‹ Les nouvelles machines marines, supplément au Traité des appareils à vapeur de navigation (volume 2)Chapitre 6 sur 83 · PRÉFACE. III · texte numérisé non relu

PRÉFACE. III

Science moderne dans ses principales branches: Mécanique rationnelle. Physique, Chimie, elc. Et en effet, on admet aujourd'hui que tous les phénomènes de la nature, en dehors des faits biologiques, ne relèvent, en définitive, que de deux éléments : la matière et \2l force. Ces deux éléments sont soumis à deux grandes lois fondamentales : Tune est Vindestructibilité de la vuttière^ d'où il résulte que les corps ne sauraient jamais s'anéantir, et peuvent seulement se transformer en d'autres substances. La seconde loi consiste dans le principe des forces vives : elle est en Dynamique ce que la première loi est en Chimie ; elle établit que la force vive et le travail mécanique ne sauraient jamais disparaître, et que ces quantités peuvent seulement se transformer en d'autres quantités de leur espèce. D'une inépuisable fécondité, elle donne le secret des phénomènes dynamiques les plus complexes, résultant de la transformation mutuelle de forces vives et de travaux de différentes sortes au sein des systèmes matériels vibrants.

Cela posé, à moins de se refuser à tout raisonnement, comment expliquer le principe de l'équivalence mécanique de la chaleur autrement que par rhypothèse de l'état vibratoire des atomes des corps? comment concevoir que la production d'un travail mécanique à la suite d'une déperdition de calorique, soit autre chose que la transformation de forces vives inhérentes à des mouvements insensibles à notre vue? Rejeter une semblable hypothèse, c'est nier toutes les bases de la Science moderne, et particulièrement les principes fondamentaux de la Mécanique rationnelle; mais ce n'est pas tout que de nier, sous prétexte qu'à un même phénomène il y a moyen d'attribuer une infinité d'origines, il faut réédifier, et alors faire cadrer tous les faits connus et expérimentés avec de nouvelles doctrines. Nous laisserons ce soin à ceux qui veulent systématiquement condamner la chaleur à demeurer un agent inconnu et mystérieux, dont il n'est pas pertinent de sonder la nature.

En résumé, selon nous, le moment semble venu de présenter au public industriel la théorie mécanique de la chaleur comme la conséquence naturelle de l'état vibratoire des corps : c'est le meilleur mode pour frapper l'esprit des ingénieurs par des considérations d^ordre cinématique, qui rentrent dans leurs études habituelles.

Qu'on ne s'y méprenne pas, la Thermodynamique est en général complètement inconnue du personnel dirigeant des usines et des appareils des navires a vapeur. La forme métaphysique et en quelque sorte idéale sous laquelle on l'a présentée jusqu'ici, ses formules difficiles à saisir malgré leur simplicité apparente, et qui, en outre, n'ont pas un sens pratique immédiat, tout concourt à éloigner les constructeurs et les mécaniciens de Tétude de la Thermodynamique. Aussi cette science n'a-t-elle contribué en rien aux perfectionnements dont les machines et vapeur ont été l'objet dans

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