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amour, l'ambition devenait plus vive que jamais chez Oleg.
Il annonça, cette même année 907, aux chefs de cohorte, son projet de s'emparer de Constantinople ; et d'un bout à l’autre de ses immenses États tous les guerriers furent invités à venir s’enrôler dans l’armée d’expédition.
Il réunit une flotte de deux mille vaisseaux, bien différents des barques légères des premiers Varègues qui avaient paru dans le Bosphore. Ces bâtiments, de forme nouvelle et de grande dimension, étaient difficiles à manier, mais ils avaient un aspect imposant. Les Bulgares, qui étaient maitres des bords de la mer Noire, du Danube aux Balkans, laissèrent passer la flotte, comprenant bien que de si grands armements n'avaient pas été faits contre eux. La chaine des monts Balkans effraya un peu des soldats qui n'étaient habitués qu’à la plaine. Oleg que rien n’arrêtait gravissait les pics qui avaient paru inaccessibles, et après avoir heureusement surmonté toutes les difficultés, et franchi ces fortifications naturelles, 1l retrouva la flotte au mouillage qu’il lui avait indiqué.
Léon VI, surnommé le Sage , le Philosophe, régnait à Constantinople; il avait succédé à Basile qui avait tué Michel TITI pour empêcher celui-ci de le faire tuer. Sa sagesse ne l’empêcha pas de s’adonner aux femmes peu dignes de lui, et sa philosophie, d'avoir moins de noblesse de sentiments que de subtilité d'esprit.
En apprenant l'approche d’une armée redoutable, au lieu de prendre des mesures énergiques de défense, il se borna à ordonner qu’une chaine serait jetée en tra-
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vers, à moitié du golfe, pour empècher les vaisseaux russes de venir mouiller à la Corne-d'Or.
Les Normands n'étaient pas pressés d'arriver; leurs instincts de pillage trouvaient à se satisfaire dans un pays mal défendu et plein de richesses. Les marins devenus cavaliers et les guerriers brigands, Oleg à leur tête, ravagèrent les champs, pillèrent les maisons prin-
cipales, et surtout s’enrichirent dans la spoliation des couvents qu'ils incendiaient après avoir pris tout ce qui pouvait être enlevé. Nestor fait un tableau effrayant de leurs ravages et de leurs cruautés.
Il raconte ainsi le triste sort des habitations des campagnes : « Ces gens-là, dit-il, sont faits prisonniers ou passés au fil de l'épée. Les uns sont assommés, les autres précipités dans la mer. Ceux-ci sont percés de flèches, ceux-là torturés cruellement, sans parler d’une infinité d’autres supplices. »
L'Empereur aurait dû chercher à venger ses sujets. Sa capitale, fortifiée par deux rangées de murailles flanquées de tours, bien approvisionnée de vivres et bien défendue par des soldats d'élite, était en état de résister à des Russes barbares. Au lieu de chercher à intimider Oleg , l'Empereur lui envoie comme ambassadeurs des patriciens chargés de lui offrir un traité de paix.
Oleg, entouré de ses boyards, debout, bardé de fer, reçut les ambassadeurs qui lui dirent : « Consens à ne pas détruire notre ville et nous te donnerons le tribut que tu voudras. » Oleg promit de suspendre les hostilités. On lui offrit, en cadeau, des vivres et du vin ; il ne les accepta pas, et Nestor, qui loue sa prudence, prétend que ces vivres et ce vin étaient empoisonnés.
La paix fut conclue et le chef de la Russie, pour la première fois, traita d’égal à égal avec l'Empereur de Constantinople.
Les Russes s'engagèrent à évacuer l'empire et à ne plus faire de ravages.
L'Empereur s’obligea à leur donner 12 grivenas d'argent par chaque homme; à faire un présent à Kief et à cinq autres villes; à entretenir à ses frais des ambassadeurs russes à Constantinople; à fournir aux commerçants russes, passant dans la capitale, le pain, le vin, la viande et le poisson en quantité suffisante, à leur procurer l'entrée gratuite aux bains publics, enfin à leur faire livrer des vivres, des cordages et des voiles pour le voyage au retour.
Un quartier distinct fut assigné aux Russes qui ne pouvaient y habiter qu'après avoir annoncé leur arrivée, et en ne venant pas plus de cinquante à la fois.
« Ainsi, dit Nestor, les tzars Léon et Alexandre (son frère) firent la paix avec L:5g. Puis, après être convenus des conditions, ils promirent par serment de les observer en baisant le crucifix l’un après l’autre. Oleg et ses soldats jurèrent aussi l'observation du traité, mais à la manière des Russes, en élevant leurs armes et en invoquant leur dieu Péroun et le dieu des bestiaux, Voloss, et la paix fut ratifiée. »
Nous empruntons à Nestor deux particularités curieuses : Avant de quitter Constantinople Oleg, alla suspendre lui-mème son bouclier à une des portes de la ville comme trophée et souvenir de son passage, puis en signe de la différence qu'il mettait entre les Varègues et les
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