PONT ROULANT ÉLECTRIQUE
La figure 119 montre un nouveau treuil électrique, employé en Amérique dans les raines : le tambour est d'un diamètre exceptionnel, ce qui permet d'accélérer à volonté la vitesse des aménages à la surface, tout en laissant la faculté de fonctionner aussi lentement qu'on le désire. Ce tambour est relié, par des engrenages intermédiaires, à un moteur électrique d'une puissance de 25 kilowatts ou 30 chevaux. Le mécanisme de commande, qui n'est pas figuré, est semblable à celui des tramways électriques ; l'opérateur agit de la main gauche sur les leviers et de la droite manœuvre le commutateur. Cet appareil n'exige qu'un emplacement assez faible et peut donner une vitesse de 218 mètres par minute, avec une charge de plus de 500 kilogrammes.
Pont roulant électrique. — Les ateliers d'ŒUrlikon (Suisse) emploient un pont roulant manœuvré par des courants triphasés. Trois moteurs de puissance convenable, disposés pour ces courants, commandent les trois mouvements du pont : levage ou abaissement de la charge, déplacement latéral du treuil et déplacement longitudinal du pont. Ces moteurs peuvent fonctionner ensemble ou séparément et dans les deux sens.
Le courant est amené par trois fils de cuivre, que supportent des isolateurs placés sur l'un des côtés du chemin du pont, et transmis par des galets, qui frottent sur la partie inférieure des fils, pour éviter la poussière. Ces galets communiquent par des câbles bien isolés avec le tableau de commande, placé sur le pont, et qui porte les trois régulateurs inverseurs servant à commander les trois mouvements de l'appareil. Les moteurs sont reliés à ce tableau par des galets disposés de la même façon .
Les moteurs sont simples et robustes et fonctionnent sans balais ni collecteur ; le démarrage est très doux* Le moteur destiné au levage de la charge porte un frein qu'on peut manœuvrer de la galerie ou du sol, de sorte qu'on peut déposer la charge doucement et exactement à l'endroit voulu. Tous l€S mouvements peuvent aussi être effectués à la main.
Ascenseurs électriques. — Les ascenseurs électriques semblent appelés depuis peu à se multiplier rapidement à Paris, grâce à ce que la Ville de Paris a élevé, au mois d'avril 1895, de 0, 32 à 0, 60 fr. par mètre cube le prix de l'eau employée pour le service hydraulique. Cette circonstance a conduit les constructeurs et les propriétaires à rechercher une force motrice plus économique : or, aux prix actuels, le kilogrammètre revient, par l'emploi de l'électricité, environ 10 fois moins cher.
Deux systèmes peuvent être employés : dans l'un la cabine est suspendue à un treuil mû par un câble électrique; dans l'autre, on fournit à un ascenseur hydraulique la pression nécessaire au moyen d'appareils hydro-électriques convenables.
Le premier système est le plus simple ; c'est celui auquel appartient l'ascenseur de M. Guyenet.
Cet ascenseur est facile à installer; il fonctionne sans bruit et donne toute sécurité : enfin la dépense est généralement moindre qu'avec les appareils hydrauliques.
La cabine A (fig. 120), munie d'un parachute, s'élève entre les guides BB ; elle est soutenue par des câbles, qui passent sur des poulies de renvoi fixées au beffroi supérieur G et qui vont s'enrouler sur le double tambour d'un treuil E à vis sans fin. Ces câbles
288 ASCENSEURS ÉLECTBIQUES.
sont assez nombreux pour que la rupture de l'un deux ne puisse produire aucun accident.
Lavis sans fin du treuil est commandée directement par la dynamo réceptrice F. Les câbles H, passant dans la cabine, servent à actionner le rhéostat de manœuvre ; G est un frein automoteur. Les chariots
Fig. 120. — Ascenseur électrique Guyenet.
directeurs II assurent l'enroulement régulier des câbles de suspension sur les tambours du treuil. (La cabine est équilibrée par un contrepoids, qui glisse entre les guides D et qui est soutenu par des' câbles passant sur des poulies fixées au beffroi C.
Le système à treuil électrique est très répandu en Amérique; les immenses maisons de certaines villes du nouveau continent en renferment jusqu'à 10, transportant chacun 10 ou 15 personnes avec une vitesse de 3 m. par seconde.
Le système hydro-électrique paraît devoir mieux
VENTILATEUR ÉLECTRIQUE. 289
réussir à Paris, où le problème actuel consiste surtout ^ appliquer l'électricité à un ascenseur hydraulique :
la transformation est beaucoup moins coûteuse que si Ton veut employer un treuil. M. Hospitalier estime en outre que l'ascenseur à treuil n'inspire pas confiance au public parisien, habitué à se servir des ascenseurs à piston. On pourrait cependant relever, à l'actif de ces derniers appareils, un nombre respectable d'accidents, qui justifient peu cette confiance.
Ventilateur électrique.
— Le moteur Lundell, que nous avons décrit page 262, convient très bien, par son petit volume, à la manœuvre des ventilateurs :
on emploie alors le modèle de forme sphérique et les ailettes se fixent à l'extrémité de l'arbre. Plusieurs moteurs-ventilateurs de ce genre figuraient à l'exposition de Chicago.
L'un se suspend au plafond par une chaîne unique ou par trois chaînes J. Lefèvre. — Nouv. électr.