‹ Les nouvelles machines marines, supplément au Traité des appareils à vapeur de navigationChapitre 60 sur 89 · SP · texte numérisé non relu

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ces menus. Le procédé qu^on emploie partout dans ce but, consiste dans la fabrication des agglomérée, L^usage de ce produit se répand de plus en plus et la fabrication des agglomérés, qui a pris naissance en France, s'est développée avec une rapidité sufQsante pour répondre à tous les besoins. Les opérations que subissent les charbons pour être agglomérés, améliorent leurs qualités; et actuellement, les agglomérés sont préférés aux charbons en roche.

Les agglomérés ont habituellement la forme de parallélipipèdes rectangles à angles arrondis, que Ton nomme briquetles. Ces briquettes sont formées de houilles en poussière ou menues, agglutinées sous forte pression, à l'aide d'un ciment, combustible lui-même. — Grâce à Tagglomération, non-seulement les houilles en poussière ont pu être utilisées pour les chaudières à vapeur, et transformées en charbon de première qualité ; mais les houilles en couches minces alternées avec des couches de schistes ont pu être très-avantageusement utilisées; il a suffi pour cela de les débarrasser, par un lavage, des éléments étrangers. Par ce procédé, les charbons des diverses variétés, transformés en agglomérés, ont acquis une grande valeur commerciale.

La fabrication des agglomérés comprend trois opérations principales. La première opération consiste dans la séparation des menus d'avec le charbon en roches de grosseur suffisante pour être employé tel quel, et dans le mélange des diverses qualités de charbon. Tout ce qui passe à travers la grille de 3 à 5 centimètres de mailles, convient à la fabrication des agglomérés; ce qui ne passe pas à travers ces mailles, peut être employé à l'état naturel. — Les menus sont ensuite séparés du poussier à l'aide de tamis en toile métallique k mailles très-rapprochées, et un lavage mécanique permet d'amener les deux produits du vannage à un grand degré de pureté. Les menus d'un volume appréciable sont ensuite soumis au broyage entre deux cylindres, dont l'un est cannelé et l'autre uni ; on obtient ainsi du charbon en grains.

La deuxième opération consiste dans Tagglutination du charbon en grains et du poussier, à l'aide d'une des trois substances suivantes : le goudron, le braU gru, c'est-à-dire le goudron débarrassé d'environ 25 p. 100 de matières volatiles, et le brai sec, c'est-à-dire le goudron débarrassé de la moitié environ des matières volatiles qu'il contient.

Les deux premières substances sont aujourd'hui à peu près complètement abandonnées ; elles communiquaient aux agglomérés une odeur bitumineuse prononcée ; leur combustion était accompagnée d'un développement de fuméo très-épaisse et d'une formation de suie engorgeant rapidement les courants de flamme. L'agglutination du charbon en grains ou en poussier, se composant de 0,75 de charbon maigre et de 0,25 de charbon gras, avec 8 p. 100 de braisée, donne des briquettes très-appréciées. Fabriqués dans ces conditions, les agglomérés ne se ramollissent pas à la chaleur de 50<», et conservent une bonne cohésion si on la leur a donnée au moulage. Le malaxage, on mélange du charbon avec le brai sec préalablement broyé, s'effectue à chaud, au moyen d'un courant de vapeur d'eau.

La troisième opération comprend la compression du mélange dans des moules ermés ou dans des moules ouverts. Les appareils à moules fermés, dus à MM. MarsaiSy Mazeline et Révolier, permettent de porter la pression jusqu'à 150 atmosphères; ce sont les appareils le plus généralement employés. Chaque échan-

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iillon de briquette est d*un poids variant de 5 à 10 kilog., et il est important que le degré de compression auquel sont soumises les briquettes, ne soit pas inférieur à 40 ou 50 Idlog. par centimètre carré de surface, car au-dessous de ce chilTre, toutes choses égales. d^ailleurs, la briquette perd beaucoup de ses qualités.

Arrimés à la main, les agglomérés ont un poids à Tencombrement considérable, ce qui est un avantage précieux pour la marine.

Outre cet avantage, il est reconnu que, comparativement au charbon en roches de même provenance que les menus qu'on a fait entrer dans la composition des briquettes, ces dernières présentent les avantages suivants : 1" allumage plus rapide ; 2** production de vapeur un peu plus abondante et plus uniforme; 3** combustions spontanées beaucoup moins fréquentes; 4* corrosion des chaudières par les gaz sulfureux nulle si le lavage a été bien fait. Les briquettes sont acceptées par la marine militaire dans les conditions

suivantes :

a Les agglomérés devront être durs, sonores, homogènes, peu hygromé-

triques, à peu près dépourvus d'odeur ; ils seront fabriqués avec des menus de

bonne qualité, au moyen de l'adjonction de 8 p. 100 de matière agglomérante.

Cette dernière substance sera le brai sec, c'est-à-dire le résidu du goudron

dont on a enlevé kO p. 100 de mjatières volatiles. « Le poids des agglomérés ne dépassera pas 8 kilog., leur densité moyenne

ne devra pas être inférieure à 1,19, et dans aucun cas le menu provenant des

brisures ne pourra dépasser 5 p. 100.

« Les briquettes devront s^allumer facilement et brûler avec une flamme vive

et claire, sans se désagréger au feu, et en ne produisant qu'une fumée grise et

légère. Elles ne devront pas être inférieures, sous le rapport de la quantité

d'eau vaporisée par kilog. de combustible, aux charbons naturels de bonne

qualité, et la proportion des cendres et des résidus ne devra pas dépasser

Résultats des essais des eharbonso — Depuis une vingtaine d'années, de nombreuses expériences ont été faites dans nos ports pour rechercher les houilles françaises susceptibles d'être acceptées par la marine, et pour déterminer les valeurs relatives de ces diverses houilles. Dans le principe, les qualités des produits de nos houillières étaient peu connus, et les commissions de recette établies dans les cinq ports faisaient procéder à de nombreuses expé* riencesà la chaudière d'essai (n"* 166^ du G^. Traité). Ces expériences ont été continuées jusqu^en 1872, chaque fois qu'un charbon était admis en recette ; mais une dépêche ministérielle en date du 17 juin 1872 a prescrit de les réduire dans de fortes proportions, parce que les documents recueillissent maintenant suffisants pour éclairer sur la valeur des combustibles français. On se contente de faire de fréquentes épreuves de calcination, d'incinération et de cohésion ; les épreuves à la chaudière d'essai ne se font que de temps en temps, tous les trois mois environ, ou lorsque des combustibles nouveaux non expérimentés sont expédiés à l'essai.

Le tableau ci-joint donne les résultats moyens des essais faits dans les ports

sur les charbons de diverses provenances.

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