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L'ÉTINCELLE ÉLECTRIQUE

Exploseur électrique Manet. — Ozonateurs ; fabrication industrielle.

Exploseur électrique. — Les appareils de MM. Manet frères pour Texplosioii des mines, fabriqués par la maison Gaupillat et C^% comprennent un exploseur et une amorce électrique de quantité^ c'est-à-dire produisant l'inflammation par l'incandescence d'un fil métallique ; le dispositif de ces appareils paraît cons^ tituer un progrès très sensible.

L'exploseur (fîg. 94) se compose d'un petit alternateur tétrapolaire, à excitation indépendante. On tourne la manivelle qu'on voit en avant avec une vitesse croissante ; lorsqu'on a atteint la valeur voulue, les deux circuits se ferment pendant un instant et l'amorce est portée au rouge.

Les pièces destinées à la fermeture des circuits et à la distribution des courants se trouvent sur le plateau supérieur de l'appareil. La roue G, qu'on voit en arrière de la figure 94, porte deux masses à râteaux A et A' (fig. 95) qui comma&dent un pignon 6, calé à l'extrémité de la tige D ; celle-ci porte, sur une partie de sa longueur, une rainure hélicoïdale, dans

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laquelle s'engage la pointe de la vis I, fixée au manchon E, qui est mobile sur Tarbre H.

L'axe de la machine porte deux anneaux de même

Fig. 94. — Exploseur Manet.

diamètre, qui tournent entre les quatre pièces polaires communes. L'un de ces anneaux A (fig. 96) fournit le courant inducteur, qui est continu ; il est muni d'un collecteur L, genre Gramme, à 60 sections. Le second anneau, que nous appellerons A', porte un collecteur donnant des courants alternatifs, qui servent à Tinflammation des amorces.

Lorsqu'on tourne la manivelle motrice (fig. 94) avec une vitesse croissante, on n'éprouve d'abord qu'une

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faible résistance, car, les circuits étant ouverts, la machine ne produit aucun courant. Quand la vitesse devient suffisante, les masses A et A' (fîg. 95) s'écartent de leur position sous l'influence de la force centrifuge, malgré le ressort antagoniste C, et mettent en rotation le pignon B et l'arbre intérieur D ; la vis I se

Fig. 95. — Mécanisme produisant la fermeture automatique et simultanée des deux circuits.

meut dans le sillon hélicoïdal ; le manchon E se déplace en ligne droite, vient toucher le galet du levier-pendule F et l'entraîne avec lui. Lorsque l'appareil a atteint la vitesse voulue, qu'on a réglée d'avance au moyen du ressort antagoniste C, le levier F vient toucher le contact N (fig. 96), placé sur l'un des ponts B" du plateau supérieur, et ce contact ferme le circuit de l'induit sur les inducteurs ee.

Par suite de la résistance due à la fermeture du cir- *cuit, la vitesse de rotation est fortement diminuée,

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les masses A et A' se rapprochent de leur position de repos, etje contact des pièces F et N est rompu. Pour éviter qu'il se produise à ce moment une étincelle d'extra-courant, la pièce polaire supérieure nord G (fig. 96)

Fig. 96. — Schéma du circuit inducteur.

porte une saillie m, qui s'aimante avec elle, attire la petite armature F', et établit ainsi le contact du ressort J avec la vis i' ; ce second contact, qui ferme en double le circuit inducteur, reste établi jusqu'à l'arrêt complet de la machine.

Le circuit induit se ferme par un dispositif identique à celui que nous venons de décrire, et qui est installé sur la pièce polaire sud ; les courants alternatifs

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sont recueillis par deux bagues et deux frotteurs. Malgré la complication apparente de cet exploseur, un petit nombre seulement de pièces mécaniques servent à obtenir les effets voulus ; en outre, le fonctionnement est automatique ; ce sont là de précieuses qualités.

Avec cet exploseur, on doit employer nécessairement les amorces des mêmes inventeurs. Ces amorces sont robustes et ne craignent pas les dérangements pendant le transport; elles se composent d'un fll rectiligne en platine, de 9 mm. de longueur et de 1/20 mm. de diamètre. Ce fil est monté sur un petit support en bois et maintenu aux extrémités par deux petites vis, qui reçoivent en outre les conducteurs amenant le courant ; ce système est enfermé dans un petit tube de 6 mm. de diamètre rempli de poudre d'inflammation, maintenue par un petit bouchon garni de baudruche.

Pour enflammer plusieurs amorces, on les monte en tension ; on peut en enflammer 20 à la fois, avec une résistance de 20 à 30 ohms dans le circuit. En supposant que le rendement ne dépasse pas 33 p. 100, on peut estimer la puissance utile de Texploseur pendant l'inflammation à 90 watts.

Ozonateurs. — Nous signalerons plusieurs appareils de M. Seguy pour la préparation de l'ozone. Le premier est alimenté par une simple machine électrostatique de laboratoire. Une boite A (fîg. 97) renferme une olive en verre B, munie de deux bras fermés par deux bouchons. Ces bouchons sont traversés par les électrodes, que terminent des boutons sphériques inégaux CD. On fait passer par les tubulures HI le courant de gaz à ozoniser, et l'on place les tiges de l'excitateur, à un centimètre environ des boutons extérieurs EF ; enfin on règle, en regardant par l'embouchure G dans la

OZONATEURS.

<;hainbre noire, Técart des boutons CD pour avoir une production continue d'effluves. Il convient de relier le bouton C, qui est le plus gros, au pôle négatif, pour obtenir tout l'effet de l'appareil .

Fig. 97. — Ozonateur Seguy.

La machine électrostatique qu'on voit en arrière est du] genre Wimshurst, mais dépourvue de secteurs en étain.

La figure 98 montre un appareil beaucoup plus important, destiné aux applications cliniques ou aux

-OZONATEURS.

recherches de laboratoires, et qui est employé dans plusieurs grands établissements. Le courant d'une

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Fig. 98. — Générateur tubulaire sursaturateur à ozone Seguy.

dynamo J, à enroulements spéciaux, alimente trois bobines d'induction E, munies de marteaux oscillants F, à platine renforcé. Trois roues commutatrices G J. Lefèvre. — Nouv. électr. 12

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mettent les bobines en communication avec les barres HI, qui représentent les deux pôles de la machine.

Le courant secondaire des bobines est conduit, par les barres CD, munies de bornes, aux trois tubes BB*, renfermant chacune sept tubes, dans lesquels jaillit l'effluve électrique. Le courant d'air ou d'oxygène

Fig. 99. — Petit appareil ozonogène Seguy.

entre par M et sort, chargé d'ozone, par A. Tout l'appareil est fixé sur un grand panneau de bois,- qu'on peut transporter par les poignées N.

L'appareil (fig. 99) est spécialement destiné à la thérapeutique et à la désinfection. Il se compose d'une boîte d'acajou contenant deux éléments au bichromate; à l'extérieur se trouvent une bobine de Ruhmkorfif et un tube ozogène à effluve.

Fabncaiion industrielle, — L'ozone commence à

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devenir l'objet d'une véritable fabrication industrielle ; c'est ainsi qu'une usine destinée à cette préparation a été installée à Marseilles (Illinois), comme annexe de VAmerican Ozone Water C° ; le gaz qu'elle produit sert à ozoniser des eaux de table et des eaux minérales gazeuses. Les deux usines sont cependant complètement distinctes et réunies seulement par un tuyau destiné au passage de l'ozone.

Le procédé employé est celui de M. Fahrig, qui consiste à fabriquer l'oxygène par le bioxyde de manganèse et l'hydrate de soude et de chaux et à le soumettre ensuite à l'action des décharges électriques. Un fourneau en briques renferme 8 tubes couplés en série et dont le premier est relié avec un ventilateur faisant 4000 tours par minute et insufflant de l'air à la pression initiale de 25 centimètres d'eau ; ces tubes reçoivent le mélange de peroxyde de manganèse et d'hydrate de soude et de chaux, qu'on porte ainsi à 250**. On fait alors, au moyen du ventilateur, arriver un courant d'air qui transforme le bioxyde en manganate, tandis que l'azote s'échappe par un tube.laissé ouvert. Après 10 ou 15 minutes d'oxydation, on arrête le courant d'air, on porte la température à 400** et l'on fait arriver un courant de vapeur d'eau, en reliant le système de tubes avec une chaudière.

Lemanganatesedécomposéetl'oxygène, entraîné par la vapeur, traverse deux laveurs, où celle-ci se condense, et arrive refroidi dans un réservoir où il s'accumule.

Les laveurs se composent de deux tonneaux, traversés par un courant d'eau froide sous pression, qui les maintient toujours à moitié remplis. Le réservoir est un cylindre également parcouru par un courant d'eau; il est muni d'un tube de niveau et d'un manomètre.

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Lorsqu'on a ainsi obtenu 300 à 400 litres d'oxygène pur, le mélange primitif d'oxyde de manganèse et d'hydrate de soude et de chaux est régénéré ; on peut recommencer une série d'opérations analogues, jusqu'à ce que le réservoir renferme une masse de gaz suffisante. On produit alors une pression convenable dans le réservoir en augmentant le volume de l'eau, de façon à chasser le gaz à travers les ozonateurs.

Ces appareils sont alimentés par des transformateurs qui forment, avec eux, la partie la plus intéressante de l'installation. Chaque transformateur comprend un noyau de fils de fer fins, entouré par un circuit primaire composé d'une seule couche de gros fil; le circuit secondaire se compose de SO bobines de fil fin montées en tension ; il contient 9 kg. de fil. Cet appareil est placé dans une boîte en bois, garnie de verre à l'intérieur et fermée hermétiquement. Ces transformateurs produisent une force électromotrice de 40000 volts : ils sont actionnés par un alternateur donnant 50 volts et 112 ampères, avec excitation séparée. Un tableau de distribution sert à établir les contacts et àt régler la force éiectromotrice. Au sortir des transformateurs, les fils secondaires sont renfermés dans des tubes de verre garnis de caoutchouc ; ils se rendent ainsi à l'ozonateur, dans lequel ils pénètrent aussi par des tubes de verre.

L'ozonateur se compose de morceaux de verre de 6 millimètres d'épaisseur et de tubes de 6 millimètres de diamètre, alternativement superposés. Les tubes sont fermés à un bout et renferment un fil d'aluminium ; il y a en outre deux plaques de verre recouvertes également d'aluminium. La distance entre les feuilles et les fils d'aluminium doit être bien cons-

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tante ; le métal doit être très pur. Les tubes de verre doivent être bien uniformes et de bonne qualité. Avant de- mettre un ozonateur en service, on lave soigneusement les fils et les feuilles à l'acide nitrique, à Teau froide, puis à l'alcool méthylique, et on les vernit enfin à la gomme laque.

L'usine de Marseilles comprend trois ozonateurs, dont les deux premiers sont reliés en quantité entre eux et en tension avec le troisième. Ils sont suivis d'un appareil pour l'ozonisation des liqueurs alcooliques et de récipients destinés aux expériences sur d'autres liquides.

L'ozone semble appelé en outre à jouer un rôle important dans le blanchiment.

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