‹ Les nouvelles de Miguel de Cervantes SaavedraChapitre 1 sur 53 · DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR

Dans ]a Notice sur la vie et les ouvrages de Cervantes^ qui précède ma traduction du Don Quichotte, je disais, en parlant des Nouvelles :

a Depuis les guerres de Charles-Quint, qifi leur ouvrirent la connaissance de la littérature italienne, les Espagnols s'étaient bornés à traduire les contes licencieux du Décaméron et des imitateurs de Boccace. Cervantes put dire dans son prologue : « Je me donne pour le ec premier qui ait écrit des nouvelles en espagnol, car celles en grand «c nombre qui circulent imprimées dans notre langue sont toutes tra« <K duites de langues étrangères. Celles-ci sont les miennes propres, non a imitées, ni volées à personne ; mon esprit les engendra, ma plume les ce mit au jour....» Il les nomma Nouvelles exemplaires (Novelas ejemplares), pour les distinguer des contes italiens, et parce qu'il n'en est aucune , comme il le dit lui-même , dont on ne puisse tirer quelque utile' exemple. Elles sont, en outre, divisées en sérieuses (sérias) et badines (jocosas). On en compte sept de la première espèce et huit de la seconde.

a Ce fut en 1612 que Cervantes publia les douze Nouvelles qui forment, avec les deux intercalées dans le Don Quichotte et celle (|u'on a retrouvée depuis, le recueil des quinze nouvelles qu'il avait successivement composées depuis son séjour à Séville (entre 1588 et 1603). Ce livre , qu'on qualifiait dans le privilège de « très-honnête passe-temps , où se montrent la hauteur et la fécondité de la langue castillane ,» fut reçu, en Espagne et à l'étranger, avec autant de faveur que le Don Quichotte. Lope de Yega l'imita de deux façons, en composant k son tour des nouvelles, très-inférieures k celles de Cervantes, et en mettant sur la scène plusieurs des sujets traités par celui-ci. D'autres grands auteurs dramatiques puisèrent à la même source , entre autres don

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