‹ Les nouvelles formules du matérialismeChapitre 14 sur 32 · VII · texte numérisé non relu

VII

On peut dire que plusieurs de ces philosophes, nous dirions, dans un langage très moderne, de ces c/iercheurs, ne distinguant pas dans la nature ce qui agit de ce qj.i reçoit l'action, se rapprochaient en tendance des « monistes » d'aujourd'hui. D'autres faisaient assez bien cette distinction :

Tout d'abord M. Jules Soury expose les travaux anatomiques les plus récents sur l'anatomie du cerveau et dans le premier paragraphe intitulé Anatomie cérébrale ; il les met en rapport avec les données de physiologie obtenues par l'observation et par l'expérience de tous les temps et surtout des quarante ou cinquante dernières années. Avec raison, il accorde à de tels travaux une importance considérable.

Je ferai tout d'abord une restriction nécessaire. Cette étude de l'encéphale et de la structure intime du système nerveux en général présente d'immenses difficultés. Elle est très loin d'être complète. Plusieurs des détails si nouvellement aperçus pourront n'être pas confirmés ultérieurement. D'autres détails en grand nombre ont nécessairement échappé aux actuels observateurs, malgré les ingénieux procédés de colorations qui les ont si heureusement aidés. Enfin il est peut-être illusoire d'attendre une étude anatomique suffisante de ce monde si complexe descel-

« Dicunt, ut scis, Sioici nostri, duo esse in verum natura, ex quitus omnia fiunf : causatn et materiam. Causa autem, id est ratio, inateriam formal. >) (Seneca, Epist. 63)

Celte induction est très exacte clans sa forme abstraite comme expression d'une corrélation bien aperçue dans les faits réels ; elle l'a été moins en se précisant dans le « spiritualisme » moderne oii les mots assez indéterminés causa et ratio ont été remplacés par la substance-esprit , qu'on accouple et qu'on oppose en même temps à la substance-matière. Ce spiritualisme ne peut tenir contre la critique scientifique armée des données les plus récentes de la science, la substance matière se résout en masse, force (ou énergie) ei structure moléculaire, sous les conditions universelles de temps et d'espace. La substance esprit n'est pas davantage un principe capable de nous expliquer à la fois les dessous et les corrélations des choses. Dans le fait, par exemple, des flots de la mer agités parle vent — ce fait étant réduit au drame somato-dynamique exprimé par ces mots — le mens de Virgile qui, suivant ce poète, agitai molem, ni l'esprit, ni aucun esprit n'est en cause. Il ne s'agit là que de la Force mal distinguée par Aristote et par ses successeurs — sous le nom de O'jvaji'.ç, — des causes, puissances de coordination, ou souverainetés individuelles. Cette confusion a duré jusqu'à présent. Il fallait pour la faire cesser tout le travail des physiciens de notre siècle au moyen duquel on peut préciser l'idée de force (représentée pour ces savants parle moi énergie), ']& me suis appliqué en divers écrits (*) et dans ce présent ouvrage à nettement distinguer la force ou l'énergie et le?, forces ou pulsions des causes de coordination créatrice, en d'autres termes des souverainetés individueles ou puissances dont le caractère apparent est ce qu'on nomme l'organisation, sans parler des autres puissances analogues ou supérieuresdont on peut constater les manifestations ou les produits dans la nature.

(*) Les décoordinations organiques, 1866, Les fonctions sup. du sypt. nerv. 1873, Le Problème, 1890).

Iules cérébrales et des conducteurs, organes de leurs rapports entreelles etavec le monde extérieur,avant quelamoitiéduxx^siècle ne se soit écoulée.

Si je fais cette remarque ce n'est point pour me plaindre du peu de documents que nous avons. Sur ce peu, nous pouvons déjà établir d'intéressantes théories, pourvu que nous sachions y joindre d'aussi précises données empruntées à d'autres sciences. Dès bien avant 1874 (date de la publication de mon livre Les fonctions supérieures du système nerveux) (1) je l'avais essayé ; et les travaux qui ont été faits depuis cette époque n'ont guère contrarié mes premières inductions.

Je ne ferai donc nulle difficulté de suivre M. Jules Soury sur ce terrain encore un peu mouvant des hypothèses psychophysiologiques, ne croyant pas plus qu'il ne semble le croire pour son compte, faire œuvre inutile, car de telles tentatives me paraissent très propres à susciter, et même pour une part, à diriger de nouvelles recherches soit anatomiques soit expérimentales.

Mais il est un point que je me propose plus spécialement de discuter ici, c'est la question de savoir si les derniers résultats présentés par M. Soury sont ou non favorables à sa conception générale de l'homme et de l'univers, s'ils confirment ou non l'hypothèse métaphysique appelée matérialisme.

Certes! l'illusion à cet égard est tenace et profonde, chez la plupart des philosophes de son école. 11 serait peut-être, de ma part, audacieux de concevoir quelque espérance de la modifier en son esprit.

Cependant nous sommes là en présence de faits et d'inductions scientifiques à examiner et à discuter. Nous pourrons le faire peut-être utilement, puisque je ne prétends m'appuyer pour déterminer mes idées et mes opinions, que sur les faits démontrés, ceux notamment mis à notre disposition parles sciences expérimentales.

Je laisse donc tout d'abord parler M. Soury sans me faire un scrupule de prendre largement dans le faisceau de renseignements qu'il nous donne :

« Il y a quelques années, dit-il, Turner (Edinbourg) et Waldeyer (Berlin) avaient montré l'importance d'une étude plus approfondie et vraiment philosophique, de la morphologie des circonvolutions cérébrales, non seulement pour la physiologie

Cl) J. B. Baillière, éd.

et la pathologie, mais pour la psychologie. Turner avait divisé le cerveau antérieur des animaux inférieurs en manteau (pallium) et en rhinocephalon, auquel appartient par sa partie inférieure, la /ossa sylvii. His, estimant que les anciennes divisions du cerveau antérieur et du cerveau postérieur devaient être réformées, vient de proposer une nouvelle classilication (1) où, en dépit de l'opposition du cerveau proprement dit (comprenant le cerveau antérieur, intermédiaire et moyen) et du cerveau du sinus ou fosse rhomboïdale {Rhomencephalon), comprenant avec le territoire du pédoncule cérébelleux supérieur, le cerveau postérieur et l'arrière-cerveau, on retrouve d'ailleurs toutes les grandes subdivisions. His appelle thalamencephalon et divise le cerveau intermédiaire en thalamus mésathalamus et épithalamus (ganglion, habenulœ, épiphyse) ; il divise le cerveau des hémisphères en corps strié, rhinencephalon et pallium. » « Mais c'est à Flechsig (Leipzig) qui, par le nouveau principe de division de la convexité du cerveau qu'il apporte, modifie le plus profondément les idées anatoroiques et physiologiques reçues jusqu'ici. La note préventive que ce savant vient de publier (2) ne contient encore que de brèves indications. Mais on voit déjà que, d'après lui, le cerveau antérieur des hémisphères doit être divisé en centres de sensibilité et centres d'association. Les uns et les autres ont sans doute des fibres d'association et des fibres calleuses ; mais, seuls, les premiers ont une couronne rayonnante, des faisceaux de projection renfermant des conducteurs centripètes et des conducteurs centrifuges : tels sont le faisceau sensitif, la voie des pyramides, les radiations optiques, le faisceau olfactif, le faisceau auditif, le faisceau fronto-protubérantiel, le faisceau des pédoncules cérébelleux supérieurs, etc. Ainsi les parties postérieures des circonvolutions frontales, les circonvolutions centrales, la sphère visuelle de la scissure calcarine, la sphère auditive de la partie postérieure de T, la sphère olfactive du gyrus hippocampi et de la partie inféro-postérieure du lobe frontal, sont des centres de sensibilité en rapport avec la périphérie du corps. »

a Au contraire, les centres d'association n'ont point de couronne rayonnante : ils sont exclusivement associés à d'autres

(1) His. Vorschlœge zur Eintheilung des Gehirns. Arch. f. Anat. und Phys., 1894.

(2) Ueber cio neues EintheiiuDgsprincip des Grosshirn-oberflâche. Neurol, Centralblalt, 1894, 674 sq. et 809. Cf., p. 807, la communicatioQ a'Adamkievicz.

centres de l'écorce cérébrale et doivent par conséquent avoir d'autres fonctions, dit Flechsig, que celles des centres de sensibilité. Ils forment quatre grands territoires strictement solidaires les uns des autres : le cerveau frontal antérieur, le lobe temporal, l'insula, le lobe pariétal postérieur. I^es systèmes d'association qui réunissent ces territoires à deux ou à un plus grand nombre de centres voisins de sensibilité sont beaucoup plus nombreux que les systèmes d'association qui unissent directement les sphères sensibles entre elles. »

« Si on prend garde que ces derniers territoires — les circonvolutions centrales, les sphères visuelles, etc., — ne reçoivent pas seulement des sensations de la peau, des muscles et articulations, des rétines, etc., mais réagissent et déterminent des mouvements appropriés des extrémités, du tronc et de la face, des yeux, des paupières, etc., on inclinera à croire que chacun de ces territoires corticaux possède son appareil moteur particulier, au moyen duquel il incite les mouvements de l'organe périphérique correspondant, mais ces mouvements seulement, de sorte qu'il n'existe pas en réalité une zone motrice, mais autant de zones motrices qu'il y a de centres de sensibilité. Or, ces voies nerveuses de projections n'appartiennent point aux centres d'association, qui ne peuvent qu'indirectement, par l'intermédiaire des neurones d'associations, exercer quelque influence sur les mouvements. Ces centres d^association incomparablement plus développés chez l'homme que chez les animaux, sont la marque la plus certaine de la supériorité du cerveau humain sur celui des autres mammifères. Ces centres se sont formés aux dépens de toutes les parties du cerveau. Ce sera l'œuvre d'une histoire comparée du développement cérébral de suivre, dans la série animale, leur apparition successive^ et d'acquérir ainsi une mesure exacte qu'il sera possible d'appliquer à la comparaison du cerveau de l'homme et des vertébrés en général. » (1)

Ces recherches nouvelles paraissent avoir donné, on le voit, des résultats du plus grand intérêt.

Ces centres d'association qui ont des fibres d'association et des fibres calleuses mais non une couronne rayonnante comme les centres de sensibilité, je les avais pressentis avant 1874 et appelés centres ou pôles de mouvements coordonnés.

(\) Eutin il ne s'agit plus de comparer seulemeot des poids et des volumes !

Dans le chap. III du VP livre des Fonct. sup. j'étudie d'abord la vision dans ses rapports avec l'étendue et avec la pensée, et je donne, pour la première fois, une théorie physiologique de la vision, complément indispensable de la théoi^ie physique de la même fonction, la seule qui se trouvât à cette époque dans les traités de physique et de physiologie, et qui n'atteint pas au delà des images rétiniennes, se refusant même à expliquer pourquoi nous voyons les objets droits, ces images étant et ne pouvant être que renversées 1

Cette théorie physiologique de la vision que j'exposais là, avec les explications, discussions et démonstrations nécessaires, peut être condensée en les quelques mots que voici :

La vision qui parait immédiate et directe du monde extérieur se fait par la formation, dans un lien de nos centres cérébraux, d'une image "VIRTUELLE de ce monde extérieur mis en rapport par nos yeux avec ce centre, au moyen des ondes lumineuses gui viennent affecter l'une et l'autre rétine.

Dans la vision binoculaire — ceci est prouvé par la très belle expérience du stéréoscope — cette image virtuelle est double et présente des parties non communes, ce qui permet à la conscience de saisir d'un seul coup la perspective et la profondeur, nous fournissant ainsi une conception immédiate de l'espace et de ses trois dimensions.

La théorie est suffisante et complète pour qui est en état de comprendre cet énoncé. Elle est susceptible d'un grand développement de détails, si l'on veut se rendre compte, en quelque sorte pas à pas, de l'ensemble des conditions organiques, dynamiques et rythmiques du fait général ; mais cette étude ne changera rien à l'essentiel de la théorie. Mon regretté frère, Charles Gros a étudié dans son travail sur la « mécanique cérébrale « les nécessités mécaniques (très complexes) de la transmission de l'impression rythmique rétinienne et de sa distribution dans les organes plus profonds, théoriquement conçus par la détermination des possibles de la fonction. Cette étude de mécanique pure des plus remarquables, et dépassant de beaucoup, en tant que méthode et comme résultats, la physiologie de notre temps, ne change rien à la corrélation aperçue constituant la théorie énoncée ci-avant.

Quant à la théorie psychologique de la vision, elle n'est ni faite ni à faire. La question est purement physiologique et ne se laisse aborder que par les moyens de la mécanique et de la physique générale. L'observation subjective ou psychologique

nous permet seulement de faire cette induction, que l'être en ce cas particulier de la conscience nommé la vision, ou représentation la plus immédiate en lui du monde extérieur, éprouve a la FOIS un nombre immense — et même si on lient compte des nuances et des intensités graduelles de la lumière — un nombre infini de sensations différentes.

C'est là le caractère différentiel absolu de ce qu'on nomme conscience chez les êtres organisés de façon à percevoir plusieurs sensations à la fois, caractère qui ne s'efface point pour les êtres d'organisation relativement simples, qui n'éprouveraient qu'une seule espèce ou variété de sensations, car dans celte seule espèce ou variété il n'est encore pas possible de méconnaître des différences d'intensité d'un moment à l'autre, donc une certaine multiplicité. Dire sensation c'est donc dire aussi, conscieïice{i).

Je parlais, dans le même chapitre du même livre, des centres secondaires ou corticaux, différents des centres conceptifs de la sensation périphérique : « La composition musicale se fait-elle dans les centres périphériques de V audition ? Nullement. Lorsqu'on entend la musique, les sons dans leurs rapports de rythmes, nous arrivent à V oreille tels qu'ils ont été formés et disposés ; l'oreille ne les change pas... n Le mot oreille ici souligné doit s'entendre comme le centre encéphalique primaire de l'audition. « Mais plus loin, plus profondément placé, je veux dire non en rapport direct avec la périphérie — se trouve lecentre auditif cérébral on centre des souvenirs auditifs qui s'est mis à l'unisson du centre périphérique (2).»

(!) Ceci n'est pas une théorie, mais la simple coustatalion immédiate d'un fait général absolument irréductible. Beaucoup de psychologues semblent méconnaître ce fait général, et font résulter la conscience d'autre chose qu'elle-même. Cela tient à ce que, sous ce nom de conscience, on confond des corrélations ou des fonctions très diverses et qu'on a surtout en vue le sentiment distinct du moi indivisible. Or, ce sentiment résulte en effet d'une suite d'opérations intellectuelles. Il est fonction de l'expérience et du savoir. A ce titre, il se produit chez les êtres à des degrés très divers, et en des conditions dont la comple-xité varie. Ce n'est pas ici le lieu d'en faire l'analyse.

(2) L'importance de celte observation parement, psychologique, au point de vue de [a. physiologie neuro-encéphalique et de Vanalomie elle-même des éléments nerveux et de leurs connexions, avait complètement échappé, en 1874, à l'attention des physiologistes et des philosophes. Elle semble leur échapper encore. Comme tous les faits de psychologie pure, la facile expérience, si onpeut ainsi parler, peut être refaite à tout moment, non seulement par les savants, mais encore presque par tout le commun des mortels de tout âge et de tout sexe. Nous ne pouvons changer (en état de santé normale) nos représentations périphériques. Je ne puis, à voioulé, me faire apparaître ua

« C'est dans ce « sens ce're'bral » que s'inscrit le souvenir de la me'lodie entendue, c'est aussi là que la mélodie nouvelle se crée, ou du moins s'inscrit dès qu'elle est créée, ou au fur et à mesure qu'elle se crée. »

sphinx, ni une sirèoe, ni un centaure bondissant autour de moi dans la chambre où j'écris, ni me donner aucune autre hallucination de ce genre, je ne puis voir l'Antiope du Corrège, que je me rappelle parfaitement, suspendue en sa bordure dorée à ce mur, que je vois « réellement » comme dirait la langue vulgaire, ou périphériquement pour employer un terme plus physiologique et plus exact.

Si je me découvrais un jour ce pouvoir, cène serait pas sans appréhension sur le bon état de mes centres cérébraux. Il est vrai, que par certaines pratiques on peut produire un tel état pathologique. —On sait par quels terribles moyens les sorciers atteignaient jadis ce but — et cela se voit encore de nos jours, bien que rarement. Et ne se procure-t-on pas de singulières phantasmagories, avec un peu de hachich ! Auguste Comte, sans celte drogue dangereuse, évoquait à son gré la vision de la « sublime prolétaire » Sophie Bliotet d'une demoiselle qu'il avait beaucoup aimée et dont j'ai oublié le nom ; mais ce philosophe fut, comme Pascal, un illustre malade.

Dans ces cas divers où rhallucination est provoquée, elle est aussi subie comme les images des rêves ; et le moi conscient et volontaire n'en fait pas du tout ou n'eu fait que bien faiblement ce qu'il veut.

Bien plus, en ces cas d'hallucination proprement dite, la magnifique faculté d'imagination est comme suspendue en tout ce qui n'est pas l'image morbide où toute Vattentian se concentre.

Au contraire, cette action souveraine du moi sur nos souvenirs cérébraux n'a d'autres limites que celles du trésor même de notre mémoire et de la valeur de la faculté inventive, propre à tous les hommes et que chez tel ou tel on nomme ^e«ie quand ses manifestations extérieures provoquent notre admiration ou notre étonnement.

Palais d'Aladin, châteaux en Espagne et autres féeries ne nous coûtent ou semblent ne nous coûter rien. Si la sensation souvenir se prête à tous nos désirs, il n'en est pas de même de la sensation périphérique I Cela peut paraître fâcheux ; mais si nouspouvions réaliser sensoriellement ainsi tous nos désirs, que devieudrait la vie réelle, mettant en relation notre âme a"ec les autres âmes, avec les lois de la nature et avec toutes choses? La source même de nos désirs — nobles ou non — se trouverait ainsi tarie, et notre développement vers quelque irrécusable supériorité serait, par cela même, impossible. Donc, la Nature — disons la nature avec ou sans majuscule pour ne froisser personne — ne fait pas trop mal ce qu'elle fait.

Ces considérations — digression justifiable — ne sont pas ici à poursuivre ; mais je dois marquer de signes formels les possibles anatomioues se déduisant des simples remarques psychologiques ci-dessus rappelées. On est conduit, pour correspondre aux fonctions psycho-cérébrales étudiées, à reconnaître les nécessités suivantes :

10 II existe un lieu central dans le cerveau où s'exerce la conscience commune de toutes les sensations périphériques |et autres, (sensationssouvenirs), et d'où rayonnent les impulsions multiples et coopérantes soumises à la volonté du moi dirigées ou gouvernées par ce moi.

a L'existence des centres tactiles analogues ne pourrait faire l'objet d'un doute même a priori, lors même qu'une foule de faits pathologiques et physiologiques ne la démontreraient pas parfaitement. »

« Ces centres sont extrêmement nombreux et variés ainsi que ceux où s'impriment des actes musculaires accomplis dans un ordre déterminé ; c'est précisément dans leur sein que nos mouvements les plus complexes trouvent les dispositions complexes aussi de leurs directions ; c'est au moyen de ces sensations tactiles et locomotrices que nous pouvons faire indéfiniment, sans études nouvelles, des choses apprises et fixées par de longues habitudes. »

« C'est ainsi que tous les jours, quand nous marchons, soit pour éviter un danger, soit pour atteindre un but, les arrangements intérieurs des éléments qui composent ces centres de locomotion, nous permettent de mener notre trajet, suivant des courbes très complexes et de résoudre d'instinct des problèmes qui, étudiés en mode abstrait, exigeraient les plus longs calculs et les constructions géométriques les plus difficiles. »

En l'absence de toute localisation précisée des facultés spéciales, excepté celle de l'articulation des mots parlés et du centre où se coordonne cette articulation, bien distinct des centres inférieurs gouvernant chacun des mouvements élémentaires de cet acte coordonné, j'avais déjà, en 1874, construit une théorie complète de ces facultés spéciales et des centres de souvenirs correspondant à chacune d'elles. Cette théorie avait pour base expérimentale les faits pathologiques où certaines de ces facultés disparaissent seules, toutes les autres persistant, et — ce qui doit jouer un grand rôle dans toute théorie — la considération des

2° Ce centre suprême est en communication directe avec tous les tracés rythmiques des sensations souvenirs et des mouvements coordonnés constituant les facultés spéciales.

S^' L'action efficace et spécifique de la volonté normalement distribuée aux centres multiples cérébraux de l'ordre des souvenirs, n'est transmise par nuls conducteurs spéciaux aux centres sensoriels périphériques où se font es représentations immédiates du monde extérieur en présence des objets de ce monde extérieur.

4" Cependant ces représentations fixées à l'état de rythmes inscrits en ces centres périptiériques de conception immédiate sont reliés au centre suprême par des conducteurs afférents bien que non etférents.

On peut représenter synopliquement ces divers rapports de la manière suivaate :

possibles géométriques et mécaniques relatifs aux f.iils d'expérience en cause. Je traite celle question de physiologie psycholo-

[Les neuro-aiialomistes devront trouver qiipliine jour le véritable dispositif correspoiidaulàces coO(litioGS*,;i iroins qu'iiae Ihéijrie inr-illeure ue groupe autrement les l'iiil:; et u'y fasse apTcevoir des cooilitioos diiréreutes coucordaui avec les arrauj,'etiieuls orgainijntis découverts et Qettemeut ilisceioés.

Quelles que soieul, en ce uinuient, les opiuloiis préeouçues des iuvesligateurs physiologistes ou psycliologue^, ilsaicorderont qu'uue question est tout au moius Ijieu posée dans l'essai de tliéorie ii;i présenté, et les luatérialistes eux-mêmes, s'ils le déJaii^ueut, auront quelque peine à justifier, par des raiso is scleutitiques, i-.c Jélaiu exprimé ou tacite.

* Ces rapports peuvent être de grou()e à groupe, de neurone à neurone, de neurone à groupe, etc.]

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