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APPLICATIONS DE LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE

Projecteur Bréguet. — Polyscope. — Bijoux lumineux.— Danse serpentine. — Fontaines lumineuses. — Pêche électrique.

Projecteur électrique. — La maison Bréguet cens truit depuis peu un nouveau projecteur (fig. 85), qui donne d'excellents résultats. Le miroir, en cristal argenté, est taillé sur ses deux faces au moyen de machines spéciales brevetées, qui assurent aux surfaces réfléchissantes une forme rigoureusement paraboloïde. Le cylindre, en tôle d'acier, est fermé à sa partie antérieure par une glace plane, devant laquelle on peut appliquer une porte divergente pour étaler le faisceau. Le miroir, placé à la partie postérieure, est monté dans une calotte métallique, qu'on met en place à l'aide de quatre agrafes.

Le cylindre est muni de deux tourillons, par l'intermédiaire desquels il repose sur des bras fixés à un plateau circulaire. L'un des tourillons porte une roue dentée en contact avec une vis tangente, qu'un volant permet de faire tourner à la main pour donner toutes les inclinaisons que l'on désire au projecteur. La par-

Fig. 85. — Projecteur électrique Bréguet.

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tie inférieure du cylindre est aménagée pour recevoir la lampe électrique.

Un plateau mobile porte les deux bras sur lesquels repose le cylindre. Sous ce plateau sont fixés des balais de prise de courant, en relation avec deux bornes, apparentes sur le plateau, et qui peuvent être mises en communication avec celles de la lampe. Le plateau repose sur des galets et peut prendre toutes les orientations désirées.

Un plateau fixe porte: un chemin de roulement pour les galets précités , deux cercles verticaux isolés, sur lesquels frottent les balais du plateau mobile, un interrupteur et deux bornes d'attache pour les câbles venant de la source. Ce système de prise de courant évite les chances d'extinctions anormales, si souvent signalées sur les projecteurs munis de prises de courant dites à pompes. L'aménagement sur deux plateaux, l'un fixe, l'autre mobile, de toutes les pièces servant à la conduite du courant, rend le projecteur complètement indépendant du socle et facilite les démontages et les visites.

Enfin, un volant manœuvre une vis tangente engrenant avec une roue hélicoïdale, qui fait corps avec le plateau mobile et permet de modifier l'orientation du faisceau par de très légers mouvements.

Le plateau fixe est boulonné sur un socle en tôle mince, disposé pour pouvoir être facilement transporté àbras à l'endroit convenable au moyen de deux barres en fer creux, placées sur le chariot qui sert à transporter l'appareil. Ce socle est formé de quatre parties, assemblées à charnière, qui peuvent se replier pour constituer le tablier du véhicule.

Le projecteur est muni en outre : d'un prisme à

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réflexion totale avec écran dépoli, sur lequel vient constamment se dessiner l'image du foyer lumineux ; d'un écran à main pour la production de signaux optiques; d'un prisme à réflexion totale, aménagé dans l'un des tourillons du cylindre pour éclairer un voltmètre installé sur le projecteur.

Le projecteur Bréguet renferme une lampe automa-

Fig. 86. — Lampe à charbons horizontaux.

tique brevetée, à charbons horizontaux, dont la fixité facili te beaucoup les recherches à opérer (fîg. 86) . La di sposition horizontale accroît en outre la puissance lumineuse ; c'est pourquoi de récents décrets viennent de la rendre réglementaire dans la marine.

Cette lampe ne comprend que des éléments simples et robustes, de sorte que le démontage et le remontage n'exigent aucune précaution spéciale. Elle se compose des organes suivants :

1° Un porte-charbon positif monté sur un chariot à

quatre galets, muni de frotteurs prenant le courant sur des rails isolés, et complété par une pince portecharbon à laquelle un petit volant, à axe excentré, permet de donner une légère inclinaison pour le réglage du charbon ;

2^ Un porte-charbon négatif disposé d'une manière analogue au précédent et en communication avec le pôle négatif de la source par des frotteurs et des rails isolés.

Les chariots des deux porte-charbons sont munis de crémaillères engrenant de part et d'autre avec une roue dentée montée sur Tarbre d'un petit moteur électrique ;

3° Un moteur électrique monté en dérivation sur les bornes de la lampe, et qui tend à rapprocher les charbons dès qu'un courant est lancé dans l'induit ;

4° Un barillet portant une denture engrenée dans la crémaillère de l'un des porte-charbons et qui tend à écarter les charbons ;

5° Un relais dont le but est d'envoyer un courant dans le moteur ou de mettre ce moteur en court-circuit, suivant les circonstances.

Lorsque Ja lampe est reliée aux bornes de la source et que les charbons sont en contact, le courant passe. Dans le cas contraire, le relais attire son armature, qui établit le courant dans le petit moteur. Celui-ci rapproche les charbons jusqu'au contact : le courant passe ; la force électromotrice baisse aux bornes du relais, qui interrompt le courant dans le moteur et permet au barillet d'agir pour écarter les charbons et donner naissance à l'arc.

La force électromotrice remonte alors aux bornes du relais, et Ton. comprend qu'un réglage convenable

du ressort antagoniste permette de fixer à l'avance le voltage définitif auquel la lampe pourra être réglée. On choisit d'ordinaire 48 volts pour des lampes de 75 à 80 ampères (3000 becs).

Lorsque la lampe est en marche, il s'établit un équilibre entre Faction du ressort du barillet, qui tend à écarter les charbons, et celle du moteur, qui agit pour les rapprocher. Aussi peut-on constater, pendant toute la durée du fonctionnement, un mouvement de va-etvient des charbons, tout à fait insensible au voltmètre, mais très utile pour s'assurer du bon état de la lampe et de son aptitude à se régler automatiquement.

On peut aussi régler l'écart des charbons à la main ; il suffit de relever une petite poignée, qui fait engrener avec Je barillet une vis tangente portée par un arbre, dont l'extrémité sort de la lampe et peut être manœuvrée à la main. Le même mouvement met le petit moteur hors du circuit.

Ce projecteur peut être placé sur un chariot entièrement métallique, monté, par l'intermédiaire de ressorts, sur un essieu muni de deux roues en fer ; la même voiture reçoit les accessoires : pieds de fixation du véhicule, courroies pour attacher le projecteur, voltmètre, boîtes d'outillage et de charbons, etc.

Un second chariot porte l'usine électrique, qui comprend :

1® Un générateur de vapeur, du système Trépardoux, avec tuyauterie, pompe alimentaire, injecteur d'alimentation, etc. ; 2<* une turbine à vapeur de Laval associée directement avec une dynamo à anneau Gramme (Voy. Turbo-Générateur); 3*» tous les accessoires nécessaires au fonctionnement de cet ensemble. Les deux chariots peuvent se réunir pour for-

mer un seul véhicule à quatre roues, qu'on fait traîner par deux chevaux.

Lorsque le projecteur doit être installé dans un poste dangereux, on peut lui adapter un système de commande à distance, qui comprend essentiellement :

1* Un mécanisme logé dans le socle du projecteur et basé sur l'emploi de deux petits moteurs électriques, servant, Tun pour les mouvements d'orientation, l'autre pour les mouvements d'inclinaison ;

2** Un manipulateur de commande à distance, transportable à bras et permettant d'effectuer toutes les manœuvres en appuyant simplement la main sur des boutons poussoirs ;

3° Un câble à sept conducteurs pour relier le projecteur au manipulateur.

Ces additions, si elles sont demandées, augmentent le poids du projecteur et du chariot correspondant, mais ne modifient en rien le chariot porteur du groupe électrogène.

Le miroir parabolique a l'avantage de donner des rayons bien parallèles; la distance focale est plus courte qu'avec les ménisques divergents des appareils Mangin, à égalité d'ouverture. En outre, dans ces dei^ niers, l'épaisseur du miroir devient très forte sur les bords, ce qui augmente beaucoup le poids et donne des irisations nuisibles. Ces deux défauts n'existent pas dans le projecteur Bréguet : le faisceau est entièrement * blanc et le miroir, ayant ses deux faces bien parallèles, peut être amené à ime très faible épaisseur, par exemple 10 millimètres. On peut ainsi diminuer le poids du miroir et par suite celui du projecteur entier, car, l'appareil devant être équilibré autour de ses tourillons, le poids du cylindre augmente nécessaire-

POLYSCOPE.

ment avec celui du miroir. Ainsi le projecteur Bréguet de 60 millimètres, complet, pèse 170 kg., tandis que le même modèle, avec miroir Mangin, pèse environ 275 kg.

Polyscope. — Le polyscope de M. Trouvé, modifié, est employé par la Compagnie des forges et chantiers de la Méditerranée pour examiner Tintérieur des canons de tous calibres. La lampe à incandescence A

Fig. 87. — Nouveau polyscope Trouvé.

(fîg. 87) est placée à la partie supérieure d'un tube cylindrique, garni d'un réflecteur épousant la forme de Touverture. A Taide d'une lentille C, portée par un tube qui glisse à frottement doux dans le premier, on examine l'image donnée par le miroir plan B, monté à 45**; cette image est très nette, même vue à 12 mètres de distance; elle peut d'ailleurs être regardée avec une jumelle ou une petite longue-vue.

Pour pouvoir inspecter commodément les canons de tous calibres avec le même appareil, on fixe, à l'aide des boutons moletés I J, des disques G H, correspondant à ces calibres.

La lampe, de 15 bougies, avec filament en boudin, peut être alimentée 6 à 7 heures par une batterie automatique de 12 éléments. La tige qui porte l'appa-

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reil se compose de quatre tubes métalliques gradués, de 2,50 m. chacun, qui peuvent se visser au bout Tun

cr o

de Tautre; on peut ainsi examiner dans toute leur longueur des canons de 12 mètres sans être obligé de changer de côté. Un volet F, demi-cylindrique, ferme Touverture et protège la lampe et le miroir pendant le transport.

J. Lefèyre. — Nouv. électr. H

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