ACCUMULATEURS
Accumulateur à navettes. — M. G.-R. Blot a adopté le type Planté, afin d'éviter les inconvénients des accumulateurs à oxydes rapportés : disjonction rapide des oxydes et de leurs supports, diminution de la capacité, foisonnement et destruction prématurée des éléments, etc.
Les plaques se composent d'une série de navettes portant, enroulées autour de leur âme aa (fîg. 36), deux tubans de 0,5 mm. d'épaisseur, Tun D en plomb pur gaufré et strié, l'autre C en métal moins oxydable ou en plomb pur seulement gaufré. Les âmes sont constituées par du métal non formable ; elles sont soudées au cadre, composé également de plomb non attaquable. L'extrême division de la matière ainsi obtenue assure
une grande surface active avec un faible poids de plomb.
Les navettes sont sciées en deux parties suivant la droite ab ; chacune de ces moitiés forme une navette élémentaire, telle qu'on les emploie dans tous les modèles. La figure 37 montre
Fig. 36. — Accumulateur Blot. Construction et coupure de la navette.
le type « demi-plaque unitaire » : les soudures S, en
métal non formable, relient les âmes des navettes au cadre MNOP; les soudures S', également inoxydables, assurent la conductibilité électrique de tous les rubans de plomb. Cette disposition permet la libre dilatation
Fig. 37. — Demi-plaque unitaire.
de la plaque dans les deux sens, de sorte que les rubans peuvent foisonner sans déformer le cadre.
La plaque « unitaire » (fig. 38) présente les mêmes dispositions.
Dans tous les modèles, les plaques sont soutenues par des cadres en plomb dur ce, que maintiennent écartés deux tiges filetées it^ fixées par des boulons bb (fig. 39).
Les cadres portent des encoches ee, qui reçoivent deux
fig. 38. — Plaque unitaire.
Fig. 39. — Suspension des plaques.
lames de verre vv^ sur lesquelles viennent s'appuyer
Fig. 40. — Accumulateur monté.
les saillies ee\ qu'on voit sur les cadres (fig. 37). Les plaques sont séparées par des tubes de verres mainte-
80 ACCUMULATEUR EPSTEIN.
nus verticaux par deux lames de verre ou de porcelaine reposant sur les cadres. La figure 40 montre Tensemble d'un de ces accumulateurs.
La capacité spécifique n'est jamais inférieure à 10 A-h par kg de plaques au régime normal de décharge de 1 A par kg de plaques.
Accumulateur Epstein. — Cet accumulateur appartient au genre Planté, mais les électrodes portent des ailettes qui en augmentent la surface. Ces plaques sont d'abord plongées dans l'acide nitrique au centième, maintenu bouillant jusqu'à ce qu'elles aient pris un aspect gris terne, puis séchées à l'air. Il se produit ainsi un dépôt gris jaune de sels de plomb, qui adhère fortement aux électrodes, qui est insoluble dans l'acide sulfurique, et qui absorbe les gaz mis en liberté pendant la formation, qu'on peut ainsi mener très vite.
Ces accumulateurs ont été essayés au laboratoire du professeur Ayrtonet soumis à plus de cent charges et décharges successives, afin de déterminer leur capacité et leur rendement dans des conditions plus défavorables que celles de la pratique courante; ainsi on laissait fréquemment des intervalles de plusieurs heures entre la fin de la décharge et la charge suivante ; cet intervalle fut même poussé jusqu'à 17 jours. Ces essais ont donné de très bons résultats, et l'auteur considère ses accumulateurs comme assez solides pour pouvoir être employés avantageusement à la traction ; sa compagnie s'engagerait à accepter l'entretien des batteries sur les lignes de tramways, à raison de 10 centimes par voiture et par mille parcouru. Ils ont été employés en 1892, sur la Seine, pour la propulsion de la chaloupe V Éclair.