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L'ÉLECTRICITÉ SOURCE DE CHALEUR

Creuset électrique. — Fabrication industrielle du phosphore. — Appareils de chauffage et de cuisine. — Allume-cigares. — Forgeage. — Soudure électro-hydrothermique.

Creuset électrique. — M. Moissan s'est servi en 1893 d'un creuset électrique pour obtenir la haute température nécessaire à la production artificielle du diamant. Ce four, modifié ensuite avec la collaboration de M. VioUe, se compose sous cette dernière forme d'une enceinte cylindrique en charbon aggloméré, logée à Tintérieur d'un bloc de pierre de Courson et séparée de la pierre par une couche d'air. Cette disposition est nécessitée par la haute température obtenue, qui fondrait la chaux; elle soustrait autant que possible l'arc au refroidissement extérieur. Les deux cylindres de charbon aggloméré servant d'électrodes sont disposés horizontalement; ils traversent deux trous opposés pratiqués dans le creuset et reçoivent le courant par de forts manchons en cuivre rouge, armés de mâchoires entre lesquelles on écrase les extrémités du câble dynamo-électrique.

Il résulterait des recherches de M. Violle que, dans l'arc électrique, le charbon est porté à sa température

d'ébulliiion et distille ainsi de Téleetrode positive à la négative. Ce phénomène est attesté par la constance de Téclat et de la température, ainsi que par toutes les circonstances qui caractérisent Tébullition normale. Cet éclat est indépendant de la puissance du courant. On a donc « entre les deux charbons un flux de vapeur semblable au flux qui se produit au-dessus d'un vase dans lequel on fait bouillir de l'eau, avec cette différence toutefois que, tandis que Teau bout à iOO*», le charbon bout à 3500^. La condensation de la vapeur de charbon sous l'influence des causes de refroidissement extérieur se produisant à faible distance, l'arc est limité brusquement par une surface nette, qui lui donne la forme d'un œuf, à l'intérieur duquel la température diffère peu de qelle du charbon positif. »

M. Violle a mesuré la température obtenue en laissant tomber dans un calorimètre un petit morceau du charbon formant l'extrémité de l'électrode positive. 11 a trouvé environ 3500°.

Ce four électrique a été utilisé par M. Moissan pour la reproduction du diamant ; il peut servir aussi à préparer un certain nombre de métaux réfractaires et à obtenir la cristallisation des différents oxydes. Le platine y entre en ébullition et distille . Les oxydes de manganèse et de chrome sont réduits en quelques minutes par le charbon. Les oxydes d'uranium, qui étaient jusqu'ici irréductibles par le charbon, produisent un carbure métallique, qu'il est possible d'affiner ensuite par une nouvelle fusion en présence d'un excès d'oxyde. Du cristal de roche, placé au milieu du creuset, est complètement réduit en vapeurs, qu'on peut laisser échapper par une ouverture placée à la partie supérieure et condenser dans une cloche de verre.

La figure 90 représente un creuset destiné aux recherches et aux essais de laboratoire. Les charbons sont obliques et mobiles dans leurs montures métal-

Fig. 90. — Creuset électrique avec aimant directeur.

liques GG', de sorte qu'on peut facilement les amener au contact ou les séparer. Le creuset CR est mobile et enfermé dans un espace clos à parois réfractaires. Des conduits sont ménagés pour l'introduction des matières à traiter et pour la circulation des gaz. Des

ouvertures garnies de mica permettent d'observer les phénomènes de fusion et de réduction, ainsi que l'a fait M. Troost pour le zirconium et le thorium.

Le creuset mobile CR se déplace de Textérieur, la sole sur laquelle il est posé étant commandée par la tige RE; ce creuset est en charbon ou en chaux, etc., suivant les matières à traiter. Un aimant directeur Ai, placé près de Tappareil, transforme Tare en une flamme allongée, formant un véritable chalumeau électrique, qu'on peut ainsi diriger au-dessus de la matière contenue dans le creuset.

Un courant de 12 ampères et 55 volts permet d'obtenir la réduction d'oxydes et la fusion des métaux les plus réfractaires en quantité suffisante pour leur analyse chimique ou spectrale. Le tungstène, le titane, le chrome, le manganèse, Turanium^ etc., peuvent être obtenus dans ce creuset. MM. Joly et Vèzes ont pu amener ainsi à l'état métallique, sans oxydation, le ruthénium et l'osmium, en les sounrettant en vase clos, en présence de gaz convenables, à la température élevée de l'arc.

Fabrication électrique du phosphore. — MM. Readman et Parker ont essayé de préparer le phosphore par l'électricité dans une usine située près de Milton. On éprouva d'abord une certaine difficulté à répartir uniformément la température, et le fer, l'aluminium, le calcium se combinaient avec le phosphore et le silicium. On a obtenu de meilleurs résultats dans une nouvelle installation, faite à Wolverhampton. Le four électrique employé a 0,75 m^ de surface; les matières à traiter, mélangées dans les proportions convenables, sont introduites par la partie supérieure, au moyen d'une vis d'alimentation. Le courant alternatif, fourni

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