ALLUME-CIGARES ÉLECTRIQUE
Le chauffage électrique a été encore appliqué récemment à d'autres usages. M. Samuel Natting a songé à utiliser la chaleur développée par le courant pour maintenir un matelas à une douce température (matelas électro-thermogénique). L'appareil se compose d'un matelas ordinaire renfermant à Tintérieur, entre deux toiles d'amiante, une série de fils de maillechort repliés en zigzag et fixés par des cordes d'amiante. Un conducteur flexible sert à relier ce matelas avec la prise de courant. Le même système pourrait s'appliquer à une couverture.
Enfin, dans une séance assez récente de la Royal Society, de Londres, un autre inventeur aurait montré un cataplasme électrique^ chauffé par un procédé analogue. Dans ce cas, le malade est nécessairement condamné à l'immobilité.
Allume-cigares électrique. — Cet appareil emprunte le courant à une distribution d'énergie électrique. Il se compose essentiellement d'un fil de platine, de platine iridié ou de platinoïde, disposé sur une lame de mica ou sur une couche d'amiante : ce dispositif est placé à l'extrémité d'une poignée cylindrique qu'on suspend à un crochet, comme un téléphone, ou au sommet d'un support en forme de flambeau, qu'on pose sur un piédestal. Il suffît de décrocher la poignée ou de soulever le support pour établir le courant.
Cet appareil consomme environ 100 watts et, comme l'allumage ne dure pas plus de 10 secondes, un hectowattheure, qui coûte généralement 10 centimes, peut fournir au moins 400 allumages; une boîte de 50 allumettes coûtant le même prix, chaque allumage revient au moins 8 fois plus cher, en supposant que toutes
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les allumettes de la boîte soient bonnes, hypothèse peu vraisemblable.
Forgeage électrique. — Cette application se rap-^ proche de la soudure électrique. Le procédé de M. Burton consiste à soumettre les pièces à un courant puissant, qui les porte à une température telle qu'on puisse facilement les forger et leur faire subir unesérie de transformations au moyen d'outils spéciaux.
h'Electrical Forging C°, de Boston, emploie pour cet usage des courants alternatifs de grande intensité et de faible tension ; ces courants sont obtenus à l'aide de transformateurs de 50 kilowatts; dans l'un des modèles, la différence de potentiel aux bornes de la bobine secondaire ne dépasse pas 5 volts et l'intensité peut atteindre 8000 ampères; dans un autre, on peut avoir jusqu'à 12000 ampères.
On relie le transformateur par de grosses barres de cuivre avec les mâchoires isolées qui soutiennent la pièce à forger.
Une barre d'acier carrée, de 25 centimètres de côté et 30 centimètres de longueur, est portée au rouga blanc en deux minutes et demie, en absorbant 27 kilowatts. Une barre ronde, en acier à outils, de 22 centimètres de longueur, peut être amenée à une température convenable en une minute, avec une dépense de 24 kilowatts. On peut admettre que, avec toutes les^ transformations, le kilowattheure exige 2,7 kilogrammes de charbon; avec cette évaluation, il faut, dans ce dernier exemple, dépenser i kilogramme de charbon.
Le forgeage électrique se recommande par la rapidité du chauffage, l'absence de gaz surchauffés pouvant attaquer le métal, la régularité de la température et
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la facilité avec laquelle on peut la maintenir fixe.
Soudure électro-hydrothermique. — La Société belge V Électrique a présenté à Texposition d'Anvers un procédé très original de soudure et de forgeage électrique, imaginé par MM. Lagrange et Hoho. La barre métallique qu*on veut forger est placée comme cathode dans un liquide électroly tique. Il se forme autour de cette barre une gaine gazeuse ordinairement constituée par de Thydrogène, qui présente une grande résistance et acquiert bientôt une température élevée : la chaleur ainsi développée se traïasmet à la barre et laporte àTincandescence. Si l'on. veut ensuite tremper le métal, il suffit d'interrompre le courant : l'électrolyse s'arrête et la barre se trouve en contact avec le liquide froid.
L'anode doit être de grandes dimensions; elle peut être faite en plomb de 2 ou 3 millimètres d'épaisseur. La composition du bain peut varier, car il doit être d'autant plus conducteur qu'on emploie une force électromotrice plus faible. Pour des potentiels peu élevés (100 à 200 volts), on peut employer une solution de carbonate de potassium dans 5 fois environ son poids d'eau ordinaire. Au-dessus de 250 volts, il faut rendre le bain moins conducteur. Il est bon de porter le bain à 50 ou 70<» centigrades, à moins qu'on ne se propose de tremper le métal. Cet appareil ne jftécessite aucun matériel spécial : il suffit d'avoir quelques pinces ou tenailles pour saisir les pièces portatives et y amener le courant.