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Slaves, 1l fit donner des voiles de soie aux premiers et des voiles de coton aux autres.
Le traité passé en 998 fut fidèlement exécuté et confirmé par un nouveau traité en 912.
Les auteurs grecs ne disent rien de l'expédition d’Oleg, humiliante pour leur histoire, maïs Nestor en accentue tous les détails et notamment la réception faite par les Kiévains au grand prince qui leur rapportait tant de magnifiques présents.
Parmi les titres donnés à Odin par les Scandinaves, figure celui de magicien. Oleg fut surnommé le Sorcier. Ce qu'il y à de certain, c'est qu'il croyait aux sorciers et les consultait. Un jour il demande à l’un des devins les plus renommés : « Comment dois-je mourir? Le beau cheval que tu montes et que tu aimes tant, sera la cause de ta mort. » Il se promit bien de ne plus revoir le cheval, et chargea un valet d'en avoir soin, mais de l’éloigner de sa vue. Cinq ans s'étaient écoulés, lorsque le souvenir du cheval lui revint et il en demanda des nouvelles ; on lui dit qu'il était mort. Il voulut aller s'assurer du fait lui-même et se fit moutrer les os de l’animal.
« Voilà la bète qui devait me faire mourir, » dit Oleg
en frappant du pied le crâne de l'animal. Mais de ce
crâne sortit un serpent qui piqua au pied le prince et cette blessure fut mortelle.
Telle a été la fin, si l’on en croit Nestor, de ce prince qui régna 33 ans et que ses peuples ont proclamé le Grand, l’'Invincible, le Juste.
Igor succéda à toute la puissance de son ancien tuteur. Comme il n'avait jamais fait la guerre, quelques tribus essayèrent de refuser l'impôt ; Igor montra de l’habileté et de l'énergie à les combattre ; et il comprima promptement toutes les tentatives d'émancipation.
Les rapports établis entre Kief et Constantinople favorisèrent l'introduction de plusieurs progrès dans un pays où la civilisation était fort arriérée. Igor commenca par imiter le régime militaire des Grecs dans l’organisation d’une armée. Il établit des divisions de mille, de cent et de dix hommes; il créa des grades et nomma un de ses favoris Woïwode ou général en chef. Il forma avec les fils des boyards, et des guerriers d'élite une garde qui prit le nom de Garde d'Igor.
Les architectes grecs appelés pour bâtir les premières églises donnèrent l’idée et le goût des belles constructions. Les maisons au iieu d’être en bois, furent construites avec des pierres et du ciment.
Igor aurait pu dans ses États faire beaucoup de choses utiles en jouissant de la paix et des douceurs de la famille ; mais les lauriers d'Oleg l’empèchaient de dormir et il voulait se montrer aussi grand à la guerre que Rourik son père et Oleg son prédécesseur.
Il n'avait qu'à se louer des Grecs, qui avaient observé rigoureusement le traité et gardé les meilleures relations avec les Russes, mais la conquête de Constantinople, qui avait été deux fois tentéeen vain, souriait à son ambition
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et il résolut d'entreprendre une troisième expédition avec des forces suffisantes. En 866, Rourik avait réuni 200 barques ; en 907, Oleg possédait 2000 vaisseaux; Igor en 941, parvint à en armer 10.000. L'augmentation progressive de la flotte des Varègues indique assez l’accroissement de leur puissance.
Nous devons faire observer que, si, d'après les his-
toriens grecs, l’armée russe s'élevait à 400.000 hommes: d'après Luitprand, on devrait réduire le nombre de vaisseaux à 4000, et l’armée à 40.000 hommes.
Le 11 juin 9%1, la flotte d'Igor se montra à l'entrée du Bosphore, et au lieu de franchir le détroit, les Russes débarquèrent les uns dans la Thrace, et les autres en Bithynie.
L'amour du pillage et la férocité des Vikings reparaissent à la première occasion où les Varègues ne sont pas contenus par leur chef. «Non contents, dit Le Beau, de mettre le feu aux métairies, aux villages, aux églises, ils (les soldats d’Igor) se faisaient un jeu des supplices les plus inhumains. Ils mettaient les habitants en croix, percaient les autres de javelots et les laissaient cloués à terre; d’autres liés à des poteaux servaient de but à leurs flèches. Leur cruauté distinguait les prêtres et les clercs ; après leur avoir attaché les mains derrière le dos, ils se divertissaient à leur enfoncer des clous dans le crâne (1). »
L'Arménien Romain Lacapène avait fait épouser à l’empereur Constantin VII, âgé de 25 ans, sa fille Hélène et avait fini par accaparer tous les pouvoirs. C'était un guerrier d’une grande valeur. Lorsqu'il apprit la nou-
(1\ Histoire du Bas-Empire; Liv. 73, t, XV, p. 487.
velle apparition des Russes, son armée était occupée à combattre les Sarrazins, ilrappela aussitôt le général Bardas Phocas qui arriva avec un corps de cavalerie et d’infanterie, attaqua les Russes et les tailla en pièces. Les vaincus profitèrent de la nuit pour regagner leurs vaisseaux.
Romain fit ses préparatifs pour combattre la flotte qui ne pouvait tarder à paraître devant Constantinople; il ordonna un jeûne de trois jours pour solliciter la faveur de Dieu et il organisa ses moyens de défense. Igor posta sa flotte à l'entrée du Bosphore.
Romain n'avait dans le port que quinze brigantines qu'il s'était empressé de faire radouber; tous les vaisseaux étaient occupés à garder les côtes de l'Asie ou les îles de l’Archipel, contre les entreprises des Sarrazins.
Lorsque le grand prince varègue vit le petit nombre de bâtiments qu’on pouvait lui opposer, il eut un sourire de mépris et crut la victoire facile. I1 donne l'ordre de laisser les Grecs approcher, de les envelopper ensuite et de les prendre sans les tuer.
Le patrice Théophane à qui l’empereur avait confié le commandement des quinze brigantines se jette au milieu des vaisseaux russes où nul ne l’empèche de rompre l'ordonnance de la flotte. Puis, tout à coup, Théophane arrivé dans une position convenable à ses desseins donne l'ordre de s'arrêter. Aussitôt les soldats armés de longs tuyaux versent des torrents de feu grég'eois sur les Russes surpris et épouvantés de ces flammes inconnues qui dévoraient les cordages, les voiles, le bois des bâtiments. On vit des Russes tellement terrifiés, que de peur d’être brülés vifs, ils se jetaient dans l’eau au risque d’être noyés.
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Ceux qui cherchaïent à se sauver à la nage étaient assommés par les Grecs à coups d’avirons. Les malheureux luttant contre les flots et contre l'ennemi, étaient faciles à vaincre. Dans leur affolement, un grand nombre périrent; un grand nombre furent faits prisonniers.
Théophane ne pouvait poursuivre les vaisseaux qui avaient pris la fuite, il fut obligé de rentrer à Constantinople où il ramena les prisonniers auxquels l’empereur fit trancher la tète.
Romain donna des ordres pour que les Russes qui lui avaient échappé, fussent inquiétés dans leur voyage. Bardas Phocas et Jean Curcuas attaquèrent les Russes à plusieurs reprises, et leur infligèrent de rudes échecs. Les fugitifs ne rentrèrent à Kief que trois mois après leur départ, fort honteux de leur défaite et faisant de merveilleux récits du feu magique employé pour neutraliser leur valeur.
Igor, qui ne respirait que la vengeance, se prépare, près de trois ans, à prendre une terrible revanche contre les Grecs. Il fait appel aux Scandinaves de la Baltique qui lui envoient des marins et des soldats; il prénd à sa solde des troupes de tribus barbares et se remet en route pour Constantinople.
L'empereur, averti de son approche, et ne se sentant pas assez fort pour le combattre, envoya des députés au grand prince pour lui offrir une somme considérable. Les
députés grecs avaient séduit par des présents les boyards, et tous furent disposés à conclure un nouveau traité de paix qui « triomphant, dit un auteur, des artifices du diable, rétablit pour un grand nombre d'années entre les Grecs et les Russes une paix qui dure aussi longtemps
que peuvent briller le soleil et exister le monde. »
L'article 1° de l'acte, conservé par Nestor, prouve bien le progrès du christianisme à Kief. On y lit ces mots : « Puisse le Russe qui chercherait à rompre l'alliance ici résolue, s’il est chrétien encourir la vengeance du Dieu tout puissant etse voir maudit dans ce monde et dans l’autre; si l'injustice vient des Russes non baptisés, puissent-ils implorer toujours en vain le nom de Péroun, n'être plus à l'abri sous leurs boucliers, tomber percés de leur propre glaive, de leurs propres flèches et de toute autre arme et se voir à jamais esclaves dans cette vie et dans l’autre. »
Igor était avancé en âge, mais il avait conservé sa force physique et son activité d'esprit. Il ne négligeait pas le nord de ses États pour le sud et dans un de ces voyages, pour satisfaire ses soldats insatiables de combats, il attaque les Drevliens qui par le payement d'un fort tribut s'étaient cru à l'abri de toute attaque.
Igor, sans résistance, commet chez eux toutes les exactions, et prend de force ce qu'on ne lui donne pas de bon gré. Il se retire emportant des pelleteries et des fourrures en quantité.
Il était en route, lorsque tout à coup la réflexion lui vient que s’il avait pris beaucoup de butin, il aurait pu en prendre davantage. Il s'arrête dans sa marche, et retourne sur ses pas pour mieux exploiter le pays qu'il vient de quitter.
Les Drevliens, avertis de ses projets, furent furieux contre Igor et comme ils ne se sentaient pas assez forts pour résister, ils envoyèrent des hommes intrépides pour les débarrasser de cet ennemi dangereux. D'après certains auteurs, le grand prince fut traitreusement assassiné
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à coups de poignard. D’après l'historien grec, le Diacre, les Drevliens s'étant emparés d'Igor l'écartelèrent au
moyen de deux arbres courbés de force jusqu’à terre,
puis rendus à leur direction naturelle.
Olga adorait Igor, qui fidèle à son amour pour elle, l'avait élevée si haut ; aussi en apprenant sa fin tragique, terrible fut sa douleur. Olga était très considérée et fut chargée de la régence de son fils mineur Sviatoslof qui succédait à Igor.
Cette femme remarquable, qui devait un jour être une sainte, la patronne de la Russie, n’était encore qu'une normande païenne vindicative et sanguinaire.
Pour punir les assassins de son mari, elle poussa si loin sa vengeance qu'on aurait peine à croire ce que raconte Nestor de sa perfidie et de sa cruauté si nous ne trouvions dans l’histoire des Normands plus d’un exemple de pareille férocité.
Les Drevliens après s'être félicités de l'assassinat d’Igor s'effrayèrent de l’idée qu’une femme énergique comme Olga pourrait leur faire payer cher la mort de son époux. Pour conjurer sa vengeance, ils lui envoyèrent des députés qui dirent à la grande princesse : «Nous avons tué ton époux, parce que c'était un loupravissantet cruel. Nos Knés sont bons et rendent notre patrie heureuse. Viens au milieu de nous et accepte pour époux Mall notre prince. »
Olga, contenant son indignation contre les meurtriers d'Igor qui insultaient à sa mémoire, parut accueillir
avec intérêt la proposition qui lui était faite et dit aux députés : « Je ne puis rendre la vie à celui qui n'est plus et votre offre me sourit, Retournez à votre navire, je vous enverrai chercher quand j'aurai réfléchi. Mes gens auront l'ordre de vous traiter avec honneur et vous ne reviendrez ici ni à pied, ni à cheval, ni en char; ils vous porteront sur leurs épaules, dans vos propres esquifs. »
Le souverain de Kief avait trois châteaux qu'il habitait suivant la saison : le premier, une citadelle sur le sommet de la montagne; le second au centre de la ville; le troisit ne près des faubourgs, à la campagne. C'est dans ce dernier qu’en ce moment résidait Olga.
Pendant la nuit, elle fit creuser dans la cour du palais un fossé très large et très profond. Une brillante escorte alla chercher les députés, qui furent salués comme si déjà Olga était princesse des Drevliens.
Des canots longs et légers, creusés dans des troncs d’arbres, furent retirés du fleuve, les députés y restèrent assis et les Russes les portèrent triomphalement sur leurs épaules. Les porteurs, qui avaient recu leur consigne, faisant tout à coup glisser les barques de leurs épaules dans leurs mains, jettent le canot au fond du large fossé ouvert la nuit dans la cour du château. Au moment où les Drevliens, meurtris de la chute, effrayés du piège où ils étaient tombés, poussaient des cris d’effroi et de douleur, Olga se donna l’affreux plaisir de jouir de leur désespoir et de leur annoncer qu’elle les immolait à son époux.
Ils répondirent simplement : « Nous expions le meurtre d’Igor. » Aussitôt des hommes, avec des pelles, comblèrent de terre le fossé et ensevelirent vivants ces mal-
heureux.
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heureux. Olga, qui savourait le plaisir d'assister à cet horrible spectacle, ne se retira que lorsqu'elle n'entendit plus aucun gémissement sortir du fond de la tombe!
Ce premier acte de vengeance ne suffisait pas à Olga ; elle se hâta d'en organiser un second. Elle envoya des ambassadeurs chargés de porter au grand conseil des Drevliens, le message suivant : « La grande Princesse vous
fait dire : Si réellement vous désirez m'avoir parmi
vous, envoyez-moi les principaux de votre pays avec lesquels je puisse honorablement me rendre dans vos contrées; les Kiévains sans cela ne voudraient pas me laisser partir. »
Cette proposition fut acceptée et les plus grands personnages sollicitèrent l'honneur d'aller chercher la future princesse. Les Russes les accompagnèrent et eurent à veiller à ce que rien de ce qui s'était passé ne parvint à leurs oreilles.
Lorsque les ambassadeurs furent arrivés au palais d’Olga, elle leur fitannoncer qu'elle les recevrait dès qu'ils auraient pris leur bain.
L'usage des bains journaliers était venu des Romains aux Slaves. Les Drevliens sont introduits dans la salle de bains du château, où tout était prêt pour qu'ils pussent se baigner tous ensemble.
Ils s'aperçurent bientôt qu'on fermait toutes les issues ménagées pour la circulation de l'air et que la chaleur devenait étouffante; ils se mettent à crier : personne ne répond. Ils veulent enfoncer la porte ou la fenêtre ; tout était solidement fermé. Il y eut un moment d’horrible tumulte et de cris lamentables, lorsque ces malheureux, luttant contre la mort, tentèrent des efforts impuissants
pour retrouver l'air et la vie. — Lorsque aux gémissements de l’agonie, eut succédé un silence de mort, les bourreaux d’Olga vinrent compter les cadavres des victimes. Le compte était exact; aucun ne manquait.
Une troisième ambassade part aussitôt pour dire aux Drevliens : « Notre Princesse arrive. Apportez une grande quantité d’hydromel à l'entrée de la ville, à l'endroit où périt Igor, afin qu'après qu'elle aura pleuré sur la tombe de son mari, nous puissions tous ne plus songer qu’à la joie. »
Les crédules habitants de Khorostène se hâtèrent de tout préparer, et ne tardèrent pas à voir paraitre Olga, qui arrivait sans aucune apparence militaire. On lui indiqua le lieu où reposait le corps de son époux. Elle pleura beaucoup celui qu'elle avait tant aimé, mais ce moment de sensibilité ne la rendit que plus implacable dans son désir de vengeance férnce. Elle assista à la cérémonie funèbre en l'honneur d’Igor. Le cheval favori du défunt fut immolé sur sa tombe ;' et un grand banquet eut lieu. Les liqueurs fermentées furent à dessein prodiguées en telle abondance par les gens de la princesse, qu'elle obtint ce qu'elle désirait voir, tous les Drevliens dans une ivresse complète. Après un repas infiniment prolongé Olga dispaait sans être apercue, et son armée qui s'était approchée en évitant le bruit des pas et des armes, fondit sur les Drevliens surpris, énervés par la boisson, les massacra et joncha la terre de cinq mille morts.
Après ces débuts barbares, la grande princesse gouverna ses États avec sagesse. Elle s'occupa avec une rare intelligence de l’organisation de l’armée, et du choix des chefs qui devaient les commander. Elle suivit elle-même
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les soldats dans une expédition dont elle cachait le but. On ne le connut que lors qu’on eut pénétré dans les forèts profondes de la tribu drevlienne.
La lutte fut vive entre les Drevliens et les Russes, qui finirent par mettre l’enne ni en fuite. Les vaincus parvinrent à rentrer dans la ville de Khorostène, qu'ils avaient eu soin de fortifier.
Le siège d'une place où tout avait été préparé pour la défense avait été long, et les Russes n'étaient guère exercés à prendre les villes d'assaut.
Olga forma un camp où elle s'établit dans une cabane en bois pour tout surveiller elle-mème. Après une année
de siège, elle parut désirer une réconciliation et prit
l'initiative d’une proposition de paix. Elle fit dire aux assiégés : « Toutes les villes slaves me payent tribut et travaillent en paix leurs champs. Pourquoi préférez-vous mourir de faim plutôt que de suivre leur exemple? — Que veux-tu de nous, répondirent les Drevliens, veux-tu du miel et des fourrures? » Olga répondit qu'elle désirait seulement comme signe de soumission un tribut de 3 pigeons et de 3 moineaux par maison. Elle attacha à ces oiseaux des étoupes enflammées et les lança dans les maisons en bois couvertes de chaume qui s’enflammèrent aussitôt, et nul effort humain ne put arrêter cet incendie éclatant à la fois de tous côtés et se propageant avec une rapidité effrayante.
Les Khorosténiens, chassés de la ville réduite en cendres, furieux et honteux d’avoir été trompés par Olga, l'attaquèrent avec la rage du désespoir, mais les Russes, plus forts et mieux dirigés, les battirent, en massacrèrent un grand nombre, et réduisirent les autres en esclavage.
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tré
Olga, si impitoyable pour ses ennemis, se faisait adorer de son peuple par sa bonté et sa générosité. Barbare à la guerre, elle cherchait en temps de paix à civiliser son pays et à y organiser la justice.
Igor avait voulu créer une cour sur le modèle de celle de Byzance et faire jouir sa femme des honneurs rendus à l’impératrice d'Orient. Il l'avait entourée de dames d'honneur et de dignitaires.
La grande princesse de Russie avait trop de génie pour ne pas comprendre que la religion chrétienne était plus rationnelle, plus civilisatrice et donnait plus de satisfaction à l’âme que le paganisme. Parmi ses sujets, les plus éclairés étaient les plus disposés à recevoir le baptème.
Olga avait fait faire à son fils Sviatoslof ses premières armes dans la guerre contre les Drevliens; elle l'avait, jeune encore, initié à l’art de gouverner, et pour lui laisser faire l'apprentissage du pouvoir, elle lui remit la direction des affaires de l’État et partit pour Constantinople en l’année 945.
Elle comptait passer un an dans cette ville et y recevoir le baptème.
Constantin Porphyrogénète, qui à cette époque occupait le trône, est l’auteur du livre des cérémonies de la cour de Byzance; et il ne fit grâce d'aucun détail du cérémonial byzantin à la grande princesse de Russie. Elle fut invitée à un diner de bienvenue dans la salle de Justinien.
Les chanteurs et les musiciens de l’église des Apôtres et de la cathédrale de Sainte-Sophie se firent entendre pendant le repas impérial. Les Russes de l'ambassade et de la suite de la Princesse dinèrent à une autre table dans la
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Olga recut elle-même, après le dessert servi sur une table d'or et dans des plats ornés de pierreries, une somme d'argent en cadeau.
Le baptème fut célébré avec toute la pompe des cérémonies byzantines; il fut conféré par le Patriarche d’Orient, et l'Empereur, parrain de la grande Princesse, lui donna le nom d'Hélène. Celui d'Olga lui est resté en Russie et dans l’histoire.
Cette conversion d’une femme de haute intelligence était un grand événement, car elle ne pouvait manquer d'avoir un effet considérable sur la civilisation d’un peuple voisin de la barbarie. La cour de Byzance donna à la princesse convertie de grandes fêtes et deux banquets durant le mois d'octobre 956. Olga, à son départ pour Kief, recut du Patriarche la bénédiction épiscopale , des livres , des objets de piété et de sages exhortations.