Neiirolog. Cenfralhl., 1900, n
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p. 1000. On agite bien avec une baguette de verre et on verse sur un filtre fait d'un tampon de coton hydrophile. On débute par une injection de 1 centimètre cube du liquide ainsi obtenu et on va jusqu'à 10 centimètres cubes, dose maxima ; le traitement dure une vingtaine de jours et correspond à l'injection d'environ 100 centimètres cubes de la préparation.
En France, c'est aussi de la lécithine du jaune d'œuf dont on se sert, sous sa forme complexe. Côllevillequi,dès 1893, avait proposé de remplacer les injections de phosphate de soude et de glycérophosphates neutres, par des injections de jaune d'œuf, riche en lécithine, a utilisé ce qu'il appelle Y huile d'œuf, c'est-à-dire la solution de jaune d'œuf dans l'huile d'amandes douces : 100 grammes d'huile et de jaune d'œuf donnent 08%29 d*anhydride phosphorique ou 38%516 de lécithine, correspondantà08^40 d'acide phosphorique ordinaire, ou i^^,i& de phosphate de soude. D'après cet auteur, V huile rf'œw/" s'est montrée plus active que les glycérophosphates dans l'anorexie du lymphatisme et la neurasthénie ; mais il ne faut pas dépasser 5 centimètres cubes, en injections hypodermiques pro die y car, au delà, il se produit diverses perturbations et, notamment de l'énervement, de l'excitation, et, au point de vue urinaire, une diminution de la quantité d'urine émise, de l'urée et des phosphates. Colleville pense donc que l'huile d'œuf, — ou, en d'autres termes, la lécithine, — est très utile quand on veut frapper un grand coup et secouer l'organisme, mais que les glycérophosphates sont plus sûrs dans leurs effets, tout en jouissant d'une action plus limitée.
Tout récemment, Gilbert et Fournier, s'inspirant surtout des idées deDesgrez et de Zaky, qui affirment que la lécithine favorise l'assimilation de l'azote et du phosphore, ont administré la lécithine à des animaux de laboratoire à des doses de O^^IO à 08%20 longtemps prolongées, et ont constaté que ce traitement augmente très notablement le poids des sujets, surtout chez les jeunes, qui ont dépassé
de beaucoup et rapidement les animaux témoins. A la suite ces auteurs ont employé la lécithine dans le traitement de la tuberculose et des diverses maladies du système nerveux. Les résultats obtenus paraissent assez encourageants. Chez les tuberculeux présentant des lésions assez avancées, uni ou bilatérale, on a constaté une augmentation de l'appétit, du poids du corps et des forces, une diminution de la toux, de l'expectoration et, chose notable, des bacilles dans les crachats. Chez les neurasthéniques, l'amélioration est moins évidente, bien que l'on remarque une augmentation de l'appétit et de l'activité. En tout cas, la lécithine s'est toujours montrée absolument dépourvue de toxicité et de toute espèce d'inconvénient.
Lancereauxaaussi appliqué Tovo -lécithine aii traitement de diverses maladies où la dénutrition est grave ; dans deux cas de diabète pancréatique à une phase avancée, chez un jeune homme de dix-huit ans atteint de tuberculose osseuse avec dégénérescence amyloïde des reins et albuminurie abondante, chez deux enfants présentant un dépérissement considérable, les résultats ont été satisfaisants, car tous les malades ont augmenté rapidement de poids et leur état général s'est amélioré d'une façon très visible.
Lancereaux administre la lécithine pure à la dose de 20 centigrammes pour les enfants, de 50 centigrammes, pour les adultes, par jour.
Gilbert et Fournier ont utilisé la lécithine du jaune d'oeuf et l'ont administrée, par la voie sous-cutanée, à la dose de 08%05 à 0^%15 tous les deux jours, dans rhuile d'olive stérilisée, et par voie digestive, sous forme de pilules de 06'',10 à 0k',50. Danilewski, qui utilise, comme on sait, la lécithine pure, l'administre aussi peros, à jeun, à la dose de 08'",20 à O^^SO par jour. On emploie également diverses spécialités à base de jaune d'œuf et surtout d'extraits de cervelles de mouton, de veau et de porc, mais dans lesquelles les proportions de lécithine pure ne sont pas toujours exactement titrées.
J'ai pu, dans ces derniers mois, expérimenter la lécithine sur deux catégories de malades.
Chez les tuberculeux, les résultats ne sont que rarement favorables, en ce qui concerne l'exagération des échanges respiratoires, qui est fort peu abaissée. Il n'en est pas de même de la déminéralisation. En effet, avec la lécithine à la dose de 0»^80 à O^'^JS et jusqu'à 1 gramme par jour, l'élimination minérale a diminué, surtout celle des phosphates terreux, qui a baissé de 06%74 à 08',70 et 08',68, encore supérieure cependant à la normale (O^^BS). Cette diminution est peut-être attribuable à la seule influence de la lécithine considérée comme corps gras, puisque les corps gras sont des aliments d'épargne pour les phosphates. Cependant quelques malades ont légèrement augmenté de'poids et de force.
Chez les enfants scrofuleux et lymphatiques, les résultats ont été beaucoup plus nets. Sans que le poids ait varié sensiblement, l'état général s'est amélioré d'une manière remarquable. L'appétit, l'activité ont repris, les chairs sont redevenues fermes et rosées ; dans trois cas, des accidents ganglionnaires ont complètement disparu ; dans un autre cas, une leucorrhée rebelle a cédépromptementet n'a pas reparu ; dans un dernier enfin, l'impétigo a lui aussi disparu. Cependant le chimisme respiratoire n'a pu être déterminé en raison surtout de l'âge des petits malades, mais l'analyse urinaire a montré une amélioration des rapports d'échanges, qui se sont rapprochés de la normale, sans cependant toujours l'atteindre.
Somme toute, et bien que les observations cliniques ne soient pas encore très nombreuses, on peut admettre que la lécithine, considérée isolément et à l'état pur, est un excitant de la nutrition générale, principalement par le phosphore qu'elle contient et par l'action qu'elle exerce ainsi sur le système nerveux ; elle paraît donc indiquée surtout dans les états dépressifs. Toutefois ses effets, en dehors de l'inconvénient signalé par A. Robin et Bardet, ne semblent pas très supérieurs à ceux des glycérophos-
phates acides, ce qui se comprend puisque, en définitive, Tacide glycérophosphorique est le principe actif de la lécithine.
B. — Nucléines.
Les nucléines, découvertes en 1866 par Miescher, de Bâle, sont des protéides qui se présentent le plus habituellement en combinaison avec des albuminoïdes, pour constituer les nucléo-albumines ; elles forment la partie biologiquement la plus active des noyaux des cellules animales et végétales (chromatine spécialement) et se rencontrent, non seulement dans le lait (caséines), mais aussi dans tous les œufs et dans toutes les graines. Si Ton remarque que ces nucléines sont caractérisées par leur richesse en phosphore, lequel représente le noyau central autour duquel viennent s'agréger les bases xanthiques et les molécules albuminoïdes plus complexes, — on est porté à attribuer à la présence de ce phosphore le rôle capital que ces substances jouent dans les phénomènes d'assimilation et, partant, de nutrition et de développement. Et quand même cette hypothèse serait fausse, les nucléines n'en conserveraient pas moins l'importance métabolique considérable qui résulte nécessairement de leur présence dans tous les éléments chromatiques.
Suivant Kossel et Altmann, il faut concevoir de la manière suivante la constitution des nucléines, en partant des nucléo-albumines, lesquelles donnent par dédoublement de la nucléine et une matière albuminoïde. La nucléine à son tour se dédouble, d'une part en albumine, d'autre part en un complexus riche en phosphore, jouissant de la propriété acide et auquel Miescher a donné le nom d'acide nucléique. Traité convenablement, l'acide nucléique se dédouble encore en bases xanthiques ou nucléiques, — xanthine, hypoxanthine, guanine, adénine, etc., — et en acide thymique (thymus), lequel enfin, traité à l'ébullition par l'acide sulfurique, donne une base bien cristallisée.
la Ihymine, CWAz^O, et de Tacide orthophosphorique. La composition centésimale moyenne des nucléines est la suivante, d'après Bunge :
Az 13 à 15
Fe ....... 0,2 à 0,3
Cette composition indique qu il existe plusieurs sortes de nucléines, se distinguant les unes des autres par leur richesse en phosphore, et aussi par la présence du fer (hématogène).
Hoppe-Seyler avait basé une classification des nucléines sur les produits du dédoublement qu'elles donnent, et il les distribuait en conséquence comme suit :
1° Nucléines dont le dédoublement fournit de l'albumine, de rhypoxanthine et de l'acide phosphorique (nucléines de la levure, du pus, des globules rouges à noyau) ;
2° Nucléines donnant de l'albumine et de l'acide phosphorique (nucléines du jaune d'œuf, du lait) ;
3** Enfin, nucléines ne donnant que de l'hypoxanthine et de l'acide phosphorique (nucléines du sperme des poissons).
Comme il est facile de le voir, ces nucléines répondent, en réalité, les premières seules aux nucléines vraies, et les dernières aux acides nucléiques ; quant aux secondes, j'ignore comment Hoppe-Seyler a pu les déterminer de la sorte, attendu que Thématogène donne lui aussi, par dédoublement, des bases xanthiques ou nucléiques. Cependant ' certaines nucléines végétales, appartenant aux graines des céréales et des légumineuses, paraissent en effet ne pas donner de bases nucléiques, c'est-à-dire que l'acide phosphore correspondant à l'acide thymique des nucléines animales se combinerait directement avec des albumi-
nés, des globulines, etc., pour donner les légumines, les caséines, etc.
Mais ces faits sont loin d*être absolument démontrés et bien que Ton doive admettre une différence entre les nucléines végétales et les nuciéines animales, — différence basée surtout sur les développements respectifs et la nature des produits accessoires de l'assimilation, — il est difficile de dire, quant à présent, en quoi elle consiste et sur quel groupement moléculaire elle porte particulièrement.
Les nuciéines son t difficilement solubles dans l'eau froide, Téther, l'alcool, mais elles sont solubles dans les acides et surtout dans les alcalis étendus ; elles présentent un certain degré d'acidité et peuvent se combiner à la baryte pour former des sels. Miescher s'est basé sur la composition de ces sels, pour attribuer à la nucléine le rôle d'un acide tétrabasique, ayant pour formule C^'H^'Az^PH)^'- ; enfin, d'après Lubavin, les nuciéines décomposent les carbonates alcalins, en dégageant l'acide carbonique.
On a cru que ces substances sont difficilement attaquées par la pepsine et la trypsine, en milieu convenable. Maïs alors comment concevoir que la caséine du lait de vache ce lait renfermant surtout, en fait de matières proétiques, cette caséine, — laquelle est une nucléo-albumine, — se digère et s'absorbe totalement par les petits veaux à 1 p. 100 près à peine? Des expériences plus rigoureuses dirigées de ce côté ont en effet modifié considérablement nos idées relativement à la digestibilité des nuciéines.
Salkowski, le premier, je crois, s'est élevé contre les idées de Hoppe-Seyler relativement à la résistance de ces composés aux sucs digestifs, et a montré que les nuciéines, partiellement attaquées par le suc gastrique, sont transformées complètement par le suc pancréatique. Les expériences de Bovet, faites dans le laboratoire du professeur Pouchet, et celles, plus récentes encore, de Popoff, confirment pleinement les indications de Salkowski. Ces expériences, qui ontporté principalement sur des nucléo-albu-
mines végétales, prouvent que ces substances sont d'abord dédoublées dans le suc gastrique, où Talbumine se peptonise, et que la nucléine restante, après transformations successives, est digérée finalement dans le duodénum sous l'influence du suc pancréatique.
Ladigestibilité, désormais admise, des nucléines entraîne une conséquence des plus remarquables. Salkowski qui a démontré que près de 70 p. 100 du phosphore contenu dans ces matières, est absorbé, résultat confirmé par Gremlich, attribue à l'acide nucléique — et peut-être à l'acide thymique — ainsi mis en liberté, une action antiseptique très énergique à l'égard des bactéries intestinales. Altmann, d'ailleurs, a constaté qu'une solution de ces acides à 5 p. 100 lue les bacilles du choléra en deux à trois minutes, ceux de la fièvre typhoïde en une heure, les streptocoques en deux heures et demie et les staphylocoques en six heures. Toutefois Kossel estime, de son côté, que ces acides nucléiques exercent une action chimiotactique positive sur les leucocytes, qui, ainsi attirés dans le tube digestif, peuvent y exercer leur pouvoir phagocytaire. L'hyperleucocytose constatée cliniquement, à la suite de l'administration des nucléines spléniques d'Horbaczewski, paraît principalement dépendre de cette chimiotaxie, et aussi des propriétés nutritives évidentes de cette nucléine pour les globules blancs.
Plus difficiles à expliquer sont les propriétés diurétiques et pyrétogènes que l'on attribue aux nucléines. Peut-on établir un rapport entre elles, et l'élévation de température que l'on signale pendant lajournée qui suit l'administration des nucléines spléniques doit-elle être attribuée àTaction de ces substances sur les centres nerveux qu'elles excitent par trophisme? La diurèse serait, en quelque sorte, la conséquence de ces phénomènes et elle entraînerait à l'extérieur les produits de déchets organiques etles toxiques rendus solubles par oxydation. Kossel au surplus a noté une excrétion uratique assez intense, consécutivement à l'emploi des nucléines. Cette formation d'acide
urique provient de Toxydation des bases xanthiques des nucléines, suivant la formule :
C»H*AzH)2 + = C»H*Az*0»
xanlbine. acide urique.
Constatons enfin que les effets pyrétogènes, assez constants avec les nucléines animales, manquent avec les nucléines et les nucléoses végétales^ ce qui tendrait à faire supposer que ces corps présentent probablement une différence de composition assez grande.
Quant à l'action peptogène des nucléoses ( nucléo-albumines complexes des végétaux, nucléo-albumoses et nucléo-peptones) signalée en 1895 par Bovet, elle parait due aux diastases que ces substances renferment concurremment avec la graisse et le sucre, — les nucléoses étant la matière préparée des graines de légumineuses ou de céréales. Ces diastases, en effet, digérant, au dire de Bovet, les albumines, facilitent le travail de Testomac et au besoin le repos de l'organe, de telle sorte que la fonction glandulaire peut se rétablir ou s'améliorer, que les valeurs acide chlorhydrique et chlore combiné du suc gastrique sont augmentées et que le pouvoir digestif est accru. Toutefois, l'influence de ces diastases — et leur présence même — paraît bien problématique quand il s'agit de nucléines pures ou même de nucléo-albumines, et on peut se demander alors si cette action peptogène n'est pas due tout bonnement à l'acide phosphorique partiellement mis en liberté dans l'estomac, ainsi que Popoff l'a reconnu, — acide phosphorique qui donne très rapidement, avec les albumines alimentaires, des peptonesde qualité supérieure.
Heste à examiner la question de l'utilisation des nuclùines dans l'organisme. Ces nucléines, ou au moins certains ria leurs groupements les plus importants, contribuent-elles directement à la formation des nucléines de Torgariisme, ou bien ne fournissent-elles, à la suite de loiir complet dédoublement, que des matériaux élémen-
taires que l'organisme combine avec les albumines étrangères pour aboutir à la nucléine de ses noyaux cellulaires? La question est loin d'être définitivement tranchée. S'il faut bien admettre, avec Lambling, que, dans certains cas, les nucléines puissent prendre naissance en partant de simples phosphates minéraux, néanmoins l'utilisation physiologique comparative de ces phosphates et des combinaisons nucléiques phosphorées, prouve que l'organisme fixe plus volontiers, plus facilement, plus complètement ces dernières. Bien que les phénomènes de synthèse interviennent nécessairement pour la fixation de toute substance dans le complexus vivant, puisque chaque espèce fabrique ses matières vivantes propres et que, par exemple, la nucléine de rhomme diffère de celle de toute autre espèce animale, il est évident cependant, en vertu même du principe de la résistance minima, que le champ des opérations synthétiques eipbrasse de préférence les substances pour lesquelles la combinaison entraîne la dépense d'énergie la moins forte. C'est là ce qui explique que les matières minérales, par exemple, s'assimilent beaucoup mieux sous la forme organique que sous la forme inorganique, et ce principe, en conséquence, ne doit jamais être perdu de vue dans l'établissement des régimes, surtout quand il s'agit de malades. Au reste, les observations de Miescher et de Kossel, invoquées à tort en faveur de la fixation directe des matières minérales brutes, prouvent seulement que l'organisme est capable de restituer des nucléines complexes, en combinant certains groupements moléculaires des nucléines primitives dédoublées, — circonstance qui précisément rend compte de l'utilité de ce dédoublement sous l'influence des sucs digestifs.
Les diverses propriétés des nucléines ont conduit à des applications thérapeutiques qui, sans être encore très nombreuses, paraissent pourtant capables de devenir très étendues. Jusqu'ici les nucléines ont été utilisées sous quatre formes; je ne dirai rien des nucléines de levure^
poudres blanchâtres, dont raction thérapeutique encore incertaine paraît se confondre en partie avec celle des levures complètes, et qui peut-être confèrent aux extraits de ces dernières, les qualités spéciales qu'on leur attribue, — ni des nucléines sodiqtces^ produit presque soluble dans Teau et actuellement à l'étude, encore que les premiers essais n'aient été guère concluants. Je dirai donc seulement quelques mots des nucléoses et de la nucléine splénique.
Les nucléoses, nucléo-albumoses ou nucléo-peptones végétales, ont été préconisées par Bovet. Sous cette forme complexe, elles déterminent une augmentation notable du poids du corps, une amélioration du chimisme gastrique et une diurèse abondante. Dans les dyspepsies, dans les albuminuries, dans certaines cardiopathies, et principalement dans les cardiopathies artérielles, où l'insuffisance rénale et la toxémie alimentaire jouent, comme Ta montré Huchard, un rôle prépondérant, elles donnent de très bons résultats. Dans la tuberculose et les maladies consomptives, leur utilité est plus douteuse, car, d'après Bovet, elles peuvent produire, à l'état pur (nucléo-albumose pure), un amaigrissement; l'engraissement n'a lieu que si on les administre à l'état complexe, c'est-à-dire avec les hydrates de carbone, les graisses et les sels que renferment les semences végétales. Mais dans ce cas il est évidemment tout aussi pratique de recourir aux aliments naturels. Au contraire, dans la fièvre typhoïde, lanucléose pure a amené une amélioration immédiate et une guérison rapide, que Bovet attribue à l'action diurétique et antiseptique des nucléines. Ce résultat a été également observé avec la nucléine de la pulpe de rate et Strub dit à ce propos : (f Vaughan nous a rendu un grand service en nous montrant l'utilité de la nucléine dans la formation des corpuscules blancs du sang. La nucléine donnée à forte dose pendant la fièvre typhoïde augmente en effet le nombre des leucocytes et leur donne la force nécessaire pour combattre l'ennemi typhique et pour en débarrasser
le sang. » L'auteur fait donc ici intervenir, pour expliquer le résultat, Thyperleucocytose et l'augmentation du pouvoir phagocytaire qui en est la conséquence. Bovet prescrit la nucléose délayée dans du lait à la dose de trois à huit cuillerées par jour.
La nucléine splénique, préparée par Horbaczevirski, est une poudre brune, qui jouit, comme il a été dit, de propriétés pyrétogènes et provoque une hyperleucocytose qui peut aller jusqu'à 100 p. 100. En conséquence on l'a utilisée dans le lupus, mais sans succès cependant, car elle produit l'exacerbation de l'inûammation locale, et plus heureusement dans les ulcères variqueux chroniques de la jambe, dans les ulcérations syphilitiques étendues et rebelles, dans les ulcérations septiques des organes génitaux de la femme et dans l'endométrite. Dans la tuberculose, les effets sont encore discutés, quoique Vaughan recommande vivement ce produit; enfin, dans la fièvre typhoïde et dans quelques autres infections, les résultats obtenus sont, comme il a été dit, assez encourageants. Dans les maladies infectieuses, Mourek préconise la voie hypodermique; on peut injecter jusqu'à 10 ou 12 centimètres cubes d'une solution de nucléine splénique à 0»%5 pour 100 centimètres cubes d'eau distillée, additionnée de 0«%5 d'acide phénique; chaque centimètre cube contient 5 milligrammes de nucléine ; commencer par 4/2 centimètre cube. Dans la fièvre typhoïde, Strub préconise, non les solutions, mais les préparations sèches, bien conservées à l'abri de l'humidité.
En somme les nucléines qu'on les considère comme aliment (état complexe) ou comme médicament (état pur), sont sans doute appelées, en raison de leurs propriétés physiologiques, à rendre de grands services, mais les observations cliniques ou expérimentales ne sont pas encore assez nombreuses pour nous Gxer définitivement à cet égard. Il convient donc d'attendre avant de conclure. Pourtant il ne paraît pas téméraire d'espérer, par ce que nous savons déjà d'elles, que ces nucléines devien-
nent des agents thérapeutiques d'une efficacité certaine dans Tordre des phénomènes métaboliques et des moyens organiques de défense qui s*y rattachent.