X = VT
doit être vérifiée si l'on substitue à X et à T les valeurs de la longueur d'onde et de la période de vibration propres au résonnateur employé et à V la vitesse de propagation des ondes.
Il suffit donc, pour connaître V, de mesurer X et T pour le résonnateur employé. M. Blondlot a donné à cet appareil une forme telle que sa période pût être calculée par la formule
oïl C représente la capacité, L le coefficient dejselfinduction : ce calcul s'appuie donc uniquement sur les lois les mieux établies de l'électromagnétisme. La longueur d'onde X a été mesurée en étudiant la propagation des ondes le long d'un système de deux fils métalliques parallèles, MM. Sarasin et de la Rive ayant montré que la vitesse est la même que dans l'air. M. Blondlot a employé quatre résonnateurs de capacité très différente : la vitesse de propagation V n'a pas varié et la moyenne de i3 déterminations concordantes a donné 297 600 kilomètres, valeur qui est, au degré d'approximation des expériences, égale au rap-
port des unités électromagnétique et électrostatique, ainsi qu'à la vitesse de la lumière.
« Il serait téméraire, dit M. Blondlot, de conclure de cette égalité que les vibrations lumineuses sont un
Fig. 1 . — Appareil pour les expériences de M. Tesla.
cas particulier des vibrations électromagnétiques; toutefois on ne peut méconnaître que le résultat obtenu soit favorable à cette hypothèse. »
Courants à haute fréquence. — En 1891, M. Tesla a obtenu des effets nouveaux et du plus haut intérêt à Taide de courants présentant une tension
extrêmement élevée en même temps qu'une très grande fréquence. Il emploie pour cela deux dispositifs différents. Dans le premier, un alternateur spécial, donnant 10000 à 20000 alternances par seconde, communique avec le fil primaire d'une petite bobine d'induction plongée dans l'huile, pour la maintenir parfaitement isolée. L'autre utilise la décharge oscillatoire d'un condensateur : il peut être réalisé avec l'appareil (fig. 1). Une bobine à trembleur rapide, de 5 centimètres d'étincelle, actionnée par 5 ou 6 accumulateurs, charge une bouteille de Leyde L au moyen des fils ii ; cette bouteille donne en e des décharges oscillantes, sous la forme d'étincelles très vives dont on peut faire varier la longueur en réglant la distance des boules. Le circuit de décharge de la bouteille contient, outre l'excitateur e, le fîl primaire d'un transformateur T, complètement noyé dans l'huile, et dont le fîl secondaire communique avec un autre excitateur E. Les deux circuits du transformateur sont séparés par un tube d'ébonite.
Le premier dispositif permet de réaliser un certain nombre d'expériences intéressantes, et en particulier celles qui suivent.
On prend de la main droite un tube de verre, de 1 mètre de longueur, vide d'air et ne renfermant aucune électrode, et de la main gauche l'une des extrémités du fil induit de la bobine : le tube s'illumine sur toute sa longueur ; malgré l'énorme tension du courant alternatif, l'opérateur subit seulement une sensation qui n'est pas très intense dans le bras gauche.
Un globe de verre, vide, contient une seule électrode, formée d'un gros bouton métallique, qu'on fait
communiquer avec un des pôles de la bobine par un fil de cuivre recouvert degutta. Le bouton s'illumine; en approchant la main de Textérieur du globe, on provoque des phénomènes de condensation et la lueur devient beaucoup plus éclatante.
Le second appareil se prête également à un grand nombre d'expériences remarquables.
Ainsi on peut imiter les décharges d'une machine électrostatique. Si les boules de l'excitateur E ont 10 centimètres de diamètre, on a seulement des étincelles; si elles n'ont que 3 centimètres, on observe en même temps autour du métal des aigrettes et des lueurs comme il s'en échappe d'une pointe ou d'une arête avec une machine statique.
Si l'on détache les fils qui se rendent à l'excitateur E, ils deviennent lumineux dans l'obscurité, émettent des aigrettes et attirent les corps légers; on perçoit en même temps l'odeur de l'ozone.
Un tube de verre vide s'illumine lorsqu'on saisit d'une main une de ses extrémités et qu'on met l'autre en contact avec une des tiges de l'excitateur.
Le corps humain peut lui-même servir de conducteur ; dans ce cas, tenant d'une main l'extrémité du tube de Geissler ou de Tesla, on saisit de l'autre une des tiges de l'excitateur, les deux boules étant écartées. Si, dans ces conditions, une autre personne vient prendre à pleine main l'extrémité libre du tube, celui-ci devient immédiatement très lumineux et dans toute sa longueur. On peut ainsi former une chaîne de personnes tenant entre elles des tubes qui s'illumineront sous l'influence électrique.
On peut aussi illuminer le tube sans le mettre en communication immédiate avec l'excitateur. Pour
cela, une surface métallique S (fig. 2) est suspendue à Tune des tiges de Texcitateur E et crée ainsi un champ électrostatique qui s'étend à distance. Un tube de Geissler ou de Crookes, tenu à la main par une de ses extrémités, s'illumine dans le voisinage de la plaque sans cependant avoir avec elle aucun contact immédiat.
Un autre phénomène également très intéressant
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Fig. 2. — Accessoires pour les expériences de M. Tesla.
est celui-ci : suspendons à l'une des tiges de l'excitateur E une lampe L' (fig. 2) à une seule électrode ou même sans électrode ; elle s'illumine et l'on peut voir se produire, surtout si Ton approche la main, une aigrette brillante en forme de pinceau, constituant un phénomène des plus remarquables. L'aigrette se déplace avec la plus grande facilité sous l'influence de la plus faible variation magnétique ; aussi M. Tesla a-t-il cru voir dans ce phénomène à la fois un nouveau mode d'éclairage et peut-être aussi un moyen
<( de télégraphier à une vitesse quelconque à travers TAtlantique ».
La cuve R (fig. 1) est enlevée ainsi que le transformateur T qu'elle contient. Dans les deux serre-fils A et B, laissés libres, on serre les extrémités d'un gros fil CO de faible longueur et de résistance presque nulle (0,0007 ohm) ; une lampe à incandescence L, reliée aux deux extrémités de ce gros fil, s'allume au blanc. Cette lampe étant de 4 volts, il faudrait, pour obtenir le même effet, lancer dans le gros fil un courant continu d'environ 6000 ampères.
En substituant au fil CO un solénoïde H d'une dizaine de spires, on peut allumer des lampes L, de différents voltages, qu'on place en dérivation en divers points du solénoïde; deux spires d'intervalle suffisent pour une lampe de 4 volts.
Une lampe L de 4 volts, reliée aux deux extrémités d'un solénoïde H' de deux spires, s'allume au blanc lorsqu'on introduit à l'intérieur le gros solénoïde H, parcouru par le courant de décharge.
Ces expériences si remarquables deviendront peutêtre le point de départ d'applications importantes. « Comment transmettre économiquement les tensions alternatives énormes utilisées dans ces expériences? On peut tout d'abord rapprocher autant que possible la bobine du lieu d'utilisation ; mais, même pour une courte transmission, un fil traversant une salle prendrait déjà les 9/iO de l'énergie qu'il transmet. La question est encore à l'étude. Le meilleur système serait peut-être un fil isolé dans une gaine de plomb, en ménageant des divisions dans la couverture métallique.
« Quelle sera la lumière de l'avenir? Utiiisera-t-on les corps solides ou les gaz incandescents? L'incandes-
18 CHAMPS MAGiNÉTIQUES TOURNANTS.
cence sera-t-elle due à des phénomènes chimiques ou électriques? Le rendement des sources de lumière actuelles est déplorable ; des perfectionnements dans la nature de ces sources peuvent apporter des économies énormes. » M. Tesla pense que Ton trouvera la solution dans Temploi des courants alternatifs de très grande fréquence et de très hauts potentiels. . Champs magnétiques tournants. — Un champ magnétique tournant est un champ' magnétique dont la direction effectue une rotation entière en un certain temps, et repasse périodiquement par les mêmes positions. Différents moyens permettent d'obtenir ce résultat. Le plus simple et le plus ancien consiste à faire tourner un aimant (magnétisme de rotation).
En 1880, MM. Lontin et de Fonvielle réalisèrent un petit appareil, nommé électrogyroscope, dans lequel un disque de cuivre tournait sous Taction d'un aimant permanent et d une bobine de Ruhmkorff disposée en véritable transformateur.
Enfin M. Ferraris, de Turin, a démontré en 1888 que, lorsque deux courants alternatifs de même période, mais décalés Tun par rapport à l'autre d^un quart de période {courants diphasés), traversent deux circuits disposés à angle droit, la résultante des deux champs magnétiques produits par ces deux circuits est un champ magnétique tournant, d'intensité constante et de vitesse angulaire uniforme, faisant un tour complet pendant la durée d'une période.
Quelle que soit la méthode employée pour produire un champ tournant, une masse métallique quelconque, placée dans un tel champ, tendra à tourner dans le même sens que lui, et avec la même vitesse, si aucune résistance ne s'oppose à ce mouvement. Cette