CH'^ = 2GHI — 2HI
En conséquence, le diiodoforme est, de tous les dérivés de l'iode, à l'exception de l'iodoiTorme, celui qui renferme le plus d'iode et c'est à cette circonstance qu'il doit évidemment ses remarquables propriétés antiseptiques. En outre, comme il laisse dégager l'iode avec une grande lenteur, il ne provoque pas l'irritation des tissus, ne détermine que beaucoup plus rarement que l'iode et à doses beaucoup plus fortes les accidents de l'iodisme et enfin, loin de causer de la douleur, il semble, comme l'a constaté Mayet, exercer une réelle action analgésique, dans les hystéralgies, l'antéversion et la rétroversion utérines notamment et la métrite du col.
Les indications du diiodoforme sont les mêmes que celles de l'iodoforme, sur lequel il a l'avantage, comme il a été dit, de n'avoir qu'une odeur presque insignifiante. Hallopeau, Brodier et Regnauld Pont employé avec succès dans les chancres simples et les ulcérations chancreuses, dans les furoncles, anthrax, brûlures et pour l'antisepsie de toutes les plaies traumatiques ou chirurgicales. On saupoudre directement avec le diiodoforme ou bien, comme le conseille Bardet, on applique un tampon de coton hydrophile imprégné du produit. Dans les affections gynécologiques, on peut encore utiliser la pommade suivante ;
Diiodoforme 2b^5
Chlorhydrate do cocaïne OB'", 5
Huile d'olive 2 grammes.
Vaseline stérilisée 50 —
M. pour une pommade dont on induit des tampons que Ton peut laisser à demeure.
B. — TraumatoL
Le traumatol ou iodo-crésine, préparée par A. Kraus, est une combinaison d'iode et d'acide crésylique, qui renferme 54,40 p. 100 d'iode. C'est une poudre violâtre, insoluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool et l'éther, d'odeur médiocre, mais moins forte et moins tenace que celle de riodoforme. Bien que renfermant moins d'iode que ce dernier corps, le traumatol jouit cependant de propriétés antiseptiques presque égales ; en outre, il n'est aucunement irritant et ne détermine point d'accidents d'iodisme. Aussi doit-il être préféré à l'iodoforme, surtout chez les enfants, et peut-il être mis sur le même rang, à ce point de vue, que le diiodoforme.
Périer, Lyon^ Petit, Tison, Reynier l'ont employé avec succès pour le pansement des plaies opératoires et infectieuses, anciennes ou récentes, des ulcères variqueux, dés chancres mous et indurés et dans les dermatoses humides; d'ailleurs toutes les fois qu'il est appliqué sur des surfaces humides, son action curative est manifeste. Laumonier qui s'en est servi très heureusement pour le traitement de plaies de diverses natures avait cependant remarqué que le traumatol, après guérison, laissait des traces de tatouage mais un artifice de préparation a fait maintenant disparaître cet inconvénient.
On emploie le traumatol en poudre, pour saupoudrer les plaies ; on se sert également de vaseline traumatolée à 2,5p. 100, de glycérine et de collodion à 10 p. 100 de traumatol; il existe aussi des gazes Iraumatolées pour les
pansements ; enfin Ladevie, Tison et Kaminski ont préconisé Tusage de Tiodo-crésine à Tintérieur, dans la tuberculose au début, à la dose de 10 à 20 centigrammes par jour, sous forme de pilules, et ces auteurs ont constaté non seulement une tolérance parfaite, mais encore une notable amélioration dans les expectorations, le nombre de bacilles de Koch et l'état général des malades.
5° Formol et dérivés À. — Formol.
Le formol, formaldéhyde ou aldéhyde formique, CH'^O, bien que connu depuis longtemps n'est cependant entré que récemment dans la thérapeutique, en raison de ses propriétés antiseptiques très remarquables, et grâce aux recherches de Trillat, qui en permettent la préparation courante. Les solutions de formol du commerce sont à 40 p. 100. Le formol a une odeur très irritante ; il est soluble dans l'eau, coagule les albumines et tanne les tissus. Quand on concentre la solution, le formol se polymérise et donne du tri formol ou trioxy méthylène (CH-0)^, qui possède d'ailleurs les mêmes propriétés, et que l'on peut obtenir facilement, sous forme d'une poudre blanche insoluble dans l'eau froide, mais soluble dans l'eau chaude, en laissant évaporer la solution commerciale de formol.
Les expériences de Trillat, de Berlioz,- d'Aronsohn, de Schmitt, ont montré que le formol est infertilisant, pour les bactéries pathogènes, àladosede 0«%05p. 1 000, ce qui le place presque sur le même rang que le sublimé. Malheureusemsnt son pouvoir microbicide semble beaucoup moindre, puisque Berlioz et Schmitt ont constaté que la solution à 1 p. 1 000 ne tue les bactéries pathogènes qu'en six heures, et que la solution à 1 p. 100 exige encore une dizaine de minutes. Or cette dernière solution n'est pas supportée par les tissus. L'écart considérable entre le pouvoir désinfectant, le pouvoir microbicide et les pro-
priétés irritantes et caustiques du formol indiquent donc surtout ce produit pour la désinfection des instruments, des bardes, des locaux, d'autant plus que lesvapeurs de formol sont extrêmement bactéricides et ont • une tension qui leur permet de pénétrer très rapidement - (deux à quatre beures) tous les objets contenus dans les > habitations.
D'après Trillat et Berlioz, de Buck et Vanderlinden, là toxicité du formol est de 0,07 par kilog. chez le chien et O^^OS chez le lapin en injection intraveineuse, et de Qb^S en injection sous-cutanée. Quant aux vapeurs de formol, elles ne sont toxiques qu'à hautes doses, mais leur action irritante pour les yeux, les fosses nasales et la muqueuse bucco-pharyngienne en contredit l'emploi.
Le formol a été utilisé en chirurgie et recommandé par Le Dentu, Valude et d'autres. Winckel a également traité des vaginites et des endométrites blennorrhagiques et catarrhales par des injections vaginales et des cautérisalions du col et de la muqueuse intra-utérine avec de l'eau formolée. On emploie d'habitude des solutions de 1 à 2 p. 1 000. Toutefois il faut remarquer que, à cette teneur, la solution formolée est infertilisante, mais non microbicide. D'ailleurs à 2 p. 1 000, l'eau formolée est déjà très irritante.
Aussi le formol est-il aujourd'hui surtout réservé pour la désinfection en grand où il rend les plus appréciables services. Les pansements, les cotons en bandes et les compresses au formol se montrent d'une grande utilité, car ils sont toujours parfaitement stériles, et comme d'autre part le formol se trouve à l'état de triformol (1,5p. 100), dans les pansements de coton, et se régénère en aldéhyde formiqueau contact de l'humidité des plaies, il se forme un milieu antiseptique éminemment favorable à la guérison. En ce qui concerne la désinfection des bardes, objets de literie et logements, le formol tend à 'se substituer très avantagcusemant ou sublimé, car il est beau-
coup moins dangereux que ce dernier corps, il n'a qu'une odeur fugace, peut être employé sans difficulté et ne laisse aucune trace et que enfin la tension de ses vapeurs permet l'imprégnation, en quelques heures, des matelas, meubles, tentures, vêtements, etc., et par conséquent leur complète désinfection.
Berlioz a réalisé de la manière la plus heureuse l'antisepsie des voies respiratoires antérieures en faisant respirer aux malades des vapeurs diluées de formol, mais il y a échoué dans Temploî pour la tuberculose de pilules de triformol, car ce corps est trop irritant et n'a jamais pu être toléré par les malades.
B. — lodoformine.
L*iodoformine est un dérivé du formol qui peut être considéré comme un très bon succédané de l'iodoforme.
Ce corps contient 80 p. 100 d'iode ; il est insoluble dans l'eau, dansl'éther, dans l'alcool froid, faiblement soluble dans l'alcool chaud, soluble dans l'acétone. Chauffé à 100°, il se décompose en émettant des vapeurs d'iode.
C'est un antiseptique très remarquable dont les propriétés ont été étudiées par Bardet, Beynier et Dignat. Peu irritant, peu toxique, dépourvu de mauvaise odeur, il remplace avantageusement l'aristol et l'iodoforme dans le traitement des chancres, des ulcérations des muqueuses, des plaies suppurantes et des traumatismes chirurgicaux. Son action antiseptique puissante est due à l'iode et au formol que Tiodoformine dégage, mais en outre elle semble hâter la cicatrisation des plaies. Cette influence bienfaisante serait due, suivant Bardet, au formol qui parait jouir de la propriété d'exciter la vitalité des tissus. Il ne faut pas toutefois confondre, en raison de la similitude des noms, le produit qui vient d'être étudié di\ecViodofo7'mine Marquart qui n'est qu'un iodoforme rendu momentanément inodore par un procédé inconnu, mais qui, met-
tant riodoforme en liberté au contact des plaies, finit par incommoder le malade exactement comme Tiodoforme ordinaire, ce qui n'a lieu ni avec le diiodoforme, ni avec riodoformine.
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
Absorption 2
Acétopyrinc 254
Acide cacodyliquc 41
Acide collargoli(juc 269
Acide phospiioriquc 30
Adrénaline 179
Albumines solubles 9
Albumoses 10. 12, 13
Alcarnose 14
Alexines 199. 202
Amiboïsmc des neurones 221
Analgésiques 220
Aneslhésiques 220
Anesthésiques locauv 226, 232
Anticancéreux |séruni) 210
Antichoiérique (sérum) 214
Anticorps 199
Antidiphtérique (sérum) 200
Antilépreux (sérum) 210
Antipesteux (sérum 213
Antipneumococcif|ue (sérum) ... 210
Antipyrétiques i40
Antirabique (sérum) 210
Antirabique (vaccina lion) 217
Antirhumatismal (sérum) 210
Antisepsie. 260
Antiseptiques 200
Antistaphylococcique (sérum) ... 210
Antistreptococcique (sérum) ... 211
Antisyphilitique (sérum) 210
Antitétanique (sérum) 2u3
Antitoxines 198, lt>9, 202
Antituberculeux (sérum) 2l(i
Antityphique (sérum) 215
Antivenimeux (sérum) 208
Argent (dérivés de Tj 200
Argent colloïdal 209
Argeatamine 208
Argentate d ammoniaquo 270
Argonine 207
Aromatine 01
Arrhénai .ici
Arsynal 50
Aseptique (méthode) 201
Assimilation 1
Auto-intoxication V
Autopbagie 5
bactéricide (théorie) 196
Balancement organique 171
Behring-Houx (sérum de) ... . 200
Bouillon 107
Bouillons végétaux 107
Biirlureaux (méthode de) ... . 135
Cacodylates 41
Calntètte {sùrum de) 209
Cardine 190
C/iéroH (sérum de) IIG
Cilrophèue 256