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MÉTHODE DES INJECTIONS INTRA-PULMONAIRES

Les injections intra-pulmonaires de substances médicamenteuses ont été imaginées pour porter l'agent bactéricide au sein même de la lésion et dans les tissus infectés, et déterminer ainsi la mort de l'agent pathogène et la cessation des accidents que sa présence déterminait ; secondairement, on a pensé pouvoir ainsi produire une action sclérogène et hâter la cicatrisation des lésions existantes.

Fernet et Comby, qui ont préconisé cette méthode, surtout dans la tuberculose, emploient comme agents antiseptiques soit le naphtol p, soit l'aristol, soit la créosote de hêtre ; en Allemagne, on préfère le gaïacol et surtout le thiocol. Lépine, de Lyon, utilise, dans la pneumonie et la broncho-pneumonie, le sublimé à 4 p. 100 et en injecte jusqu'à 20 et 25 centimètres cubes. Enfin, quand on veut obtenir une action plus particulièrement sclérogène, on emploie, comme Taindiqué Comby, 1 centimètre cube pour chaque injection d'une solution de chlorure de zinc dans l'eau distillée à 1 p. 10.

Voici quelques formules :

Naphtol p 0B%40

Gomme adragante 08'',20

Eau distillée stérilisée 20 gr. (Fernet).

30 centigrammes du liquide pour chaque injection.

Créosote de hêtre 1 gr.

Huile stérilisée 15 — (Comby).

1 à 2 centimètres cubes au maximum par injection; 3 ou 4 injections pour cerner la lésion.

On peut également employer :

Thiocol 1 gr.

Huile ou eau stérilisée 10 — (Schwarz).

Mêmes doses que ci-dessus.

Naturellement ces injections ne peuvent être recommandées que lorsque les lésions sont limitées et peu étendues, car autrement il faudrait véritablement larder le parenchyme pulmonaire. Une première contre-indication est donc l'absence de limitation des lésions ; une seconde résulte soit des réactions trop intenses que manifestent certains sujets, soit de Tabondance des hémoptysies (Gilbert).

Pour les injections, on se sert de la seringue de Pravaz, mais il faut introduire d'abord l'aiguille seule, afin de s'assurer qu'elle n'a pas pénétré dans un vaisseau, d'où pourraient résulter des accidents d'embolie ; il ne faut pas non plus se rapprocher des vaisseaux du hile ni enfoncer de plus de 3 à 4 centimètres.

Les effets de cette médication sont généralement très notables. L'injection elle-même détermine une douleur assez vive, profonde, produite par l'irritation des filets nerveux de la région, qui peut rester localisée, mais s'irradie souvent vers l'épaule, le cou, le bras. Les souffles et les râles, au niveau de l'injection; disparaissent d'abord, mais réapparaissent bientôt pour cesser ensuite ; parfois des râles fins indiquent une poussée congestive, ou bien les phénomènes inflammatoires revêtent le type d'une poussée pleuro-paeumonique localisée, avec râles crépitants, frottements, submatité ; dans tous les cas, l'inflammation provoquée ne dure pas plus de deux ou trois jours. Si l'injection a pénétré dans une ramification bronchique, on observe des quintes de toux pénibles et quelquefois le rejet, avec les crachats, d'une partie de l'injection. Consécutivement à ces effets immédiats, on constate la disparition des râles et des frottements, et la transformation des crachats qui cessent d'être purulents; il y a submatité, formation de cicatrice, etc.

Comme effets généraux, il faut d'abord noter une élévation de température qui dépasse rarement 39® et cesse généralement au bout de vingt-quatre heures ; elle s'accompagne de palpitations et parfois d'une aggravation de

la dyspnée; mais, ces accidents disparus, on constate une amélioration graduelle de l'état général, qui s'accuse après chaque série d'injections, en même temps que les réactions consécutives à cesinjections deviennent de moins en moins prononcées. Dans les cas les plus favorables, quand les lésions ne sont pas trop étendues et se montrent bien localisées, on obtient le relèvement des forces et de l'appétit, du poids du corps, la disparition de la fièvre, des sueurs, de la diarrhée. En somme le malade est sur la voie de la guérison, que viennent achever une diététique appropriée, le repos convenable, les cures d'air, etc. Mais il faut reconnaître que ces cas heureux sont encore relativement rares, car cette méthode n'est en général utilisée, en raison de la difficulté relative de sa technique, que quand les autres médications ont échoué, et alors les lésions se trouvent trop nombreuses et trop étendues pour que les injections intrapulmonaires aient un résultat certain.

' ces produits s'éliminent, sauf Tacide carbonique et rtains éléments biliaires, surtout par les urines, et l'on •mprend ainsi que ces dernières soient normalement >xiques.

A l'étal morbide, la toxicité urinaire varie dans de randes proportions ; c'est quand elle est le plus faible ue,bien souvent, le sujet est le plus gravement malade, oit que les produits toxiques restent en grande partie asolubles, soit que le rein devienne plus ou moins imperaéable ; au contraire, la défervescence dans les maladies ciguës, dans les infections, est accompagnée et même >récédée d'une décharge urinaire qui élève considérajlement la toxicité des urines. Naturellement, il est des ias où la production intraorganique des toxines et la toxicité urinaire suivent une marche parallèle.

On comprend, par les considérations précédentes, qu'il soit très utile de connaître la toxicité urinaire, qui provient en résumé de trois sources principales : l'alimentation et les fermentations gastro-intestinales, les produits accessoires de l'assimilation, enfin la désassimilation ou la destruction tissulaire. Plusieurs procédés ont été imaginés pour déterminer cette toxicité.

En première ligne, il faut mentionner le procédé de Bouchard, qui consiste à recueillir l'urine de vingt-quatre heures que l'on filtre et qu'on injecte sous une vitesse constante, dans une veine périphérique d'un lapin. L'anir

tii'i r L on divise la quantité d'urine introduite par le

'- l'animal. La dose mtortelle, ainsi fixée par kilo- , est une urotoxie. Chez l'homme normal, il faut iH'Ires cubes d'urine pour tuer un kilogramme ( ; ia totalité de l'uriae (1 200 centimètres cubes f (jtue donc 30 kilogrammes, et représente ainsi

(oxies. On obtient le coefficient urotoxique en divipar le poids du sujet le nombre des urotoxies de 4t-quatre heures. Le coefficient moyen est de 0,461. turellement, comme on l'a vu précédemment, les infeclons graves diminuent la toxicité urinaire pendant la

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période d'état, mais TaugmeDlentau moment où la défervescenee va s'établir ; de même, le régime lacté ou lactovégétarien diminue la toxicité, le régime carné et surtout l'abus de viandes, faisandées l'augmentent; l'augmentent aussi le travail cérébral intense et le. travail musculaire considérable, comme Tontmontréles recherches de Tissié et Sabrazès sur le coefficient urotoxique des cyclistes de la course Paris-Bordeaux, coefTicientqui atteint 2,35 (Roger;. On a objecté à ce procédé que la tension osmotique des urines est variable et que l'injection en proportion notable d'une urine à tension osmotique très forte dans les veines d'un lapin, doit modifier d'une manière correspondante ia tension osmotique du plasma sanguin aux dépens des globules, de telle sorte que l'urotoxie serait due en réalité aux variations de l'isotonie et pour une part seulement à l'action chimique toxique de l'urine. On a objecté aussi que, dans ce procédé, il n'est pas tenu compte du volume de l'urine qui fait évidemment varier dans une mesure considérable la toxicité urinaire, abstraction faite même de la différence de tension osmotique qui résulte de la concentration. Si on suppose qu'un homme émet dans 250 ce. d'urine la même quantité de matières toxiques qu'un autre homme dans 2 litres d'urine, le coefficient urotoxique de ce dernier sera naturellement beaucoup moins élevé que celui du premier, bien que, en réalité, l'élimination toxique soit la même. C'est en partie pour répondre à ces objections que Bouchard a cherché à déterminer le poids de la molécule urinaire élaborée moyenne, ce La détermination du poids de la molécule élaborée moyenne, dit Bouchard, est importante, non pour faire le diagnostic de la maladie peut-être, mais pour savoir quel degré de perturbation la maladie a apporté dans la nutrition, pour savoir surtout à quel point l'homme qui paraît sain, qui n'est pas encore ou n'est plus malade, s'éloigne de l'état de santé parfaite. Elle dira peut-être si une convalescence est franche ou si, derrière la guérison apparente, il ne reste pas quelque état pathologique latent. Elle pourra dire si

rhomme qui se croit et paraît être en santé n'est pas en puissance de quelque mal caché, comme la tuberculose, la syphilis, la néphrite ^. » Mais, comme le dit encore Bouchard ^, on ne voit pas actuellement les applications pratiques de la détermination de la toxicité des molécules élaborées moyennes.

Plus utile en clinique paraît être le coefficient de toxicité urinaire formé par le rapport des matières extractives à l'azote total de Turine que A. Robin substitue à la recherche des urotoxies. Que sont, en eflfet, ces matières extractives ? Ce sont les produits incomplètement élaborés qui, précisément, confèrent à l'urine sa toxicité plus ou moins forte, c'est-à-dire la créatine ou la créatinine, les corps xanthiques et sulfo-conjugués, les acides amidés et les amides complexes, les composés ammoniacaux divers, les matières colorantes, etc. , et occasionnellement les toxalbumines et les toxines vraies, ou pour parler plus exactement, leurs dérivés. Ces diverses substainces, dont la nature et les proportions sont variables suivant la maladie, suivant l'état de l'appareil digestif, du foie et du rein, déterminent, quand elles s'accumulent dans l'économie, pour une cause ou pour une autre, les phénomènes d'autointoxication. Le rapport des ex tractifs à l'azote total donne donc au moins d'une manière suffisamment approchée, et abstraction faite de l'acide urique, notamment, le coefficient de toxicité urinaire. On évite ainsi la recherche expérimentale des urotoxies et la technique relativement compliquée, et en somme assez délicate pour le praticien ordinaire, qu'elle comporte.

La notion de la toxicité urinaire et la connaissance des causes qui la font varier montrent toute l'importance qu'il convient d'attacher aux médicaments qui agissent sur l'élimination de ces substances toxiques, puisque ainsi ils dé-

1 . Bouchard : Traité de Pathologie générale : Troubles préalables de la nutrition, t. UI, p. 249.

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