‹ Les normands dans les deux mondes [microforme]Chapitre 13 sur 39 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

puomphe du christianisme dans le Nord, — Brigandages et sainteté du roi Olaf, patron de la Norvège,

Saint Olaf, patron de la Norvège, contribua puissamment à l'établissement du christianisme dans ce royaume.

Dans le Nord, la lutte entre la religion du Christ et celle d'Odin fut ardente et longue; elle se prolongea 150 ans et le triomphe du christianisme ne fut complet qu'au bout de deux siècles.

Desaints missionnaires, saint Anchaire notamment, furent envoyés de France par Louis le Débonnaire pour

prècher l'Evangile aux Normands dans leur pays. Ce n’est

point par la parole et l'exemple des vertus chrétiennes que les premiers apôtres du Nord devaient réussir chez un peuple qui adorait la Force; un roi chrétien imposait le baptème à ses ennemis vaincus, il était obéi. Si plus tard la victoire l’abandonnait, le peuple redevenait païen jusqu’à ce que la victoire se déclarât de nouveau contre les idolâtres.

Le christianisme s'établit d'abord en Danemark et c'est dans les régions reculées de la péninsule scandinave qu’il eut le plus de peine à détruire les dieux d’Odin,

surtout dans la ville sainte (Sigtuna, Upsal) où leur culte était célébré.

Peu de Vikings ont été aussi redoutés qu'Olaf Tryggveson. |

Peu de grands saints ont été aussi vénérés et aussi entourés d'hommages.

Nous rappelerons souvent, en racontant les invasions normandes, les actes de cruauté et de vrai brigandage du futur saint.

Disons ici qu’un grand nombre d’églises lui furent consacrées dans les États scandinaves, dans les Iles britanniques, en Hollande, en Russie et à Constantinople, La décoration norvégienne, créée par Oscar [* pour un royaume qui n'avait pas d'ordre spécial, porte le nom de croix de Saint-Olaf.

Les sagas islandaises racontent du célèbre viking les plus merveilleuses aventures.

Steenstrup dit qu'il était fils de Harald Granske. Il appartenait à la famille royale. À la mort de Harald, sa mère était enceinte, et lorsqu'il vint au monde elle le cacha pour le mettre à l'abri de ses ennemis; elle l’envoya en Suède. L'enfant fut enlevé par un pirate de la Baltique et vendu en Esthonie. Olaf fut reconnu par un membre de sa famille qui le racheta.

Dès l’âge de douze ans il fit son apprentissage de viking. Il apprit ensuite l’art de la guerre sous les drapeaux du roi Valdémar de Danemark, puis, revenant à ses goûts de piraterie, il équipa quelques vaisseaux, réunit quelques vikings, et devint le plus célèbre de tous. Il se rendit redoutable sur la Baltique et sur l'Océan. Bien jeune encore, il s'empara de Thuel, ville de Hol-

leu pul der qua [

de le 1 bap auti ang

de

roi

r culte f Tryget aussi

nvasions randage

i furent Iles briople. La pour un » nom de

iking les

ke. Il aparald, sa le elle le elle l’enrate de la u par un

issage de s les draevenant à Vaisseaux, e de tous.

r l'Océan.

le de Hol-

lande, où le commerce était florissant, la pilla et puis y mit le feu, selon le procédé ordinaire des vikings qui détruisaient ce qu'ils ne pouvaient emporter. On a vanté Olaf de n'avoir pas incendié l’église de Saint- Walburge, mais il l’a profanée en forçant les portes, et en enlevant les vases sacrés et les ornements dont il pouvait tirer profit.

L'argent lui servit à accroitre sa puissance, car il ne tarda pas à reparaitre dans les mêmes contrées avec 90 vaisseaux. I! battit les Hollandais qui s'étaient armés pour arrèter ses ravages et marcha vers la ville épiscopale d'Utrecht. La ville était bien fortifiée. Pour empècher les ennemis de se loger dans les maisons des faubourgs, on se hâta de les brûler. Olaf se plaignit de cette mesure énergique. Il ne voulait, disait-il, entrer à Utrecht que pour visiter l'évèque qu'il vénérait, et doter l'église de ses largesses.

La piété des Normands n'était pas aussi connue que leurs stratagèmes pour se procurer du butin. Sans scrupule sur le choix des moyens, nous verrons des vikings demander le baptème pour tuer plus facilement l'évèque.

Le moine de Drontheim, panégyriste du saint patron de Norvège, Olaf, l’ancien viking, ne sait pas préciser le lieu où le saint a été baptisé.

La saga d’Olaf Tryggveson raconte qu'il reçut le baptème dans un monastère des iles de Sorlingues. Une autre saga raconte qu'il le reçut en Russie; les historiens anglais rapportent qu'il fut baptisé à Londres des mains de l'évêque de Winchester et qu'il eut pour parrain le roi Ethelred. Wace, le poète historien de Normandie,

donne tous les détails du baptème d’Olaf, célébré : Rouen.

Tant que le viking continua sa vie aventurière de héros pirate et brigand, il ne nous parait nullement impossible d'admettre qu'il a pu se faire baptiser plusieurs fois selon l'intérêt du moment. Cela n'empêche pas que sa conversion ne fut un jour réellement complète et sincère, lorsque devenu roi il voulut convertir tout son royaume.

La passion du pillage était si grande chez Olaf lorsqu'il arriva en Angleterre, qu’il ne semblait pas près de quitter sa vie de viking pour celle de bon chrétien.

Voici la traduction d'un passage de l'Olaf-Tryggveson Saga (1):

« Cependant, Ol:f Tryggveson se dirigea vers lAn-

LU

au nord vers le Northumberland et y fit du butin; puis

gleterre et y ravagea tout le pays au loin. Il fit voile

il se dirigea au nord vers l'Écosse et y butina au loin. Puis il fit voile pour les îles du sud (Hébrides) il y tua aussi beaucoup de monde. Puis il se dirigea au sud vers l’îile du Man et y guerroya. Il infesta au loin l’frlande; puis il se dirigea sur le Brettland (Bretagne) et infesta au loin ce pays ainsi que celui qui s'appelle Kentland. Puis il se dirigea vers l’ouest au Valland (france) et y butina; puis il fit voile vers l’ouest et aborda en Angleterre. Alors il arriva aux iles appelées Syllingar (Sorlingues) dans la mer à l’ouest de l’Angleterre. » Le skalde Halfrethur dit que le jeune roi Olaf

(1) Ch. XXX, 1.1 de l'Heimskingla de Snorro. — Depping, Expéditions des Normands, t. 11, p. 338.

rière de allement ser pluempèche ‘nt comonvertir

)laf lorss près de rétien.

ygyveson

ers l’Anfit voile ulin; puis

au loin.

des) il y a au sud loin l'Irtagne) et s'appelle 1 Valland ouest et appelées e l’Anglee roi Olaf

Expéditions

fut impitoyable et que le héros tua beaucoup de monde.

Nous aurons occasion de parler encore des expéditions d'Olaf le viking; parlons ici du roi chrétien.

Hacquin le mauvais, roi de Norvège, redoutant l’ambition d'Olaf, lui fit faire des offres par un homme perfide, Thore Kloka, qui, en lui promettant de l'aider à monter sur le trône devait le faire tomber dans un piège. Olaf découvrit le complot, se défit de Thore, et prit la couronne de Hacquin, qui fut tué par ses domestiques.

On dit que le viking avait rencontré dans les îles Sorlingues un abbé qui acheva sa conversion déjà commencée par un prêtre dont il avait fait son ami.

Habitué à imposer sa volonté par la force, il dit: « Je veux convertir mon royaume ou perdre la vie. »

Il convoque le thing pour inviter le peuple à embrasser la religion du Christ. Il emploie d’abord les plus douces paroles pour faire entrer la persuasion dans les âmes, puis, comme argument digne d'un viking, il fait étaler les instruments de supplice destinés à punir ceux qui désobéiraient à sa volonté.

Léouzon le Duc (1) raconte comment ce roi parcouait les diverses provinces, toujours prèchant, toujours massacrant, toujours convertissant : « En vain, dit-il, les sorciers prophétisaient, il étouffe la révolte en brülant les sorciers. Vous voulez que je sacrifie aux Dieux, répondit-il un jour aux paysans qui réclamaient de lui ce qu'ils avaient exigé jadis de Hacquin, eh bien! vous serez sätisfaits; les victimes sont déjà choisies; je n’immolerai pas comme autrefois de vils esclaves; l’offrande

(1, Le Glaive runique, p. 15.

que je vais faire à vos idoles leur sera plus agréable. »

Et aussitôt il fait saisir dans l'assemblée, six personnages des plus considérables et des plus populaires. Personne ne voulut consentir à un tel sacrifice, tous préférèrent accepter le baptème.

Après la conversion de la Norvège, Olaf travailla à répandre le christianisme dans la Finlande, l'Islande et le Groenland.

Pendant que les Normands ravageaient la France, brûlant les Églises et massacrant les prètres, des missionnaires français ne craignaient pas d'aller chercher ces ennemis cruels dans leur pays lointain pour leur apporter «vec le flambeau de l'Évangile, celui de la civilisation.

Lorsque ia conversion des Normands fut enfin accomplie après mille vicissitudes, les vikings, en perdant leurs goûts barbares gardèrent leur passion pour la vie errante, aventurière et guerrière. Au lieu de voyager en pirates, ils voyagèrent en pélerins, mais souvent, nous le verrons, ils laissèrent leur bourdon, pour montrer qu’ils savaient aussi bien que leurs ancêtres se servir de l'épée et faire des conquêtes. |

réable. »

| personpulaires.

ice, tous

availla à slande et

France, s Mmissioncher ces leur ape la civi-

ccomplie ant leurs a vie ervoyager rent, nous montrer servir de

Page 1