‹ Les normands dans les deux mondes [microforme]Chapitre 2 sur 39 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'histoire des Normands n'est pas l’histoire d’un peuple, mais celle de guerriers sortis du Nord et aujourd’hui fondus dans des peuples divers.

De quelle région venaient les Normands ?

« Ainsi sont appelés, dit Allen (1), par les Méridionaux, tous les vikings venus des parages septentrionaux, qu’ils fussent Danois, Norvégiens, Suédois. »

Ils sont curieux à étudier, ces hommes intrépides dont les essaims sans nombre se répandirent par-

An tout, du neuvième au onzième siècle, en Europe

et plus loin encore. Ces brigands-héros, sans aucun Achef commun, sans lien entre eux, sans but déterminé, sans argent, sans armée, sans patrie, puisqu’ils adoptaient la première patrie où ils pouvaient s'établir, épouvantèrent le monde par leurs invasions et l’étonnèrent par leurs conquêtes.

(1) Histoire du Danemark, traduite en français par M. E. Beauvois ti, p. 17,

il INTRODUCTION.

Vainqueurs, les Normands escomptaient leurs victoires pour de l'argent; vaincus, ils disparaissaient pour reparaître à l’improviste plus nombreux et plus M terribles.

Les empereurs et les rois, lassés de l’inutilité de Ë leurs efforts pour anéantir de tels ennemis, les trai- M tèérent en amis et donnèrent leurs propres filles, les 1 plus illustres princesses, en mariage à des étrangers, sans autre titre que le mal qu’ils avaient fait et la terreur du mal qu’ils pouvaient faire encore. 4

Les portraits divers que les contemporains nous M ont laissés des Normands nous les représentent sous M les plus sombres et sous les plus brillantes couleurs. {

Les cartulaires d’abbayes, les vieilles chroniques ! de France contiennent d’horribles récits de la bar- js barie de ces vikings profanant les choses sacrées, 4 ù immolant les prêtres au pied de l’autel, massacrant % les vieillards, emmenant les femmes en esclavage, M ravageant les campagnes, livrant les villes au pillage, #s et achevant d’anéantir par l’incendie ce qu’ils n’a- M vaient pu détruire par le fer. 4

Nous redirons les cris d’épouvante et de malédic- j tion contre ces monstres vomis par l'enfer! Un : traducteur de Jérémie interrompit son travail pour ls substituer aux lamentations du Prophète sur Jérusalem des lamentations sur la France sa patrie!

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INTRODUCTION. III les Méridionaux et celui que nous ont laissé les scaldes anciens et les poètes modernes du Nord!

Quels guerriers que ces Normands, doués de bravoure surhumaine et d’habileté inoxïe; poètes quand la poésie semblait n'être pas née encore dans Île Midi, ils chantaient eux-mêmes leurs prodigieux exploits. Les sagas ne cherchaient qu’à faire de l’histoire, et rien de plus romanesque que le récit de la vie errante de ces aventuriers conquérant des royaumes, épousant des bergères ou des filles de rois! Leurs faits et gestes les plus invraisemblables sont souvent ceux dont l'authenticité est le mieux démontrée.

La Scandinavie, avant la formation des trois royaumes de Suède, de Norvège et de Danemark,

À était divisée en une infinité de petits États où ré- } gnaient des rois principaux, des rois tributaires, et

des iarls parfois souverains indépendants. La Norvège seule possédait seize rois! Entre tous ces chefs, à Pétroit dans leurs domaines qu’ils cherchaient à élargir aux dépens de leurs voisins, la guerre était en permanence; les vaincus, les bannis, les fils déshérités pour empêcher le morcellement des héritages, tous ceux à qui la terre manquait, n’avaient qu’une ressource : l’Océan. Ils se faisaient vikings, rois des mers, et, suivis de quelques compagnons intrépides, montéssur de légersnavires, ils allaient chercher fortune

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