‹ Les nouvelles machines marines, supplément au Traité des appareils à vapeur de navigation (volume 2)Chapitre 5 sur 83 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

La nouvelle théorie de la chaleur remonte en réalité à Tidée des cycles d*opérations, c*est-k-dire à la considération du travail effectué par un corps auquel on fait subir une suite de dilatations ou de contractions, tantôt en le soumettant k Faction alternative de sources de chaud et de froid, tantôt en Tabandonnant à Ini-mème, et qu'en définitive on ramène à son premier état. Or, ridée des cycles d'opérations est due k Sadi Carnot, ancien élève de rÉcole polytechnique, et simple officier du génie, qui Ta exposée et commentée, en se plaçant d'ailleurs au point de vue de la matérialité du calorique, dans un opuscule publié en 1824, sous le titre : « Réflexions sur la 'puissance motrice du feu. » Ce travail, resté longtemps inconnu, est devenu mémorable depuis la création de la théorie qui nous occupe.

Dix ans plus tard, Tidée des cycles fut reprise par Clapeyron, qui y ajouta le mode de représentation graphique fort répandu aujourd'hui, et qui revient du reste k construire théoriquement des diagrammes analogues k ceux que l'ingénieux indicateur imaginé par Watt permet depuis longtemps de relever sur les machines k vapeur en marche. — A l'idée si neuve et si féconde des cycles, vint se joindre bientôt le fait considérable de V équivalence ewive la chaleur et le travail mécanique, découvert en 1842 par le D' Mayer de Heilbronn, en Allemagne, et démontré irréfutablement par les expériences du célèbre physicien anglais Joule, de 1843 k 1845. C'est en groupant ces deux ordres d'idées tout k fait distincts et en les reliant par l'analyse, que Clausius, en Allemagne, Rankine et W. Thomson, en Angleterre, sont parvenus k jeter, de 1849 k 1851, les bases définitives de la nouvelle science, qui a reçu le nom de TMorie mécanique de la chaleur ou de Thermodynamique» Le champ de cette science a été depuis notablement agrandi par les travaux de MM. Uîrn, Combes, Zeuner, Résal, Verdet, Bourget, Briot, Reech, Moutier, etc.

En général, la théorie actuelle de la chaleur est présentée sous une forme purement analytique. Quelques auteurs k peine y ont introduit des considérations d'ordre mécanique, en partant de la supposition d*un certain mouvement vibratoire des particules de la matière, d'où naîtraient en nous les sensations de chaud ou de froid. Cette manière de procéder. n'a pas été sans rencontrer des adversaires décidés. Ceux-ci sont allés jusqu'à proscrire d'une manière absolue l'étude de la Thermodynamique partant d'une hypothèse quelconque sur la nature de la chaleur.

Cependant, la conception de l'état vibratoire des atomes des corps conduit avec une si parfaite logique a l'explication des faits constatés expérimentalement, qu'il semble impossible que la théorie de la chaleur, basée sur cette conception, ne soit pas appelée k un grand avenir, et, en particulier, ne devienne point le véritable lien de la Chimie k l'Analyse mathématique. D'ailleurs, la supposition dont il s'agit est non-seulement rationnelle, mais encore elle est la conséquence forcée de tout ce qui constitue la

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