Les Jambons sont ainsi nommés à cause d’un monticule qui s’y trouve et dont la forme rappelle la configuration de cette partie du cochon, qui est d’un usage si général pour la confection des sandwiclres. Il y a en effet des points de ressemblance entre les deux genres d’accidents géographique et anatomique, et l’on a pas eu tort de donner à l’un le nom de l’autre.” (1)
Jean-Guérin (Lévis)
Jean Guérin était un humble donné. On connaît l’héroïsme de ces domestiques qui dans le but de se sanctifier s’engagaient à assister et servir gratuitement les missionnaires jésuites qui travaillaient au salut des pauvres Sauvages.
Jean Guérin accompagna les missionnaires jésuites dans presque tous les quartiers du Canada et toutes leurs missions, soit aux Iroquois, soit aux Hurons, aux Abénakis et aux Algonquins. Partout il fut exposé à d’innombrables dangers et supporta de grandes fatigues, donnant à chaque endroit où il passait les marques d’une sainteté très rare. Il fut tué d’un coup de fusil tiré accidentellement.
Le Père Jérôme Lalemant fait un éloge bien mérité du bon Guérin : “ C’était, dit-il, un homme de Dieu d’une éminente vertu et d’un zèle très ardent pour le salut des âmes : il s’était donné à nous afin de coopérer par ses services à la conversion des Sauvages. C’était un homme de grande oraison ; il y employait souvent une partie de la nuit, et le matin venu il se retirait hors du bruit, pour la continuer dans le silence de la forêt : c’est pour cela que les
(1) L’abbé Victor-A. Huard, Labrador et Anticosti, p. 118.
Outaouais. disaient qu’il faisait tous les matins la découverte hors de leur palissade, parce qu’il ne manquait point d’aller hors des cabanes se cacher à l’écart pour faire son oraison, dans laquelle il recevait des consolations bien particulières ; il la continuait même pendant le sommeil de la nuit depuis plusieurs années, et avait souvent des songes si mystérieux, que vous eussiez dit qu’il était même raisonnable en dormant. Il était si réservé avec les femmes, qu’il ne les voulait jamais regarder en face ; ce que voulant persuader à ses compagnons, ils lui répondaient en riant : “Si nous faisions tous comme vous, nous serions bientôt dépouillés de tout le peu que nous avons.” Ils voulaient lui reprocher que les femmes sauvages lui avaient dérobé quantité de choses faute de les avoir voulu observer. Et parmi les Iroquois, lorsqu’il allait à la chasse, il est arrivé que quand nous demandions à des femmes cpii venaient du lieu où il était allé, si elles ne l’avaient point vu : “ Nous l’avons vu, disaient-elles, mais lui ne nous a pas vues ; car il ne nous regarde pas quand il nous rencontre.” Son humilité était tout à fait rare, il s’offrit une fois à être bourreau en Canada, afin d’être en horreur à tout le monde par cet office. Et une chose l’empêcha de presser pour être en notre Compagnie : “ De peur, seulement, disait-il, que la soutane qu’il porterait, ne le fit estimer plus qu’il ne valait.” (1)
Jersey, Canton (Beauce)
L’île de Jersey, dans la Manche, appartient à l’Angleterre, mais est gouvernée, comme la province de Québec, d’après l’ancien droit français.
(1) Relation des Jésuites, 1662-63.
Jer»ey-Cove (Gaspé)
Quelques jersiais protestants, Briard, Thoreau, Sorsoreil, Touet, donnèrent ce nom en souvenir de leur patrie.
Jetté, Canton (Beauce)
Sir Louis-Amable Jetté, lieutenant-gouverneur de la province de Québec.
Jeune-Lorette, Saint-Ambroise de la (Québec)
Le 11 novembre 1795,' l’évêque de Québec adressait aux paroissiens de la Jeune-Lorette un mandement par lequel il donnait saint Ambroise pour titulaire de la nouvelle paroisse, etpromettait d’aller bientôt bénir la chapelle érigée sous son vocable. Le nom du saint patron était bien choisi. Il convenait, en effet, que le grand docteur de l’église latine, Ambroise, gouvernât du haut du ciel cette église naissante, fille de celle de Charlesbourg, placée sous la protection de son saint émule et successeur sur le siège de Milan, saint Charles Borromée. (1)
Jogues, Canton (Lac Saint-Jean)
Qui ne connait l’héroïque Père Jogues martyrisé par les Iroquois le 18 octobre 1646 ? Parkman, après avoir rapporté le martyre du Père Jogues, ajoute : “ Ainsi mourut Isaac Jogues, un des exemples les plus purs de la vertu catholique que le continent occidental ait jamais vu.” (2)
Joliette
C’est en 1864 que le nom de l’Industrie a fait place à celui de Joliette, en l’honneur de l’honorable Barthélemy Joliette, fondateur de cette ville.
(1) L’abbé Lionel Saint-George Lindsay, Notre-Dame de Lorette en la Nouvelle- France, p. 282.
(2) The Jesuits in North America, p. 304.
Jolliet, Cauton (Bertliier)
Louis Jolliet, explorateur du Mississipi.
Joly, Canton (Ottawa)
Sir Henri Joly de Lotbinière, premier ministre de la province de Québec, ministre fédéral, puis lieutenant-gouverneur de la Colombie Anglaise.
Jonquiere, Saint-Dominique de (Cliicoutimi)
Le canton Jonquière qui a pris son nom de Jacques Taffanel, marquis de la Jonquière, gouverneur de la Nouvelle-France, est situé en arrière de celui de Cliicoutimi.
Jonquière fut d’abord desservie par les curés de Cliicoutimi ; c’est M. Dominique Racine, plus tard premier évêque de Cliicoutimi, qui y inaugura les missions régulières. C’est en son honneur que la paroisse fut mise sous le patronage de saint Dominique.
Kaine, Canton (Saint- Maurice)
En l’honneur de l’honorable M. Kaine, ministre sans portefeuille dans le gouvernement Gouin.
Kamouraska, Saint Louis de
Kamouraska est un mot cris qui veut dire : Il y a jonc au bord de l’eau. Mgr Laflèche décompose ainsi le mot Kamouraska. De alcaw, au bord de l’eau, et Ayaslcaiv, temps indéfini du verbe askaw, qui se forme en changeant a en aya, AkamarasJca, il y a jonc au bord de l’eau.
Kamouraska fut canoniquement érigée en paroisse le 3 mars 1722 et mise sous le patronage de saint Louis en l’honneur du seigneur Louis- Joseph Morel de la Durantaye.
Kanlkauwinikau, Lac (Labrador)
Rivière où le sable est mouvant.
Kaskouïa, lîivière (Chicoutimi)
Le Père Lemoine fait venir ce mot de Lekashkuiau, qui, décomposé, donne ces trois termes, “ sable ”, “ herbe ” et “ pointe de terre
Itatevale (Stanstead)
La paroisse de Sainte-Catherine de Hatley s’étend sur les deux versants d’une magnifique vallée qui va de l’extrémité sud du lac Massawippi au lac de Magog. C’est pour cette raison que les Anglais lui donnent le nom de Katevale, vallée de Catherine.
Kawachagamî, Lac (Chicoutimi)
Lac à l’eau claire.
Kegaslika, Canton (Saguenay)
Rocher pointu.
Kcnamou, Rivière (Labrador)
Du montagnais Kenukamu, lac long, rivière longue.
Kénébec
Kanibesek, qui conduit au lac. Chaque année, au temps de la grande chasse de l’hiver, les Canibas se rendaient en grand nombre au “ lac à l’orignal ” en suivant la rivière Kénébec. C’est pour cela qu’ils appelaient cette rivière “ le chemin qui conduit au lac. . . ” Quelques uns penseront peut-être que le mot Kénébec vient du mot algonquin Kinebik, serpent. La ressemblance frappante qui existe entre ces deux mots et la grande probabilité, généralement admise, que les Algonquins et les Abénakis parlaient
autrefois la même langue, paraîtraient appuyer cette opinion. Cependant nous ne la partageons pas ; car il est certain qu’à l’époque de l’établissement des Européens en Amérique, ces deux nations sauvages ne se servaient pas du même idiome. A cette époque, les Abénakis ne désignaient pas un serpent par le mot Kinebik mais bien par celui-ci : Shoku. Ainsi ils appelèrent ShokSaki, terre du serpent, un endroit situé près de Boston. Cet endroit est aujourd’hui connu sous le nom de Cooksakee, nom qui n’est évidemment qu’une corruption de celui donné par les Abénakis. De là, il est certain que les Abénakis ne se servaient pas alors du mot algonquin Kinebik pour désigner la rivière Ivénébec. (1)
Kenogami, Saint-Cyriaqne de (Cliicoutimi)
C’est le lac Kenogami qui a donné son nom à la paroisse. Kenovagami, Ivinogami, étendue d’eau ; Chinouagami, en long ; Tsiamagami, au lac long. D’après Mgr Lafîèche, Kenogami viendrait du cris kino, long, et garni, liquide. Ivinogami, lac en long.
Kenogamicliielie, Lac (Lac Saint- Jean)
Dérivé du mot Kenogami. Il se forme en ajoutant sis. Kenogamisi, Kenemich, petit lac long.
Ivensington, Canton (Ottawa)
Kensington est une des grandes villes d’Angleterre.
Kiamika, Canton (Ottawa)
L’étymologie de ce mot n’est pas encore clairement déterminée. “ Si cet endroit, dit le Père Le-
(1) L’abbé J. A. Maurault, Histoire des Abénakis.
moine, est caractérisé par quelque rocher à pic, on peut dire qu’il vient de KiamabiJcalc, composé de Ka, u celui qui ”, et de Amabikat, “ il est un rocher escarpé ”, et enfin de la forme subjective contractée laquelle produit Kiamabilcak. En ce cas, bi aurait été élidé par inattention, comme il arrive souvent lorsque les blancs essaient de saisir les noms sauvages.” (1)
Kildare (Joliette)
Kildare est une très ancienne ville d’Irlande.
Kilkenny, Saint Hippolyte de (Terrebonne)
Kilkenny est un comté de la province de Leinster, en Irlande.
En 1864, un chanoine de la cathédrale de Montréal, M. Hippolyte Moreau, fut délégué par Mgr Ignace Bourget pour choisir l’emplacement de l’église qui devait être construite dans le canton de Kilkenny, sur les bords du lac du même nom. C’est en l’honneur de ce prêtre distingué que la nouvelle paroisse de Kilkenny fut mise sous le patronage de saint Hippolyte, martyr.
Kinjjsey-Falls, Saint-Aimé de (Drummond)
Dans le comté d’Oxford, en Angleterre, un village porte le nom de Kingsey.
Saint Aimé a été choisi comme titulaire de Kingsey Falls a cause de M. Louis-Aimé Masson, curé de Danville, fondateur et premier desservant de cette paroisse.
Kippewa, Lac (Pontiac)
Les Algonquins actuels écrivent et prononcent
(1) Eugène Rouillard, Noms sauvages, p. 15.
Kipahowe. Ce mot est formé 1° de la racine kipa, verbe algonquin pour enfermer ; 2° de la terminaison owe, qui indique l’action d’un sujet inanimé d’un verbe intransitif. Ce mot veut donc dire : “Le lac enferme”, c’est-à-dire forme une enceinte. Cette désignation doit avoir été donnée à ce lac à cause des grosses pointes qui semblent en fermer l’ouverture à plusieurs endroits. (1)
Iviskissink, Lac( Lac Saint-Jean)
Mot montagnais qui signifie : “ lac au cèdre
Knowlton (Brome)
Le colonel P.-H. Knowlton a beaucoup fait pour cette ville. C’est lui qui, pour ainsi dire, peut en être considéré comme le véritable fondateur, quoiqu’il n’y soit arrivé qu’en 1834. Aussi les habitants ont acquitté une dette de reconnaissance en donnant son nom à leur ville.
LaBarre, Canton (Lac Saint Jean)
M. de LaBarre succéda à M. de Frontenac comme gouverneur de la Nouvelle-France. 11 était aussi faible que son prédécesseur était énergique et capable.
Labelle
C’est à juste titre qu’on a surnommé Mgr Labelle le roi du Nord. Nul n’a contribué plus que lui à ouvrir cette immense région à la colonisation.
Laborde ( Chain plaiu)
Le sieur de Laborde fut le premier habitant de ce village. Il mourut en 1790.
(1) Eugène Rouillard, Noms sauvages, p. 15.
Labrador
“ Quelques historiens ont attribué aux Anglais la priorité de la découverte du Labrador. Des géographes et des cosmographes du seizième siècle sont un peu les auteurs de cette opinion, qui nous parait peu soutenable. Ainsi nous lisons sur une mappe insérée dans un manuscrit de Wolfenblittel, cité par Harrisse, la légende suivante annexée au mot Labrador : “ Cette terre fut découverte par les Anglais de la ville de Bristol, et parce que celui qui en donna la nouvelle était un laboureur des îles Açores, on lui donna ce nom.”
“ Samuel Robertson prétend que ce fut un baleinier basque qui donna son nom au Labrador, que les Européens visitèrent longtemps après lui.
“ Il y a un fait assez évident, c’est que l’appellation de Labrador semble originer des Basques plutôt que des Anglais ou des Espagnols. On a prétendu que ce mot originait du voyage de Cortereal, qui avait emmené avec lui à Lisbonne un certain nombre de naturels pour vendre comme esclaves. M. Parkman et M. Biddle, s’appuyant sur le passage d’une lettre de Pasqualigo dans ses Paesi novamente retrovati, do* 1507, arrivent à cette conclusion. ■
“ L’explication offerte par M. Margry nous semble beaucoup plus naturelle, comme nous pouvons en juger par la citation extraite de son magnifique ouvrage, Les navigations françaises : “ Quoique je sache que le nom du pays de Labour, ou mieux de Labourd, venant selon les uns de Lapurdum, selon les autres, du mot basque Lapurdi, loin de comporter l’idée de labourage, signifie, d’après M. de Marca, dans son Histoire de Béarn, un pays désert et ouvert aux voleurs, et d’après quelques écrivains, une terre
de pirates, n’est-il pas possible de conjecturer, à l’appui de la tradition de la découverte du Labrador par les Basques, que les Espagnols et même les Portugais auraient traduit par ce nom, celui de la Terre de Labour, donné primitivement, peut-être par les Basques, à cette partie de leurs découvertes, et auraient ainsi confirmé leur priorité en acceptant ce nom altéré d’après la signification apparente que lui donne son rapport de son avec le mot français ? ”
“ Le Labour était une petite contrée de France située dans la Gascogne, au pays des Basques. Les principales villes étaient Bayonne et Saint- Jean-de- Luz. Les pêcheurs de cette localité ont pu facilement donner au Labrador, qui se traduit laboureur, le nom de leur bourg, comme ils firent à l’égard du cap Breton.
“ Les cosmographes apportent plusieurs variantes au mot Labrador. Ainsi l’on trouve sur les cartes : Terra Laboratoris (Globe d’Ulpius, 1542), Tierra del Labrador (Carte marine de Ptolémée de 1548, mappes de Ribero et de Gastaldi), Terra del Laborador (Ramusio, Ruscelli, Porcacchi et Corneille de Jode), Laborador tout court (N. Vallard et Quadus). Jehan Alfonse désigne le Nouveau-Brunswick comme faisant partie de la côte de laboureur. Une mappe de Robert Thorne, de 1527, l’appelle Nova Terra laboratorurn dicta. Une autre de 1534, attribuée à Bordone, représente une terre, qui paraît être l’Amérique du Nord, désignant la côte nord-est vaguement dessinée par ces mots : Terra delavoratore. Deux cartes antérieures du même, 1521 et 1528, la désignent sous le nom de Terra del Laboradore. Une mappe de Laurentius Frisius (1525) représente à l’ouest d’une terre, qui apparemment correspond au Groenland,
une île marquée Terra laboratoris, à l’ouest de sa partie extrême.” (1)
Labrecque, Canton (Chicoutimi)
Mgr Labrecque, troisième évêque de Chicoutimi.
La Brosse, Canton (Charlevoix)
Le Père Jean-Baptiste de La Brosse, Jésuite, a été plusieurs années missionnaire chez les Montagnais. “ C’est le Père de La Brosse, dit M. Taché, qui a mis la dernière main à cette belle chrétienté montagnaise si pleine de foi et de piété.” (2)
L’Acadie (Saint-Jean)
La paroisse de Sainte-Marguerite de Blairfindie est plus souvent appelée L’Acadie, parce qu’elle a été colonisée et peuplée surtout par des émigrés de l’ancienne Acadie, aujourd’hui la Nouvelle-Ecosse.
Lac à la Culotte (Québec)
Ce lac a la forme d’une culotte.
Lac Allet (Ottawa)
Le colonel Allet. du régiment des zouaves pontificaux, était très populaire parmi nos zouaves canadiens.
Lac Archambeault (Montcalm)
Le lac Archambeault a pris son nom de l’honorable Louis Archambeault, conseiller législatif.
Lac aux Outardes (Nicolet)
Les outardes étaient autrefois en grande abondance dans cette région.
(1) N.-E. Dionne, La Nouvelle- France de Cartier à Champlain, p. 322.
(2) Forestiers et voyageurs.
Lac Bevin (Argeuteuil)
Dès 1822, Stephen-Jakes Bevin, trappeur et traitant, avait fixé sa demeure dans le’ canton d’Arundel. Quoique Anglais d’origine, il passait plutôt pour un des Sauvages avec lesquels il vivait et dont il achetait les fourrures.
Lac Calvaire (Portueuf)
On avait élevé un calvaire autrefois sur les bords de ce lac.
Lac Cliarette (Ottawa)
En l’honneur du gênerai de Cliarette.
Lac Cossette (Cliamplain)
Cette mare d’eau d’une étendue considérable autrefois, était formée par des chaussées de castors qui ont été détruites. Ce n’est plus aujourd’hui qu’un étang assez étroit, en été ; mais il atteint des proportions plus grandes au printemps lorsque les pluies et la fonte des neiges augmentent le [volume d’eau qui descend des montagnes environnantes et celui qu’y apportent les rivières voisines. Ce lac prend son nom de François d’ Assises Cossette, qui fut le premier à s’établir sur ses bords. (1)
Lac des Cliêues (Ottawa)
Les forêts de chênes étaient inépuisables dans cette région.
Lac des Chicots (Cliamplain)
On voit au-dessus des eaux de ce lacjun grand nombre de cimes d’arbres qui par leurs branches annoncent que leur tronc est gros etjlong ; ce^qui
(1) Note de M. l’abbé Bois.
fait dire aux habitants de ses rives que ces arbres étaient autrefois sur un terrain fertile qui s’est effondré. (1)
.Lac (les Commissaires (Lac Saint-Jean)
“ Le nom de lac des Commissaires vient de deux commissaires, l’un anglais et l’autre américain, qui, en vertu du traité de Ghent, le 24 décembre 1814, furent nommés pour déterminer la frontière entre le Canada et les Etats-Unis. Le commissaire anglais s’appelait Anthony Barclay, et le commissaire américain, Peter B. Porter. Mais il arriva ceci, dit la chronique. Le commissaire anglais, qui ne détestait pas les petits verres, et encore moins les grands, s’assoupit un jour aussi profondément qu’ autrefois le père Noé dans sa vigne. Le commissaire américain, que les scrupules n’étouffaient pas plus que les yankees d’aujourd’hui, profita du moment où son collègue britannique ronflait d’étourdissante façon, pour faire des échancrures notables à la carte du Canada du côté du Maine. Si ce n’eût été de la cuite du commissaire Barclay, tous les comtés qui bordent la rive sud du Saint-Laurent, auraient aujourd’hui infiniment plus de profondeur du côté du Maine et du littoral de l’Atlantique.
“ Le lac des Commissaires est un des bassins importants de la région. Il mesure vingt et un milles de longueur sur une largeur variant de un demi-mille à trois milles. Il baigne un pays de magnifiques terres d’alluvion, qui ne demandent que des routes, pour qu’on y circule facilement, et des bras pour leur faire produire les plus abondantes récoltes. ” (2)
(1) Note de M. l’abbé Bois.
(2) L’ Evénement, 19 août 1901.
Lac des Zouaves (Ottawa)
Nommé ainsi par le recorder de Montigny, de Montréal, en souvenir de ses anciens compagnons d’armes.
Lac Edouard (Québec)
“ Pendant longtemps, écrit Arthur Buies, j’avais cru que le nom d’Edouard donné à ce lac avait été comme une sorte d’hommage fait au prince de Galles, et quoique cette opinion fût assez accréditée, je n’étais pas bien sûr du fait, et mon imagination est si facile à troubler que j’en éprouvais une perturbation véritable dans mon for intérieur. Enfin, en parcourant le rapport insipide de l’exploration de 1878, je trouvai ce même nom d’Edouard donné au lac, et, de plus, son origine, attribuée à un simple chasseur indien de Batiscan qui avait l’insigne honneur de s’appeler Edouard, lui aussi, tout comme le prince de Galles. Dès lors, je fus heureux. Savoir que le lac Edouard tire son nom d’un chasseur indien de Batiscan, quel bonheur ! O beauté des découvertes ! O volupté de l’érudition ! ” (1)
Lac Gamelin (Ottawa)
Du nom de la sœur Gamelin, fondatrice de la Providence.
Lac Eliza (Montcalm)
En souvenir de l’épouse de l’honorable Louis Archambeault, qui portait le prénom Eliza.
Lac Hamel (Lac Saint-Jeau)
Ainsi appelé par l’arpenteur Joseph Hamel père,
(1) Arthur Buies, Le Sajuenay et le bassin du lac Saint-Jean, p. 326.
de Québec, lorsqu’ en 1827, il accompagna l’expédition chargée par les commissaires provinciaux de l’exploration du territoire du Saguenay. Il portait auparavant le nom de lac Assinigaashtets, qui veut dire “ la roche est là (1)
Lac La Moricière (Ottawa)
Le général de La Moricière fut commandant en chef des troupes pontificales. Il fut vaincu à Castelfidardo par les Piémontais. Les zouaves canadiens avaient une vive affection pour le général de La Moricière, et ce sont eux qui ont voulu perpétuer son nom au Canada.
Lac Léon XIII (Ottawa)
En souvenir de l’illustre Léon XIII.
Lac MacTavisli (Beauce)
Simon MacTavish acquit ce lac vers 1806 de son propriétaire primitif, John Black.
Lac Marsolet (Montmorency)
Nicolas Marsolet a joué un rôle assez important dans les premiers temps de la colonie du Canada. Il fut interprète pour les langues montagnaise et algonquine, et rendit de grands services à Champlain.
Lac Nairn (Cliarlevoix)
Le lac Nairn a pris son nom du major Nairn, seigneur de la Malbaie. M. Nairn se distingua au siège de Québec en 1775.
Lac Nixon (Saguenay)
Le lieutenant Henry Nixon du 66ème Régiment,
(1) Note de M. l’abbé Bois.
attaché à la commission de 1827, chargée de l’exploration du Saguenay.
Lac Oliva (Beauce)
Oliva Marchand, de Québec, s’établit sur les bords de ce lac vers 1840.
Lac Ouareau (Montcalm)
Ouareau, “ au loin,” “ au lac lointain.”
Lac Pie IX (Ottawa)
En souvenir du pape Pie IX.
Lac Bouge (Maskinongé)
Ses eaux, comme toutes celles qui sont fortement ombragées par les forêts, sont d’un rouge brun Cependant cette eau est douce, légère, fort limpide, et bonne sous tous les rapports. (1)
Lac Sagamité (Portneuf)
La sagamité est une sorte de bouillie faite avec du blé d’inde, dans laquelle on cuit quelquefois de la viande. Le Père Lacombe fait dériver ce mot du cris Kisagamitew, c’est un liquide chaud, tandis que l’abbé Cuoq tient pour l’algonquin Kipagamite, signifiant le potage est chaud. De toute manière, il est évident que le mot sagamité devrait ainsi son origine à une méprise, le premier Français qui l’ entendit l’ayant sans doute pris à tort pour le nom même du potage dont il s’agissait. (2)
Lac Saint- Antoine de Padotie (Ottawa)
Nommé ainsi par le recorder Antoine Testard de Montigny, en l’honneur de son saint patron.
(1) Note de M. l’abbé Bois.
(2) Sylva Clapin, Dictionnaire canadien-franqais.
Lac Saint-Charles (Québec)
Le 11 mars cle l’année 1686, Charles Denis de Vitré donna et céda aux Jésuites, le Père Raffeix acceptant pour eux, le lac Saint-Charles et une lieue de terre autour, et cela par considération personnelle pour ces Pères, dit l’acte passé par le notaire François Genaple. Ce lac et les terres qui l’avoisinent avaient été concédés à Charles Denis de Vitré par le gouverneur de LaBarre et l’intendant de Meulles. (1)
Lac Saint-Paul (Maskinongé)
A cause de son voisinage du lac Saint-Pierre.
Lac Saint-Pierre
Le lac Saint-Pierre porta d’abord le nom d’Angoulême. “ Le lendemain, 29 de juin, dit Champlain, nous entrasmes dans le lac, qui a quelques quinze lieues de long, et quelques sept ou huit lieues de large.” C’est parce qu’il y entra le 29 juin, jour de la Saint-Pierre, que ce lac a été appelé lac Saint-Pierre.
Lac Saint- Vincent (Québec)
Le sauvage Vincent qui donna son nom à ce lac était bien connu des chasseurs et des pêcheurs d’il y a cinquante ans.
Lac Simon (Ottawa)
Le lac Simon a pris son nom d’un Sauvage nommé Simon ou le Canard Blanc, qui y occupa pendant longtemps une île assez belle pour être enviée par beaucoup de riches amateurs.
Lac Vert (Lac Saint- Jean)
Les Montagnais appellent ce lac Kasushikéomi,
(1) L’abbé Charles Trudelle, Paroisse de Charlesbourg, p. 32.
lac à 1 eau claire. Les eaux de ce lac sont en effet tellement claires qu’on en distingue parfaitement le fond qui est de couleur verte.
Laclienaie, Saint-Cliarles île (l’Assomption)
Le 16 avril 1647, Pierre LeGardeur de Repentigny se faisait concéder quatre lieues de terre à prendre le long du fleuve Saint-Laurent, du côté du nord, a partir des terres ci-devant concédées aux sieurs Cherrier et Leroyer.
M. Charles Aubert de la Chesnaye acheta, quelques années après, la concession de M. LeGardeur de Repentigny et lui donna son nom.
Lachenaie a également reçu saint Charles Borromée pour titulaire en l’honneur de Charles Aubert de la Chesnaye.
La Chevrotière (Portneuf)
Le premier concessionnaire de ce fief fut M. Chavigny de la Chevrotière.
L’Acliigau (Montealm)
C’est la rivière l’Achigan qui a donné son nom à cette paroisse.
Achigan vient du cris manashigan ; les Blancs ont appelé ce poisson achigan ou peut-être mieux ajigan, nippe , chausse. »
“ L’achigan, dit M. Montpetit, est sans contredit l’un des poissons d’eau douce les plus beaux, les plus vaillants de l’Amérique du Nord. Sa vigueur égale celle de la truite, soit pour remonter les rapides ou les chutes, soit pour défendre sa liberté contre le pêcheur qui l’a enferré et le tient ferme au bout de sa ligne tendue comme une corde d’arc.” (1)
(1) Les poissons d'eau douce du Canada, p. 91.
Ijachine (Jacques-Cartier)
“Ce ne fut pas La Salle qui appela sa seigneurie la Chine, parce que, comme l’affirment des historiens, il croyait voir devant lui un passage au pays de la Chine ; il lui donna le nom de Saint-Sulpice. L’acte de sépulture de Clémence Rapin, à Montréal, le 29 novembre 1676, fille d’André Rapin, “ habitant de la côte Saint-Sulpice ”, constate qu’à cette époque même le premier nom de cette paroisse n’était pas encore perdu. Nous avons parcouru les registres de Montréal de 1667 à 1680 ; nous y avons trouvé plusieurs mariages, baptêmes et sépultures des premiers habitants de Lachine. Tous sont indiqués “ habitants”, ou habitants de ce lieu ”, ou “ habitants de cette isle Pierre Tabault est décrit, en 1672, “habitant du sault Saint-Louis.” Le nom de la Chine apparaît pour la première fois, le 2 janvier 1673, au mariage de François Le Noir dit Rolland, “habitant de la Chine.” Puis vient la sépulture, le 6 juin 1675, d’un enfant d’André Rapin, “ habitant de la Chine.” En 1676, l’usage du nouveau nom devient général. L’acte de mariage de Vincent Alix, le 4 octobre 1677, dit qu’il est “ habitant de la Chine, isle de Montréal, paroisse des SS. Anges.”
“ A la page 106 de la collection Margry, t. I, on voit que le 1er juillet 1669, La Salle engagea Charles Thoulonnier comme compagnon “ dans le voyage auquel le dit sieur de la Salle se prépare pour aller aux nations sauvages.” Le 6 juillet 1669, le jour même où il signa le contrat de vente à .Jacques Le Ber et à Charles Le Moyne, il laissait sa maison de Saint-Sulpice en canot d’écorce pour les pays de l’ouest, à la recherche d’un passage au Japon et à la Chine. 11 était accompagné de M. Dollier de Casson
et de M. de Galinée, prêtres de Saint-Sulpice, comme chapelains ; mais ces derniers avaient surtout en vue d’évangéliser les nations sauvages du Mississipi. L’expédition se composait de quatre canots et de quatorze hommes équipés par La Salle, trois canots et sept hommes engagés par le Séminaire, et aussi de deux canots conduits par les Iroquois qui avaient hiverné chez La Salle et qui servaient de guides.
Les hardis voyageurs arrivèrent au village indien Tenaoutoua, près de Niagara, le 24 septembre 1669. Jolliet y était rendu de la veille. C’est ici que La Salle, sous prétexte de maladie, abandonna ses compagnons de voyage et rebroussa chemin. Craignant probablement la risée publique, il envoya de l’avant ses hommes qui arrivèrent à la côte Saint-Sulpice à l’automne de 1669. La Salle ne revint que l’année suivante. Il n’en fallait pas plus pour imposer à sa seigneurie le nom de la Chine dès l’automne de 1669.
<£ Dans son Histoire de Montréal, publiée par la Société Historique de Montréal, M. Dollier dit, en plaisantant, que le nom de Lachine fut donné à la localité d’où était partie (1669) l’expédition du sieur de La Salle. Il fait entendre que le retour des “ Chinois ” causa quelques risées dans le public. M. Dollier aimait à rire ; il est l’auteur du terme satirique La Chine. Il parle de la “ transmigration ” des voyageurs de La Salle, voulant par là signifier que ces braves gens, partis pour se rendre à la Chine et revenant penauds, méritaient le surnom de Chi- * nois.” (1)
Laclmte (Argeuteuil)
Autrefois on écrivait ce nom en deux mots : la chute.
(1) Désiré Girouard, Le vieux Lachine et le massacre du 5 août 1689, p. 22.
Lacolle (Saint-Jean)
Lacolle fut concédée le 22 mars 1743 à Daniel Liénard de Beaujeu qui lui donna son nom. Mais bientôt la seigneurie et plus tard la paroisse furent plutôt connus sous le nom de La Colle à cause de la rivière La Colle qui la coupe. Cette rivière qui n’est pas navigable fut nommée ainsi parce que les petites embarcations rencontraient beaucoup de difficultés à y naviguer.
Lacoste, Canton (Charlevoix)
Sii Alexandre Lacoste, juge en chef de la Cour du Banc du Roi de la province de Québec.
Laflèche, Canton (Saguenay)
Mgr Laflèche, deuxième évêque de Trois-Rivières.
La Fontaine, Canton (Islet)
Sir Louis-Hyppolyte La Fontaine, premier ministre puis juge en chef du Bas-Canada.
Laforce, Canton (Charlevoix)
Le capitaine René-Hyppolite Laforce servit sous les deux régimes. En 1756, il commandait la corvette Marquis de Vaudreuil sur le lac Ontario. Un quart de siècle plus tard, il fut un des plus vaillants défenseurs de Québec contre Montgomery. Sa femme, Madeleine Corbin, n avait pas moins de patriotisme que lui. Si Laforce, raconte un contemporain, accablé de fatigue succombait au sommeil et qu’elle entendait sonner l’alarme, elle l’éveillait aussitôt, lui apportait ses armes en lui criant : “ Dépêche toi, Laforce ! Quelle honte pour nous, si tu n’étais pas le premier rendu éur les remparts ! ”
La Gesse, Rivière
M. de LaGesse, fils de M. de Ramezay, gouverneur de Montréal, se noya lors du naufrage du Chameau en 1726.
Lagrange (Missisquoi)
Le premier propriétaire de l’endroit fut Philippe Luke. En 1/96, Abraham Lagrange acheta la propriété de Luke et y bâtit des moulins. Son nom est resté au village.
Lairet, Rivière (Québec)
La rivière Lairet tire son nom de François Lairet, un des premiers habitants de Charlesbourg, qui demeurait près de la petite rivière.
Lalemant, Canton (Cliicoutimi)
Le Père Charles Lalemant fut l’un des trois Pères Jésuites qui arrivèrent à Québec le 19 juin 1625- C’est lui qui commença à Québec les premières écoles pour les enfants français. Le Père Lalemant assista le fondateur de Québec dans sa dernière maladie.
Lambton, Saint-Vital de (Beauce)
John-George Lambton, comte de Durham, gouverneur du Canada après lord Gosford.
Langelier, Canton (Champlain)
L’honorable François Langelier, juge de la Cour Supérieure.
Langevin, Sainte- Justine de (Dorcliester)
Le canton Langevin rappelle le souvenir du père de sir Hector Langevin, M. Jean Langevin, qui fut
un des premiers fonctionnaires du département des terres de la Couronne.
Lanoraie (Berthler)
•La seigneurie de Lanoraie fut concédée en 1637 au sieur Jean Bourdon, et celle d’Autray, en 1647. Cette concession d’une nouvelle étendue de territoire au sieur Bourdon fait présumer que ce seigneur avait déjà commencé à établir des colons sur le territoire qu’il possédait, et qu’il prévoyait le développement de sa seigneurie. Les recensements de cette époque ne font pas mention de Lanoraie, mais on croit qu’il y avait dès lors des habitants et que la paroisse était fondée. En 1688, la seigneurie de Lanoraie fut cédée à M. Louis de Niort, sieur de La Noraye. C’est de lui que la paroisse a pris son nom.
La Patrie, Saint-Pierre rte (Compton)
Le 3 mai 1875, les colons, tant anciens que nouveaux, des cantons de Ditton, Chesham et Emberton, s’assemblèrent à l’issue delà messe, pour former un cercle agricole et créer ainsi un élément d’union, de concorde et de progrès parmi eux. Ce fut à cette réunion que fut baptisée la capitale des trois cantons. Un compatriote du Rhode-Island, M. P.- U. Vaillant, était établi sur le lot no 12, du ransr IV de Chesham, depuis l’automne de 1873. Arrivant au pays natal après une longue absence, il avait décoré son établissement du nom de La Patrie. Il fut décidé par l’assemblée que le village de Ditton (renfermant alors trois maisons), porterait ce nom de La Patrie comme convenable au centre de la Colonie du Rapatriement. Le jour de la fête de la Reine, pendant qu’on dressait un mai magnifique sur le coteau Rancourt, pour y faire flotter l’éten-
dard national, M. King, inspecteur des postes, arrivait en visite officielle et venait confirmer le nom du village en le donnant au nouveau bureau de poste.
La Patrie a été mise sous le patronage de saint Pierre pour perpétuer dans ^ la paroisse le souvenir de 1 honorable M. Pierre Garneau qui, par une coïncidence heureuse, se trouvait à porter le même prénom que M. l’abbé Gendreau, missionnaire, et M. Gendron, président de la Société de colonisation de Bagot, bienfaiteurs insignes de La Patrie. (1)
Laprairie
La mission de Saint-François-Xavier des Près occupait une prairie près de Montréal, qu’on appelait Prairie de la Magdeleine. Les Jésuites possédaient ce terrain qui leur avait été donné par M. Jacques de la Ferté, abbé de La Magdeleine, chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris, un des Cent-Associés de la Compagnie de la Nouvelle-France. (2)
LaRochelle (Mégantic)
Les ancêtres d’un grand nombre d’habitants de cette localité avaient émigré de LaRochelle.
C’est du camp, devant LaRochelle, dernier boulevard des protestants en France, que fut signé, le 6 mai 1627, l’acte d’établissement des Cent- Associés.
Larocque, Canton (Gaspé)
Mgr Charles Larocque, troisième évêque de Saint- Hyacinthe.
(1) Annuaire, du séminaire St-Charles Borromée de Sherbrooke , 1897-98, p. 285.
(2) R. P. Félix Martin, Relations inédites de la Nouvelle-France,
Lartigue, Canton (Cliicoutimi)
Mgr Jean-Jacques Lartigue, premier évêque de Montréal.
LaRue, Canton (Québec)
En souvenir du docteur Hubert LaRue, professeur à. b université Laval et littérateur distingué.
La Salle, Canton (Portueuf)
Robert Cavelier de La Salle sacrifia son bien et sa fortune à la cause de la colonisation française en Amérique.
L’Assomption, Saint Pierre du Portage de
La rivière l’Assomption prend sa source dans le lac de l’Assomption, à plusieurs lieues plus haut que Joliette, et elle se décharge dans le fleuve Saint-Laurent. Dans son parcours elle forme une presqu’île, et c’est sur cette presqu’île qu’est située la paroisse de Saint-Pierre du Portage de L’Assomption. Cette paroisse a été placée sous le patronage du prince des apôtres parcequ’elle a été érigée le 29 juin 1724 et qu’elle était alors desservie par M. Pierre LeSueur.
D’après la tradition, dans les commencements de la paroisse, les Sauvages, pour s’exempter de faire le tour de la presqu’île où est située L’Assomption, faisaient portage, c’est-à-dire qu’ils traversaient la presqu île en tramant leurs canots. De là le nom de Saint-Pierre du Portage.
C est le 31 novembre 1835 que Saint-Pierre du Poitage de L Assomption a ete érigée canoniquement. Depuis cette époque, elle n’est plus, pour ainsi dire, connue sous d’autre nom que celui de L’Assomption.
Laterrière, Canton (Chlcoutinii)
Le canton Laterrière rappelle le nom du docteur Marc-Paschal de Sales Laterrière, qui représenta l’ancien comté du Saguenay à l’Assemblée législative du Bas-Canada, puis fut conseiller législatif avant la Confédération, pour la division des Laurentides.
La tilbury, Canton (Ottawa)
A illage du comté de Bucks, Angleterre.
La Tour, Canton (Saguenay)
L’abbé Louis-Bertrand de La Tour fut doyen du chapitre de Québec, conseiller clerc au Conseil Supérieur de la Nouvelle-France et grand vicaire de l’évêque de Québec. Il ne demeura que deux ans dans la colonie.
Laure, Canton (Québec)
Le Père Pierre-Michel Laure, Jésuite, fit la mission de Tadoussac de 1720 à 1737. Il a laissé une bonne carte du territoire du Saguenay.
Laurentides
Les Laurentides ont été nommées ainsi par l’historien Carneau. Nous lisons dans la première édition de son Histoire du Canada : “ Cette chaîne n’ayant pas de nom propre et reconnu, nous lui donnons celui de Laurentides, qui nous paraît bien adapté à la situation de ces montagnes qui suivent une direction parallèle au Saint-Laurent. Un nom propre est nécessaire afin d’éviter les périphrases toujours si fatigantes et souvent insuffisantes pour indiquer une localité, un fleuve, une montagne, etc. Quant à l’euphonie, nous espérons que le nom que nous avons choisi, satisfera l’oreille la plus délicate, et formera
une rime assez riche pour le poète qui célébrera les beautés naturelles de notre patrie.”
Laurier, Canton (Portneuf)
Sir Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada.
Laurierville (Mëgantic)
Sir Wilfrid Laurier.
Laus, Notre-Dame du (Ottawa)
Notre-Dame du Laus est un pèlérinage célèbre en France. Il est situé dans la commune de Saint- Etienne d’Avançon, département des Hautes-Alpes. L’église de Notre-Dame du Laus fut élevée en 1667, à la suite d’une apparition de la sainte Vierge aune jeune bergère, Benoite Rencurel.
Lauzon (Lévis)
Le 15 janvier 1636, par un acte de concession daté à Paris, Simon Le Maître, conseiller du roi, receveur général des décimes en Normandie, devenait propriétaire de la rivière Bruyante et de trois lieues de pays de chaque côté de ses rives sur six lieues de profondeur. Dès le 26 janvier 1636, Le Maître déclarait dans un acte devant Huguenier et ILuart, notaires à Paris, qu’il n’avait fait que prêter son nom à M. Jean de Lauzon. Jean de Lauzon, qui fut plus tard gouverneur de la Nouvelle-France, devait léguer son nom à cette seigneurie, et par lui ou par les siens y exercer pendant près d’un demisiècle une influence considérable. (1)
(1) J. -Edmond Roy, Histoire de la seigneurie de Lauzon, vol. II, p. 38.
Laval
Le comté de Laval fut nommé ainsi en l’honneur de Mgr François de Laval-Montmorency, premier évêque de Québec, parce que l’île Jésus, qui compose ce comté, avait été concédée à ce saint prélat le 23 octobre 1699 par le gouverneur de Callières et l’intendant Bochart de Champigny.
Laval, Sainte-Brigitte de (Québec)
En souvenir de Mgr de Laval.
Lavaltrie, Saint- Antoine de (Bertliier)
En 1664, Séraphin Margane, sieur de la Valterie, lieutenant au régiment de Lignières, fils de Sébastien Margane et de Denise Tonnot, de Saint-Benoit, diocèse de Paris, prit du service sous M. de Tracy et passa avec lui dans la Nouvelle-France. Le 29 octobre 1672, l’intendant Talon concédait au sieur delà A alterie la quantité d une lieue et demie de terre de front sur pareille profondeur, à prendre sur le fleuve St-Laurent, bornée d’un costé par les terres appartenant au séminaire de Montréal, et de l’autre celles non concédées, par devant le dit fleuve, et par derrière aux terres non concédées, avec les deux islets qui sont devant la dite quantité de terre et la rivière St- Jean comprise.” Le sieur de la Valterie donna son nom au fief qu’il venait de recevoir.
L’ Avenir (Druramond)
Le nom de l’Avenir fut donné à cette localité en 1853. L 'Avenir, organe des esprits forts du temps, fondé en 1847, et dont l’âme avait été Jean-Baptiste- Eric Dorion, Y Enfant Terrible , avait- cessé de paraître en 1852, et c’est le souvenir de son cher défunt que ce même M. Dorion voulut perpétuer, en donnant
son nom à l’un des endroits les plus féconds et alors les plus florissants des townships de l’Est. (1)
Caverloclière, Canton (Pontiac)
Le Père Jean-Nicolas Laverlochère, oblat de Marie- Immaculée, avait à peine trente ans lorsqu’il arriva au Témiscamingue, et pendant quarante ans il y a exercé un apostolat infatigable, dont le digne couronnement a été une inort causée par les fatigues, les misères sans nombre endurées dans ses courses interminables et par les maladies qu’il y avait contractées. (2)
Laviolette, Canton (3Iaskinong-é)
Le sieur de Laviolette fut chargé par Champlain d’élever une habitation au lieu appelé Trois-Rivières. On le regarde comme le fondateur de Trois-Rivières.
Lawreuceville (Sliefford)
Lawrenceville fut fondé par Henry Lawrence, un des premiers colons du canton de Stukely.
Leclercville, Sainte- Cm mélie de (Lottoinière)
C’est un M. Leclerc qui donna les terrains sur lesquels s’élèvent l’église, le presbytère et les dépendances curiales.
Leeds, Canton (Mégantic)
Village du comté de Kent, Angleterre.
Lejeune, Canton (Cliamplain)
On considère le Père Paul Le Jeune comme le père des missions des Jésuites dans la Nouvelle-France, quoiqu’il n’y soit venu qu’en 1632. C’est le Père
(1) J. -C. St- Amant, U Avenir, p. 261.
(2) Arthur Buies, U Oataouais supérieur, p. 241.
Le Jeune qui prononça l’oraison funèbre du fondateur de Québec.
Leneuf, Canton (Saguenay)
Jacques Leneuf, sieur de la Poterie, né à Caen, arriva dans la Nouvelle-France le 11 juin 1636. Il fut le premier concessionnaire de Portneuf. Leneuf de la Poterie fut quatre fois gouverneur de Trois- Rivières. M. de Mésy, quelques jours avant sa mort, avait donné à M. Leneuf de la Poterie une commission “ pour être son lieutenant après son décès ”. Le Conseil Souverain décida qu’il ne jouirait du pouvoir de lieutenant qu’en ce qui pouvait regarder la milice. M. Leneuf de la Poterie fut la tige des Leneuf de la Yallière et de Beaubassin qui jouèrent de grands rôles en Acadie.
Leanoxville, Saint-Antoine de (Sherbrooke)
Nommé ainsi en l’honneur de Charles Gordon Lennox, quatrième duc de Richmond, comte de Mardi, et baron de Sittrington, dans la pairie d’Angleterre ; duc de Lennox, comte de Darnley et baron Methuen, dans la pairie d’Ecosse ; et duc d’Aubigny, en France. Ce grand personnage fut gouverneurgénéral du Canada, de 1819 à 1820. Il mourut de la rage.
La paroisse de Lennoxville a reçu saint Antoine pour titulaire en l’honneur de Mgr Antoine Racine, premier évêque de Sherbrooke.
Lepage, Canton platane)
Pour commémorer le souvenir du premier seigneur de Rimouski, Germain Lepage.
L’Epiphanie (l’Assomption)
C’est une légende à L’Epiphanie que le nom de l’Epiphanie a été donné à la nouvelle paroisse démembrée principalement de la grande et riche paroisse de L’Assomption, puis un peu de Saint- Henri de Mascouche, de Saint-Roch de l’Achigan et de Saint-Jacques de l’Achigan, parce que les Messieurs du séminaire de Saint-Sulpice, propriétaires de la seigneurie de Saint-Sulpice, envoyaient chaque année leur procureur à l’Achigan, pour retirer les rentes seigneuriales de leurs censitaires, lequel arrivait invariablement, beau temps, mauvais temps, au manoir seigneurial le soir de la fête des Rois (Epiphanie).
Lesage, Canton (Ottawa)
M. Siméon Lesage, sous-ministre du département des travaux publics de la province de Québec.
Leslie, Canton (Poutiac)
L’honorable M. James Leslie fut secrétaire provincial du Canada, de 184S à 1851.
Lessard, Saint-Cyrille de (Islet)
La seigneurie de Lessard fut accordée en juin 1698, par le comte de Frontenac et l’intendant Bochart de Champigny, au sieur Pierre Lessard.
Letellier, Canton (Sagueuay)
Luc Letellier de Saint-.Just, ministre de l’agriculture du gouvernement du Canada, puis lieutenant-gouverneur de la province de Québec.
LeVerrier, Canton (Islet)
Nous avons eu deux personnages de ce nom sous le régime français.
François Le Verrier, sieur de Rousson, capitaine d’une compagnie du détachement de la marine, fut nommé, en juin 1725, lieutenant du roi à Québec. Il mourut dans cette ville le 7 novembre 1732. Sa veuve se remaria au dernier gouverneur de la Nouvelle-France, M. de Vaudreuil.
Louis-Guillaume (le) Verrier fut nommé procureurgénéral au Conseil Supérieur de la Nouvelle-France le 20 avril 1728. Il occupa cette charge pendant trente ans. Le gouverneur et l’intendant ne cessent de faire l’éloge de Verrier dans leurs lettres à la Cour. C’est lui qui écrivait: “Je n’ai d’autre ambition que de consacrer sans réserve tous les moments de ma vie à l’utilité publique.”
Le canton Le Verrier a pu prendre son nom aussi de l’astronome Le Verrier qui s’est illustré par la découverte de la planète Neptune.
Lévis
“ C’est le chevalier de Lévis, le héros de la bataille de Sainte-Foy, qui a donné son nom à la ville qui fait vis-à-vis à Québec. Le choix de ce nom se fit en 1860 alors qu’on élevait dans la capitale de la colonie le monument destiné à rappeler à la postérité la mémoire des braves tombés pendant le combat qui avait ete livré devant ses murs un siècle auparavant. Rien, si ce n’est un fort démantelé sur un îlot perdu audessus des rapides du saut Saint-Louis, près de Montréal, n’avait jusqu’alors porté le nom de cet illustre capitaine. Il était juste que la ville nouvelle qui se fondait au moment même où l’on honorait son courage et sa bravoure d’une façon aussi éclatante garda le souvenir d’un événement aussi mémorable.” (1)
(1) J. -Edmond Roy, Histoire de la seigneurie de Laüzon, vol. 1er,
Lévrard, Sainte Sophie de (Nicolet)
Sainte-Sophie de Lévrard rappelle le souvenir de l’ancien propriétaire de la seigneurie de Saint-Pierre les Becquets, Louis Lévrard, maître-canonnier, de Québec. Elle avait d’abord été concédée à Romain Becquet, notaire, mais comme il était mort sans remplir les conditions de la concession, elle fut annulée et concédée de nouveau à ses deux filles, Marie- Louise et Catherine-Angélique. Cette dernière devint la femme de Louis Lévrard.
Lévrard fut mis sous le patronage de sainte Sophie en l’honneur de Sophie Young, épouse de -J.-Ovide Tousignant, seigneur de Lévrard.
Lichepain (Kamouraska)
Ce nom exprime énergiquement la pauvreté des premiers colons de cet endroit.
Limoïlou (Québec)
Limoïlou était le nom du manoir de Jacques Cartier, à Saint-Malo.
Liuière, Canton (Beauee)
Onze communes, en France, portent le nom de Lignière ou Linière. Les Taschereau, croyons-nous, ont emprunté leur surnom de Linière à la commune de Linière, située à une trentaine de kilomètres de Tours.
L’Islet, Notre-Dame de Bon -Secours de
La paroisse actuelle de 1 Islet fut concédée en deux seigneuries. La première de une lieue de front sur deux lieues de profondeur, touchant par son extrémité nord-est à la seigneurie de Port- Joly, fut concédée le 17 mai 1677 à Geneviève Couillard, veuve du
sieur du Tertre. Dans certains actes de notaires, cette seigneurie est appelée V Islet Saint-Jean ; d’autres la nomment tout simplement Saint-Jean. L’autre concession, bornée à son extrémité nord-ouest par la seigneurie de Yincelotte (Cap Saint-Ignace), fut accordée par l’intendant Duchesneau, le 1er juillet 1677, au sieur Jean-François Bélanger. Elle contenait environ une lieue et demie de iront sur deux lieues de profondeur. On désigna la seigneurie de Bélanger sous le nom de Bonsecours. Au pied du quai actuel de l’ Islet, placé à huit arpents de l’église, il j a, à l’est, un rocher s’élevant à une quarantaine de pieds environ au-dessus du niveau des hautes marées. Ce rocher a un peu plus de quatre arpents de longueur sur cent-cinquante pieds de largeur. Autrefois, il se trouvait entièrement entouré des eaux du fleuve. Il formait alors une petite île, un îlet, mot que l’on prononçait îlette. Ce nom servit d’abord à désigner la seigneurie de la veuve du Tertre. Plus tard il s’étendit à la paroisse formée des deux seigneuries de l’ Islet et de Bonsecours.
Liitchüeld, Canton (Ottawa)
Ville du comté de Stafford, Angleterre.
Lochaber, Canton (Ottawa)
District très montagneux et très boisé du comté de Inverness, Ecosse.
LiOg-an, Mont (Oaspé)
Le mont Logan, dont la hauteur est de 3768 pieds, a pris son nom du géologue William Logan.
Liongueuil (Cliambly)
M. Jacques Viger, dans sa Saberdache, donne l’origine suivante au nom Longueuil : “ Quelques
années avant celle de son anoblissement, Charles LeMoyne avait acquis une seigneurie à l’opposite de Montréal ; il lui donna le nom de Longueuil, nom significatif (Long-œil) de la vue étendue qu’embrasse l’œil en le portant du littoral de cette terre sur le fleuve Saint-Laurent. Il n’hésita pas dès lors et seulement d’ajouter le de Longueuil à son premier nom de Le Moyne, et les lettres patentes de 1668 portent que Sa Majesté anoblit “ Charles Le Moyne de Longueuil
M. bâillon, dans son Histoire de la colonie française, traite avec lucidité cette question : “ Charles Le Moyne, dit-il, prit le nom de Longueuil d’un village de Normandie, aujourd’hui chef-lieu d’un canton, dans l’arrondissement de Dieppe, sa patrie. Ainsi, il est à remarquer que dans l’acte de mariage du sieur Saint-Aubin passé à Ville-Marie en 1679, le notaire, pour éloigner toute confusion, a eu soin de dire que les parents de ces époux demeuraient à Longueuil de Dieppe ”.
Il est hors de tout doute que c’est là la véritable origine du mot Longueuil ; l’explication qu’en donne M. Faillon est trop claire et trop évidente pour lui préférer l’opinion tout à fait problématique de M. Viger. (1)
Loranger, Canton (Ottawa)
L’honorable Louis-Onésime Loranger, juge de la Cour Supérieure.
Lorimier, De (Hochelaga)
De Lorimier portait autrefois le nom de Côte de
(1) Jodoin et Vincent, Histoire de Longueuil et de la famille de Longueuil, p. 39.
la Visitation. C’est en 1895 que la Législature a autorisé ce village à prendre le nom de De Lorimier.
La famille de Lorimier est une de nos anciennes familles canadiennes. Un de ses membres fut blessé à la prise de Corlar. On connait le patriote Chamilly de Lorimier qui fut exécuté à Montréal le 15 février 1S39, avec Nicolas, Hindelang, Norbert et Daunais. On ne lit pas sans pleurer les lettres qu’il écrivit à sa femme et à ses amis quelques instants avant de monter sur l’échafaud. C’est pour honorer la mémoire de ce brave qu’on a substitué le nom de Lorimier à celui de Côte de la Visitation.
Ijcrrain, Canton (Pontiac)
Mgr Narcisse-Zéphirin Lorrain, premier évêque de Pontiac.
Lotbinière
Le premier Chartier dont l’histoire fasse mention est Philippe Chartier, receveur général des comptes en 1374. Un de ses fils devint évêque de Paris, un autre fut abbé de Saint-Germain, un troisième fut receveur-général puis secrétaire d’état de Louis AU, qui lui accorda des lettres de noblesse. Il eut six enfants : trois fils et trois filles. César, l’un d’eux, fut tué au siège de Péronne en 1468. Il laissa deux enfants. L’aîné, Clément, épousa une des plus riches héritières de Bretagne, Gillette de Châteaubourg. C’est lui qui introduisit dans sa famille le surnom de Lotbinière, qui lui est resté. Ayant acheté dans le Bas-Maine une propriété appelée Birdère, pour la distinguer d’une autre qu’il avait dans le Dijonnais, du nom de Bignières, il ajouta le mot Lot, à cause des poissons de cette espèce qui pullulaient dans les fossés du château.
Louis-Théanclre Chartier de Lotbinière, un des descendants de ce Clément Chartier qui prit le surnom de Lotbinière, passa dans la Nouvelle-France en 1646. Sa haute capacité, son honnêteté et son illustre origine le firent appeler par nos gouverneurs à remplir les plus hautes charges de 4a colonie. Il fut successivement membre du Conseil Souverain et lieutenant civil et criminel de la prévôté de Québec. C’est le 3 novembre 1672 que l’intendant Talon lui concéda, sur la rive sud du Saint- Laurent, deux lieues de terrain de front sur deux lieues de profondeur, à prendre entre la concession du sieur Marsolet et celle des Ursulines de Québec. M. de Lotbinière donna son nom à sa seigneurie.
Louise, Canton (Beauce)
Le canton Louise fut vraisemblablement nommé ainsi pour rappeler le souvenir de la princesse Louise, fille de la reine Victoria et épouse du marquis de Lorne, aujourd’hui duc d’Argyle.
Louiseville (Masklnoug'é)
C’est en 1879 que la Rivière-du-Loup-en-baut a été incorporée en ville sous le nom de Louiseville, en l’honneur de la princesse Louise, à qui les citoyens de cette paroisse avaient présenté une adresse et un bouquet, lors de son passage au milieu d’eux, l’année précédente.
Lourdes, Notre-Dame de (Mégantic)
C’est le 28 avril 1874 que Notre-Dame de Lourdes a été érigée en mission. Ce nom lui fut donné à la suggestion de M. Lalibertê, aumônier de l’archevêché de Québec, qui avait fait l’année précédente un pêlèrinage au célèbre sanctuaire de Lourdes, en France,
et qui trouvait beaucoup de ressemblance entre l’humble village du comté de Mégantic et le site du bourg où la A ierge apparut à Bernadette Soubirous.
Low, Canton (Ottawa)
C’est M. Low, grand commerçant de bois, qui a donné son nom à ce canton.
Luskville, Saint Dominique tle (Ottawa)
Le premier habitant de cet endroit fut un anglais protestant du nom de Lusk. Plusieurs de ses enfants demeurent encore à Luskville.
Lussier, Canton (Montcalm)
C’est une famille Lussier qui a d’abord habité ce canton.
Lynch, Canton (Montcalm)
L’honorable William- Warren Lynch, qui a fait partie des gouvernements Chapleau, Mousseau, Ross et Taillon, est aujourd’hui juge de la Cour Supérieure pour le district de Bedford.
L5Tsander, Chutes (Mégantic)
Le général Lysander Flagg, de Rhode Island, érigea sur la rivière Tliames des moulins considérables.
Lytton, Canton (Ottawa)
Lord Lytton, ministre des colonies de 185S à 1859.
Macaza, Notre-Dame (le la (Ottawa)
Macaza est le nom d’un vieux Sauvage qui campait sur les bords cl’un lac qui est dans les limites de cette paroisse.
Machiehe (Saint- Maurice)
Diminutif de Yamachiche.
MacNider, N.-D. de r Assomption de (Matane)
Le 6 mai 1675, Frontenac concédait au sieur Jean- Baptiste de Peiras, conseiller du roi au Conseil Souverain de la Nouvelle-France, “ deux lieues de front le long du fleuve Saint-Laurent du costé du sud, à prendre du milieu de la largeur de la rivière appelée Mitis, ou autrement les isles Saint-Barnabé, en descendant le dit fleuve, sur deux lieues, de profondeur, avec trois isles ou islettes appelés Saint-Barnabé.” Après la conquête, les héritiers du sieur de Peiras vendirent cette seigneurie à un Ecossais du nom de Matthew MacNider. Ce dernier la revendit presque aussitôt à son parent John MacNider. Le nouveau propriétaire se construisit une maison près du fleuve, sur la limite nord-ouest de sa propriété. Il choisit cet endroit problablement à cause de la beauté et de la commodité du site. L’établissement de MacNider était à cette époque un des rares postes établis le long de cette partie du fleuve Saint-Laurent. Les voyageurs le désignèrent bientôt par le nom de Son propriétaire.
Ce ne fut que vers 1855 que les curés de Saint- Octave de Métis commencèrent à desservir MacNider. Un des premiers desservants de cet endroit, M. l’abbé Blanchet, écrivait à l’archevêque de Québec en 1859 : “ En vous nommant la mission de Mac¬ Nider ou Sandy-Bay, je ne puis m’empêcher de vous dire, avant toute autre chose, que je suis fatigué de ces noms écossais et anglais ; la prononciation du premier me met à la torture. J’ai déjà songé à donner à cette mission le nom de l’Assomption, mais les
bons Pere Oblats l’ont pris pour les îlets Jérémie qui ne sont pas éloigné d’ici. Si ma mission ne peut porter ce nom, je désire qu’elle reçoive celui de N.-D. des Anges. Du reste c’est l’affaire de Votre Grandeur ; mais mon intention principale est de faire changer les noms écossais et anglais en d’autres noms qui tiennent plus à la religion catholique.” La raison qui poussait l’abbé Blanchet à demander à l’autorité religieuse à placer la nouvelle mission sous le patronage de Notre-Dame de l’Assomption c’est qu’il avait été ordonné prêtre le 15 d’août, jour où l’église célébrait alors cette fête. Sa demande fut accordée.
Madawaska
Le mot Madawaska que l’on devrait écrire ainsi Mctdaouska vient de Môda8cis8ka ou ModaSaski, terre du porc-épic.
Madawmska, d’après d’autres, signifie “ rivière qui ne gèle jamais.”
Enfin, Mgr Laflèche prétend que Madawaska viendrait des mots sauteux mataw, décharge ou embouchure d’une rivière, et aska, il y a joncs ou foin. Rivière qui se décharge à travers les joncs.
Madding-ton, Canton (Niculet)
Maddington est un village du comté de Wilt, en Angleterre.
Magrenta (Laval)
Magenta est une ville de l’Ancienne Lombardie, tout près de Milan. Les Français y remportèrent sur les Autrichiens, le 4 juin 1859, une bataille qui leur ouvrit les portes de Milan. C’est à cette occasion que le maréchal de MacMahon fut créé duc de Magenta.
Magog (Stanstead)
Diminutif de Memphrémagog.
Magpie (Labrador)
Magpie a pris son nom de la rivière Magpie ou la Pie.
Maheu, Kivière (Moutinorency)
La rivière Maheu, qui sépare les paroisses de Saint-Jean et de Saint-Laurent, sur l’île d’Orléans, tire son nom du premier habitant qui vint s’établir sur ses bords : René Maheu.
Mailloux, Canton (Bèllecliasse)
M. Alexis Mailloux, grand vicaire du diocèse de Québec, n’a pas seulement été l’apôtre de la tempérance dans notre pays ; il a puissamment aidé à la colonisation. C’est lui qui, vers 1847, fonda une société de colonisation pour mettre en culture le canton Buckland. M. Mailloux a vécu assez pour voir plusieurs paroisses prospères dans ce canton qu’il avait ouvert à la colonisation.
Maisonneuve
Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, fondateur de Montréal.
Major, Canton (Ottawa)
M. Charles-Beautrom Major, avocat, élu député d’Ottawa à la législature de Québec en 1897.
Malakofï, Canton (PontiacJ
Le fort Malakoff défendait Sébastopol, en Crimée. Il fut emporté d’assaut par les soldats français le 8 septembre 1855.
Malbaie, Saint-Etienne de la (Charlevoix)
La Malbaie fut ainsi nommée par Samuel de Champlain, lorsqu’il y passa en 160S, après avoir visité Tadoussac. “ Costoyants la coste du nord, déclaret-il, nous fusmes à une pointe, qui advance à la mer, qu’avons nommé le cap Dauphin, distant de la rivière aux Saulmons trois lieues. De là fusmes à un autre cap que nous nommasmes le cap à l’Aigle, distant du cap Dauphin huit lieues. Entre les deux il y a une grande ance, où au fond il y a une petite rivière qui assèche de basse mer, et peut tenir environ lieue et demie. Elle est quelque peu unie, venant en diminuant par les deux bouts. A celui de l’ouest y a des prairies et pointes de rochers, qui advancent quelque peu dans la rivière : et du costé du su-rouest elle est fort batturière, toutefois assez agréable, à cause des bois qui l’environnent, distante de la terre du nort d’environ demi-lieue, où il y a une petite rivière qui entre assez avant dedans les terres, et l’avons nommé la rivière Platte, ou Malle-Baie, d’autant que le travers d’icelle la marée y court merveilleusement : et bien qu'il face calme, elle est toujours fort émeue, y ayant grande profondeur.” (1)
Le mot male est un vieil adjectif qui signifiait jadis mauvais. Champlain, trouvant mauvais ancrage au pied du Cap à l’Aigle, donna à la baie, ainsi que nous venons de le voir, le nom de Male Baie abrégé avec le temps en Malbaie.
Malbaie, Saint-Pierre de la (Gaspé)
La baie qui a donné son nom à la paroisse portait à l’origine le nom de baie des Molues ou Morues,
(l) Voyages du sieur de Champlain ou Journal ès découvertes de la Nouvelle- France, p. 160.
parce que ce poisson s’y prenait en abondance par les pêcheurs basques, normands et bretons. Il s’en prend encore beaucoup même aujourd’hui. Les Anglais ont changé baie des Moines en Moine bay puis, grâce à leur accent, en Mal. . . . bay, orthographe actuelle. Jean-Baptiste a repris son bien et dit et écrit Malbaie.
Malherbe, Canton (Lac Saint- Jean)
“François Malherbe se trouvait en qualité d’engagé à la mission du pays des Hurons, lors du martyre des Pères de Brébeuf et Lalemant. Ce fut François Malherbe qui eut la dévotion et la charité de transporter sur son dos les corps grillés et rôtis des deux martyrs, l’espace de deux lieues. Cet acte de piété valut à François Malherbe sa vocation à la vie religieuse ; il y fut appelé en qualité de coadjuteur temporel en 1652. Il fut envoyé à la mission de Chicoutimi vers 1680. Durant les plus grands froids de l’iiiver de 1686, le frère jésuite François Malherbe faillit périr dans les bois en se rendant du lac Saint- Jean (probablement de la mission de Saint-Charles de Mêtabetchouan) à Chicoutimi où il allait rejoindre son supérieur, le Père de Crespieul. On le trouva demi mort, ayant les pieds et les mains gelés. Malgré les soins qu’on lui donna, il perdit deux doigts des mains et des pieds, à la suite des plus cruelles souffrances qu’il endura avec une patience et une douceur angélique. Le frère Malherbe continua ses humbles travaux à la mission de Chicoutimi avec autant d’utilité que d’édification, jusqu’à l’époque de sa dernière maladie. Le 19 avril 1694, jour du jeudi saint, à dix heures du soir, il rendit sa belle âme à celui qu’il avait si bien servi pendant les 69
ans de sa vie, dont il avait passé 42 en religion. Les restes de ce digne compagnon des Pères de Brébeuf et Lalemant reposent, depuis plus de deux cents ans, sur la haute falaise du Saguenay, où s’élève aujourd’hui la ville de Chicoutimi, devenue siège épiscopal (1)
Malhiot, Canton (Cliamplain)
L’honorable Henri-Gédéon Malhiot a été ministre des terres de la Couronne avant d’être juge de la Cour Supérieure.
Malmaison Missisquoi)
M. Des Rivières se bâtit un château en cet endroit et lui donna le nom de Malmaison. Grand admirateur de l’impératrice Joséphine, épouse de Napoléon 1er, il voulait rappeler le souvenir du château de Malmaison, dans la commune de Rueil, où elle se retira après son divorce.
Mandeville, Saint-Charles de (Maskinongé)
Le lac Mandeville porta d’abord le nom de lac Maskinongé. Plus tard il prit le nom de Mandeville d’un colon, Maxime Mandeville, qui s’établit sur ses bords.
Saint Charles a été donné pour titulaire à cette paroisse parce que la première mission fut établie par M.. Charles Turgeon, curé de Saint-Didace.
Manicouagau (Labrador)
Manikuagan est le lieu où les Sauvages enlèvent l’écorce pour les canots ; il est à remarquer que cette écorce ne se trouve qu’en certains endroits.
(1) L’abbé H.-R. Gasgrain, Bulletin des Recherches Historiques,
vol. IV, p. 85.
Le Père Lemoine traduit Manicouagan par “ Là où l’on donne à boire.”
D’un autre côté, Mgr Laflèche et le Père Lacombe prétendent que le mot cris manikuagan ou minikwagan signifie buvoir ou pot à boire.
Maniwaki, (Ottawa)
Maniwaki est un mot algonquin qui veut dire “ terre de Marie.” (1)
Manu, Canton (Bonaventure)
M. Mann a possédé de grandes concessions de terrain dans cette région.
Mauonan (Saint-Maurice
Merin au aunu, là où il y a beaucoup d’œufs, traduit le Père Lemoine.
Manseau (Nicolet)
Cet endroit fut d’abord connu sous le nom de Moose Park. On le désigne aujourd’hui sous le nom de Manseau parce que le fondateur et premier curé de la paroisse fut M. Manseau.
Mansfield, Canton (Pontiac)
Mansfield, ville d’Angleterre, possède une école fondée par la reine Elizabeth.
Mansonville (Brome)
Le premier propriétaire du site actuel de Mansonville fut le colonel Henry Ruiter, un loyaliste américain. Il vendit sa concession à Joseph Chandler et à John Lewis qui eux-mêmes, en 1811, vendirent à Robert Manson. Celui-ci bâtit un moulin et donna
(1) H.-L.-N. Augé, Etude sur la région Témiscaming.
le premier élan de prospérité à la place qui prit son nom.
Marbleton (Wolfe)
Marbleton tire son nom d’une belle carrière de marbre située sur les bords du lac Argenté.
Marchand, Canton (Beauce)
L honorable Félix-Gabriel Marchand, premier ministre de la province de Québec.
Maria, Sainte-Brigitte de (Bonaventure) .
Maria fut nommée ainsi en l’honneur de lady Maria Effingham, femme de lord Dorchester, gou verneur-général du Canada. Cette grande dame fut chantée en vers et en prose dans la Quebec Gazette de Neilson.
Marienquatacook, Rivière (Témiscouata)
Le mot Marienquatacook, en indien, signifie : “ la belle tortue.”
Marieville (Rouville)
Dérivé de Sainte-Marie de Monnoir.
Marlow, Canton (Beauce)
Marlow est un bourg du comté de Buckingham, Angleterre.
Marmier, Canton (Portnetlf)
M. Xavier Marmier, membre de l’Académie française, qui visita le Canada deux ou trois fois, eut toujours beaucoup de sympathie pour notre pays.]
Mars ton, Saint-Léon de (Compton)
Alarston est un village du Yorkshire, Angleterre.
Marston fut mis sous le patronage de saint Léon en l’honneur du pape Léon XIII.
Martindale, Saint-Martin de (Ottawa)
Le terrain sur lequel fut bâtie l’églisè fut donnée par un paroissien du nom de Martin O’Malley ; d’où Saint-Martin de Martindale. Dale, en anglais, signifie vallon, vallée.
Martinière, La (Lévis)
Le 5 août 1692, Claude de Bermen, sieur de la Martinière, se faisait concéder l’espace de terre compris entre la seigneurie de Lauzon et celle de Monteà-Peine.
Martinville (Compton)
Martinville porta à l’origine le nom de Martin’s Mills. Vers 1838, Daniel Martin vint s’établir ici et ne tarda pas à exploiter le pouvoir de la rivière au Saumon. Il construisit un moulin a scie. Il jeta aussi un pont sur la rivière et bâtit la première maison de l’endroit. (1)
Mascouclie, Saint-Henri de (l’Assomption)
Mascouche, en langue crise, signifie petit ours. D’après Mgr Laflèche, maskoush, petit ours, est le diminutif de mashkwa, ours.
Une autre opinion veut que le mot Mascouche, en langue indienne, signifie plutôt prairie. Il est vraisemblable de croire que les vastes et belles plaines adossées au Grand Coteau (petite chaîne des Laurentides qui traverse toute la paroisse) aient inspiré aux Sauvages la pensée de désigner cet endroit enchanteur sous le nom de Mascouche — prairie.
(1) L.-S. Channell, History of Compton County, p. 209.
Terrebonne, qui existait quand la paroisse de Mascouche a été créée, ayant reçu pour titulaire saint Louis, roi de France, l’évêque du temps mit la paroisse limitrophe, Mascouche, sous le patronage de saint Henri II, qui a joué en Allemagne le rôle que saint Louis a joué en France.
Masham, Sainte-Cécile de (Ottawa)
Ville du comté de Ydrk, Angleterre.
Maskinongé
Le mot Maskinongé vient des mots algonquins MashJc, difforme ou infirme, et Kinonge, brochet. Le brochet appelé Maskinongé est très commun dans le lac et la rivière Maskinongé. L’abondance de ce poisson dans ses eaux est sans doute ce qui a fait donner son nom à la rivière.
Massé, Canton (Matane)
Le père Jésuite Ennemond Massé, un des premiers missionnaires du Canada.
Masson, Sainte-Marguerite du lac (Terrebonne)
Le lac Masson a reçu son nom de l’honorable Edouard Masson.
Mgr Bourget, évêque de Montréal, avait une vénération profonde pour sainte Marguerite, la patronne des mères de famille. En mettant cette paroisse du nord de son diocèse sous le patronage de. sainte Marguerite, il voulait donner aux mères colonnes, comme les appelait le curé Labelle, une puissante protectrice auprès de Dieu.
Matane, Saint- Jérôme de
Champlain appelle cet endroit Mantanne. Jean
Alphonse donne à la rivière Matane le nom de rivière de Caën.
Matane ou mtctcin signifie en micmac “ vivier de castor ”. A quoi cela répond-il ? Nous l’ignorons.
Matane fut mise sous le patronage de saint Jérôme • en l’honneur de M* Jérôme Demers, vicaire-général de Québec.
Matapédiac, Saint-Alexis de (Bonaventure)
C’est la rivière Matapédiac qui a donné son nom au canton dans lequel est située la paroisse de Saint- Alexis.
M. Hamel, qui fit un voyage d’exploration dans ces parages en 1863, dit que le mot Matapédiac, en langue micmaque, signifie volume d'eau qui descend d'une grande mare. (1)
Mgr Guay, protonotaire apostolique, dit que la vraie épellation de Matapédiac est Matakpediak et que ce mot signifie en langue micmaque, union de deux rivières. En effet, la Matapédiac se jette dans la Ristigouche à l’endroit même qui a pris le nom de Matapédiac. Matakpediac, union de deux rivières, se compose des mots Matack, union, et pediak, rivière.
Il y a de sous-entendu tabo, deux. Le mot-à-mot en micmac serait ceci : Matack, union ; tabo, deux ; pediak, rivières : Matack-tabo-pediak. Il faut bien prononcer chaque lettre pour avoir la vraie prononciation. Mais comme les Sauvages se servent de beaucoup d’abréviations dans leur langue, il disent tout simplement : Matackpediak.
Le Père Lacombe donne une troisième interprétation : “ Matapédiac, dit-il, vient du cris matabiskaw, rocher qui s’avance vers le rivage.”
(1) Transactions of Literary and Historical Society of Quebec,
vol. III, p. 270.
Matapédiac fut mise sous le patronage de saint Alexis en l’honneur du grand-vicaire Alexis Mailloux, qui contribua pour beaucoup à la fondation de cette paroisse.
Matawin, Saint Nicolas rte la (Saint Maurice)
Matawin vient du mot algonquin Matcuuane qui, d’après quelques uns, veut dire “ décharge des eaux.” Le Père Arnaud prétend, lui, que le mot mataouan ou matawan veut dire “ endroit où deux rivières se réunissent pour n’en former plus qu’une.”
De passage à Matawin en 1887, Mgr Laflèche, évêque de Trois-Rivières, lui donna pour patron saint Nicolas, évêque de Myre, en mémoire de M. Nicolas-Sévère Dumoulin, curé d’Yamachiche, qui fut l’un des premiers à visiter les postes du Saint- Maurice après le Père Buteux.
Mayo (Ottawa)
Mayo est un comté d’Irlande.
Mazenotl, Canton (Pontiac)
Toute cette région fut parcourue et est desservie par les Pères Oblats de Marie-Immaculée. C’est Mgr Mazenod, évêque de Marseille, qui a fondé cette belle congrégation.
McGill, Canton (Ottawa)
Nous avons eu deux McGill dans la province de Québec. L’honorable James McGill fut député à l’Assemblée législative du Bas-Canada et membre du Conseil exécutif. C’est le fondateur de l’université McGill, à Montréal. L’honorable Peter McGill fut aussi membre du Conseil exécutif. Il fit partie du Conseil spécial.
Mecatina (Labrador)
Makatinau ou Mekatinau, dit le Père Lemoine, signifie en montagnais, “ là où se trouve une grande montagne.”
Le Père Arnaud prétend que le mot Mécatina veut dire une montagne abrupte, escarpée.
Dans la langue crise le mot Mecatina ou Makewâtinâk se traduit par “ parmi les collines.”
Méchius, Saint-Edouard des (Matane)
Saint-Edouard des Méchins ou Les Méchins, comme on appelle cette mission dans le bas du fleuve Saint-Laurent, doit son nom à des rochers énormes qui s’avancent fort loin dans la mer, et que l’on nomme les Méchins. On pense que le mot Méchins est une corruption du mot Méchants. Les fréquents naufrages qu’occasionnèrent ces rochers de malheur peuvent bien leur avoir fait donner le nom de Méchants. De Méchants à Méchins il n’y a pas même un pas à faire.
On voit un Pierre Méchin de Frontigny, greffier de la maréchaussée à Québec au commencement du dix-huitième siècle, mais il n’est pas probable qu’il ait donné son nom aux Méchins.
Mégantic
Mégantic vient du mot abênakis Namesokanjik, lieu où se tiennent les poissons.
En cris, Mégantic, mis pour MisattiJc, signifie “ gros bois.”
Mëkinac, Saint-Roeli de la (Cliamplaiu)
Mékinac, d’après Mgr Laflèche, serait la corruption du mot cris MikinâJc , tortue. On pense que ce
nom fut donné à cause d’une montagne qui a plus ou moins la forme d’une tortue.
Lorsque, en 1887, Mgr. Laflèche, évêque de Trois- Rivières, fit sa première visite pastorale à la Mékinac, alors simple poste, les habitants se réunirent chez M. Louis Yaugeois, français venu de Normandie, et l’évêque leur dit : “ Lorsqu’un enfant est baptisé, l’Eglise lui donne le nom d’un saint, et le met sous la protection de ce saint. Or, ce que l’Eglise fait pour les enfants, elle le fait aussi pour les paroisses et les missions. Cet endroit-ci se nomme la Mékinac, c’est le nom civil ; eh bien ! je' vais aujourd’hui lui donner un nom religieux, le mettre sous la protection d’un saint. Comme nous célébrons en ce jour la fête de saint Roch, je donne ce grand saint pour patron à votre mission, et vous la nommerez à l’avenir Saint-Roch de la Mékinac.” (1)
Melbourne, Cauton (Uichmond)
Une ville du comté de Derby et un village du comté de Cambridge, en Angleterre, portent le nom de Melbourne. On connait Melbourne, capitale de la province de Victoria, Australie.
Melbourne a dû emprunter son nom de lord Melbourne, premier ministre d’Angleterre en 1835. Il se montra favorable aux Canadiens-Français dans le parlement impérial. Les loyaux de Québec et de Montréal le brûlèrent en effigie parce qu’il ne voulait pas partager leurs opinions.
Meloclieville (Beauliarnois)
Melocheville est un groupe de maisons à l’entrée du canal de Beauliarnois. Les employés du canal se
(1) L’abbé N. Caron, Deux voyages sur le Saint- Maurice, p. 20.
groupèrent là et formèrent un village de quelques maisons au nombre desquelles se trouve la résidence du surintendant du canal. Ce village fait partie de Saint-Clément de Beauharnois, et ses habitants fréquentent l’église de cette paroisse. Plusieurs familles Meloche habitent cet endroit ; de là Melocheville.
Memplirémagog (Brome)
Memphrémagog vient du mot abénakis Mamhrobagak, grande étendue d’eau.
Mercier, Canton (Pontiac)
L’honorable Honoré Mercier, premier ministre de la province de Québec.
Mésy, Canton (Lac Saint- Jean)
Le gouverneur de Mésy est célèbre pour ses démêlés avec Mgr de Laval et les touchantes excuses qu’il fit au saint évêque sur son lit de mort.
Métabetcliouan, Saint-Louis (le (Lac Saint- Jean)
Le Père Lemoine dit que Métabetchouan est formé des mots Métapepilu, venant des bois, et litshun, eau coulant rapidement. La rivière Métabetchouan sort en effet des bois pour se jeter dans le lac Saint- Jean.
Le Père Lacombe donne une origine qui ne diffère pas beaucoup. Matabitjiwan, en cris, signifie courant, qui arrive dans, etc.
Saint Louis a été donné pour patron à cette paroisse en l’honneur de l’honorable Louis Archambeault, ministre du gouvernement de Québec.
Metascouac, Lac (Québec)
Là où les trois ruisseaux se rencont r ent.
Metgermette, Saint Zacliarie de (Beauce)
Metgermette est un mot sauvage dont nous n’avons pu trouver la signification.
Le canton Metgermette est divisé en deux parties. La partie sud, limitrophe des Etats-Unis, forme la paroisse de Saint-Zacharie. C’est eh l’honneur du Père Zacharie Laçasse, Oblat de Marie-Immaculêe, premier desservant, que la paroisse a été nommée ainsi.
3Iéthot’s Mills (Lotbinière)
En 1830, l’honorable Louis Méthot, conseiller législatif, construisit en cet endroit des moulins considérables.
Métis, Saint Octave de (Matane)
Métis, en langue maléchite, veut dire “ tremble ”. La rivière Métis était bordée d’arbres de cette sorte ; d’où son nom. C’est la rivière Métis que suivaient les Sauvages de Ristigouche lorsqu’ils se rendaient au fleuve Saint-Laurent.
La paroisse de Saint-Octave de Métis fut nommée ainsi par Mgr Signai le 2 février 1846 en l’honneur de Mgr Joseph-Octave Plessis.
Mile-End (Maisonneuve)
Deux faubourgs de Londres portent le nom de Mile-End. On les distingue par les qualificatifs de Old-Town et de New-Town. Mais notre Mile-End n’a aucune relation avec les Mile-End de Londres. Le seul champ de course de toute l’île de Montréal autrefois était à Mile-End. Il y avait, paraît-il, un mille de la Place d’ Armes à cet endroit ; d’où Mile- End, fin du mille.
Mille-Roches (Iberville)
On donnait jadis à la paroisse de Saint- Athanase le nom de Mille-Roches parce que son sol était couvert de roches.
Mill-Stream, Saint-Ambroise de (Bonaventure)
Il y avait en cet endroit un moulin (mill) sur le ruisseau (stream) qui se jette dans la rivière Matapédiac, près de l’endroit où s’élève la gare de l’Intercolonial.
Mill-Stream a reçu saint Ambroise pour titulaire parce que c’est M. Philéas-Ambroise Fortier, alors missionnaire de Saint-Laurent de Matapédiac, qui s’occupa d’organiser la nouvelle mission.
Mille-Vaclies, Saint-Paul de (Saguenay)
La seigneurie de Mille-Vaches fut accordée, le 15 novembre 1658, par le gouverneur de Lauzon, à Robert Giffard. Elle a dû prendre ce nom de Mille- Vaches à cause de l’abondance des vaches marines dans les environs.
Milniket, Canton (Bonaventure)
Milnigeg, en micmac, signifie “ Terre où abonde les baies.”
Milton, Sainte Cécile de (Shefford)
Milton, disent les uns, rappelle le souvenir du célèbre auteur du Paradis perdu. D’autres prétendent que Milton a simplement emprunté son nom à un village d’Angleterre. Il y a, en effet, une cinquantaine de villages de ce nom en Angleterre et en Ecosse. Une troisième opinion veut que Milton ait été nommé ainsi de Milton Reynold, premier colon de ce canton.
Milton a été placée sons la protection de sainte Cécile en l’honneur de la femme de ce même Milton Reynold. Elle se nommait Cécile Connelly.
Minerve, Canton la (Ottawa)
Le canton la Minerve rappelle le souvenir du journal La Minerve, fondé en 1827, par Ludger Duvernay de concert avec l’honorable A.-N. Morin.
Mingan (Sagueuay)
Il y a dans les environs de Brest, en France, un endroit qui porte le nom de Mingan. Mais nous croyons que notre Mingan a été appelé ainsi par les Sauvages à cause des loups qu’ils y rencontraient.
Mgr La flèche et le Père Arnaud s’accordent à dire que Mahingan, en cris, et minkan ou maïkan, en montagnais, signifient loups.
Misquaeliuan, Lac (Labrador)
Là où on trouve des ours. Du montagnais mishkuashuan.
Missïquini, Rivière (Chicoutimi)
Ici les terres sont rompues.
Missisquoi
“ A quel dialecte appartient le nom Missisquoi ? Afin de faciliter la solution du problème, j’ai recherché d’abord les diverses épellations authentiques du nom. Les archives et les cartes anciennes reproduites par Justin AVinsor et Faillon, entr’autres une carte de 1660, indiquent parfaitement le lac Champlain et son nom actuel, mais elles ne font aucune mention de la baie de Missisquoi, bien qu’elle y soit tracée. Le plus ancien document qui en parle est la concession faite le 6 avril 1733 au sieur de LusL
gnan d’une seigneurie à la baie de Missiskouy. Le nom devait cependant être connu des Français longtemps auparavant. Un autre document officiel écrit en langue anglaise en 1783 et reproduit au long par M. John-P. Noyés, dans son intéressante étude sur les Early Settlers in the District of Bedford, fait mention de Missisquie Bay. En 1815, Bouchette, Topographical Description of Loiver Canada, l’épelle Missisqui Bay. C’était la prononciation anglaise de l’ancien nom Missisquoy. Aussi trouve-t-on dans les anciens Statuts Révisés du Bas-Canada de 1845, une loi délimitant les divisions électorales du Bas- Canada, passée en 1828 (9 Geo. IV, c. 73) où le comté de Missiskoui est décrit. Enfin en 1853, lors de la division du Bas-Canada en districts, on observe que l’orthographe a été changée et la Législature pour la première fois, je crois, adopta celle qui invariablement a été suivie depuis, Missisquoi. Elle est consacrée par les Statuts Refondus- du Bas-Canada de 1860, l’Acte de l’Amérique Britannique du Nord, 1867, et tous les dictionnaires, cartes et livres de géographie modernes. Evidemment on a adopté une épellation française et répondant peut-être mieux à l’euphonie du mot.
“ Mais quelle est la signification du nom ? Etranger aux idiomes indiens, j’ai dû m’adresser aux missionnaires des diverses tribus de la province et aux antiquaires du district et l’on verra que ça n’a pas été une tâche facile d’arriver à une solution satisfaisante. .Je leur demandais à tous l’origine du nom Missisquoi ou Missiskouy. Ma première réponse fut de M. J0I111-P. Noyés, de Cowansville. Je cite textuellement : “I am unable to give an absolutely definite answer to your query as to the origin and
meaning of Missisquoi. I hâve been trying for some finie to run it to earth, and hâve pretty well satisfied myself, but in sueli matters one must hâve an open mind. AVhen one lias to rely largely on tradition tliere is always an element of doubt, even in the best considered theory. The définitions given allégé Indian origin, but Indian is an indefinite terni. One wants to know the particular dialect and tribal peculiarities. The locality of Missisquoi Bay, from which the County is named, was frequented by the Iroquois and Algonquins, and possibly by the Hurons, and must hâve been christened something by them. I am told tliat the first syllable of Mississipi and Missouri rivers — indian naines — means water, and if true lielp my belief as to the name of Missisquoi.
“ The définitions, so far as I know, are two — at least those advocated in print.