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CHAPITRE VII

Neuro-anatomie. — Nouvelles déterminations sur la structure des centres cérébraux. — Centres de sensibilité et centres d'association prévus sous les noms de centres de sensations-souvenirs et pôles de mouvements coordonnés. — Les neurones. — Théorie physiologique de la vifion normale. — Caractère différentiel et absolu de la conscience sensorielle. — Corrélation des centres sensoriels périphériques et mnémoniques. — Action très différente de l'être conscient et volontaire sur ces deux ordres de centres. — Théorie des inscriptions rythmiques, ou physique physiologique des divers genres et espèces de mémoire. — Revendications justifiées. — Classification générale des centres subordonnés de la vie dans le système uévraxique et ganglionnaire. — Distinction entre les fonctions psychiques et les fonctions organiques cérébrales. — Le siège de l'intelligence n'est pas encore anatomiquemenl déterminé. ■ — La cellule nerveuse, ou plus exactement le neurone, est un èlre individuel vivant, sensible et réacteur, c'est-à-dire rudimentairement conscient, et en même temps organe quant à la conscience souveraine. — L'hétérogénéité fonctionelle et topographique de l'écorce cérébrale a été déjà démontrée vers le milieu de notre siècle. — Corrélations de la physique générale, de la psychologie, de la physiologie et de la métaphysique. — Détermination de l'idée de fonction en général et particulièrement en neuro-physiologie.

Ayant écrit les précédents chapitres sur le matérialisme — soit moderne, c'est-à-dire du dernier siècle, soit contemporain, celui-ci différant aussi peu de l'ancien que l'autre, et tous se réduisant à la même hypothèse métaphysique, sans caractère même de bonne conjecture scientifique, ou plus exactement encore au même parti-pris, je songeais à m'enquérir des auteurs de notre temps où pourraient se trouver des faits ou des arguments nouveaux en faveur de cette doctrine, arguments et faits tirés surtout de recherches physiologiques.

Or, voici que M. Jules Soury vient de publier dans la Revue générale des sciences pures et appliquées, recueil nullement inféodé,

paraissait-il, à l'une ou à i'aulre de nos écoles pliilosophiques, un véritable manifeste mate'rialiste, sous le prétexte d'une « revue annuelle de psychologie physiologique (1). »

Je ne sais vraiment si ces mots inatéinalisme , matéynaliste, suffisant à exprimer les convictions de sa prime jeunesse, plaisent encore à M. Jules Soury, et s'il n'e'prouve pas comme quelques autres philosophes le besoin de les changer. Sans doute changer les mots, c''est toujours en quelque chose changer les idées, c'est mettre son esprit en présence de rapports un peu différents ; mais en la question présente, il ne s'agit pas de contester que l'ensemble de corrélations combinées en l'esprit de M. Jules Soury, par exemple, ne soit à divers égards différent de celui qui a pu se produire en l'esprit de La Meltrie ou de d'Holbach. Je prétends seulement que, parmi ces rapports d'idées abstraites, ceux par lesquels se caractérise la doctrine dite matérialiste, tfssén^2e/A' par conséquent à cette doctrine, n'ont guère changé non seulement depuis le xviii* siècle, mais même depuis Epicure (2).

(1) La Revue des sciences se défend même, par une « note de la Rédaction, » de vouloir aborder aucune question par le oôlé métaphysique. La couleur verte de sa couverture semble la rattacher, il est vrai, aux positivistes dont les publications affecteot souvent cette couleur, mais il serait puéril sur un si faible indice de lui attribuer des tendances formelles et surtout exclusives, vers la philosophie d'Auguste Comte.

(2) En réalité, les anciens philosophes classés comme matérialistes et les pères même du matérialisme : Leucippe, Démocrite, Epicure, le poète Lucrèce (Lucretius Carus), Galien, et beaucoup de stoïciens étaient très peu matérialistes. Esprits libres, savants, comme on pouvait l'être à leur époque, et très Imaginatifs ils faisaient des inductions de leur mieux sur la « nature des choses. » Ils créèrent ainsi, il est vrai, des formules que les matérialistes modernes peuvent revendiquer, mais dont le sens n'est plus exactement le même qu'autrefois, la valeur totale et profondj des mots s'élant modifiée, ils avaient le droit de ne point distinguer ce que les sciences ne nous permettent plus de confondre aujourd'hui. Quelques-unes de leurs inductions de physique générale (biea plus que de métaphysique) sont demeurées incontestables, surtout si on les interprète dans un sens plus précis qu'ils ne les pensèrent. On peut citer l'aperceptiou claire de la discontinuité de la matière (atomes de Leucippe), le de nihilo ni/ni, in nihihim nilposse reverti (de Lucrèce) et des stoïciens : « Neque materia sine uiia vi, neque vis sine uUa materia» (Cicéron, Académie Poster, lib. 1, c.

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