‹ Les nouvelles machines marines, supplément au Traité des appareils à vapeur de navigationChapitre 77 sur 89 · S «» *S CD · texte numérisé non relu

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460 ENTRETIEN DES CHAUDIÈRES. — N« 78t

diffère peu de celui employé en France. Les ordonnances de Tamirauté qui régissent la matière, sont sensiblement les mêmes que celles émanant du ministère de la marine française, que nous venons d'analyser. La seule différence consiste en ce que la pression d'essai des chaudières en service doit être double de la pression de régime, et que les essais des chaudières déjà vieilles doivent être faits tous les six mois.

Le mode de procéder aux épreuves à froid des chaudières et les précautions à prendre pour le refoulement de Teau dans les générateurs, sont expliqués en détail au n» I6O4 du G^ traité^ et peuvent se résumer ainsi qiTïl suit :

Dans les divers ports, les ateliers de la Direction des constructions navales et Tatelier central de la réserve, disposent de pompes foulantes spécialement destinées à ces épreuves; ces pompes sont munies de manomètres étalons du système Bourdon et d'un tuyautage permettant de les mettre facilement en communication avec les chaudières à éprouver. Le plus habituellement, cette communication est établie par un trou de sel, en remplaçant la porte autoclave en fonte de la chaudière, par une porte en tôle munie d'une tubulure sur laquelle vient se raccorder le tuyau de refoulement de la pompe de compression. Ces portes font partie de Toutillage de la pompe.

En cours de navigation, la pompe à incendie peut remplacer la pompe de compression, si la pression d'épreuve ne dépasse pas 6^* par cm. c. ce qui est le cas le plus habituel. On peut aussi employer le petit cheval lorsqu^il est manœuvrable à bras, et cela, pour toutes les pressions.

Quoi qu'il en soit, la pompe étant disposée, on fait d'abord le plein complet de la chaudière en ayant eu le soin de maintenir la soupape d'arrêt parfaitement fermée ; en même temps, la soupape de sûreté est tenue ouverte ainsi que le robinet de purge de la boite de cette dernière soupape. Lorsque Teau sort par ce robinet de purge on le ferme, on cale la soupape et on établit la communication du manomètre étalon avec le tuyau de refoulement de la pompe. ^ Si la soupape de sûreté est disposée sur la partie la plus élevée du générateur, tout l'air a été expulsé-, et en pompant pendant quelques instants avec célérité, le manomètre ne tarde pas à indiquer la pression d'épreuve.

Comme la pression monte très-rapidement, il est important de ne pomper qu'à petits coups afin d'éviter les coups de bélier, surtout à partir du moment où la pression atteint celle du fonctionnement normal. Dès que le manomètre marque la pression d'épreuve, on ne fait plus pomper que pour maintenir cette pression, qui tend à tomber par le fait du gonflement de la chaudière.

Si le générateur est déjà affaibli, il est prudent de laisser un peu d'air dans le sommet. On met beaucoup plus de temps pour atteindre la pression d'épreuve, mais la chaudière fatigue beaucoup moins.

Les parties des chaudières qui s'usent le plus rapidement sont : les enveloppes, principalement dans les fonds et à la hauteur du niveau de l'eau; les culottes des cheminées; la partie supérieure des courants de flamme; les côtés des fourneaux et les fonds des cendriers; les fonds et les parties supérieures des boites à feu.

En France, lorsque les visites sont faites par les soins de la Direction des

constructions navales, deux trous sont percés dans chaque feuille de tôle composant la chaudière, et les parties, dont Tusure atteint ou dépasse le cinquième de répaisseur de la tôle lorsqu'elle était neuve, sont changées. Dans les visites fréquentes faites à Tintérieur des chaudières, on doit s'attacher à examiner avec soin les tirants, les entretoises et les points d^attache des tirants, principalement celles de ces parties placées à la hauteur du niveau normal de Teau ; ces pièces sont le plus habituellement recouvertes d'une couche d^oxyde trèsépaisse, qui peut faire croire au premier abord, à une très-forte épaisseur de matièrei alors que le métal est réduit à presque rien.

Bî* '78, ESnlèTement des dépéto saillis ou ffralsseux* -—

L'un des soins les plus importants pour assurer le bon fonctionnement des chaudières, leur conservation, et obtenir une bonne utilisation du combustible, consiste à maintenir Tintérieur des générateurs dans un parfait état de propreté..

Le nettoyage intérieur des chaudières est un travail très-long, pénible et ingrat, qui semble grossier et qui nécessite pourtant un grand soin de la part des hommes qui Texécutent. Certaines précautions, énumérées en détail au n* 181t du Xj^ traité^ sont indispensables pour mener à bien l'opération qui nous occupe. Lorsqu'on ne dispose que de marteaux, de pinces aciérées et de grattes, on parvient, à la longue, à nettoyer les faces planes des lames d'eau ainsi que les enveloppes et les ciels de fourneaux ; mais le nettoyage des tubes présente de grandes difficultés et mérite une sérieuse attention.

Lorsque tous les tubes sont fixes on emploie avec avantage, pour ce nettoyage, soit la chaîne Joublin^ soit la courroie Lambert dont il est parlé plus loin.

Certains mécaniciens ont employé un procédé plus expéditif et beaucoup moins fatigant, qui consiste, les chaudières étant vides, k allumer sur la grille un feu très-vif qu'on entretient avec des copeaux et autres matières donnant une longue flamme. La dilatation des tubes fait casser le sel qu'on entend craquer et qui se détache par plaques. Ce procédé est peu recommandable, car si l'on chaufie trop, la dilatation des tubes ébranle les joints sur les plaques de tète et on risque en outre de brûler les rivures de la boite à feu.

Un système fondé sur le même principe, mais beaucoup plus pratique, consiste à chauffer chaque tube séparément et par parties, au moyen de mandrins en fer d'un diamètre de 6'" environ, et de 30*" à 40*" de longueur. Ces mandrins sont soudés à des tringles de 2** à 3'* de diamètre et de longueur suffisante pour pouvoir atteindre la boite à feu. On les fait chauffer à la forge jusqu'au rouge et on les promène ensuite dans les tubes; par le fait de la dilatation des tubes, l'enveloppe de sel se brise et tombe dans le fond des chaudières, d'où elle est enlevée au moyen de petits rouables par les portes autoclaves. Avec une forge descendue dans la chambre de chauffe et trois mandrins, on peut facilement nettoyer une douzaine de tubes par heure, soit un peu plus d'un foyer par jour. L'homme qui manie le mandrin est averti par le craquement du sel que Teffet est produit et qu'il peut avancer son outil.

Ce procédé de nettoyage est assez recommandable; il est expéditîf et il a le grand avantage de ne pas obliger les hommes à séjourner dans les chaudières, ce qui est très-malsain, surtout dans les pays chauds. Uhomme qui manœuvre le mandrin doit avoir soin de ne pas le laisser trop longtemps à la mèine place, car une trop grande dilatation des tubes pourrait faire détacher les rivures des plaques de tête ; aussi doit-il avancer son outil dès qu'il a entendu le craquement du sel.

Les dépôts graisseux qui se forment dans les chaudières alimentant des machines munies de condenseurs à surface, demandent pour leur enlèvement des soins analogues à ceux que réclame l'enlèvement des dépôts salins. Il importe notamment de s'assurer de Tétat de Pair dans l'intérieur des chaudières avant de permettre à des hommes de s'y introduire. Ensuite il conviendra de boucher, à Taide de tampons, les débouchés des tuyaux qui viennent aboutir dans l'intérieur des générateurs, afin d'éviter qu'ils ne soient obstrués par de l'oxyde ou des paquets de graisse. Cela fait, on fera gratter avec soin toutes les parties accessibles en enlevant les graisses à mesure. Les parties hautes dans le voisinage du niveau normal, les ciels des foyers près des boîtes à feu et le fond des chaudières, sont les points où se forment en général les plus fortes couches.

Les tubes sont très-difficiles à nettoyer directement, aussi après avoir enlevé groMo-modo la plus grande partie des graisses que l'on a pu atteindre, l'enlèvement des dépôts graisseux dans l'intérieur des chaudières pourra être complété en fermant d'abord les diverses portes autoclaves, puis le trou d'homme après avoir fait le plein à l'eau douce et avoir introduit dans la chaudière une certaine quantité de potasse et de soude caustique. On chauffera jusqu'à l'ébullition en laissant la soupape de sûreté ouverte pendant un certain temps, de manière k déterminer une agitation du liquide destinée à produire la saponification des graisses. Lorsqu'on supposera ce résultat atteint, on fermera pendant un temps la soupape de sûreté de manière à obtenir une pression suffisante pour faire une extraction complète.

Lorsque les chaudières sont pourvues de tubes démontables, ces derniers sont enlevés et facilement nettoyés sur le parquet de chauffe ; quant aux tubes fixes, leur nettoyage devient relativement facile, car les grattes, les demi-lunes ou les pinces sont introduites par les trous des tubes démontés.

Chaîne Joublin, — Cette chaîne, représentée par la fig. 27, pi. Vin, est destinée à détacher le sel qui se dépose sur les tubes des chaudières. Il existe deux espèces de chaîne : Tune droite, l'autre hélicoïdale.

Fig. 37, Dans la chaîne droite A, tm« 1% les maillons a en acier trempé, sont installés à la PI viu Vaucanson et placés alternativement sur deux et sur trois de front. Ces maillons sont taillés de chaque côté en queue d'aronde, et présentent ainsi deux pointes qui avec le milieu de la face droite intérieure, sont sur un arc de cercle dont le diamètre est celui des tubes des chaudières. — La chaîne se passe en sautoir sur trois tubes rf, comme le montre la vue k; et Ton gratte ainsi trois

demi-tubes à la fois. Pour passer la chaîne, rextrémité de celle-ci est munie d^un cordon b que l'on manœuvre au moyen d'un crochet c. La chaîne devant être passée sur les trois tubes d^, d^ d^ par exemple, le cordon b est descendu en fr| puis le crochet c est passé dans Tintervalle b^ et va prendre le cordon b en dessous du tube d| et le remonte. Le double est gardé en b^ et le bout libre est descendu dans le même intervalle ; le crochet c reprend ce bout audessus du tube d,, et le remonte dans Tintervalle b^. On laisse aller le double b^ et on le retient seulement en fr^, en laissant retomber le bout libre dans ce dernier intervalle, d'où il est repris par le crochet en dessous du tube d, et remonté dans Pintervalle 64. Le double b^ étant abandonné, on tire sur le cordon b^ jusqu'à ce que l'extrémité de la chaîne vienne en main. Il n'y a plus alors qu*à tirer alternativement sur les deux bouts de la chaîne, en la faisant glisser sur toute la longueur des tubes, pour détacher le sel qui les recouvre.

Pour les parties avoisinant les courants de flamme, où l'homtne ne peut pas être placé directement au-dessus des tubes, il faut installer des retours, comme pour la courroie Lambert dont il est question ci-après. — Lorsque les moitiés des trois tubes sur lesquels la chaîne est en prise sont nettoyées, on repasse la chaîne en avançant d'un rang de tubes, et ainsi de suite; on arrive de cette façon à nettoyer complètement tous les tubes, sauf ceux des rangées extrêmes. Pour ces derniers, on emploie plus spécialement la chaîne hélicoïdale, Ai j vue 2*.

Les maillons ai de cette chaîne ont la même forme que ceux de la chaîne droite ; mais il n'y en a que deux à chaque rang, en avançant toujours d'un maillon sur le même côté. De cette façon la chaîne peut être enroulée sur le tube et y faire un tour et demi sans que les maillons se rencontrent. Voici comment on passe la chaîne hélicoïdale, sur le tube e par exemple. Le cordon de la chaîne est descendu dans Fintervalle/*, rttc4°; le crochet descendu dans l'intervalle /,, prend ce cordon en dessous du tube e, et le remonte. Le double étant gardé en/",, le bout est redescendu ; le crochet engagé en/", dans l'intervalle le reprend au-dessus du tube e, et le remonte. Le double est lâché en /*, et conservé seulement en/". Le bout libre du cordon est de nouveau redescendu par Tinvalle ^ repris comme la première fois en dessous du tube c, et remonté dans l'intervalle /i. On lâche alors le double en /*, et on tire sur /l, le cordon fait un tour et demi sur le tube, et est remplacé ensuite par la chaîne qui vient k l'appel du cordon, et qui prend la position représentée par la vue 3°. — La chaîne est alors manœuvrée en tirant alternativement par chacune de ses extrémités, et en la faisant glisser sur toute la longueur du tube.

La chaîne hélicoïdale est très dure à manœuvrer ; aussi ne s'en sert-on que pour les tubes des rangées extrêmes que la chaîne droite ne peut nettoyer complètement. On comprend même que la chaîne hélicoïdale devient inutile si, pour les tubes des rangées extrêmes, on installe des retours pour que l'un des cordons de la chaîne droite sorte par le trou de sel voisin.

Bien que la chaîne droite soit d'une manœuvre plus facile que la chaîne hélicoïdale, elle n'en exige pas moins l'emploi de deux hommes. La résistance qu'ils doivent vaincre est toujours assez grande pour qu'ils ne puissent pas s'apercevoir immédiatement de la disparition du sel sur les tubes, de sorte

qu^on est exposé à frotter ces derniers à nu, et par suite à les raguer fortement. — La chaîne Joublin débarrasse promptement les tubes du sel qui les recouvre, mais il faut opérer avec la plus grande circonspection.

— Cet outil, qui a été réglementaire pendant quelques années, est actuellement remplacé par les courroies Lambert,

Comvole liambert. — La courroie Lambert, fig. 28, jd. VIII, destinée à remplacer la chaîne Joublin, est d'une manœuvre plus commode que cette dernière, et offre plus de sûreté pour les tubes.

Fig. 28, — Sur une courroie en cuir A, terminée par deux poignées B, destinées à PI. VIII. recevoir des cordons, sont rivetées des griffes en acier trempé a, vues 3*" et 4", contre-tenues, de Pautre côté de la courroie, par de petites plaques en fer a!, vue 5<».Les griffes a ont leurs bords, dans le sens de la longueur de la courroie^ relevés à angle droit; ces bords ont été creusés par trois coups de tiers-point, et forment ainsi quatre dents, vue 6**, dont les angles intérieurs sont abattus en cbanfrein, pour former une arête vive. — Bien que la courroie soit droite, Télasticité du cuir permet de lui faire exécuter un tour complet sur le tube, et en tirant alternativement sur les deux extrémités, les griffes détachent le sel. Les vues 1* et 2** montrent la courroie installée sur un tube; cette courroie se passant, d^ailleurs, au moyen de ses cordons et d'un crochet, d'une manière analogue à ce que nous avons expliqué pour la chaîne Joublin. — Les colliers C^vue 7**, portant les poulies de retour (;,sont passés, sur deux tubes des rangées horizontalesextrèmes,runenhaut, Pautre au bas. Ces colliers peuvent glisser sur les tubes, mais ils sont retenus par des cartahus 1, 2, faisant retour sur des tirants ou des entretoîses. Les cordons &, fixés aux poignées 6 de la chaîne, sont tirés obliquement par les hommes, au lieu d'être tirés verticalement comme dans la chaîne Joublin. L'un de ces cordons, celui du haut, est tiré vers Tarrière de la chaudière, tandis que celui du bas, qui sort par un trou de sel, est tiré vers l'avant. Il résulte de Taction opposée de ces cordons bj que la courroie glisse un peu sur le tube à chaque traction ; le tube ne risque donc pas d'être coupé. De plus, l'action oblique des cordons empèctie les deux bouts de la courroie de mordre l'un sur l'autre. — Pour les tubes placés au milieu du faisceau tubulaire, le cordon inférieui est en outre tiré très-obliquement par rapport à la façade de la chaudière ; les chapes des poulies c sont ÎL émerillon, ce qui leur permet de toujours s'orienter convenablement. Pour les parties des tubes qui avoisinent les plaques de tête avant, il est nécessaire d'installer un deuxième retour pour le cordon inférieur b, placé en dedans de la chaudière, à l'ouverture du trou de sel. — On fait avancer la courroie sur le tube en embraquant les cartahus 1, ou en leur donnant du mou selon le besoin.

La courroie Lambert, déjà préféraJ)le à la chaîne Joublin au point

de vue de la facilité de la manœuvre et de la sécurité pour les tubes, est d'une construction beaucoup moins dispendieuse, et peut d'ailleurs èti'e facilement réparée et même confectionnée à bord.

A.ppajreil Roivland. — Le ramonage des tubes des chaudières au moyen irécouviilons, est une opération qui demande beaucoup de temps et qui, par suite, n^est pas sans présenter de graves inconvénients, lorsquUl est nécessaire de Teifectuer sous vapeur. La production de vapeur est presque nulle dans la chaudière sur laquelle on opère ; de plus, Tair froid qui pénètre par les portes des bottes à tubes nuit au tirage, détermine une combustion imparfaite et occasionne des contractions préjudiciables à la conservation des appareils évaporatoires. Il importe, par suite, d'effectuer le ramonage sous vapeur avec la plus grande célérité. Pour atteindre ce résultat, on emploie, depuis quelque temps déjà, le ramoneur à vapeur connu sous le nom d'appareil Rowlland,

Cet appareil se compose d'un tube en caoutchouc vulcanisé, portant à Tune de ses extrémités un raccord en bronze pouvant se visser sur la tubulure d'un robinet ou d'une soupape de prise de vapeur; l'autre extrémité du tube est terminée par une lance en cuivre avec manche en bois. Le robinet ou la soupape de prise de vapeur est fixé sur le coffre à vapeur de la chaudière, et le tuyau en caoutchouc est vissé à son poste chaque fois qu'il y a lieu de procéder au ramonage. La longueur du tuyau doit être telle que l'on puisse atteindre tous les tubes de la chaudière avec la lance.

Lorsque Ton veut effectuer en marche le ramonage d'un corps de chaudière, on dispose un échafaudage avec une planche mise sur deux seaux à escarbilles, en regard du groupe de tubes sur lequel on veut opérer; l'appareil étant vissé sur la tubulure de prise de vapeur, un homme se place au robinet ou à la soupape, et un autre saisit à la main le manche en bois de la lance ; puis, ayant ouvert la porte de la boîte k tubes, ce dernier monte sur l'échafaudage et introduit Textrémité de la lance successivement dans chacun des tubes, en commençant par la rangée supérieure. L^homme placé à la manœuvre de la prise de vapeur ouvre l'obturateur et le ferme presqu'aussitôt, dès que le pre* mier l'avertit que la lance est introduite dans un tube. Le jet de vapeur chasse la suie du tube et la projette dans la boite à feu.

Le ramonage se fait très-rapidement k Taide de l'appareil Rowland^ et ne présente pas le moindre danger lorsque les deux hommes chargés de la manœuvre s'entendent bien-, en outre, il n'est pas nécessaire de laisser tomber le fourneau correspondant au groupe de tubes à ramoner. Les inconvénients de ce mode d'opérer sont d'occasionner une dépense de vapeur et de projeter de la suie sur le pont ; mais le premier de ces inconvénients est largement compensé par le fait de la moins longue durée de l'opération.

Lorsque l'on est très-pressé, on peut opérer sans faire fermer la soupape ou le robinet pour chaque tube; l'homme muni de la lance se tient un peu à distance de la boîte à fumée, et fait passer rapidement la lance en regard de chaque tube en procédant horizontalement, et en commençant par la rangée supérieure. — Dès qu'un groupe est ramoné, on ferme la boîte à tubes, ou m. '^0

remet en activité le fourneau correspondant, puis on procède au ramonage d'un nouveau groupe.

N^ 78, Confier vatiou des chaudières sur les bAtimento désarmés* — LorsquMn bâtiment passe de la position d'armement à celle de réserve ou de désarmement, le personnel mécanicien est conservé à bord après le débarquement du reste de Téquipage, et cela jusqu'à ce que les machines et les chaudières aient été visitées et placées dans le meilleur état possible pour assurer la conservation de ces appareils. Cette opération constitue ce que Ton appelle la mise en réserve de la machine et des chaudières.

Pour placer les chaudières en position de réserve, on commence par procéder au ramonage de la cheminée, des tubes et des courants de flamme, ainsi qu'an nettoyage des fourneaux et des cendriers. Puis, on ouvre les chaudières et on enlève avec soin les dépôts et les incrustations de tous genres existant à r intérieur, en prenant à cet effet toute les précautions énumérées précédemment.

Les cheminées doivent être grattées avec soin, puis peintes au minium ou au gris de zinc tant à l'intérieur qu'à l'extérieur; elles sont ensuite recouvertes de leur capot, en ayant soin de s'assurer que ces derniers sont parfaitement étanches. Les tuyaux d'échappement sont également recouverts de capots étanches. — Les boîtes à feu et à fumée, les conduits de fumée et les foyers sont également grattés et peints comme la cheminée; quelquefois, au lieu de la peinture, on se contente de frotter un bouchon gras sur les parois des foyers après qu'elles ont été bien nettoyées.

Les divers robinets des chaudières sont démontés et rodés, s'il y a lieu ; il en est de même des diverses soupapes. Ces organes sont ensuite remontés après avoir été préalablement huilés, ainsi que leurs divers organes de manœuvre. Les divers tuyaux aboutissant aux chaudières sont grattés et maintenus tels quels extérieurement ; intérieurement ils doivent être parfaitemeol asséchés ; à cet eifet, on enlève une clef de robinet ou l'on casse un joint vers la partie la plus basse des tuyaux pour qu'ils puissent se vider entièrement ; puis, Ton fait au besoin un joint plein sur le parcours des tuyaux établissant la communication entre l'intérieur des chaudières et la mer, afin d'éviter les infiltrations.

On peut même, si on le juge nécessaire, laisser une partie de ces tuyaux démontée, afln que, dans le cas où la fermeture incomplète des robinets laisserait suinter un peu d'eau, cette eau puisse tomber dans la cale sans séjourner dans les tuyaux. Dans le cas où l'on prendrait cette dernière détermination, il faudrait faire un joint plein sur Textrémité du tuyau attenant à la chaudière, à moins qu'il n^existe un obturateur permettant d'empêcher l'air de pénétrer dans le générateur. — Les autres tuyaux, tels que ceux d'alimentation, de conduite de vapeur, et, en général, tous ceux qui ne communiquent pas avec une prise d^eau, demeurent entièrement montés après qu'ils ont été asséchés et que leurs soupapes ou robinets ont été rodés.

Quand les chaudières sont parfaitement nettoyées et asséchées intérieurement, les soupapes et les robinets rodés et les tuyaux vidés, on procède à leur fermeture. Plusieurs procédés sont actueliement en usage pour empêcher

Foxydation de Pintérieur des générateurs. CSes procédés sont : I» la fermeture à Tair chaud, connue sous le nom de procédé Rabourdin ; 2"* la fermeture à la chaïUL vive ; 3** un procédé mixte consistant dans remploi simultané des deux premiers modes de fermeture.

Le procédé Rabourdin consiste à expulser de l'intérieur des chaudières l'air qui s'y trouve, et à le remplacer par de Tacide carbonique. Voici comment on procède pour atteindre ce résultat. Les chaudières étant préparées comme nous TaYons dit plus haut, les divers robinets et soupapes aboutissant à la chaudière étant fermés, leurs organes de manœuvre sont amarés afin que, par inadvertance, on ne puisse les ouvrir. Les trous d'homme et les portes autoclaves sont disposés pour qu'on puisse les fermer simultanément ; et, à cet effet, les tresses sont mises sur les portes après avoir été préalablement enduites de blanc de céruse ou de suif. Gela fait, on garnit de charbon de bois et on allume un nombre suffisant de petits réchauds de 60 à 80 centimètres de longueur, et d'une largeur telle qu'ils puissent être introduits par les portes autoclaves. Ces réchauds, au nombre de six ou de huit pour une chaudière à quatre fourneaux, sont introduits par les portes du bas et par celles placées à la hauteur des ciels de fourneau \ on les alimente jusqu'à ce que la température de l'enveloppe ait atteint 60 à 70 degrés. Ces réchauds sont déplacés de temps en temps dans le sens de la longueur de la chaudière, afin que toutes les parties de celle-ci soient également échauffées.

Cette opération nécessite habituellement de trois à quatre heures, et exige la consommation de 5 à 6 kilogrammes de charbon de bois par fourneau, pour les chaudières réglementaires à faces planes. On reconnaît que l'air est suffisamment raréfié et qu'il est remplacé par de l'acide carbonique, lorsque la combustion semble sur le point de cesser. A ce moment, on retire tous les réchauds à la fois, puis l'on ferme simultanément toutes les portes, si l'on dispose d'un nombre d'hommes suffisant. Dans le cas où l'on ne pourrait pas fermer toutes les portes à la fois, on fermerait d'abord celles du bas, puis celles du haut, en retirant les réchauds à mesure, et enfin le trou d'homme. La fermeture des portes doit s'effectuer avec célérité, afin d'emprisonner l'acide carbonique.

Pour effectuer la fermeture des chaudières par le procédé Rabourdin, il convient de profiter d'une série de beaux jours et d'un temps très-sec ; car, dans ces conditions, l'intérieur des chaudières n'étant pas chargé d'humidité, l'opération s'effectue plus rapidement et la conservation des chaudières est mieux assurée contre la formation de l'oxyde.

Sur les bâtiments en réserve, dont les chaudières sont fermées par ce procédé, on renouvelle l'opération tous les six mois; généralement, les visites s'effectuent au commencement du printemps et au conmiencement de l'automne.

Le deuxième procédé^ qui tend beaucoup à se répandre aujourd'hui, et qui a d'ailleurs donné d'excellents résultats, consiste à introduire dans la chaudière de petits bassins en tôle, contenant une certaine quantité de chaux vive destinée à absorber l'humidité et à empêcher l'oxydation. Ces petits bassins sont confectionnés de manière à pouvoir être introduits par les trous de sel et lee

468 EiNTRKÎIEN DES APPAREILS. — N» 79^

portes autoclaves; ils sont au nombre de douze par corps de chaudière de quatre fourneaux, et généralement disposés ainsi qu'il suit : quatre dans les fonds, quatre à la hauteur des ciels de fourneau, et quatre dans le coffre à vapeur ; ils sont suspendus aux entretoises ou aux tirants à Paide de crochets en fort fil de fer. La dépense de chaux vive est de 20*""^' par fourneau.

On profite également d'une série de beaux jours pour introduire les bassins à chaux, et fermer les chaudières après les avoir toutefois bien nettoyées et asséchées. Ce dernier procédé est plus expéditif et moins coûteux que le système Rabourdin, et donne souvent de meilleurs résultats. Quelquefois on emploie simultanément les deux modes de préservation, c'est-à-dire que les chaudières ayant été traitées comme dans le système Rabourdin^ on y introduit des bassins de chaux vive avant d*en opérer la fermeture.

Dans le but d'assurer la conservation des chaudières sur les bâtiments désarmes, il est de la plus haute importance de suivre les prescriptions énomérées aux numéros 181 , «i, du G' Traité. En outre, il sera nécessaire de procéder, aux époques prescrites par les règlements, aux essais à Peau froide. Ainsi que nous Pavons dit au commencement du présent numéro, les résultats de ces essais seront consignés sur un tableau du modèle page 459, et inscrits au journal descriptif et historique de la machine (page 18 et suivante de la partie historique).

Pour les bâtiments armés^ dont les chaudières doivent être prêtes à fonctionner au premier ordre, on emploie avec avantage le procédé suivant :

Après qu'une chaudière a été nettoyée et asséchée, on place dans chacun de ses fourneaux, près de l'entrée du cendrier, un réchaud que l'on peut alimenter avec de la houille; les trous de sel placés au-dessus et à côté des foyers étant fermés, on met, à Pintérieur, de petits réchauds au charbon de bois près des trous de sels du bas. La soupape de sûreté reste ouverte. Lorsqu*on juge que la chaudière ne renferme plus que de Pair sec, les trous de sel du bas sont fermés, et on laisse retomber la soupape de sûreté sur son siège. — Pour empêcher les infiltrations d'eau de pénétrer dans la chaudière, il conviendrait d'installer de petits robinets de purge sur les tuyaux d'alimentation et sur ceux d'extraction.

if« 78. — 1. Tmmikim des maohiiies «près le nonta^e on «près des répendlene lapor* teatae. — 2. Entretien dee mnchinee mmr les toâtiments en réserve et déssnsés. — 3. Entretien des condenseurs à sorfeoe et seins à d<rnner à œs »pffi«^H* et à leurs aooessoires sur les bâtiments en réserve et désarmés.

N^ *79| ISssals des nuuslilnes après le montage ou après des Féparatioiis importantes. — Dès le commencement du montage d'une machine, des ordres ministériels prescrivent d'embarquer deux ou trois mécaniciens sous les ordres d^un officier de vaisseau, pour suivre cette opération.

Que Pappareil ait été construit par l'industrie, par un arsenal ou par Pusine iVIndret , lo montage ainsi que les premiers essais sont diuigés par l'usine qui

ENTRETIEN DES APPAIIE»^. — iV 1\\ 469

a fourni la machine; cette usine est également chargée de Tentretien et de la conservation de Tappareil jusqu'à ce que ce dernier ait été admis en recette.

Jjd mécanicien embarqué pour suivre le montage, tient un journal sur lequel il note jour par jour les travaux exécutés par les monteurs et les moyens employés par eux ; de plus, il dresse un cahier, dit de montage, sur lequel il relate' toutes les données de la machine, les différents repères, ainsi que tous les éléments propres à éclairer le mécanicien appelé plus tard à diriger l'appareil . Sur ce cahier de montage, il mentionne au fur et à mesure de l'avancement des travaux :

1^ Pour le plan de pose. — Les différentes lignes de repère tracées sur ce plan ou sur les faces latérales des carlingues ; le nombre, la disposition, et les dimensions des boulons de fixation soit de la plaque de fondation, soit des pièces Gxes, suivant que la machine est montée sur une plaque de fondation ou directement sur les carlingues. Si ces dernières sont en fer, il mentionne s'il y a eu ou non interposition d'une couche de bois entre les carlingues et la face inférieure des pièces fixes ; et dans le cas d'une semblable interposition, la nature et répaisseur de la couche du bois interposé.

Un dessin coté devra d'ailleurs accompagner la page sur laquelle ces renseignements seront consignés.

2® Pour les pièces fixes. — Le mode de jonction de ces pièces entre elles et avec les carlingues ou la plaque de fondation suivant le cas; la nature et répaisseur de la couche du mastic interposé -, la position des différents points de repère, leur but et les distances de ces points à ceux auxquels ils se rapportent. Si le montage de ces pièces présente une particularité quelconque, il devra en être fait mention sur le cahier de montage, et un dessin coté sera annexé à ce renseignement.

Il sera également utile d'indiquer les dimensions principales et les poids des différentes pièces fixes, telles que cylindres, bâtis, condenseurs ; les sections des robinets de prise d'eau et de décharge ; le mode de fixation et la disposition des manchons traversant la muraille et servant à la tenue de ces robinets ; la disposition du tube d'étambot, etc.

En un mot, le cahier de montage doit fournir tous les renseignements de nature à éclairer aussi complètement que possible tout mécanicien appelé à remplacer du jour au lendemain celui qui a suivi le montage. A cet effet, des dessins en nombre suffisant devront être joints à ces divers renseignements.

3<» Pour les pièces mobiles, — L'agencement des différentes pièces entre elles, principalement pour celles qui sont cachées, les précautions particulières à prendre tant pour leur montage que pour leur démontage ; les points de repère, leur position et leur distance à ceux auxquels ils correspondent; les longueurs d'axe en axe; le genre de garniture des tiroirs, des presse-étoupe, etc. , leur mode de serrage, le pas des vis de serrage ou le cône des clavettes ; la nature du métal des divers coussinets.

Si les bagues métalliques des pistons, les barrettes et les garnitures des tiroirs sont garnies d'antifriction, il devra en être fait mention au cahier de montage. Au fur et à mesure de rembarquement des pièces, et avant leur montage, le mécanicien relèvera ou fera relever les croquis cotc'^s de toutes l 's

pièces tant fixes que mobiles de la machine ; il s'attachera principalement à relever les croquis des pièces qui seront cachées après le montage.

Des dessins, diaprés les croquis ainsi relevés, seront ensuite exécutés à Téchelle; et outre les dessins de ces pièces de détail, le mécanicien exécutera ou fera exécuter les dessins d'ensemble des diverses parties de Tappareil.

Si, pendant le cours du montage, le mécanicien remarquait des agencements défectueux, des dispositions fâcheuses de quelques organes, ou des pièces avariées ne présentant pas des garanties suffisantes de solidité, il noterait son opinion sur le cahier de montage et soumettrait ses observations à Vofûcier chargé de suivre les travaux de montage.

Tous les dessins dont il est fait mention plus haut, doivent être faits en double expédition : Tune est annexée au cahier de montage et la seconde est remise à la majorité de la flotte où elle est conservée pour former les archives de la machine du bâtiment.

Toutes les semaines, le mécanicien dresse un rapport des travaux exécutés et il le remet à Tofficier chargé du bâtiment, qui le vise et le transmet h la majorité de la flotte.

A partir du jour où le bâtiment prend armement pour essai et que le personnel mécanicien embarqué est suffisant, ce personnel concourt à la propreté et à rentre tien de la machine et des chaudières.

Pendant les essais préliminaires faits pour le compte de l'usine qui a fourni Tappareil, le personnel mécanicien embarqué assiste en spectateur à ces essais, et étudie les précautions particulières à prendre avant et pour la mise en marche, ainsi que les soins spéciaux k donner à Pappareil pendant le fonctionnement. Afin d'être renseigné d'une manière complète, le mécanicien chargé distribue son personnel de façon que chacun des organes soit surveillé ; il fait en outre des rondes fréquentes pendant le fonctionnement, et prend note de tous les faits intéressants qui se sont produits pendant ces essais. Il consigne ses observations sur le journal et sur le cahier de montage.

S'il se produit des avaries, s'il y a lieu de prendre des mesures particulières pour la mise en marche ou pour les stoppages, s'il remarque des difficultés graves pour la surveillance ou pour le graissage de certains organes, il rend compte de ses observations à l'officier chargé de la machine et à l'officier en second, et il en prend note sur le journal.

Lors des essais officiels faits en présence de la commission de recette, le mécanicien chargé, tout en étudiant le fonctionnement de la machine, exerce une sorte de contrôle sur la manière dont fonctionne le moteur, principalement si la machine est fournie par l'industrie. Il fait notamment tenir un compte exact de la dépense de combustible et de matières grasses aux différentes allures. A cet eflet, il assiste ou il fait assister l'un de ses hommes au pesage du charbon qui doit être brûlé lors de ces expériences; il fait prendre note toutes les demi-heures ou plus souvent si c'est nécessaire, de la pression aux chaudières, du vide aux condenseurs, de l'ouverture des registres, de la concentration de l'eau des chaudières, etc.

Dans ces essais, la commission s'assure que la machine fonctionne sans échaufFemenIs ni chocs, qu'elle développe ou qu'elle est susceptible de déve-

lopper toute la puissance qu*on doit en attendre ; qu'il n'existe ni fuites extérieures ni fuites intérieures; que le vide au condenseur est satisfaisant ; que la dépense de vapeur et de combustible par cheval indiqué n'excède pas la quantité prévue par le marché ; que les dispositions prises, tant pour assurer la surveillance que pour vérifier le graissage, sont satisfaisantes ; et que le renversement de marche peut s'effectuer dans un temps n'excédant pas celui stipulé sur le marché. En outre, la machine est mise successivement à différentes allures, et on note dans chaque cas la vitesse du bâtiment, le nombre de tours de la machine, la pression aux chaudières, le vide aux condefiseurs, l'ouverture des registres et des régulateurs d'injection, la durée de l'introduction; on relève en même temps et simultanément, des diagrammes sur les deux faces des pistons des divers cylindres. Les calculs de ces diagrammes fournissent les puissances développées aux diverses allures.

La marche à toute puissance doit être tenue pendant au moins quatre heures consécutives s'il s'agit d'une machine neuve. La mesure de la vitesse résulte de plusieurs parcours successifs, deux à deux de sens inverses, le long d'une base mesurée.

Dans certains cas, notamment lorsqu'il s'agit d'essayer une machine venant de subir une réparation importante, on s'abstient de faire des essais à outrance, afin de ne pas fatiguer les organes de la machine ; parfois même on se borne à des essais sur place. Dans ces cas, il convient de n'employer que le nombre des chaudières nécessaire pour obtenir le nombre de tours qu'on ne veut pas dépasser, car c'est en agissant ainsi que l'on peut, en rapportant la puissance développée au nombre de mètres carrés de grille employés, en déduire la puissance que Ton obtiendrait si toutes les chaudières avaient été mises en fonction.

Dans les expériences destinées à vérifier le bon état des machines ayant subies de fortes réparations, les commissions s'attachent à s'assurer que toutes les chaudières fonctionnent sans fuites à la pression voulue ; que la machine tourne sans chocs ni échauffements à une vitesse au moins égale à celle qui correspond à la grande vitesse en service ordinaire ; et enfin que la puissance obtenue par mètre carré de grille des chaudières employées, est en rapport avec ce qu'on doit attendre de l'appareil expérimenté.

A la suite des essais officiels, et alors que ces essais ont été reconnus satisfaisants par la commission, le mécanicien chargé soumet, s'il y a lieu, ses observations au commandant du bâtiment, qui les transmet au président de la commission s'il le juge opportun. Dans ce cas, la commission ordonne les modifications réclamées, ou fait mentionner au procès-verbal les observations qui lui sembleraient de nature à sauvegarder la responsabilité du mécanici^, en cas d'accident provenant des faits qui lui sont signalés.

A partir de ce moment, le mécanicien chargé prend la responsabilité de l'appareil. Il doit dès lors se conformer aux instructions données aux n** 181 et 182 du G^ traité relatives à l'entretien des machines et des chaudières.

N® 79, Entretien des machines sur les bAtiments en ré- Hepve on désarmés* «— Si le bâtiment désarme définitivement à la suite

clapets en caoutchouc sont conservés à Pabri de la chaleur et de la lumière ; il convient môme de les conserver dans une caisse pleine d'eau que l'on renouvelle tous les quinze jours. Cette dernière mesure est réglementaire.

2* et 3* catégorie. — Les bâtiments placés dans ces catégories doivent avoir leurs machines en bon état, mais non prêtes à fonctionner au premier ordre.

Avant qu'un navire soit admis dans Tune ou l'autre de ces catégories, il est procédé à des essais en présence d'une commission nommée par le Préfet maritime, et de laquelle fait toujours partie le commandant de la réserve, assisté du mécanicien principal du bâtiment central.

Lorsque ces essais sont reconnus satisfaisants, le Ministre en est avisé, et il indique la catégorie dans laquelle le bâtiment doit être placé.

Que le navire arrive de campagne, ou qu'il vienne d'être armé en essai, le personnel mécanicien embarqué est maintenu à bord pendant un mois au moins après le désarmement du bâtiment, à l'efTet d'effectuer les nettoyages et les visites prescrites par les règlements, pour la mise en réserve de la machine et des chaudières.

Voici le résumé succinct des opérations à effectuer pour la mise en réserfe:

Chaudières. — Les chaudières sont vidées, asséchées, puis parfaitement nettoyées intérieurement et extérieurement, les incrustations et les dépôts de tous genres sont soigneusement enlevés. Cela fait, les chaudières sont fermées par Tun des procédés indiqués aun<»78s. Les parties non feutrées et accessibles sont peintes au minium ou au gris de zinc.

Les cheminées sont grattées avec soin et peintes au minium ou au gris de zinc, tant à l'intérieur qu'àl'extérieur ; elles sont recouvertes de capots étanches, ainsi que les tuyaux d'échappement.

Avant la fermeture des chaudières, les différents robinets et les soupapes sont rodés s'il est nécessaire, et leurs organes de manœuvre sont visités et huilés.

Le tuyautage de vapeur reste totalement monté avec les joints faits à demeure. En prévision des infiltrations d'eau dans les chaudières, un joint au moins, de chaque tuyau d'eau est brisé pour laisser écouler dans la cale l'eau qui pourrait ainsi suinter; ou bien on prend la précaution de faire un joint plein sur le parcours du tuyau. Dans ce dernier cas, le mécanicien indique par un repère la position de ce joint plein et il en prend note sur un cahier destiné à rester entre les mains de ses successeurs.

Machine. Les différents organes de la machine sont visités, nettoyés avec soin puis remontés.

Les bouchons et les plateaux des cylindres, ainsi que les portes des tiroirs, des bâches, et des condenseurs ont leurs joints faits à blanc, avec une garniture de toile huilée et parfois même, on conserve ces récipients ouverts afin de faciliter l'entretien intérieur.

Toutes les garnitures en chanvre et en coton des presse-étoupé et des pistons des différentes pompes, sont enlevées et remplacées par des tresses en cotoo huilées. Ces garnitures provisoires ne sont pas serrées.

Les garnitures ainsi enlevées sont étiquetées après avoir été complétées, s'ii y a lieu, et sont conservées en magasin.

Les clapets en caoutchouc sont démontés et conservés à Tabri de la chaleur et de la lumière; une instruction ministérielle récente, enjoint de les placer dans une caisse en tôle zinguée contenant de Teau que Ton changera tous les quinze jours.

L'intérieur des bâches et des condenseurs (si ces derniers sont à mélange) sont grattés avec soin,' puis peints au minium. Si les condenseurs sont à surface, les tubes sont sortis, nettoyés avec soin, puis remontés.

Un des joints de chaque tuyau d'injection ou de prise d'eau des pompes de circulation est démonté, afin que les suintements d'eau puissent s'écouler dans la cale. Les mêmes précautions sont prises à Tégard de tous les tuyaux susceptibles de laisser pénétrer l'eau dans une partie quelconque de la machine. Tous les autres tuyaux restent complètement montés après avoir été asséchés.

Si les tuyaux de décharge débouchent au-dessus de la flottaison, ces tuyaux sont tamponnés extérieurement puis calfafés, la môme mesure est prise à regard des tuyaux de décharge accidentelle et des tuyaux de refoulement des pompes de cale.

Si les tuyaux de décharge déboucheilt au-dessous de la flottaison, comme cela a lieu dans la plupart des machines, on prend toute les précautions possibles pour empêcher les suintements et prévenir l'introduction de l'eau dans les bâches.

Tous les coussinets, les articulations, les divers joints de la ligne d*arbre sont démontés, visités, huilés, puis remontés.

Le résultat de ces différentes visites doit être consigné sur le journal et sur le registre descriptif de la machine.

Toutes les opérations ci-dessus indiquées ayant été effectuées, et tous les organes ayant été mis en bon état, la machine est placée dans la position dite de réserve, et il ne reste plus dès lors qu*à l'entretenir dans cette position.

A cet effet : les cylindres sont visités tous les six mois et maintenus asséchés et huilés. Les garnitures métalliques des pistons sont démontées aux mêmes époques, huilées et remises en place. Il en est de même des tiroirs de distribution et des organes de détente.

Toutes les pièces polies de la machine, les articulations, les coussinets, les ressorts et les filets des écrous susceptibles d'être démontés sont entretenus à l'huile. Les joues des divers coussinets et celles des colliers d'excentriques sont garnis de petites tresses légèrement huilées, afin d'empêcher l'introduction de corps étrangers. Pour le même motif, les lumières de graissage sont tamponnées, soit avec un petit bouchon de bois ou de métal, soit avec du coton.

Les hélices restent en place ; sur les l)âtiments qui ont un puits, l'hélice doit être hissée, puis amenée au moins une fois tous les quatre mois.

Tous les huit jours au moins, la machine est mise en mouvement à l'aide du vireur, puis arrêtée après avoir fait un quart de tour environ, en ayant soin que les mêmes portages ne se reproduisent pas. Une fois par mois on fait faire à la machine, un peu plus d'un tour complet.

Les parties intérieures et cachées de la machine doivent être visitées successivement, de telle sorte que la visite complète de Tappareil ait eu lieu dans ^espace de six mois.

Suivre par ailleurs les instructions données aux n"' 181 et 182 du G*'. Trailé, notamment en ce qui concerne l'entretien delà peinture, du calfatage au-dessus de la machine et des chaudières, et la propreté des cales.

Les différentes machines auxiliaires doivent naturellement être traitées de la même manière que la machine principale, les visites successives des différents organes de ces machines doivent être faites de manière que la visite complète ait eu lieu dans six mois.

N^ 79s ESntretien de« condensears il surface et soins â donner il ces appareils et â. leurs accensoires sur les bâtiments en réserve et désarmés. ~ De la propreté des tubes des condenseurs à surface, dépend un meilleur rendement de la machine et une plus longue durée des chaudières et des différentes parties du condenseur. Nous savons en effet (n* 49 , « ,) que la conductibilité diminue rapidement avec Taccroissement de Tépaisseur des dépôts graisseux qui se forment sur les tubes. De plus, Taccumulation des corps gras dans le condenseur produit, à la longue, la détérioration et F usure des tubes, en même temps qu'elle est susceptible de paralyser le fonctionnement des clapets et même de décomposer ces derniers qui sont tous en caoutchouc. Il y a par suite, un grand intérêt à maintenir propre Tintérieur des condenseurs.

Dans les premières machines munies de condenseurs à surface, le graissage des cylindres se faisait au suif; mais actuellement, le suif est supprimé, et Fhuile seule est employée.

Quel que soit le corps gras qui recouvre les tubes, il est nécessaire de procéder au nettoyage intérieur des condenseurs aussi souvent que le permettent les circonstances de la navigation. Nous avons indiqué au n<» 75i, les divers mpyens mis eu usage pour effectuer ces nettoyages en cours de navigation.

Lors d*un désarmement complet ou lors de la mise en réserve d^un bâtiment pourvu de condenseurs à surface, il conviendra d'effectuer à fond le nettoyage intérieur de ces appareils. A cet effet, après avoir procédé au nettoyage à la vapeur comme il est dit au o? 75„ qui permet d'extraire la plus grande partie des graisses, on sortira successivement les tubes, en procédant par rangées verticales, de manière qu'un homme puisse s'introduire pour nettoyer les faces latérales intérieures et les plaques de tète, en même temps que l'on nettoyera parfaitement, tant intérieurement qu^extérieurement, tous les tubes enlevés.

Dans ce nettoyage, il faudra prendre la précaution de ne pas enlever l'ètain ; on emploiera avec avantage, des brosses trempées dans une dissolution de potasse; puis après ce lavage les tubes seront passés dans de Peau douce. Pour faciliter le remontage, il conviendra de repérer les tubes avec les plaques de tête avant d'en effectuer le démontage.

Le nettoyage à fond, dont nous venons de parler, n'ayant besoin M'être effectué qu'une fois pour toutes, pendant le temps que le bâtiment restera en réserve ou désarmé, les tubes pourront être remontés d'une façon définitive après leur nettoyage, mais en s'abstenant de refaire les joints des tubes avec les plaques de tête principalement si ces joints sont faits au moyen de plaques en caout-

chouc, comme sur les fig, 18 et 19, pi. VI. Si rétanchéité des tubes est obtenue au moyen de petits presse- étoupe, comme sur les fig, 16 et 17 de la mômep/anc^, on pourra refaire ces presse-étoupe au fur et à mesure du remontage, car leur confection nécessiterait un temps très-long qui pourrait retarder Tarmement. Les plaques de caoutchouc sont conservées de la même manière que les clapets des diverses pompes (n* 79i « j).

Les bâches à eau douce, celles à eau salée et les coquilles sont asséchées, grattées puis peintes au minium ou au gris de zinc.

Si les pompes de circulation sont des pompes ordinaires mues par la machine, elles présentent dans ce cas les mêmes dispositions que les pompes à air, et sont traitées de la même manière (n"* 79| «t %) que ces dernières.

Si les pompes de circulation sont des pompes centrifuges, elles sont démontées, visitées, asséchées, puis remontées, avec les joints faits à blanc pour faciliter l'entretien intérieur.

80. — 1. Hodlfloations apporléM «oz appareils à ploncaar. — a. GoaibvatiQB du oharbOD dans las aoatoa. — 8. Apparaila dhrars pour oomliattra Tla-

IN^ 80^ ModlficatioMs apporÉé<MS aux appareUsil plon^^iir*

— L'appareil à plongeur du système Rouquayrol-Denayrouze^ dont la description est donnée d'une manière complète au n° 185, du O' Traité^ a subi depuis quelque temps des modifications qui ont beaucoup contribué à étendre l'emploi de ce système de scaphandre. Les modifications les plus importantes consistent dans la suppression du pincenez et du ferme-bouche, et dans Tadoption d'un appareil acoustique peimettant de converser de la surface avec le plongeur.

Le vêtement actuel des scaphandres Rouquayrolr-Denayrouze diffère peu de celui employé par M» Cabirol (n* 183, du G^. Traité), Il se compose de deux épaisseurs de toile entre lesquelles se trouve logée une épaisseur de caoutchouc en feuille ; les parties les plus susceptibles de s'user telles que les pieds, les coudes, Tentre-jambes, les genoux et les aisselles sont renforcées d*une épaisseur de même étoffe, qui se trouve double en tous ces points. Le tissu extérieur a été croisé de manière & résister plus longtemps.

Le casque, dont le volume est à peu près celui du casque Cabirol, est moins haut et plus large que ce dernier, ce qui donne une plus grande aisance aux mouvements de la tète du plongeur; de plus, les verres du nouveau casque sont tous ronds, plats et de grande dimension; leur épaisseur est de 12"", et le verre supérieur seul est protégé par un grillage mobile. Il a été reconnu en effet, que ce dernier verre était le seul réellement exposé à des chocs assez violents pour en déterminer la rupture, et que le grillage empêchait parfois le plongeur de bien distinguer les objets.

La jonction du vêtement avec le casque ne comporte qu^un seul joint. La collerette en caoutchouc formée par le rebord supérieur du costume, se trouTe fortement pressée par quatre boulons, entre deux brides à surface plane du casque et de la pèlerine; les faces en regard de c^ brides sont garnies de rondelles en caoutchouc d'un centimètre d'épaisseur, et c'est entre ces dernières que vient se loger la collerette du vêtement.

La soupape de sortie d'air est disposée de la même façon que celle des scaphandres Cabirol, mais elle offire cette particularité que le prolongement de sa tige traverse la paroi intérieure du casque et permet au plongeur de rouvrir en appuyant légèrement avec sa tète, pour le cas où il se sentirait gêné par l'excès d'air. La facilité de manœuvre de cette soupape avec la tête, constitue un véritable progrès, car le plongeur ne se trouve pas dans Tobligation d*interrompre son travail pour manœuvrer cet organe.

Dans les premiers appareils Rouquayrol-Denayrouze, le plongeur portait sur le dos un réservoir d'air, en forte tôle, dans lequel venaient aboutir les tuyaux de refoulement d'air de la pompe. Cet appareil, dont la description est d'ailleurs donnée au n** 183, duG**. Traite, était encombrant et gênait beaucoup les mouvements du plongeur. Dans le nouvel appareil de ces constructeurs, le réservoir d'air est conservé dans le voisinage de la pompe avec laquelle il communique par deux tuyaux en caoutchouc servant au refoulement de l'air. Le réservoir d'air se compose d'une botte cylindrique en forte tôle, essayé à 12 atmosphères; il porte à sa partie supérieure un manomètre, gradué en mètres d'eau, qui sert à régler l'allure de la pompe d'après la profondeur à laquelle travaille le plongeur. Un robinet purgeur est placé à la partie inférieure pour l'évacuation de l'eau qui a pu être entraînée pendant le fonctionnement de la pompe. Chacune des deux tubulures qui donnent accès à l'air refoulé par la pompe, est munie d'un clapet qui a pour but de s'opposer à la sortie de l'air du réservoir, dans le cas d'une rupture des tuyaux ou d'un arrêt momentané de la pompe.

La nouvelle pompe diffère très^peu de celle employée avec les anciens appareils des mêmes constructeurs. Elle se compose de deux cylindres mobiles dont les pistons sont pourvus de garnitures en cuir qui font joint hydraulique ; ces pistons portent, à leur centre, une soupape d'aspiration d'air s'ouvrant de dessous en dessus. Dans les anciennes pompes (/i^. 2^6 du G^, Trailé)^ chacun des cylindres portait à sa partie supérieure une bâche d'air, avec tubulure pour le tuyau de refoulement; sur les nouvelles pompes, ces bâches ont été supprimées et remplacées par une petite boîte en bronze de forme cylindrique, dans laquelle se trouve un clapet de refoulement. La course de ce clapet est limitée par une vis faisant office de butoir, et vers son sommet se trouve une tubulure où se fixe le tuyau conduisant l'air refoulé dans le réservoir.

D'un autre côté, chaque cylindre porte, à sa partie supérieure, un godet à robinet destiné à introduire de l'eau au-dessus des pistons, lorsque la pompe est mise en action.

Les souliers sont comme ceux employés avec tous les autres genres de scaphandres, c'est-à-dire en cuir très-fort avec semelles en plomb ; mais afin de préserver le bout du soulier, cette partie est recouverte, dans les nouveaux appareils, par

ENTRETIEN DES APPAPEILS. — N« 80^ 479

un sabot en bronze qui la protège sur une longueur d^enyiron 10 centimètres. L.* appareil acoustique, dont est actuellement pourvu le nouveau scaphandre Rauquayrol-Denayroiue^ comporte les parties suivantes :

1* Un tube acoustique en caoutchouc avec garniture métallique en hélice dans rintérieur; Tune des extrémités de ce tube porte un pavillon comme dans les porte-voix ordinaires, et Tautre un raccord qui vient se visser sur une petite tubulure placée au sommet du casque.

2« Une plaque métallique de 1"" d'épaisseur et d'environ 5 décimètres carrés de surface, rivée et soudée à l'intérieur du casque, en regard de la tubulure sur laquelle se visse le tube acoustique. Le but de cette plaque est de répercuter par ses vibrations, les sons produits à Textrémité libre du tube, et aussi dMsoler complètement l'intérieur du casque, afin d'empêcher Pair refoulé dans le vêtement de s'échapper par ce tube.

n est indispensable de prendre certaines précautions pour se faire entendre distinctement du plongeur, car le bourdonnement occasionné par Tarrivée et la sortie de Vair du vêtement, empêche le plongeur de percevoir les sons répercutés par la plaque métallique. Lorsqu'on veut adresser une question au plongeur, la personne placée à la surface et qui tient à la main l'embouchure du porte-voix, ainsi que la corde des signaux, l'informe, à l'aide d'un signal convenu fait au moyen de cette dernière corde, qu'elle va lui adresser la parole. Dès que le plongeur a répondu par un signal conventionnel qu'il a compris cette demande, on fait momentanément arrêter la manœuvre de la pompe, ou du moins, on fait pomper plus lentement, en même temps que le plongeur de son côté comprime le ressort de la soupape d'échappement d'air. Ces manœuvres ont pour but de faire cesser, pendant un moment, le bourdonnement occasionné par la sortie de l'air.

Pour parler dans le porte^voix, il faut maintenir la bouche à quelques centimètres de l'embouchure et articuler très-distinctement, et d'une voix d'autant plus forte que le plongeur est plus profondément immergé. A une profondeur de 12 à 15 mètres, le plongeur perçoit assez distinctement les paroles qui lui sont adressées, s'il a pris les précautions ci-dessus indiquées, mais les sons deviennent moins intelligibles à mesure que la profondeur augmente.

De son côté, il suffit au plongeur de parler distinctement, d'une voix forte et en accentuant chaque syllabe, pour que la personne placée à la surface, perçoive les réponses en appliquant l'oreille à l'embouchure du porte- voix. Les paroles du plongeur s'entendent très-bien même à une profondeur supérieure à 15 mètres.

L^appareil acoustique est appelé à rendre de très-grands services, d'autant plus que cet appareil peut presque toujours être employé dans les travaux que les marins peuvent avoir à exécuter. — Les signaux conventionnels dont on a fait usage jusqu'à ces derniers temps sont en très-petit nombre ; et le plongeur est, la plupart du temps, obligé de remonter à la surface soit pour prendre un outil, soit pour donner des explications sur ce qu'il a vu et prendre des ordres pour l'exécution des travaux à exécuter ; ce qui fait perdre un temps considérable. Le porte-voix remédie à cet inconvénient. Son installation est d'ailleurs possible, quelque soit le système de scaphandrOé

Relativement aux soins à prendre pour la conservation de rappareîl, il convient de suivre les instructions ci-dessous :

Lorsqu^on a fini de se servir du scaphandre, on dévisse tous les tuyaux et on les fait sécher à Tombre dans un lieu aéré avant de les ramasser. Le vêlement proprement dit doit être traité de la même manière; il serait bon dVilleurs, si l'appareil a servi dansTeau de mer, de le passer préalablement à l'eau douce avant de le mettre au sec. — Les objets en caoutchouc doivent être ramassés dans un lieu sec et aéré et dont la température ne soit jamais trop élevée, car le caoutchouc se détériore à la chaleur.

Si le vêtement s'est durci, comme cela arrive fréquemment lorsqu'il reste longtemps sans être employé, il convient de lui rendre sa souplesse avant d'en faire usage, e^n le plaçant dans un milieu dont la température soit de ^0* à 50*, ou en le plon)^eant dans de Teau portée à cette température.

Les vêtements de laine ne doivent également être ramassés que lorsqu'ils sont bien secs, il est bon d'ailleurs de les exposer à l'air de temps en temps en profitant naturellement d'un beau jour pour cette exposition.

Quant à la pompe, il sera nécessaire de la démonter et de l'essuyer dès qu'on aura fini de s'en servir *, les pièces en bronze seront essuyées k sec et celles en fer ou en acier seront conservées légèrement huilées. Les cuirs des pistons seront graissés de temps en temps à l'huile de poisson de façon à leur conserver leur souplesse. Si, au moment de s'en servir, les cuirs des pistons étaient trop durs, on les ramollirait en les démontant et en les frottant soit avec du suif propre soit avec de l'huile de poisson.

HVo 80, Combustious spontanées du charbon diuis le» soutes. — Les causes des combustions spontanées sont attribuées au développement de chaleur qui se produit, par le fait des modifications chimiques qu'éprouvent certaines substances contenues dans le charbon, sous PinOuence de l'oxygène de l'air. Les pyrites de fer et de cuivre sont celles de ces substances qui sont les plus connues. L'oxydation de ces pyrites par le fait de l'humidité, peut donner lieu à un dégagement de chaleur assez intense pour produire Tignition.

D'autre part, les charbons friables laissent échapper dans la soute, en se brisant, un gaz hydrogène carboné, qui diffère peu du gaz d'éclairage et qui est susceptible de s'enQammer à l'approche d'une lumière. — De leur côté, les charbons peu friables, mais très-poreux, ont la propriété d'absorber un grand volume d'oxygène, ce qui occasionne un dégagement de chaleur d'autant plus grand que la quantité de ce gaz absorbé est plus considérable. L'oxydation s'accélérant à mesure que la chaleur s'accumule, l'action chimique agit si énergiquement que le charbon peut s'échauffer au point d'entrer en ignition.

Le bris du charbon pendant son embarquement et son arrimage, favorise également l'absorption de l'oxygène et augmente naturellement la tendance à réchauffement.

Les statistiques enregistrent chaque année, un nombre considérable d'incen"

(lies survenus sur les navires, et principalement sur les bâtiments à vapeur ou sur les bâtiments à voiles chargés de charbon. Ces incendies prennent habituellement naissance dans la masse du charbon, ils sont beaucoup plus fréquents dans les parages des tropiques que dans les pays froids ou tempérés. Les chances de combustions spontanées croissent avec la durée du séjour du charbon à bord et avec son état de division ; en d'autres termes, plus le charbon est menu plus il est susceptible d'entrer en ignition -, elles croissent également avec l'état d'humidité lors de l'embarquement.

Certains ingénieurs conseillent d'aérer fréquemment les soutes en y établissant un courant d'air par des temps secs. Mais il a été reconnu que dans les pays chauds, une ventilation même énergique, est insuffisante pour empêcher d'une manière complète réchauffement dans la masse d'un charbon réduit en poussière, car cette ventilation ne peut avoir uii effet de refroidissement suffisant. La circulation ne peut être que bien faible dans la masse d'un charbon menu, et le développement de la chaleur serait encore favorisé par le supplément d'oxygène amené par la ventilation.

Diverses commissions constituées en Angleterre, pour étudier les moyens propres à conjurer les accidents qui nous occupent, sont opposées à la ventilation des soutes ou des cales remplies de charbon. L'expérience semble prouver, en effet, que plus les soutes à charbon ou les cales de chargement sont ventilées, et plus les combustions spontanées sont fréquentes.

L'aération des soutes par le haut, mais sans courant d'air, favorise le dégagement du grisou (n* 199, du G^ Traité) ^ ce procédé peut être employé dans le cas où le charbon est embarqué directement au sortir de la mine, avant qu'il ait eu le temps de se débarrasser de ce gaz. On évite ainsi les explosions qui se produisent parfois dans les soutes, et qui proviennent de l'inflammation du gaz hydrogène carboné qui se dégage du charbon et se mélange avec l'air.

Nous avons indiqué au n» 1995 ^^ ^'^ Traité^ les moyens à employer pour prévenir et combattre les combustions spontanées.

N^ 80s AppareU» divers pour combattre l'incendie* — Outre

les moyens indiqués au n« 1995 ^^ ^ Traité, plusieurs ingénieurs ont récemment proposé, et fait accepter divers appareils propres à éteindre les incendies. La plupart de ces appareils sont basés sur le même principe, lequel consiste à. chasser l'air du foyer d'incendie ou du moins k en empêcher le re. nouvellement, et à remplacer ce gaz par de l'acide carbonique. Nous allons examiner succinctement, parmi les divers appareils proposés, ceux qui nous semblent le plus recommandables.

M. Daniel J. Howes a imaginé un appareil propre non-seulement à éteindre les incendies déclarés à bord, mais encore à découvrir tout foyer d'incendie prêt à se développer. — Cet appareil se compose d'un système de tubes ouverts à leurs extrémités et rayonnant dans les diverses parties du bâtiment, notamment dans les soutes et les cales de chargement. Cet appareil tubulaire est relié à une machine soufflante qui, en temps ordinaire, sert à la ventilation en expulsant l'air chaud et les gaz dangereux capables d'occasionner des combustions spontanées. Cette machine soufflante communique avec un réservoir

en forte tôle contenant de Pacide carbonique fortement comprimé. Si un foyer de combustion existe en un point quelconque du parcours de rappareil tubulaire, Pair aspiré par la machine soufflante répand une odeur de fumée qui donne Téveil, et avec un peu d'attention on ne tarde pas à découvrir le point attaqué. En général, un incendie ne se déclare pas tout de suite avec une grande intensité, et sUl est pris à ses débuts, les conséquences ne sont pas graves; aussi Tappareil de M. DanielJ. Howes ne fournirait-il que ce seul résultat, qu'il n*en constituerait pas moins un appareil précieux.

Dès qu^on reconnaît un commencement d'incendie, la communication entre la machine soufflante et le réservoir d'acide carbonique doit être établi, en même temps que Pexpulsion de Tair est arrêtée ; puis on ferme toutes les issues pouvant donner accès à l'air dans le lieu attaqué, et l'action de la machine est employée à refouler de l'acide carbonique dans cet endroit. L'air cessant de fournir son oxygène et le milieu se remplissant d'acide carbonique, l'incendie ne tarde pas à s'éteindre.

MM. Carli&i^ docteur médecin, et Claude Vignon, général du génie, se sont fait breveter en 1862 pour un extincteur basé sur le même principe que le précédent.

Ainsi que nous l'avons dit précédemment, l'incendie ne se déclare généralement que sur une très-petite échelle, et il ne se développe le plus ordinairement que parce que l'on n'a pas immédiatement sous la main les moyens propres à l'éteindre, ou parce que le lieu où il a pris naissance n'est pas facilement accessible eu égard aux appareils dont on dispose.

Dans le but de remédier à ce grave inconvénient, MM. Carlier et Vignon ont imaginé de condenser de l'acide carbonique dans l'eau en la comprimant à une forte pression. Or, l'eau absorbe 1,5 de son volume d'acide carbonique par atmosphère, on conçoit alors que si l'on projette cette eau sur le théâtre de PiQcendie, l'acide carbonique se dégage et prend la place de l'air, en même temps que l'eau refroidit le corps en combustion. Par le fait de ces deux effets comr binés, l'incendie est promptement éteint.

Afin d'éviter la déperdition du gaz, lorsque les appareils restent longtemps chargés, l'acide carbonique comprimé est mis dans un vase distinct de celui qui contient l'eau, et l'ouverture d'un robinet permet de mettre, au moment voulu, les deux substances en contact. Une manche à incendie est vissée sur une tubulure portée par le vase contenant l'eau ; et lors de l'ouverture du robinet placé entre les deux récipients, l'acide carbonique se dégage spontanément en se détendant, traverse le liquide, se mélange avec lui et se trouve projeté sur le foyer d'incendie par la pression qui existe dans le vase où il a été comprimé.

Le lieutenant américain Bdrber propose le moyen suivant pour combattre les incendies à bord : Établir dans un endroit convenable du bâtiment un ou plusieurs récipients de 0*,90 & 1 mètre de long sur O^jSO de large, d'une conte* nance de kk h 50 kilog. d'acide carbonique à l'état liquide. Faire partir, du sonmiet des récipients, un tuyau en fer courant dans toute la longueur du navire; faire embrancher sur Ce tuyau principal, à angle droit et à des distances déterminées par les aménagements du navire, d^autres tuyaux dont les extré-

mités Tiendront aboutir au fond des diverses soutes ou des cales. Placer lin robinet sur le tuyau principal et sur chacun des embranchements, de façon à pouvoir établir la communication de n'importe quel endroit avec le récipient d'acide carbonique — Il est bien entendu que les appareils de manœuvre des robinets des tuyaux spéciaux doivent être placés dans un lieu bien accessible, sur le pont par exemple.

Les choses étant ainsi disposées, si Ton a le feu à bord, dans une partie quelconque du navire, il suffira, pour l'éteindre, d'ouvrir le robinet du récipient et celui du tuyau correspondant au lieu où le danger est signalé, en même temps qu'on fermera les écoutilles, et toutes les autres ouvertures de l'endroit où règne le feu. L'acide carbonique qui a été soumis à une très-forte pression pour se liquéfier, se détend pour remplir les tuyaux à l'état gazeux, et à cause de sa densité (1 ,5 par rapport à l'air), il tombe au fond de la soute et la remplit en commençant par le bas, sans se mêlera l'air qui s^ échappe dans le haut par les fissures qui existent toujours malgré la fermeture des écoutilles. D'ailleurs, Toxygène de Tair emprisonné serait bientôt absorbé par la combustion et transformé à son tour en acide carbonique. Ce dernier gaz ne pouvant entretenir la combustion, le feu s'éteindrait.

IH oyens de faire couler le bâtintent* — A la suite de la terrible catastrophe du Magenta, où le feu s'est déclaré subitement, et s*est surtout propagé d'une manière très-rapide, des ordres ministériels ont prescrit de pourvoir tous les navires de guerre d'une disposition permettant de couler le bâtiment en peu de temps, pour le cas où l'incendie prendrait spontanément, comme sur le Magenta, des proportions telles, que les moyens dont on dispose seraient impuissants pour s'en rendre maître.

La disposition qui a été généralement adoptée sur les cuirassés consiste dans Vapplication, sur les tuyaux d'injection ou sur les tuyaux d'aspiration des pompes de circulation, d'une forte tubulure munie d'un gros robinet débouchant dans la cale. Les dimensions de cette tubulure et du robinet sont les mêmes que celles de la prise d'eau sur laquelle ils sont appliqués. Le robinet débouchant dans la cale n'étant appelé à servir que dans le cas extrême où il y aurait nécessité de faire couler le navire, est muni d^une forte bride de sûreté à laquelle la clef doit être amarrée pour prévenir tout mécompte.

Dans le cas où le commandant donnerait l'ordre de couler le navire, il suffirait d'ouvrir simultanément les prises d'eau d'injection, ou d'aspiration de la pompe de circulation (suivant le cas), et le gros robinet dont il vient d'être parlé. D'après le nombre, la section des robinets et le tonnage des navires de guerre, vingt à vingt-cinq minutes suffiraient pour faire couler un bâtiment.

Appareil respiratoire Galibert.— L'appareil respiratoire Galibert est destiné à fournir pendant un temps notable, et sans le secours d'aucune pompe, de l'air à un homme engagé dans un milieu asphyxiant. Cet appareil a une grande analogie avec l'appareil respiratoire Rouquayrol-Denayrouze dont la description est donnée au n<» ISSj du G** Traité; mais il est beaucoup moins compliqué, moins lourd, moins coûteux, et surtout, il peut être disposé à servir dans un temps très-court.

Fig. 29, L*appareil Galiheri est représenté par la fig, 29, p/ VIH. Il se compose d'un réservoir A (d'une contenance de 110 litres environ), formé de deux épaisseurs de toile entre lesquelles se trouve logée une épaisseur de caoutchouc en feuille. Ce réservoir est rempli d*air au moyen d'un grand soufflet à main dans le genre de ceux employés par les bouchers, et une minute sufGt pour ea faire le plein.

Le réservoir A est porté sur le dos de l'opérateur au moyen de deux bretelles 1 et fixé de plus & la taille par la ceinture 2 ; cette ceinture sert en même temps de ceinture de sauvetage. Deux tubes en caoutchouc a et ^ partant du réservoir, aboutissent à une pièce en corne que l'opérateur maintient dans la bouche par une légère pression des dents et une fermeture complète des lèvres. Un pince-nez oblige l'opérateur à ne respirer que par la bouche \ cette opéraUon doit se faire le plus lentement possible.

A l'aspiration, l'air arrive du réservoir par les deux tubes a et ^ et y retourne par les mêmes tubes lors de l'expiration. L'un des tubes a, part du sommet du réservoir ; l'autre fr, descend un peu plus bas que le milieu de la hauteur de ce même réservoir. Il résulte de cette disposition, que l'air aspiré vient plus naturellement par le tube a, et que l'acide carbonique rejeté à l'expiration doit suivre le tube b.

Les choses doivent en effet se passer de cette façon, si les mouvements d'aspiration et d'expiration sont très-lents. — Il résulte des nombreuses expériences faites, que les 110 litres d'air emmagasinés dans le réservoir A, suffisent à la respiration d'un homme ordinaire pendant 20 minutes au moins. C'est plus qu'il n'en faut dans la plupart des cas, pour retirer une personne de danger, soit dans un puits, soit dans une fosse, soit dans un milieu asphyxiant quelconque, voire même dans un incendie. Cet appareil serait d'une utilité incontestable en marine en cas d'incendie, surtout pour aller ouvrir les prises d'eau des soutes à poudre, au cas où l'incendie prendrait naissance dans le voisinage de ces soutes.

Il existe comme accessoires de l'appareil : 1* des lunettes pour préserver les yeux de la fumée et des gaz délétères ; — 2* une corde de sauvetage en ligne blanche de 10 millimètres, amarrée par l'une de ses extrémités à une boucle en fer fixée sur la ceinture en cuir 2, et passant dans un anneau porté par l'une des bretelles; l'autre bout de la corde est conservé dans la main d'un homme qui se trouve ainsi en communication avec l'opérateur et qui est prêt à lui porter secours en cas d'accident ; — 3* un sifflet d'appel ; — k^ une boite en fer-blanc pour contenir l'appareil.

Ajoutons avant de terminer, que l'opérateur peut être revêtu comme dans le scaphandre, d'un vêtement imperméable mettant le corps complètement à l'abri. Si en outre il y a lieu de redouter la chute de certains corps pouvant atteindre l'opérateur, comme cela est susceptible de se produire dans un incendie, il sera prudent de le coiffer d'un casque comme ceux des pompiers.

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