‹ Les noms geographiques de la province de QuebecChapitre 2 sur 2 · Old Squaw · texte numérisé non relu

Old Squaw

“ I accept the first. “ Much AVater Fowl.” Missisquoi Bay, from the earliest days, was, and is, famous for the large quantity and variety of its water fowl, being on the highway of the migratory fowls between our north and their Southern winter liouse. Its sheltered waters make a safe natural resting place. Indian naines are largely adopted from their habits as to eating and war. Missisquoi Bay was a place to which they resorted to hunt and fish, according to tradition. It seems quite natural, and according to Indian traits, that the name “ Much AVater Fowl ” should hâve been given to a place where game was so abundant. The early settlers relate that the flocks of fowl at certain seasons near the Bay were so large and dense that the sun would be obscured as though darkened

by a cloud. They were no natural marks about the Bay of so distinctive character as to suggest a name. In addition to the foregoing, a very old man of the County wrote in a local paper some years ago, that he was taught some sixty years before that, “ Missisquoi ” was an Indian name meaning “ Much Water Fowl. ” Thus we hâve tradition, presumptions and Indian traits in accord.

“ To the définition “Old Squaw, ” I attach no importance in its support. It may hâve beeninferred from a broad pronunciation, Misses-Squaw — misses being the ordinary country name Mistress or Madame, and therefore presumedly old. It could just as well mean Miss or Young Squaw. But the spelling of to day is not that of the old time. Three quarters of a century ago, and before, and even for some time after, it was spelled “ Missiskoui. ” Papers in the Dominion Archives show that in 1785 it was spelled “ Missisquie. ” It is only about half century since the présent name received a statutory endorsement. I hâve no access to the archives, nor anything else, to show what Missisquoi Bay was called during the Frencli régime. Being on the war route between the St-Lawrence and the N. E. settlements it must hâve had a distinctive name.”

“ Puis, M. Ernest Racicot, de Sweestburg, un autre chercheur enthousiaste du passé, m’écrivait : “ D’après ce que j’ai souvent entendu dire, le mot Missisquoi veut dire “ much water fowl ”. Encore aujourd’hui, les outardes et les canards — dans leurs migrations du sud au nord le printemps et du nord au sud en automne — font une station à la baie de Missisquoi où les chasseurs les guettent. Autrefois quand les alentours de la baie étaient en bois et

n’étaient fréquentés que de temps à autres par les Sauvages, ces oiseaux devaient sans doute se rendre là et s’y arrêter dans leurs voyages en bien plus grand nombre. J’ai raison de croire que “ mis ” ou “ missis ” signifie “ eau ” — “ water Mississipi, Missouri. La syllabe “ quoi ” (qui a été écrite de plusieurs manières “ koi ” — “ kow ” — “ quoi ” etc) ressemble à “ quoi ” du nom Iroquois. Tout cela est du sauvage. Il est probable qu’avant l’arrivée des Français au commencement du 17e siècle, tout le lac (maintenant Champlain) au sud de la baie devait avoir un nom sauvage — probablement Missisquoi, ou quelque nom de ce genre. Le nom de ce comté doit venir du vieux nom de la baie.”

“ D’un autre côté, un ancien missionnaire du sault Saint-Louis, familier avec la langue iroquoise, m’écrivait que le nom n’est pas d’origine iroquoise, et qu’il croyait qu'il est algonquin.

“ Un autre missionnaire des Algonquins d’Oka, pendant un grand nombre d’années, me répondit que Missisquoi (lisez, observe-t-il, Mis-siskaw pour les besoins de l’étymologie) n’est pas algonquin. “ En algonquin, dit-il, la racine Mis signifie gros, grand, énorme. Mis-abe, homme grand, géant ; Misabos, grand lièvre, âne, à cause de ses oreilles ; Misisipi, grande rivière, Mississipi (Chauteaubriand écrit Meschacébé et traduit “ Père des eaux ” ; il se trompe). Les Sauvages riverains de l’Ottawa l’appelaient autrefois Kissisipi, la Grande-Rivière, celle qui reçoit beaucoup d’affluents. Non loin d’Ottawa, on trouve le petit missisipins, comme on trouve la Belle- Rivière, Ohio, en iroquois. Que signifie la seconde racine de Missi-skaw ? Faut-il y voir le mot Squaw, femme, conservé en anglais, et conclure qu’il y avait

à Missisquoi quelque femme extraordinaire? Qui nous le dira ? Je n’ose m’arrêter à cette hypothèse

“ Je tournai alors mes regards sur le missionnaire des Hurons de Lorette, près Québec, qui s’empressa de m’informer que ses Hurons ont complètement perdu leur langue et qu’ils parlent le français, et il me renvoya à un prêtre huron de naissance demeurant à Mastaï, près Québec. Ce dernier répondit que le mot n’est pas huron. Sans perdre courage, je m’adressai alors au Père de Gonzague, missionnaire des Abénakis à St-Thomas de Pierreville. Leur village n’est pas très éloigné de la baie en question. Voici donc ce qu’il m’écrit : “ L’origine du mot Missisquoi est “ Masipskoik ”, mot qui signifie endroit où il y a du caillou et plus spécialement encore “ pointe de caillous ”. Nous avons fait des recherches chez nos vieux Abénakis et tous regardent la chose comme connue depuis longtemps chez eux ”.

“ M. Noyés, à qui je transmis cette révélation, n’est pas convaincu qu’elle soit correcte et il préfère celle qu’il a adoptée “Muçh waterfowl”. “Still,” dit-il, “ I hâve an open rnind.” Il ajoute qu’il n’y a pas de cailloux à la baie, mais qu’on trouve jusqu’au bord de l’eau des carrières qui sont exploitées pour la construction à Montréal. Puis il affirme que la rivière Missisquoi est remplie de cailloux, de rapides et de chutes.

“ Ce fait me semble régler la question. C’est la rivière qui a donné son nom à la baie et au comté. Encore une tradition à l’eau comme bien d’autres, par exemple celle qui enseignait que La Salle avait construit un fort de pierre à Lacliine dont on voyait encore les ruines. Et puis la tradition de 75 ans

invoquée par M. Noyés est loin d’être ancienne, bien insuffisante pour expliquer un nom qui remonte à près de deux siècles. Enfin elle est repoussée par les langues sauvages que nous connaissons.” (1)

Mistassini (Lac Saint- J eau)

Mistassini, dit Mgr Laflèclie, est un mot cris qui signifie grosse roche. 11 est formé de mistahe, gros, lorsqu’il est joint à un nom et beaucoup s’il est joint à un verbe, et cissini, roche.

En montagnais, le mot Mistassini se traduit également par grosse pierre.

Le lac Mistassini est rempli de roches d’une grosseur prodigieuse. Il n’est pas impossible, non plus, que les hauts degrés de roc massif d’où s’effondrent en cascades les eaux du Mistassini, un peu au-dessus de la Trappe de Notre-Dame de Mistassini, aient inspiré cette appellation.

Le Père Pierre Laure, Jésuite, donne ainsi la signification et l’origine du mot Mistassini :

“ Ce nom composé de michta, grand, et <V cissini, pierre, vient d’une grosse roche qui se rencontre dans la rivière des Mistassins. Ils ont en vénération ce rocher ; ce serait un crime pour eux que de passer proche sans y laisser quelque marque de leur superstition envers TchigigScheS, le dieu du beau et du mauvais temps, qui selon leurs fables y a choisi par prédilection sa demeure. D’ordinaire leur encens est un peu de tabac, ou quelque galette ; quelques os de castor ou de poisson qu’ils mettent dessus. Mais d’autres Sauvages moins dévots et

(1) Désiré Girouard, Bulletin des Recherches Historiques, vol. XI, p. 270. M. George McAleer, de Worcester, vient de publier une brochure intitulée : A study in the etymology of the Indian Place Name Missisquoi.

affamés de fumer, enlèvent souvent en passant le tabac au bon ou mauvais génie qui n’a pas eu soin . de profiter de la dévotion de ses adorateurs. ” (1)

Moisie (Labrador)

La rivière Moisie qui a donné son nom au village du même nom prend sa source à la hauteur des terres, au grand lac Shawnepau.

Le Père Arnaud ne croit pas que Moisie soit un mot montagnais. Il est porté à croire que Moisie est plutôt un nom propre. Ce qui semble confirmer son opinion c’est que les Montagnais appellent la rivière Moisie Mistgrande shipi, grande rivière.

Monnoir, Sainte-Marie de (Rouville)

C’est le 25 mars 1708 que le sieur de Ramezay se fit concéder la seigneurie de Monnoir. Il lui donna ce nom en souvenir d’une seigneurie du même nom que sa famille possédait en France.

Moupesson (Hocbelaga)

Le capitaine John Monpesson, duSième régiment d’infanterie.

Montauban (Portneuf)

La petite ville de Montauban, dans l’ancienne province de Guyenne, en France, fit autrefois le commerce de minoterie avec notre pays. L’abbé Louis Bertrand de La Tour, qui fut doyen du chapitre de Québec et grand vicaire de Mgr Dosquet, mourut à Montauban en 1780. Il était à sa mort doyen du chapitre de Montauban et curé de la paroisse de Saint-Jacques. (2)

(1) R. P. Arthur Jones, Mission du Saguenay, p. 35.

(2) P. -J. -O. Chauveau, Bertrand de La Tour, p. 7.

Montcalm

En souvenir du grand vaincu des Plaines d’ Abraham.

Montagne Chauve (Wolfe)

Il ne se trouve aucun arbre au sommet de cette montagne.

Montagne Tremblante (Terrebonne)

Les Sauvages faisaient la citasse sur cette montagne. Après leurs copieux repas ils se couchaient sur le sol pour faire la sieste. Or, le bruit de plusieurs petits cours d’eau descendant du sommet de la montagne sur les rochers avait, pour leurs oreilles, le même effet qu’un tremblement de terre. Les Sauvages, très superstitieux, disaient que le Manitou faisait trembler la montagne.

Montarville, Saint-Gérard de (Ottawa)

Le nom de Montarville fut donné à cette paroisse parce que ses premiers habitants reçurent beaucoup d’assistance de la Société de colonisation Montarville, dont M. P. -B. Benoit, député de Ohambly, était le président.

Mont-Carmel, Notre-Dame du (Kamouraska)

Notre-Dame du Mont-Carmel est située derrière les montagnes ou coteaux qui se trouvent sur le haut du cinquième rang du fief Saint-Denis de Kamouraska.

C’est M. Edouard Quertier, curé de Saint-Denis, qui obtint des autorités ecclésiastiques la permission de placer cette paroisse sous la protection de Notre- Dame du Mont-Carmel, qui était sa dévotion particulière.

Monte-à-Peine (Bellecliasse)

Le sol, du fleuve aux concessions, monte en pente faible, à peine.

Montebello (Ottawa)

Primitivement appelée Petite-Nation, puis Notre- Dame du Bon-Secours, sous le vocable de laquelle elle est encore placée, Montebello ne porte ce dernier nom que depuis 1854, époque à laquelle Papineau demanda qu’on donnât à la paroisse dont il était le seigneur, le nom d’un ami de passage, le duc de Montebello, qu’il avait rencontré en Europe et qu’il estimait fort.

Montfort (Argenteuil)

La fondation de l’orphelinat agricole de Montfort remonte à l’année 1882 et doit être attribué à M. Rousselot, P. S. S., curé de Saint-Jacques de Montréal, secondé par quelques généreux chrétiens tels que MM. François Froideveau, Edouard Lafleur, F.-X. Montmarquet, etc., tous citoyens de la ville de Montréal. *Ces messieurs, guidés moins sans doute par la prudence humaine que par une secrète impulsion de la Providence, eurent l’idée de choisir, dans un pays où les terres fertiles abondent, un lieu à douze milles du village de Saint-Sauveur et à cinq milles de tout pays habité, situé en pleine forêt et en pleine montagne, absolument impropre à la culture, pour y poser le fondement de leur orphelinat agricole.

M. Rousselot, chargé de trouver des religieux qui acceptassent la direction de son œuvre, songea aux Pères de la Compagnie de Marie et aux sœurs de la Sagesse. Ceux-ci acceptèrent et le 25 août 1883 le Père Armand Bouchet, suivi de cinq frères convers,

s’installait dans ce désert. L’orphelinat prit le nom du bienheureux de Montfort, fondateur de la Compagnie de Marie et des sœurs de la Sagesse, nom qui fut aussi donné à la paroisse lorsqu’elle se forma. (1)

Montigny, Canton de (Ottawa)

En l’honneur de M. Testard de Montigny, recorder de Montréal et chevalier de l’ordre militaire de Pie IX.

Montjoli, Notre-Dame de Lourdes de (Matane)

Montjoli est sur un monticule d’où l’on voit à perte de vue les riantes campagnes environnantes ; d’où son nom de Mont-.Joli.

L’église de Montjoli est bâtie sur un rocher et c’est à cause de cette légère ressemblance avec Notre- Dame de Lourdes en France qu’on lui a donné Notre-Dame de Lourdes pour titulaire.

3Iout Johnson (Iberville)

L’appellation de Mont Johnson attachée aujourd’hui, dans le langage des postes, à la paroisse de Saint-Grégoire-le-Grand, lui vient de sir John Johnson, propriétaire de la seigneurie de Monnoir, dans les limites de laquelle cette paroisse est toute entière comprise. En 1794, la partie de la seigneurie qui forme la paroisse actuelle de Saint-Grégoire était encore très peu habitée. Le seigneur Johnson paraît y avoir fait beaucoup de concessions. Aussi, quand, après avoir quitté sa résidence de la Pointe-Olivier (Saint-Mathias), il vint se fixer dans sa seigneurie de Monnoir, se çrut-il le droit de donner son nom à la montagne Sainte-Thérèse : cette “ montagne isolée ”

(1) R. P. Alexis de Barbezieux, Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa, vol. II, p. 312.

dont parle Bouche tte dans sa Topographie du Canada, et qui est sise “ presque au milieu delà seigneurie”.

La petite montagne en question est renfermée dans la paroisse de Saint-Grégoire. Son titre de Johnson n’a jamais réussi à s’imposer complètement. Il n’a jamais eu de place dans l’appellation officielle de la paroisse. Celle-ci, à l’époque de son érection par Mgr Signay en 1836, s’intitula Saint-Raymond- Nonnat ; puis, les paroissiens de Saint-Raymond se plaignant de ne pouvoir pas se sentir de dévotion pour leur titulaire, Mgr Lartigue substitua en 1838 à saint Raymond-Nonnat saint Grégoire-le-Grand. Les décrets d’autorité civile ont consacré ce vocable, et le vrai titre de la paroisse est Saint-Grégoire-le-Grandde-Monnoir ; Mont-Johnson n’a pu trouver grâce que devant le ministère des postes ! (1)

Montjoye, Saiut-Télespliore de (Soulanges)

Le nom de Montjoye donné à Saint-Télesphore à l’époque de sa formation vient d’un petit village qui se trouvait à une dizaine d’arpents du village actuel. Comme Saint-Télesphore est dans la seigneurie de Soulanges, qui appartenait à la famille de Beaujeu, le nom de Montjoye a dû lui être donné en souvenir de la France. “ Montjoye et Saint-Denis ” était le cri des chevaliers d’autrefois.

Mont- Louis, Saint-Maxime du (Gaspé)

Saint-Maxime du Mont-Louis ou plutôt des Monts- Louis — c’est ainsi que le désignent les actes de concessions primitives — consiste en une vallée resserrée entre deux hautes montagnes. C’est en l’honneur du monarque qui régnait alors sur la France, Louis XI V, que les Monts-Louis furent nommés ainsi.

(1) Bulletin des Recherches Historiques, vol. VII, p. 181.

Quand au titulaire, lorsque la paroisse fut fondée, M. Maxime Tardif était secrétaire de Mgr Turgeon, et c’est en son honneur qu’on choisit ce saint.

Montmaguy

Le 5 mai 1646, le gouverneur de Montmagny se faisait concéder la Rivière du Sud, avec une lieue de terre le long du fleuve Saint-Laurent, en montant de la dite rivière vers Québec, et clemi-lieue le long du dit fleuve, en descendant vers le golfe.

Montminy, Saiut-Paul de (Montmagny)

M. Antoine Montminy, curé de Saint-Gervais, aida beaucoup et de sa bourse et de ses démarches les premiers colons qui se hasardèrent dans ce coin du pays.

Montminy a été mis sous le patronage de saint Paul à cause de son voisinage de Saint-Pierre de la Rivière-du-Sud. Les cultivateurs de cette dernière paroisse ont d’ailleurs beaucoup aidé aux premiers colons de Saint-Paul de Montminy.

Montmorency

Le comté de Montmorency a emprunté son nom du Sault Montmorency.

Montréal *

En 1535, Cartier s’étant rendu au village indien d’Hochelaga, il fut conduit par le chef de ce village au sommet d’une montagne qui était à un quart de lieue de distance. De là, il découvrit un pays sans bornes. Enchanté de la vue magnifique qu’il avait devant lui, il donna à cette montagne le nom de Mont-Royal, modifié plus tard en Montréal, et qui s’est étendu à la ville qui se trouve aujourd’hui à ses pieds.

M. Gerald-E. Hart prétend que Cartier nomma ainsi la future métropole commerciale du Canada en l’honneur d’un de ses compagnons, Claude de Pontbriand, sieur de Montréal, échanson du dauphin.

Nous ne croyons pas que Claude de Pontbriand ait été seigneur de Montréal. Cartier dit, à la première page de son Brief récit : “Et le mercredy ensuivant dix neuviesne iour de may, le vent vint bon & convenable, et appareillâmes avec trois navires, scavoir la grande Hermine du port environ cent à six vingtz tonneaulx, ou estoit le capitaine général, & pour maistre Thomas frofmond, Claude du pond briand, fîlz du feigneur de Montrerai & eschanson de monseigneur le Dauphin. .” La ressemblance des deux noms est, croyons-nous, l’unique cause de l’erreur de M. Hart.

Moreau, Canton (Ottawa)

Mgr Louis-Zépliirin Moreau, évêque de Saint- Hyacinthe.

Morin, Canton (Terrebonne)

L’honorable Auguste-Norbert Morin avait une grande confiance en l’avenir de la colonisation en notre pays, aussi fit-il défricher de grandes étendues de terrain dans le comté de Terrebonne.

Mortagne, Canton (Pontiac)

Les environs de Mortagne, ancienne capitale du Perche, nous ont fourni un grand nombre de nos premiers colons canadiens.

Mouillepied (Cliambly)

Cet endroit n’était qu’une savane autrefois, et on s’y mouillait les pieds.

Mousseau, Canton (Montcalm)

L’honorable Joseph- Alfred Mousseau, premier ministre de la province de Québec.

Mulgrave, Canton (Ottawa)

Mulgrave fut ministre de la Couronne en Angleterre.

Mui*ray-Bay (Cliarlevoix)

Le 27 avril 1762, la Malbaie, concédée au sieur de Comporté en 1672 et remise au roi de France un clemi-siècle plus tard, fut concédée de nouveau par la couronne britannique en deux concessions : la partie est — Mount-Murray — à Malcolm Fraser ; la partie ouest à John Nairn, officier distingué du 78e régiment écossais des Highlanders. Le capitaine Nairn qui avait obtenu sa concession par l’entremise du général Murray, lui donna son nom par reconnaissance.

Musquaro, Canton (Sagueoaj)

La première chose qu’on voit en remontant le cours de la rivière Musquaro, dit le Père Arnaud, c’est une montagne qui a la forme d’un ours. La ressemblance est parfaite, paraît-il. Rien y manque, pas même la queue. D’où Musquaro, “ queue d’ours.”

Musselyville, Saint-Alphonse de (Bonaventure)

Saint- Alphonse de Musselyville est situé en arrière de Saint-Charles de Caplan. C’est au mois d’octobre 1891 que Saint- Alphonse de Musselyville a été fondé par l’abbé Henry- Joseph Mussely.

M. Mussely mit sa nouvelle colonie sous le patronage de saint Alphonse de Liguori parce que, durant vins! années, il avait été membre de la congréga-

tion du Très Saint Rédempteur, fondée par saint Alphonse. La maladie le força, à son grand regret, d’abandonner ce bel et saint institut, mais toujours il regarda et aima saint Alphonse comme son père, et voilà pourquoi il fut heureux et fier de mettre sous sa protection la colonie qu’il fondait.

Nabesippi, Rivière (f.abràdor)

Nabesippi, en montagnais, signifie “ la rivière de l’homme.”

Xacliikopi, Lac (Labrador)

Du montagnais anishJcupi, rivière aux oies.

Namur (Ottawa)

Vers 1870, MM. Victor Frison et Eugène Gourdines, émigrants de la province de Namur, en Belgique, arrivèrent au Canada, envoyés sans doute par quelque agent d’immigration. On les plaça dans un lieu alors bien désert, au milieu des montagnes. Les Belges donnèrent à leur colonie le nom de Namur, en souvenir de leur province.

Nantel, Canton (>lontcalm)

L’honorable M. G. -A. Nantel, ancien ministre des terres de la Couronne.

Napierville

Le 6 avril 1733, Gaspard Chaussegros de Léry obtenait une concession de terre le long de la rivière Chambly. En 1766, un officier anglais du nom de Gabriel Christie acheta la concession de Chaussegros de Léry. Par son testament, fait le 13 mai 1789, Christie laissa la plus grande partie de ses biens à son fils, Napier-Christie Burton, qui devint lui-même

lieutenant-général dans l’armée anglaise. Ce dernier donna son premier nom à sa seigneurie de Lêry.

Nasquapee, Rivière (Labrador)

Terre de païen.

Natashquan (Labrador)

Nataskouan ou Natashquan, comme on écrit partout aujourd’hui et que l’on prononce Natciskouane, est un mot montagnais. Mgr Guay dit qu’il se traduit par “ endroit où l’on voit l’ours nager,” soit pour traverser la rivière, soit pour se transporter sur les îles. Le Père Lemoine traduit plutôt par : “Là où l’on chasse l’ours.”

En langue crise, dit le Père Lacombe, Natascouan ou Nataskewan se traduit par “place où on va chercher de la mousse.”

Nédélec, Canton (Pontiac)

Le Père Léon-Marie Nédélec, Oblat de Marie-Immaculée, décédé à Mattawa le 23 février 1896.

Neigette, Saint-Donat de (Rimouski)

La paroisse Saint-Donat de Neigette est un démembrement de la paroisse de Sainte-Luce et comprend une partie du canton et des seigneuries Lessard, Lepage et Thi vierge. L’église de Saint-Donat est située sur le sixième rang au bord de la rivière Neigette. Saint-Donat est l’anagramme du mot Nadeau, nom de famille du premier curé de Sainte- Luce qui a formé la paroisse de Saint-Donat et l’a desservi pendant plusieurs années.

Neilson ville (Québec)

Neilson ville a été nommé ainsi en souvenir de l’honorable John Neilson, député du comté de Québec,

rédacteur et propriétaire de la Gazette de Québec. Les Canadiens- F rançais bénissent la mémoire de M. Neilson car il a toujours été leur ami. M. Neilson fit l’acquisition d’une partie du territoire actuel de Neilson ville en 1792, et, à partir de cette année, y fit sa résidence d’été et plus tard sa résidence permanente.

Nelson, Sainte-Anastasie do (Mégantic)

Nelson est une ville du comté de Lancaster, Angleterre.

Peut-être aussi a-t-on voulu honorer l’amiral Nelson, le vainqueur de Trafalgar. On sait qu’il vint au Canada dans sa jeunesse et qu’il fut sur le point d’y épouser une jolie québecquoise.

Nemisco

Du montagnais nameshkau, là où il y a du poisson.

Nemtayé, Canton (Matane)

Le canton Nemtayé est très ondulé. Or, Nemtayé ou plutôt Nemtaiei, en langue micmaque, désigne une “ région accidentée ”.

Neuville, Sainte- Jeanne de (Portneùf)

Le fief de Neuville doit son nom à Nicolas Dupont, sieur de Neuville, (1) son troisième possesseur.

La paroisse de Sainte-Jeanne de Neuville a été démembrée de Saint-François de Sales de la Pointeaux-Trembles. Sainte Jeanne-Françoise de Chantal était la fille spirituelle de saint François de Sales. i

(1) Neuville est, dit-on, le nom d’un hameau de l’ancienne province du Henault.

New-Carlisle, Saiut-Dtiemie de (Bonaventure)

New-Carlisle a-t-il pris son nom du comte de Carlisle ou de Tom Carlyle, le grand auteur d’essais et inventeur de mots ? La promptitude avec laquelle les mots et les noms sont altérés nous permet de supposer que c’est en l’honneur de l’écrivain plutôt que du seigneur anglais que New-Carlisle a été nommé ainsi.

C’est en souvenir de M. Etienne Martel que New- Carlisle a reçu saint Etienne pour titulaire.

New-Glasgow (Terrebonne)

Ce village fut fondé par des Ecossais des environs de Glasgow:

New-Liverpool (Lévis)

De nombreux vaisseaux de Liverpool venaient charger du bois en cet endroit vers le milieu du siècle dernier.

Newport, Saint-Dominique cle (Gaspé)

Newport peuplé à l’origine par des réfugiés américains qui voulaient rester fidèles à l’Angleterre a été nommé ainsi en l’honneur du navigateur anglais Newport qui avait fait partie des expéditions de sir Walter Raleigh et qui en 1606 fut chargé par la Compagnie de Plymouth de .fonder un établissement sur la baie de Chesapeake, dans la Virginie.

C’est en souvenir de Dominique David, un de ses premiers habitants, que Newport a été placé sous le patronage de saint Dominique.

New Richmond (Bonaventure)

Le duc de Richmond, gouverneur du Canada.

Newton, Sainte- Justine de (Vaudreuil)

Newton 'est le nom d’un mathématicien et astronome qui fit la gloire de l’Angleterre au dix-septième siècle.

Nicolet

“ Le nom donné par Champlain, en 1609, à la rivière Nicolet est rivière du Pont, en l’honneur de son ami Pontgravé. Le nom de Nicolet lui fut donné plus tard, en souvenir de Jean Nicolet, le grand interprète et découvreur, amené de Normandie au pays par Champlain, en même temps que les Godefroy et les Marguerie, pour y exercer les même fonctions, et qui tous trois demeurèrent plus ou moins longtemps aux Trois-Rivières ; mais il n’est pas facile de dire par qui ni à quelle date le nom de Nicolet fut attaché à cette rivière. Il est certain qu’elle portait ce nom avant 1672; elle est ainsi désignée dans les actes de concessions de cette époque. Trois rivières voisines, au sud du fleuve, un peu plus haut que la cité trifluvienne, portent les noms des trois grands interprètes, Nicolet, Marguerie et Godefroy. Celle de Nicolet perdit pour quelque temps le sien sous les deux premiers seigneurs de l’endroit, M. de Loubia et M. Cressé, en prenant successivement leurs noms ; mais elle reprit bientôt celui de Nicolet, pour ne plus le quitter. Ce dernier nom passa de la rivière à la paroisse, puis au séminaire, puis au comté, puis à la ville, puis enfin au diocèse.” (1)

Nipissis, Lac (Labrador)

Du montagnais nipishish, petite nappe d’eau.

(1) L’abbé Douville, Histoire du collège-séminaire de Nicolet, vol. 1er, p. 2.

Nomiiiiugue (Ottawa)

Il y a deux lacs Nominingue, le Grand et le Petit. Nominingue veut dire en langue iroquoise : peinture rouge. De fait on trouve encore dans les environs de ces lacs une espèce de craie avec laquelle les Sauvages se tatouaient, et dont quelques colons se servent aujourd’hui pour peinturer leurs bâtiments.

Le Père Lemoine prétend qu’il n’y a qu’une racine algonquine qui puisse se rapprocher de ce mot. Celui-ci voudrait dire : oins-le, graisse-le. Quant à la terminaison ingue, elle est régulièrement algonquine ( ing ) et indique le locatif “ l’endroit où ”. Peut-être alors, ajoute le Père Lemoine, Nominingue veut-il dire : “au lac, au pays, etc., qui est oint, où l’on se oint.” (1)

Normandiu, Saint-Cyrille de (Lac Saint Jean)

En 1733, un arpenteur français, Joseph-Laurent Normandin, se rendait jusqu’à deux cents milles au nord-ouest du lac Saint-Jean, et dressait de toute cette région une carte très fidèle et très détaillée. Nous 11e connaissons rien de l’arpenteur Normandin ; mais son nom est désormais assuré de la postérité, puisqu’on l’a donné à un canton du lac Saint-Jean.

L’année même de la fondation de la paroisse de Saint-Cyrille de Normandin l’Eglise avait donné un rite plus élevé à saint Cyrille. C’est la raison qui engagea l’autorité ecclésiastique à le donner pour patron à la nouvelle paroisse.

Normanville

Thomas Godefroy de Normanville passa dans la Nouvelle-France vers 1626, en même temps que son

(1) Eugène Rouillard, Noms sauvages, p. 15.

frère Jean-Baptiste Godefroy de Linctot. On retrouve constamment Normanville en voyage, soit avec* les missionnaires, soit avec les fondateurs de la colonie. Il mourut sur le bûcher, des mains des Iroquois, dans l’été de 1652. Le Père Ragueneau rapporte que Normanville avait eu quelque pressentiment de sa fin. “ Il est probable, disait-il un peu avant que de tomber entre les mains des barbares, qu’étant tous les jours dans les occasions je pourrais être pris par les Iroquois ; mais j’espère que Dieu me fera la grâce de souffrir constamment leurs feux, et que j’aurai le bonheur de baptiser quelques enfants moribonds, et même quelques malades adultes que j’instruirai dans leur pays avant ma mort.” (1)

Northfield, Canton (Ottawa)

Paroisse du comté de Gloueester, Angleterre.

Notre Dame des Sept-Douleurs de Portneuf

M. Lahaye, curé du Cap-Santé et fondateur de la paroisse de Portneuf, avait une grande dévotion à Notre-Dame des Sept Douleurs. Dans tout le diocèse de Québec, il n’y avait aucun autel élevé en son honneur et même dans tout le Canada, croyons-nous, il n’y avait à cette époque que l’église des Sœurs de la Congrégation, à Montréal, qui lui tut dédiée. Aussi, le curé du Cap-Santé obtint que le temple et la nouvelle paroisse de Portneuf fussent mis sous le patronage de Notre-Dame des Sept Douleurs.

Notre-Dame de la Visitation de Cliamplain

La paroisse de Cliamplain fut à l’origine sous le patronage de Notre-Dame de la Présentation. L’ac-

(1) Relation des Jésuites, 1651-52.

quisition par la fabrique d’une peinture représentant la visite de la sainte Vierge à sainte Elizabeth, sa cousine, ne fut pas étrangère à ce changement de dédicace.

Nouvel, Cauton (Bon aventure)

Le Père Henry Nouvel, Jésuite, arriva à Québec le 4 août 1662. Il évangélisa les Papinachois.

Nouvelle-France

Quand a-t-on commencé à désigner le Canada sous le nom de Nouvelle-France ? Charlevoix assure que ce fut en 1609 :

“Il (Champlain) avait espéré de trouver un navire à Tadoussac, mais il n’y en avait point, et il remonta à Québec. Pontgravé y arriva bientôt après lui, et ils s’embarquèrent ensemble au mois de septembre 1609 laissant la colonie sous les ordres d’un brave homme, nommé Pierre Chauvin. Champlain fut fort bien reçu du Roy, qu’il alla trouver à Fontainebleau, pour lui rendre compte de la situation où il avait laissé la Nouvelle- France. Ce fut alors qu’on donna ce nom au Canada.” (1)

Presque tous ceux qui ont écrit après Charlevoix ont adopté son opinion. C’est l’histoire des moutons de Panurge qui s’est répétée. On a accepté sans examen une affirmation démentie par tous les historiens qui ont précédé le célèbre Jésuite.

Le sieur de Rocels, historiographe de Louis XIV, dans son édition de la Description du Monde de Davity publiée en 1660, déclare expressément que la dénomination de la Nouvelle-France donnée au Canada est bien antérieure à 1609. “ La Nouvelle-

(1) Histoire de la Nouvelle- F rance, vol. I, p. 149.

France, écrit-il, a ce nom, principalement parce que ce pays a été découvert par des Français Bretons, l’an 1504, et que depuis les Français n’ont cessé de le pratiquer. Jean Verazzan, Florentin, prit possession de ce pays, l’an 1523, au nom du roi François I, et l’on tient que ce Verazzan fut le premier qui donna le nom de Nouvelle-France à ces contrées qu’il découvrit.” (1)

Le Jésuite Biard, qui écrivait en 1614, près d’un demi-siècle par conséquent avant Rocols, ne pense pas autrement : “ Je crois que ça été Jean Verazzan qui a été le parain de cette dénomination de Nouvelle-France.” (2)

Champlain, dont on peut presque toujours accepter les dires, déclare qu’avant le règne de Henri IV on donnait déjà ce nom au Canada. Parlant de Louis XIII, il dit : “ Les rois prédécesseurs de Sa

Majesté ont ajouté à ce pays le nom de la Nouvelle- France.” (3)

Ramusio, mort en 1557, assure qu’on donnait de son temps au Canada le nom de Nouvelle-France.

Jean Alphonse, dans son Routier fait en 1542, laisse entendre que la dénomination de Nouvelle- France était tout récemment imposée au Canada. Toute l’étendue de ces terres peut avec raison être appelée la Nouvelle-France ; car l’air y est aussi tempéré qu’en France, et elles sont situées dans la même latitude.” (4)

D’ailleurs, quand bien même les témoignages de Jean Alphonse, de Champlain, du Père Biard et de

(1) Description du Monde, vol. V, p. 27.

(2) Relation de la Nouvelle- France, 1616, p. 12.

(3) Voyages, 1632, p. 4.

(4) Routier, p. 86.

Rocols ne détruiraient pas l’opinion de Charlevoix, nous aurions 1 affirmation même de Jacques Cartier qui nous dit qu’en 1534 le Canada était désigné sous le nom de Nouvelle-France. Sa relation de voyage imprimée à Rouen en 1545 ehez Raphaël du Petit Val, est intitulée : Discours du voyage fait par le capitaine Jacques Cartier aux Terres-neufves de Canadas, Norembergue, Hochelaga, Labrador, et pays adiacens, dite Nouvelle France. Dans la relation de son deuxième voyage, le découvreur malouin va encore plus loin. Il nous apprend, en parlant, selon sa coutume, à la troisième personne, qu’il a donné lui-même le nom de Nouvelle-France au Canada : “ Enfuyt le langage des pays et Royaulmes de Hochelaga et Canada, aultrement appelée par nous la nouvelle France .” (1)

Noyau (Missisquoi)

La seigneurie de Noyau fut concédée le 8 juillet 1743 au sieur Chavoye de Noyan.

Nutt’s Corners (Missisquoi)

Le premier maître de poste de l’endroit fut David Nutt.

Odelltown (Saint-Jean)

Odelltown a pris son nom du capitaine Odell, américain de naissance, qui, vers le commencement du siècle dernier, vint s’établir en cet endroit et fut, pour ainsi dire, le premier habitant de cette partie du pays.

Oka (Deux-Montagnes)

Oka, d’après M. l’abbé Forbes, longtemps mission-

(1) BrieJ récit et succincte narration, p. 47.

naire à Caughnawaga, est un mot algonquin et signifie “ poisson doré. ” Il y a, en effet, beaucoup de dorés dans le lac des Deux-Montagnes.

Oloniauosheebo, Rivière (Labrador)

Rivière à la peinture.

Omatcliouan, Rivière (Saint- Maurice)

Des mots montagnais uema et utshum, uematshum, le courant poussé par le vent.

Onslow, Canton (Pontiac)

Onslow est un comté d’Angleterre.

Orford, Saint-Elie (Sherbrooke)

Orford est un bourg du comté de Suffolk, Angleterre.

Orford a été mis sous le patronage de saint Elie en l’honneur du grand vicaire Alfred-Elie Dufresne.

Ormstown (Cliâteauguay)

Le 30 juillet 1795, le marquis de Lotbinière vendait la seigneurie de Beauharnois à Alexander Ellice, riche marchand de Londres, pour la somme de 36,000 piastres espagnoles. William Waller fut engagé pour arpenter cette seigneurie et pour diviser en lots une partie des terres bordant le fleuve Saint- Laurent et la rivière Châteauguay. Cet arpentage parait avoir été fait en 1800. La seigneurie fut divisée en cantons et chacun d’eux reçut le nom d’un des enfants du seigneur Ellice. Ormstown fut donc nommé ainsi en l’honneur de Omis Ellis, fils du nouveau seigneur.

Otis, Saint-Félix cl* (Clilcoutimi)

M. Lucien Otis desservit pendant quelques années

Saint-Alphonse. Il fit beaucoup pour la colonisation de ce canton.

Ottawa

Le mot Ottawa a subi bien des variations. M. E.- B. O’Callaglian a eu la patience de les réunir dans son important ouvrage, Colonial history ofthe state of New- York: Ottawas, Otawas, Otaous, Otawans, Ottawacks, Ottawacks, Ottawais, Ottawawes, Ottawawas, Ottawaes, Ottouais, Ottawauways, Ottowawaes, Ottowawas, Ottowaways, Otttowawees, Ottowawes, Ottoways, Ottowase, Outaouacks, Outaouacs, Outaoues, Outaouais, Outaouaks, Outaouax, Outariwas, Ontawacs, Ôutawas, Utawawas.

M. l’abbé Belcourt donne la traduction suivante au mot Ottawa : “ Le nom Ottawa (Outawak, ceux qui ont des oreilles), donné à une des grandes nations algonquines, vient de la pratique encore suivie en certains lieux, de se fendre l’oreille depuis le haut jusqu’au bas, et d’y insérer des bandes de peau ou d’étoffe ; cette opération rendait les oreilles très grandes. ” (1)

L’historien américain Bancroft donne une autre origine au mot Ottawa : Les Ottawas, Algonquins fugitifs du bassin de la magnifique rivière, dont le nom rappelle leur souvenir, se réfugièrent près de la baie de Sagimaw et prirent possession de tout le nord de la péninsule comme d’un pays abandonné. Ottawa n’était autre chose que le mot algonquin employé pour trafiquants. ” (2)

Le Père Arnaud donne son opinion comme suit : “ Ottawa, ottaouais, ottaouetts — selon l’ancien montagnais que parlent encore certains de nos naskapis et

(1) L’abbé Ferland, Cours d’histoire du Canada, vol. 1er, p. 128.

(2) History ofthe United States, vol. VI, p. 245.

dont la prononciation est presque celle d’ottaouais, veut dire : (au locatif), l’endroit où l’eau est en ébullition comme dans une chaudière et s’élève en gonflant. Les Sauvages qui remontaient ou descendaient le fleuve, disaient : je l’ai vu. . . . j’ai campé, . . . . , nous nous sommes rencontrés à Ottauuets (au locatif), que les voyageurs plus tard ont francisé en disant : Ottaouais par corruption. Ottawa, ottauoua, jettes-le dans l’eau chaude, fais-le bouillir ; ce nom ne semble guère propre à désigner la capitale du Dominion. Le mot assik ou assuk, chaudière, chaudron, etc., n’a été ajouté, je pense, que pour faire comprendre que c’est à cet endroit seul que l’eau est ainsi en ébullition comme dans une marmite, et non en flots comme dans les rapides et cascades. D’ailleurs les personnes qui sont sur les lieux peuvent aisément vérifier la chose si cela leur plaît; par la suite on a appelé Ottaouais les Sauvages des environs ou ceux qui en sont partis pour aller s’établir ailleurs, par rapport aux autres nations c’étaient des ottaouais, ottaouets.” (1)

Ecoutons maintenant M. Benjamin Suite : “ Ceux qui ont inventé l’orthographe Outaouais ne se sont pas donné la peine d’étudier les auteurs du dixseptième siècle, familiers avec la nation des Outaouas et les peuples qui l’entouraient. Les Relations des Jésuites, le Journal de ces Pères, le Conseil Souverain de Québec, la mère de l’Incarnation, Nicolas Perrot, Dollier de Casson, La Potherie mettent : Ondataouaouat, Outaouak, OndataSaSak, 8ta8ak 8ta8at, 8ta8au, Outaouak, Outaoua, ce qui enlève toute idée d’une terminaison en “ ais.” La première trace que je rencontre de l’épellation Outaouais

(1) Annale s de la propagation de la foi, février 1880, p. 149.

paraît avoir été inspirée par M. Jacques Viger. Il n’a rien à nous montrer pour justifier cette manière de prononcer le son final du nom Ondataôuat. Ondataouat signifie, en langue liuronne : les Gens des Bois, parce que les Sauvages en question demeuraient dans un pays de forêts, tandis que les Hurons plaçaient leurs villages dans les plaines défrichées. La nation des Outaouas parlait l’algonquin. Nous ne savons pas comment elle se nommait elle-même. Champlain les appelle Cheveux-Relevés à cause de la façon d’arranger leur chevelure. Cela n’a aucun rapport avec le sens du terme Ondataouat, Ondatahouat, Outaoua, Outaouak. Ottawa est incorrect puisqu’il faut Outaoua.” (1)

O niât cliouan, Canton (Cliarlevoix)

Owiadjivtan, d’après Mgr Laflèche, serait un mot cris. De wiaw, croche, et djiivan, courant. Courant croche.

Le Père Lacombe lui donne à peu près la même signification. Wawiyâtjiwan, dit-il, veut dire courant, tournant.

Le mot montagnais Uiatsliouan, francisé en Ouiatchouan, dit le Père Arnaud, signifie flots, cascades, rapides à bouillons blancs.

M. Eugène Rouillard donne une troisième interprétation : “Le mot montagnais Ouiatchouan se traduit “là où l’on voit la chute.” La belle chute de Ouiatchouan se voit en effet de très loin.

Ouimet, Canton (Rimouski)

L’honorable Gédéon Ouimet, premier ministre de

(1) Bulletin des Recherches Historiques, vol. IV, p. 187. On trouvera une intéressante étude de feu le sénateur Tassé sur 1 étymologie du mot Ottawa dans la Revue Canadienne, vol. \ I, p. 241.

la province de Québec et plus tard surintendant de l’instruction publique.

Outreniont, Saiut-Viateur d’ (Hochelagra)

Outremont portait autrefois le nom de Côte Saint- Paul. On lui a donné le nom d’Outremont à cause de sa position par rapport à Montréal. Cette localité est au-delà du Mont Royal, outre le Mont Royal.

La paroisse d’Outremont étant desservie par des Clers Viateurs, il était tout naturel de la mettre sous le patronage de saint Viateur.

Pabos, Sainte- Adélaïde de (Gaspé)

On a prétendu que Pabos avait été nommé ainsi en souvenir du petit port de mer de l’Espagne, d’où partit Colomb pour découvrir le nouveau monde. Mais on oubliait que ce fut de Palos et non de Pabos que partit le grand découvreur.

Mgr Bossé semble croire que le mot Pabos est d’origine basque. “ Une anse de Pabos, dit-il, s’est toujours appelée anse aux Basques. Je trouve un autre indice dans une carte attribuée à Jean Denvs et qui date de 1506. Elle présente les noms de cap d’Espoir, port Daineline, Paboc . ”

Pabos (prononcez Pabosse) ne viendrait-il pas du mot micmac papôg, eaux dansantes ?

C’est Mgr Baillargeon qui, dans une de ses visites pastorales, a placé Pabos sous le patronage de sainte Adélaïde. Or, il paraît que le Martyrologe ne contient pas le nom de cette sainte. Quoiqu’il en soit, l’église de Pabos fut bénie le 24 juillet 1868 et dédiée à Dieu sous le vocable de sainte Bibiane, vierge et martyre.

Paekingtou, Saint- lîenoit Abbé de (Téniiscouata)

Packington est un village du comté de Leicester, Angleterre.

C’est en l’honneur de Benoit Valcourt, premier colon de l’endroit, que saint Benoit Abbé a été choisi comme titulaire.

Paincbaud, Canton (Kamouraska)

M. Charles-François Painchaud, curé de Sainte- Anne de la Pocatière et fondateur de son collège classique.

Panet, Saint-Fabien de (Montmaguy)

En l’honneur de Mgr Bernard-Claude Panet, évêque de Québec.

Papinaçhois, Kivière (Labrador)

De papinashu, elle sourit.

Papiueauville (Ottawa)

Papineauville est située dans la seigneurie de la Petite-Nation achetée du séminaire de Québec par M. Joseph Papineau, notaire, père du grand Papineau.

Paquetteville (Comptou)

C’est M. Flavien Paquette qui, en 1861, fonda Paquetteville. Il y tint pendant longtemps un magasin en même temps que le bureau de poste.

Parent, Canton (Lac Saint- Jean)

Etienne Parent, rédacteur du Canadien, député du comté de Saguenay.

Parke, Canton (Kamouraska)

Thomas Parke, arpenteur général de la province du Canada de 1841 à 1845.

Parisville, Saint-Jacques tle (Lotbinière)

La paroisse de Saint-Jacques de Parisville est un démembrement de Saint- Jean Deschaillons. Elle était connue autrefois sous le nom de Rang Saint- Roch. Lors de son érection canonique, Mgr Bégin lui avait donné le nom de Saint-Jacques de Compostelle, mais les paroissiens ne trouvant pas cette appellation de leur goût obtinrent de la changer en Saint-Jacques de Parisville. Cette paroisse contient, en effet, plusieurs familles du nom de Paris.

Pasbasheba, Rivière (Labrador)

Du montagnais pishishebau, rocher pointu.

Paspébiac (Bonaventure)

Paspébiac, paraît-il, vient du mot micmac pipsiquiaJc, qui signifie batture fendue. On décompose aussi le mot Paspébiac ainsi Papgeg ipsigiag, échancrure d’en bas.

La population anglaise a altéré le mot Paspébiac en Paspy Jack. Les Anglais qui habitent Paspébiac se nomment eux-mêmes Paspy Jacks. Leurs concitoyens canadiens-francais, pour leur rendre la politesse, appellent Paspébiac Pospillat et eux-mêmes Pospillats. (1)

Patapédiac, Canton (Iîouaventure)

En micmac, patapegiag signifie un courant violent, impétueux, inégal ou capricieux. La rivière Patapédiac, qui a donné son nom à ce canton, a, en effet, un cours très capricieux.

Patton, Canton (Moutniagny)

M. William Patton fit pendant un certain temps un commerce de bois très etendu dans cette région.

(1) Sir J,-M. LeMoine, Chronicles of the Saint- Lawrence, p. 14.

Pélèrins, Les (Kamouraska)

S’il faut en croire M. l’abbé Bois, les sauvages abénaquis et micmacs qui montaient en grand nombre du littoral de la mer et du* golfe Saint- Laurent en pêlèrinage à Sainte-Anne de Beaupré campaient sur ces îles.

D’un autre côté, les habitants de la côte prétendent que les Pélèrins ont tout simplement été nommés ainsi parce que, à certaines heures du jour, le mirage leur donne l’apparence de pélèrins vêtus de cagoules et marchant péniblement.

Pelletier, Canton (Lac Saint Jean)

Sur la carte de l’arpenteur Normandin on peut voir indiqué, à 189 milles au nord-ouest du lac Saint- Jean, l’établissement d’un M. Peltier qui se dresse inopinément au milieu de la solitude, et dont l’apparition fait naître toute espèce de suppositions fantastiques. Qu’était-ce que ce M. Peltier qui vivait ainsi seul dans ce lointain presque inaccessible, et quels desseins étranges y pouvait-il nourrir ? Etaitce un coureur des bois, un philosophe ou un ermite ? Aucune tradition ne nous éclaire à ce sujet : contentons-nous d’admirer l’audace et le courage d’un homme qui pouvait vivre absolument seul dans un pareil exil, entouré de tous les dangers et capable de les braver également tous. (1)

Mais ce n’est pas ce M. Peltier qui a donné son nom au canton Pelletier. Cet honneur revient à sir Alphonse Pelletier, aujourd’hui juge de la Cour Supérieure.

(1) Arthur Buies, Le Saguenay et le bassin clu lac Saint- Jean,

Pemiska, Rivière (Saint-Maurice)

Rivière qui pagaie.

Percé (Gaspé)

Le rocher percé qui a donné son nom à la paroisse de Percé est une véritable curiosité naturelle. Sa hauteur est de 310 pieds, sa longueur d’un arpent et demi et sa largeur de quatre à cinq arpents. La nature a percé à jour toute l’épaisseur de ce rocher. Cet orifice mesure plus de soixante pieds de hauteur sur quatre-vingts de largeur. A mer basse, on passe à pied sec sous cette voûte ; à mer haute, on la traverse en canot et même en bateau de pêche voguant à toute voile.

Péribonka, Saint Edouard de (Lac Saint Jean)

Péribonka, en langue montagnaise, signifie rivière curieuse. Il y a encore le mot Peribauca, cpii signifierait rivière percée.

Le Père Lemoine, toutefois, donne une toute autre signification au mot Péribonka. Il voudrait dire : “ rivière qui creuse dans le sable, qui fait son chemin à travers le sable.”

Péribonka eut pour premier colon M. Edouard Niquette ; d’où son titulaire.

Perlcius Mills (Ottawa)

M. Perkins fut le premier habitant de cet endroit. Il y établit une belle scierie. Bien que protestant, il donna cent arpents de terre à la fabrique de la paroisse.

Perthuis (Portnenf)

Le 11 octobre 1753, le gouverneur Duquesne et l’intendant Bigot concédaient au sieur Perthuis une

lieue et demie de front sur neuf lieues de profondeur, à prendre au bout des trois lieues de profondeur de la seigneurie de Portneuf.

Peterborough, Canton (Maskinougé)

Peterborough ou Peterburg est une ville bien connue d’Angleterre.

Charles Mordaunt, comte de Peterborough, était, en 1689, premier lord de la trésorerie.

Petite-Belgique (Ottawa)

Plusieurs Belges se sont fixés en cet endroit et y ont apporté de bonnes habitudes d’économie et leurs connaissances exceptionnelles en agriculture.

Petite Décharge (Saguenny)

Le plus petit des deux bras du canal qui jette les eaux du lac Saint- Jean dans la rivière Saguenay a été appelé Petite-Décharge en opposition à son frère, la Grande-Décharge.

Petite-Xation (Ottawa)

Le 16 mai 1674, la compagnie des Indes Occidentales concédait à Mgr de Laval une étendue de terre de cinq lieues de front sur cinq lieues de profondeur, située “ sur lesgrand fleuve Saint-Laurent, environ quarante-deux lieues au-dessus de Montréal, à prendre depuis le Sault de la Chaudière, vulgairement appelé la Petite-Nation en descendant le fleuve sur le chemin des Outawas, tenant les dites cinq lieues de front sur la dite profondeur par devant à la dite Rivière des Outawas, etc. ”

Cette seigneurie ainsi que la rivière de la Petite- Nation tirent leur nom d’une tribu algonquine qui a résidé dans ces parages. Ce nom fut aussi donné à

la chute des Chaudières ; c’est ce qui explique l’erreur dans laquelle on est tombé en décrivant les limites de la seigneurie. Champlain nomme cette tribu (1613) Ouescharini. Ferland dit que les Algonquins l’appelaient Ouaouechkaïrini (1).

Petite-Rivière (Cliarlevoix)

La Petite Rivière eut pour parrain l’illustre fondateur de Québec. Il lui donna ce nom à son voyage de 1603.

Phiiipsburg (Missisquoi)

En l’ honneur du colonel Philippe Ruiter.

Piakttakamits, Lac (Lac Saint Jean)

Lac dont les eaux sont basses.

Piastrebai (Labrador)

“ Il me faut bien l’avouer, écrit M. l’abbé Huard, vainement je me suis enquis de la signification de Piastrebai. M. P. Vigneau me témoigne d’avoir vu, sur une carte de Bayfield portant la date de 1851, le nom de Peashte-Bciy pour désigner cette localité, et, à son avis, c’est là un mot sauvage plus ou moins défiguré. Eh bien, si Peashte-Bay est déjà défiguré, que dirons-nous donc de Piastrebai , qui est le mot actuellement en usage dans le pays ? ” (2)

Piedmont (Terrebonue)

Ce village est bâti au pied de la montagne.

Pierreville, Saint-Thomas de (Yamaska)

La seigneurie de Pierreville fut concédée le 3 août 1683 au sieur Laurent Philippe dit Lafontaine. A

(1) Note de M. F.-J. Audet.

(2) Labrador et Anticosti, p. 347.

sa mort, son fief passa à son fils Pierre Philippe et à son gendre Joseph Hertel. Ce dernier eut un fils qui porta le prénom de Pierre. Le fief de Pierreville n’aurait-il pas emprunté son nom de Pierre Philippe et de Pierre Hertel ?

Jusqu’à 1853, le fief de Pierreville fit partie pour les fins religieuses de la paroisse de Saint-François du Lac. Les inconvénients de toutes sortes, surtout le printemps et l’automne, que rencontraient les habitants de Pierreville pour se rendre à l’église de Saint-François du Lac, les engagèrent à demander l’érection d’une nouvelle paroisse. Mgr Thomas Cooke, évêque de Trois-Rivières, se rendit à leur demande le 16 octobre 1853. Les habitants de Pierreville obtinrent de leur évêque qu’il mit la nouvelle paroisse sous la protection de son patron.

Pigeon Hill (Missisquoi)

En 1791, Adam Sagèr s’établit ici. Peu de temps après son père et ses trois frères vinrent le rejoindre et achetèrent toutes les terres sur lesquelles s’élève aujourd’hui le village de Pigeon Hill. L’endroit fut longtemps connu sous le nom de Sagersfield, mais » le grand nombre de pigeons qui fréquentaient Sagersfield lui a fait donner le nom de Pigeon Hill qui a supplanté Sagersfield.

Pike-River, Saint-Pierre de (Missisquoi)

Mgr Moreau a choisi saint Pierre de Vérone comme titulaire de cette paroisse pour deux raisons :

1° parce que ce saint appartenait à l’ordre de saint Dominique établi dans son diocèse ; 2° parce qu’il était le patron de M. Pierre Cardin, premier curé d e cette paroisse.

Une rivière dans laquelle pullule le brochet (pike) traverse cette paroisse ; d’où Pike River.

Piles, Saint-Jacques (les (Cliamplain)

“ Ce nom de Piles a fort intrigué les voyageurs. Quelques-uns ont cru trouver l’origine de ce nom dans le fait que les glaces s’accumulent ou s’empilent au pied d’une chute située en face de la paroisse sur le Saint-Maurice.

“ D’autres ont pensé que ce nom avait été donné par les flotteurs de bois, à cause des grandes accumulations de bûches qui se faisaient souvent à cette chute.

“ Littré donne plusieurs sens au mot pile, entre autres : amas de choses placées les unes sur les autres et grosse pierre qui sert à broyer, à écraser. Les Sauvages, paraît-il, quand ils descendaient faire la traite des pelleteries, avaient l’habitude de s’arrêter à l’endroit où se trouve aujourd’hui la paroisse de Saint- Jacques des Piles pour piler leur blé-d’Inde. Us y trouvaient facilement des piles, ces grosses pierres qui servent à broyer, et de là est venu le nom donné à cet endroit. Ce sont les Sauvages, ou plutôt leurs interprètes, qui ont donné ce nom, et les flotteurs n’ont fait qu’employer un mot qui était en usage depuis longtemps.

“ Une paroisse a été érigée aux Piles, le 28 avril 1885, par Mgr Laflèche, et elle a été mise sous le patronage de saint Jacques, en souvenir du Père Jacques Buteux, qui fut tué par les Iroquois, le 10 mai 1652, dans un voyage chez les Attikamègues ou Poissons-Blancs. On voit par les lettres du Père Buteux que ce saint missionnaire était parti avec le désir du martyre ; il tarda peu à trouver ce qu’il

cherchait ; et avec le martyre il trouva le souverain bonheur. Ça été vraiment une sainte inspiration de donner le nom de ce glorieux martyr à la paroisse fondée au portage des Piles. Le Père Buteux doit protéger ce territoire du Saint-Maurice où il a mérité la couronne de la vie éternelle.” (1)

Piliers, Les (Kamoüraska)

Sur la côte de Bretagne un endroit porte le nom de Piliers.

Pinault, Canton (Matane)

Le colonel Félix Pinault, sous-ministre de la milice, ancien député de Matane à la législature de Québec.

Pinnacle (Missisquoi)

Ce nom indique assez que ce village est situé sur le sommet d’une colline (pinacle).

Pintendre, Saint-Louis de (Lévis)

Les premiers colons qui s’établirent dans cet endroit n’avaient, paraît-il, pas toujours de quoi se mettre sous la dent. Souvent, il fallait partir le matin pour le bois et travailler au défrichement avec un seul morceau de' pain dur pour toute nourriture et confectionné encore avec de la farine d avoine ou de sarrasin. Plusieurs vivaient de “ pain dur et par ironie, on a appelé la place “ pain tendre , qui

est devenu Pintendre. (2)

Mgr Louis-Nazaire Bégin, archevêque de Québec, est né à Pintendre. C’est en son honneur que la paroisse a été mise sous le patronage de saint Louis.

(1) L’abbé N. Caron, Deux voyages sur le Saint- Maurice.

(2) Le Soleil, 13 juillet 1S95.

Piopolis (Compton)

Cette paroisse fondée par d’anciens zouaves pontificaux a été nommée ainsi en l’honneur du pape Pie IX.

Plaines cl’ Abraliam (Québec)

Lorsque l’étranger un peu au fait de l’histoire de notre pays, visite la vieille cité de Champlain, il ne manque jamais de se faire montrer les plaines d’ Abraham sur lesquelles la France et l’Angleterre se sont disputé la suprématie du Nouveau-Monde.

Le premier concessionnaire de ces vastes terrains fut Adrien Ducliesne, chirurgien, dont il est souvent parlé dans les Relations des Jésuites.

Le certificat suivant fait voir que Duchesne donna sa terre à un nommé Abraham Martin dit l’Ecossais : “ Nous soussignés, certifions à qui il appartiendra qne, l’an dernier, mil six cent quarante-cinq, que le sieur Adrien Duchesne, chirurgien dans le navire de M. de Repentigny, estant à Québec, nous a dict qu’il avait donné la terre qui luy a été donnée en la ville de Québec à Abraham Martin, pilote de la Rivière, et qu’il y pouvait faire travailler en toute assurance. Si le temps luy eust permis d’en passer contract de donation, il l’aurait faict. Ce que nous attestons estre véritable, fait ce quinziesme jour d’août mil six cent quarante six. — Giftar — Tronquât — Le Tardif — De Launay — Bissot — Guetet.” (1)

C’est de cet Abraham Martin que les plaines d’ Abraham ont pris leur nom.

(1) L’abbé Ferland, Notes sur les registres de Notre-Dame de Québec, p. 12.

Plaisance (Lévis)

Un grand nombre de communes de France portent le nom de Plaisance. Toutes doivent leur nom à la beauté de leur site.

Platon (Lotbinière)

Platon est une corruption de 'plateau ; on Ta nommé ainsi à cause de sa singulière apparence : ses bords sont hauts et le sommet est plat comme s’il avait été nivelé par la main de l’homme.

Plessis, Canton (Cliicoutimi)

Mgr Joseph-Octave Plessis, évêque de Québec.

Plessisville (Mégantic)

Plessisville rappelle également le souvenir de Mgr Plessis.

Petitskapau, Lac (Labrador)

Lac entouré de saules.

Pointe à Arcouil (Gaspé)

Arcouil était le nom d’un pêcheur de T île de Jersey qui faisait de fréquents voyages dans ces parages.

Pointe à Carcj’ (Québec)

C’est M. Guillaume Pagé dit Carcy, maître du havre de Québec au commencement du dix-huitieme siècle, qui a laissé son nom à la pointe à Carcy.

Pointe à C a vaguai (Vaudreuil)

Le marquis de Vaudreuil a qui fut concédée la seigneurie de Vaudreuil portait le nom de \ audreuil-Cavagnal. Cavagnal était le nom cl une tene de la famille de Vaudreuil en France.

Pointe à la Barbe (Pontiac)

La Pointe à la Barbe est ainsi dénommée de la traditionnelle coutume des employés de la Compagnie de la Baie d’Hudson d’y arrêter pour se faire la barbe avant d’arriver au poste de Têmiscamingue et de s’y présenter à monsieur le facteur (1).

Pointe-à-Lacaille (Montmagny)

“ On a fait bien des hypothèses sur l’origine de ce nom. Les uns ont prétendu que l’abondance en cet endroit des cailles, ce met si prisé des gourmets, lui avait fait donner ce nom. D’autres veulent que la rivière qui traverse la région ait été nommée la Caille parce que ses eaux sales et bourbeuses sont presque toujours couvertes d’un limon ressemblant au lait eaillé.

“ Ce nom a une origine historique. Au nombre des colons amenés à Québec en 1634 par les vaisseaux du roi figurait Adrien d’Abancourt dit Lacaille. Ce colon aimait passionnément la chasse. Entraîné par son goût pour les excursions cynégétiques, il partit au printemps de 1640 pour une partie de chasse dans les îles qui se trouvent vis-à-vis Saint-Thomas. Le 2 mai, en traversant le fleuve, il se noya avec un nommé Etienne Sevestre. Ses compagnons déposèrent ses restes sur la pointe alors déserte qui se trouve aune dizaine d’arpents en amont de l’embouchure de la rivière à Lacaille. Cette pointe porte aujourd’hui le nom de pointe à Peton.

“ Dans le printemps suivant, le 20 mai 1641, Jean Jolliet, frère de Louis Jolliet, l’explorateur du Mississipi, qui avait épousé l’aînée des filles de d’Abancourt

(1) Arthur Buies, U Outaouais supérieur, p. 265.

dit Lacaille, vint chercher les dépouilles de son beaupère et lui fit donner à Québec de pompeuses funérailles le 26 du même mois.

“ Depuis lors, en souvenir de ce tragique événement, la rivière et la pointe ne furent plus désignées que sous les noms de rivière à Lacaille et de pointe à Lacaille. Le nom s’étendit, subséquemment, à la paroisse qui portait encore, il y a un peu plus d’un siècle, le nom de Saint-Thomas de la Pointe-à-Lacaille.” (1)

l’ointe h Lessay (Québec)

Montcalm, dans ses lettres au chevalier de Lêvis, écrit ce nom de quatre manières : pointe du Lessey, pointe de Laisse, pointe Lessê et pointe de Lesse.

M. l’abbé Casgrain croit que c’est en cet endroit que dans les commencements de la colonie les vaisseaux laissaient leur lest ; d’où Pointe de Lest.

D’un autre côté, sur la carte de Robert de Villeneuve, ingénieur royal en la Nouvelle-France, carte qui remonte à 1688, on voit à l’endroit appelé entre les deux églises, la pointe à Lessay.

Près de Coutances, en France, d’où nous vinrent plusieurs des premiers colons des environs de Québec, il y a une pointe de Lessay, qui a donné son nom à une commune, et qui ressemble passablement à notre pointe à Lessay. La pointe de Lessay française ne serait-elle pas tout simplement la marraine de la pointe à Lessay canadienne ?

Pointe à Puiseaux (Québec)

On dit aujourd’hui Pointe-à-Pizeau. Et l’on voit ce nom écrit de cette manière sur des plans publics

(1) L’abbé F.-E.-J. Casault, Notes historiques' sur la paroisse de Saint- Thomas de Montmagny, P- 15.

et dans plusieurs vieux documents. C’était la prononciation du temps. M. de Puiseaux, qui a donné son nom à ce promontoire, y possédait dès 1637 un fief appelé Saint-Michel, et une maison considérée comme le bijou de la Nouvelle-France.

M. de Puiseaux, sieur de Montrenault, avait fait fortune aux îles espagnoles, et, dans le but de contribuer à la conversion des Sauvages, était venu joindre Champlain à Québec. (1)

Pointe à Quenet (Jacques-Cartier)

Le nom indien de la Pointe à Quenet était Anaouy. Les Français l’appelaient Pointe de Beaurepaire. Concédée en 1678 à Jean Quenet, préposé à la règlementation de la traite du castor, elle prit son nom, qu’elle a conservé jusqu’à nos jours.

Pointe au Maquereau (Gaspé)

Les vieillards de l’endroit prétendent qu’un vaisseau de ce nom fit naufrage sur la pointe ; d’où Pointe au Maquereau.

Pointe-au-Père, Sainte- Anne de la (Kimouski)

Les Sauvages qui habitaient cette partie du pays furent bien des années après la découverte du Canada, sans avoir la visite de ces intrépides missionnaires qui, par leur zèle infatigable et leur énergie constante, devaient porter le flambeau de la foi jusque dans la profondeur des bois, et convertir au christianisme ces enfants de la forêt.

Ce fut le 7 décembre 1663, qu’apparut pour la première fois sur ces rivages, l’homme de Dieu, le Père Jésuite Henri Nouvel.

(1) L’abbé H. -A. Scott, A otre Dame de Sainte-Foy, p. 10.

Ce courageux missionnaire arrivé à Québec le 4 août 1662, hiverna la même année dans les missions de Tadoussac. Il partit de Québec le 19 novembre 1663, pour aller hiverner chez les Papinachois, sur la côte nord, mais, ayant failli périr aux approches de Pile Verte, il y passa dix jours pendant lesquels il y conféra les cérémonies du baptême à six enfants de divers âge et fit les autres exercices de la mission, dans une petite chapelle, qu’on avait élevée pour la circonstance. Il se remit en route avec deux Français et quelques autres Sauvages, et arriva à Rimouski, le 7 décembre. Le lendemain, fête de l’immaculée Conception, il y célébra la sainte messe.

“ Le septième jour de décembre, dit-il, nous arrivâmes heureusement du côté du sud, vis-à-vis l’île de Saint-Barnabé, nous y célébrâmes le lendemain, la fête de l’immaculée Conception de la Sainte Vierge ; nous arrêtâmes là quelques jours, en attendant un temps favorable pour entrer dans les bois.” (1)

On a donné, en mémoire de ce premier missionnaire, le nom de Pointe au Père, à l’endroit même où, pour la première fois, le saint sacrifice de nos autels a été célébré par cet homme bénit.

L’établissement du pêlèrinage de Sainte-Anne de la Pointe-au-Père date de 1873. Ce projet rencontra beaucoup d’opposition, comme, d’ailleurs, toute oeuvre catholique tant soit peu importante.

Pointe-au-Pic (Cliarlevoix)

“ La dénomination de Pointe-à-Pic est tout à fait moderne. Ce sont les touristes qui nous l’imposent. Le véritable nom est Pointe-au-Pic. C’est ainsi que tous les gens du pays désignent le village en question.

(1) Relation, 1674.

Il suffit d’ailleurs de consulter l’acte d’érection du village de la Pointe-au-Pic (Statuts de Québec, 40 Victoria, chapitre 46) pour s’en convaincre. Les anciens actes aussi en font foi. Le 19 mars 1849, dans un acte passé èc la Baie Saint-Paul devant Mtre Tel. Portier, il est question d’une hypothèque prise sur un emplacement dans un lieu appelé la Pointeau-Pic, en la paroisse de la Malbaie. En 1890, Mgr Bégin, évêque de Chicoutimi, sollicitait des faveurs du Saint-Siège en faveur des membres de la Garde d’honneur du Sacré-Cœur, établie à la Pointe-au-Pic sde la Malbaie. Ainsi, à la fin du siècle comme au commencement, on dit Pointe-au-Pic, et la dénomination nouvelle adoptée par quelques personnes compte à peine un lustre d’existence.

“ Le fleuve Saint-Laurent, à l’embouchure de la rivière Malbaie, forme une large baie. D’un côté, au sud-ouest, là où il y a un pic, est la Pointe-au-Pic. De l’autre, se trouvent la Baleine, le Heu, et, en gagnant vers le nord-est, le Cap à l’Aigle. Ce dernier endroit était le refuge préféré des Aigles.

“ La Malbaie a quantité de noms pittoresques comme son site. Nos oreilles aiment à les entendre tels qu’ils nous ont été transmis, comme nos regards se plaisent toujours dans le spectacle de notre sol qu’on croirait encore tout fraîchement bouleversé sous l’effet d’un tremblement de terre. ” (1)

Pointe au Vin (Pontiac)

On dit qu’autrefois la Compagnie de la Baie d’Hudson vendait du whisky aux Sauvages ; mais comme ce trafic homicide était prohibé dans les

(1) L’abbé Henri Ciraon, Bulletin des Recherches Historiques , vol. II, p. 137.

environs du fort de Témiscamingue, à cause du désordre et des rixes qu’il occasionnait, les Sauvages avaient pris l’habitude de se rendre à la pointe pour y rencontrer les sous-employés de la compagnie qui leur livraient la terrible eau de feu, et que c’est de là que la pointe avait pris le nom qu’elle porte. (1)

Pointe aux Alouettes (Saguenay)

A l’entrée du port de Tadoussac il y a deux pointes : la pointe aux Alouettes et la pointe aux Vaches. Dans son Voyage de 1603, Champlain donne à la première le nom de pointe Saint-Mathieu. Dans l’édition de 1613, il l’appelle encore pointe Saint-Mathieu, mais il ajoute “ ou autrement aux Allouettes.” Aujourd’hui elle n’est plus connue que sous ce dernier nom.

Pointe aux Esquimaux, St-Pierre (le la(Labrador)

Le mot Esquimaux est d’origine algonquine. Il est formé de ashki, cru, et de mow, manger. Aslikimow, il mange cru. Ce qui veut dire que les Esquimaux étaient des mangeurs de viande cru. La tradition veut qu’autrefois il y ait eu à la Pointe-aux- Esquimaux une tribu d’Esquimaux laquelle, apres un sanglant combat, en fut chassée par les Montagnais. Leur nom cependant resta à l’endroit.

La Pointe-aux-Esquimaux a été mise sous la protection de saint Pierre parce que tous ses habitants étaient des pêcheurs.

Pointe-aux-Trembles (Hoclielaga)

Le nom de Pointe aux Trembles doit son origine à une langue avancée de terre, complantée de trembles,

(1) Arthur Buies, L’Outaouais supérieur, p. 252.

et que les eaux du fleuve ont fait disparaître depuis longtemps.

Pointe-aux-Trembles (Portneuf)

Le 15 décembre 1653, le gouverneur de Lauzon concédait à Jean Bourdon “l’estendue de terre qui se rencontre sur le fleuve Saint-Laurent du costé au nord depuis les bornes de la concession de l’abbé de Lauzon jusques à celles du sieur des Chastelets.” Bourdon donna à sa concession le nom de Dombourg (anagramme de son nom).

Le village de la Pointe-aux-Trembles est situé sur une pointe qui s’avance assez profondément dans le fleuve Saint-Laurent. Cette pointe, à cause des peupliers ou trembles qui la couvraient, fut nommée Pointeaux Trembles, et bientôt ce nom supplanta celui de Neuville qui lui-même avait remplacé celui de Dombourg.

Pointe aux Vaches (Sag-uenay)

Champlain désigne d’abord cette pointe sous le nom de pointe de tous les Diables. Plus tard, il écrit pointe aux Vaches. La walrus (vache marine) fréquentait alors ces parages.

Pointe-Claire, St- Joachim de la (Jacques-Cartier)

Bâti sur une pointe de terre avançant dans le lac Saint-Louis, le village de la Pointe-Claire est entouré d’une large nappe d’eau, au sud et à l’ouest, et la vaste etendue du lac fait que la clarté du jour se prolonge plus qu’ai Heurs.

Saint- Joachim de la Pointe-Claire a été démembrée partie des Saints-Anges de Lachine et partie de Sainte-Anne de Bellevue ; rien d’étonnant donc que cette paroisse ait été mise sous le patronage de saint Joachim.

Pointe -de- Lévy, Saint Joseph (le la (Lévis)

“ Jusqu’en 1629, la rive sud du Saint-Laurent demeura innommée. En effet, dans l’hiver de 1609, Champlain apercevant quelques sauvages abandonnés vis-à-vis son habitation de Québec, nous dit qu’ils étaient au delà de la rivière. Sur la carte que le fondateur de la colonie dressa en 1613, il signale, sans aller plus loin, une pointe fort estroite du côté de V Orient de Québec. En 1628, il raconte qu’il envoya ses gens à la découverte des terres sur la rive droite du Saint-Laurent, sans donner aucun nom à cette partie du pays, et c’est à peine si cette exploration .est signalée, en passant, au jûed d’une carte.

“ C’est en narrant l’arrivée des Ivertk devant Québec en 1629 que Champlain fait pour la première fois mention du nom de Lévy. “ Lorsque ces nouvelles vinrent, écrit-il, j’étais seul au foçt, une partie de mes compagnons étaient allés à la pêche, les autres cherchaient des racines, mon serviteur y était aussi ; sur les dix heures du matin, une partie se rendit au fort et à l’habitation. Mon serviteur, arrivant avec quatre petits sacs de racines, me dit avoir vu les dits vaisseaux anglais à une lieue de notre habitation,, derrière le cap de Lévy.”

“ D’ordinaire, on semble croire que le nom de Lévy fut donné à la longue falaise qui fait face à Québec en l’honneur de l’illustre général qui remporta la dernière victoire française au Canada.

“ Il y a erreur et confusion.

“ Trois personnages du nom de Lévis sont mentionnés dans notre histoire : 1 . Henri de Lévy, duc de Ventadour, qui fut nommé vice-roi de la Nouvelle- France en 1625. 2. François-Christophe de Lévy, duc de Damville, son frère, qui lui succéda dans la

même charge en 1644, mais dont les lettres de nomination ne furent confirmées qu’en 1655. 3. François- Gaston, marquis de Lévis, le héros de la bataille de Sainte-Foye, qui mourut en 1787, maréchal de France et duc héréditaire.

“ En 1629, quand Champlain écrivait le Cap de Lévy , ce nom s’appliquait évidemment à Henri de Lévy, le seul de cette illustre famille qui eût encore des relations avec la Nouvelle-France. C’est, du reste, ce que l’historien Charlevoix affirme de la façon la plus positive lorsque, dans sa, description des environs de Québec, il dit : “ Cette cascade a été nommé le Sault de Montmorency et la pointe porte le nom de Lévi. C’est que la Nouvelle-France a eu successivement pour vice-rois l’amiral de Montmorency et Henri de Lévi, le duc de Ventadour, son neveu. Henry de Lévy avait nommé Champlain son lieutenant en la Nouvelle-France, et il est tout naturel de croire que ce fut le fondateur de Québec qui, lui-même, baptisa la rive droite en l’honneur de son illustre protecteur. Et comme Henri de Lévy fut vice-roi entre les années 1625 et 1627, on doit supposer aussi que c’est à cette époque que l’appellation Cap de Lévy prit naissance.

'• Vis-à-vis de l’église de Saint-Joseph de la Pointede-Lévy, on voit deux caps presque détachés du rivage et dont les pieds plongent dans les eaux du fleuve. Ce sont eux qui les premiers reçurent le baptême d’un nom européen sur la rive droite du fleuve. Champlain les marque sur sa carte de 1632 à la lettre D avec la légende : cap de Lévy. L’ingénieur Jean Bourdon les inscrit sous le même nom dans le plan qu’il dressa des établissements de la Nouvelle-France en 1641. Dans la suite des temps

le cap de Lévy est devenu pointe de Lévy. C’est dans une pièce notariée portant la date de 1647 que l’on rencontre pour la première fois cette dernière appellation. Dans une entrée de 1648, le Journal des Jésuites dit aussi pointe de Lévy. La pointe de Lévy a servi depuis à désigner par extension toute la rive droite du fleuve en face de Québec.

“ Henri de Lévy, duc de Ventadour, qui donna son nom à la terre connue depuis comme la seigneurie de Lauzon, était pair de France et lieutenant-général pour le roi au gouvernement de Languedoc lorsqu’il acheta du duc de Montmorency, son parent, les intérêts que celui-ci possédait dans la société de la Nouvelle-France. Il obtint commission au commencement de 1625. Ce gentilhomme très pieux et très fervent catholique n’avait d’autre dessein, dit Champion, “ que de faire fleurir la gloire de Dieu dans ces pays barbares ”. Il y envoya à ses frais pour la conversion des sauvages six missionnaires jésuites et il leur donna la seigneurie de Notre-Dame-des- Anges, près de Québec. Au mois de juin 1627, Henry de Lévy se démettait de sa charge de vice-roi, puis renonçait au monde pour se faire chanoine de l’église de Paris. Sa femme entrait en même temps dans un couvent de Carmélites. La maison de Lévy tire son origine du village de Lévy, aujourd’hui Lévy-Saint-Nom, dans l’île de France, à une lieue de Chevreuse (département de Seine-Oise.)” (1)

La Pointe-de-Lévy fut mise sous le patronage du père nourricier de Jésua, nous dit M. l’abbé Bois, parce qu’il était le patron de la Nouvelle-France. D’un autre côté, M. J.-Edmond Roy croit que ce saint patron

(1) J.-Edmond Roy, Histoire de la seigneurie de Lauzon, vol 1er,

fut choisi soit à cause de l’abbé Thomas-Joseph Morel qui desservait alors la côte comme missionnaire, soit encore en l’honneur de Charles- Joseph de Lauzon, le fils unique du grand sénéchal de Lauzon, qui était alors propriétaire dejla seigneurie.

Pointe de Monts (Labrador)

Sir James-M. LeMoine croit que la Pointe des Monts (ainsi l’appelle-t-il erronément) a pris son nom d’une pointe de monts ou de montagnes. La situation du lieu ne confirme pas cette opinion.

D’autres géographes à l’esprit inventif ont écrit sur leurs cartes “Pointe Démon”.

La Pointe de Monts fut ainsi nommé, il n'y a pas à en douter, en l’honneur de Pierre du Gua, sieur de Monts, l’infatigable explorateur des côtes de l’Acadie et le fidèle ami de Champlain.

M. Faucher de Saint-Maurice remarque avec raison que l’amiral Bayfield est le seul qui ait maintenu la véritable orthographe de ce nom.

Pointe des Chenaux

Cet endroit a tour à tour été appelé cap Métabéroutine, cap Lieutenant et cap des Iroquois. On l’appelle aujourd’hui Pointe des Chenaux parce que l’embouchure du Saint-Maurice forme trois issues ou chenaux. Souvent même on désigne le Saint-Maurice sous le nom de Chenaux.

Pointe Fortune, St Frs Xavier de la (Vaudreuil)

Le canton de Chatham fut ouvert en 1799. William Fortune, déjà établi de l’autre côté de la rivière, à la pointe qui porte son nom, obtint, cette année-là, dans ce canton, une concession de deux mille deux cents acres de terre.

Saint F rançois-Xavier a été choisi comme titulaire de la Pointe-Fortune à cause du fondateur de cette paroisse, M. François-Xavier Tisseur, qui en a été le premier desservant.

Pointe Frégate («jaspé)

Une frégate fit, paraît-il, naufrage sur cette pointe.

Pointe Mondion (Ottawa)

La pointe Mondion est connue sous ce nom depuis cent ans et plus. Quelle est l’origine de ce nom ? Nous le voyons mentionné trois fois dans nos annales. En 1694, un lieutenant de marine réformé, maintenu dans lgs rôles des officiers servant au Canada ; en 1699, un M. de Mondion, officier de mérite, recommandé pour l’avancement, par le gouverneur-général ; enfin, un troisième de Mondion, enseigne des troupes, enterré à Québec en 1702, à l’âge de 38 ans.

Pointe Piclié (Pontiac)

C’est ici la fameuse Pointe Piclié, fameuse parmi les chasseurs et les Indiens, à cause de l’homme qui lui a donné son nom, le père Piché, type le plus parfait de ces traiteurs d’autrefois qui s’aventuraient seuls jusqu’aux dernières limites habitables du nord, et y vivaient des années entières, sans communion possible avec leurs semblables et n’ayant de rapports, deux fois l’an, qu’avec lés indiens en route pour les différents pays de chasse, ou, à leur retour, aux premiers jours du printemps. (1)

(1) Arthur Buies, L’Outctouiis supérieur, p. 169.

Pointe Quincliien (Vaudreuil)

Naviguant sur la rivière Outaouais au mois de mai 1613, Champlain écrit : “ Nous passâmes un saut qui est appelé de ceux du païs Quenecliouan qui est rempli de pierres et rochers

Ce nom de Quenechouan se retrouve dans celui de Quinchien, donné à un gros ruisseau et à une pointe de terre qui sont dans le voisinage. Le nom de Quinchien fournit l’occasion de remarquer qu’en général il faut se défier des étymologies que l’imagination va chercher bien loin, quand elles se trouvent dans les langues des aborigènes. On a dit, pour expliquer l’origine du nom de Quinchien, que les quinze premiers habitants de ce lieu, normands renforcés, étaient sans cesse en procès, et que de là on avait nommé leur village Quinzechiens. Comme on le voit, tout cet échafaudage tombe devant le mot sauvage de Quenechouan. (1)

Pointe Saint- Charles (Hoclielaga)’

En mémoire de Chârles LeMoyne, fondateur de Longueuil.

Polette, Canton (Champlain)

L’honorable Antoine Polette fut député de Trois- Rivières plusieurs années avant de monter sur le Banc.

Ponsonby, Canton (Ottawa)

Paroisse du comté de Cumberland, Angleterre.

Ponthriand, Saint Antoine de (Mégantic)

En souvenir de Mgr Henri-Marie Dubreuil de Ponthriand, évêque de Québec.

(1) L’abbé Ferland, Cours d'histoire du Canada, vol. 1er, p. 163.

Pontefract, Caiitou (Pontiac)

Pontefract vient du latin pons fractus, pont brisé, cassé. Pontefract, est une ville du comté de York, Angleterre.

Pontgravé, Canton (Saguenay)

Pontgravé, négociant de Saint-Malo, fit la traite des fourrures au Canada et en Acadie. Pontgravé accompagna Champlain et remonta avec lui jusqu’au Sault Saint-Louis.

Pout>ac

Le chef outaouais Pontiac fut un adversaire habile des Anglais. Il commandait sa tribu à la défaite de Braddoek en 1755. Parkman l’a immortalisé par son ouvrage The Conspirctcy of Pontiac.

Pontmain, Xotre Dame de (Ottawa)

En souvenir du pélèrinage du même nom en France.

Pont-Itouge (Portneuf) *

Le pont qui traverse la rivière Jacques-Cartier à Sainte- Jeanne de Neuville est de couleur rouge ; d’où le nom sous lequel, le plus souvent, on désigne cqtte paroisse.

Pope, Canton Ottawa

L’honorable John-Henry Pope, ministre de l’agriculture puis des chemins de fer et canaux, à Ottawa.

Portage, Notre-Dame du (Témiscouata)

Notre-Dame du Portage doit son nom à la situation de son église près de l’entrée du Vieux chemin du Lac. Ce chemin ébauché pendant la rébellion de 1837 pour le transport des troupes anglaises de

Madawaska à la Kivière-du-Loup portait le nom de Chemin du Portage, parcequ’il y avait un portage sur son parcours.

Portage de l’Aviron (Labrador)

Un espace de la longueur à peu près d’un aviron sépare en cet endroit.la rivière Betsiamis de la rivière Valin, qui conduit à la rivière Saguenay.

Portage de l’Enfant (Cliicoutimi)

Le Portage de l’Enfant — Washkow Caputagan — est un des portages de la rivière Cliicoutimi. Un Indien, en traversant ce portage, avait attaché négligemment au rivage son canot où se trouvait un enfant ; le canot ne tarda pas à se détacher, et l’enfant, violemment emporté au-dessus des rapides, fut précipité en bas d’une chute de quarante à cinquante pieds, sans qu’il lui arrivât le moindre mal ; c’est ce fait extraordinaire qui a valu au Portage de l’Enfant le nom qu’il a porté depuis. (1)

Portage-du Fort (Pontiac)

On conservait dans ce fort les provisions destinées aux hommes de chantiers. Et pour y arriver il fallait faire portage.

Port au Persil (Cliarlevoix)

C’est Champlain qui est le parrain du Port au Persil.

U Du port aux femmes l’on va au port au Persil, distant près d’une lieuë, qui est anse derrière un Cap, où il y a une petite rivière qui asséché de basse mer ; elle vient des montagnes qui sont fort hautes, il y a ancrage proche, et à l’abri du vent du su.

(1) Arthur Buies, Le Saguenay et la vallée du lac Saint- Jean, p. 167,

Port aux Quilles (Charlevoix)

“ Port aux Quilles, ditM. Alphonse Leclaire, tient son nom des nombreux, cailloux ronds qu’on y trouve (1)

Nous doutons fort que ce soit là la véritable origine de ce nom.

C’est Port à l’Equille qu’on devrait dire. Du moins c’est ainsi que Champlain nomma cet endroit : “ Cette rivière de l’Equille, écrit-il, vient des montagnes, et asséché de basse mer ; un peu vers l’eau de l’entrée il y a mouillage pour barques.” Champlain avait déjà donné ce nom de rivière àl’Equille à une rivière de l’Acadie. Equille est un vieux mot français qui désignait une sorte de poisson.

Port aux Saumons (Charlevoix)

Nommé ainsi par Champlain. “ Port au Saumon, écrit-il, assèche de basse mer ; il y a deux petits îlets chargés en la saison de frqises, framboises et bluets ; proche de ce lieu y a bonne rade pour les vaisseaux, et dans le port sont deux petits ruisseaux.’

Port-Daniel (Bonaventure)

Le capitaine Daniel était contemporain de Champlain. Il fit plusieurs voyages dans la Nouvelle- France. C’est lui qui, en 1629, s’empara d’un établissement appartenant aux Anglais sur l’ile du Cap- Breton. Le récit de cette expédition fut publié en 1630 sous le titre : Prise d’un seigneur escossais et de ses gens qui pillaient les navires pescheurs de France, par M. Daniel, de Dieppe, capitaine pour le Roy en la marine.

(1) Revue Canadienne, 1906, p. 673.

Portland, Canton (Ottawa)

Le canton Portland a peut-être pris son nom du duc de Portland, qui fut ministre des colonies en Angleterre.

Il peut se faire aussi que le canton Portland ait emprunté son nom de la paroisse de Portland, comté de Dorset, Angleterre.

Portneuf

Une dizaine d’années après la formation de la Compagnie des Cent-Associés, un de ses membres, Pierre Robineau, commença un établissement sur les bords de la rivière Portneuf.

Il donna, suppose-t-on, le nom de Port à son établissement. Plus tard, présume-t-on encore, Le Neuf de la Potherie, qui obtint cette seigneurie, ajouta à ce nom de Port la dernière syllabe de son nom, d’où Portneuf.

Portneuf (Saguenay)

Portneuf est un très bel endroit, situé à environ quatorze lieues plus bas sur le fleuve Saint-Laurent que l’embouchure du Saguenay. La chapelle de Portneuf est pittoresquement placée sur la côte qui domine l’entrée de la rivière Portneuf et le cours du Saint-Laurent ; cette chapelle est une relique des anciennes missions montagnaises.

Dès 1625, Champlain nous parle de Portneuf : “ Les costes du Nort depuis le travers d’Enticosty sont fort baturières pour la pluspart ; en quelques endroits il y a de bons ports, mais ils ne sont cognus, hormis Cliisedec (la rivière Saint- Jean) et le port neuf...” (1)

(1) Champlain, Œuvres, vol. IYT, p. 109.

Potton (Brome)

Potton est une ville d’Angleterre, à onze milles de Bedford.

Preston, Canton (Ottawa)

Ville du Lancashire, Angleterre.

Price, Canton (Beauce)

L’honorable J. -H. Price, ministre des terres de la Couronne de 1S48 à 1851.

Priest-Creek (Ottawa)

La tradition rapporte qu’un missionnaire fut autrefois assassiné par les Sauvages des environs et que son corps fut jeté par eux dans le cours d’eau qui traverse Poltimore ; d’où le nom de Priest-Creek.

Princeville ( Artliabaska)

“ M. Pierre Prince a été un des premiers et des plus courageux colons de Stanfold ; pendant neuf ans, il a donné généreusement l’hospitalité à MM. Denis Marcoux, Clovis Gagnon, Charles-Edouard Bélanger et Edouard Dufour qui firent successivement la mission dans sa maison même, jusqu’à l’arrivée du premier curé résidant, M. Antoine Racine, plus tard évêque de Sherbrooke. Il a fait don à la paroisse d’un emplacement pour une école et d’un terrain de huit arpents et demie en superficie pour la construction de l’église. Pendant près de dix-huit ans, il a été ici le type du pârfait gentilhomme, du chrétien modèle, du défricheur vaillant, du marchand intègre. Compatissant pour les malheureux, M. Prince avait toujours la main largement ouverte aux besoins du pauvre, et jamais la mémoire de ce bon citoyen ne s’effacera du souvenir de ceux qui l’ont connu sur sa terre de Stanfold.

“ Il n’est donc pas étonnant que dans l’an 1856, lorsqu’il s’est agi de séparer le village de la municipalité de la paroisse, les citoyens de cette époque n’aient eu qu’une voix pour demander que le village de Stanfold formât une corporation sous le nom de “Village de Princeville. ” C’était là la reconnaissance solennelle et pleinement manifestée des mérites et des vertus de M. Pierre Prince, et toujours le nom de Princeville rappellera jusque dans les âges les plus reculés, la mémoire d’un citoyen irréprochable qui a passé dans le canton de Stanfold en faisant le bien.” (1)

Provost, Canton (Bei’tlxier)

C’est M. l’abbé Théophile-Stanislas Provost, qui s’est beaucoup occupé de colonisation, qu’on a voulu honorer en donnant le nom de Provost à ce canton.

Quaquakaniaksis, Lac (Lac Saint Jean)

Mot montagnais que l’on traduit par “ lac au mirage. ”

Québec

“ Il a été constaté que dans certaines parties de la France, comme la Normandie, laSaintonge, etc., des caps, des promontoires, des langues de terre formées par la réunion de deux rivières, portent des noms terminés en bec, comme, par exemple, Bolbec, Caudebec, Carbec, etc., etc.

“ Cette terminaison en bec, ou plutôt cette similitude de sons ( Bricquebec — Québec ) a pu faire croire que Québec aurait été nommé par quelque Français de Saintonge, de Normandie, etc., ou que Champlain

(1) L’abbi L.-F. Baillargeon, Monde Illustré, 29 août 1891,

lui-même aurait bien pu n’être pas étranger à ce baptême de notre vieille cité.

“ Malgré tout le plaisir que nous aurions à reconnaître dans le nom de Québec un mot français, nous pensons que ce mot est un mot sauvage habillé à la française.

“ Le premier que nous appellerons en témoignage sera Champlain lui-même.

“ Dans le récit de ses voyages, édition de 1613, (1) après avoir rappelé qu’il arriva à Québec le 3 juillet, Champlain ajoute : “ où étant je cherchai lieu propre pour notre habitation, mais je n’en pus trouver de plus commode, ni mieux situé que la pointe de Québecq, ainsi appelée des sauvages, laquelle était remplie de noyers.”

“ Par ces mots : “ ainsi appelée des sauvages,” le savant annotateur des Œuvres de Champlain comprend que le mot Québec est sauvage, et nous avouons ne pas comprendre autre chose.

“ Lescarbot s’exprime comme Champlain ; seulement, il écrit Kêbec. (2)

“ Lorsque, quelques années plus tard, en 1632, Champlain donne une nouvelle édition de ses Voyages , il ne change pas d’opinion et réaffirme que Québec “est ainsi appelé des sauvages.” (3)

“ Et pour corroborer ce témoignage, nous avons l’affirmation de plusieurs missionnaires, parmi ceux qui ont le mieux connu les langues sauvages. Québec, ou plutôt Kebbek, disent-ils, signifie détroit, rétrécissement, c’est bouché, c’est obstrué.

(1) Œuvres de Champlain , édition Laverdière, p. 296.

(2) Edition de 1617, p. 614.

(3) Œuvres de Champlain, Laverdière, p. 792.

“ Et, chose curieuse, cette signification est la même chez des nations de langues, de dialectes différents.

“ C’est ainsi que dans les divers dialectes algonquins, KépaJc ou Kebbelc signifie : rétrécissement d’une rivière.

“ Chez les Cris, dit M. Laflèche, “ Québec veut dire c’est bouché .”

“ M. J.-M. Bélanger, ancien missionnaire des Micmacs, prétend que, dans la langue de ces peuples, Kebbek a pour signification : rétrécissement formé par deux pointes de terres qui se croisent. (1)

“ Enfin, M. L.-S. Malo, qui desservit longtemps Ristigouche, traduit le mot Kebeb par : obstrué, bouché.

“ En voilà assez, croyons-nous, pour prouver qu’en langue sauvage, Kebbek a bien une signification qui convient à la situation de la ville et que son origine indigène a été reconnue dès les premiers temps de la colonie. A Québec, en effet, le fleuve se rétrécit, semble bouché.

“ Si l’on nous demande comment il se fait que l’orthographe de ce mot soit toute française, même à une date éloignée, comme on le constate dans les Œuvres de Champlain, nous répondrons qu’on écrivait les mots sauvages au son et que l’orthographe était celle que chacun leur donnait.

“ Que Champlain, qui venait de la Saintonge, ait trouvé dans ce son une ressemblance avec certains mots de son pays et qu’il ait orthographié Kebeb : Québec, la chose ne nous surprend pas.

“ Il ne faudrait pas croire cependant que tout le monde ait suivi son exemple ; l’on trouve encore

(1) Ferland, t. I, p. 90, note 3.

pendant longtemps le mot Kébec, orthographié, je dirais presque, à la sauvage.

“ On voit en effet Kébec, dans Sagard, Voyage au pays des Hurons, édition de 1632, et Histoire du Canada (1636) ; Kébec encore, dans les Relations des Jésuites par les PP. Ch. Lalemant, Lejeune, Vimont, J. Lalemant ; Kébec toujours, dans un extrait des délibérations de la Compagnie de la Nouvelle-France, en 1638, aussi bien que dans le rapport que fit le père Druillettes de son voyage aux Abénaquis, en 1651 ; enfin Kabec, dans une pièce du 19 octobre 1646 et signée Jean Godefroy. (1)

“ D’un autre côté, à partir de 1635, on rencontre assez souvent le nom de Québec avec la forme française : Lespinasse et Piraube, tous deux commis au greffe, écrivaient Québecq ; Tronquet, Bancherons, Québeq ; Audouart met indifférement Québec, Québeq et Québecq. Quant à Adrien Duchène, il orthographiait, comme aujourd’hui, Québec.

“ Qu’on veuille bien remarquer que nous n’entendons pas dire que ces écrivains, greffiers, notaires ou autres, aient toujours écrit ce mot de la même manière ; on trouverait probablement, chez tous, des variantes ; et ces exemples tendent justement à prouver qu’à cette époque l’orthographe du mot Québec n’était pas fixée. Elle le fut en effet beaucoup plus tard.

“ Nous croyons que si ce mot eût été tout simplement français, on lui eût vite donné une orthographe définitive.” (2)

(1) Archives du Séminaire de Québec.

(2) L’abbé Amédée Gosselin, Bulletin du parler français, vol.

II, p. 170.

Quinnville, Saint-Colomban de (Ottawa)

James Quinn fut un des premiers colons de la localité.

Quinnville était à l’origine exclusivement peuplée d’Irlandais et c’est à leur demande qu’on lui a donné saint Colomban pour titulaire.

Racine, Canton (Lac Saint- Jean)

Mgr Dominique Racine, premier évêque du diocèse de Chicoutimi.

Radnor, Canton (Champlain)

Le canton Radnor a emprunté son nom aux forges Radnor, célèbres autrefois dans toute la région de Trois-Rivières.

Rameau, Canton (Gaspé)

Personne, en France, n’a été plus sympathique aux Canadiens et aux Acadiens que M. Rameau de Saint- Père. Les Canadiens de passage en France recevaient toujours du célèbre écrivain un accueil vraiment fraternel.

Rapide de l’Orignal (Ottawa)

Un orignal, rapportent les vieillards indiens, vivement poursuivi par des chasseurs, se jeta à la nage et sauta sain et sauf le rapide en question.

Raudot, Canton (Ténuscouata)

Les intendants Raudot, père et fils, rendirent de grands services à la Nouvelle-France.

Rawdou (Montcalm)

Rawdon, d’après les uns, aurait pris son nom du village de Rawdon, en Angleterre, et, d’après les

autres, de lord Rawdon qui aurait été généreux pour les premiers habitants de ce canton.

Keedstlale (Mégantic)

Le docteur James Reed est propriétaire de mines en cet endroit.

Repentiguy (L’Assomption)

Pierre LeGardeur de Repentiguy obtint la concession de Repentigny en 1647.

Rhodes, Canton (Québec)

L’honorable William Rhodes, ministre de l’agriculture de la province de Québec de 1S88 à 1890.

Kiceburg (Missisquoi)

H.-W. Rice établit en cet endroit une fonderie qui employa plusieurs personnes.

Richelieu

La rivière Richelieu, qui prend sa source au lac Champlain et se jette dans le Saint-Laurent, à Sorel, fut d’abord appelée rivière des Iroquois, puis Sorel.

En 1642, Montmagny avait bâti un fort à l’embouchure de cette rivière et l’avait nommé Richelieu, en l’honneur4du grand ministre. C’est ce fort qui donna son nom à la rivière Richelieu.

Richmond

En l’honneur du duc de Richmond, gouverneur du Canada. C’est en février 1819 que les habitants de Shipton obtinrent du duc de Richmond la permission de donner son nom à leur village.

Rideau (Ottawa)

Rideau, ainsi nommée parce que ses eaux tombant

perpendiculairement dans l’Ottawa et formant une cataracte de quarante-huit pieds de haut, ressemblent à un rideau.

Ritlge-Point (Labrador)

Le mot anglais ridge (récif, banc de rochers) indique assez que le promontoire qu’il y a là est formé d’un amas de roches entassés les unes sur les autres.

Ri gau d, Sainte-Madeleine de (Vaudreuil)

La seigneurie de Rigaud fut concédée le 29 octobre 1732 par le gouverneur de Beauharnois et l’intendant Hocquart aux sieurs Cavagnal de Vaudreuil et Rigaud de Vaudreuil.

En 1763, la seigneurie de Rigaud fut vendue à Michel Chartier de Lotbinière. Lorsque Rigaud fut érigée en paroisse on la plaça sous la protection de sainte Marie - Madeleine par considération pour l’épouse de M. de Lotbinière, née Louise-Madeleine de Léry.

Rimouski

Rimouski est un mot micmac qui, d’après les uns, veut dire rivière du chien, et, d’après l’interprétation des autres, terre à V orignal ou maison du chien.

L’une ou l’autre interprétation peut avoir son sens. En effet, les Sauvages ont l’habitude de nommer les endroits de leurs passages et de leurs séjours d’après les incommodités qu’ils rencontrent par accident ou des difficultés qu’ils éprouvent sur leurs routes ; ou encore de la beauté et de la commodité des lieux qu’ils parcourent, soit que ces sites leur paraissent plus agréables à la vue, soit qu’ils puissent se procurer avec plus d’abondance le gibier ou le

poisson. Quiconque est demeuré à Rimouski connaît que cette partie du fleuve entre la terre ferme et l'île Saint-Barnabe n’est pas navigable à marée basse, même pour les esquifs les plus légers. Les Sauvages devaient éprouver alors un certain mécontentement de ce retard, car force leur était d’attendre la marée montante pour atteindre la côte sud et l’embouchure de la rivière sur les bords de laquelle ils habitaient pendant l’été. On comprend alors leur mauvaise humeur de ce repos forcé durant quelques heures, et de là rivière de chien.

On sait qu’ autrefois, dans les premiers temps du pays, la chasse était très abondante dans nos forêts. A Rimouski surtout et dans ses environs l’orignal se trouvait en grande abondance, aussi le chasseur après quelques heures de courses à travers les bois, revenait à son logis toujours chargé des dépouilles de cet agile animal, et de là terre à V orignal.

Mgr Laflèche donne une autre interprétation au mot Rimouski. Rimouski, dit-il, signifie, demeure du chien. Du sauteux animousk, chien, et Ici ou gi, demeure. En changeant n en r on aura Arimouski, maison du chien. Les Sauvages, sans doute, découvrirent dans leurs courses à travers les bois plusieurs tanières habitées par des animaux sauvages ressemblant beaucoup à nos chiens d’aujourd’hui. C’est possible que ce nom demeure du chien vienne de ce que les indigènes aperçurent quelques-unes de ces tanières et donnèrent au lieu le nom de Rimouski, demeure du chien. (1)

Ripon, Saint-Casimir de (Ottawa)

Ripon est une ville du comté de York, Angleterre.

(1) L’abbe Charles Guay, Chronique de Bimouski, vol. I, p. 18.

En 1864, Mgr Guigues visita Ripon et lui donna pour patron, saint Casimir, du nom du curé de Saint- André Avellin, M. Casimir Guillaume.

Kistigouclie, Saiute-Anne de (Bonaventure)

Un vieux Sauvage consulté par un missionnaire donnait au nom de la rivière Ristigouche l’origine suivante : La tribu des Micmacs avait coutume de se rencontrer avec une autre tribu amie, sur une île à quelque distance de Ristigouche. Lors de l’une de ces visites, des enfants micmacs s’amusant avec des petits compagnons de l’autre tribu, virent un écureuil blanc. Chaque parti se met à réclamer la possession de l’animal : une dispute, s’engage, un combat s’ensuit, un enfant est tué. Les deux tribus tiennent conseil sur ce malheureux événement. On décide que pour conserver la paix un combat sera livré seulement entre trois jeunes gens de chaque parti, et que les vaincus seront considérés comme appartenant au parti coupable du meurtre. Le combat se livre, mais, contre l’attente des conseils, la mêlée devient générale. Il en résulte une guerre de quarante ans, sur les bords de la rivière qui a été nommée pour cette raison, rivière de la Longue Guerre (Ristigouche). (1)

On donne une autre origine au nom de la rivière Ristigouche. Ce mot signifierait “ rivière divisée comme une main ”. Le fait que la rivière Ristigouche a cinq tributaires qui, sur un théâtre plus grand il est vrai, paraissent exactement comme l’empreinte que feraient les cinq doigts d’une main dessinés sur un papier, donne beaucoup de vraisemblance à cette opinion. (2)

(1) Lettre de M. Octave Drapeau, missionnaire, 30 mai 1881.

(2) James-M. LeMoyne, ühronicles oj the Saint- Lawrence, p. 152.

D’après le Père Lacombe, le mot Ristigouche viendrait du cris Mistikus, et signifierait petit bois, petit arbre.

La mission de Ristigouche fut placée sous le patronage de sainte Anne, parce que les premiers missionnaires étaient de l’ouest et cherchaient, pour assurer le succès de leur ministère, à mettre dans le cœur de leurs néophytes, l’amour de la bonne sainte Anne. Encore aujourd’hui, sainte Anne est invoquée comme reine de tous les Micmacs.

Rivière à l’JEclialotte (Gaspé)

La rivière à l’Eclialotte a été ainsi nommée à cause d’une espèce d’oignons sauvages qu’on y trouvait autrefois.

Rivière à Mars (Chicoutimi)

Lors de la fondation de Saint- Alphonse de Bagotville, en 1S38, un nommé Mars Simard, de la Baie Saint-Paul, vint s’établir sur une pointe qui s’avançait quelque peu dans la baie des Ha ! Ha ! et qui longeait la belle et grande rivière connue aujourd’hui sous le nom de rivière à Mars. Comme il fut quelque temps presque seul à cet endroit, on disait aller chez Mars pour aller à la pointe occupée par lui, et la rivière voisine dût aussi, bon gré mal gré, s’appeler rivière à Mars. (1)

Rivière à Pénin ( Lé vis

Bouchette écrit Appenin. Cela rappelle, moins l’orthographe, le nom d’une des plus célébrés montagnes de l’Europe. Mais c’est bien à Pénin qu’il

(1) L’ Oiseau-Mouche, 8 avril 1893.

faut dire. Pénin est, en effet, le nom d’un honnête paysan qui vivait en cet endroit au siècle dernier. (1)

Rivière-à-Pierre (Portneuf)

“ La Rivière à Pierre, dit Arthur Buies, n’existait absolument que de nom en 1887. C’était une rivière baptisée par un Pierre quelconque et coulant dans la forêt, voilà tout.” (2)

Rivière au Diable (Terrebonne)

“ J’ai examiné l’apparence de la rivière au Diable, écrivait en 1895 M. Testard de Montigny, pour m’assurer si elle ne ressemble pas à l’ancien Diable avec des griffes et la queue en tire-bouclio n. J e n’ai rien trouvé qui ressemblât à Belzébuth, si ce n’est sa forme tortueuse qui lui donne des faux airs de serpent. Mais ce n’est pas de ses sinuosités que cette rivière tire son nom. Ce sont les voyageurs qui, la trouvant difficile pour la descente du bois, l’ont apostrophée du nom de Diable et cette épithète lui est restée.” (3)

Rivière-au-Renard, Saint-Martin de la (Gaspé)

Il y a longtemps que cet endroit est nommé ainsi. Sur une carte géographique de la Nouvelle-France faite en 1744 on voit les noms de Grande rivière au Renard et de Petite Rivière au Renard. On dit que les environs de ces rivières étaient très fréquentés par les renards autrefois ; c’est probablement ce qui leur valut leur nom.

La Rivière-au-Renard a été mise sous le vocable de saint Martin en considération de Martin Samuël,

(1) J. -Edmond Roy, Histoire de In seigneurie de Lauzon, vol. I, p. XVIII.

(2) Le Saguenay et le bassin du lac Saint- Jean, p. 328.

(3) La colonisation, p. 179.

un des premiers habitants de l’endroit. Martin Samuel eut souvent l’occasion de loger le missionnaire, de l’accompagner tant sur terre que sur mer, de prêter sa maison pour faire les exercices de la mission ; c’est sans doute à titre de bienfaiteur insigne que son. patron fut choisi comme titulaire de la paroisse.

Rivière-au-Tonnerre ( Labrador)

A trois milles de son embouchure, cette rivière descend une cascade haute, paraît-il, de 400 pieds.

Les eaux en tombant de cette hauteur font un bruit qui ressemble beaucoup aux détonations produites par le tonnerre.

Kivière-aux Rats, St Jean B. de la (St Maurice)

Le nom de Rivière-aux-Rats vient nécessairement des rats d'eau que l’on y trouve, et non des rats de 4 grange qui n’ont pas encore paru dans cet endroit éloigné.

Mgr Laflèche, évêque de Trois-Rivières, donna à la Rivière-aux-Rats saint .Jean-Baptiste pour patron pour trois raisons : 1IJ parce que saint Jean-Baptiste est le patron des Canadiens-Français ; 2° parce qu’aucune paroisse de son diocèse n’était encore sous son vocable ; 3° parce que le plus ancien habitant de l’endroit se nommait Jean-Baptiste Hennesse.

Rivière Beaudette, Ste-CIaire de la (Soulanges)

Il y avait sur une pointe, à l’embouchure de la rivière, un petit poste ou chantier dans lequel on avait mis un lit communément appelé beaudet. Un jour on enleva la bâtisse en laissant sur le sol le lit qui était facilement remarqué par les , voyageurs. D’où l’on commença à appeler cette pointe Beaudet,

nom qui, dans la suite, fut donné à la rivière, puis à la paroisse.

Sainte Claire d’ Assise a été donnée comme titulaire à la Rivière-Beaudet en l’honneur des sœurs Clarisses récemment arrivées au pays et établies à Notre-Dame de Bellerive, diocèse de Valley field.

KiAûère-Blanclie (Iiimouski)

La rivière Blanche a été nommée ainsi parce que ses eaux brisées par une chute d’une quinzaine de pieds et par une série de rapides qui avoisinent son embouchure sont constamment couvertes d’écume.

Rivière-Croche, Saint-François de la (St-Maurice)

La rivière Croche doit son nom au cours sinueux qu’elle suit. Elle va tantôt du nord au sud, tantôt du sud au nord, tantôt de l’est à l’ouest ; pour faire un arpent, il faut décrire autour d’une pointe une parabole qui en a cinq.

Lorsque Mgr Laflèche, évêque de Trois-Rivières, visita cet endroit en 1SS7, M. Richard Brûlé, un de ses habitants, lui demanda qu’il fut mis sous la protection de saint François cl’ Assise, patron de l’évêque. Mgr Laflèche ne put se refuser à cette demande.

Rivière des-Prairies (Hoclielaga)

Nous lisons dans la Relation de 1640 :

“ Quand on arrive au premier saut qui se rencontre dans le grand fleuve Saint-Laurent, que nous appelons le saut Saint-Louis, on trouve un autre fleuve nommé la rivière des Prairies. Ce fleuve se nomme ainsi parcequ’un certain Français nommé des Prairies, ayant charge de conduire une barque au saut Saint-Louis, quand il vint à cet affour ou rencontre de ces deux fleuves, au lieu de tirer du

côté sud, où est le saut Saint-Louis, il tira au Nord vers cet autre fleuve qui n’avait pas encore de nom français, et qui depuis ce temps là fut appelé la Rivière des Prairies.”

Ce qui nous confirme dans cette opinion c’est que Champlain nous apprend que Des Prairies, qu’il qualifie un homme plein de courage, remonta le fleuve Saint-Laurent en 1610 pour la traite des pelleteries.. (1)

Aussi, nous croyons que Charlevoix fait erreur lorsqu’il écrit :

“ Le canal qui sépare l’île de Montréal de l’île Jésus porte le nom de Rivière des Prairies, parce qu’elle coule au milieu de fort belles prairies.” (2)

Plus tard les Français l’appelèrent rivière des Outaouais parce qu’elle était la route de ces sauvages. Le nom de rivière des Prairies fut conservé au chenal qui sépare l’île Jésus de l’île de Montréal.

C’est de ce chenal que la paroisse de Saint- Joseph de la Rivière-des-Prairies a pris son nom.

Rivière des Quinze (Ottawa)

On a donné à l’Ottawa le nom de Rivière des Quinze, à cause des quinze principaux rapides qui obstruent son cours.

Rivière du Cap de la Madeleine (Gaspé)

“ En 1836, M. Ferland, alors curé de Saint- Isidore, était invité par Mgr Turgeon à l’accompagner durant le cours de la visite épiscopale qu’il allait faire dans le district de Gaspé. Le 22 juin 1836, la Sara qui portait l’évêque et sa suite, était par le travers de la rivière de la Madeleine. “ Quel est le

(1) Champlain, 1632, pp. 156 et 159.

(2) Histoire de la Nouvelle- France, vol. III, p. 140.

matelot canadien, écrivait ce jour là l’abbé Ferland, qui a fréquenté ces parages, sans avoir entendu, pendant la nuit, les accents plaintifs, les cris lugubres du braillard de la Madeleine ? Quel marin de la côte consentirait à passer quelques jours, seul dans ce lieu, où un esprit tourmenté cherche à faire comprendre sa peine ? Est-ce l’âme d’un naufragé, qui demande la sépulture chrétienne pour son corps et les prières de l’église pour elle-même? Est-ce la voix du meurtrier, condamné à expier son crime au lieu même où il l’a commis ? Les écumeurs de mer qui ont rôdé sur ces côtes ne se sont pas toujours bornés à dépouiller les naufragés ; ils ont essayé quelquefois de s’assurer l’impunité par l’homicide, convaincus que la tombe est muette et ne révèle point de secrets. Serait-ce la célèbre terre des démons, dont parle le cosmographe Thevet, terre où il prétend que Roberval abandonna sa nièce, la demoiselle Marguerite, avec son amant et une vieille duègne normande ? Le vieux conteur place cette terre sur quelque point des côtes du golfe Saint-Laurent, et rapporte qu’après la mort de ses deux compagnons, la demoiselle eut longtemps à lutter contre les démons, qui, sous la forme d’ours blancs, cherchaient â l’effrayer par leurs griffes.” (1)

“ On donne aussi l’origine suivante au braillard de la Madeleine : Un affreux naufrage eut lieu en cet endroit. Un père et une mère avec bien d’autres hélas ! périrent. Leur enfant, par la protection miraculeuse de son ange gardien, fut sauvé. La tradition ne dit pas quelle forme prit l’ange pour accomplir ce sauvetage. Toujours est-il que l’enfant fut déposé sain- et sauf sur la berge. L’absence de ses

(1) La Gaupésie, p. 150.

parents lui fit pousser des cris déchirants qui réunis au bruit de la tempête firent donner à la rivière le nom de braillard de la Madeleine par quelques pêcheurs qui se trouvaient dans les environs. (1)

“ L’abbé Casgrain raconte une histoire au sujet du Braillard des îles de la Madeleine dans laquelle un mauvais prêtre devint, quoique avec déplaisir, un squelette pour avoir refusé de baptiser un enfant qui mourut sans baptême et qu’on entendit toujours pleurer ensuite.

“ Il faut croire que lors de son voyage dans ces parages en 1836, le savant abbé Ferland ignorait comment M. Painchaud, le fondateur du collège de Sainte-Anne, avait mis fin à la légende. On sait que M. Painchaud fut missionnaire dans la Baie des Chaleurs. Il connaissait la légende, mais il n’y ajoutait pas trop foi. Un jour qu’il se trouvait retenu à cet endroit par une tempête, il fut à même d’entendre les plaintes et les cris du braillard. Voyant l’effarement des gens, il eut comme une inspiration subite que ces lamentations devaient provenir de quelque cause physique ordinaire. Comme il était brave, il dit à ceux qui l’entouraient : “ Laissez-moi aller seul dans la direction du brai l lard, et je vous promets que je vais l’apaiser.” Il mit une hache a la ceinture de sa soutane, et s’enfonça dans la forêt. Plus il s’avançait, plus les gémissements étaient distincts. Enfin il arriva à l’endroit même d’où partaient les clameurs insolites et terrifiantes. M. Painchaud ne se laissa pas dominer par la peur, Comme tant d’autres, moins audacieux, auraient fait à sa place. Le phénomène lui apparut bientôt dans son étrange simplicité. Deux arbres inclines 1 un sur 1 autre,

(1) James-M. LeMoine, Clironide* of the Suint-Lawrence, p. 128.

en forme d’X, ne semblaient former à leur point d’entrecroisement qu’un seul tronc, tant ils étaient rapprochés. Lorsque le vent les secouait un peu fortement, ils frottaient l’un contre 4’autre ; d’où ces bruits, tantôt criards, tantôt plaintifs, suivant la violence de la tempête et la direction du vent.

“ M. Painc.haud s’en revint tout glorieux de son exploit, qui lui avait coûté plusieurs heures de marche, et quand les gens l’aperçurent haletant, baigné de sueurs, ils crurent d’abord qu’il n’avait rien vu. Mais, jugez de leur étonnement et surtout de leur joie, lorsque M. Painchaud leur eut dit : “ Mes amis, vous n’entendrez plus jamais le braillard, je viens de lui faire bonne justice !” Et il leur montra sa hache d’une façon très significative. De fait, il avait eu le soin d’abattre l’un des deux arbres qui, depuis des années, avaient été la terreur des marins et des habitants de la Gaspésie.” (1)

Rivière du Gouffre (Charlevoix)

La rivière du Gouffre, qui se jette dans le Saint- Laurent à la baie Sint-Paul, fut nommée ainsi par Champlain, en 1608 : “ Il y a une petite rivière qui entre assez avant dedans les terres, et l’avons nommée la rivière du gouffre, d’autant que le travers d’icelle la marée y court merveilleusement, et bien qu’il face calme, elle est toujours fort esmené, y ayant grande profondeur : mais ce qui est de la rivière est plat et y a force rochers en son entrée et autour d’icelle ”.

Rivière du Gros Maie (Gaspé)

Cette rivière est nommée Rivière au Grand Masle sur la carte de Charlevoix (1744).

(1) N. E. Dionne, Vie de C, F. Painchaud, p. 65.

ltl vifcre-du- Lou p-en-lia ut ( M askinougé)

Champlain remontant, en 1609, le lac Saint-Pierre fait mention d’une rivière qu’il nomme Sainte- Suzanne et qui est certainement la rivière du Loup : “ Continuant nostre routte jusques à l’entrée du lac Sainct-Pierre, écrit-il, qui est un pays fort plaisant et uny et traversant le lac à 2, 3 et 4 brasses d’eau, lequel peut contenir de long 8 lieues, et le large 4. Du costé du nord nous veismes une rivière qui est fort agréable, qui va dans les terres 50 lieues ; et l’ay nommée Sainete Suzanne.”

Les Abénaquis, qui s’établirent à Saint-François dès le dix-septième siècle, appelaient la rivière du Loup Ambomasie, rivière croche, sans doute à cause des sinuosités de son cours.

On ne sait pas, d’une manière positive, pourquoi le nom de rivière du Loup, a supplanté celui de Sainte-Suzanne, donné par Champlain. La tradition, veut, cependant, que des loups marins aient été tués à son embouchure. Si tel était le cas, la substitution s’expliquerait facilement.

Rivière-du-Loup en bas (Témiscouata)

C’est sur les bords de cette rivière, d’après la tradition, que Champlain rencontra pour la première fois les sauvages de la nation des Loups (Mahingans). Dans ses Voyages , le fondateur de Québec mentionne, à différentes reprises, les Loups ou Mahingans, mais nulle part il dit où il les rencontra.

Rivière-Ouelle (Kaniouraska)

“ On a prétendu que le mot Ouelle est d’extraction sauvage, et qu’il signifie une anguille, à laquelle la rivière Ouelle ressemble par les nombreux détours

qu’elle fait dans la plaine, avant de se jeter dans le Saint-Laurent. A partir de son embouchure, en effet, jusqu’au pont du chemin de fer Intercolonial, on compte une lieue en ligne droite, tandis qu’on en compte trois en suivant ses contours.

“ Nous croyons plutôt que la rivière Ouelle fut nommée ainsi en souvenir d’un compatriote de Champlain, M. Ouel, contrôleur général des salines de Brouage, membre de la Compagnie des Cent- Associés, et l’un des bienfaiteurs insignes des missionnaires récollets dont il était syndic au Canada.

“ Champlain nous apprend que ce fut M.«Ouel qui le décida à choisir pour missionnaires les Pères Récollets. “ C’était, dit-il, un homme d’honneur duquel j’avais la fréquentation ordinaire. . . . homme adonné à la piété, et doué d’un grand zèle et affection à l’honneur de Dieu et à l’augmentation de sa religion. Ce témoignage en dit assez pour faire voir que le nom de la rivière Ouelle rappelle un homme de bien dont le souvenir mérite d’être conservé.

“ On écrivait autrefois indifféremment Ouel ou bien Houel ; ce n’est que plus tard qu’on a adopté l’orthographe Ouelle.” (1)

Bixborongli, Saint-Imdger de (Beauce)

Rixborough est un village du comté de Bucks, en Angleterre.

Saint Ludger a été donné pour patron à ce canton en souvenir de l’abbé Ludger Têtu, compagnon d’études et ami de son premier missionnaire, M. Samuel Garon. M. Ludger Têtu, qui était le frère de Mgr Henri Têtu, se noya le 20 juillet 1876.

(1) L’abbé H.-R. Casgrain, Une paroisse canadienne au X Vile siècle, p. 15.

Robertson, Canton (Ottawa)

L’honorable Joseph -Gibb Robertson, député de Sherbrooke et trésorier de la province de Québec.

Roberval, Notre-Dame (le (Lac Saint-Jean)

Le canton Roberval fut nommé ainsi en l’honneur de Jean-F rançois de la Roque, sieur de Roberval.

L’endroit où s’élève Notre-Dame du Lac Saint- Jean plus connue aujourd’hui sous le nom de Roberval, portait autrefois le nom de Pointe-Bleue.

Les origines de la paroisse remontent à l’époque de la proclamation du dogme de l’immaculée Conception de la bienheureuse vierge Marie, en 1854 ; et c’est alors qu’on a commencé à l’appeler la mission de l’ Immaculée Conception du Lac Saint- Jean.

On changea ce nom plus tard en celui de Notre- Dame.

Robidoux, Cautou (lionaveuture)

L’honorable Joseph-Emery Robidoux, aujourd’hui juge de la Cour Supérieure.

Robinson (Compton)

Robinson tire son nom de l’un des premiers présidents de la British American Land Company, propriétaire de presque tous les terrains de çe village.

Robitaille, Canton (Témiscouata)

L’honorable Théodore Robitaille, lieutenant-gouverneur de la province de Québec.

Rocher au Pin (Sherbrooke)

Le Rocher au Pin est un îlot escarpé qui émerge des flots du Saint-François, un peu au-dessous de l’embouchure du Magog et dans les limites même de la cité de Sherbrooke.

Il y a longtemps que ce rocher attire l’attention des amateurs de curiosités naturelles. Bouchette en parle dans sa Description topographique cle la province du Bas-Canada, publiée en 1815. Après avoir décrit le site de la future capitale des Bois-Francs, que les explorateurs français avaient désigné sous le nom de Grand Portage, il ajoute :

“Un peu au-dessous, dans la rivière, est un rocher élevé et très singulier, sur le sommet duquel est un pin solitaire, d’une forte dimension, qui offre à la fois un spectacle extrôrdinaire et unique.”

Or, si on consulte la tradition et les meilleurs témoignages connus, on arrive à la conclusion que ce pin compte une existence plus que séculaire.

lïocher-aux Oiseaux (Iles de la Madeleine) ,

Le Rocher aux Oiseaux qui forme partie de l’archipel de la Madeleine fut découvert par Jacques Cartier le 25 juin 1534. “ Le lendemain qui estoit

le XXV, déclare-t-il, le temps fut encore fâscheux, obscur, et venteux, et navigasmes une partie du jour vers Ouest, et Norouest, et le soir nous prismes le trevers jusques au second quart que nous partismes de là, et pour lors nous cogneusmes par le moyen de nostre quadran que nous estions' vers Norouest, et un quart (l’Ouest, esloignez de sept lieuës et demie du Cap S. Jean, et comme nous voulûmes faire velle, le vent commença à souffler de Norouest, et pour ce tirasmes vers Suest quinze lieuës, et approchasmes de trois Isles, desquelles y en avoit deux petites droites comme vn mur, en sorte qu’il estoit impossible d y monter dessus, et entre icelles y a un petit escueil. Ces Isles estoyent plus remplies d’oiseaux que ne seroit un pré d’herbe, lesquels faisoyent là

leurs nids, et en la plus grande de ces Isles y en avoit un monde de ceux que nous appellions Margaux qui sont blancs et plus grands qu’oysons, et estoyent séparez en vn canton, et en l’autre part y avait des Godets, mais sur le rivage y avoit de ces Godets et grands Apponats semblables à ceux de ceste Isle dont nous avons fait mention. Nous descendismes au plus bas de la plus petite et tuasmes plus de mille Godets et Apponats, et en mismes tant que voullusmes en nos barques et en eussions peu en moins d’une heure remplir trente semblables barques. Ces Iles furent appelées du nom de Margaux.” (1)

Roclion, Canton (Ottawa)

L’honorable M. Alfred Rochon, juge de la Cour Supérieure pour le district d’Ottawa, ancien député d’Ottawa à la législature de Québec.

Rochville (Saint 1 1 yacintlie)

Le village de Roch ville se trouve dans l’ancienne seigneurie de Roch de Saint-Ours.

Rock-Forest (Sherbrooke)

Le premier nom de cette localité fut Drop-off, à raison d’une descente d’eau sur la rivière Magog qui formait une espèce de chute. En 1870, on lui substitua celui de Rock-Forest. Ce nom lui a été donné parce que (jes bords de la rivière Magog on voyait de hauts rochers entièrement couverts d’arbres formant une forêt sur le roc, Rock Forest.

Rocmont, Canton (Québec)

Rocmont, mont à pierre.

(1) Discours du voyage.

En 1628, le convoi destiné à la colonie naissante de Québec était sous la conduite de M. de Roquemont. Celui-ci, au lieu de se réfugier dans un des nombreux havres du golfe Saint-Laurent, où il pouvait attendre en sûreté que la flotte des Kerth, fut partie, remonta le fleuve, et engagea un combat inégal où il perdit toute la ressource d’une colonie déjà prête à succomber.

Kolctte, Canton (Montmagny)

Frédéric Rolette se distingua en maintes circonstances lors de l’invasion américaine de 1812. C’est lui qui pendant cette campagne mémorable eut l’honneur de faire la première prise sur les Américains. Avec cinq Canadiens, dans une petite chaloupe, il s’empara de la Cayuga PacJcet, goélette armée de deux canons et montée par une quarantaine d’hommes.

lîomaiue (Labrador)

Lors du premier voyage de Jacques Cartier, en 1534, il y avait à Saint-Malo et aux environs beaucoup de négociants engagés dans le commerce américain du poisson et des pelletries. t Les deux postes principaux où se faisait ce trafic étaient Tadoussac, à l’entrée du Saguenay, et le port de Brest, non loin de Blanc-Sablon, aujourd’hui le Vieux-Fort. Cartier visita ce dernier poste de traite, nomma fleuve Saint- Jacques une jolie rivière du voisinage (aujourd’hui rivière Saint-Paul), puis il remonta jusqu’à Chécatica, qu’il nomma port de Jacques Cartier.

“ Là, dit le capitaine malouin, on y void des hommes de belle taille et grandeur, mais indomptez et sauvages : Ils portent les cheveux liez au sommet de la teste, et estreins comme une poignée de foin, y

mettans au travers un petit bois ou autre chose au lieu de clou : et y tient ensemble quelques plumes d’oiseaux. Ils vont vestus de peaux d’animaux, aussi bien les hommes que les femmes, lesquelles sont toutefois plus recluses et renfermées en leurs habits, et ceintes par le milieu du corps, ce que ne sont pas les hommes : ils se peignent avec certaines couleurs rouges.

Les Esquimaux sont bien dégénérés. Pour toute peinture ils ont maintenant le brun de la fumée du camp. Toutefois, il y a encore assez de vermillon, en quelques endroits, pour que la localité en prenne le nom. Ainsi, il y a sur la côte du Labrador Olomanosheebo (la rivière à la peinture). Mais nos savants modernes ont fardé le mot, et cartes et rapports disent : la Grande-Romaine, la Petite-Romaine. Le mot sauvage Oloman s’est corrompu en Romaine.

Vraiment, on ne s’attendait guère à voir les dames romaines en cette affaire de vermillon ou ocre rouge, à propos et au niveau des dames esquimales. (1)

lîoquetaillade (Nicolet)

Pierre Godefroy, sieur de Roquetaillade, reçut cette seigneurie en concession en avril 1675 du gouverneur de Frontenac.

Kosaire, Notre Dame du (Montraagny)

Notre-Dame du Rosaire date de 1884. Comme cette même année 1884, Léon XIII réveillait dans le monde entier l’excellente dévotion du Rosaire, le cardinal Taschereau crut devoir placer la nouvelle mission sous le patronage de Notre-Dame du Rosaire.

(1) Annale-s de la propagation de la foi, juin 1887.

Ross, Canton (Lac Saint Jean)

L’honorable John-Jones Ross, premier ministre de la province de Québec.

Rougemont, Saint-Micliel de (Rouville)

On voit dans la Relation, de 1666, que M. de Rougemont, capitaine au régiment de Carignan, était dans l’hiver de cette même année 1666 commandant au fort Sainte-Thérèse. Ce M. de Rougemont repassa en France l’année suivante. Du moins, il n’est plus mentionné à partir de la fin de 1667.

Rougemont n’aurait-il pas plutôt emprunte son nom au baron de Rottenburg ? Le mot allemand Rottenburg ou Rottemburg se traduit par Rougemont.

Rouillard, Canton (Témiscouata

Le Père Récollet Amable-Ambroise Rouillard desservit les missions de Rimouski et de Trois-Pistoles de 1724 à 1736, puis de 1745 à 1768. Il se noya, en juillet 1763, près du Cap à l’Orignal, en se rendant à Rimouski pour y donner la mission.

Route Justiuienne (Beauce)

Le Père Justinien (Louis- Alexandre Constantin) demeura sept ans à la Beauce. Il mourut à Saint- Joseph de la Beauce et il y fut inhumé par le Père Didace. Il était agent du seigneur de Vaudreuil à Saint- François et c’est lui qui a donné son nom à la Route justinienne qui va de la rivière Chaudière à la rivière Etchemin, depuis Sainte-Marie jusqu’à Saint- Henri de Lauzon.

Rouville, Saint- Jean-Baptiste de

C’est le 18 janvier 1694 que le gouverneur de

Frontenac et l’intendant Bochart de Champigny concédèrent à Jean-Baptiste Hertel, sieur de Rouville, officier dans le détachement des troupes de la marine, deux lieues de terre de front, avec une lieue et demie de profondeur, sur la rivière Richelieu, joignant d’un côté la terre de la seigneurie de Chambly et de l’autre les terres non concédées.

Ce ne fut cependant que près d’un siècle plus tard que la seigneurie de Rouville fut assez peuplée pour être desservie. En 1793, Rouville fut formée en paroisse distincte sous le nom de Saint- Jean-Baptiste des Hurons. Saint Jean-Baptiste fut choisi comme titulaire de la nouvelle paroisse en l’honneur de son premier seigneur Jean-Baptiste Hertel, sieur de Rouville.

Roxan, Canton (Montcalm)

Le major-général Roxan commanda les forces militaires do la province de Québec.

Koxton Falls (Sliefford)

Roxton est un village du comté de Bedford, en Angleterre, tout près de la rivière Ouse.

Roxton Pond (Sliefford)

Roxton Pond tire son nom du canton Roxton et d’un petit lac ou étang (pond) dans ses limites.

Royer, Canton (Sagnenay)

Le Père Marie- Joseph Royer, Oblat de Marie-Immaculée.

Ruisseau à Morin (Gaspé)

A pris son nom d’une famille Morin établie sur ses bords.

Ruisseau à Rebours (Gaspé)

Les prêtres qui ont desservi les environs de cette rivière que la carte de M. Taché désigne modestement sous le nom de ruisseau écrivent rivière Arbourg ou Arbour. Il y a à Percé un grand nombre de familles qui portent ce nom, mais il n’y en a aucune dans les environs de la rivière. Ce ruisseau fait probablement quelque coude en revenant vers sa source, coulant à rebours. De là l’origine du nom.

Ruisseau Caille (Chicoutimi)

En souvenir de François Guay, surnommé on ne sait pourquoi Caille , qui avait formé le projet de bâtir un moulin sur ce ruisseau.

Ruisseau du Manche d’Rpée (Gaspé)

Ce ruisseau fut nommé ainsi parce qu’on trouva sur le rivage un pommeau d’épée.

Russelltown, St-Clirysostome de (Cliâteauguay)

C’est en 1800 que William AValler arpenta et divisa en lots la paroisse actuelle de Saint-Jean Chrysostome de Russelltown. Il lui donna le nom de Russelltown en l’honneur d’un des enfants de M. Ellice, propriétaire de la seigneurie de Châteauguay.

En 1843, Russelltown fut érigé en paroisse sous le vocable de Saint Jean Chrysostome. L’évêque du diocèse, voyant l’extrémité sud-ouest de son territoire entourée d’ennemis de la foi catholique, voulut se ménager des protecteurs puissants dans les titulaires qu’il donnait aux nouvelles circonscriptions de cette partie du pays. C’est la raison qui lui fit mettre Russelltown sous la protection de^aint Jean Chrysostome. Ce grand saint, pensait l’évêque, qui a si bien défendu l’église pendant sa vie, saura bien

protéger après sa mort une paroisse mise sous sa protection.

Sabrevois, Sainte Anne de (Iberville)

La seigneurie de Sabrevois fut concédée le 1er novembre 1750 à Christophe Sabrevois de Sermonville, lieutenant dans les troupes.

Sagard, Canton (Cliicoutimi

Le Récollet Gabriel Sagard publia, en 1636, un ouvrage intitulé Histoire du Canada et voyages que les F i ’ ères Mi neurs Récollets y ont fait pour la conversion des infidèles.

Saguenay

Saguenay, dit Mgr Laflèche, est un mot algonquin qui signifie eau qui sort ( saJcinip ; sahi, sortir ; mipi, eau).

“ Le Père Laçasse n’est pas de cette opinion. “ On a prétendu, dit-il, que Saguenay venait de deux mots sauvages qui signifiaient endroit d’où l’eau sort, comme si l’eau ne sortait pas de toutes les rivières ”. (2)

Le Père Arnaud, longtemps missionnaire dans la région du Saguenay, donne l’origine suivante au mot Saguenay : “ Saguenay, francisé de Shagahnenhi — la glace est percée, trouée. Les eaux du Saguenay étaient autrefois peuplées de loup-marins ; dans le courant de l’hiver ces animaux y entretenaient des ouvertures pour y respirer. Après avoir pris leurs ébats dans l’eau, ils en sortaient pour se réchauffer au soleil. C’est sur la glace qu’ils déposaient leurs petits, dans les mois de mars et d’avril. Ces soupiraux cachés étaient toujours dangereux aux voya-

(2) L’Opinion publique, 2 mars 1882.

geurs qui s’aventuraient sur la glace, en remontant ou en descendant le fleuve. Les premières années que j’exerçais le saint ministère, nous faillîmes, mes compagnons et moi, tomber dans ces pièges d’un nouveau genre ; un de mes compagnons, moins heureux que les autres, fut bien près d’y rester, nous ne pûmes l’en retirer qu’avec peine.” (1)

Le Père Lemoine décompose ainsi le mot Saguenay : Shastuets shipu, Tshe-Kutimiu shipu, et le traduit par “ débordement.”

Salut-Adalbert (Islet)

Cette paroisse a été mise sous le patronage de saint Adalbert en souvenir de M. Adalbert Blanchet, curé de Saint-Pamphile, qui s’intéressa à sa fondation.

Saint Adelphe (Cliamplain)

C’est M. Adolphe Dupuis, curé de Sainte-Anne de la Pérade, qui! planta ici la première croix pour marquer la place de l’église. Mgr Laflèche voulait lui faire le plaisir de donner son prénom à la nouvelle paroisse, mais comme il n’y a pas de saint Adolphe dans le Martyrologe il la nomma Saint- Adelphe.

Saint-Aimé (Richelieu)

Le seigneur Aimé Massue donna tout le terrain nécessaire pour élever l’église, le collège et le couvent. On peut l’appeler le fondateur de Saint-Aimé.

Saint- Alexandre (Kamouraska)

Cette paroisse fut mise sous le patronage de saint Alexandre en l’honneur de Mgr Alexandre-Antonin Taché, archevêque de Saint-Boniface.

(1) Annales de la propagation delà foi, février 1880.

Saint-Alexis de la Grande Baie (Cliicoutimi)

Saint Alexis fut choisi comme titulaire de la Grande Baie à cause de Alexis Tremblay (Picoté), un des premiers colons de cette paroisse.

Saint- Ambroise (Cliicoutimi )

M. Ambroise Fafard,' curé de la Baie Saint-Paul, s’occupa beaucoup de la fondation de cette paroisse. L’évêque de Cliicoutimi mit la nouvelle paroisse sous le patronage de saint Ambroise pour reconnaître le zèle et le mérite de M. Fafard.

Saint-André Avellin (Ottawa)

Ainsi appelé du nom de André Trudeau, arpenteur, neveu de Joseph Papineau, propriétaire de la seigneurie de la Petite-Nation. Trudeau avait fait le mesurage en lots d’une certaine étendue de concessions qui constituent la paroisse de Saint-André Avellin.

Saint-André de l’Epouvante (Lac Saint- Jean)

Les premiers voyageurs qui visitèrent ce coin du pays revinrent enchantés et transportés de la beauté de son site et de la bonté de son sol. Ceux qui s’y rendirent ensuite ne furent pas aussi enthousiastes et ils revinrent en disant : C’est une épouvante qu’on nous a faite.

Le premier colon de l’Epouvante fut André Néron ; d’où le nom du titulaire. Néron est encore plein de vie et demeure à Saint- Jérôme du lac Saint- Jean.

Saint André de Ristinouclie (Bouaventure)

En l’honneur de Mgr André-Albert Blais, évêque de Rimouski.

Saint-Alexandre (lberville)

La paroisse de Saint-Alexandre est voisine de celle de Saint-Athanase. Athanase fut élevé au diaconat par saint Alexandre, évêque d’Alexandrie. Ayant accompagné son évêque au concile de Nicée, il y confondit Arius, dont les erreurs portaient atteinte à la divinité de Jésus-Christ. Saint Alexandre mourut l’année suivante et saint Athanase le remplaça comme évêque d’Alexandrie.

Saint Alexis des Monts (Maskinong-é)

Cette paroisse a été placée sous le patronage de saint Alexis en mémoire de Alexis Boulanger qui a donné vingt acres de terre sur lesquels l’église a été bâtie.

Saiut-Amable (Rouville)

Le rang ou village Saint- Amable rappelle le souvenir d’un ancien curé de Saint-Mathias, M. Amable Prévost.

Saint-Anselme (l>orchester)

Le voisinage de la paroisse de Saint-Henri de Lauzon a pu être pour quelque chose dans le choix du titulaire de cette paroisse. Saint Anselme fut persécuté par Henri, roi d’Angleterre, pour s’être conformé au décret du Saint-Siège qui défendait l’investiture des dignités ecclésiastiques par les laïques.

Saint Antoine (Charlevoix)

M. Antoine Parent, procureur du séminaire de Québec, fit bien des séjours à Saint-Urbain et il s’y créa de nombreux amis. C’est pour l’honorer qu’on a nommé un rang de cette paroisse Saint-Antoine.

Saint- Antoine de Tilly (JLotbinière)

Le 29 octobre 1672, l’intendant Talon concédait an sieur de Yillieu, lieutenant au régiment de Carignan, l’étendue des terres qui se trouvent sur le fleuve Saint-Laurent depuis les bornes de la seigneurie de Lauzon jusqu’à la petite rivière Talley dite de Yillieu, icelle comprise, sur une lieue et demie de profondeur.

Le 31 août 1700, Claude-Sébastien de Villieu, écuyer, capitaine commandant une compagnie des troupes du détachement de la marine entretenue par Sa Majesté à l’Acadie, qui avait acquis les droits de son frère Pierre de Villieu, vendait à Pierre-Noël le Gardeur, sieur de Tilly, lieutenant dans les troupes de la marine, “ la terre, fief, justice et seigneurie de Yillieu avec les cens, rentes et autres droits.” La seigneurie de Yillieu prit dès lors le nom de Tilly.

Tilly fut d’abord desservi par un Récollet, le Père Honoré Hurette. Il était donc tout naturel qu’il mit le nouveau temple sous le patronage de saint Antoine de Padoue, qui est un des plus grands saints de l’ordre de saint François.

Saint- Antonin (Témiscouata)

Nommé ainsi en l’honneur de Mgr Alexandre- Antonin Taché, archevêque de Saint-Boniface. Une autre opinion veut que ce soit M. Louis-Antonin Proulx, premier desservant de Saint-Antonin, qu’on a voulu honorer ainsi. «

Saint-Arsène (Témiscouata)

Cette paroisse fut mise sous le patronage de saint Arsène à la demande de M. Arsène Mayrand, curé de Saint-Zéphirin, qui se trouvait chez M. Benjamin

Grenier, curé de Cacouna, lorsque M. Proulx, de l’archevêché de Québec, vint marquer la place de l’église vers 1848.

Saint- Aubert ( I slet)

La paroisse de Saint- Aubert a été démembrée de Saint-Jean Port-Joli.

Cette paroisse a été placée sous le patronage de saint Aubert, évêque de Cambrai, en l’honneur de Philippe Aubert de Gaspé, seigneur de Saint-Jean Port- Joli.

Saint- Augustin (Deux-Montagnes)

Le rang où se trouve l’église portait depuis longtemps le nom de côte Saint- Augustin. Le premier habitant de cette côte avait, paraît-il, le prénom d’Augustin.

Saint- Augustin de Matir (Portueuf)

Le 8 septembre 1647, le gouverneur de Montmagny concédait à .Jean Juchereau, sieur de Maur, “ cinquante arpents de terres situées le long du fleuve Saint-Laurent, proche Québec.” (1)

On croit que c’est en l’honneur de Augustin Saffray de Mésy, gouverneur de la Nouvelle-France, que la seigneurie de Maur fut mise sous le patronage de saint Augustin.

Saint-Benjamin du lac à Busqué (Dorchester)

Le lac à Busqué est situé sur les hauteurs qui séparent la Beauce du lac Etchemin. Son "nom lui vient d’une nombreuse famille de Saint-François de la Beance qui, la première, vint prendre une terre sur les bords de cette belle nappe d’eau.

(1) Auguste Béchartl, Histoire de Saint- Augustin, p. 366.

La mission du lac à Busqué a été mise sous la protection de saint Benjamin en l’honneur de M. Benjamin Deniers, aujourd’hui retiré du ministère. M. Deniers prit une part active à la fondation de cette mission lorsqu’il était curé de Saint-François de la Beauce. Il encouragea fortement ses paroissiens à y établir leurs fils.

Saint-Bernard (Dorcliester)

Lorsqu’il fut question d’ériger cette paroisse, les paroissiens demandèrent à Mgr Bernard-Claude Panet de la mettre sous la protection de son saint patron.

Saint-Boniface de Sliawenegan (Saint-Maurice)

Le décret canonique de l’érection de la paroisse de Saint-Boniface de Sliawenegan a pour date le 3 février 1859. Il est signé par Mgr Thomas Cooke, premier évêque de Trois-Rivières. On ne connait pas au juste pourquoi saint Boniface fut choisi comme patron de cette paroisse. Mgr Cooke, probablement, après avoir visité ce canton situé en partie dans les montagnes du nord, après la constatation des commencements pénibles de la mission, alors en pleine forêt, prévit les peines et les misères des premiers missionnaires, et voulant choisir pour la paroisse un protecteur puissant au ciel, il demanda à saint Boniface, le grand évêque missionnaire de la Germanie, d’être le patron de ce petit coin de terre encore inculte et sauvage, de le faire grandir et prospérer, et d’y faire croître un peuple paisible et religieux.

Saint-Bruno (Cliambly)

La paroisse de Saint-Bruno tire son nom de la

famille Bruneau, qui était établie au mont Saint- Bruno, sur les bords enchanteurs d’un magnifique lac de deux milles de long sur un mille de large.

Saint-Bruno (Lac Saint- Jean)

Le fondateur de cette paroisse fut M. Bruno-E. Leclerc, vicaire-général, alors curé de Notre-Dame d’Hébertville.

Saint-Calixte de Somerset (Mégantic)

Cette paroisse a été placée sous le patronage de saint Calixte, en l’honneur de Mgr Calixte Marquis, un des premiers missionnaires des cantons de l’Est.

Saint-Camille (Bellecliasse)

Saint -Camille a été nommé ainsi à cause du premier curé de Saint-Magloire, M. Camille Brochu.

Saint Casimir (Portneuf)

Saint-Casimir est un démembrement de Sainte- Anne de la Pérade. Son nom lui vient d’un paroissien important de cette paroisse, le notaire Casimir Dury, qui fit un don en argent pour l’érection de l'église de la nouvelle paroisse.

Saint-Charles, Rivière (Québec)

La rivière Saint-Charles, que les habitants de Québec appellent aussi Petite Rivière, vient du lac Saint-Charles, qui n’est qu’à environ quatre lieues de Québec.

Les Montagnais, au rapport de Sagard, l’appelaient Cabircoubat, à raison, dit-il, qu’elle tourne et fait plusieurs pointes.

Jacques Cartier donna à la rivière Saint-Charles le nom de Sainte-Croix, parce qu’il y arriva le jour

de l’Exaltation de la sainte Croix, le 14 septembre

Champlain avait amené les Récollets au Canada en 1615. Ils y étaient restés quatorze ans ; et pendant ce temps ils avaient été les consolateurs spirituels de la petite colonie française et les premiers missionnaires des Sauvages. On leur avait donné sur les bords de la rivière Saint-Charles une large concession de terre, sur laquelle ils avaient bâti leur monastère de Notre-Dame des Anges.

Le Père Denys, commissaire, écrivant à M. Charles des Boues, grand vicaire de Pontoise, lui témoigna le désir qu’il avait de tenir dans le couvent un nombre de jeunes sauvages pour les instruire. Ce monsieur répondit à son zèle l’année suivante, et lui fit tenir 200 écus afin d’en faire les frais. Il le pria de donner le nom de saint Charles à ce séminaire ; c’est de là que la petite rivière proche de Québec s’appelle rivière Saint-Charles. (1)

Saint-Charles ( Bellecliasse)

Le 10 avril 1713, MM. de Vaudreuil et Bêgon concédaient à Charles Couillard, seigneur de Beaumont, une augmentation de une lieue et demie de profondeur.

Le 6 août 1748, le seigneur Couillard “ voulant faciliter la bâtisse d’une église pour l’utilité des habitants établis dans la profondeur des terres sur la rivière Boyer, dans les seigneuries de Beaumont, de Péan et de la Martinière,” donnait un arpent de terrain de front.

En 1750, Mgr de Pontbriand, évêque de Québec, détachait une partie des seigneuries de Beaumont,

(1) Sixte Le Tac, Histoire chronologique de la Nouvelle- France.

de Péan et de la Martinière et érigeait canoniquement une nouvelle paroisse, lui donnant pour patron saint Charles Borromée, en T honneur du généreux seigneur de Beaumont.

Saint-Cliarles Borromée (Chicoutimi)

C’est de M. Charles-S. Richard, aujourd’hui curé de Sainte-Sophie d’Halifax, que Saint-Charles Borromée a reçu son nom.

Saint Charles Borromée (Joliette)

Le 23 décembre 1843, un décret canonique reconnaissait la paroisse de l’Industrie et la plaçait sous le vocable de Saint-Charles Borromée, patron de madame Joliette (née Charlotte de Lanaudière.) (1)

Saint Christophe (Arthabaska)

Jean-Chrysostome Marcoux avait, avant 1830, fait la chasse dans le grand territoire autrefois appelé les Bois-Francs. Ses compagnons donnèrent son nom en l’abrégeant en Christo à une haute montagne qui se trouve dans le canton d’ Arthabaska, sur les bords de la rivière Nicolet.

Le fondateur de la paroisse de Saint-Christophe d’ Arthabaska, Charles Beaucliêne allait, le 18 mars 1835, planter sa tente sur les bords de la rivière Nicolet, à dix arpents environ de l’église paroissiale aujourd’hui bâtie sur le versant du mont Christo. C’est ce qui a valu à la paroisse le choix du patron dont elle porte le nom. (2)

Saint Claude de Cleveland (Richmond)

Cet endroit était connu autrefois sous le nom de Greenshields, en mémoire d’un nommé Greenshields,

(1) Revue ecclésiastique, vol. XVI, p. 46.

(2) Mgr Suzot-, Notes sur Saint-Christophe d’ Arthabaska.

de Danville, qui avait fait construire un moulin à scie, au milieu de la petite colonie canadienne qui était venue s’établir là, sur des terres nouvelles.

Dans l’été de 1890, Mgr Racine, évêque de Sherbrooke, recevait la visite de Dom Paul Benoit, chanoine régulier de l’immaculée Conception, originaire du diocèse de Saint-Claude, Jura, France. Dom Benoit offrit à Mgr Racine une Vie de saint Claude, archevêque de Besançon, dont il était l’auteur. La lecture de la vie de ce grand saint intéressa tellement Mgr Racine, qu’il résolut de nommer la nouvelle mission qu’il fondait à Greensliields : Saint- Claude.

Saint-Clément (Beauliarnois)

Beauharnois fut mis sous le patronage de saint Clément parce que son premier desservant fut M. Pierre Clément.

Saint Clëoplias (Bertliier)

C’est quelques jours seulement avant sa mort que Mgr Fabre donna le nom de Saint-Cléophas à la nouvelle paroisse formée d’une partie de Saint-Félix de Valois. L’archevêque de Montréal n’ignorait pas les prières qui de toutes les parties du pays montaient au ciel pour obtenir sa guérison. Lui-même avait demandé que le Saint-Sacrement fut exposé tous les jours à tour de rôle dans quelqu’une des églises du diocèse.

Comptant encore sur la puissance du miracle, les prêtres de son entourage avaient entrepris de faire une nouvelle violence au ciel. Personne n’ignore la vertu merveilleuse du Saint Enfant Jésus de Prague et les prodiges vraiment extraordinaire dûs à son invocation. Ils résolurent de faire une

neu vaine en son honneur. Tous les soirs donc, ils se réunissaient autour du chevet de l’auguste mourant, et adressaient au Divin Enfant les plus vives supplications.

C’est pend ant cet intervalle qu’on lui demanda quel patron il voulait donner à la paroisse en projet, et le vénéré prélat répondit : “ L’un des disciples à qui Jésus apparut après sa résurrection sur le chemin d’Emmaüs, s’appelait Cléophas. C’est lui, qui, lorsque le Sauveur voulut les quitter, prononça ces belles paroles : Mane nobiscum, Domine (Seigneur demeurez avec nous). En ce moment vous dites vous aussi, Mane nobiscum, Domine. Je serais heureux que le nom du pieux disciple Cléophas fut donné à la paroisse nouvelle et que dans l’église un autel fut dédié au Saint Enfant Jésus de Prague.” (1)

Saint-Cœur de Marie (Beaucc)

La paroisse cleSaint-Cœur de Marie porta à l’origine le nom de Saint-Mathias. M. Alphonse Pelletier, désirant consacrer cette mission à la sainte Vierge, demanda à feu Mgr Cazeau la permission de changer le nom de Saint-Mathias en celui de Saint-Cœur de Marie. Mgr Cazeau répondit que ce changement ne pouvait se faire sans une raison canonique. M. Joseph Hudon, vicaire à Notre-Dame de Lévis, informa, sur les entrefaites, M. Pelletier, qu’une personne charitable l’avait, prié de remettre une certaine somme d’argent à une paroisse consacrée au Saint- Cœur de Jésus ou de Marie. Ce don engagea Mgr Cazeau à permettre le changement de nom.

(1) Semaine Religieuse de Montréal, 20 février 1897.

Saiut-Colombau (Deux-Montagnes)

Cette paroisse fut placée sous le patronage de saint Colomban parce que ses premiers habitants étaient Irlandais. Saint Colomban était d’origine irlandaise.

Saint-Côme (Joliette)

Saint Corne était médecin. Cette paroisse est très éloignée des médecins de la terre et on a voulu, paraît-il, en la mettant sous le patronage de saint Côme, médecin du ciel, compenser les inconvénients de l’absence des médecins de la terre. Il n’est pas impossible, non plus, que le voisinage de la paroisse de Saint-Damien ait eu quelque rapport avec le choix du titulaire. Saint Côme et saint Damien étaient frères et médecins. Tous deux subirent le martyre.

Saint-Côme de Kénébec (lieauce)

Saint-Côme de Kénébec se trouve dans les cantons Linière et Jersey, à dix milles de Saint-Georges et à vingt milles de la frontière américaine. Le grand chemin Kénébec, qui part de la ligne qui sépare là le canton Linière de la seigneurie Aubert-Gallion et conduit à la rivière Kénébec dans l’état du Maine, passe au milieu de la paroisse.

Saint-Constant (Laprairie)

C’est Constant Cartier qui a valu à cette paroisse son nom de Saint-Constant.

Saint-Cutlibert (Bertliier)

En 1765, M. Courthiau, seigneur de Bertliier, donnait aux habitants de la Rivière-du-Chicot un terrain d’un arpent et demi' de front sur six de profondeur pour y élever une église et un presbytère.

En 1766, M. James Cuthbert, qui était devenu dans l’intervalle propriétaire de la seigneurie de Berthier, fit don au missionnaire Kerberio et à Jean- Baptiste Brisset et Joseph Neuville, marguilliers de l’œuvre et fabrique de la nouvelle église, d’un terrain de trente-quatre arpents, à ajouter aux six déjà donnés, à condition que l’église qu’on y bâtirait serait dédiée à saint Cuthbert et que la paroisse prendrait le nom de Saint-Cuthbert.

Saint-Cyprien (Témiscouata)

En l’honneur de M. Cyprien Gagné, curé de Saint- Paul de la Croix, et desservant de Saint-Clément et du canton Hocquart.

Saint-Cyriaque (Cliicoutimi)

Le premier habitant de cette paroisse fut un vieux montagnais connu sous le nom de Cyriaque.

Saint-Damase (Saint-Hyacintlie)

C’est M. Damase Ricard, curé de la paroisse de la Présentation, qui a donné son nom à cette paroisse.

Saint Damase de MacNider (Matane)

Saint-Damase est un démembrement de Notre- Dame de l’Assomption de MacNider.

Son fondateur fut M. Damase Morisset, curé de Notre-Dame de l’Assomption de MacNider.

Saint-Damase dès Auluaies (Islet)

Saint-Damase des Aulnaies a été formée des cinquième et sixième rangs de Sainte-Louise et du quatrième rang de Saint-Aubert. Saint-Damase a été nommée ainsi en l’honneur de Damase Ouellet, cultivateur à l’aise dans la maison duquel la messe fut dite de 1881 à 1885.

Saint -David (Yamaska)

Le premier colon de cette paroisse portait, paraîtil, le nom de David.

Saint-David de Lauberivière (Lévis)

C’est le 21 août 1875 que fut lancé le décret érigeant canoniquement Saint-David de Lauberivière. La paroisse nouvelle devait porter le nom de Saint- David de Lauberivière (et non de l’ Aube-Rivière ainsi qu’on l’écrit souvent). On avait projeté, d’abord de l’appeler Saint-David de Daulac. Il est dit au rapport des commissaires que l’assemblée des francs-tenanciers “ demanda ardemment et respectueusement que le patron de la nouvelle paroisse fut saint David, par amour, respect et reconnaissance envers M. David Déziel, leur vénéré et zélé pasteur actuel ”. “ Nous avons cru, ajoutent encore les commissaires, qu’un nom peut-être trop oublié mais illustre et vénérable dans l’histoire des commencements de notre pays pourrait être tiré de l’oubli en l’ajoutant à celui de Saint-David comme nom civil de la future paroisse, nous voulons dire celui du cinquième évêque de Québec, mort en odeur de sainteté, Mgr de Lauberivière, de sorte que la nouvelle paroisse s’appellerait Saint-David de Lauberivière.”

Saint-Denis de la Bouteillerie (Kamouraska)

Saint-Denis de la Bouteillerie est située dans les seigneuries de la Bouteillerie, de Saint-Denis et de Kamouraska.

Le fief Saint-Denis fut concédé le 12 mai 1679 à Nicolas Juchereau de Saint-Denis, pour et au nom de son fils Joseph Juchereau de Saint-Denis.

Lorsque la paroisse fut érigée canoniquement, les autorités ecclésiastiques, par respect pour la mémoire du premier concessionnaire du fief dans lequel elle était située, la mirent sous la protection de saint ‘Denis d’Alexandrie. Des autorités respectables prétendent cependant, qu’elle a été nommée ainsi en l’honneur de Denis Blanchet, fils de François, seigneur de la Bouteillerie.

Saint-Denis (le Richelieu (Saint-Hyacinthe)

La paroisse de Saint-Denis, qui a compris jusqu’à 1849 tout le territoire de la seigneurie du même nom, a commencé a être colonisé en 1720.

Dès 1694, elle avait été taillée dans la forêt de la rive droite du Richelieu, à six lieues plus haut que Sorel, et concédée à titre de fief et seigneurie à Louis de Gannes, écuyer, sieur de Falaise, lieutenant d’une compagnie du détachement de la marine en ce pays, mais les guerres contre les Sauvages et les Anglais en avaient retardé l’occupation.

C’est en l’honneur de son épouse, Barbe Denis, que le nouveau seigneur appela sa concession du nom de Saint-Denis.

Lorsque la paroisse fut érigée canoniquement, pour la même raison, l’autorité religieuse la mit sous le patronage de saint Denis.

Saint- Désiré (lu Lac Noir (Még:antic)

Le premier missionnaire du Lac Noir (Black Lake) fut M. Désiré Jobin. C’est en son honneur que la nouvelle misssion reçut pour titulaire saint Désiré, martyr.

Saint-Dominique (Soulang'es)

Ce village assez considérable a été nommé ainsi à cause du colonel Dominique de Longueuil.

Saint-Dominique (Bagot)

La paroisse de Saint-Dominique a été détachée de la paroisse de Notre-Dame du Rosaire.

Saint- Dunstan du lac Beauport (Québec)

On a donné saint Dunstan comme titulaire à cette paroisse parce qu’elle fut peuplée, à l’origine, de colons anglais et irlandais. Saint Dunstan a été évêque de Londres et archevêque de Cantorhéry. Il prédit aux Anglais l’invasion de Suénon, roi des Danois.

Saint-Edmond (Bertbier)

M. Edmond Moreau, curé de Saint-Barthélemy, obtint en 1S89 le démembrement du haut de sa paroisse, et il demanda à Mgr Fabre, archevêque de Montréal, de donner à la partie démembrée, le nom de son patron, saint Edmond, archevêque de Cantôrbêry. .

Saint-Edmond (Lotbinière)

Cette mission a été placée sous le patronage de saint Edmond en l’honneur de M. Edmond Joly de Lotbinière, avocat, fils de sir H.-E. Joly de Lotbinière, qui a fait beaucoup pour son établissement.

Saint-Edmond (Rimouskï)

La mission de Saint-Edmond sur les bords du lac aux Saumons a été nommee ainsi en souvenir de Mgr Edmond Langevin, grand vicaire du diocèse de Rimouski.

Saint- Edouard (Montréal)

Nommée ainsi à la demande des paroissiens paice qu’ils avaient décidé la construction de 1 église le

jour de la fête de ce saint et en l’honneur de Mgr Edouard-Charles Fabre, archevêque de Montréal.

Saint-Edouard de la Rivière Boïsclair Eotbinière)

La paroisse de Saint-Edouard a été érigée canoniquement le 24 septembre 1862 par Mgr Baillargeon, évêque de Tloa et administrateur de l’archidiocèse de Québec, sous le patronage de saint Edouard le Confesseur, roi d’Angleterre, en souvenir de M. Edouard Faucher, curé de Lotbinière, son fondateur.

Saint Eleutlière (Kamouraska)

Saint-Eleuthère est un démembrement de Saint- Denis de la Bouteillerie. On sait que saint Eleuthère subit le martyre en même temps que saint Denis.

Saint-Eloi (Témiscouata

Saint-Eloi a été formée des seconde, troisième et quatrième concessions de Trois-Pistoles et de l’Isle- Verte. Cette paroisse reçut pour titulaire saint Eloi en l’honneur de Eloi Rioux, seigneur de Trois- Pistoles.

Saint-Elpliège (Yamaska)

En l’honneur de Mgr Elphège Gravel, premier évêque de Nicolet.

Saint-Elzéar (Beauce

Saint-Elzéar rappelle le souvenir du seigneur Elzéar Duchesnay.

Saint-Elzéar ( Laval

Le rang où on a placé l’église portait le nom de rang Saint-Elzéar.

Saint-Eplirein de Tring (Beauce)

Saint Ephrem a été choisi comme titulaire de cette paroisse en l’honneur de M. Ephrem Proulx, notaire, qui gratifia la fabrique d’une .'terre de cinquante acres sur laquelle on a construit les édifices religieux

Saint-Esprit (Montcalm)

La paroisse de Saint-Esprit fut démembrée de Saint-Roch de l’Achigan. Cette paroisse eut d’abord pour titulaire saint Ours (martyr honoré le 7 septembre) en considération de M. Roch de Saint- Ours, le seigneur de cette partie de la seigneurie de Lachenaie. Mais comme l’église était bâtie sur une petite rivière, dite du Saint-Esprit, et que la paroisse était connue sous le nom de Saint-Esprit, Mgr Lartigue donna la Pentecôte pour fête titulaire ; ce qui lui consacra le nom de Saint-Esprit qu’elle avait déjà.

Saint-Etienne (le Eau z on (Lévis)

C’est le 26 octobre 1S58 que la paroisse de Saint- Etienne a été érigée canoniquement. On lui donna saint Etienne pour titulaire en l’honneur de M Etienne Baillargeon, curé de Saint-Nicolas, dont la nouvelle paroisse avait jusqu’alors fait partie.

Saint-Eugène (Islet)

Cette paroisse fut mise sous le patronage de saint Eugène en souvenir de Eugène Casgrain, seigneur de l’Islet.

Saint Eustache (Deux Montagnes)

Pour rappeler le souvenir de Eustache Lambert, sieur Du Mont, seigneur des Mille-Iles.

Saint- JEustaclie (Lotbinière)

Cette concession de Saint-Louis de Lotbinière a emprunté son nom de Eustache Chartierj de Lotbinière.

Saint-Evagre de la Rivière Claude (Gaspé)

La rivière Claude est située à trois lieues plus haut que Saint-Maxime du Mont-Louis. Saint Evagre a été donné pour titulaire à la mission de la Rivière- Claude pour rappeler la mémoire de M. Evagre Côté, missionnaire du Mont-Louis, qui se noya dans cette rivière le 4 juin 1875.

Saint-Faustin (Terrebonne)

Les paroisses de Saint-Faustin et de Saint-Jo vite sont voisines.

Faustin et Jovite, nobles Bresciens, étaient frères. Arrêtés comme chrétiens, sous la persécution de Trajan, ils souffrirent les plus cruels supplices dans plusieurs villes d’Italie, entre autres à Brescia, à Milan, à Rome, à Naples. Ils demeurèrent jusqu’à la fin inébranlables dans leur foi. Enfin les deux frères ramenés à Brescia furent frappés de la hache et reçurent la couronne du martyre. On cite saint Faustin et saint Jovite comme des modèles d’union entre frères.

Saint-Félicien (Fac Saint-Jean)

Les paroisses de Saint-Prime et de Saint-Félicien sont voisines.

Prime et Félicien, deux frères, accusés, pendant la persécution de Dioclétien et de Maximien, de professer la religion chrétienne, sont jetés dans les fers. Un ange les délivre et leur rend la liberté. On les arrête de nouveau et on les sépare. Félicien, attaché

par les pieds et par les mains à un tronc d’arbre, y reste suspendu pendant trois jours sans boire ni manger. Pendant ce temps, le préteur fait venir Prime, et lui dit : — “ Votre frère s’est soumis aux empereurs, et le voilà comblé d’honneurs. Faites comme lui, et vous serez traité de même ”. — Je sais, comment s’est conduit mon frère, répond le courageux chrétien. Puissé-je 11’être pas séparé de lui dans le martyre ! ” Le magistrat, irrité, lui fait subir plusieurs supplices devant son frère, puis il ordonne qu’on lui verse du plomb fondu dans la bouche. Ensuite les deux frères sont conduits dans l’arène, et on lâche contre eux deux lions qui se couchent à leurs pieds et les caressent à l’envi. Plus de douze mille hommes étaient présents à ce spectacle : cinq cents embrassèrent la religion chrétienne. Très ému de tous ces prodiges, le préteur fit trancher la tête aux martyrs. (1)

Saint Feréol (Montmorency)

La paroisse de Saint-Ferêol doit son nom à M. Jean Lyon de Saint-Ferréol, docteur de Sorbonne, supérieur du séminaire de Québec, et sixième curé de Québec. M. de Saint-Ferréol orthographiait son nom Ferréol et Feréol.

Saint Fidèle Charlevoix)

Saint-Fidèle a été nommé ainsi par Mgr Baillargeon, archevêque de Québec, en l’honneur de son premier curé, M. Fidèle Morissette.

Saint Fidèle de Signiaringa (Bonaveutdre)

Cette mission a été fondée par les Capucins de Ristigouche. Saint Fidèle est un saint de leur ordre,

(1) Mgr Paul Guérin, Vie des Saints.

premier martyr des missions instituées par la Sacré Congrégation de la Propagande.

Sigmaringa ou Sigmaringen est la patrie de saint Fidèle, en Bavière.

Saint-Flavien (Lotbinière)

En l’honneur de Mgr Flavien Turgeon, archevêque de Québec.

Saint-Flavien (Charlevoix)

Cette concession de la paroisse de Saint-Urbain a aussi emprunté son nom de Mgr Flavien Turgeon.

Saint-François (Beauce)

En 1765, on donnait déjà le nom de Saint-François d’Assises à la seigneurie de Rigaud-Vaudreuil. Ce nom de Saint-François dût naturellement s’imposer par respect pour le seigneur de V audreuil qui portait ce nom de baptême, ou bien encore en souvenir du premier missionnaire, François Carpentier.

Saint-François, Rivière

“ La rivière Saint-François, dit M. J.-C. Saint- Amant, tire son nom d’une ancienne famille canadienne-française les de Saint-François, seigneurs de Saint-François du Lac, où la rivière tombe dans cet élargissement du fleuve Satnt-Laureut appelé le lac Saint-Pierre.” (1)

Ce n’est pas l’opinion de M. l’abbé Maurault.

“ Cette rivière, écrit-il, a reçu son nom de la paroisse de Saint-François, établie en 1687. Quelques-uns - ont pensé que ce nom vient de la famille des Saint- François. C’est une erreur. Cette famille a reçu elle-même ce nom de la paroisse de Saint-François ;

(1) L’Avenir, p. 10.

son véritable nom est Crevier. La rivière a porté le nom de Saint-François avant la famille Crevier.” (1)

Saint François de l’île d’Orléans (Montmorency)

Saint-François a dû être dédiée à saint François de Salles en l’honneur de François Berthelot, conseiller de Paris, secrétaire des commandements de la Dauphine, et secrétaire-général de l’artillerie, poudres et salpêtres de France, seigneur de l’île d’Orléans, lors de l’érection de cette paroisse.

Saint-François d’Assises (Bonaventure)

Saint-François d’Assises fut fondée par M. François Cinq-Mars, curé de Saint-Alexis de Matapédiac. Il obtint qu’elle fut mise sous le patronage de saint François d’Assises parce que ce saint était son patron.

Saint François du Lac (Ynmaska)

“ Le nom de Saint-François s’est conservé sans

interruption, depuis 163S, .tout en se modifiant quelque peu de temps à autre. D’abord, ce fut Saint- François tout court ; puis Saint-François-des-Prés ; ensuite Saint-François-Xavier qui est le vocable de la paroisse. Dans certains actes des anciens notaires on lit “ Saint-François sur le lac Saint-Pierre.” La coutume populaire était de dire “ Saint-François-du- Lac ” ; c’est aujourd’hui le nom légal.

“ On a prétendu que le nom de la rivière Saint- François venait d’un fils de Pierre Boucher, gouverneur des Trois-Rivières. Boucher n’a pas eu d’enfant du nom de François.

“ D’autres veulent qu’il s’explique par celui de François Crevier ; or François, fils de Christophe Crevier, né en 1640 et tué tout enfant, en 1653, par

(1) Histoire des Abénakis, p. 272.

les Iroquois, n’a rien eu à faire avec les terres des bords du lac Saint-Pierre. Les seigneurs Bouclier et Crevier n’ont possédé Saint-François que vingt ans après l’adoption du nom de ces lieux, comme on peut s’en convaincre aisément.

“ Les Jésuites avaient donné à la grande île du lac Saint-Pierre le nom de Saint-Ignace en mémoire d’Ignace de Loyola, fondateur de leur ordre, et ils peuvent avoir nommé la rivière du nom de Saint- François pour honorer saint François-Xavier, leur plus grand apôtre ; cependant nous ne pouvons nous empêcher de croire qu’il s’agit plutôt de François de Lauzon, puisque sa seigneurie de la Citière était bornée par ce cours d’eau.

“ La rivière qui a donné son nom à la paroisse de Saint-François du Lac avait reçu des Abénakis, lors de leur établissement sur ses bords en 1680, le nom de AlsiganteJcu. D’après l’abbé Maurault, longtemps curé de Saint-François du Lac, les Abénakis remarquèrent dans la rivière une grande quantité de plantes qu’ils appelaient Alsial; de là ils la nommèrent AlsiganteJcu, “rivière aux herbes traînantes.” (1)

“ D’un autre côté, les Sauvages, d’après M. Henri Vassal, prétendent que alsigantegou signifie “ rivière aux coquilles ; il y a toujours eu beaucoup de coquillages ou huîtres d’eau douce dans ce cours d’eau, de là la raison de ce nom. (2)

“ Mais le Père Joseph Aubéry, la meilleure autorité sur ce sujet, est très clair et tranche la question, dans son dictionnaire, composé durant le premier tiers du dix-huitième siècle. Au mot Arsi, il met :

(1) L'abbé Maurault, Histoire des Abénakis.

(2) Rapport de M. Henri Vassal, bureau des Sauvages, 1884.

ArsikantegS, rivière où il n’y a plus personne. C’est la rivière Saint-François.”

“ de Catalogne tenait un journal ou mémoire des événements qui se passaient sous ses yeux ; en 1697, il note que les Abénakis venaient s’établir à Saint- ï rançois. Le nombre de ces Sauvages augmenta dans ce lieu au cours des années 1698-1700. Une bourgade abénakise y avait existé, à partir de 1684 et elle s’était probablement dispersée entre les années 1690 et 1693. Alors ceux qui revenaient s’y établir en 1697-1700 pouvaient bien nommer l’endroit : “ Rivière où il n’y a plus personne ” — c’est-àdire “ personne de nos gens, les Abénakis.”

“ Reste à savoir pourquoi le mot alsiganteku ou arsikantegS s’interprète de trois manières si différentes. C’est probablement parce que, à tour de rôle, on a fait traduire ces expressions par des Sauvages étrangers à la langue d’où elles sortent.

“ Le juge Gill, qui a étudié le dictionnaire du Père Aubéry, explique ainsi la composition du mot arsikantegS : “ Arsi est traduit en latin par vaciâtar, vide, Kan, ajouté après un autre mot qui se prête à ce sens, veut dire cabane, maison, tteg8 (prononcez tegou ) c’est une rivière. Littéralement, le sens est donc : rivière à la cabane vide, ou encore : rivière où la cabane est vide, ou bien : rivière où les maisons sont vides. En conséquence, le Père Aubéry met : “ rivière où il n’y a plus personne.”

Saint-François-Xavier (Témiscouata)

C’est M. François-Xavier-Ludger Plais, curé de Saint-Patrice de la Rivière-du-Loup qui a fondé cette paroisse.

Saint-Frédéric (Beauce)

Saint Frédéric, évêque d’Utrecht et martyr, dont la fête se célèbre le 18 juillet, a été donné pour titulaire à cette paroisse en l’honneur de M. Frédéric Caron qui en fut le premier curé.

Saint-Gabriel (Rimouski)

Nommé ainsi en souvenir de M. Gabriel Nadeau, curé de Sainte-Luce, qui desservit les premiers colons de cette paroisse.

Saint-Gédéon (Lac Saint- Jean)

L’honorable M. Gédéon Ouimet rendit des services signalés à cette paroisse alors qu’il était premier ministre de la province de Québec, et c’est par reconnaissance que les premiers colons la firent mettre sous le patronage de saint Gédéon.

Saint-Georges de la Malbaie (Gaspé)

L’ami, la Providence du missionnaire, le bienfaiteur insigne de l’église dans cette localité, était M. George Prével, un des premiers habitants. Par une heureuse coïncidence, le premier curé fut M. George Potvin. Pour acquitter une double dette de reconnaissance, en l’honneur de ces messieurs, saint George fut donc choisi pour titulaire.

Saint-Georges de Ouiateliouan (Lac Saiut-Jeau)

Cette mission a été mise sous la protection de saint Georges par considération pour son fondateur, M. Joseph-Georges Paradis, curé de Roberval.

Saint-Germain, Canton (Cliicoutimi)

Ce canton a emprunté soir nom du comte de Saint- Germain qui, en 1860, accompagna le prince de

Galles, aujourd liui Edouard A II, dans son voyage au Canada.

Saint- Germai u de Kamouraska

Cette paroisse a été placée sous le patronage de saint Germain parce que l’église est bâtie le long de la route Saint-Germain. Un cultivateur du nom de Saint-Germain avait sa terre le long de cette route.

Saint-Germain de Rimouski

La paroisse de Rimouski a pour titulaire saint Germain de Paris, en mémoire de son premier habitant, Germain Lepage.

Germain Lepage vint au Canada dans l’été de 1663, en compagnie d’un frère, Louis Lepage, et d’une sœur, Constance Lepage, et alla se fixer dans la paroisse de Saint-François, île d’Orléans. Ayant eu le malheur de perdre son épouse, Reine Larry, il voulut passer le reste de ses jours dans la méditation des vérités éternelles. Pour mettre à exécution son dessein, il laissa, en juillet 1696, son ancienne demeure de l’île d’Orléans pour suivre son fils René, premier seigneur de Rimouski.

Germain Lepage vécut vingt-sept ans à Rimouski, édifiant tout le monde par ses exemples de vertus solides et de piété constante. Ce vertueux vieillard, aux jours de dimanche et de fête, assemblait les quelques personnes de l’endroit, faisait la prière en commun et expliquait aux petits enfants quelques chapitres du catéchisme. Il sujapléait, pour ainsi dire, au missionnaire qui ne visitait cet endroit qu’une fois tous les deux ou trois ans.

Saint-Gilbert (Portueuf)

Le terrain sur lequel s’élèvent l’église, la sacristie

et le presbytère de Saint-Gilbert fut donné par deux paroissiens dont l’un se nommait Gilbert Frenette. C’est en l’honneur de ce dernier qu’on donna saint Gilbert, moine du douzième siècle, pour titulaire à la nouvelle paroisse.

Saint-Gilles de Beaurivage (Lotbinière)

Saint-Gilles rappelle le souvenir du premier seigneur de Beaurivage, Gilles Rageot.

Saint-Godefroi (Bonaventure)

Cette paroisse a été placée sous la protection de saint Godefroi en l’honneur de M. Charles-Godefroi Fournier, curé de Notre-Dame de Paspébiac, son fondateur.

Saint-Grégoire (Nicolet)

C’est Grégoire Bourque qui donna le terrain sur lequel fut bâti l’église. (1)

Saint Grégoire du Satilt (Montmorency)

La paroisse du Sault Montmorency a été mise sous le patronage de saint Grégoire en l’honneur de M. Grégoire Tremblay, curé de Beauport, son fondateur.

Saint Guillaume d’Uptcn (Yamaska)

On désignait à l’origine cette paroisse sous le nom de Ruisseau-des-Chênes. C’est sous cette désignation qu’ont été rédigés les plus vieux titres de concessions de terrains aux pionniers de 1818 à 1833. Les colons, venus de la Rivière-du-Loup, de Maskinongé, d’Yamachiche, disaient invariablement, en quittant leurs vieilles paroisses : “ Nous allons nous établir au Ruisseau-des-Chênes, dans la paroisse d’ Yamaska.”

(1) Note de M. l’abbé Bois.

L honorable Charles- William (Guillaume) Grant, propriétaire du canton Upton, donna aux habitants du Ruisseau-des-Chênes le terrain nécessaire pour élever l’église, le presbytère et la sacristie. C’est pour cette raison que la nouvelle paroisse fut nommée Saint-Guillaume. (1)

Saint-Henri (Lac Saint Jean)

Pour rappeler le souvenir d un des premiers desservants de cette paroisse, M. Henri Cimon, aujourd hui cure de Saint-Alphonse de Bagotville.

Saint-Henri de L/auzou (Lévis)

En l’honneur de Mgr Henri-Marie de Pontbriand, évêque de Québec.

Saint Hermas (Deux-Montagnes)

C’est en 1834 que la paroisse de Saint-Hermas a été érigée canoniquement. L’évêque de Montréal, voyant avec peine et inquiétude l’extrémité sud-ouest de son diocèse entourée d’hérétiques, voulut se ménager des protecteurs puissants dans les titulaires qu’il donnait aux nouvelles paroisses de cette partie du pays. Il espérait que ceux qui avaient si bien défendu l’Eglise de Dieu pendant leur vie, par leurs admirables écrits, sauraient bien mieux encore, au sein de leur gloire et de leur triomphe, inspirer à leurs protégés l’esprit de foi et la fermeté nécessaire pour résister au protestantisme. Aussi, voyons-nous apparaître, comme une redoutable phalange, sur ces contins du diocèse, saint Bernard, saint Jean Chrysostome, saint Ignace, saint Polycarpe, saint Hermas et

(1) F.-L. Desauluiers, Notes historiques sur la paroisse de Saint- Guillaume d’ Upton, p. 39.

saint Jérôme. C’est sous ces considérations que saint Hermas a été choisi comme titulaire de cette paroisse.

Saint Hilaire, Canton (Lac Saint Jean)

M. Elie Saint-Hilaire fut député du comté de Chicoutimi de 1881 à 1888.

Saint Honoré (Témiscouata)

Le premier colon de cette paroisse fut Honoré Morin.

Saint-Hubert (Témiscouata)

Cet endroit a été autrefois très giboyeux. Peutêtre a-t-on voulu y ramener le gibier en le mettant sous la protection de saint Hubert ?

Saint-Hubert (Chambly)

Saint Hubert avait une passion extrême pour la chasse. Un jour de grande fête, emporté par son ardeur, pendant que les fidèles se pressaient dans les églises, il galopait dans la forêt des Ardennes, poursuivant un cerf. Soudain il voit paraître entre les bois de l’animal l’image de Jésus crucifié. Il s’arrête, se jette à bas de son cheval, fléchit le genou, et entend une voix qui lui dit :

— Hubert, Hubert, jusques à quand ta passion te fera-t-elle négliger ton salut ?

— Seigneur, répond-il tremblant et confus, que faut-il que je fasse ?

— Va trouver mon serviteur Lambert ; il te le dira.

Hubert se rend près de saint Lambert, évêque de

Maëstricht, qui lui apprend les voies du salut.

Quelque temps après, ayant perdu sa femme, l’illustre converti se retira, pour faire pénitence, dans la forêt des Ardennes, à l’endroit de l’apparition. Il

fit un pèlerinage à Rome. Pendant qu’il était dans cette ville, le pape Sergius, ayant appris le martyre de saint Lambert, nomma Hubert son successeur. (1)

La paroisse de Saint-Hubert est formée pour une bonne partie de l’ancienne côte Saint-Lambert qui faisait partie de la paroisse de Longueuil lors de l’érection de Saint-Hubert.

Saint-Hugues (Bagot)

Le seigneur Hugues LeMoine de Martigny fut le fondateur de cette paroisse.

Saint-Hyacinthe

La seigneurie de Saint-Hyacinthe fut concédée par le gouverneur de la Galissonière et l’intendant Bigot, le 23 septembre 1748, à Pierre-François de Rigaud, écuyer, seigneur de Yaudreuil. Elle devait contenir six lieues de front le long de la rivière Yamaska sur trois lieues de profondeur de chaque côté de la dite rivière. M. Rigaud de Vaudreuil vendit sa seigneurie, en 1753, à Hyacinthe Simon de Lorme ou Delorme. C’est lui qui a donné son prénom à la paroisse, puis à là ville et enfin au comté de Saint-Hyacinthe. (2)

Saint-Ignace tle .Loyola (Berthier)

Champlain remontant le lac Saint-Pierre donna à une île qu’il rencontra le nom de Saint-Ignace de Loyola. Cette île fait partie de la paroisse de Saint-Ignace de Loyola et c’est pour cette raison qu’on l’a mise sous le patronage du fondateur de la Compagnie de Jésus.

(1) Vie des Saints.

(2) Courrier de Saint- Hyacinthe, 21 janvier 1903.

Saint-Ignace de Nortli-Stanbridge (Missisquoi)

North-Stanbridge fut mise sous le patronage de saint Ignace, par Mgr Moreau, évêque de Saint- Hyacinthe, en l’honneur de son ami, Mgr Ignace Bourget.

Saint-Ignace du Coteau du Lac (Soulanges)

Cette paroisse a pris son nom du seigneur Ignace Villemonble de Beaujeu.

Coïncidence assez curieuse : la paroisse de Saint- Ignace du Coteau du Lac est dans le voisinage de la paroisse de Saint-Polycarpe. Saint Ignace d’Antioche et saint Polycarpe étaient deux grands amis. Lorsque saint Ignace, que l’on conduisait enchaîné à Rome, passa par Smyrne, Polycarpe baisa respectueusement les chaînes du glorieux martyr.

Saint-Ignace du Nominingue (Ottawa)

Cette paroisse fut à l’origine desservie par les Pères Jésuites qui la mirent sous la protection de leur fondateur.

Saint- Jacques (Montréal)

Ce patronage a-il été donné en souvenir de Jacques Cartier, le découvreur du Canada, ou de Jacques Olier, le père de l’Eglise de Montréal, ou de Jacques Lartigue, son premier évêque, nos recherches ont été infructueuses pour le démontrer.

Saint- Jacques le Majeur de l’Acliigan (Moutcalm)

Lors de l’expatriation des Acadiens un grand nombre de ceux qui avaient été débarqués à Boston revinrent à Québec. Les Sulpiciens en établirent plusieurs dans la paroisse de Saint-Pierre du Portage (L’Assomption). En 1770, M. Jacques Degeay,

curé de Saint-Pierre du Portage, qui s’intéressait beaucoup au sort de ces pauvres expatriés, en dirigea une petite colonie d’environ vingt-cinq familles vers les belles plaines, alors toutes couvertes d’érables qui avoisinaient sa paroisse. Les nouveaux colons se mirent sur le champ a travailler au défrichement des terres. M. Degeay, qui avait reçu de ses parents un héritage assez rondelet, donna à chaque colon une vache, quelques quintaux de fleur, une certaine quantité de lard, des instruments aratoires et les ustensiles de ménage indispensables dans une famille. Au commencement de 1772, M. Degeay put procurer à ses protégés un prêtre spécialement chargé de les desservir. Par une heureuse disposition de la Providence, ce fut M. Jean Bro, jeune prêtre acadien.

M. Bro choisit pour chapelle la maison d’un citoyen du nom de Charles Forêt. Les colons acadiens qui devaient tant au curé de Saint-Pierre du Portage se donnèrent la consolation de mettre leur chapelle et leur nouvelle paroisse sous le patronage de saint Jacques, patron de leur dévoué fondateur, M. Jacques Degeay. Ils ajoutèrent à ce nom celui de Nouvelle-Acadie, en souvenir de leur ancienne patrie. Ce ne fut qu’une cinquantaine d’années plus, tard que ce dernier nom fut supplanté par celui de l’Achigan, du nom d’une rivière cpii passe à proximité. (1)

Saint- Jacques-Ie-Mineur (Laprairie)

Les paroisses de Saint-Jacques-le-Mineur et de Saint-Philippe sont voisines. L’église célèbre le même jour la fête des saints apôtres Philippe et Jacques-le-Mineur. De là sans doute le choix de saint Jacques-le-Mineur pour patron de cette paroisse.

(1) Annuaire de Ville-Marie.

Saint Janvier (Terrebonne)

Il y avait sur le territoire de la paroisse, longtemps avant son érection, une côte Saint- Janvier. C’est probablement là l’origine du nom de la paroisse.

Saint- Jean

En 1748, cl’après les ordres de M. de la Galissonière, un fort fut construit sur la rive gauche de la rivière Richelieu, à la tête des rapides. Jean-Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas, était alors ministre de la marine, et c’est son département qui avait charge de l’administration de la Nouvelle- France. C’est probablement en l’honneur de M. de Maurepas que le fort construit sur la rive du Richelieu fut nommé fort Saint-Jean.

Lorsque, en 1828, Saint-Luc fut démembrée pour former une nouvelle paroisse, l’autorité religieuse donna à cette dernière le nom de Saint- Jean. Et comme le village qui existait dans les environs du fort SaintJean portait le nom de Dorchester, on dit Saint- Jean Dorchester. Cette appellation est entièrement abandonnée aujourd’hui. On dit Saint-Jean d’Iberville ou, plus communément, Saint-Jean tout court.

Saint Jean (Portneuf)

En souvenir de Jean Bourdon, le premier seigneur de la Pointe-aux-Trembles.

Saint- Jean, Lac

“Nous ne savons quel missionnaire donna à ce lac le nom de lac Saint -Jean, car il n’y a pas de doute que ce sont les Pères Jésuites, de Chicoutimi, qui, allant à la recherche des infidèles, pénétrèrent les premiers sur ses bords. “ Il me semble les voir,

écrivait en 1880 le Père Charles Arnaud, le printemps à la fonte des neiges, ils ont hâte que la débâcle se fasse, que les grandes eaux qui se déchargent dans le Saguenay, aient diminué ; ils prennent alors avec leur léger canot d’écorce la route de la Grande Décharge ou de la rivière Chicoutimi. Dans chaque baie, • chaque portage, ils rencontrent quelques familles, plusieurs sont peut-être déjà chrétiennes, ou ont entendu parler de la sainte prière et des robes noires qui l’annoncent. Ces rencontres forcent les missionnaires à s’arrêter ; ils ont peut-être des vieillards, des mourants à régénérer, mais ils en ont à coup sûr à instruire. C’est ainsi en allant à petites journées, instruisant ceux qui se trouvaient sur leur chemin, qu’ils durent arriver au lac Saint- Jean, vers la fête du saint précurseur, Jean-Baptiste. Les missionnaires avaient coutume, comme ils l’ont encore aujourd’hui, d’assigner un jour, une époque, pour le rendez-vous ; il n’y a pas de doute qu’ils assignèrent la fête de saint Jean-Baptiste aux Sauvages du lac comme époque où ils rencontreraient la robe noire. C’est encore aujourd’hui l’époque de la mission.

“ En 1853, je fus envoyé au lac pour y faire la mission. Que le lac était beau alors, avec ses grands ormes, ses pins gigantesques et ses frênes aux feuillages touffus, qui mariaient leur ombrage sur la surface limpide du lac !” (1)

C’est, d’après le Père Arnaud, sous le nom de Pei- Jcuagamiu (qu’il traduit par les abords en sont plats), que les quelques Sauvages qui existent encore de nos jours désignent le lac Saint- Jean.

Mgr Laflèche, lui, écrit Peyakwagami et dit que ce

(1) Annales de la propagation de la foi, février 1880.

mot est cris/ De Peyakwa, temps indéfini de PaJcwaw, plat ; et garni, liquide. Payakwagami, lac plat.

Saint- Jean-Baptiste de Québec

C’est M. C.-F. Baillargeon, curé de Québec, qui a jeté les bases de la paroisse Saint- Jean-Baptiste destinée à subvenir aux besoins spirituels des fidèles des quartiers Saint-Jean et Saint-Louis, en dehors des murs, et c’est lui qui a obtenu de Mgr Turgeon, l’autorisation de placer cette paroisse sous le vocable de saint Jean-Baptiste, nom qui était déjà donné à la rue et au quartier Saint- Jean.

La rue Saint-Jean avait été nommée ainsi en l’honneur de Jean Bourdon.

Saint Jean Baptiste de Sherbrooke

Nommée ainsi par Mgr Antoine Racine en souvenir de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Québec dont il avait été desservant pendant 21 ans.

Saint Jean de Dieu (Témiscouata)

Saint- Jean de Dieu est situé en arrière de Trois- Pistoles. Cette paroisse a été mise sous le patronage de saint Jean de Dieu, parce que aucune paroisse du diocèse de Rimouski n’avait encore choisi ce saint comme patron. C’est Mgr Jean Làngevin, premier évêque de Rimouski, qui donna ce nom en érigeant canoniquement la paroisse.

Saint Jean de la Croix (Montréal)

Saint-Jean-de-la-Croix est un démembrement des paroisses de Saint-Edouard, du Saint-Enfant- Jésus et de Saint-Laurent.

Cette paroisse a été placée sous le patronage de saint Jean de la Croix pour rappeler à la population

vivant à proximité du monastère du Carmel les vertus du directeur spirituel de sainte Thérèse.

On sait, en effet, que le mystique saint Jean, réformateur du Carmel, avait des entretien s fréquents avec sa célèbre coopératrice. On voit encore, à Avila, le cloître étroit témoin de ces colloques spirituels, dont on connaît la haute valeur par les ouvrages immortels que les deux saints nous ont laissés.

Saint-Jean rte l’île (l’Orléans (Montmorency)

Ainsi nommée en l’honneur du sénéchal de la Nouvelle-France, Jean de Lauzon, fils du gouverneur de Lauzon.

Saint-Jean rte Mailia (Joliette)

“ Rien ne semblait plus rationnel que d’ériger une paroisse sous le vocable de saint Jean de Matha dans le voisinage de celle de Saint-Félix de Valois. Les deux patrons de ces paroisses avaient longtemps vécu ensemble dans les plus fervents exercices de la piété chrétienne et sacerdotale. La parfaite union qui se forma et se maintint entre ces deux hommes par la conformité de leurs vues, de leur vertus et de leurs sentiments, leur fit voir que le ciel les avaient choisis pour travailler tous deux à une œuvre importante et marquée au coin de la charité la plus distinguée. Ils fondèrent ensemble l’Ordre de la Trinité, pour la rédemption des captifs. Ils ne se séparèrent de corps qu’à la voix du Souverain Pontife et afin de remplir certaines missions conformes d’ailleurs au but général de leur Ordre.

“ Les points de comparaison ne manquent pas entre les localités dont nous parlons et leurs patrons respectifs. Ces deux localités ne font autrefois qu’une seule et même paroisse ; l’union, une bonne entente

régnent entre elles. Elles se séparent, il est vrai, mais cl’un commun accord, à la voix du premier pasteur du diocèse et pour marcher au but général et légitimement désiré d’un progrès spirituel et civil. Lorsque les colons des nouveaux établissements veulent s’ériger en paroisse, ils en confèrent amicalement avec le curé de Saint-Félix de Valois. Celui-ci les approuve et les encourage, il leur fait espérer que l’évêque décidera dans le sens de leur requête, mais que dans tous les cas, il faut s’en rapporter d’avance à son jugement s’ils veulent que leurs démarches leur soient profitables.

“ Tout arriva comme il avait été prévu, et sans aucun doute, suivant les vues de la divine Providence.” (1)

Saint-Jean Descliaillons (Lotbinière)

La seigneurie Deschaillons fut accordée le 25 avril 1674 à Jean-Baptiste de Saint-Ours, sieur Deschaillons, officier dans les troupes du détachement de la marine. Deschaillons était le nom d’une terre que possédait la famille de M. de Saint-Ours dans le Dauphiné.

C’est également eu l’honneur de son premier seigneur que la paroisse reçut saint Jean-Baptiste pour titulaire.

Saint Jean l’Evangéliste (Bonaventure)

Cette paroisse étant la première érigée par Mgr Langevin, premier évêque de Rimouski, il était bien juste qu’il la plaçât sous la protection de son saint patron.

(1) L’abbé T. Prévost, Histoire d’un établissement paroissial, Saint- Jean de Mat ha, p. 46.

Saint Jean Port Joli (Islet)

^sous ignorons quand le fief de Port- Joly commença a être connu sous ce nom qui ne pouvait mieux convenir à cet endroit dont le port, formé par une petite rivière qui vient y déboucher, est en effet très joli.

Saint- Jérôme (Cliarlevoix)

Cette concession de Saint-Urbain fut nommée ainsi en l’honneur de M. Jerome Deniers, supérieur du séminaire de Québec.

Saint Joaelilm (Montmorency)

La paroisse de Saint- Joachim fut détachée de celle de Sainte- Anne de Beaupré. Il était convenable de mettre l’époux à côté de l’épouse.

Mgr de Laval, parlant de la construction de la future chapelle de Saint-Joachim, dit, le 6 octobre 16S4 : “ cpii sera dédiée et consacrée en l’honneur de saint J oachim comme étant une personne de la Ste Famille, ou au choix du Séminaire à toute la sainte Famille à laquelle est dévouée le dit Séminaire des Missions Etrangères de Québec ”. (1)

Saint- Joachim (Château*; uay)

Les Jésuites qui possédaient la seigneurie du Sault Saint-Louis et avaient ouvert une église à Caughnawaga, établirent une mission au bassin de Châteauguay en 1727. Us placèrent cette mission sous le patronage de saint Joachim en l’honneur du seigneur de Châteauguay à cette époque, Joachim Robutel de La Noue.

(1) Note de M. l’abbé Amédée Gosselin.

Saint- Joachim (Sliefiford)

Saint- Joachim est voisin de Sainte-Anne de Stukely. C’est la raison du choix du titulaire.

Saint-Joseph de Blandford (Nicolet)

Le premier curé de Saint- Joseph de Blandford fit mettre cette paroisse sous le patronage du père nourricier de Jésus par considération pour la mémoire de son père, M. Joseph Manseau, notaire, de Drummondville.

Saint-Joseph de la Beauce

En l’honneur de Joseph Fleury, sieur de la Gorgendière, son premier seigneur.

Saint- Joseph de la Mékinac (Champlain)

La première mission à cet endroit fut donnée par M. l’abbé Prince, le 1S septembre 1885, jour de la fête de saint Joseph de Cupertino. En conséquence, M. Prince donna à la mission le nom de Saint-Joseph.

Saint-Joseph de Lepag-e (Matane)

Saint- Joseph de Lepage est située dans la seigneurie Lepage et Thibierge. Le Grand Remous, qui ht partie de cette paroisse, avait reçu depuis longtemps le nom de village Saint-Joseph.

Saint-Joseph de Soulanges

Joseph-Dominique-Emmanuel LeMoyne de Longueuil, seigneur de Soulanges, a donné son premier prénom à la paroisse de Saint-Joseph de Soulanges.

Saint Jovlte de Salaberry (Terrebonne)

Le canton de Salaberry rappelle le souvenir du héros de Châteauguay.

Saint Jovite est un martyr de Brescia dont la fête est célébrée le 15 février. Or c’est le 15 février que la première messe a été dite dans cette localité alors couverte de forêts.

Saint J nies (Bonaventure)

Beaucoup de protestants habitent le territoire compris dans les limites de la paroisse. On sait que le pape Jules II a combattu les hérétiques en se mettant à la tête de ses armées.

Saint Lambert (Chainbly)

Le nom de côte Saint-Lambert, donné à la rive sud du fleuve Saint-Laurent, vis-à vis Montréal, a existé dès le commencement de la colonisation de cette partie du pays. La côte Saint-Lambert faisait partie de la seigneurie de la Prairie de la Magdeleine, qui s’étendait de la ligne sud-ouest de la baronnie de Longueuil à la ligne nord-est de la seigneurie du Sault Saint-Louis et qui fut donnée aux Jésuites par François de Lauzon, le 1er avril 1647. Cette seigneurie se composait de deux localités dénommées la Prairie plus tard la côte de Saint-Lambert, ou Mouille- Pied, dans sa partie adjoignant Longueuil, et la Prairie de la Madeleine, dans sa partie supérieure.

C’est en l’honneur de Lambert Closse, major de Ville-Marie et gouverneur en l’absence de M. de Maisonneuve, que la seigneurie des Jésuites fut appelée Saint-Lambert.

Lambert Closse fut, parmi les premiers colons de Montréal, un des plus braves, et il perdit la vie, en combattant pour son pays, le 6 février 1662. Les Relations des Jésuites de cette même année donnent de grands éloges à sa mémoire : “ C’était un homme dont la piété ne cédait en rien à la vaillance, et qui

avait une présence d’esprit tout à fait rare dans la chaleur des combats. Il a tenu ferme à la tête de 26 hommes seulement contre 200 Onnontagués, combattant depuis le matin jusqu’à trois heures aprèsmidi, quoique la partie fut si peu égale. Il leur a fait souvent lâcher prise, les repoussant des postes avantageux et même des redoutes dont ils s’étaient emparés, et a justement mérité la louange d’avoir sauvé Montréal et par son bras et par sa réputation.”

Saint-Laurent, Fleuve

Le 10 août 1535, Jacques Cartier envoyé par François Ier, entrq dans la baie aujourd’hui connue sous le nom de baie Sainte-Geneviève : “ Et, dit-il, parce que nous ne trouvâmes nuis hables à la dite terre du su, feismes porter vers le nort oultre le précédent hable de environ dix lieues, où nous trouvasmes une moult belle et grande baie, pleine d’îles et bonnes entrées et passage de tous les vents qu’il savait faire : Et pour conaissance d’icelle baie y a une grande île comme un cap de terre, qui s’avance plus hors que les autres ; Et sur la terre environ deux lieues, y a une montagne faite comme un tas de blé, nous nommâmes la dite baie la baie Saint-Laurent.” Cartier nomma donc cette baie Saint-Laurent parce qu’il y entra le jour de la fête de ce saint.

De cette baie, le nom de Saint-Laurent s’étendit au golfe puis au fleuve qui s’y décharge, au lieu de celui de Grande rivière du Canada que les Sauvages lui donnaient.

Saint-Laurent de l’île d’Orléans (Montmorency)

Cette paroisse fut en premier lieu érigée sous le vocable de saint Paul et elle porta ce nom jusqu’en 1698. Elle fut mise alors sous le patronage de saint

Laurent en l’honneur de M. Laurent Mauvide, le seigneur du lieu.

Saint- Lazare (Bellechasse)

M. Lazare Buteau fut un des bienfaiteurs de la paroisse naissante.

Saint-Lazare (Yantlreuil)

Saint Lazare et ses deux sœurs sainte Marie-Madeleine et sainte Marthe étant réunis dans le ciel on a voulu les réunir de nouveau sur la terre en mettant trois paroisses eirconvoisines du comté de Vaudreuil sous leur patronage respectif.

Saint-Liboire (Bagot)

Un digne curé de Saint-Simon, M. Liboire Girouard, a beaucoup contribué à la fondation de Saint-Liboire. (1)

Saint-Lin (les Laurentides (L’Assomption)

Saint-Lin, située dans la seigneurie de Lachenaie, était originairement connue sous le nom de Saint-Lin de Lachenaie. Lorsque le village Saint-Lin fut incorporé on lui donna le nom de Saint-Lin des Laurentides, à cause de sa proximité des montagnes qui portent ce nom.

Saint-Lin est dans le voisinage de l’Assomption qui est sous le patronage de saint Pierre. Saint-Lin fut le successeur immédiat du prince des apôtres sur le trône des papes.

Saint- Louis, Lac

Le lac Saint-Louis reçut son baptême du fondateur de Québec.

(1) Note de M. l’ablé Bois.

Saint-Louis de Bonsecours (Richelieu

Le 8 août 1702, le gouverneur de Callières et l’intendant Bochart de Champigny concédaient au sieur Charron, supérieur des Frères Hospitaliers établis à Montréal, une lieue et demie de terre de front sur pareille profondeur, le long de la rivière Yamaska. Charron qui avait donné à son fief le nom de Bonsecours le vendit peu après à Louis Fezeret.

Saint-Louis de Bonsecours date de 1876. Première fondation de Mgr Louis-Z. Moreau, qui cette même année venait d’être sacré évêque de Saint-Hyacinthe, elle doit à cette circonstance d’avoir été mise sous le patronage du pieux roi de France, saint Louis.

Saint Louis de Gonzague (Dorchester)

C’est en l’honneur de M. Louis-Philippe Pelletier, député de Dorchester et ministre provincial, que cette mission a été mise sous le patronage de saint Louis de Gonzague. M. Pelletier rendit un grand service aux colons de la mission en leur obtenant de l’argent du gouvernement pour ouvrir les routes.

Saint- Louis de Gonzague (Beauharnois)

Cette paroisse fut probablement mise sons le patronage de saint Louis de Gonzague à cause de sa proximité du lac Saint-Louis.

Samt-Louis de Terrebonne

Louis Lepage était fils du premier seigneur de Rimouski. Il avait reçu l’ordre sacré de la prêtrise, le 6 avril 1715, des mains de Mgr de Saint- Yallier, deuxième évêque du pays. Après avoir été curé de l’île Jésus, près Montréal, il fut nommé le 9 juin

1721, chanoine du chapitre de Québec, en remplacement de feu messire le chanoine Pierre Picart.

hn 1731, le chanoine Lepage, achetait la seigneurie de Terrebonne et devenait le véritable fondateur de la paroisse de Saint-Louis de Terrebonne. Il donna six arpents de terre et une somme considérable d’argent pour la construction de l’église.

Saint-Louis du Ha! Ha! (Témlscoaata)

Le premier colon de cette paroisse fut Louis (Louison) Marquis.

Saint Luc (Matane)

C’est M. Luc Rouleau qui a fondé cette paroisse alors qu’il était curé de Matane.

Saint-Luc (Champlain)

La paroisse de Saint-Luc est formée d’une partie de celle de Saint-Tite. Saint-Tite et Saint Luc, étaient de grands amis. Vers l’an 56, ils furent envoyés à Corinthe par saint Paul.

De plus, Mgr Cooke, qui donna l’existence à cette paroisse, avait été sacré évêque le jour de la fête du saint apôtre. Double raison donc pour mettre cette paroisse sous son patronage.

Saint Luc (Saint Jean)

La paroisse de Saint-Luc a été érigée en 1799. Saint Luc, évangéliste, a dû être choisi comme titulaire à cause du voisinage de Saint-Mathieu de Belœil et de Saint-Marc. Ces deux paroisses ont, en effet, des évangélistes pour titulaires.

Saint-Lucien (Drummond)

Saint-Lucien fut la dernière paroisse érigée par Mgr Gravel. Il l’a mit sous le patronage de Saint-

Lucien, prêtre et martyr, comme marque d’affection et d’amitié à l’égard de M. Lucien Lavallée, curé de la cathédrale de Nicolet.

Saint-Ludgrer (Témiscouata)

En l’honneur de M. François-Xavier-Ludger Blais, curé de Saint-Patrice de la Rivière-du-Loup.

Saint-Magloire de Iîonx (lîellechasse)

Le canton Roux rappelle le souvenir de l’abbé Jean-Henri-Auguste Roux, supérieur de Saint-Sulpice, à Montréal.

Mgr Baillargeon plaça cette paroisse sous le patronage de saint Magloire en l’honneur de son pre-, mier desservant, M. Magloire Rioux. Saint Magloire, confesseur et pontife, était d’origine française et mourut évêque de Loi en Bretagne.

Saint Majorique du Nord-Ouest (Gaspé)

On appelle Nord-Ouest ou Bras du Nord-Ouest (par opposition au Bras du Sud-Ouest ) une jolie rivière qui se divise à son embouchure en une foule de canaux et de branches : ces canaux se jettent tous dans la baie de Penouïl.

Saint-Majorique du Nord-Ouest a été nommée ainsi en l’honneur de M. Majorique Bolduc, alors curé de Douglasstown.

Saint- Malacliie (Dorcliester)

Le nom de Saint-Malachie a été donné à cette paroisse par Mgr Baillargeon, parce que ses premiers habitants venaient des environs d’ Armagh,en Irlande. Saint Malachie occupa avec gloire et profit pour la religion le siège épiscopal d’Armagli.

Saint-Malo, Sainte Angèle de (Québec)

Le 1er juillet 1898, l’archevêque de Québec décrétait le démembrement de la paroisse de Saint-Sauveur et l’érection en paroisse autonome, sous le vocable de Sainte-Angèle, comme titulaire religieux, et sous celui de Saint-Malo, comme titulaire civil, d’un territoire contenant une superficie de 49,000 arpents.

Les Dames Ürsulines de Québec firent don à la nouvelle paroisse d’un terrain de 630 pieds de profondeur, sur 140 de front, pour le site de l’église et le presbytère. C’est en l’honneur de leur fondatrice fiue sainte Angèle a été choisie comme patronne.

La municipalité entière de Saint-Malo se trouvant incluse dans la nouvelle paroisse, lui donna naturellement son nom. D’ailleurs, rien de plus convenable, puisque Jacques Cartier, parti de Saint-Malo, débarqua sur les bords de la rivière Saint-Charles, non loin de l’endroit où se trouve cette jeune paroisse.

Saint-Marc des Carrières (Portnenf)

A Saint-Marc se trouvent des carrières de pierre à chaux bien connues.

Cette paroisse fondée le 27 avril 1901 fut mise sous le patronage de saint Marc parce qu’aucune paroisse du diocèse de Québec ne portait encore le nom de ce saint dont on avait célébré la fête l’avantveille.

Saint-Martial (Gaspé)

Cette paroisse fut nommée ainsi en l’honneur de son premier desservant, M. Martial Bilodeau, curé de Sainte-Anne des Monts.

Saint-Martin (Beauce)

Comme saint Martin de Tours est le patron de la Beauce en France, il était bien juste qu’il eût un pied à terre dans la nouvelle Beauce en Canada. C’est cette raison qui a inspiré au cardinal Taschereau l’idée de mettre cette paroisse sous le vocable de saint Martin.

Saint-Martin (Laval)

Les Récollets qui furent les premiers missionnaires de cette paroisse avaient donné à un rang le nom de Saint-François, à un autre celui de Saint- Antoine et à un troisième celui de Saint-Martin. C’est dans ce dernier que l’église fut construite. C’est probablement la raison qui a fait choisir le titulaire.

Saint Mathieu de Kioux (Kimouskl)

Cette seigneurie fut concédée le 6 avril 1751 au sieur Nicolas Rioux.

Saint-Mathieu de Rioux a été démembrée de Saint- Simon. Saint Simon étant apôtre on a dû lui donner pour voisin un apôtre, saint Mathieu.

Salut-Mathias de Kouville

Cette paroisse porta à l’origine le nom de Saint- Olivier ou Pointe-Olivier en l’honneur de Mgr Jean- Olivier Briand. C’est en 1S09 qu’on changea ce nom en celui de Saint-Mathias.

Saint-Maurice

“ Les Sauvages des rives du Saint-Maurice, les Algonquins, nomment cette rivière Métapiloténosépi. De ce mot de seize lettres, retranchons sépi qui veut dire rivière ; retranchons aussi l’o euphonique qui précède sêpi, il va nous rester Mêtapilotène. Souve-

nons-nous aussi que dans les langues sauvages on change très facilement b en p, d en t, e en i, l en r et réciproquement, nous constaterons alors que les Algonquins donnent au Saint-Maurice le même nom que lui donnent les historiens, c’est-à-dire Mctabêroutine ou celui de Métapêlodine.

“ Ce mot signifie décharge au vent , et fut employé, sans doute, pour désigner l’embouchure, qui forme une nappe d’eau exposée à tous les vents.

Jacques Cartier, qui a nommé le Saint-Laurent donna aussi un nom au Saint-Maurice ; il l’appela rivière de Fouez : “ Le mardy 5 jour dudict mois, nous feismes voille et appareillâmes avec nostre dict gallyon et barques pour retourner à la province de Canada au port de saincte Croix, où estoient demourez nos navires. Et le 7 jour nous vinsmes poser les travers d’une rivière qui vient devers le Nort, sortant audict fleuve : à l’entrée de laquelle y a quatre petites ysles plaines d’arbres : nous nomasmes icelle rivière la rivière du Fouez. Et pource l’une d’icelles ysles s’avance audict fleuve, et la veoit on de loing, feisft le cappitaine plater une belle grande croix sur la pointe d’icelle, et commenda apprester les barques pour aller avec marée, dedans icelle, pour voir la nature d’icelle.”

“ Nous écririons aujourd’hui rivière de Foix, s’il faut admettre l’interprétation de Lescarbot et de plusieurs autres ; et ce nom fut sans doute donné en l’honneur de quelque membre de la famille de Foix qui jouait alors un certain rôle en France. On le conserva quelque temps, mais il tomba peu à peu en désuétude.

“ Les traitants, à partir de Pontgravé, appelèrent le Saint-Maurice les Trois-Rivières ou la rivière des Trois-Rivières.

“ Rivière des Trois-Rivières n’était pas un nom très euphonique aussi le peuple lui substitua bientôt celui de fleuve Saint-Maurice. Dans un jugement rendu par l’intendant Bégon en 1723, il est dit que le fief Saint-Maurice est situé sur la rive ouest de la rivière vulgairement nommée fleuve cle Saint- Maurice.

“ II est très probable qu’elle fut nommée ainsi en l’honneur de M. Maurice Poulin, sieur de la Fontaine.

“ Dans ses Mémoires, M. de Sales Laterrière désigne toujours le Saint-Maurice par le nom de rivière Noire ; il ne parait pas, cependant, que cette dénomination ait jamais été admise par un grand nombre de personnes.

“ Les Canadiens qui aiment à donner des surnoms aux hommes et aux choses désignent le Saint-Maurice sous le nom de Les Chenaux .” (1)

Saint-Maurice (Cliamplain)

La paroisse de Saint-Maurice est située sur la rivière Saint-Maurice.

Saint-Métliode (Lac Saint-Jean)

Les paroisses de Saint-Cyrille de Normandin et de Saint-Méthode sont voisines. Saint Cyrille et saint Méthode étaient frères.

Saint-Michel (Bellechasse)

Le 29 octobre 1672 l’intendant Talon concédait au sieur Olivier Morel de la Durantaye, capitaine au régiment de Carignan, la quantité de deux lieues de terre de front sur autant de profondeur, à prendre sur le fleuve Saint-Laurent, “ tenant d’un côté à demi-arpent au-delà du sault qui est sur la terre du sieur des Islets, et de l’autre le canal de Bellechasse.”

(1) L’abbé N. Caron, Deux voyages sur le Saint -Maurice.

La seigneurie de Morel de la Durantaye fut d’abord connue sous le nom de La Durantaye et elle fut placée sous le patronage de saint Laurent.

Vers le commencement du dix-huitième siècle les seigneurs de l’île et comté de Saint-Laurent (île d’Orléans), demandèrent à l’évêque de Québec d’y ériger une paroisse sous le vocable de saint Laurent. L’évêque se rendit à leur désir. C’est alors qu’il substitua saint Michel à saint Laurent comme patron de la seigneurie de la Durantaye.

Saint-Michel de Vaudreuil

En 1 1 Go, Michel Chartier de Lotbinière, ingénieur en chel de la Nouvelle-France, acheta la seigneurie de ^ audreuil. C est en l’honneur de M. de Lotbinière qu’en 1829 Mgr Panet érigea canoniquement la paroisse sous le patronage de saint Michel.

Saint-Modeste (Téiniscouata)

En 1S48 ou 1849, Mgr Deniers vint au Canada et de paroisse en paroisse se rendit jusqu’à Rimouski. A Cacouna, il reçut l’hospitalité de M. Benjamin Grenier, curé de la paroisse. M. Grenier s’occupait alors de la formation d’une nouvelle paroisse. A l’occasion de cette visite M. Grenier obtint de l’évêque que sa fondation fut mise sous le patronage de saint Modeste en l’honneur de Mgr Modeste Deniers.

Saint-Moïse du chemin Matapédiac (Matane)

» La paroisse de Saint-Moïse a été placée sous le patronage de saint Moïse, en l’honneur de. M. Moïse Duguay, curé de Sainte-Flavie, d’où les premiers colons étaient originaires.

Saint-Narcisse de Beaurivajre (Lotbinière)

On a mis cette paroisse sous le patronage de saint

Narcisse en l’honneur d’un de ses bienfaiteurs, M. Narcisse Drouin, de Saint-Gilles de Beau rivage.

Saint-Nazaire (Dorchester)

Mgr Louis-Nazaire Bégin, archevêque de Québec.

Saint-Nérée (Belleciiasse)

En l’honneur de M. Nérée Gingras, curé deSaint- Gervais, qui a fondé cette paroisse en 1883.

Saint-Omer (Bonaventure)

Saint-Omer a été érigée en paroisse le 27 avril 1899. C’est M. Orner Normandin, curé de Saint-Joseph de Carleton, qui a jeté les bases de cette jeune paroisse.

Saint-Ours (Richelieu)

Le capitaine Pierre de Saint-Ours, natif du Dauphiné, était parent du maréchal d’Estrades, vice-roi de la Nouvelle-France. La seigneurie de Saint-Ours lui fut accordée en 1672.

Saint-Pacôme (Kamouraska)

C’est le long de la rivière Ouelle que se trouvaient autrefois les pauvres villages désignés sous les noms de Brise- Culottes, Roule- Billots. C’est par allusion à la pauvreté des habitants de ces villages qu’on a placé la paroisse sous le patronage de saint Pacôme, anachorète de la Tliébaïde, qui ne vivait que de racines.

Saint-Pampliile (Islet)

Lors de la fondation de cette paroisse, feu le notaire Pamphile Verrault, de Saint-Jean Port-Joli, était député du comté de l’Islet. Il fut aussi un bienfaiteur insigne de la nouvelle paroisse. C’est donc

en mémoire de son bienfaiteur qu’elle a pris le nom de Saint-Pamphile.

Saint-Pasclial (Kamouraska)

Cette paroisse a été placée sous la protection de saint Paschal, en 1 honneur de M. Paschal Taché, seigneur de Kamouraska.

Saint-Patrice de Beaurivage (Lotbinière)

En 1860, un certain nombre d’Irlandais de Saint- Sylvestre habitant tous la même concession, demandèrent à Mgr Baillargeon, alors administrateur de l’archidiocèse de Québec, la permission de se bâtir une église. Cette permission leur ayant été refusée, ils élevèrent quand même une modeste église. Pendant cinq ans l’autorité ecclésiastique les priva de prêtres et de sacrements. A la fin, M. Edouard Fafard, curé de Saint-Sylvestre, après bien des efforts auprès des habitants pour les engager à se soumettre et des sollicitations auprès de l’évêque pour obtenir la réconciliation de cette partie de son troupeau, obtint la permission de bénir leur église et d’y dire la messe une fois par mois. La nouvelle paroisse fut mise sous le patronage de saint Patrice parce que cette concession habitée par des Irlandais, venus d’Irlande, était déjà connue sous ce nom.

Saint-Paul (le la Croix (Témiscouata)

Mgr Langevin mit cette paroisse sous le patronage de saint Paul de la Croix, parce que, lors de sa fondation, ce saint venait d’être canonisé par Pie IX.

Saiut-Paul de l’ île- aux- Noix (Saint-Jean)

En l’honneur de Mgr Paul Bruchési, archevêque de Montréal.

Saint-Pbiléas de Villeroy (Lotbinière)

Saint-Philéas : Du prénom du premier desservant de cette mission, M. Philéas-J. Fillion, du séminaire de Québec.

Villeroy : La gare de l’Intercolonial avait d’abord été appelée Kingsburg, du nom de MM. Iving, propriétaires de limites à bois en cet endroit. Ce nom a été changé en Villeroy, un peu pour traduire le nom anglais (Kingsburg) et un peu en souvenir de l’organisateur de la mission, M. F.-E. Roy, agent de la gare Intercolonial.

Saint-Pbilémon de Mailloux (Bellecbasse)

Cette paroisse a été démembrée en partie de Saint- Paul du Buton. Saint Philémon fut le disciple bienaimé de saint Paul.

Saint Pie de Guire (Yaïuaska)

La seigneurie de Guire fut concédée, le 23 septembre 1751, au sieur Joseph de Guire dit des Rosiers. Cette paroisse fut mise sous le patronage de saint Pie V, pape, lors de son érection canonique en 1866, en l’honneur de Pie IX, alors sur le trône papal.

Saint-Pierre de Howick (Cbâteauguay)

En 1894, une assemblée assez originale eut lieu à Howick. A environ quatre milles de l’église se trouve un petit village habité par des Canadiens- Français, qui jusqu’à ces derniers temps n’avait pas encore de nom particulier. Dans l’été de 1894 donc, les gens de ce village se réunirent en assemblée plénière et baptisèrent leur village Saint-Pierre de Howick, en mémoire du premier canadien établi

dans cette partie de la paroisse, Pierre Bourcier dit La vigne. (1)

Saint-I ierre (le la Bivière-du-Sud (Montmaguyj

Le fondateur de l’église de cette paroisse fut Pierre Blanchet.

Saint-Pierre (le Sorel (Richelieu)

Le premier seigneur de Sorel se nommait Pierre de Sorel.

Saint-Pierre du Lac (Mataue)

Cette paroisse formée par M. Pierre Brillant sur le bord du lac Matapédiac, prit le nom de son fondateur qui en fut le premier curé.

Saint-Pierre Baptiste (Megan tic)

Saint Pierre-Baptiste est un des vingt-six martyrs du J apon crucifiés vers la fin du dix-septième siècle. Ces martyrs furent canonisés par Pie IX le jour de la Pentecôte en 1S62. La mission de Saint-Pierre- Baptiste ayant été ouverte vers cette époque ce saint eu fut choisi pour titulaire.

Saint Placide (Deux-Montagnes)

Saint-Placide est un démembrement de Saint- Benoit. Lorsque saint Benoit se retira pour la deuxième fois dans le désert de Subiaco, le sénateur romain Tertulle lui amena Placide, son fils aîné, âgé seulement de sept ans. Un jour que Placide puisait de l’eau au lac de Néron, le poids de la cruche l’entraîna, et il tomba dans les ondes. Saint Benoit ordonne à saint Maur, son fidèle disciple, de voler au secours de l’enfant. Sur la parole de son supérieur, Maur part sans hésiter, et plein de confiance

(1) La Presse, 29 juin 1894.

dans l’ordre qu’il a reçu, il marche sur les eaux, et retire Placide du gouffre dans lequel il allait disparaître.

Saint-Prime (Lac Saint Jean)

Le nom de Saint-Prime a été donné à cette paroisse par Mgr Racine, premier évêque de Chicoutimi, en l’honneur de M. Prime Girard, deuxième curé de Roberval, qui le premier donna la mission aux nouveaux colons vers 1868.

Saint-Prosper (Champlaiu)

Cette paroisse fut érigée par Mgr Turgeon, archevêque de Québec, le 27 février 1850, sous l’invocation de saint Prosper d’Aquitaine, évêque et docteur de l’église, en l’honneur de Prospèr Méthot, notaire de Sainte-Anne de la Pérade.

Saint-Prosper (Dorchester)

C’est M. Prosper Meunier qui fonda la mission de Saint-Prosper, alors qu’il était curé de Saint-Zacharie de Metgermette.

Saint- Kapliaël (Bellecliasse)

En souvenir de M. François-Raphaël Paquet, curé de Saint-Gervais de 1806 à 1838.

Saiijt Régis (Huutingdon)

“Saint Jean-François Régis brûlait de répandre son sang pour Jésus-Christ. Comme les Jésuites venaient, au prix de fatigues inouïes, d’inaugurer les missions du Canada, il écrivait au général de la compagnie de Jésus pour qu’on l’y envoyât : “ Je me sens, mon très révérend père, un si véhément désir de passer au Canada pour m’y consacrer au salut des peuples sauvages qui l’habitent, que je croirais manquer à la

vocation divine si je ne vous manifestais les sentiments que Dieu m’inspire à cet égard. Je vous les expose aujourd’hui et je vous supplie très instamment d’exaucer mes vœux, malgré mon indignité. Ma confiance en la bonté de Dieu est si grande qu’elle ne me permet pas de douter que vous 11e m’accordiez la grâce que je vous demande avec larmes et que je souhaite si ardemment . ”

“ Le Père Vitelleschi, alors général de la compagnie de Jésus, ne crut pas devoir accorder l’autorisation demandée. U11 an plus tard, le saint homme revenait encore à la charge : “ Vous avez eu la bonté de m’écrire que vous auriez égard au dessein que Dieu m’a inspiré d’aller annoncer l’Evangile aux peuples du Canada, lorsque le temps aurait mûri ma vocation. Je vous supplie de faire attention que ce dessein, que Dieu a fait naître dans mon cœur, il y a une année entière, et qui s’y est toujours fortifié depuis le premier moment, est un fruit du ciel, parvenu à parfaite maturité, ayant été si souvent arrosé de mes larmes, et si longtemps échauffé par le feu de l’ Esprit-Saint. Ayez donc la bonté d’exaucer des vœux si ardents. . ” Cette fois encore le général, tout en louant son zèle, lui annonça qu’il ne pouvait point passer chez les Hurons.

“ Saint Jean-François Régis a donc été au moins de cœur un apôtre du Canada. Aussi, lorsque l’Eglise le mit au nombre des saints, les Jésuites du Canada s’empressèrent de mettre leur mission sous son patronage.” (1)

Saint-Rémi de Tingavick (Artliabaska)

Mgr Laflèche, lorsqu’il s’agit de donner un patron

(1) L’abbé David Gosselin, Semaine religieuse de Qpébec.

à la nouvelle paroisse, demanda à ceux qui allèrent le voir à cet effet quel était le nom du premier colon de la localité. Il se nommait Rémi Grenier, lui répondit-on. Eh bien ! ajouta l’évêque, votre paroisse aura pour patron saint Rémi, en souvenir de son premier colon.

Saint-Rémi du Lac aux-Sables (Portneuf)

Mis sous le patronage de saint Rémi par Mgr Bégin, quelque temps après son retour de Reims, où il avait célébré avec l’élite du clergé français le quatorzième centenaire du baptême de Clovis par saint Rémi.

Saint Robert (Richelieu)

Une grande partie du territoire actuel de Saint- Robert, était la propriété d’un M. Robert.

Saint- Rocli (Québec)

Le nom de Saint-Roch donné à cette paroisse doit lui venir de la petite chapelle ou ermitage que les Recollets y bâtirent sur le bord de la rivière Saint- Charles, quelque part vers le Palais, en 1694 ou 95, et qu’ils auraient mis sous l’invocation de saint Rocb, en souvenir du faubourg Saint-Roch, qui se trouvait dans la ville de Paris. L’annaliste du monastère de Notre-Dame des Anges (Mgr de Saint- Vallier et V Hôpital-Général) parlant de cet ermitage dit : “ C’est le petit hospice de Saint-Roch dont il est parlé dans nos annales ”.

Dans l’échange que fit Mgr de Saint-Vallier avec les Récollets, au sujet de leur couvent de Notre-Dame des Anges (maintenant l’Hôpital-Général), ces religieux voulaient se réserver quatre arpents pour un jardin dont ils tireraient des légumes et aussi pour y

batii un petit ermitage a y faire leurs retraites ; mais Mgr de Saint-!' allier préféra leur donner douze cents livres de plus que le montant stipulé pour leur aider à se procurer un autre terrain ailleurs, sur le bord de 1 eau, ou ils auraient un lieu de débarquement pour leur chaloupe. Le 4 novembre 1693, Frontenac accorde aux Récollets “ 3 arpents de terre, près du palais de 1 Intendant, pour un ermitage ou retraite, etc. ”. . Mgr de Saint- Vallier permit aux Récollets d établir en cet endroit le dit ermitage pour y faire les dites retraites, et dy avoir une chapelle avec un petit clocheton pour y sonner la messe.

A oilà ce que nous croyons être l’origine du nom de Saint-Roeh donné à cette paroisse. (1)

Saint-Koch (Richelieu)

Le Seigneur Roch de Saint-Ours est considéré comme le fondateur de cette paroisse.

Saint Koch de l’Achigan (L’Assomption)

En considération de Roch de Saint-Ours, propriétaire de la seigneurie de Lachenaie, dans laquelle était située cette paroisse. M. Roch de «aint-Ours, selon la tradition locale, donna à cette paroisse une terre de trois arpents sur trente. (2)

Saint-Koch d’Orford (sherbrooke)

La gare et le bureau de poste portant le nom de Rock-Forest ont suggéré à l’évêque de mettre la paroisse sous le patronage de saint Roch.

Saint Sauveur de Québec

Saint-Sauveur fut nommé ainsi en l’honneur de

(l)Philéas Gagnon, le Soleil, 1er juillet 1890. (2) Annuaire de Ville-Marie, vol. 1er, p. 59.

M. LeSueur, prêtre français, à qui les Canadiens donnaient le nom de Saint-Sauveur parce qu’il avait été curé de Saint-Sauveur de Thury.

Saint-Sévère (Saint-Maurice)

M. Sévère-Nicolas Dumoulin, curé de Sainte- Anne d’Yamachiche, prit une grande part à la fondation de cette paroisse.

Saint-Sévérin de Beaurivage (Beauce)

En l’honneur de M. l’abbé Edouard-Sévérin Fafard.

Saint-Simon de Kamsay (Bagot)

Les paroisses de Saint-Simon et de Saint- Judes sont voisines. Les deux apôtres Simon et Judes, après avoir reçu le Saint-Esprit, prêchèrent dans la Judée, la Samarie et la Syrie. Plus tard ils allèrent ensemble en Perse. A Snanyr, les mages s’emparèrent d’eux, les menèrent devant les images du soleil et de la lune, et les sommèrent de les adorer ; les apôtres refusèrent, et furent massacrés. Les corps des martyrs furent transportés à Rome, puis à Toulouse où ces saintes reliques se trouvent aujourd’hui.

Saint-Sixte (Ottawa)

Un lac des environs était connu depuis longtemps sous le nom de San-Sic. Il n’est pas impossible que les autorités religieuses aient donné le nom de Saint- Sixte à cause de la consonnance des deux noms.

Saint-Stanislas de Ivostka (Beauliarnois)

Saint Stanislas de Ivostka est le patron de la jeunesse. Il paraît que lors de la fondation de cette paroisse, les jeunes gens qui habitaient son territoire avaient besoin d’un protecteur très puissant au ciel.

Saint Sulpice (L’Assomption)

La seigneurie de Saint-Sulpice concédée primitivement le 17 décembre 1640 à MM. Cherrier et LeRoyer passa plus tard entre les mains des MM. de Saint-Sulpice de Montréal.

Saint Théophile d’Ely (Sliefford)

Cette paroisse fondée en 1905 a pris le nom de son fondateur, M. L. -Théophile Descarries, curé de Saint-Joseph d’Ely.

Saint Théophile du Lac à la Tortue (Champlain)

Ce lac a la forme d’une tortue.

De passage au lac à la Tortue en 1887 Mgr Laflèclie décida de fonder une paroisse sur ses bords et, comme préliminaire, il le mit sous la protection d’un saint. En souvenir de M. Théophile Sicard de Carufel, premier curé de Notre-Dame de Mont- Carmel, dont cet endroit faisait partie, il le mit sous la protection de saint Théophile, martyr du troisième siècle, dont la fête se célèbre le 23 juillet.

Saint-Thomas (Joliette)

Cette paroisse est un démembrement de Sainte- Elisabeth. Connue d’abord sous le nom de Jersey- Nord, cette partie de territoire se trouvait trop éloignée de l’église ; en 1838, quelques-uns de ses habitants décidèrent de demander l’érection d’une nouvelle paroisse. La permission ayant été accordée, ils se mirent à l’œuvre, et aidèrent à la construction de l’église et de la sacristie, soit par souscription volontaire, soit en fournissant des matériaux. La nouvelle paroisse reçut le titulaire de Saint-Thomas, du nom de M. Thomas Brassard, alors curé de Sainte-

Elisabeth, lequel avait généreusement secondé les efforts des habitants de Jersey-Nord. (1)

Saint-Thomas d’Aquin (Saint Hyacinthe)

La paroisse de Saint-Thomas d’Aquin a été détachée de celle de Notre-Dame de Saint-Hyacinthe, desservie par les Pères Dominicains. Thomas d’Aquin a été la plus belle figure de l’ordre de saint Dominique.

Saint-Thomas de Montmagny

Le premier missionnaire ou desservant de cette paroisse fut M. Thomas Morel. On peut donc raisonnablement supposer qu’elle fut mise sous le patronage de saint Thomas en l’honneur de ce saint prêtre.

Saint Thurihe de Grandbois (Portneuf)

Saint Thuribe était un évêque du Pérou, et il est le premier saint canonisé des deux Amériques.

Grandbois est le nom d’un citoyen universellement estimé dans Saint-Casimir par sa respectabilité incontestable et par les services qu'il rend à un grand nombre de familles en leur procurant de l’ouvrage dans l’industrie du bois.

Saint-Tite des Caps (Montmorency)

Saint-Tite est située sur les caps, en arrière du cap Tourmente. Cette paroisse fut ainsi nommée à l’occasion de l’inscription de ce saint au calendrier romain sous Pie IX.

Saint Ubald (Portneuf)

Saint- Ubald a pris son nom de Ubald Gingras, un de ses premiers colons.

(1) Le diocèse de Montréal à la fin du XIXe siècle, p. 690.

SaintUrbain (Ckarlevoix)

Saint-Urbain rappelle le nom d’un des premiers supérieurs du séminaire de Québec, M. Urbain Boiret.

Saint-Urbain I (Cbâteauguay)

La paroisse de Saint-Urbain I a été détachée de celle de Sainte-Martine. C’est sous le pontificat de saint Urbain I que sainte Martine a subi le martyre.

Saint.- Valérien (Rimouski)

Cette paroisse étant un démembrement de celle de Sainte-Cécile du Bic, l’autorité diocésaine a jugé convenable de lui donner le nom de Saint- Valérien. Saint Valérien, martyr, était l’époux de sainte Cécile.

Saint- Valérie n de 3Iilton (Sliefïord)

Les parents de sainte Cécile la marièrent à un jeune païen, nommé Valérien. Cécile, qui avait fait vœu de se consacrer au Seigneur, se sentit toute troublée lorsqu’elle fut seule avec Valérien.

— Jeune et tendre ami, dit-elle à son époux, j’ai un secret à te confier ; mais jure-moi cpie tu sauras le respecter.

— Je lç jure.

— Un ange du Seigneur me garde ; il t’aimera comme il m’aime, et il te prodiguera ses faveurs, si comme moi tu te consacres à Dieu.

— Si tu veux que je croie à ta parole, fais-moi voir cet ange.

— Tu le verras quand tu auras été purifié.

— Qui me purifiera ?

— Le chef des Chrétiens, le saint pontife Urbain :

va le trouver.

Valérien obéit : lorsqu’il eut été baptisé par le Pape, il retourna chez Cécile. Elle priait, et près d’elle, resplendissant, l’ange du Seigneur tenait deux couronnes entrelacées de roses et de lis ; il en posa une sur la tête de Cécile, l’autre sur celle de Valérien. La première pensée de celui-ci fut d’associer à son bonheur son frère : il l’amena à Cécile, qui le fît baptiser. Les deux frères ne tardèrent pas .à conquérir dans d’horribles supplices la palme du martyre. (1)

Comme on le voit, l’autorité religieuse avait de bonnes raisons de mettre la paroisse de Saint- Valérien de Milton, voisine de la paroisse de Sainte- Cécile de Milton, sous le patronage de saint Valérien.

Saiut-Valier (Bellechasse)

Au commencement du dix-huitième siècle, Mgr de Saint-Vallier, deuxième évêque de Québec, acheta pour la somme de 30,000 livres, de Louis-Joseph Morel de la Durantaye, la moitié du fief concédé à son père en 1672 et en 1696. C’est à cette époque que ce nouveau domaine, donné en pur don aux religieuses de l’ Hôpital-Général, prit le nom de Saint- Vallier. (2)

Saint Victor de Tring (Beauce)

A Montréal, vers 1860, une maison de commerce

faisait une spécialité de pousser les jeunes gens à

aller s’établir comme marchands dans les nouvelles

colonies : c’était l’ancienne maison Ephrem et Victor Hudon. Ils étendirent leurs opérations dans tous les cantons de l’Est, jusque dans les cantons de Beauce : témoin, la paroisse de Saint- Victor de Tring,

(1) L’abbé G. Bouras^a, Conférences et discours, p. 85.

(2) Mgr de Saint- Vallier et /’ Hôpital-Général de Québec.

ainsi nommée d’après l’un des chefs de cette maison, M. Victor Hudon.

Saint-Wllbrod (Lac Saint Jean)

Cette paroisse a! été détachée de la paroisse d’Hébertville. M. Wilbrod Barabé était, lors de cette fondation, curé d’Hébertville.

Saint-Zéplilrin de Stadacona (Québec)

Le village Stadacona est situé sur les bords des rivières Saint-Charles et Lairet.

Stadacona a été mis sous le patronage de saint Zéphirin en l’honneur de M. Zéphirin Charest, premier curé de Saint-Roch de Québec.

Saint-Zotique (Soulauges)

La paroisse de Saint-Zotique fut érigée l’année même que Mgr Bourget apporta au Canada les reliques de saint Zotique.

Sainte-Adèle (Terreboune)

C’est l’honorable A.-N. Morin qui est le fondateur de la paroisse de Sainte-Adèle, qui a pris le nom de sa digne épouse, Adèle Raymond. L’œuvre de M. Morin se fit sentir bien loin dans le Nord ; son grand cœur ne pouvait distinguer aucune paroisse, aucun canton ; il fut une providence pour tous ceux qui venaient lui demander secours et conseil. Il aimait à venir se réfugier dans ces montagnes, et il faisait ses délices de quitter pour cette sauvage retraite les grandes villes où ses occupations de ministre, de juge ou de codificateur le retenaient longtemps. C’était son bonheur de venir s’asseoir au milieu des colons de Sainte- Adèle, qui, tout pauvres qu’ils étaient, l’approchaient avec confiance. (1)

(l) Testard de Montigny, La co'onisation, p 100.

Sainte Agathe (Lotbinière)

Les premiers colons de Sainte-Agathe étaient des Irlandais. C’est probablement pour cette raison qu’on a donné pour patronne à cette paroisse sainte Agathe, qui est la patronne de l’église des Irlandais à Rome.

Sainte-Agathe des Monts (Terrebonne)

Sainte-Agathe des Monts est un nom bien choisi. Le village qui prend rapidement les proportions d’une petite ville, est situé près du sommet de la première chaîne des Laurentides, au seuil même de la région des forêts vierges la plus étendue de l’univers.

Sainte- Angèle de Laval (Nicolet)

Cette paroisse, démembrée de Bécancour, était connue autrefois sous les noms de Passage du Fleuve, d’île de Bécancour ou de Poste Doucet.

C’est M. Charles-Olivier Caron, grand-vicaire de Trois-Rivières, qui choisit le vocable Sainte-Angèle. Il voulait ainsi honorer les Ursulines de Trois- Rivières dont il était le chapelain. On sait que sainte Angèle de Mérici avait une très grande dévotion à sainte Ursule. Elle donna le nom d’Ursulines aux religieuses de son ordre pour les mettre sous la protection de l’illustre martyre de Cologne.

Sur la suggestion de M. Edouard Thibaudeau, on ajouta “ de Laval,” en l’honneur du premier évêque de Québec et pour distinguer la paroisse de celles de Sainte-Angèle de Mérici, comté de Matane, et de Sainte-Angèle de Monnoir, comté de Rouville.

Sainte- Angèle de Mérici (Matane)

Une des seigneuresses de Rimouski, Angèle Drapeau, avait fait don à la mission d’une garniture de chandelier d’autel en bronze argenté. Par reconnaissance, M. Charles Cloutier, curé de Saint-Octave de Métis, fondateur de la mission, voulut la mettre sous la protection de sainte Angèle de Mérici. “Je demande respectueusement, écrivait-il le 22 août 1864 à l’archevêque de Québec, que cette nouvelle mission soit placée sous la protection de sainte Angèle de Mérici.” Les vœux de l’excellent curé furent exaucés ; la mission obtint la patronne qu’elle désirait et, quelques années plus tard, le 18 mars 1869, elle était canoniquement érigée en paroisse sous le même nom.

Sainte-Aune de Beaupré (Montmorency)

Une tradition assez répandue veut que la première chapelle de cette paroisse ait été bâtie par des matelots bretons, surpris par la tempête en remontant le Saint-Laurent, et qui firent vœux d’ériger une chapelle sous le vocable de sainte Anne, là où ils réussiraient à mettre pied à terre.

“ Avant 1658, dit M. Faillon, il n’existait à la côte de Beaupré, aucune église ou chapelle dédiée à sainte Anne. Celle dont M. de Queylus désigna la place et détermina le nom fut la première qui eût été érigée en Canada sous ce vocable, quoiqu’il axistât déjà dans l’église paroissiale de Québec, un autel dédié à Dieu, sous le nom de cette sainte.

“ Si M. de Queylus, continue le savant historien, plaça cette église sous le vocable de sainte Anne, ce fut pour mettre de plus en plus en honneur le culte de cette sainte en Canada, conformément à ce que M.

Olier avait déjà fait à Paris, et surtout dans la paroisse de Saint-Sulpice, par un effet de sa grande dévotion envers la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph, dont il voulut même que le monogramme servit d’armoiries à la Compagnie qu’il institua”. (1)

Sainte-Angélique de Papineauville (Ottawa)

Nommée ainsi par Joseph Papineau, seigneur de la Petite Nation, par affection pour Angèle Cornu, épouse de son fils l’honorable Denis-Benjamin Papineau, qui avait toujours été l’agent de cette seigneurie.

Saiute-Anne de la Pérade (Ckamplain)

Nommer François-Xavier Tarieu de Lanaudière, sieur de la Pérade, c’est citer un nom honoré, une mémoire enrichie de beaux états de services militaires. Louis XIV les reconnut par la concession d’une terre qui fut le noyau de la belle paroisse de Sainte-Anne. (2)

Sainte-Anne de la Pocatière (Kamouraska)

La paroisse de Sainte- Anne est tout entière comprise dans le fief de la Pocatière qui fut concédé, le 29 octobre 1672, par l’intendant Talon à Marie- Anne Juchereau, veuve de François Pollet de la Combe-Pocatière, capitaine réformé au régiment de Carignan et maréchal des logis. Ce fief comprenait une lieue et demie de front, le long du fleuve, et autant de profondeur. Le titre de concession comportait que Marie- Anne Juchereau tiendrait feu et lieu sur ces terres, et que, dans tout contrat avec ses

(1) Histoire de la colonie française en Canada, vol. II, p. 562.

(2) L’abbé L. S. Rheault, Autrefois et aujourd'hui à Sainte- Anne de la Pérade, p. 4.

tenanciers, ceux-ci s’obligeraient à résider dans l’année sur leurs propriétés de fraîche acquisition.

Marie- Anne Juchereau ajouta son nom de baptême au fief de la Pocatière, en supprimant le nom de famille de son défunt mari. C’est ainsi que fut formé le titre du fief de Sainte- Anne de la Pocatière. Quant à la paroisse même, on la désigna tout d’abord sous le nom de Sainte-Anne de la Grande-Anse. (1)

Sainte-Aune des 3Ionts (Gaspé)

Champlain ayant acquitté sa reconnaissance envers son bienfaiteur le commandeur de Chatte en donnant son nom à un cap de la Nouvelle-France, en fit autant envers le successeur du commandeur, M. de Monts. Il donna son nom à une rivière, la rivière de Monts.

C’est sur les bords de la rivière de Monts que s’est formée la paroisse de Sainte-Anne des Monts. On devrait donc dire et écrire Sainte-Anne de Monts.

Les premiers établissements de cette paroisse furent commencés par J. -B. Sasseville, de Sainte- Anne de la Pocatière. C’est en souvenir de sa paroisse natale que la nouvelle paroisse prit le nom de Sainte- Anne.

Sainte- Anne des Plaines (Terrebonne)

“ Sainte- Anne des Plaines est un démembrement de Saint-Louis de Terrebonne. Avant l’année 1787, le territoire qui forme aujourd’hui la paroisse de Sainte-Anne des Plaines, et une partie de Saint- Janvier, appartenait à Terrebonne et portait le nom de Mascouche du Page. Ce nom lui a été conservé

(1) N.-E. Dionne, Historique de la paroisse de Sainte- Anne delà Pocatière.

jusqu’au 26 juillet 1816 ; depuis cette époque le nom cle Mascouche du Page est disparu complètement des registres et des documents officiels de la fabrique de Sainte-Anne, et nous ne voyons plus apparaître que celui de Sainte-Anne des Plaines.

“ D’où venait ce nom de Mascouche du Page ? Mascouche est la corruption d’un mot sauvage (algonquin) qui, d’après le Père Lacombe, vient de Maskus, petit ours. Les indiens de l’endroit auraient donné autrefois ce nom à la petite rivière qui coule sur la limite sud de la paroisse et l’auraient appliqué à tout le territoire avoisinant.

“ Il peut se faire que se soit là l’origine du mot Mascouche ; mais on lui en attribue une autre qui ne paraît pas moins vraisemblable. Maskutew (prononcez Mascoutêou) en algonquin signifie une plaine, une prairie unie ; or le territoire de la seigneurie des Plaines s’appelait, de temps immémorial, Les Plaines. Le premier seigneur de Terrebonne portait aussi le nom de seigneur des Plaines. N’est-il pas plus probable que le nom de Mascouche vient de Maskutew, La Plaine ? Jusqu’à une nouvelle explication plus plausible, nous nous en tiendrons à celle-ci qui convient parfaitement au territoire de Sainte- Anne des Plaines. Quant au mot Page ajouté à celui de Mascouche, il n’y a pas de doute que c’est une abréviation de Lepage, premier seigneur et colonisateur des paroisses de Terrebonne et de Sainte- Anne.” (1)

Sainte-Barbe (Huntingdon)

Cette paroisse fut nommée ainsi par Mgr Fabre à cause de l’affection qu’il avait toujours eue pour

(1) L'abbé G. Dugas, Histoire de la paroisse de Sainte- Anne des Plaines, p. 1.

sainte Barbe. Le 4 décembre 1896, lorsqu’il reçut les derniers sacrements, Mgr Fabre dit, entre autres choses : “Je remercie sainte Barbe, pour qui j’ai toujours eu une dévotion spéciale, et à qui j’ai dédié une paroisse de mon diocèse, de la grâce qu’elle m’a obtenue de recevoir les derniers sacrements le jour de sa fête

Sainte-Brigide de Monnoir (Iberville)

Sainte Brigide fut choisie comme titulaire de cette paroisse parce que la majorité de ses habitants, lors de son érection, était d’origine irlandaise. Sainte Brigide, thaumaturge irlandaise, était l’amie de saint Patrice.

Sainte-Brigitte des Saults (Nicolet)

La rivière des Saults et la rivière Nicolet se rencontrent à Sainte-Brigitte. Sur chacune de ces rivières se trouve une chute ou un saut près de l’église.

Sainte-Cécile de Valleyfield (Beauliarnois)

Saint-Cécile de Valleyfield portait à l’origine le nom de Saint-Cyriaque. Nous ignorons pour quelle raison le nom de Saint-Cyriaque fit place à celui de Sainte-Cécile.

Sainte-Claire (Dorcliester)

La paroisse de Sainte-Claire a été nommée ainsi en souvenir de Claire-Françoise Bissot, épouse de Jolliet, le découvreur du Mississipi.

Sainte-Clotilde (Château guay)

La paroisse de Sainte-Clotilde a été en partie détachée de Saint-Rémi de La Salle. En se rappelant que c’est saint Rémi qui versa sur la tête de Clovis, époux de Clotilde, l’eau régénératrice du baptême,

on comprendra tout de suite pourquoi cette paroisse a été mise sous le patronage de la première reine chrétienne de France.

Sainte-Croix (Lotbinière)

En 1637, une étendue de terrain d’une lieue de front sur dix lieues de profondeur, sur la rive sud du Saint-Laurent, à trente-six milles au-dessus de Québec, avait été destinée par la Compagnie des Cent- Associés pour une communauté de religieuses enseignantes.

Les Ursulines emportèrent le lot. Ce ne fut cependant que dix ans plus tard qu’elles purent commencer leur établissement. Le 12 septembre 1647, le Père Jérôme Lalemant alla prendre possession de la seigneurie. Il posa de sa main les bornes prescrites par la loi, et honora la seigneurie du nom de Sainte- Croix.

Saiute-Cunégoude (Hcclielaga)

Sainte-Cunégonde a été démembrée de Saint- Henri. En décembre 1S75, lorsque cette paroisse fut canoniquement érigée, Mgr Bourget la mit sous le vocable de sainte Cunégonde, épouse de saint Henri, patron de la paroisse de laquelle elle était détachée.

Sainte Elisabeth (Joliette)

Les deux donateurs du terrain de l’église avaient prénom Jean-Baptiste. C’est pour les honorer qu’on mit la paroisse sous le patronage de sainte Elizabeth, mère de Jean-Baptiste.

Sainte-Eugénie (lu Lac Chaud (Ottawa)

Cette paroisse fut mise sous le patronage de sainte Eugénie en l’honneur de madame Turgeon (née

Eugénie Samson), épouse de l’honorable M. Adélard Turgeon, à l’occasion d’une visite faite par ce dernier avec ses collègues dans cette région de colonisation.

Sainte-Famille de l’île d’Orléans (Montmorency)

Le voisinage des paroisses de Sainte-Anne de Beaupré, de Saint- Joachim et de Saint- Joseph de la Pointe-Lévy n’a pas du être étranger au choix de la Sainte-Famille comme titulaire de cette paroisse.

Sainte -Flavie (Matane)

Cette paroisse fut mise sous le patronage de sainte Flavie en l’honneur d’une des seigneur esses, Flavie Drapeau. Lors de la construction de la première église, en 1850, les dames Drapeau firent don à la fabrique de douze arpents de terre en superficie.

Sainte Foy (Québec)

“ Doit-on écrire Sainte-Foy ou Sainte-Foye ?

“ Il faut, au préalable, remarquer que le nom actuel de Notre-Dame de Sainte-Foy est formé de deux noms : Sainte-Foy, nom donné par M. de Puiseaux à un fief qui lui fut concédé en 1637, et N.-D. de Foy, titre de la statue miraculeuse envoyée, en 1669, au P. Chaumonot par le P. de Véroncourt, et vénérée pendant longtemps dans la petite chapelle de la côte Saint-Michel. Le fief situé — il est difficile de le contester — dans les anciennes limites de la paroisse, et même, on peut l’affirmer sans grande chance d’erreur, sur la rive gauche de la rivière du Cap-Rouge, a laissé son nom à tout ce coin de pays. Et ce nom, parcequ’il était plus ancien ou plus court peut-être, a prévalu sur celui de Notre-Dame de Foy donné à la paroisse par Mgr de Saint-Vallier, lors de l’érection

canonique en 1698 : il est maintenant environné cl’un trop grand éclat historique pour qu’il soit désirable, ou même possible de le changer. Mais sans le changer, il n’est pas défendu de l’écrire correctement. Hé bien, étudié sous l’une ou l’autre forme, la conclusion s’impose, nécessaire, inévitable, qu’il faut l’écrire Sainte-Foy et non Sainte-Foye.

“ Au point de vue grammatical, rien qu’un mot tant la chose est évidente. Notre-Dame de Foy, qu’on l’invoque sous le titre de Virgo fidelis, comme en Belgique, ou de Mater fidei, comme à Amiens où une chapelle lui est dédiée, est toujours considérée et honorée comme le modèle ou la gardienne de la foi. Quant à sainte Foi — on écrivait jadis sainte Foy — , patronne de quelques paroisses de France, c’est en latin, sancta Fides. Encore la Foi. Or, de l’aurore de la langue française jusqu’à nos jours, jamais le mot foi, dans le sens d’hommage ou de croyance, n’a été écrit avec un e : on a écrit fé, fi, fay, foy, foye ou foie en aucun temps. La vierge martyre d’Agen a été appelée sainte Fide, nulle part sainte Foye ou sainte Foie. Le mot foie, comme tout le monde sait, désigne toute autre chose qu’une vertu théologale ! et ainsi Sainte-Foye est non seulement une faute contre ■ la grammaire, mais un contre-sens.

“ Le point de vue historique, le plus important, fournit des preuves plus éclatantes encore. Enumérons-les sans les développer. 1° En Belgique, où le culte de N.-D. de Foy a pris naissance, au commencement du XVII siècle, on a toujours écrit N.-D. de Foy. 2° Dans l’authentique envoyée au P. Chaumonot avec la statue miraculeuse en 1669, il y a IV.- D. de Foy. — De quel droit le bon père écriyait-il N.- D. de Foye ? 3° Dans l’édition Burrows des Relations,

ou les documents sont donnés avec leur orthographe originelle, si l’on trouve parfois N.-D. de Foye, on trouve très souvent N.-D. de Foy. Et d’ailleurs l’orthographe des Relations, fut-elle toujours fautive, ne saurait prévaloir sur celle que suivait la Belgique et que portait l’authentique jointe à la statue. 4° Dans l’acte d’érection canonique de la paroisse, le 18 sep-

tempre 1698, Mgr de Saint- Vallier dit . “ Comme

dans le lieu appelé communément Notre-Dame de Foy, il y a un nombre considérable de fidèles et une église”. .... 5° Le nom de Sainte-Foy, donné à son fief par M. de Puiseaux, fut, à n’en pas douter, emprunté comme celui de Saint-Michel, à quelque village de France. Il y avait alors et il y a encore en France deux bourgs ou petites villes de près de quatre et cinq mille âmes respectivement appelés Sainte-Foy : Sainte-Foy-la-Grande, dans le département actuel de la Gironde, ancienne place forte des protestants, et Sainte-Foy, près de Lyon. Or jamais ces noms n’ont eu d’autre orthographe que celle que nous donnons ici. 6° Nous avons des documents originaux où est mentionné le fief de M. de Puiseaux : la donation qu’il en fait aux associés de Montréal, en 1641, la rétrocession consentie par M. de Maisonneuve en 1646. Or partout on écrit Sainte-Foy. 7° Le 29 octobre 1678, Mgr de Laval érige une grande paroisse. “ Sanè, dit-il, cum in locisvulgo nuncupatis Sainte-Foy, Gaudarville, Saint-Michel, la route Saint-Ignace et Lorette, multus jam existât populus fidelis et ecclesia aedificata, Parochiam constituere decrevimus . ...”

“ Sera-ce assez pour déraciner la routine ? Une erreur est facile à accréditer, difficile à faire disparaître. Le bon Père Chaumonot, auteur de celle-ci, a eu pour complice nos grands historiens qui ne

pouvaient guère s’occuper de ces détails. Ce n’est certainement pas manquer de respect ni à l’un ni aux autres que de chercher à la faire disparaître. La vérité une fois connue doit être reconnue. Déjà la poste nous donne le bon exemple et ses cachets portent désormais Sainte-Foy. A nous de l’imiter.” (1)

Sainte-Geneviève cle Batiscan ( Chain plain)

Le nom de Sainte-Geneviève a été choisi de préférence à tout autre parce que les premiers colons de cette paroisse venant des environs de Paris apportèrent avec eux la dévotion à la patronne de Paris. Lorsque les autorités religieuses les formèrent en paroisse ces pieux colons demandèrent sainte Geneviève pour titulaire.

Sainte-Germaine du lac Etcliemin (Dorchester)

Le décret désignant sainte Germaine pour patronne de la paroisse formée sur les bords du lac Etchemin est daté du 17 septembre 1867. Cette sainte ayant été canonisée le 29 juin de la même année, il est rationnel de croire qu’elle fut choisie pour cette raison comme patronne de la nouvelle paroisse.

Sainte-Hedwidge (Lac Saint- Jean)

Ce nom a été choisi parce que c’est le jour de la fête de sainte Hedwidge, le 13 octobre 1883, que le grand vicaire Leclerc, alors curé d’Hébertville, a choisi et marqué la place de l’église.

Sainte-Hélène (Bagot)

La mère de M. Ramsay, seigneur de Saint-Hugues et de Sainte-Hélène, portait le prénom Hélène.

(1) L abbé H. -A. Scott, Bulletin des Recherches Historiques , vol. X, p. 269.

Sainte-Hélène (Kauiouraska)

La paroisse de Sainte-Hélène fut mise sous le patronage de sainte Hélène en l’honneur de Hélène Taché, fille du seigneur Paschal Taché. Elle devint la femme de Nazaire Têtu.

Sainte-Hénédine (Dorcliester)

Lorsque la paroisse fut érigée canoniquement par Mgr Turgeon le 20 mars 1852, le seigneur était M. Elzéar Taschereau marié à Hénédine Dionne. C’est en l’honneur de la seigneuresse que la paroisse fut placée sous la protection de sainte Hénédine, martyre du troisième siècle.

Sainte- Julie de Somerset (Mégantic)

La paroisse de Sainte-Julie de Somerset n’existe que depuis 1854. Sainte Julie lui a été donnée pour patronne en considération de madame Charles King, une de ses bienfaitrices. Elle portait le prénom Julie.

Sainte Louise (Islet)

C’est en reconnaissance des dons faits par Louise Boisseau, épouse de Amable Dionne, seigneur de Saint-Roch des Aulnaies, que la paroisse a pris le nom de Sainte-Louise. Ces dons consistaient en remises des arrérages de cens et rentes alors dues sur les propriétés de l’église et l’abolition des dits cens et rentes pour l’avenir. En 1856, par décret de Mgi; Baillargeon, administrateur de l’archidiocèse de Québec, la paroisse de Sainte-Louise fut érigée sous le patronage de saint Louis, roi de France.

Sainte Luce (Rimouski)

Sainte-Luce fut ainsi nommée en l’honneur d’une

de ses seigneur esses, Luce-Gertrude Drapeau, épouse de Thomas Cazeau. Pour reconnaître dignement cet honneur elle fit don en 1843 à l’église de Sainte- Luce d’un tableau représentant cette sainte. On le voit encore au-dessus du maître-autel.

Sainte-Marie (Beauce)

Les registres de cette seigneurie furent ouverts en 1745, et la paroisse prit le nom de Sainte-Marie pour rappeler la mémoire de la femme du seigneur, Marie-Claire Fleury de la Gorgendière.

Sainte-Marguerite, Rivière (Saguenay)

Du temps de Champlain, la rivière Sainte-Marguerite était déjà connue sous ce nom.” Le lendemain, écrit-il, (20 juillet 1603), vinsmes mouiller l’ancre proche d’une rivière qui s’appelle Sainte- Marguerite, où il y a de pleine mer quelques trois brasses d’eau, et brasse et d'eniye de* basse mer ; elle va assez avant.” (1)

Sainte-Marthe (Vauclreuil)

Sainte-Marthe a été démembrée de Sainte-Marie- Madeleine de Rigaud et elle est située dans le voisinage de Saint-Lazare. On sait que Lazare était le frère de Marie-Madeleine et de Marthe.

Sain te Moni que (Deux- M outagnes)

La paroisse de Sainte-Monique a été démembrée en partie de celle de Saint- Augustin. Sainte Monique était la mère de saint Augustin. Elle versa bien des larmes pour la conversion de son fils bien-aimé.

(1) Oeuvres, vol. I, p. 53.

OO

Sainte-Pétronille de Beaulieu (Montmorency)

Le fief Beaulieu fut originairement concédé, le 1er mars 1652, au sieur Jacques Gourdeau de Beaulieu.

En octobre 1870, les habitants de la partie de la paroisse de Saint-Pierre de l’île d’Orléans appelée Beaulieu ou Bout de l’Ile obtenaient la permission de Mgr Baillargeon, archevêque de Québec, de construire une église.

La bénédiction solennelle de la première pierre de l’église se fit le 16 juillet 1871 et celle de l’édifice lui-même le 20 novembre suivant. La nouvelle paroisse, démembrement de Saint-Pierre, fut placée sous le patronage de sainte Pétronille. La tradition veut que sainte Pétronille soit la fille de saint Pierre.

Saiute-Pliilomèue ( Clititeauguay)

Lorsqu’on décida le démembrement de la paroisse de Saint-Joachim, pour en former nne nouvelle, M. Michel Power, alors curé de Sainte-Martine, plus tard premier évêque de Toronto, se rendit sur les lieux et choisit pour site de la nouvelle église le centre de la paroisse projetée. Après avoir fait élever une croix à l’endroit précis où devait se trouver l’autel, il exhorta les nombreux paroissiens réunis pour la circonstance à prier Dieu pour le succès de l’entreprise.

Ceci se passait à l’époque où la dévotion à sainte Philomène commençait à se répandre dans le pays. Aussi, à peine M. Power avait-il terminé son discours, qu’un des assistants, au nom de tous, le supplia de leur donner pour titulaire cette thaumaturge si puissante. L’évêque de Montréal, à la demande de son délégué, accorda bien volontiers aux habitants de la nouvelle paroisse sainte Philomène pour patronne.

Sainte-Rosalie (Bagot)

Plusieurs membres des familles Papineau et Dessaulles, entre autres Rosalie Cherrier, épouse de Joseph Papineau ; Rosalie Papineau, sa fille, mariée à l’honorable Jean Dessaulles ; Rosalie Dessaules, mariée à l’honorable Maurice Laframboise, portaient le prénom de Rosalie, et c’est en leur honneur qu’on a placé cette paroisse, qui faisait partie de la seigneurie de M. Dessaulles, sous le patronage de sainte Rosalie.

Sainto>-Scliolastique (Deux-Montagnes)

La paroisse de Saint-Scholastique est voisine de la paroisse de Saint-Benoit.

Saint Benoit et sainte Scholastique étaient le frère et la sœur. Ils étaient unis par une tendre amitié. Sainte Scholastique, au lieu de s’attacher aux biens immenses dont son frère, en renonçant au monde, l’avait laissée l’unique héritière, résolut de l’imiter : elle embrassa, comme lui, la vie monastique, et fonda un couvent de religieuses, à cinq milles du monastère que saint Benoît avait fait bâtir sur le mont Gassin. Scholastique visitait son frère une fois par an, et saint Benoît qui ne souffrait pas qu’elle vint dans son monastère, allait avec quelques-uns de ses religieux la recevoir dans une maison située à quelque distance du mont Cassin. Le temps qu’ils passaient ensemble était employé à louer Dieu et à parler de choses spirituelles.

Sainte-Sopliie (Terrehonue)

Cette paroisse tire son nom de sa bienfaitrice, madame Sophie Raymond, épouse de feu l’honorable Joseph Masson.

Sainte-Ursule (Maskinongé)

Cette paroisse a été mise sous le patronage de sainte Ursule pour deux raisons : 1° parce qu’elle se trouve dans la seigneurie des Ursulines de Trois- Rivières ; 2° parce que lors de sa fondation ces mêmes religieuses y possédaient un moulin célèbre dans tous les alentours. C’était le moulin Saint-Ursule.

Sainte-Véronique de Turgeon (Ottawa)

Comme sainte Véronique, les premiers colons de cette paroisse avaient une grande dévotion à la Sainte Face. Dans le premier chantier où fut offert le saint sacrifice de la messe, il y avait une image de la Sainte Face. En l’absence du missionnaire, les colons venaient prier devant cette image, et des grâces nombreuses ont été obtenues par cette dévotion. La chapelle, très gracieuse, bâtie sur la rive du lac Tibériade, devait donc naturellement être placée sous la vocable de sainte Véronique.

Sales, Cauton de (Cliarlevoix)

L’honorable Marc-Paschal de Sales Laterrière fut député du comté de Saguenay de 1830 à 1834.

Salette, Notre-Dame de la (Ottawa)

Nommée ainsi par Mgr Duhamel, archevêque d’Ottawa, en souvenir du pélèrinage de Notre-Dame de la Salette-Fallavaux, en France.

Salvaille, Rivière (Yamaska)

Une famille Salvail assez nombreuse s’établit sur les bords de cette rivière et se multiplia dans la région. (1)

(1) Note de M. l'abbé Bois.

Saudy Bay (Matane)

Les premiers habitants de la paroisse de Notre- Dame de l’Assomption de MacNider furent des pêcheurs qui s’établirent sur les bords d’une petite baie connue sous le nom d’Anse aux Sables, et qui se trouve à l’extrémité ouest de la paroisse. Cette baie avait été nommée Anse aux Sables parce que son rivage est couvert de sables. Ces premiers habitants qui étaient écossais l’appelèrent Sandy-Bay (Anse sablonneuse). Ce nom s’étendit à toute la paroisse qui n’est généralement connue, chez le peuple, que sous le nom de Sandy-Bay.

Sarosto (Lévis)

Sarasteku, rivière dont le lit renferme du clinquant. C’est le nom que les Abénakis donnaient à la rivière Saint-Jean. C’est dans leurs excursions à Lévis qu’ils donnèrent ce nom au village de Sarosto.

M. J.-Edmond Roy prétend que Sarosto a la même origine que Saratoga que nos ancêtres appelaient Sarosto.

Sartigan (Beauce)

Le territoire qui porte aujourd’hui le nom de Beauce s’appelait autrefois aussi Satigan, Santigan ou Sartigan. C’est un nom d’origine sauvage dont nous ne connaissons point d’une manière certaine l’étymologie et l’origine et qui, dans les vieux actes de notaires ou autres s’écrivait, Mêsakigant, Asakigant, Mêckakiganne, Kekahkan, Satigan, Satikant, Santigan. Le peuple croyant, sans doute, que c’était le nom d’un saint, disait : Saint-Igan, de même qu’il disait : Baint-Morissette pour Somerset et Saint-Roustaud pour Sarosto.

Sartigan, d’après Mgr Laflèclie, viendrait du mot cris Astadjigan, cache, lieu où l’on met quelque chose en cache.

Sasseville, Rivière (Gaspé)

La rivière Sasseville, qui coule dans Saint-Norbert du Cap-Chat, a pris son nom d’une famille de ce nom venue de Sainte- Anne de la Pocatière et établie dans cette paroisse depuis longtemps.

Sault à la Puce (Montmorency)

Le 2 mai 1640, Adrien d’Abancour dit la Caille et Etienne Sevestre partirent de Québec pour aller chasser dans les îles. Les vents ayant été fort impétueux, ils se noyèrent. On lit au vieux registre de Notre-Dame de Québec : “ La Pulce ayant été dépesché pour en tirer cognizance, après avoir fureté tous les lieux qu’il souloit cabaner et fait le tour des isles et tiré quantité de coups d’arquebuse, il est revenu à Québec sans en avoir rien appris.”

C’est ce citoyen de Québec qui donna son surnom à la rivière et au sault à la Puce.

Sault au Cocliou (Saguenay)

M. l’abbé Bois dit quelque part que ce saut prit son nom de noble homme Jean Cochon, originaire de Dieppe.

Champlain, dans ses Voyages , mentionne le Sault au Cochon.

Sault au Kécollet, Visitation du (Hochelaga)

Le nom de Sault au Rêcollet fut donné au dernier rapide de la rivière des Prairies, parce que, en juillet 1625, le Père Nicolas Yiel, Récollet, s’y noya en revenant du pays des Hurons.

On ne sait pas au juste si la mort du Père Yiel fut accidentelle ou s’il fut malicieusement jeté à l’eau. Cette dernière assertion est soutenue par plusieurs écrivains dignes de foi, et en particulier par M. Faillon. “ En 1625, écrit-il, le Père Nicolas Vieil, Récollet, qui était allé au pays des Hurons avec le Père Joseph LeCaron et le Frère Gabriel Sagard, et y était demeuré tout ce temps, fut invité par des Hurons à descendre avec eux à la traite. Il accepta la proposition dans l’intention d’aller faire, pour lui-même les exercices spirituels au couvent de N.-D. des Anges, et prit avec lui un de ses disciples encore enfant appelé Ahuntsic, qu’il avait instruit et baptisé. Le convoi se composait de Hurons, assez honnêtes, parmi lesquels il s’en trouva quelques-uns qui étaient ennemis de la religion, quoiqu’ils feignissent de respecter et d’aimer ce missionnaire. Un gros temps qui survint écarta les canots et ce religieux, se trouvant dans le sien avec trois sauvages scélérats impies, ils le précipitèrent dans la rivière des Prairies ainsi que son disciple, en descendant à Montréal, au dernier sault, dont les eaux rapides et profondes les submergèrent en un instant. ” (1)

M. Olier ayant désigné le mystère de la Visitation comme une dévotion qui devait toujours être en grand honneur dans sa compagnie, il est tout naturel que ses enfants, en fondant une nouvelle église, aient demandé et obtenu pour patronne la sainte Vierge, dans l’accomplissement du devoir de charité ardente envers sa cousine sainte Elizabeth. (2)

(1) Histoire de la colonie française au Canada, vqI. I, p. 416.

(2) L’abbé Chs-P. Beaubien, Le Sault-au Récollet, p. 311.

Sault Montmorency

“ Au bout de la ditte isle (d’Orléans), écrivait Champlain enl603, je vy un torrent d’eau qui desbordait de dessus une grande montagne de la ditte rivière de Canada. ” Dans la carte des environs de Québec qu’il publia en 1613, Champlain appelle ce torrent d’eau “le grand sault de Montmorency.” Dans l’édition de ses Voyages publiée en 1632, il ajoute :

“ Que j’ay nommé le sault de Montmorency. ”

C’est en l’honneur de Charles de Montmorency, chevalier des ordres du roi, seigneur d’Ampville et de Meru, comte de Secondigny, vicomte de Melun, baron de Chateauneuf et de Gouart, amiral de France et de Bretagne, cpie le fondateur de la Nouvelle- France nomma ainsi ce sault. Ce Montmorency était alors vice-roi de la Nouvelle-France.

Sault Saint Louis (Laprairie)

Champlain nous apprend en quelle occasion le sault Saint-Louis reçut son nom.

“ Le neuviesme jour notre sauvage arriva, qui fut quelque peu par delà le lac qui a quelques dix lieues de long, lequel j’avais veu auparavant, (lac des Deux- Montagnes) où il ne fit rencontre d’aucune chose, et ne purent passer plus loin à cause de leur dit canot qui leur manqua, et furent contraints de s’en revenir. Ils nous rapportèrent que passant le saut ils virent une isle où il y avait si grande quantité de hérons, que l’air en était tout couvert. Il y eust un jeune homme qui estait au sieur de Mons appelé Louys, qui estait fort amateur de la chasse, lequel entendant cela, voulut y aller contenter sa curiosité, et pria fort instamment nostre dit sauvage de l’y mener : ce que le sauvage lui accorda avec un capitaine sauvage

Montagnet fort gentil personnage, appelé Outetoucos. Dès le matin le cl. Louys fut appeler les deux sauvages pour s’en aller à la dite isle des lierons. Ils s’embarquèrent dans un canot et y furent. Cette isle est au milieu du saut, où ils prirent telle quantité de héronneaux et autres oiseaux qu’ils voulurent et se rembarquèrent en leur canot. Outetoucos contre la volonté de l’autre sauvage et de l’instance qu’il , peut faire, voulut passer par un endroit fort dangereux, où l’eau tombait près de trois pieds de haut, disant que d’autres fois il y avait passé, ce qui estait faux, il fut longtemps à débatre contre notre sauvage qui le voulut mener du costé du su le long de la grand Tibie, par où le plus souvent ils ont accoutumé de passer, ce que Outetoucos ne desira, disant qu’il n’y avait point de danger. Comme nostre sauvage le vit opiniastre, il condescendit à sa volonté : mais il lui dit qu’à tout le moins on déchargeast le canot d’une partie des oiseaux qui estaient dedans, d’autant qu’il estait trop chargé, ou qu’infailliblement ils empliraient d’eau, et se perdraient : ce qu’il ne voulut faire, disant qu’il serait assez à temps s’ils voyaient qu’il y eut du péril pour eux. Ils se laissèrent donc driver dans le courant. Et comme ils furent dans la chute du saut, ils en voulurent sortir et jetter leurs charges, mais il n’estait plus temps, car la vitesse de l’eau les maîtrisait ainsi qu’elle voulait, et emplirent aussitôt dans les bouillons du saut, qui leur faisaient faire mille tours haut et bas. Ils ne l’abandonnèrent de longtemps : Enfin la raideur de l’eau les lassa de telle façon, que ce pauvre Louys qui ne sçavait nager en aucune façon perdit tout jugement et le canot estant au fond de l’eau il fut contraint de l’abandonner : et revenant au haut les deux autres qui le

tenoient toujours 11e virent plus nostre Louys, et ainsi mourut misérablement. ” (1)

Sayabec platane) •

Sayabec est un mot micmac que les Canadiens et les Anglais prononcent Sébec. Sayabec signifie “ riviere remplie.” E11 effet, cette rivière 11’est presque pas navigable pour les esquifs même les plus légers. Elle est remplie de bois et surtout de chaussées de castors. On devrait écrire Sakpediak : sak, remplie ; pediak, rivière. Les Sauvages disent : Sahbah par contraction.

Sawyerville (Comptou)

Josiali Sawyer quitta, en 1794, la Nouvelle-Angleterre pour venir se fixer au sein de la forêt vierge des Cantons de l’Est. Il fut le premier colon résidant du canton cl’ Eaton. Son choix s’arrêta sur un lopin de terre arrosé par l’un des tributaires du Saint- François. Une maisonnette en bois rond fut improvisée, par ses soins, à proximité d’un joli pouvoir d’eau qu’il se hâta d’utiliser en construisant une scierie primitive.

Comme la plupart des vaillants pionniers qui traversèrent la frontière à cette époque, pour profiter des concessions territoriales si libéralement offertes par le gouvernement britannique, Josiah Sawyer était un homme énergique et entreprenant. Ses courageux efforts et son travail intelligent produisirent de prompts résultats. Bon nombre de ses compatriotes s’empressèrent de se groujier autour de son établissement qui reçut, dès le début, le nom de Sawyerville. (2)

(1) Champlain, Œuvres, vol. III, p. 246.

(2) Le Journal, 5 février 1904.

Scatsie, Rivière (Lac Saint Jean)

Scatsie, en montagnais, veut dire fâché.

Scotstown, Saint-Paul de (Coinpton)

Scotstown fut fondée et peuplée par des Ecossais.

Scotstown fut desservie à l’origine de Saint-Pierre de La Patrie, sa voisine. C’est la raison qui a fait choisir saint Paul comme titulaire.

Scott, Saint-Maxime de (Beauce)

Scott a pris son nom de Charles-A. Scott, qui, de concert avec l’honorable Napoléon Larochelle, construisit le chemin de fer de Lévis et Kénébec qui passe par la jonction Scott. M. Scott mourut en décembre 1893.

Saint Maxime a été donné pour titulaire à Scott en l’honneur de M. Maxime Filion, curé de Saint- Raymond, et originaire de cette paroisse.

Sept Chutes, Les (Montmorency)

Les Sept Chutes se trouvent sur la rivière Sainte- Anne, qui se jette dans le Saint-Laurent à Beaupré. Comme leur nom l’indique les Sept Chutes forment sept cascades distinctes ayant ensemble une hauteur de sept cents pieds.

Sept-Iles

Sous le nom de Sept-Iles était compris, du temps des Français, une partie de la côte nord du Saint- Laurent, où, de fait, l’on voit sept îles qui ne sont composées que de rochers fort stériles et couverts seulement de méchants arbrisseaux. La plus grande n’a pas deux lieues de tour et la plus rapprochée de la côte n’en est pas éloignée d’une lieue. Il y a deux siècles, les Sauvages, après avoir chassé dans les

forets, se rendaient à une rivière assez voisine pour y trafiquer avec les Français. On les appelait alors Oumamiois ; leur langue se rapprochait de celle des Sauvages de Tadoussac, quoiqu’elle eût beaucoup de mots et d’idiomes différents. (1)

Settriugton, Canton (Cliarlevoix)

A illage du Yorkshire, Angleterre.

Shsnv bridge (Terrebonne)

Ce village a pris son nom d’un de ses premiers habitants, William Shaw.

Sliawinigan (Saint-Maurice)

D’où vient le mot Shawinigan et que signifie-t-il ? C’est là une question bien controversée.

Le Père Oblat Déléage donne l’origine suivante du mot Shawenegan : “ Oshaweine, le hêtre ; Oshawenigane , portage aux hêtres.

M. E. Gérin se fait l’écho d’une autre opinion et dit : “ Le mot est Shabonigan, portage fait en fêne ; ce portage a des arrêtes cpii font penser à la conformation du fruit du hêtre ”.

Le Père Lacombe veut que ce soit Y aiguille ; C’hawinigan pour Chabonigan ; en langue crise (langue algonquine) c’est le nom d’un instrument qui sert à transpercer, comme un traversoir, une aiguille. ”

Mgr Laflèche est de la même opinion : “Ce mot, dit-il, veut dire “ aiguille ” ou encore “ le chas de l’aiguille ”. Le Saint-Maurice, à la chute de Shawinigan, se précipite à travers les roches ce qui a donné aux Sauvages l’idée du fil qui traverse le chas de l’aiguille.”

(1) Annales de la propagation de la foi, octobre 1880.

M. Benjamin Suite adopte cette opinion : “ L’eau du Saint-Maurice, écrit-il, tombe par deux pentes raides dans un gouffre où elle bouillonne et se tord. Au premier coup d’œil on ne voit pas qu’elle en puisse sortir. Une muraille de pierre, haute de plus de cent cinquante pieds, l’enserre et lui fait obstacle. Soit que l’on regarde la cataracte de sa tête en arrière, ou de ses pieds en avant, elle paraît se jeter dans un abîme qui la dévore. Bien plus, ceux qui arrivent à elle par la baie l’entendent gronder tout près d’eux et ne la voyent pas. Ce n’est que vis-à-vis de l’écartement ou goulet de rochers par où elle sort qu’ils se rendent compte tout à coup de ce mystère. La montagne s’est fendue, non pas dans la direction où court la rivière, mais obliquement, et c’est par là que passe cette “ colonne d’eau du déluge.” La fente est nette et coupée à pic. La chute s’y engage comme quelqu’un qui tenterait de se glisser par une ouverture très-étroite ; la tête d’abord, les épaules ensuite, puis le corps, en rampant et faisant des efforts suprêmes. Telle est l’image. Le flot débouche par ce canal rétréci et se mêle sans fracas aux petites lames de la baie. Nous venons de le dire, on y arrive sans s’en apercevoir.

“ Ce dégagement se fait donc par un col. La chute a l’air de percer le rocher. Qu’on appelle ce passage le chas de l’aiguille ou que l’on dise : la chute de l’aiguille, le torrent traverse la montagne, et l’on ne s’écarte pas du mot ShaSinigan, car, dans ce trou de l’aiguille, la poussée des eaux semble opérer à l’instar d’une alêne qui se fait passage.

“ Toute chose porte son nom chez les Sauvages comme chez nous ; les Algonquins y ajoutent la terminaison mgan lorsqu’il s’agit d’un instrument que l’on mene à la main : le perçoir, l’aiguille, etc.”

M. 1 abbé N. Caron donne aussi son interprétation : Les Algonquins du Saint-Maurice, dit-il, nomment encore aujourd hui cette chute Achawênékame, ce qui veut dire crête ; de ce mot algonquin on a fait Chawinigame, ou plus généralement Chawinigane.

Dans le langage des cris, un dialecte algonquin, Chabonigane veut dire aiguille, non point chas d’aiguille, et quelques personnes ont pensé que de là était venu le nom de la chute, et celui d’une petite rivière qui vient se jeter dans le Saint-Maurice à quelques arpents plus bas. Il n’y a pas de mal à prétendre cela, mais ce n’est probablement pas la vérité. D’abord, croyez-vous que les Cris soient partis du fond des territoires du Nord-Ouest, pour venir donner un nom à la principale chute du Saint-Maurice et à la petite rivière qui l’avoisine ? J’ai visité la chute par deux fois, avec le plus grand soin, et je n’y ai vu ni aiguille ni chas d’aiguille. La petite riviere, de son côté, passe à travers les rochers comme toutes les criques et comme la plupart des rivières des territoires du Saint-Maurice, sans offrir rien de particulièrement remarquable.

“ Mais la crête de rocher que traverse le portage des prêtres, le dos d’âne que suit le Saint-Maurice avant de former la chute, et qu’il longe encore en s’éloignant, il faudrait être aveugle pour ne pas le voir.

“ J’admettrai bien facilement, cependant, que le mot Chabonigane a contribué pour sa part, dans ces derniers temps, à faire admettre plus généralement la terminaison gane dans le nom de la chute, au lieu de la terminaison game qui est beaucoup plus conforme au terme algonquin.” (1)

(1) Deux voyarjes sur le Saint- Maurice.

Sheenboro (Pontiac)

Plusieurs villages d’Angleterre portent. le nom de Slieen.

Sliefford

Shefford est une ville d’Angleterre. Elle est située à douze milles de Bedford.

Sliehyn, Canton (Ottawa)

L’honorable M. Joseph Shehyn, sénateur de la puissance du Canada.

Sbekatikn, Baie (Labrador)

Du mot montagnais shiJcatiJcau, il y a des buissons autour de l’eau.

Sbeldrake (Labrador)

C’est la rivière Sheldrake qui a donné son nom à la localité qu’elle traverse. La rivière elle-même a été ainsi nommée à cause du grand nombre d’oiseaux appelés Bec-scie, en anglais sheldrake, qui s’y trouvent. (1)

Sbenley, Saint-Honoré de (Boauce)

Shenley est un village du comté de Hartford, Angleterre.

Dans une lettre datée du 3 janvier 1869 et adressée aux fidèles de Shenley, Mgr Baillargeon déclare qu’il choisit pour patron de la chapelle qu’ils viennent de bâtir saint Honoré, archevêque de Cantorbéry. L’évêque de Québec voulait, en choisissant ce titulaire, honorer le premier desservant de Shenley, M. Honoré Déruisseau.

(1) L’abbé Victor-A. Huard, Labrador et Anticosti, p. 147.

Sherbrooke

L’endroit où est située la ville de Sherbrooke porta à l’origine le nom de Grandes-Fourches. En 1817, on lui donna le nom de Sherbrooke en l’honneur de sir John Sherbrooke, gouverneur du Canada.

Sherriugtou (Napierville)

Deux villages d’Angleterre portent le nom de Sherrington.

Shlpishkau, Lac (Labratlor)

Shishipishkau, en montagnais, désigne l’endroit ou on rencontre beaucoup de canards.

Slilpton, Saint-Aimé cle (Richmond)

Shipton est un canton d’Angleterre, à six milles de York.

Le vocable Saint-Aimé a été donné à Shipton en mémoire de M. Louis-Aimé Masson, curé de Danville, fondateur de cette mission.

Shoolbred (Bonaventure)

La seigneurie de Shoolbred fut donnée par lord Dorchester en juillet 1788 à John Shoolbred. Shoolbred, Murray-Bay et Mount-Murray furent les seules concessions en fief et seigneurie faites par le gouververnement anglais.

Sicotte, Canton (Ottawa)

L’honorable Louis-Victor Sicotte fut juge de la Cour Supérieure pour le district de Saint-Hyacinthe.

Signay, Canton (Lac Saint- Jean)

Mgr Joseph Signay, archevêque de Québec.

Sillery

Noël Brulart de Sillery fut d’abord chevalier, puis commandeur de Malte. Il fut ensuite écuyer et chevalier d’honneur de Marie de Médicis. En 1614, il fut nommé ambassadeur du roi de France en Espagne, puis, en 1621, ambassadeur auprès du Saint- Siège. C’est lui qui obtint le chapeau de cardinal pour le grand Richelieu. En 1624, il abandonna toutes ses charges pour se faire recevoir prêtre. Il consacra dès lors son immense fortune à faire des aumônes.

M. de Sillery était entré des premiers dans la Compagnie des Cent-Associés, dont le but principal, dans son idée, devait être l’évangélisation des Sauvages. En 1637, il écrivait au gouverneur de Montmagny, l’informant qu’il avait obtenu une concession de terre dans les environs de Québec pour établir “ un séminaire pour instruire et élever en la foi les filles des Sauvages avec les Français qui se trouveront dans le pays.” Le site choisi pour établir les Sauvages, et les former à la vie sédentaire, était une anse située à une lieue et demie environ de Québec, et appelée dans leur langue KamisTcoua- Onangac hit, où ils avaient accoutumé de venir l’été pour la pêche. C’est aujourd’hui Sillery. (1)

Simard, Canton Cliicoutimi)

Le premier colon de ce canton fut M. Simard.

Somerset (Megantlc)

Somerset est un comté d’Angleterre, sur le côté sud du canal de Bristol.

(1) L’abbé H. -A. Scott, Notre-Dame de Sainte-Foy, p. 67.

•Sorel

• Sur l’emplacement où est aujourd’hui la ville de Sorel, fut bâti un fort en 1665 pour arrêter les incursions des Iroquois. Ce fort porta d’abord le nom de Richelieu, mais en 1672, Pierre de Saurel, capitaine au régiment de Carignan, ayant obtenu la concession de tous les terrains environnants le fort, celui-ci et la région prirent bientôt le nom de Sorel.

C’est en 1787 que le nom de William-Henry fut donné a la ville de Sorel en l’honneur du prince W illiam-Henry, plus tard roi d’Angleterre sous le nom de Guillaume IV. Un correspondant nous dit en quelle circonstance dans la Gazette de Québec du 27 septembre 1787 : — “ William-Henry (ci-devant appelé Sorel) 18 sept. — Hier, après-midi, vers les 4 heures, Son Altesse Royale le Prince, en son retour de Montréal et de Chambly, nous honora d’une visite en cette place. Son Altesse Royale fut saluée d’une décharge de l’artillerie de la garnison, lorsqu’il mit pied à terre à la maison seigneuriale, où l’honorable Samuel Holland, écuier, arpenteur-général de la province, lui ayant présenté un plan de la ville, il plut à S. A. R. de nous permettre l’honneur de lui donner son illustre nom, William-Henry. Après avoir dîné à la maison seigneuriale, Son .Altesse Royale fut conduite à la place d’ Armes (actuellement la place Royale) où elle fut saluée derechef par la garnison. Après quoi, ayant fait une légère visite du magasin, etc., elle traversa à Berthier, accompagnée du colonel Dundas et du capitaine Smith, de l’artillerie. Son A. R. fut saluée une troisième fois en entrant dans le bateau, par la garnison et la milice canadienne, dont l’agréable

régularité, accompagnée de leurs acclamations et de celles des autres loyaux habitants, semblait le pénétrer d’un sentiment délicieux de leur honnête joie. Il est impossible de faire une description des vives expressions du contentement et de la satisfaction qui se manifestaient sur le visage de tous ceux qui étaient présents en cette auguste occasion. Nous nous flattons que tous les loyaux habitants de William-Henry se ressouviendront souvent de cette occurence avec une joie toujours nouvelle.”

Nn dépit de tout, le nom de Sorel a repris son droit cl’aînesse, et celui de William-Henry dort dans l’oubli.

Soulanges

Pierre de Joybert, sieur de Marson, obtint la seigneurie de Soulanges qu’il nomma ainsi en souvenir de la seigneurie de Soulanges, bailliage de Vitry, en Champagne, dont il était le propriétaire.

Spalding, Saint-Hubert de (Beance)

Spalding est une ville du Lincolnshire, Angleterre.

Squattecks, Saint-Antoine de (Téniiscouata)

Squattecks, en langue micmaque, signifie “ dernier lac. ”

Stadacona

Stadacona est le nom que les Sauvages donnaient en premier lieu à Québec.

D’après Mgr Laflèche, le mot Stadacona (, Statak wan) serait d’origine crise et signifierait Y aile.

Le 1ère Arnaud donne l’origine suivante au mot Stadacona : “ Stadacona, Statakostnen,Tatagushtnen,

Statakona — endroit où l’on passe sur des morceaux de bois comme sur un pont. Probablement avant 1 arrivée des Français, les Sauvages qui faisaient le trajet de Sillery à l’embouchure de la rivière Saint- Charles, soit pour la chasse soit pour la pêche, pour passer le Cap Blanc au pied duquel les eaux du fleuve venaient battre, étaient obligés de sauter sur des ramassis de bois de marée que les courants tenaient collés contre le cap ; de là Stadacona. ” (1)

Le Père Laçasse confirme absolument l’opinion du Père Arnaud.

Stanbridg’e (Missisquoi)

Village d’Angleterre.

Stanclon, Saint-Léon de (Dorcliester)

Standon est un village du comté de ILerts, en Angleterre.

Standon fut mis sous le patronage de saint Léon en l'honneur de M. Léon Rousseau, décédé curé de Saint-Thomas de Montmagny, son fondateur.

Stanfold (Artliabaska)

On trouve quatre villages de ce nom sur la carte d’Angleterre.

Stanbope (Stanstead)

Il y a un village de Stanhope dans le comté de Durham, en Angleterre.

Stanhope évoque aussi le souvenir de lady Stanhope et de ses projets excentriques que toutes les sympathies de Lamartine et d’autres génies littéraires n’ont pu préserver du ridicule.

(1) Annales de la propagation de la foi, février 1880.

Stanstead

Le nom Stanstead dérive des mots anglo-saxons stan , en anglais moderne stone, pierre, et stead, place.

Trois endroits en Angleterre portent le nom de Stanstead.

S’il faut en croire une légende, le canton de Stanstead fut nommé ainsi par certains arpenteurs qui, trouvant leur théodolite trop lent à s’affermir sur ses pieds, lui criaient avec impatience : Stand steady ! Mais, pour une raison ou pour une autre, ils n’articulaient pas suffisamment la dernière syllabe et ne laissaient entendre que stand .... stead. Comme on le voit cette origine est tirée. . par les cheveux.

Starnesborougli (Cliâteauguay)

Starnesborough a été nommé ainsi en l’honneur de l’honorable Henry Starnes, député de Châteauguay, et plus tard conseiller législatif.

Staynerville (Argenteuil)

M. Stayner, directeur-général des postes, possédait en cet endroit une grande concession de terres.

Stoke, Saiut-Phllémon de (Richmond)

Le carte géographique d’Angleterre ne contient pas moins de cinquante villes ou villages du nom de Stoke.

Stoneliam, Saint-Edmond de (Québec)

Stone est une des plus anciennes villes d’Angleterre. Ham signifie hameau, village.

Stoneliam fut mise sous le vocable de saint Edmond, archevêque de Cantorbéry, parce que à cette époque la paroisse était en presque totalité peu-

plée d Anglais. Saint Edmond fut le successeur du roi Offa sur le trône d’Est-Anglie.

Stotsville, Saint Valentin de (Saint Jean)

Stotsville rappelle le souvenir d’un des premiers colons de cette paroisse, Robert Stott.

En 1718, des missionnaires, venant de Québec et montant la riviere Richelieu, s’arrêtèrent par hasard, sur l’île aux Noix. Les missionnaires, attirés par le panorama grandiose qui se déroulait à perte de vue autour d’eux, résolurent de s’enfoncer plus avant dans les terres. Ils n’allèrent pas bien loin. A deux milles environ de l’île qu’ils venaient de quitter, ils frappèrent à la porte de la maison d’un colon nommé Jobson, où ils reçurent l’hospitalité et dans laquelle le lendemain, 14 février, ils disaient la sainte messe. Aussitôt après la célébration de , l’office divin, l’un des missionnaires écrivait une touchante lettre à l’évêque de Québec, lui vantant le site enchanteur où il se trouvait, le bien qu’il y avait à accomplir, et l’implorant de lui accorder la permission d’y fonder une mission pour les nombreux colons répandus dans les environs. De plus, comme la première messe avait été dite le 14 février, jour de la fête de saint Valentin, il demanda et obtint la permission de donner au nouvel établissement le nom de Saint- Valentin. (1)

Stratford, Saint-Gabriel de (Wolfe)

Stratford est un faubourg de Londres. Il y a aussi dans le comté de Bucks une ville de ce nom.

Stratford a été mis sous le patronage de saint Gabriel en l’honneur de Gabriel Prince, un des pre-

(1) Le diocèse de Montréal à la fin du dix-neuvième siècle, p. 529.

miers colons de ce canton. Prince était originaire de Saint-Grégoire, comté de Nicolet.

Stukely, Sainte-Anne de (Sliefford)

Stukely est le nom d’un anglais fort riche, bizarre, pour ne pas dire plus, qui s’était voué à la recherche du mouvement perpétuel. C’est Stukely qui servit de modèle à Sterne pour son Uncle Toby.

Il y a aussi dans le comté de Huntingdon, en Angleterre, un village de Stukely.

Nous ignorons si c’est le souvenir de l’homme ou du village qu’on a voulu rappeler.

Stukely est bâtie sur une colline qui ressemble étonnamment à celle de Sainte-Anne de Beaupré. C’est probablement ce qui a engagé l’évêque à mettre cette paroisse sous le patronage de sainte Anne.

Suète, La (Québec)

“ Le promontoire où est assis le vieux Québec forme l’extrémité orientale d’un plateau terminé, à l’ouest, par le Cap Rouge.

“ Longue de neuf milles, large de deux environ vers la partie centrale, cette sorte d’île — en terre ferme — est partagée en deux versants par un faible soulèvement de terrain qui atteint son plus grand relief à Sainte-Foy, dans les collines au sud de l’église. Du côté du fleuve, des falaises hautes, à pic et dénudées près de Québec, mais couronnées, vers l’ouest, de haute futaie, telles encore peut-être, en plus d’un point, que les a vues Jacques Cartier au milieu du seizième siècle.

“ Au nord, la pente des coteaux, plus douce à mesure qu’on s’éloigne de la ville, et bientôt susceptible de culture, aboutit à une vallée basse où les champs cultivés sont entrecoupés de bouquets de

bois parfois assez étendus. C’est ce qu’on appelle la Suette, nom d’origine inconnue et dû très vraisemblablement au petit village de Suette, à six lieues de La Flèche, où les élèves du collège des Jésuites, fondé par Henri IV en cette ville, allaient par groupes passer quelques jours de vacances. D’autres l’attribuent au fait que les chevaux se fatiguent et fument aisément, pour peu qu’on veuille les pousser, sur le déclivité peu sensible mais continue du chemin qui va de Lorette à Sainte-Foy : suée, suette, les gens n’y regardent pas de si près. Ou encore à la buée légère qui, souvent, après la fonte des neiges, ou à la suite des pluies d’été, étend sur la plaine sa nappe blanche et immobile, d’où émerge la crête des bois.” (1)

Le 27 avril 1760, l’armée française, sous le commandement du chevalier de Lévis, fut obligée de franchir les marais de la Suète pour livrer, le lendemain, la belle bataille de Sainte-Foy.

Suffolk, Saint-Emile de (Ottawa)

Suffolk est un comté d’Angleterre.

M. Emile Quesnel, de Saint-André Avellin, aida beaucoup aux premiers colons et on suppose que c’est en son honneur que saint Emile fut donné comme titulaire à Suffolk.

Sutton, Saint-André de (Brome)

Sutton est un mot saxon corrompu de South toivn. Plusieurs villes et villages d’Angleterre portent le nom de Sutton.

En 1858, la paroisse de Sainte-Croix de Dunliam, voisine de Sutton, eut son premier curé. Alors une

(1) L’abbé H. -A. Scott, Notre-Dame de Sainte-Foy.

mission régulière fut donnée tous les mois aux familles catholiques de Sutton par le curé de Dunham. La maison d’Olivier Godu, voiturier de l’endroit, servait de chapelle pour la circonstance. En 1857, M. André-Benjamin Dufresne fut nommé curé de Dunham et continua la mission régulière à Sutton.

Le 25 octobre 1858, Mgr Jean-Charles Prince, évêque de Saint-Hyacinthe, érigea canoniquement en paroisse tout le canton de Sutton, sous le vocable de saint André, apôtre, en l’honneur du missionnaire, M. André-Benjamin Dufresne.

Sweetsburg (Missisquoi)

Sweetsburg porta à l’origine le nom de Churchville. Elle tenait ce nom de John Church, marchand et hôtelier.

C’est quelques années avant 1854 que le nom Sweetsburg a pris le dessus. Il rappelle le souvenir de Gardner Sweet, un de ses premiers habitants.

Sydenham, Canton (Gaspé)

Charles-Edward Poulett-Thompson, mieux connu sous le nom de lord Sydenham, gouverneur du Canada de 1839 à 1841.

Tabaret, Canton (Poutiac)

Le Père Joseph-Henri Tabaret, Oblat de Marie- Immaculée.

Table à Roland (Gaspé)

“ Les navigateurs, dit Charlevoix, reconnaissent qu’ils sont proches de l’île Percée, lorsqu’ils aperçoivent une montagne plate qui s’élève au-dessus de plusieurs autres et qu’on a nommée la Table à Roland. ”

“ Percé est dominé, dit Mgr Plessis, par le mont Sainte-Anne dont le sommet porte le nom de Table à Roland, apparemment parce que quelqu’un de ce nom y aura mangé par choix ou par nécessité.”

“ Derrière le bourg, dit Bayfield, se trouve le Mont percé ou la Table roulante, 1230 pieds au-dessus du niveau de la mer.”

Sur le sommet, du côté ouest, il y a une grande étendue de bonne terre où le foin pousse naturellement. Les troupeaux de moutons s’y tiennent près-* que toujours en été. De là le nom ancien de Cap du pré.

Tabatière, Saint- Joseph de la (Labrador)

Mgr Bossé avoue ingénument que, passant par la Tabatière pour la première fois, il demanda le nom de la personne qui y avait perdu sa tabatière et en avait eu assez de peine pour y laisser le nom de cet objet à l’endroit. On se contenta de sourire. Il dut s’adresser aux missionnaires, fidèles gardiens des traditions sauvages. D’eux, il apprit qu’il n’y avait là aucune tabatière d’Esquimaux, de Montagnais, de Nascapis, ni de blanc. Mais alors pourquoi ce nom ?

En sauvage, cette pointe s’appelle Tapatienne, mot qui signifie sorcier, et elle a dû être autrefois le théâtre de jongleries diaboliques. En voici l’occasion.

Dans les environs arrivent les Sauvages venant du fond des bois, chargés plus ou moins de pelleteries. Là, ils rencontrent les trafiquants, et nagent dans l’abondance pour quelques jours. On mange pour la faim passée et la faim à venir ; bientôt les provisions sont épuisées. Il faut donc repartir pour les

bois ; mais ce serait commode de connaître d’avance si le voyage sera chanceux, et pour cela vers quel endroit se diriger. Le jongleur s’enferme sous sa tente, s’y dérobe à tous les regards et consulte le manitou. Au milieu de la terreur générale, pendant que le wigwam de la médecine noire s’agite et fait des soubresauts convulsifs, le jongleur annonce qu’il faut sacrifier tel objet (convoité par lui !) et se diriger dans telle direction. Croyez qu’on aurait garde d’y manquer. (1)

C’est le séjour d’un sorcier en cet endroit qui lui aura probablement fait donner le nom de Tapatienne — sorcier — corrompue — encore une supposition — par les Canadiens en Tabatière.

Tableau, Le (Saguenay)

Le Tableau, énorme rocher, à environ 50 milles de Tadoussac, montre, à plusieurs centaines de pieds de hauteur, une surface verticale, coupée à arêtes vives, absolument unie et polie, et lui donne l’apparence d’un véritable tableau et d’où lui est venue le nom qu’il porte.

Taché, Canton (Chicoatimi)

C’est M. Paschal Taché, seigneur de Ivamouraska, auteur d’une carte de la région du lac Saint-Jean, qui a laissé son nom à ce canton.

Tadoussac (Saguenay)

Tadoussac (Tadoussâk, pluriel de Totoush, mamelle et figurément mamelon), dit Mgr Laflèche, signifie, en sauvage, mamelles. En effet, on voit à l’entrée du Saguenay deux montagnes qui peuvent nous porter a interpréter ce nom de cette manière.

(1) Annales de la propagation de la foi, juin 1887.

D’autres prétendent que Tadoussac est dérivé du mot montagnais shashuko qui veut dire endroit aux homards. Cette étymologie est d’autant plus risquée que le petit cardinal des mers n’existe pas dans ces parages.

M. Andrew Stuart donne une troisième origine au mot Tadoussac. “ La première station navale, écritil, établie par les Français dans le fleuve Saint-Laurent fut l’île aux Coudres, et le premier établissement fondé fut Tadoussac. Le nom indien de l’île aux Coudres (ainsi que je l’ai appris des sauvages liurons de Lorette) était t’ hadoushab — tortue entourée d’eau vive. L’établissement et la station navale étant voisins peuvent avoir été désignés sous le même nom, et il n’y a pas loin de t’ hadoushab à Tadoussac.” .

Le Père Charles Arnaud donne une origine qui diffère entièrement des autres. Tadoussac, d’après lui, vient du montagnais Tatoushak ou Tatoustah, à V endroit où la glace est brisée. On sait qu’à Tadoussac on ne voit jamais de glace stable. Il est bon de remarquer, ajoute le Pere Arnaud, que les baux âges donnent toujours un nom qui marque la qualité de l’objet, qui dépeint les lieux ou qui attire le plus leur attention. (1)

Le Père Laçasse partage l’opinion du père Arnaud. (2)

Le Père Lemoine donne une cinquième interprétation : “Il est possible, dit-il, que ce mot vienne de Shatohelc, que l’on pourrait rendre par “ rocher escarpé, embouchure d’une rivière pleine de roches.”

Quoiqu’il en soit, les Anglais écrivent Tadousac, les Canadiens Tadoussac. Les anciennes relations des

(1) Annales de la propayation de lajoi, février 1S80.

(2) L’ Opinion publique, 2 mars 18S2.

missionnaires et presque tous les manuscrits de la période française ont adopté cette dernière orthographe. D’ailleurs, en français, la règle veut que 1’ s entre deux voyelles se prononce comme z. Donc si l’on écrit Tadousac, on doit prononcer Tadouzac. On a donc raison d’écrire ce mot avec deux ss.

Taillou, Canton (Lac Saint-Jean)

L’honorable M. L.-O. Taillon, premier ministre de la province de Québec.

Talon, Canton (3Iontmag;ny)

Jean Talon, premier intendant de la Nouvelle- France.

Tanguay, Canton (Lac Saint-Jean)

M. Georges Tanguay, député du Lac Saint- Jean et ancien maire de Québec.

Taniata (Levis)

Taniata est un mot abénakis. Il rappelle par sa consonnance les petites îles Toneata, près de Kingston.

Tanneries, Saint-Henri des (Hoclielaga)

Le nom de Tanneries a été donné à' cette paroisse parce que ses premiers habitants étaient presque tous des tanneurs. Ils s’étaient établis là sur le bord d’un ruisseau qui avait sa source sur la terre d’un Dêcarie et qui leur fournissait avec abondance toute l’eau nécessaire à leur industrie. La majorité de ces tanneurs étant des Lenoir dit Rolland, on disait les tanneries des Rolland, comme on disait du Mile-End, les tanneries des Belair. Aujourd’hui on oublie le nom de Tanneries quoique le nom canonique de la paroisse soit Saint-Henri des Tanneries.

Saint-Henri des Tanneries a été érigée en paroisse par Mgr Bourget en 1867. C’est l’une des trois premières paroisses démembrées deffa vieille paroisse Notre-Dame. Saint-Henri était le nom de l’ancienne chapelle bâtie en cet endroit par les Sulpiciens.

Taschereau, Canton (Gaspé)

Son Eminence le cardinal Elzéar-Alexandre Taschereau, archevêque de Québec.

Tellier, Canton (Joliette)

M. J.-M. Tellier, député de Joliette à la législature de Québec.

Téniiscainiug- (Pontiac)

Témiscaming, du sauteux timiw, c’est profond, et garni, liquide : timegaming, dans eau profonde. En effet, le lac Témiscaming ne le cède pas pour la profondeur au lac Supérieur lui-même.

Témiscoiiata

Témiscouata est un mot cris. Il se forme de timiw, c’est profond, et de ishkwatam, à la fois ou partout ; timiwishJcwatam, c’est profond partout.

Témpleton, Sainte-Kose de Lima de (Ottawa)

Plusieurs villes et villages d’Angleterre portent le nom de Templeton.

En 1889, les habitants canadiens-français de East- Templeton demandèrent à Mgr Duhamel la permission de se bâtir une église. L’eveque agréa leur demande. Accompagné de M. Champagne, curé de la Pointe-Gatineau, il se rendit le 30 août à East- Templeton, et choisit, à quelques arpents de la gare, un terrain pour le site de la chapelle qui fut généreusement donné par un citoyen du lieu, M. Joseph

Hurtubise. C’était le jour de la fête de sainte Rose de Lima. La vierge péruvienne fut donc donnée pour patronne à la nouvelle mission.

Terrebonne

La tradition veut que le premier concessionnaire de la seigneurie de Terrebonne, le sieur Daulier des Landes, lui ait donné ce nom sur le rapport qu’on lui fit de l’excellence de ses terres.

Terre-Rompue (Saguenay)

Terre-Rompue est à 88 milles de l’embouchure du Saguenay et à 35 milles environ de la décharge du lac Saint- Jean. C’est à Terre-Rompue que les cascades et les rapides du Saguenay viennent mourir.

Tessier, Canton (Matane)

L’honorable juge Ulric Tessier.

Tessierville, Saint-Ulric tle (Rimouski)

Cette paroisse fut placée sous l’invocation de saint Ulric, confesseur pontife dont la fête se célèbre le 4 juillet, pour rappeler la mémoire de l’honorable juge Ulric Tessier, qui, de concert avec M. Narcisse Faucher, donna un terrain pour bâtir la chapelle. C’est aussi en l’honneur du même personnage que le bureau de poste établi à Saint-Ulric en 1861, prit le nom de Tessierville.

Tête à la Baleine (Labrador)

L’une des îles de cet archipel ressemble à une tête de baleine se soulevant au-dessus des eaux ; le nom s’étendit plus tard à la localité toute entière.

Tétreau ville (Ottawa)

En l’honneur du notaire Tétreau, ancien député du comté d’Ottawa à la législature de Québec.

Tétreauville, Sainte-Claire de (Hoclielaga)

L’église temporaire de Tétreauville a été donnée par M. Pierre Tétreau.

Tewkesbury, Canton (Québec)

Ville du comté dé Gloucester, Angleterre.

Thérien, (Lac (Ottawa)

M. Thérien, chapelain de l’Ecole de Réforme de Montréal, avait fait sur les bords de ce lac un grand et bel établissement.

Tbeiford, Saint- Alpliouse de (Mégantic)

Le canton de Thetford a pris son nom de la ville de Thetford, dans le comté de Norfolk, en Angleterre. Lorsqu’en 1878 furent découvertes les célèbres mines d’amiante de Thetford et qu’elles commencèrent à être exploitées, le village qui se forma à proximité prit le nom de Thetford-Mines.

Le premier missionnaire qui desservit Thetford- Mines fut M. J.-Alphonse D’Auteuil. Par une gracieuseté dont le cardinal Taschereau était coutumier à l’égard des prêtres qui se dévouaient aux sacrifices et à l’abnégation que demande la vie de missionnaire, lorsque Thetford-Mines fut érigée en mission, il lui donna saint Alphonse pour patron.

Tkorne, Canton (Pontiac)

Ville du comté de York, Angleterre.

Thurso (Ottawa)

Parmi les premiers colons de Thurso, il y avait

plusieurs Cameron. Lors de la création du premier bureau de poste, on voulut lui donner le nom de Cameronville. Le ministre des postes n’accepta pas ce nom car il y en avait déjà un dans le pays. Il suggéra le nom de Thurso parce que les Cameron en question et plusieurs autres colons étaient originaires de Thurso, petite ville située au nord de l’Ecosse.

Tikouapee, Rivière (Lac Saint- Jean)

Tikouapee serait tout simplement la traduction montagnaise de notre prénom André. Un montagnais du nom de Tikouapee, qui demeurait sur les bords de cette rivière, lui laissa son nom.

Tingwick, Saint-Patrice de (Artliabaska)

Tingwick est une ville du comté de Buckingham, Angleterre.

Les premiers colons de Tingwick furent des Irlandais et ils demandèrent à mettre leur paroisse sous la protection de leur grand saint Patrice.

Tonti, Canton (Portneuf)

Henri de Tonti, italien de naissance, qu’on avait surnommé Bras-de-Fer parce qu’il avait remplacé par une main de fer sa main enlevée dans une bataille, fut un des plus fermes appuis de Cavelier de La Salle dans ses explorations.

Tourelle, Canton La (Gaspé)

Le nom de ce canton est celui qui était donné avant qu’il fut tracé à la localité. On appelait cet endroit La Tourelle ou Pointe La Tourelle parce qu’il s’y rencontre deux roches sur le rivage à environ une lieue l’une de l’autre. La première qui

est aussi la plus considérable est carrée, a environ quarante pieds de diamètre sur cinquante de hauteur. Elle est isolée sur le rivage. L’autre est plus au nord-est. De forme triangulaire elle se rétrécit à une hauteur de trente pieds. Elle ressemble à une cheminée isolée, et son sommet est semblable à une tourelle de donjon.

Tracy, Canton (Berthier)

Alexandre de Prouville de Tracy, lieutenantgénéral du roi de France dans toute l’étendue de ses terres situées en l’Amérique Méridionale et Septentrionale.

Traverse, La

On a donné le nom de la Traverse au détroit qui se trouve entre T île d’Orléans et l’île aux Réaux, parce que les vaisseaux qui remontaient le fleuve le long de la rive nord changeaient là leur course et traversaient au 'sud de l’îl'e d’Orléans.

Tremblay, Canton (Cbicoutimi)

Les premiers colons de ce canton furent des Tremblay.

Très-Saint-Kédempteur (Vaudreuil)

C’est la proximité des paroisses de Saint -Lazare et de Sainte-Marthe qui a fait donner le Très Saint Rédempteur comme titulaire à cette paroisse.

Tring (Beauce)

Tring est une ville du comté de Herts, à 32 milles de Londres.

Trois-Pistoles (Témiscouata)

« Le nom de Trois-Pistoles en lui-même réveille

l’idée de cette pièce de monnaie de l’ancien cours tombée en désuétude depuis longtemps et avantageusement remplacée par notre comptabilité en piastres et centins. Nous avons fouillé un peu partout afin de découvrir le premier anneau d’un chaînon quelconque, soit par une date fixe, soit par un entrefilet, donnant les raisons qui ont pu motiver un pareil nom à cette rivière paisible qui coule des hauteurs à travers un terrain fertile et boisé pour se jeter dans le fleuve. Rien de précis n’est venu nous satisfaire.

“ Cependant on peut bien fixer une date reculée où l’on connaissait le nom de Trois-Pistoles, car dans la magnifique carte de Bellin faite en 1744 et qui se trouve dans l 'Histoire de la Nouvelle- France de Charlevoix, l’île Verte porte son nom et vis-à-vis est une rivière désignée sous le nom de “ rivière des Pistoles.”

“ Dans un livre assez rare publié en 1755, et que M. Philéas Gagnon possède, Memorials of the English and French Commissaries, concerning the limits oj Nova-Scotia, il y a une carte où l’on voit Trois-Pistoles mentionnée comme suit : Pistole or Spey River.

“ Un jour, les vieux de l’heure présente nous dirent qu’il était bien facile de savoir pourquoi ce nom de Trois-Pistoles avait été donné à la rivière pour s’étendre ensuite à toute la paroisse, et voici ce qu’ils nous racontèrent. “ Durant l’été, le missionnaire desservant les postes de la côte sud, descendait à Rimouski, terme ordinaire de ses courses évangéliques, lorsqu’il ne se rendait pas jusque dans la Gaspésie, cet ancien Honguedo des premiers Sauvages connus de Jacques Cartier. Les communications n’étaient pas faciles alors et il fallait avoir bon pied, bon œil et le courage rudement

trempé pour arriver sain et sauf au rendez-vous, au lieu désiré. En été, le canot était le seul véhicule possible, tant à cause de sa légèreté que de la rapidité de sa course et de sa facilité de transport dans les portages à faire ; en hiver, il fallait la raquette pour parcourir des sentiers impossibles, soit dans l’intérieur des terres, soit au bord du fleuve, sur les battures et les grèves désertes. En quittant l’Isle- Verte, le missionnaire rencontra, après quelques heures de marche assez pénible, une rivière très évasée à son embouchure et montant se perdre sous bois à l’intérieur vers les hauteurs des terres. Durant la traversée, par un coup maladroit inexpliqué, le canot chavira et prêtre et conducteur furent précipités dans la rivière prenant un bain forcé qu’ils goûtèrent médiocrement. La rivière n’a pas de proportion inquiétante, et tant bien que mal nos naufragés se virent bientôt rendus sur le rivage opposé, où l’on eut rien de plus pressé que de se laisser sécher au grand soleil de juillet. En otant sa soutane,- le missionnaire constata avec regret que trois pistoles avaient glissé de son gousset dans la rivière ; c’était une perte plus pour les pauvres que pour le missionnaire lui-même qui ne possède rien. Si le missionnaire y avait perdu ses trois pistoles, la rivière y gagna son nom qui lui fut conservé dans la suite.”

“ Sir James-M. LeMoine, dans son Album du touriste, est plus explicite :

“ Vers 1700, dit-il, un pêcheur normand s’établit sur la plage de la rivière de Trois-Pistoles ; un jour, un chasseur arrive sur la rive opposée :

“ — Combien pour me traverser ? dit ce dernier.

“ — Trois pistoles, seigneur, réplique le pêcheur, qui était aussi le batelier de l’endroit.

“ — Quel est le nom de cette rivière ?

« — Elle n’a pas de nom ; on la baptisera plus tard.

“ — Eh bien ! nommez-là Trois-Pistoles. ”

“ Cette histoire d’occasion tombe d’elle-même devant les faits. Rien de brutal comme une date parfois ! En 1700, il y avait des colons aux Trois- Pistoles. De plus la concession de la “ riviere de Trois-Pistoles ” eut lieu en 1687. Donc, en 1700, il était impossible à n’importe quel batelier d’ignorer le nom de la rivière qu’il avait charge de faire traverser aux piétons, puisque treize ans auparavant elle était connue et désignée sous le nom de rivière des Trois-Pistoles.

“Avouons en passant que charger trois pistoles pour traverser un voyageur d’une rive à l’autre de la rivière, était un peu exorbitant, car trois pistoles représentent six piastres environ de notre monnaie.

“ Il est une autre version qui a aussi ses partisans. Ils ne sont pas nombreux, mais ils méritent considération ; leurs idées doivent trouver place ici, quand ce ne serait qu’à titre de renseignement.

“ On raconte le naufrage d’un navire sur les battures du large, en face de la rivière qui se jette vis-àvis le bout d’en haut de l’île-aux-Basques. Des gens de terre seraient accourus avec générosité au secours des naufragés et les auraient conduits sains et saufs sur les bords de la rivière qui n’avait pas encore de nom.

“ Les marins généreux donnèrent à chacun de leurs sauveurs une somme de trois pistoles et pour perpétuer le souvenir de cet heureux sauvetage, on aurait baptisé la rivière du nom qu’elle porte aujourd’hui : Trois-Pistoles.

“ Deux considérations s’offrent immédiatement à l’esprit de celui qui connait l’histoire de la colonisation de cette partie du pays. Si ce naufrage a eu lieu en 1687, il ne devait pas y avoir de colons ni d’habitants sur les bords de la rivière, hormis que ce fut une nation ou tribu de Sauvages, et dans cette dernière supposition, il y aurait à mettre en ligne d’opposition la langue sauvage qui n’aurait rien compris du langage des naufragés.

“ Si le naufrage arriva après 1687, il n’y avait pas lieu de baptiser une rivière qui avait déjà son nom.

“ Mieux vaut s’en rapporter à ce que M. Napoléon Dion y, un descendant en ligne directe des premiers seigneurs Rioux, nous disait à ce sujet. Tout concourt a lui donner raison : les circonstances, la date approximative et la tradition conservée dans sa famille.

“ Vers 1621, alors que MM. de Caen et de Monts faisaient la chasse aux Basques et aux contrebandiers qui voulaient frustrer la compagnie pour la traite de la pelleterie à Tadoussac, une barque vint s’échouer sur les battures du bout d’en haut de l’île aux Basques. La provision d’eau ayant été épuisée à bord, on se rendit à terre où l’on apercevait le courant clair et limpide d’une rivière, pour emplir les tonneaux.

“ Deux matelots et un second se rendirent en berge pour puiser de l’eau à la riviere qui se déchargeait dans le fleuve, en face de leur navire échoué. Arrivés à son embouchure, ils remontèrent le courant jusqu’à l’endroit où l’eau douce rencontrant l’eau du fleuve forme une borne facile a discerner et se mirent à remplir leurs barils.

“ Pendant que les matelots accomplissaient leur travail, le second, assoiffé, tira de sa poche un joli gobelet, qu’il voulut remplir de l’eau du courant, afin de se désaltérer ; mais, par malheur, le gobelet lui échappa, allant au fond de la rivière, sans qu’il lui fut possible de le repêcher. Et le marin de s’écrier : Eh bien ! voilà trois pistoles de perdues ; et les matelots de répondre : la rivière va y trouver son nom ; nous l’appellerons la rivière des Trois- Pistoles.

“ De retour au vaisseau on ne manqua pas de raconter l’aventure qui se transmit ainsi de bouche en bouche jusqu’à Tadoussac où demeuraient les missionnaires qui devaient plus tard évangéliser la côte sud, et jusqu’à Québec qui était alors en pleine formation.

“ N’est-ce pas, qu’au point de vue de la véracité des faits, cette dernière version doit l’emporter sur les autres et que c’est à elle que l’on doit attacher le plus de crédibilité ? Ici, comme nous l’avons vu, tout se donne la main pour nous convaincre, autant que l’on peut être certain d’un fait qui confine aux probabilités. La date de l’événement, plus de soixante ans avant la première concession des Trois-Pistoles ; la possibilité du naufrage en ce lieu si fertile en accidents maritimes ; le manque d’eau à bord ; la rivière au sud coulant une eau douce et limpide ; le récit qui se transmet de bouche en bouche jusqu’à Québec et Tadoussac ; la conservation et la transmission dans la famille Rioux de la véritable cause du nom des Trois-Pistoles, tout, tout nous porte à croire que c’est bien là le premier anneau qui rattache la paroisse au passé.” (1)

(1) Charles- A. Gauvreau, Trois-Pistoles, p. 22.

Trois-Rivières

“ Ce nom, les Trois-Rivières, dit M. Suite, a été donné, par les traitants français qui précédèrent Champlain, à la rivière que Cartier nomme rivière de Fouez, ou de Foix, selon l’ interprétation de Lescarbot, et que nous appelons le Saint-Maurice. ”

La Relation de 1635 dit : “ Les Français ont nommé ce lieu les Trois-Rivières, parce qu’il sort des terres un assez beau fleuve, qui se vient dégorger dans la grande rivière de Saint-Laurent, par trois principales embouchures, causées par plusieurs petites îles qui se rencontrent à l’entrée de ce fleuve, nommé des Sauvages Metaberoutin

“ Une tradition trifluvienne, dit encore M. Suite, veut que le nom de Trois-Rivières ait été donné au fort situé près de l’embouchure du Saint-Maurice en raison de son accès commode pour y rencontrer les Sauvages qui faisaient la traite en descendant par les rivières Metaberoutin, Bécancour et Saint-François. Pour motiver la tradition, la traite de ces trois rivières aurait dû avoir lieu dès le temps de Champlain, ce qui était impossible, puisqu’il n’y avait pas de Sauvages au sud du fleuve, où les Iroquois ne se montraient que pour dresser des embuscades et massacrer les coureurs des bois. ” (1)

Trompe Souris (Lévîs)

Ce nom nous vient de la vieille France. On donnait, là-bas, par dénigrement, le nom de Moque- Souris ou de Trompe-Souris, à des moulins obligés le plus souvent de chômer par suite du faible débit du cours d’eau chargé de mouvoir la roue ; le grain y était si rarement apporté qu’on s’y moquait des

(]) Revue Canadienne, vol. VI, p. 641.

souris, ou peut-être la souris était trompée quand elle venait au moulin dans l’espoir d’y trouver sa pitance.

Trou Jolliet (Lé vis)

Le trou ou l’anse Jolliet rappelle le souvenir de Louis Jolliet.

Trou Saint-Patrice (Montmorency)

On a prétendu que le Trou Saint-Patrice avait été appelé ainsi par les Anglais après la cession du pays. Mais il n’en est pas ainsi, puisqu’on le trouve mentionné sous ce terme, dès 1689, par le sieur de Villeneuve, ingénieur du roi, dans sa carte de l’île d’Orléans. Au Trou Saint-Patrice se trouve une grotte remarquable que les curieux ne manquaient pas de visiter lorsqu’ils passaient en cet endroit. “ Grotte ou trou, fait remarquer M. l’abbé Bois, n’aurait-elle pas, dans l’origine, donné son nom au bassin ? ”

Trudel, Canton (Québec)

Le canton Trudel fut nommé ainsi par l’honorable George Duhamel en l’honneur de son ami le sénateur Trudel, directeur de Y Ete ndard.

Tuladi, lîivière (Téiniscouata)

On faisait à l’embouchure de cette rivière une pêche abondante du poisson appelé tuladi.

Tuque, Saint-Zéphlrin de la (Saint-Maurice)

La Tuque est une montagne de forme ronde. Elle a la forme de ces bonnets de laine que nous appelons tuques, mais d’une tuque bien enfoncée sur la tête de son propriétaire. De la montagne le nom s’étendit au village qui se forma à ses pieds.

En 1887, Mgr Laflèche visitant les missions du Saint-Maurice leur donna chacune 'un patron. Il n’y eut que la Tuque qu’il laissa de côté parce qu’elle faisait partie du vicariat apostolique de Pontiac. En effet, donner des patrons aux paroisses et aux missions, cela appartient à l’évêque diocésain, et l’évêque de Trois-Rivières ne voulait pas empiéter sur les droits de l’évêque de Pontiac. Mais la population fut affligée de cette différence. Alors, Mgr Laflèche eut une inspiration qui conciliait très bien tous les intérêts : il choisit saint Zéphirin pour patron de la mission de la Tuque, en l’honneur de Mgr Zéphirin Lorrain, Te premier évêque qui eut visité cette mission et aussi le premier évêque de Pontiac. (1)

Turcot, Village (Hoclielaga)

Le village Turcot doit son nom à Désiré Turcot qui avait acheté en cet endroit une terre à jardinage.

Turcotte, Canton (Clianiplain)

L’honorable Joseph-Edouard Turcotte, solliciteurgénéral du Bas-Canada, et plus tard orateur de la Chambre d’ Assemblée de la province du Canada.

Turgeou, Canton (Ottawa)

Le Père A.-D. Turgeon, Jésuite, chargé par le Pape de le représenter dans la question du règlement des biens des Jésuites avec le gouvernement de Québec.

TJakanatsi, Lac (Lac Saint-Jean)

Le lac des monts difformes.

(1) L’abbé N. Caron, Deux voyages sur le Saint- Maurice.

Ulvertou (Drummond)

On voulait appeler cet endroit Reedville en mémoire de son premier habitant, M. Webber Reed, mais celui-ci s’y opposa.

M. Patterson, secrétaire-trésorier du conseil du canton de Durham, suggéra alors le nom d’Ulverton, qui est un dérivé ou une corruption de Tilverton, petit village d’Irlande près de l’endroit où naquit ce M. Patterson. De Tilverton à Ulverton il n’y a pas loin ; de là vient le nom de ce beau village, l’un des plus pittoresques et des mieux bâtis des Cantons de l’Est. (1)

Upton, Saint-Eplirem <!’ (Bagot)

Upton, ville d’Angleterre, au comté de Chester.

Vacherie, La (Québec)

Lieu désert où les Pères Jésuites, propriétaires de ce fief, envoyaient paître leurs vaches et celles des autres communautés religieuses de la ville, au commencement de la colonie. (2)

Vaiilancourt (Islet)

On désigne très souvent Saint-Pamphile sous le nom de Vaiilancourt. C’est pour rappeler le souvenir du premier colon de cette paroisse, Frédéric Vaiilancourt.

Vaiilancourt possédait déjà une bonne terre à Saint-Aubert, mais se trouvant dans l’impossibilité d’établir tous ses enfants dans cette dernière paroisse, il prit le parti de pousser une pointe dans la forêt, à l’endroit même où le gouvernement faisait ouvrir une route de colonisation qui devait porter le nom

(1) J.-C. Saint-Amant, L’Avenir, p. 115.

(2) Note de M. l’abbé Bois.

de route Elgin. Accompagné de sa femme et de cinq enfants, il se mit aussitôt à défricher, et, l’année suivante, la terre lui rapportait suffisamment pour se sustenter. La famille de ce brave possède aujourd’hui l’une des plus belles fermes de Saint-Pamphile. (1)

Vaillantbourg' (Conipton)

P.-U. A aillant, qui avait longtemps résidé dans l’Etat du Rhode-Island, aux Etats-Unis, fut un des premiers colons de l’endroit.

Valcartier, Saint-Gabriel de (Québec)

Yalcartier rappelle le souvenir du découvreur du Canada, .Jacques Cartier.

Yalleyfield, Salaberry de (Beauliarnois)

“ Quelques années avant 1870, un industriel de Montréal, Alexander Buntin, jeta les yeux sur le village de Sainte-Cécile, si avantageusement situé à l'embouchure du canal de Beauharnois, pour y établir l’industrie de la fabrication du papier. Il y construisit ses usines. Certains travaux préliminaires relativement peu dispendieux lui permirent de disposer d’une force motrice considérable et ses usines fonctionnèrent avec plein succès. Encouragée par cet exemple, la Compagnie de coton de Montréal résolut, à son tour, d’établir à Sainte-Cécile une de ses principales filatures. Une exemption de taxes pour vingt ans fut accordée à la compagnie, et bientôt après une bonne moitié de l’usine ayant été construite, la filature entrait en pleine activité.

(1) Eug. Rouillard, La colonisation dans les cbmtés de Dorchester, Bellechasse, Montmagny, Vlslet, p. 62.

“ Immédiatement les ouvriers accoururent et se groupèrent autour de la filature et des moulins à papier, dans le petit village hier encore ignoré. Ils affluèrent tellement qu’en 1874, Sainte-Cécile était devenu un gros village de près de trois mille habitants et que toute son ambition était de se voir ériger en ville. La charte préparée et soumise à la législature fut accordée cette même année là; Sainte- Cécile resta le vocable de la paroisse, il n’y avait plus qu’à trouver un nom pour la petite ville toute fraîche incorporée.

“ Le maire d’alors, M. Marc-Charles Despocas, un des principaux commerçants de la nouvelle ville, en proposa un très joli, celui de Salaberry. C’était, à la fois, rappeler le héros qui sauva le pays non loin du site de Sainte-Cécile et la division sénatoriale dont son territoire fait partie. Mais il était dit qu’un dessin si juste et si intelligent ne réussirait pas complètement et du premier coup.

“ L’opposition vint de M. Alexander Buntin, représentant de l’idée anglaise, et possesseur à lui seul de près d’un tiers de la propriété dans la jeune ville. Il voulut biffer le nom de Salaberry pour imposer celui de Valleyfîeld, l’objet de son choix. Le maire s’opposa vaillamment, comme bien l’on pense, à la consommation de cette iniquité arbitraire. Il en naquit des contestations interminables.

“ Finalement, pour ne pas retarder la concession entière de la charte ou contrecarrer dès le début son parfait fonctionnement, les deux représentants de la ville en vinrent à une entente. Sur l’avis des législateurs eux-mêmes, la majorité, toujours tolérante, céda le pas à la minorité, et la charte fut inscrité dans les statuts sous le nom de “ Salaberry de Val.

leyfield.” Les Anglais étaient satisfaits et les Français furent censés l’être.

“ Il est résulté de cela que, pour les gens d’affaires, le nom collectif d’incorporation étant trop étendu, la finale seule, A alleyfield, est restée. On l’emploie seule a 1 hôtel des postes, au télégraphe, aux gares de chemins de fer, dans les correspondances privées trop généralement et dans les lettres d’affaires surtout. L’autre sombre dans l’oubli, et c’est ainsi que se trouvent radicalement lésés, par un subterfuge habile, les droits indiscutables et sacrés de la majorité. Les Canadiens-Français de Salaberry de Valleyfield, cependant, ne se plaignent pas trop : ils souffrent cette avanie pour le bien de la paix. La générosité française vivra toujours !

“ Néanmoins, les actes et minutes du conseil de ville et des cours de justice siégeant à Salaberry de Valleyfield conservent religieusement la suscription légale. Espérons que cette chère relique pourra être ainsi sauvée du naufrage. Salaberry, c’est un nom qui doit tenir au cœur, non pas seulement à nos compatriotes de l’endroit intéressé, mais à chaque Canadien-Français digne de son origine.” (1)

Vallières, Canton (Cliamplain)

L’honorable Joseph-Rémi Vallières de Saint-Réal, juge provincial de Trois-Rivières, puis juge en chef de Montréal.

Valmont, Mont-Carmel de (Cliamplain)

La paroisse de Notre-Dame du Mont-Carmel a été érigée canoniquement le 30 septembre 1858 par Mgr Thomas Cooke, évêque de Trois-Rivières, et civile-

(1) Jules Saiiit-Elme, Monde illustré, 8 novembre 1890.

ment le 16 mars 1859 parle gouverneur sir Edmund Head.

Elle a été placée sous le vocable de Notre-Dame du Mont-Carmel, à cause de la ressemblance de la montagne au pied de laquelle elle s’étend avec le mont Carmel de la Palestine. Cette montagne est élevée de plusieurs centaines de pieds au-dessus du niveau du fleuve Saint-Laurent, dont elle est éloignée de plus de quatre lieues. Elle forme un point culminant d’où l’œil embrasse un immense horizon. Une plaine, légèrement accidentée, s’étend du fleuve à la montagne.

Le nom de Valmont donné par le département des postes au bureau de poste de Notre-Dame du Mont-Carmel est pour le distinguer de celui de Mont- Carmel, comté de Kamouraska. On lui a sans doute donné ce nom (Valmont : val, vallée ; mont, montagne) parce que la montagne se trouve comme jetée dans la vallée ou la plaine, à laquelle elle est intimement liée.

Valois (Jacques-Cartier)

Vers 1870, le docteur Evariste Valois obtint de la compagnie du Grand-Tronc qu’elle établirait une gare sur la propriété de la famille Valois, à la Pointe- Claire. La chose cependant ne fut faite que quatre années plus tard, et pour récompenser le docteur Valois de sa persévérance on nomma la nouvelle gare Valois. Cet endroit est devenu depuis une place d’eau recherchée.

Valracino (Comptou)

Mgr Antoine Racine, premier évêque de Sherbrooke.

Vareunes (Verchères)

Varennes est certainement le nom le plus répété en France et on le trouve de l’extrême Nord aux Pyrénées. Le sol de la Varenne change évidemment de nature en changeant de contrée, mais quel que soit le pays, toujours varenne y a désigné un terrain vague, ingrat. Dans les forêts, les varennes étaient les mauvaises portions où la haute futaie avait peine à venir ; on n’y trouvait que broussailles et ces portions restaient intactes afin de servir de remise au gibier ; aussi a-t-on appelé plus tard Varenne ou Garenne une étendue de territoire dont la chasse était réservée. En quelques endroits Varenne a été écrit Varanne.

Dans la Charente-Inférieure, on appelle Terres de Varennes des terres dues à d’anciens alluvions, ayant jusqu’à 4 et o mètres de profondeur, occupant les sommets des collines et des plateaux. Ce sont elles qui produisent les plus belles futaies de chênes. (1)

Le territoire de la paroisse actuelle de Varennes a été concédé au début en quatre fiefs : 1° Fiefs Notre- Dame ou de la Trinité et Cap Saint-Michel à Jacques Lemoyne et à Michel Messier, son beau-frère; 2° Trente arpents à Laurent Borry, sieur de Grand- Maison ; 3° L’île Sainte-Thérèse à Sidrac Dugué, sieur de Boisbriant ; 4° Fief du Cap de Varennes, à René Gaultier, sieur de Varennes, plus tard gouverneur des Trois-Rivières.

Vaucluse, Saint-Gérard de (L’Assomption)

Ce nom de Vaucluse fut suggéré par le Père Prisque Magnan, O. M. I., à son retour d’un voyage en

(1) Peiffer, Rechercher sur l’origine et la signification des noms de lieux (France, Corse et Algérie), p. 311.

Europe où il avait visité la célèbre chartreuse de Vaucluse, dans le département du Jura, en France.

Mgr Bruchési était à Rome lors de la canonisation de saint Gérard Majella. Emu par l’héroïsme de ses vertus, il promit au Saint Père que la première paroisse qu’il formerait dans son diocèse, à son retour, porterait le nom de Saint-Gérard Majella.

Vaudreuil

Vaudreuil fut concédé en seigneurie en 1702, par M. de Callières, gouverneur de la Nouvelle-France, au marquis de V audreuil, alors gouverneur de Montréal, et qui devait le remplacer l’année suivante comme gouverneur de la colonie. Le marquis de Vaudreuil laissa sa seigneurie à ses deux fils, Pierre, marquis de Vaudreuil, dernier gouverneur du pays, et le chevalier Rigaud de Vaudreuil.

Vei*clières

Verchères, en France, signifie terre cultivée, verger.

C’est le capitaine Jarret de Verchères qui fonda la seigneurie de Verchères.

Verdun, Notre-Dame de (Hoclielaga)

Cette localité est presque aussi ancienne que Montréal ; car nous voyons que les premières terres furent concédées en 1665. Dans les premiers temps de la colonie, elle portait le nom de Côte de Gentilly ; plus tard elle fut nommée Verdun, probablement par Réné Robert Cavelier de la Salle, en souvenir d’un village ou d’une commune du même nom en France.

En 1830, elle se nommait Rivière Saint-Pierre et faisait partie de la municipalité des Coteaux Saint- Pierre qui renfermait les côtes Saint-Pierre, Saint- Paul, Saint-Antoine, Saint-Luc, Liesse, les Tanneries

des Rolland (Saint-Henri), Côte des Neiges, Westmount, etc.

En 1876, elle fut incorporée sous le nom de Rivière Saint-Pierre, et en 18/8, elle recevait de nouveau le nom de Verdun.

A iiiiu i lie, Saint-Clément (le (Hoclielag’a)

La fondation de cette paroisse est due à la générosité de feu M. Charles-Théodore Viau, décédé le 10 décembre 1898, avant d’avoir pu voir le couronnement de son œuvre.

Victoria, Poiute (Sagueuay)

Nommée ainsi en 1829 en 1 honneur de la princesse Victoria, plus tard reine d’Angleterre.

Victoriaville (Artlxabaska)

Il y avait, avant la fondation de la municipalité du village de Victoriaville, deux hommes qui se disputaient la suprématie dans cette partie du canton d’Arthabaska, MM. Julien Deniers et le père Foisy, de vieille mémoire. M. Deniers avait acquis une certaine popularité et était l’homme d’affaires de l’endroit. M. Foisy, qui était revenu de la Californie vers 1855, était allé s’établir dans une maison voisine du magasin D.-O. Bourbeau, plus tard occupée par feu Zoël Perrault. M. Foisy, épris de vertus civiques, rêvait la domination et la gouverne de sa localité.

Dans le temps il s’agissait d’ériger une localité autonome. M. Deniers, qui avait son point d’orgueil, avait tenté de donner son nom à la municipalité, Demersville. M. Foisy fit la cabale contre ce nom de Demersville, prétendant que c’était trop de prétentions pour un homme. Il proposa le nom de

la souveraine alors régnante, Victoria. Il gagna son point avec assez de facilité.

Le 18 mai 1861, le nom de la reine Victoria s’attachait à la ville et y est resté depuis. Le choix de ce nom a été le sujet d’une guerre assez importante dans l’histoire des affaires municipales de Victoriaville. (1)

Viger, Saint-Epipliane de (Témiscouata)

Le canton Viger a été nommé ainsi en l’honneur de l’honorable Denis-Benjamin Viger, premier ministre du Canada sous l’administration de lord Metcalfe en 1843.

A la suggestion de Louis Lapointe, premier colon de l’endroit, la mission fut mise sous la protection de saint Epiphane, en l’honneur de son frère, M. Epiphane Lapointe, curé de Rimouski, qui avait fait un don à la chapelle.

Ville-Marie

Ce sont les membres de la Société de Montréal qui donnèrent à Montréal le nom de Ville-Marie, en l’honneur de la sainte Vierge.

Villeray (Hoclielag a)

“ Le sieur Louis Roüer de Villeray fut un de ces hommes très précieux, dont la vie, sans avoir été marquée au coin des exploits glorieux et éclatants, a été pleine de sagesse et de dévouement.

“ Il naquit en 1629, à Notre-Dame, en Grève, ville d’Amboise, de Jacques Roüer de Villeray, valet de la chambre de la reine, et de Marie Perthius.

“ Il est difficile de préciser la date de son arrivée à Québec. Suivant toute apparence, il y était avant

(1) L'Eclio des Bois- Francs , 9 juin 1906.

16G0, à l’âge de 31 ans. Il y mourut, comme l’atteste le registi e, et fut inhume dans l’eglise le 7 décembre 1700, ce qui lui donnait 71 ans.

“ Le Conseil Souverain de Québec, d’après le texte de l’édit royal, devait se composer “ de nos chers et bienaimês les sieurs de Mésy, gouverneur et représentant notre personne, de Laval, évêque de Pétrée, ou du premier ecclésiastique qui y sera, et cinq autres (personnes), qu’ils nommeront et choisiront conjointement et de concert. ” Ce conseil fut établi le 18 septembre 1663. Le premier nom sur lequel s’arrêtèrent le sieur de Mésy et Mgr de Laval fut Louis Roiier, sieur de Villeray. Le fait seul de cette préférence établit clairement le degré de savoir, de prudence et de parfaite honorabilité de ce gentilhomme.

“ Il est évident que le sieur Louis Roiier de Villeray occupait déjà une position marquante dans le pays, puisque, lors de sa nomination de premier conseiller, il est qualifié du titre de “ lieutenantparticulier en la juridiction de Québec.” Cet état de service implique une somme importante de services rendus qui devaient naturellement lui mériter le premier rang aux yeux du gouverneur et de l’évêque. De plus, ce détail dénote une expérience approfondie des besoins de la colonie, des décisions à prendre pour sa prospérité, comme aussi de la sage conduite à tenir parmi les difficultés. Il avait donc fait ses preuves d’habilété pendant un bon nombre d’années avant la formation du Conseil.

“ Des difficultés s’élevèrent au sujet de ce nouveau Conseil dès le début de son exercice, et, pour des raisons que nous ne pouvons étudier ici M. de Mésy jugea à propos d’en suspendre la majorité. Par

là, suivant M. Garneau, le gouverneur avait violé l’édit royal, “ car, s’il ne pouvait nommer les conseillers sans le concours de l’évêque, il ne pouvait non plus les suspendre sans son assentiment.”

“ M. de Villeray fut un des conseillers suspendus par le gouverneur. Il avait été coupable, aux yeux de ce dernier, de s’être rangé du côté de l’évêque et d’avoir suivi ses opinions. Ce n’est certes pas un mauvais trait dans la vie du personnage qui nous occupe ; et si Garneau déplore l’influence prépondérante et le pouvoir absolu de Mgr de Laval, c’est dû aux opinions personnelles de l’historien : il est facile d’expliquer la chose par les mœurs du temps. Quoiqu’il en soit, M. de Mésy fit embarquer pour l’Europe MM. Bourdon et de Villeray. Il ne doutait pas que cette décision d’autorité privée tournerait évidemment contre lui, ce qui implique une absence de jugement et donne une pauvre idée de son talent d’administration. Comment pouvait-il penser que la cour de Louis XIV consacrerait sa manière d’agir en flagrante contradiction avec l’ordonnance royale? Aussi M. de Villeray, chargé de faire valoir la cause des conseillers mis au rebut, n’eut aucune difficulté à obtenir pleine et entière satisfaction. M. de Villeray continua à exercer ses fonctions de conseiller jusqu’à la fin de sa vie avec la plus constante régularité. Il suffit pour s’en convaincre de parcourir les volumineuses décisions du Conseil Souverain.

“ Ces quelques notes établissent suffisamment l’intégrité de l’honneur de Louis Roiier, sieur de Cilleray, et puisque toute sa vie a été consacrée à l’administration primitive, je puis dire, de la Nouvelle-France, on 11e pouvait moins faire de sortir de l’oubli le nom de ce conseiller exemplaire, digne de

servir de modèle aux conseillers présents et futurs de la municipalité de Villeray.” (1)

Vilmay (Lévis)

Le 4 janvier 1653, Louis de Lauzon concédait à Louis d’Ailleboust de Coulouge, ancien gouverneur de la* Nouvelle-France, deux cents arpents de terre sui la cote de Lauzon. Cinq ans après, le 28 mai 1658, le seigneur de Lauzon augmentait cette concession de trois arpents de front. Il élevait en même temps ce domaine au rang de fief, et lui donnait le nom de Saint-Vilmé.

Madame d Ailleboust, née Barbe de Boulogne, était de la famille des comtes de Boulogne. Or, la femme du deuxième comte de Boulogne, la bienheureuse Ide, avait fondé, après la mort de son mari, le monastère de Saint-Villemer, à Boulogne.

Le nom donné au fief Saint-Vilmé rappelait donc la fondation de l’ancêtre de madame d’Ailleboust. Saint-Villemer s’est transformé en Saint-Vilmé puis en Vilmay. (2)

Vinton, Sainte- Elizabeth de (Poutiac)

Un comté de l’état de l’Ohio et une ville de l’état de l’Iowa, aux Etats-Unis, portent le nom de Vinton.

Wakefield, Canton (Ottawa)

Wakefield est une ville importante du comté de York, Angleterre.

On connait M. Wakefield, le néfaste secrétaire de lord Durham.

(1) L’abbé Chs. -P. Beaubien, Bulletin des Recherches Historiques, vol. V, p. 356.

(2) J. -Edmond Roy, Histoire de la seigneurie de Lauzon.

Waltham, Canton (Ottawa)

Une ville et deux villages d’Angleterre portent le nom de Waltham.

Ware, Canton (Dorchester)

Il y a une ville de ce nom dans le comté de Hertford, en Angleterre.

Mais on prétend que le canton Ware a pris son nom de W. AVare qui l’explora vers 1820.

Warwick (Artliabaska)

A-t-on voulu en donnant le nom de Warwick à un canton d’Arthabaska rappeler le souvenir du comté de Warwick en Angleterre ou honorer la mémoire du comte de Warwick, qu’on a surnommé le faiseur de rois ?

Wasliecooti, Rivière (Labrador)

Du micmac uashekuteu, la rivière qui tombe dans la baie.

Washtawaka, Baie de (Labrador)

Du montagnais uashitauJcau, baie de sable, baie sablonneuse.

Wasbetemow, Rivière (Sagnenay)

Le mot montagnais uasheJcamu signifie l’eau est claire, pure.

Waterloo (Sliefïord)

En souvenir du village de AVaterloo, en Belgique, où Napoléon I subit sa grande défaite.

Le mot AVaterloo est composé du hollandais water, eau, et de loo, lo, loh, vocable qui, en haut flamand, signifie “ flamme. ” Quelques étymolo-

gistes prétendent que Waterloo veut dire “ milieu élevé ”, mais situé “ près des eaux et des marais.”

WatervUle (Comptou)

Waterville est situé sur les bords de la rivière Coaticooke. Le pouvoir d’eau de la rivière Coaticooke a fait donner à ce village le nom de Waterville.

Watford, Sainte-Rose (le (Dorcliester)

Il y a en Irlande un comté de Waterford ( voater , eau ; ford, gué).

Watford a été placé sous la protection de sainte Rose en l’honneur d’une parente du cardinal Taschereau, portant ce prénom et qui, à l’origine de la mission, fit un don en argent pour aider à faire défricher la terre de la fabrique.

Weedon, Saint-Janvier de (Wolfe)

Weedon-Beck-on-the-Street est une ville de Northampton, Angleterre.

“ La première visite pastorale de Mgr Cooke, évêque de Trois-Rivières, dans la paroisse de Weedon alors dans son diocèse, eut lieu dans l’hiver de 1857.

“ Remarquable par le bien immense qu’elle opéra parmi les colons, cette visite ne le fut pas moins par le froid sibérien qui sévit avec vigueur pendant ces quelques jours. La chapelle de Weedon, revêtue seulement de son mince lambris de planches, n’était pas terminée à l’intérieur, et comme un vulgaire hangar, elle était ouverte à tous les vents. Malgré un feu de cyclope qui rougissait le poêle et les tuyaux, le monde y grelottait et y gelait tout vivant. Pour entendre les confessions, les prêtres furent obligés d’endosser casques, mitaines et capotes de

pelleteries afin de se préserver des atteintes d’un froid si vif et si piquant.

“ L’évêque, qui ne pouvait revêtir en même temps ses fourrures et ses ornements pontificaux, eut grandement à souffrir de cette température ; il contracta aux pieds et aux mains des engelures dont il se ressentit pendant longtemps. La mission de Weedon n’était pas encore baptisée, c’est-à-dire qu’elle n’avait pas encore de titulaire ; il incombait à l’autorité religieuse de choisir le saint ou la sainte qui en serait le protecteur. Mais, pour cela, Mgr Cooke ne chercha pas longtemps dans la martyrologe romain ; il lui donna, séance tenante, saint Janvier pour patron : nom significatif et propre à rappeler les rigueurs de cette rude époque.

“ Toutefois un peu froissés d’avoir reçu pour patron un saint tout à fait inconnu à la plupart d’entre eux, les colons s’adressèrent par requête, le 1er juillet suivant, à l’évêque de Trois-Rivières, le priant de bien vouloir substituer le nom de Saint-Louis ou de Sainte-Rosalie à celui de Saint- Janvier. Mais l’évêque, qui ne revenait jamais sur ses décisions, confirma davantage son choix en émanant immédiatement un décret à l’effet de mettre d’une manière régulière et canonique la mission de Weedon sous le vocable de Saint- Janvier.” (1)

Wèir, Canton (Bonaventure)

L’honorable William- Alexander Weir, orateur de l’Assemblée législative de Québec.

Wells, Canton (Ottawa)

Deux villes d’Angleterre portent ce nom, l’une

(1) L’abbé Venant Charest, Histoire de la paroisse de Saint- Janvier de Weedon.

dans le comté de Norfolk, l’autre dans celui de Somerset.

Wendover, Saint Cyrille de (Drummond)

Wendover est une ville du comté de Bucks, Angleterre.

Wendover, qui fait maintenant partie du diocèse de Nicolet, a été érigée canoniquement le 11 novembre 1868, par Mgr Thomas Cooke, évêque de Trois- Rivières. On lui a donné pour patron saint Cyrille d’Alexandrie, du nom de Cyrille Brassard, l’un des principaux habitants de l’endroit, lors de l’érection canonique.

Wentwortli, Saint-Michel de (Argenteuil)

Canton du comté de York, Angleterre.

Wexford, Cauton (Terrehonue)

Ville et comté d’Irlande.

TVeymontacliingue, Canton (Champlain)

M. l’abbé Caron, traduit ce mot par “ Jabot ” ou “ fale d’oiseau ”.

Whitton, Sainte-Cécile de (Compton)

On compte sept villages du nom de Whitton en Angleterre.

M. Brassard, premier desservant de AVhitton, fit mettre cette mission sous le patronage de sainte Cécile, en souvenir de sa mère qui portait le prénom de Cécile.

Whitwortli, Canton (Témiscouata)

Paroisse de Lancashire, Anglerre.

Wiekliam (Drummoud)

William Wickham était ministre plénipotentiaire de Sa Majesté Britannique auprès des puissances alliées contre Napoléon.

Windigo, Notre-Dame des Anges de (Ottawa)

Le Windigo, chez les Algonquins, est un géant fabuleux qui se nourrissait de chair humaine.

Windsor, Saint-Oeorges de (Richmond)

Windsor est une ville du comté de Berks, Angleterre, où la cour fait ordinairement sa résidence. Le superbe château royal de Windsor fut commencé par Guillaume le Conquérant et augmenté par Edouard III et ses successeurs.

Le nom canonique Saint-Georges vient de M. Georges Vaillancourt, premier curé de Windsor.

Windsor-Mills, Saint-Philippe de (Richmond)

La petite ville de Windsor— Mills est bâtie à l’embouchure de la rivière Wottapeka, qui se jette dans le Saint-François. Dès 1S03, il y avait un moulin à farine en cet endroit. Plus tard on y construisit des moulins à scie, puis des moulins à poudre. Plus tard encore la Canada Paper Co éleva à Windsor des moulins à papier. D’où le nom Windsor-Mills.

C’est en 1870 que Windsor-Mills a été placée sous le patronage de saint Philippe, en reconnaissance des éminents services rendus à la paroisse par M. Philippe Maher, grand commerçant de bois.

Winslow, Saint-Romain de (Compton)

Il y a dans le comté de Buckingham en Angleterre une ville qui porte le nom de Winslow.

Le colonel Winslow était, avec Monckton, à la tête des troupes qui envahirent le Canada en 1755. C’est lui qui présida à l’inique déportation des Acadiens de Grand-Pré.

En 1790, le payeur des troupes britanniques au Canada était Joshua Winslow.

Espérons que c’est plutôt en l’honneur de celui-ci que de celui-là que ce canton a été nommé ainsi.

Woburn, Saint- Augustin de (Compton)

Woburn est une ville du comté de Bedford, Angleterre.

Woburn n’était qu’une vaste solitude à venir jusqu’en 1S30, époque à laquelle la Compagnie Nantaise y jeta les fondements d’une nouvelle paroisse. Les travaux de défrichement furent inaugurés le 17 novembre, par M. Ers. Poulin pour le compte de la Compagnie. Une baraque en bois rond fut érigée près de l’endroit où devait s’élever plus tard l'église paroissiale et une première messe y fut célébrée, le 8 décembre, par un Trappiste de passage au pays, le Père Jérôme, sous-prieùr de l’abbaye de Me-llerajq en Bretagne.

Une cnapelle temporaire fut construite et les objets nécessaires au culte, y compris un précieux souvenir obtenu de Rome, furent envoyés et reçus de la mèrepatrie. C’était le fruit d’une généreuse souscription organisée par un groupe de dames françaises. C’est en l’honneur de l’une de ces aimables zélatrices, madame Augustine Chicoyne-Duval, que la nouvelle paroisse fut placée sous le patronage de saint Augustin.

W elfe

Le général James Wolfe.

Wolfe’s Cove (Québec

C’est par cette anse que Wolfe suivi de son armée monta sur les Plaines d’Abraham pour y livrer la bataille du 13 septembre 1759.

Wolfestown, Saint-Julien de (Wolfe)

Wolfestown : en l’honneur du vainqueur des Plaines d’Abraham.

Saint- Julien : M. Julien Bernier, premier desservant de Wolfestown.

Woodbridge, Canton (Kamouraska)

Comme les ponts même en bois sont inconnus dans ce canton, il est probable qu’il fut nommé ainsi d’après la ville de Woodbridge, comté de Suffolk, Angleterre.

Wotton, Saint-Hippolyte de (Wolfe)

AVotton-under-Edge est une jolie petite ville du comté de Gloucester, Angleterre.

Ce fut sous le règne glorieux et bienfaisant de • lord Elgin, en 1848, que le gouvernement provincial adopta les mesures propres à assurer la fondation d’une paroisse nouvelle dans le canton AVotton.

A Louis-Hippolyte LaFontaine, ^lors premierministre, revient l’honneur d’avoir présidé au beau mouvement de colonisation qui fut inauguré à cette époque et dont les heureux résultats se firent sentir non seulement dans les Cantons de l’Est, mais dans d’autres parties du Bas-Canada. (1)

Wright (Ottawa)

Philémon AVright, appelé à juste titre le “ père de la région de l’Ottawa.”

(1) J. -A. Chicoyne, la Patrie, 27 août 1904.

Wurtele, Canton (Ottawa)

L’honorable Jonathan-Saxton-Campbell Wurtele, décédé juge de la Cour du Banc du Roi.

Yamachiche (Saint-Maurice)

Ce nom d’ Yamachiche paraît toujours fort étrange aux personnes qui ne sont pas accoutumées de l’entendre. C’est un mot qui nous est venu de l’algonquin ; il signifie rivière vaseuse, ou pour traduire plus littéralement, rivière avec de la vase au fond. On ne pouvait désigner d’une manière plus heureuse la petite rivière Yamachiche qui, dans son cours tortueux, roule toujours une eau blanchâtre, très mauvaise à boire, surtout dans les temps de crue.

“ On a mis beaucoup de temps à se fixer sur l’orthographe du nom d’Yamachiche ; dans les anciens actes on trouve toutes les variantes qui suivent : l 'abamachiche, Ouabamachiche, Yabmachiche, Ouabmachiche et O uo/nac hic lie, mais depuis que la paroisse a pris de l’importance, le nom d’Yamachiche ou de Machiche, par abréviation, a décidément prévalu.

“ Perrot écrit tour à tour Ouabmakis et Ouabmachis. Charlevoix met Ouamachis. Le Père Taillian pense que la forme véritable est Oumachiche et, par le retranchement de l’article algonquin ou nous avons machiche. Le Père Lacombe dit que dans la langue des Cris, dialecte algonquin, Iyamachiche signifie “ boue au large ” ou mieux “ au fond de l’eau ” et machiche “ boue sur le rivage.” M. Henri Vassal dit que les Æbénakis appellent Yamachiche d’une autre manière dans leur langue : Wombom- JcanhiJc, ce qui veut dire “ sable blanc.” (1)

(1) L’abbé N. Caron, Histoire de la paroisse d’Yamachiche, p. 7.

Yamaska

“ Le fief Saint-François, tel que constitué par l’ordonnance du 10 octobre 1678, mesure une lieue et demie au fleuve. Jean Crevier rendit foi et hommage le 28 octobre 1678. Tout ceci fut confirmé par le roi en 1680 et 1701.

“ Le mot Yamaska se présente pour la première fois dans ces documents de 1678. On n’en connaît pas au juste l’étymologie. Les uns disent que c’est une exclamation : “ cpie de crapauds ! ” D’autres pensent, plus vraisemblablement, qu’il désigne une rivière aux eaux bourbeuses. Il n’y a pas plus de crapauds dans ces endroits qu’ailleurs, mais l’eau de la rivière est bourbeuse. A sa rencontre avec le Saint-François et le Richelieu, dans le lac Saint-Pierre, l’œil constate quatre teintes d’eau bien marquées : le Saint-Laurent est vert, le Richelieu blanc, le Saint- François noir et l’ Yamaska rouge sale.

“ Ce que l’on trouve de plus ressemblant au mot Yamaska dans la langue abénakise est ia ou Ma ou ion ; voilà, voici. Notons encore le mot moskeg : une savane. De là vient plutôt le nom de rivière des Sauvages. Cependant, les Abénakis l’appellent Wiguamakwiteg, rivière de la montagne qui ressemble à une cabane d’écorce ou wigwam. (1)

“Je ferai observer que le mot moskeg, ou muskeg ou maskeg est algonquin ; que le mot Yamaska se rencontre dans nos documents pour désigner la rivière en question sept années avant l’arrivée des Abénakis à Saint-François ; d’où je conclus que ces Sauvages ont tout simplement adopté le nom déjà

(1) Note de M. Henri Vassal, agent des Abénakis de St-François,

imposé par des Algonquins, et que Maska ou Yamaska signifie “ c’est marécageux.” (1)

Mgr Laflèche donne l'étymologie suivante au mot Yamaska: Iyam, “au large”, et askâw, “ il y a joncs ” ; ce qu’il traduit par : “il y a joncs au large.” (2)

York, Canton (Gaspé)

Ville et comté d’Angleterre.

ADDENDUM

Saint Jean-Clirysostôme (Levis)

En 1828, les habitants de la seigneurie de Lauzon, établis sur cette péninsule qu’enserrent les rivières Etchemin et Chaudière, demandèrent à l’évêque de Québec de les constituer en paroisse sous le vocable de Saint-Jérôme. Ils alléguaient dans leur requête les difficultés de la traverse de l’Etchemin, au printemps et à l’automne, alors que la rivière se gonfle et devient impassable. Le pont construit sur cette rivière en 1818 avait été emporté par les glaces au printemps de 1824. De plus, la distance pour se rendre à l’église de Saint-Joseph de la Pointe-Lévy était de plus de neuf milles. Mgr Panet délégua M. Raby, curé de Saint-Antoine de Tilly, pour vérifier les allégués de la requête qui lui avait été présentée. Le rapport du délégué fut si favorable que, le 18 octobre de la même année, on demandait

(1) Benjamin Suite, Histoire de Saint- François du Lac, p. 21.

(2) Le Courrier du Canada , mai 1857.

à l’évêque de permettre la construction immédiate, sur le territoire en question, d’un presbytère dont le premier étage pourrait servir de chapelle.

Dans la première requête on avait proposé de donner à la nouvelle paroisse le nom de Saint- Jérôme, sans doute afin d’honorer M. Jérôme Deniers, vicaire-général et supérieur du séminaire de Québec. Dans la seconde requête, on remplaça ce titulaire par le nom de Saint- Jean-Chrysostôme. Les requérants voulaient faire leur cour au seigneur de Lauzon, sir John Caldwell, dont le père pouvait être considéré comme le véritable fondateur de cet établissement. Sir John Caldwell, pour reconnaître* cette gracieuseté, assista à la cérémonie de la plantation de la croix qui fixait le site de l’église future, le 5 novembre 1828. (1)

(1) L’abbé Benj. Deniers, La paroisse de Saint- Bomuald d' Etchemin, p. 196.

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