LAMPES ÉLECTRIQUES ET APPAREILS ACCESSOIRES
Régulateurs : Cance, de Contades, Brianne, Wilbrant, Bardon, E. Thomson. — Lampes à incandescence : Bernstein, Waring. — Dériveur-réallumeur. — Bobine à réaction. — Globes diffuseurs transparents.
Lampes à arc ou Régulateurs. — Régulateur Cance. — Le type 1892 de ce régulateur diffère notablement du précédent (1). Le mouvement des charbons et des mécanismes est produit par le poids du porte-charbon supérieur A. Les deux porte-chaçbons sont suspendus à des cordelettes de soie G^ Cj, enroulées dans les filets à gorge d'un tambour vertical T, qu'on voit à gauche (fig. 68), et qui est divisé en deux parties présentant des diamètres dont Tun est double de Tautre. Ces cordelettes passent ensuite sur deux poulies B^B,, et s'engagent dans deux tubes creux pour aboutir aux portecharbons. Le sens de Tenroulement est tel que, si le tambour vient à tourner, les deux charbons se meuvent en sens contraire, et la différence des diamètres maintient le point lumineux fixe.
L'axe du tambour porte, vers sa partie supérieure,
(1) Pour le type précédent, Voy. Dictionnaire d*Électricitét page 412.
Fig. 68. — Mécanisme de la lampe Cance, type 1892.
une roue dentée J, qui engrène avec un pignon L calé sur un autre arbre K. Cet arbre porte un plateau allumeur-régulateur P, au-dessous duquel se trouve un plateau frein annulaire à bras Q, reposant sur les tiges Rj R,. L'arbre K porte une goupille transversale M, adhérant constamment, au moyen des ressorts N^ Nj, sur les cônes 0^ Oj, faisant partie du plateau P, qui peut recevoir un mouvement vertical sur son arbre.
Le solénoïde S porte deux enroulements; Tun, en gros fil, reçoit le courant principal, qui arrive par la borneposilive et traverse d'abord le conducteur fixe e^ le conducteur souple /*, puis les deux charbons; Tautre enroulement, en fil fin, est placé en dérivation sur les deux bornes de la lampe. Ce solénoïde renferme un noyau fixe c et un noyau mobile a, solidaire des tiges Rj Rj.
Au repos, les charbons sont au contact; le plateau P repose sur Tassiette du pignon L et le plateau Q sur les tiges R^ R,. Dès que le courant passe, le noyau a s'élève, entraînant les tiges R^ R^; le plateau frein, soulevé, s'applique contre le plateau allumeur P et l'entraîne; ce dernier mouvement fait tourner d'un certain angle la goupille M, qui entraîne l'arbre K, le pignon L, la roue J et le tambour T ; celui-ci enroule légèrement la cordelette Cj et déroule Cj, ce qui produit un léger écart des charbons et par suite l'allumage.
L'arc s'^allongeant, le noyau a tend à redescendre ; il arrive un moment où l'adhérence des deux plateaux est assez faible pour permettre un léger glissement du plateau régulateur, ce qui laisse le» deux charbons se rapprocher d'une petite quantité; l'intensité du courant augmente à son tour et l'adhérence des pia-
teaux arrête ce rapprochement. Ces effets d'adhérence variable se répètent constamment et maintiennent constant Técart des charbons.
En outre, le volant de fonte d, présentant une partie de sa périphérie à l'épanouissement polaire du noyau
CANCE
TJyï^
Fig. 69. — Lampes Gance, type 1892.
fixe c, constitue un frein magnétique dont la puissance varie, comme celle du frein mécanique, en fonction de rintensité du courant, de sorte que les deux effets s'ajoutent. D'autre part, l'inertie de ce volant s'oppose à une remise en marche trop rapide provenant d'une action trop immédiate de la pesanteur.
La figure 69 montre l'aspect extérieur de ce nouveau modèle. Le boisseau de la lampe, c'est-à-dire la partie J.Lbpèvrb. — Nouv. électr. 8
qui renferme le mécanisme, est de hauteur très réduite, ce qui permet de rapprocher le point lumineux du point de suspension, et se prête mieux à Fornementation extérieure de Fappareil. La course et la longueur des charbons peuvent varier à volonté et correspondre à des durées de seize à dix-huit heures d'éclairage, sans augmentation de la longueur du
Fig. 70. — Lampe de Contades (vue extérieure et plan du mécanisme).
boisseau. Tous les organes susceptibles d'être touchés pendant le fonctionnement de la lampe sont isolés.
Régulateur de Contades. — Cette lampe, à point lumineux fixe, est caractérisée par la faible hauteur du mécanisme, qui, pour les petites intensités, n'est que de 3 centimètres, quelle que soit la hauteur des charbons. Grâce à cette particularité, elle peut être enfermée tout entière dans un globe sphérique (fig. 70), ce qui est très favorable à la décoration, et elle peut être employée facilement dans les locaux
peu élevés, tels que caves, sous-sols, navires, etc.
Les porte-charbons servent d'écrous à deux vis (fig. 71) présentant, dans les deux tiers supérieurs, un pas à deux filets dans un sens, et, dans le tiers inférieur, un pas de sens inverse et moitié moins allongé: ces vis peuvent tourner sur elles-mêmes sans avancer. Il résulte de cette disposition que les deux porte- charbons s'équilibrent eux-mêmes : un léger excès de poids du porte-charbon supérieur tend à les ramener au contact.
Les vis se terminent par deux têtes moletées BB : un balancier horizontal A porte deux barreaux de fer doux recourbés en arcs de cercle, dont la fig. 70 montre là disposition. Quand le courant passe, le solénoïde principal attire son fer doux ; deux ressorts frottent sur les têtes BB et provoquent la séparation des charbons. Quand la résistance augmente, le solénoïde à. fil fin attire à son tour son barreau :
le balancier tourne en sens contraire et les ressorts abandonnent les têtes BB, laissant les charbons se rapprocher par la pesanteur.
Une disposition spéciale permet de supprimer complètement le fer et d'employer avantageusement les courants alternatifs.
Régulateur Bnanne. — Le mécanisme de cette lampe
Fig. 71. — Lampe de Contades (élé^ vation).
est extrêmement simple. Le charbon inférieur est fixe ; le charbon supérieur (fig. 72) est porté par une crémaillère C, qui engrène avec un petit pignon denté P, monté sur le même axe qu'un volant V. Ce volant
Fig. 72. — Mécanisme du régulateur BrianDe.
engrène avec un secteur denté R, mobile autour d'un axe horizontal, autour duquel tourne également une tige portant une lame de fer doux F, en forme d'arc de cercle, qui peut pénétrer dans un solénoïde S, monté en dérivation sur les bornes de la lampe. Une tige à ressort, reliée au secteur denté, permet de
l'écarter et de libérer le porte-charbon supérieur, pour le remonter et l'abaisser quand on remplace les charbons.
Quand la lampe n'est pas en service, la palette F repose sur la tête d'une vis, non figurée, qui est fixée daAS la base de la boîte du mécanisme et qui lui sert de support ; par suite la crémaillère C est soulevée et les charbons se trouvent écartés. Le courant passe donc d'abord tout entier par le solénoïde S, qui attire la palette F ; le secteur R, le volant V et le pignon P se mettent à tourner, de sorte que la crémaillère C s'abaisse jusqu'à ce que les deux charbons se touchent.
Le solénoïde, se trouvant alors en court circuit, cesse d'attirer la palette F, qui, en retombant, fait mouvoir les pièces dentées : les charbons s'écartent et l'arc s'allume.
L'intensité augmente de nouveau dans le solénoïde et l'équilibre s'établit. La grande inertie des pièces rend ces mouvements lents.
Le réglage se fait en modifiant la position relative du secteur et de la tige de la palette. Lorsque l'arc présente la longueur convenable, le secteur denté cesse d'engrener avec le volant ; toutes les 20 secondes environ, il laisse échapper une dent, ce qui correspond à un rapprochement de 0^15 millimètre.
Fig. 73.— Lampe Brienne.
Le montage de ces lampes en tension a été étudié par M. J. Laffargue, à Tusine des Halles ; montées par 4 en tension sur 240 volts, à courant continu, et par 3 sur 105 volts, à courants alternatifs, avec une intensité de 14 ampères, elles ont donné de bons résultats. D'autres essais, effectués à TÉcole de Physique et de Chimie industrielles de la ville de Paris, ont également réussi.
La figure 73 montre Taspect extérieur de la lampe Brianne.
Régulateur Wilbrant, — Cette lampe, employéeen Belgique depuis 1892, est d'une construction extrêmement simple, et donne de bons résultats, bien que Télectro allumeur et Télectro régulateur soient tous deux en fonte ; ce dernier est cependant sensible à des variations d'une fraction de volt.
Le réglage est produit par Télectro-aimant tubulaireE(fig. 74), monté en dérivation, et dont le noyau est percé d'un trou, que traverse le porte-charbon supérieur T. L'armature discoïde A est également percée d'un trou pour laisser passer ce porte-charbon ; mais elle est soulevée par le ressort R et exerce sur la tige T un frottement assez considérable pour l'empêcher de descendre. Cette armature porte en outre une lame flexible I, réglée par un ressort D, et agissant comme l'interrupteur automatique d'une sonnerie.
Lorsque l'intensité augmente dans la dérivation, l'armature A, attirée, s'abaisse et laisse descendre d'une petite quantité la tige T, entraînée par son poids; en même temps, la dérivation se trouve coupée au contact de I avec la pointe 3 et l'armature remonte aussitôt, sans ramener la tige T. Il se produit ainsi une série d'oscillations de l'armature, accompagnées
d'un petit bruit sec et régulier, jusqu'à ce que les charbons aient repris leur distance normale. Les vibrations de Tarmature sont limitées par le butoir B.
Fig. 14. —Mécanisme régulateur de la lampe Wilbrant.
L'appareil fonctionne aussi bien avec 2 ampères qu'avec 10.
Régulateur Bardon, — Le régulateur Bardon, imaginé en 1888 (1), a subi depuis des modifications importantes. Le modèle 1891 (fig. 75) a pour organe essentiel un solénoïde B, dans Taxe duquel se trouvent deux noyaux de fer doux, Tun fixe N, Tautre mobile N'. Loràque le solénoïde devient actif, le noyau N',
attiré, fait basculer, par Tintermédiaire de la tige » * * * ■ *
(1) Voy. Dic^iohnçtired'Ê/cc^rictîe, page 4I4v
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LAMPES A ARC CfU RÉGULATEURS.
N'o', le levier mn, qui tourne autour du point et vient faire frein en calant un volant V. Une cordelette de soie, dont les extrémités sont fixées en m et n, passe sur la gorge d'un petit moyeu solidaire du volant et soutient, à Taide de galets de mouflage, les deux portecharbons pp\ j^^îd^ T ^^ porte-charbon supérieur est le
'vai^ plus lourd et sert de moteur. Sollici-
tés par son poids, les deux charbons, au repos, se rapprochent et restent en contact. Si Ton ferme le circuit, le^ noyau N' est attiré et le levier m n vient, en se soulevant, caler le vo- ^ f \ t - lant V. Ce déplacement de m n souyy Y lève le charbon supérieur en p, abaisse ^ ^ le charbon inférieur en p' et produit
Tallumage.
Ces lampes peuvent être disposées de deux façons. Elles peuvent d'abord fonctionner seules, en dérivation sur un circuit spécial de 65 à 70 volts.
L'enroulement du solénoïde se compose alors uniquement d'un gros fil monté en tension avec Tare et traversé par le même courant.
La lampe étant allumée, l'intensité diminue à mesure que les charbons s'usent ; la pression du frein devient plus faible et le volant glisse d'une manière continue, permettant aux charbons de se rapprocher sans cesse et insensiblement, pour maintenir l'arc à sa grandeur normale. Ce montage en dérivation est celui qui se prête le
Fig. 75. — Régulateur Bardon, modèle 1891.
mieux au réglage; mais il est plus économique de placer un certain nombre de régulateurs, 2, 5, 10,.... en série. Il est à craindre alors que, les lampes les plus sensibles se réglant d'abord, leurs charbons se rapprochent jusqu'au collage, tandis que Tare des autres régulateurs deviendrait de plus en plus grand.
Pour éviter cet inconvénient, on dispose sur le solénoïde un second enroulement différentiel en fil fin, branché en dérivation aux bornes de Tare et agissant sur les noyaux en sens inverse de l'enroulement principal.
Plus l'arc d'une lampe tend à s'allonger, plus l'intensité croît dans l'enroulement différentiel, qui neutralise de plus en plus l'action du gros fil et facilite le décalage du volant. Si la lampe tend à coller, le fil fin ne reçoit qu'une faible intensité et, le gros fil gardant toute sa puissance, le volant est immobilisé.
Le modèle 1892 (fig. 76) est destiné au montage en série par grand nombre (30, 40 ou 50 par exemple). Le rapprochement des charbons est la conséquence d'une augmentation de voltage aux bornes ; il s'effectue pour une différence de potentiel de 40 ou 42 volts, suivant la valeur adoptée ; on peut ainsi introduire une de ces lampes, réglée séparément^ dans le