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C. — GaiacoL

aQ gaïacol est le principe actif de la créosote de hêtre,

i en contient de 60 à 90 p. 100. On recueille la partie

i distille entre 200 et 205** G., mais ce produit est géné-

icment plus ou moins impur et on lui préfère parfois le

ïacol cristallisé synthétique. Le gaïacol naturel est un

luide incolore, à odeur aromatique; l'un et l'autre sont

îu solubles dans Teau, mais solubles dans l'alcool et les

ailes fixes.

Le gaïacol a les mêmes propriétés générales que la créoote, cependant il est moins irritant qu'elle quand il est )ur et possède un pouvoir anesthésique et antithermique narqué quand il est appliqué en badigeonnage sur la peau. Malheureusementl'action antithermique, qui se maaifeste de quinze à vingt minutes après le badigeonnage et dure plusieurs heures, s'accompagne de malaises et de sueurs très pénibles pour les malades, et la fièvre reprend d'ailleurs, après quelque temps, avec des frissons.

Le pouvoir antiseptique du gaïacol est voisin de celui de la créosote ; son équivalent toxique, déterminé par Main, est de \^\%1 par kilogramme vivant, pour le lapin et le cobaye, en injection sous-cutanée, à peine plus faible, par conséquent, que celui de la créosote. Le gaïacol est très rapidement absorbé par les muqueuses et la peau, et s'élimine surtout par les urines, sous forme de combinaison sulfo-conjuguée, qui leur donne parfois une couleur noirâtre. Une faible partie seulement du gaïacol (de 20 à 30 p. 100) est éliminée par les poumons.

On a utilisé l'action analgésique locale du gaïacol dans les névralgies, le rhumatisme, les douleurs inflammatoires, et spécialement l'orchite, mais il n'est plus guère employé comme antithermique. En revanche, on Ta subs-

titué à la créosote pour le traitement de la tuberculose pulmonaire, attendu qu'il est généralement beaucoup mieux supporté, et que les mêmes résultats cliniques peuvent être obtenus avec des doses plus faibles. Dans tous les cas, on observe une amélioration du chimisme respiratoire, la diminution du nombre des quintes de toux (Goldammer), des modifications dans Taspect des crachats et les bruits pulmonaires, le retour de Tappétit et le relèvement des forces. Les phénomènes d'intolérance et d'intoxication sont beaucoup plus rares qu'avec la créosote. On administre le gaïacol, à la dose de 0«%50 à 1 gramme par jour, sous forme de pilules ou en solution dans l'huile de foie de morue, qui est à recommander pour les enfants, et en injection hypodermique d'huile gaïacolée à 5 p. 100 à la dose de 1 à 4 centimètres cubes par jour.

D. — ThiocoL

Le thiocol ou sulfogaïacolate de potasse C^H.OH. CIPO. SO'K se présente sous forme d'une poudre blanche, fine, à saveur amère et salée, mais ayant un arrière-goût sucré, inodore, soluble dans 4 parties d'eau froide et dans 1 partie d'eau chaude ; ce médicament renferme 32 p. 100 de gaïacol suivant Schnirer, 60 p. 100 suivant Scharwz. Son grand avantage sur les autres préparations gaïacolées ou créosotées, c'est que, même à dose concentrée, il ne détermine aucune irritation sur les muqueuses et qu'il est très facilement absorbé. D'après Rossbach, 7:2 p. 100 du thiocol ingéré est résorbé, ce qui constitue un avantage appréciable sur les produits similaires. En outre, il n'est pas sensiblement toxique, puisque cet auteur put administrer à des chiens jusqu'à :20 grammes de thiocol et davantage par jour, sans déterminer chez eux aucun accident ou aucun trouble ; au contraire ces animaux augmentaient de poids. L'action sur le cœur et la circulation est à peu près nulle. Quant à

son pouvoir antiseptique, il ne paraît pas avoir faitTobjet de recherches spéciales.

Le thiocol agit par le gaïacol et par la combinaison sulfurée qu'il contient. Il a été préconisé non seulement dans le traitement des bronchites chroniques, delà fièvre typhoïde et des entérites, mais surtout dans celui de la tuberculose. C'est en Allemagne principalement que ce produit a été expérimenté ; en France, il est peu connu et mériterait de l'être davantage. Suivant Schwarz S le thiocol ne provoque jamais chez les tuberculeux, ni diarrhée, ni vomissements ; il augmente notablement Tappétit, améliore l'état général, accroît le poids du corps et diminue le nombre et l'intensité des accès de toux ; l'expectoration devient plus facile et les crachats purulents font place à des crachats séro-muqueux; enfin les sueurs nocturnes s'atténuent et disparaissent. Quand la fièvre existe avant le traitement, il n'est pas rare de lavoir cesser, sans qu'on ait employé aucun antipyrétique. Enfin, quand la tuberculose n'est pas trop avancée, on constate la diminution, puis la disparition des râles et l'atténuation de la matité.

Le thiocol s'administre à l'intérieur sous forme de cachets de Ob'^SS-Ok^SO, jusqu'à 6 et davantage pro die, ou de potions ; chez les enfants, il est bon d'employer des paquets de 08%20 que l'on projette, au moment de l'usage, dans une tisane chaude sucrée et aromatisée pour masquer le goût légèrement amer du médicament. En Allemagne, on administre des doses quotidiennes de 10-15 grammes de thiocol ; mais il n'est pas nécessaire de recourir à cette médication intensive ; de 3 à 5 grammes suffisent généralement pour obtenir des résultats satisfaisants. On emploie également le thiocol en injections souscutanées, dans un véhicule approprié (eau, glycérine, huile) soigneusement filtré et stérilisé, à la dose quotidienne de l^^SO à 3 grammes. Il n'y a jamais d'accidents inflammatoires ou toxiques.

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