‹ Les normands dans les deux mondes [microforme]Chapitre 3 sur 39 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

avec leur vaillante épée au hasard de la tempête. Que de héros parmi ces Normands, depuis Regner Lodbrog jusqu’à Bohémond, prince d’Antioche ! Nul roman de chevalerie, nul roman moderne de cape et d’épée ne contient d’aussi merveilleuses aventures!

Longtemps, la harpe des scaldes parut oubliée; de nos jours, elle semble avoir été exhumée du fond de quelque tumulus et nul n’ignore le bruit qu’a fait naguère le scandinavisme rappelant aux peuples scandinaves leur communauté d’origine et de 'oire. Les rois se sont associés à ce mouvement national, à ces élans de patriotique enthousiasme pour la poésie du passé. Roi et poète, Charles XV de Suède et de Norvège a chanté lui-même la saga du viking (1), que nous avons traduite en francais (2).

Les poëtes ont entrainé les historiens à faire aussi l'apologie des Normands, et la secousse imprimée dans le Nord a été si vive qu’elle s’est fait ressentir jusqu’en France.

Les premiers Normands, au lieu d’être des pirates infestant les côtes de la Baltique, sont considérés comme les créateurs du commerce maritime du Nord avec les pays étrangers.

Les Normands, qui ont couvert la France de rui-

(1) En Vikingasaga; Stockholm, 1855. Trykt hos, J. A. Walldén. (2) Légendes et poëmes scandinaves, par S. M. Charles XV; Paris, Dentu, 1863.

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de guerre, leurs sages institutions, leur influence sur

les mœurs, la littérature, l’organisation sociale du

moyen àge.

Nous examinerons sans parti pris les théories souvent hardies des apologistes et des détracteurs; nous aurons à consulter les historiens et les chroniqueurs de pays et de temps bien différents; nous laisserons souvent la parole aux faits, et la conclusion à en tirer à l’appréciation des lecteurs.

Les pages de l’histoire générale des Normands que nous allons esquisser n’ont pas, que je sache, été

Lréunies encore; elles sont éparses dans les histoires M particulières des peuples les plus divers.

Donc, ce livre sera composé avec les documents

jempruntés aux sources les plus variées. Ce n’est pas Len France seulement que les anciennes chroniques Mnationales ont été colligées, publiées, traduites et commentées. Nous aurions pu faire, sans grands frais,

Détalage d’érudition, si nous avions voulu surcharger

le livre de notes au lieu de nous imposer une grande sobriété de citations afin de ne pas ralentir notre

marche.

L'homme peut déserter le pays natal et adopter les habitudes d’un pays étranger, mais il ne saurait

a ET © : : à SA , Ê

vi INTRODUCTION.

se dlépouiller tout à coup, comme d’un vêtement que l’on peut changer, de son caractère naturel et des influences de l’atmosphère dans laquelle il a vécu.

Nous tracerons à grands traits une esquisse de la vie des Normands chez eux, des singularités de leurs mœurs et des institutions guerrières qui les disposaient aux aventureuses expéditions.

Nous croyons que des écrivains modernes du Nord sont allés trop loin en attribuant aux vikings des lois qui convenaient à des gouvernements réguliers et qui préoccupaient fort peu les Normands dans leurs invasions pour piller, tuer et s'enrichir.

Nous suivrons ces émigrants du Nord dans les

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royaumes divers où d’abord ils porterent la terreur et di

favorisérent ensuite la civilisation.

Des Normands, nommés Varègues-Russes, après ls avoir ravagé la Slavie, devinrent les fondateurs de M

l’empire de Russie.

Des tribus slaves, se sentant incapables de se gou- :2 verner elles-mêmes et ayant appris à connaître, à leurs M dépens, la bravoure de leurs voisins de Suède, eurent M l’idée de leur demander un chef qu’ils appelèrent 4

grand-prince ou grand-duc.

Comment ces grands-princes, à demi barbares, et ?

sans cesse en lutte avec des tribus ennemies, ont-ils pu, maigré des obstacles qui semblaient insurmon-

tables, créer, développer ei organiser un vaste empire |

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