‹ Les nouveautés électriquesChapitre 50 sur 140 · ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE D'ANVERS · texte numérisé non relu

ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE D'ANVERS

dépense à vide permet de les laisser constamment en circuit ; on peut cependant les séparerpour les mesures d'isolement.

Éclairage électrique d'Anvers. — L'éclairage de la ville d'Anvers a été modifié; il est assuré actuellement, depuis Tannée 1892, par une installation très originale, due à Van Rysselberghe, et qui emprunte la force motrice à une canalisation d'eau sous pression. D'après Van Rysselberghe, « la production industrielle de l'électricité est basée sur une transformation de l'énergie mécanique, mais cela exige du travail moteur, car il y a équivalence entre l'énergie électrique produite, d'une part, et l'énergie mécanique absorbée, d'autre part.

« Un cheval-vapeur peut allumer 12 lampes à incandescence de 16 bougies; et comme on obtient aisément, dans une bonne machine, un cheval-heure par la combustion de 1 kilogramme de charbon, il s'ensuit que le prix de fabncation de l'électricité pour une lampe de 16 bougies ne dépasse guère 1/8 de centime par heure, tandis qu'un bec de gaz consomme dans le même temps pour 5 centimes de gaz, au prix de 20 centimes le mètre cube, ce qui ferait 40 fois le prix de revient de l'électricité. Pourquoi donc les Compagnies électriques ne parviennent-elles pas à livrer aux consommateurs l'électricité à moins de 5 centimes par lampe et par heure? Précisément parce qu'il faut la livrer, parce que le transport en est très onéreux, exigeant soit des câbles d'un coût énorme, soit des méthodes de transformation compliquées, dangereuses et peu pratiques. ^)

Quelle que soit la valeur réelle de ces assertions, Van Rysselberghe a cru pouvoir en conclure qu'il faut

i62 ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE D'ANVERS.

éviter de transporter rélectricité et autant que possible la consommer sur place; il faut donc, pour la distribuer dans une grande ville, multiplier les points de production, créer un certain nombre d'usines secondaires ne desservant chacune qu'une surface restreinte. Pour cela, il faut évidemment posséder une distribution d'énergie économique, qui puisse actionner les dynamos tout en convenant aux besoins généraux de l'industrie.

La Compagnie anversoisea demandé l'énergie nécessaire à l'hydraulique. Les usines primaires, de 500 chevaux, actionnent chacune 5 générateurs hydro-électriques de 50 kilowatts. Chaque machine hydraulique peut fouler par seconde 75 litres d'eau à 52,5 atmosphères. La canalisation hydraulique se compose de tuyaux en acier pouvant supporter 300 atmosphères, qui présentent une grande élasticité et ne produisent pas, comme la fonte, desaffouillements dans le sol.

L'eau arrive ainsi, à une pression de 45 atmosphères environ, dans les stations secondaires, qui comprennent uniquement une turbine Van Rysselberghe reliée directement avec une dynamo. La turbine se compose d'une sorte de plateau de 80 cm. de diamètre, percé d'un grand nombre de petits alvéoles, semblables aux augets d'une roue Pelton; au sortir de la turbine, dont le rendement serait de 70 à 72 0/0, l'eau s'écoule directement à l'égout. Un mètre cube d'eau à 50 atmosphères pourrait, dit-on, donner 800 vv^attheures.

Outre la turbine et la dynamo, chaque station secondaire contient encore un tableau de distribution, qui est très peu chargé, toute la distribution se faisant en simple dérivation avec deux conducteurs. Ce ta-

Page 1