CO
et la différence indique la quantité d'oxygène employée à brûler l'hydrogène libre, soit :
que nous désignerons par (a — h).
Enfin, des données précédentes, on peut encore conclure quel est le vo*
lume d'air dépensé pour brûler un kilog. de charbon, en admettant (n* 85, du
G* Traité) que la combustion complète exige 8"'**^,5 d'air à la température
moyenne pour une houille de bonne qualité. En effet, le volume total d'oxy-
20 8 gène dépensé est proportionnel à A2X-=^,et celui qui a été brûlé à
PO co
CO* -f- -^ -f- («-*); mais à ce dernier il faut ajouter -^ d'oxygène nécessaire 2 ^
pour achever de brûler l'oxyde de carbone. Il y aurait encore à ajouter 3 ou 4
p. 100 d'oxygène pour tenir compte du carbone qui reste dans les escarbilles
et la suie; mais comme, d'autre part, l'oxygène employé à brûler l'hydrogène
libre est évalué trop largement, il est préférable de négliger ces deux causes
d'erreur, qui se compensent à peu de chose près.
Le rapport de Toxygène ou de l'air dépensé à celui qui est strictement néces-
sûre pour une combustion complète est donc :
et, par suite, le Tokime dépensé par kilog. de charbon est :
D'après ce qui précède, on voit que l'appareil Onat^ que nous Tenons de décrire.
fournit des renseignements très-intéressants sur la combustion dans les chaudières, et cela à Taide d^opérations très-faciles, ne demandant que du soin, et parfaitement à la portée d'un ouvrier intelligent.
Chap. VI, § 2. — Conduite des chaudières.
W 74. — 1. Conduite das ohaudières ordinaIrMi à liante pression nvoo Tomploi 4m eondonoenrs à aarfSioe. — 2. Conduite dee ohandières Belleville. — 8. Emploi des antiHMdcairen. — 4. Chandiàres aliaentéee à Tean donoe naturelle.
N^ 74^ Conduite dea ehandières ordinaires d hmnte prc^ssion ftvee l'emploi des eondenseitrs d sopfkee. — Les matières grasses qui ont servi à lubrifier les tiroirs et les cylindres^ et qui sont portées dans les chaudières par Peau d'alimentation, constituent un véritable danger pour les générateurs. Ces graisses, plus ou moins modifiées chimiquement, rendent Teau d'alimentation oxydante ; de plus, en se mélangeant avec les sels qui se déposent, elles peuvent former des boules volumineuses qui obstruent les passages de Teau, peuvent isoler les tôles et donner lieu aux mêmes inconvénients graves que les dépôts salins.
Il existe, pour combattre ce danger, un ensemble de moyens d'une efficacité certaine, que Ton peut résumer comme suit :
1* Réduire let graissages intérieurs. — Sur la plupart des navires, Tusage du suif est supprimé; en France, on n'emploie que l'huile d'olive, et pour n'en consommer que la quantité strictement nécessaire, on fait usage de graisseurs automatiques (n® 584). En Angleterre, on emploie d'une manière exclusive l'huile minérale dite de Crâne. D'un autre côté, sur un grand nombre de bâtiments de la marine militaire ou du commerce, on emploie avec succès pour les presse-étoupe des tiges, des garnitures auto-lubrifiantes (n** 33 J.
2* Protéger les surfaces internes des chaudières^ contre le contact immédiat de Veau. — On doit, dans les premiers temps de l'emploi d'un appareil, ou lorsqu'il vient d'être nettoyé à fond, faire le plein à l'eau de mer, et alimenter exclusivement avec cette eau, jusqu'à ce qu'on ait tapissé l'intérieur des chaudières d'une couche de sel d'un quart à un tiers de millimètre d'épaisseur. — Une mesure qui agit dans le même sens et qui s'applique particulièrement aux fonds, consiste à enduire les tôles d'une couche de ciment de Portland d'environ un centimètre d'épaisseur. Elle peut servir en même temps à faire disparaître les petites fuites dans les parties basses des enveloppes, et qui proviennent de l'inégalité de dilatation, ces parties étant moins chauffées que les hautes. On évite ainsi Tusure qui est toujours la conséquence des fuites.
3* Emploi des tubes en fer. ^ Étamage des tubes des condenseurs et des tuyaux
à*alimefUiUion, — On diminue l'intensité des actions chimiques en composant les diverses parties de la chaudière d*un môme métal. A ce point de yue, les tubes en fer sont préférables aux tubes en laiton et on les rencontre sur un grand nombre de paquebots. Toutefois, il faut que le métal des tubes en fer soit d'une qualité supérieure ; sans cela, ces tubes durent beaucoup moins que les tubes en laiton. — Dans le môme ordre d'idées, il est bon d^étamer les tubes du condenseur et tout le tuyau tage d*alimentation. Cette opération, qui est longue et coûteuse, n*est pas indispensable lorsque les moyens 1* et 2* ci-dessus sont bien appliqués. L'étamage des tubes des condenseurs est pratiqué d*une manière exclusive sur les navires de guerre français. Mais cette opération n'est généralement pas effectuée sur le tuyautage d^alimentation.
k"" Emploi du zinc dam les chaudières, — Cette précaution était appliquée par un grand nombre de compagnies du commerce, et une circulaire ministérielle en date du 1*' juillet 1875, enjoint aux bâtiments de la flotte française de faire usage du môme procédé. On suspend dans les chaudières des plaques de zinc de 30*", sur 50*", et de 14"" à 16" d'épaisseur, en nombre égal h celui des foyers, du côté et à la hauteur des alimentations. On ne sait pas très-exactement quelle est la réaction chimique qui se produit k Taide du zinc; mais on a constaté que ce métal disparaît assez rapidement dans les chaudières ; il est donc attaqué par un agent destructeur, et il produit un bon effet, puisqu^il empoche cet agent de s'attaquer aux tôles. — On pourrait aussi, par plus grande mesure de précaution, mettre des morceaux de zinc sur le parcours de Teau d'alimentation.
5<> Emploi du bicarbonate de soude et filtrage de Veau d^ alimentation. — Pendant quelques années, on a eu recours à Tintroduction du bicarbonate de soude dans le condenseur ; puis on y a renoncé à cause de la complication qu'elle amenait et des ébuUitions fréquentes qui lui ont été attribuées. Cette précaution, bonne en elle-même, est rendue en effet à peu près inutile par l'ensemble de celles qui précèdent. — On peut en dire autant du filtrage de l'eau d'alimentation, qui cependant est fréquemment employé en Amérique : le système consiste en une botte à charnières contenant des éponges, et que traverse l'eau d'alimentation. Ces éponges arrêtent mécaniquement les graisses.
6» Extradions, — Les extractions doivent être pratiquées, non pas d'une manière continue, mais par intermittence. Le degré de salure ne doit pas dépasser 2*,5 du salinomètre réglementaire, et on peut l'abaisser sans inconvénient jusqu'à 2». D'une manière plus précise, il faut opérer au moins une extraction par quart, en produisant un abaissement de niveau de 6*" à 8*". L'extraction doit se faire à la fois à hauteur du niveau, et par le bas de la chaudière. Par le niveau, on rejette les graisses qui surnagent, tandis que l'extraction par le fond permet d'expulser les parties graisseuses amalgamées avec les sels, et que les mouve* ments de l'eau réduisent en boules. L'extraction par le fond doit se faire avec le robinet ouvert en grand.
7* Dégraissage de Veau d* alimentation, — Afin de neutraliser l'action corrosîve des acides gras, MM. Hétet et Risbec ont imaginé d'introduire un lait de chaux dans l'eau d'alimentation (n*21«). La description de l'appareil employé à cet usage est donnée au n<>75s. Les résultats obtenus sur les divers bâtiments où cet appareil est établi ayant été très-satisfaisants, une circulaire ministérielle en date du
CONDUITE DES CHAUDIÈRES.— N« 74i 389
S5 mai 1878 a prescrit de pourvoir toutes les machines, d*une installation simple permettant d'introduire, sinon d^une manière continue, au moins trois ou quatre fois par quart, dans la partie haute des condenseurs et vis-à-vis Parrivée de vapeur, un poids de chaux égal au quart de celui de Thuile employé au graissage intérieur des cylindres et des tiroirs, La même circulaire en date du 25 mai 1878, enjoint d^employer simultanément deux des moyens de préservation dont il vient d'être question; le zinc et la chaux. Mais il importe de remarquer que les sels résultant de la combinaison des acides gras et de la chaux étant insolubles, il convient de ne pas les laisser s'accumuler en trop grande quantité dans les condenseurs, ni dans les chaudières. De là, nécessité de réduire le graissage autant que possible, et de nettoyer les chaudières et les condenseurs aussi souvent que les circonstances de la navigation le permettront.
Faire le plein. — Pour les précautions à prendre avant et après cette opération, ainsi que pour le mode de procéder, se reporter rigout-eusement aux indications du n"* 169i du G** Traité. — Le plein se fait généralement à Teau de mer.
Charfl^er les fourneaux. — Agir ainsi qu'il est dit au n^ 167| du & Traité.
Allumaf^. — Se reporter aux indications du n® 167, du G* Traité pour les précautions à prendre avant l'allumage. — De plus, ne pousser les feux que modérément lors de l'allumage, de manière à employer un temps relativement long pour avoir de la pression. En agissant ainsi, les variations de température sont beaucoup moins brusques ; les différentes parties de la chaudière se dilatent d'une manière sensiblement uniforme, et les coutures fatiguent moins. D'un autre côté, et pour le même motif, réchauffement des tuyaux de vapeur, des boîtes à tirofa* et des cylindres doit également être lent et progressif, si l'on ne veut pas s'exposer à des déformations, et même à des ruptures par suite de dilatations inégales.
Pour obtenir cet échauffement lent des différentes parties dans lesquelles circule la vapeur, il convient d'ouvrir légèrement les soupapes d'arrêt aussitôt qu'on a allumé les feux, de façon à mettre la machine en coDMnunication avec les chaudières. L'ouverture de ces soupapes d'arrêt ne doit pas être trop considérable, car elles ne doivent laisser passer que l'^r chaud qui se dégage au fur et à mesure que l'eau s'échauffe, puis ensuite une quantité de vapeur suffisante pour déterminer un échauffement graduel. Lorsque l'on ouvre ainsi la soupape d'arrêt lors de l'allumage, il est complètement inutile d'ouvrir les soupapes de sûreté, ou du moins, il n'est pas nécessaire de les maintenir
ouvertes jusqu'à la formation de vapeur ; mais il sera prudent de s'assurer du bon fonctionnement de ces organes, en les manœuvrant d'abord avant Tallumage des feux et ensuite dès que Ton a de la pression.
Lorsque Ton allume simultanément plusieurs corps de chaudière, il importe de conduire les feux de manière que les différents corps arrivent en pression en même temps ; sans cette précaution, Ton peut s'exposer à des ébullitions violentes dans ceux des corps de chaudière où la pression serait la plus élevée.
Si Ton ne part pas hnmédiatement après que l'on est en pression, et que la machine soit suffisamment purgée et échauffée, il faudra agir, à l'égard des feux, ainsi qu'il est dit au paragraphe « Rester sur les feux » du n*' 167, du G* Traité.
Dispositions A prendre pendant la marclie. — Suivre les indications du n*» 167^ du G** Traité, — En outre, s'assiurer fréquemment du bon fonctionnement des soupapes de sûreté et des régulateurs d'alimentation. S'appliquer à conduire la chauffe d'une manière régulière. Éviter avec soin les rentrées de l'air froid ; car, au point de vue des refroidissements brusques, les chaudières à haute pression exigent encore plus de soins que les anciens générateurs, & cause des plus grandes variations de température auxquelles elles sont exposées. — Pendant les arrêts ou les ralentissements, il faut s'abstenir autant que possible d'ouvrir les portes des boîtes à tubes. Lorsqu'il y a lieu de procéder au nettoyage des tubes pendant la marche, cette opération doit être conduite avec la plus grande célérité, en employant l'appareil Rowlland (n^* 78,) de préférence aux écouvillons. — Le décrassage des grilles doit s'effectuer ainsi qu'il est dit au n** 168^ du G" Traité.
Oonserver nn niveau constante — Précsantions à. prendre relativement â, ratimentation en marche. — Consulter les indications des n°" 169, et lôO^ du G^ Traité. — Observer en outre que les chaudières qui nous occupent prennent leur eau d'alimentation dans des bâches à eau douce, dont les capacités sont généralement assez restreintes, et qui ne tarderaient pas à se remplh: si les régulateurs d'alimentation n'étaient pas ouverts d'une quantité suffisante; cette ouverture doit être telle, qu'il pénètre à chaque instant dans les chaudières une quantité d'eau égale à la quantité de vapeur dépensée par la machine dans le même temps. Sans cette précaution, Texcës d'eau arrivant dans les bâches à eau douce se déverserait par la
déchai^ accidentelle, et cette eau, ainsi perdue, devrait être remplacée ultérieurement par une égale quantité d'eau de mer. — Si Talimentar tion avait été insuffisante pendant quelque temps, on ne tarderait pas à s'en apercevoir par rabaissement du niveau de Teau dans les chaudières, et pour ramener le niveau à sa hauteur normale, il faudrait nécessairement forcer raUmentation et introduire dans les chaudières une quantité d'eau supérieure à la quantité de vapeur dépensée par la machine dans le même temps. Pour que les pompes alimentaires ne travaillent pas à vide, il serait nécessaire d^augmenter l'ouverture du réparateur, et d'introduhre dans les bâches à eau douce une quantité d'eau de mer d'autant plus conûdérable que les régulateurs d'alimentation seraient plus laidement ouverts.
Le maintien d'un niveau constant dans les générateurs alimentés à l'eau de mer, a pour but principal d'éviter les fluctuations de pression dont les inconvénients sont indiqués au n* ITS^ du & Traité. Ces inconvénients subsistent également avec les chaudières à haute pression ; mais en outre, ainsi qu'on vient de le voir, la non-observation du maintien d'un niveau constant fait perdre une certaine quantité d'eau douce. Il est donc de la plus haute importance de proportionner l'ouverture des régulateurs d'alimentation des divers générateurs en fonc^ tion, à la consommation d'eau faite dans chacun d'eux. Il va de soi que l'on devra s'assurer de temps à autre du bon fonctionnement des appareils indicateurs du niveau de l'eau, et les contrôler par celles des robinets de jauge. S'il se produisait des fuites aux chaudières ou au tuyautage d'alimentation, il faudrait nécessairement employer tous les moyens dont on dispose pour réduire ces fuites, et n'ouvrir le réparateur que de la quantité strictement nécessaire pour que le niveau de l'eau des chaudières et des bâches à eau douce demeure constant.
Il faut s'assurer, plusieurs fois par quart, du degré de concentration de L'eau des chaudières. Si Ton s'aperçoit que la concentration augmente, cela ne peut provenu: que de l'une des causes suivantes : ou le réparateur est trop ouvert, ou les tubes du condenseur fuient. Dans les deux cas, le niveau de l'eau dans les bâches à eau douce sera trèsélevé, et les déchaînes accidentelles devront laisser sortû: une quantité d'eau plus ou moins considérable, suivant l'intensité des fuites ou le d^é d'ouverture du réparateur. La première chose à faire en pareille occurence, sera de fermer les réparateurs en totalité jusqu'à ce que le niveau de l'eau dans les bâches à eau douce soit revenu à bonne hauteur. Si cette dernière circonstance ne tarde pas à se produire, c'est
que le mal provenait uniquement de la trop grande ouverturede ces réparateurs. Si, malgré la fermeture de ces derniers organes, la décharge accidentelle continue de fonctionner, c'est un indice cert^n que les tubes du condenseur fuient, et qu'une partie de Teau de circulation tombe dans le condenseur. Dans ce dernier cas, il sera nécessaire de pratiquer de temps en temps quelques extractions pour éviter la formation de dépôts salins. Si les fuites étaient considérables, ce dont on s'apercevrait par la quantité d'eau déversée par les tuyaux de décharge accidentelle et par l'augmentation de la concentration aux chaudières, il faudrait se rapprocher de la manière de faire à Tégard des chaudières à moyenne pression alimentées à l'eau de mer. Il faudrait, par suite, fonctionner à une pression ne dépassant pas 3**,25, afin d'éviter les dépôts salins, et ouvrir les extractions continues de manière à maintenir la concentration entre 2*,5 et 3** du pèse-sels réglementaire.
Il est évident que, pour un même degré de détente, la puissance de la machine se trouvera diminuée par le fait de l'abaissement de la pression de régime; mais si l'on fonctionnait avec l'organe de détente variable, il sera possible de diminuer la perte de puissance en augmentant la durée de l'introduction. Quoiqu'il en soit, la consommation de combustible par cheval et par heure sera plus considérable que lorscpie l'on fonctionnait dans les conditions normales; aussi devra-t-on remettre les tubes du condenseur en bon état dès que les circonstances le permettront.
. Les matières grasses employées au lubrifiage des tiroirs et des cylindres, quoique décomposées en gi-ande partie par le fait de l'introduction du lait de chaux (n° 75,), pourront être chassées à l'extérieur en pratiquant tous les quarts, une extraction de 6 à 8 centimètres, le tuyau étant disposé pour prendre l'eau à la surface à 8 ou 10 centhnètrès au-dessus de la rangée supérieure des tubes.
Abaiseienieiit notable du nÎTean de l'eaa aux chaudières. Mesures d prendre. — Suivre les indications du n** 169^ du & Traité. — Remarquer en outre, que cet abaissement ne peut provenir que de l'une des causes suivantes : manque d'eau dans la bâche àeau douce, par le fait de pertes extérieures de vapeur ou d'eau douce ; fuites dans le tuyautage ou dans le générateur; mauvais fonctionnement des pompes alimentaires.
Si l'abaissement du niveau aux chaudières provient d'un manque
d'eau dans la bâche à eau douce, on rétablira le niveau dans ce dernier récipient en ouvrant le réparateur; puis on forcera l'ouverture du régulateur d'alimentation jusqu'à ce qu'on ait remis le niveau des chaudières à bonne hauteur.
Da Tis le cas où cet abaissement serait dû à des fuites dans le générateur, il faudrait agir ainsi qu'il est dit dans le paragraphe précédent. S'il s'agit d une fuite dans le tuyautage, on atténuera la fuite en effectuant une bonne rousture et en agissant d'après les indications du n* 175, du G" Traité.
Enfin, si cet abaissement provient du mauvais fonctionnement des pompes alimentaires, on en recherchera immédiatement la cause (n"* 178^ et 196, du G* Traité). Dans ce dernier cas, on supprimera momentanément le fonctionnement de la pompe alimentaire, et on visitera la boîte de trop-plein pour remettre les choses en état. — Pendant cette réparation, on effectuera l'alimentation à l'aide du petit cheval en le faisant puiser dans la bâche à eau douce, si la disposition du tuyautage le permet, ou à la mer dans le cas contraire.
Dans le cas où l'eau ne paraîtrait ni dans le tube de niveau, ni aux robinets-jauges, il faudrait procéder ainsi qu'il est dit au n® 169^ du G* Traité.
lÉhiMMonmet projections d'eau. — Ces accidents proviennent de lune des causes indiquées aux n** 174^ 174, et 174, du G* Traité. — En outre, les matières grasses ayant servi au lubrifiage des cylindres, et qui sont entraînées aux chaudières par l'alimentation, sont les causes dominantes des ébullitions qui se manifestent dans les nouvelles chaudières. Pour prévenir dans la mesure du possible, l'accident dû à une semblable cause, il convient, ainsi qu'on l'a déjà dit, de laisser tapisser l'intérieur des chaudières d'une légère pélicule de sel, afin que l'eau ne soit pas en contact immédiat avec des tôles décapées ; de réduire le graissage des cylindres au strict nécessaire, et de veiller au bon fonctionnement de l'appareil à lait de chaux, en proportionnant la quantité de chaux à celle des matières grasses employées au graissage des parties dans lesquelles circule la vapeur; enfin, en effectuant des nettoyages fréquents de l'intérieur des chaudières. Par ailleurs, lorsque l'accident est déclaré, agir ainsi qu'il est dit aun* 174 du G* Traité, en opérant, à l'égard de la machine, ainsi qu'il est dit au même numéro pour le cas où l'ébullition serait accompagnée de projection d'eau.
Sapprimer une chaudière A la mer et en allmuer antre. — Agir rigoureusement ainsi qu'il est dit au n* 173^ du C Traité j en évitant toutefois de faire extraction complète de la chaudière supprimée, à moins de nécessité absolue, et en prenant par ailleurs toutes les précautions nécessaires pour empêcher la contraction brusque des tôles.
Activer on ralentir les feux. — Se reporter aux indications du n^ 167jj du G** Traité^ en maintenant toutefois les alimentations ouvertes d'une quantité suffisante pour que l'eau des bâches ne puisse se déverser par la décharge accidentelle. — Le ralentissement des feux s'obtiendra par la fermeture totale ou partielle des cendriers, et au besoin l'ouverture des portes des fourneaux, préférablement à l'ouverture des portes de boîtes à tubes ; ce dernier moyen ne devra être employé que dans les cas exceptionnels, à cause des variations brusques de température qui en résulteraient pour les parties hautes du générateur.
Stoppage. — Avant un stoppage prévu de la machine, il conviendra de forcer un peu l'alimentation de manière à stopper avec un niveau un peu élevé, et ne pas être dans l'obligation d'alimenter au petit cheval pendant l'arrêt. Si le niveau venait à baisser pendant le stoppage, par suite de l'échappement de vapeur par les soupapes de sûreté, on le ramènerait à bonne hauteur à l'aide des petits chevaux, en prenant l'eau aux bâches à eau douce, si la disposition du tuyautage le permet.
Si les pompes de circulation sont indépendantes, les tuyaux d'échappement des soupape de sûreté sont généralement en communication directe avec les condenseurs. Dans le cas d'une semblable disposition, on évite les pertes d'eau douce, en faisant fonctionner la pompe de circulation pour condenser la vapeur au fur et à mesure de son arrivée au condenseur. Si l'échappement des soupapes de sûreté aboutit à l'extérieur, on pourra diminuer la perte d'eau résultant de l'échappement à travers ces soupapes, en faisant fonctionner les pompes de circulation pendant les arrêts. — L'échappement de vapeur des petites machines motrices de ces pompes aboutissant toujours aux condenseurs, la vapeur dépensée par ces machines pourra, de la sorte, être renvoyée aux chaudières. Si en outre, les cylindres sont pourvus de chemises communiquant avec le condenseur, on pourra également ouvrir les robinets de communication des chemises aux chaudières et
aux condenseurs, et éviter ainsi d'ouvrir les soupapes de sûreté; ou du moins, leur ouverture pourra être considérablement diminuée. Dans tous les cas, et suivant la disposition du tuyautage, il conviendra de prendre toutes les précautions nécessaires pour diminuer les pertes de vapeur à travers les soupapes, car outre les pertes d'eau douce, l'échappement à l'extérieur occasionne un bruit très-incommodant pour les manœuvres exécutées sur le pont.
Rester »ur les feue. — Lorsque l'on reçoit l'ordre de rester sur les feux, il faut agir ainsi qu'il est dit au n** 167^ du G^ Traité^ et employer tous les moyens nécessaires pour diminuer la production de vapeur. On profite de cette circonstance pour nettoyer les fourneaux, ainsi que les tubes, si cela est nécessaire.
Pousser les féax. — Quand, après être resté sur les feux, on veut les remettre en activité, il suffit d'étendre le charbon uniformément'sur la grille, de recharger modérément les fourneaux, d'ouvrir les portes de cendrier et de fermer celles des fourneaux. — Suivre d'sdlleurs les indications du n* ICT^ du 6^ Traité.
Hettoe bas les feux. — Lorsqu'on doit mettre bas les feux, on doit prendre toutes les dispositions énumérées au n* lôS, du C Traité, — De plus, dès que l'opération qui nous occupe est effectuée, on prend toutes les précautions nécessaires pour éviter les rentrées d'air froid dans les courants de flamme ; on ferme notamment les portes des fourneaux et de cendriers, et on met le capot de cheminée en place. Â moins qu'il n'y ait lieu de procéder à quelques réparations dans les chaudières, on s'abstient de faire extraction complète; on se contente d'une extraction jusqu'au bas du tube de niveau. Les chaudières sont vidées à la cale après qu'elles ont été suffisamment refroidies.
Remarque. — Dans les machines pourvues de condenseurs à surface, le nettoyage de ces derniers récipients s'effectue généralement après la mise bas des feux. La vapeur est introduite dans les condenseurs par un tuyau ad hoc, après avoir vidé l'eau de circulation n» 75,. Le courant de vapeur, ainsi introduit, a pour but de faire fondre les graisses qui recouvrent les tubes, et de les faire tomber dans le bas des condenseurs, d'où elles sont ensuite facilement enlevées par les portes de nettoyage.
N"" 74, Conduite des chaudièpes Belleville. — Les chaudières Belleville sont à tubes d'eau (n" 61 ^ et s)- Ces appareils sont encore trèspeu usités sur les navires ; mais on en rencontre fréquemment sur les canots à vapeur, et il nous a paru indispensable de donner quelques explications détaillées sur leur conduite.
Faire le plein. — Dans les appareils de canot, introduire Teau dans le cylindre-niveau par la tubulure disposée à cet eflfet. Ouvrir le robinet de décharge de l'épurateur, ou celui de Téchappement direct dans la cheminée, pour laisser évacuer l'air contenu dans les tubes. S'assurer que Teau arrive bien dans le collecteur inférieur en interrogeant le robinet de vidange ; puis lorsque le niveau de Teau a atteint la hauteur voulue dans le tube, mettre à poste le bouchon à vis qui ferme la tubulure de remplissage. — Pour les précautions à prendre avant et après cette opération, consulter le n» 169, du G^ Traité.
Dans les appareils de navire, manœuvrer le petit cheval à la main, à moins que la hauteur de Teau dans les réservoirs, résultant d'une disposition spéciale de ces récipients, ne soit plus élevée que la partie supérieure des cylindresniveaux. — Dans ce cas, ouvrir les robinets à soupape qui servent de régulateur d'alimentation dans chaque générateur, et laisser le niveau de l'eau s'établir à mi-hauteur du tube de niveau dans chacun d'eux. Ouvrir la soupape de sûreté de chaque générateur pour laisser sortir Pair contenu dans les tubes. — Observer que les cylindres-niveaux étant vides, le flotteur du robinet automoteur d'alimentation de chacun d'eux est au bas de sa course, et que ce robinet est par suite ouvert en grand. — Au fur et à mesure que l'eau atteint la hauteur voulue dans chaque générateur, fermer le robinet à soupape correspondant.
Lorsqu'il y aura lieu d'obtenir rapidement la pression, il suffira que l'eau s'élève de 2 à 3 centimètres dans le tube de niveau.
ChaPiper les fourneaux. — Le charbon est réparti sur la grille dans les conditions et d'après le procédé ordinaire (n* 167i du G' Traité). — Si on a le choix du combustible, employer de préférence des houilles k flammes courtes.
Garnir le fourneau avec d'autant plus d'étoupes grasses qu'il y a plus d'urgence à obtenir rapidement la pression.
Alluma^ e« — Se reporter aux indications énoncées au n* 167, du G'' Traité pour les précautions à prendre avant Tallumage. — En outre, mettre un peu d'eau dans le fond de chaque cendrier, afin d'éteindre immédiatement les escarbilles incandescentes qui tombent à travers les grilles. De la sorte, le fond du cendrier ne peut atteindre une température élevée, et réchauffement des fonds du navire n'est pas à redouter. D'autre part, Tair qui pénètre à travers les grilles est plus frais et a plus d'action pour la combustion.
Dans les appareils de navire, soulever la soupape de sûreté de chaque générateur mis en fonction, jusqu'à ce que la formation de la vapeur soit produite. — Dans les appareils de canot, ouvrir dans le même but, le robinet d'échappement direct dans la cheminée ou celui de décharge. Fermer le robinet d'échap-
pement direct ou les soupapes de sûreté, au fur et à mesure que la vapeur se forme dans chaque générateur, et décoller les soupapes d'arrêt. S'il est besoin de pousser les feux, se servir du robinet d'échappement direct pour augmenter e tirage et activer par suite la combustion.
Aussitôt que la pression est obtenue, échauffer, purger et balancer la machine (n** 176i, et 176, du C Traité) en ouvrant les soupapes d'arrêt, et en purgeant Tépurateur; puis si Tonne part pas immédiatement, manœuvrer comme il est dit ci-après au paragraphe Rester sur les feux, —Si la machine est mise en fonction, régler dans l'appareil de canot, Tévacualion de la vapeur dans la cheminée suivant l'activité du tirage que Ton veut avoir, et dans tous les cas, à moins d'une marche lente, tenir les feux plus actifs pendant la première heure environ, parce que, indépendamment de la vapeur à produire pour la marche, il faut encore subvenir à la dépense de chaleur absorbée par l'élévation de la température des enveloppes, de Tépurateur, du cylindre-niveau, du tuyautagc de vapeur, etc.
Dispoftitionfi â prendre pendant la marche. — Voir le n<> 161 ^ du CTraité. — Déplus, régler l'ouverture de l'échappement variable pour modérer ou activer le tirage. S'assurer de temps à autre que les organes d'alimentation, entre autres l'automoteur et la soupape de trop-plein, fonctionnent bien ; vérifier de môme Tautomoteur d'extraction dé l'épurateur. — Dans les appareils de canot, purger de temps à autre ce dernier récipient. — Entretenir toujours une nappe d'eau dans le cendrier. S'appliquer à conduire la chauffe d'une manière régulière. Tenir toujours la grille bien garnie d'une couche uniforme de combustible. Charger souvent et peu à la fois. Employer de préférence, s'il est possible, du charbon peu gras à flamme courte. Suivre pour le décrassage des grilles pendant la marche, les indications du n* 168, du G^ Traité. — Le ramonage ne s'effectue en général, dans les appareils de canot, qu'au mouillage ou pendant les arrêts. Il s'opère alors à l'aide d'une brosse en crin spéciale. Dans les appareils de navire, on emploie en marche le ramonage à la vapeur. Le tuyau de conduite de vapeur, en caoutchouc, est raccordé sur un robinet placé contre la caisse à soupapes d'arrêt et de sûreté. On introduit la lance, munie du manche en bois qui termine le tuyau, entre les éléments, et on ouvre le robinet de vapeur doucement. -- Au mouillage et à froid, on passe la brosse en crin.
Le' nettoyage intérieur des tubes ne s'effectue qu'après la mise bas des feux. Si pendant la marche quelques tubes ou boites de raccord persistaient à conserver un aspect gris alors que les autres sont noirs, cela indiquerait que le noir de fumée se brûle à leur contact, c'est-à-dire que leur température est plus élevée que celle des autres par suite des dépôts de graisse ou de sels formés à l'intérieur. — 11 faudrait procéder le plus tôt possible au nettoyage intérieur de ces tubes ou de ces boîtes de raccord.
Conserver un nivean constant. Précautions relatives A ralimentation soit en marche, soit quand on va stopper ou qu^on est d^â stoppé. — Consulter les indications énoncées aux n'* 169, « , du G^ Traité. — Les oscillations du niveau de leau dans la chail-
dière et dans le cylindre-niveau proviennent de Tirrégularité de la chauffe et d*ane alimentation défectueuse. Pour diminuer ces oscillations, on devra s'appliquer à obtenir une production régulière de vapeur par un chauffage bien conduit; il faut apporter le plus grand soin à ce que Peau employée à Palimentation soit aussi pure que possible, et que les différents organes de Talimentation, pompe, injecteur, trop-plein, crépine et automoteur soient toujours dans les meilleures conditions de fonctionnement. Interroger fréquemment le tube de niveau. Observer que lorsque la machine est en marche, le niveau de Teau dans le tube est toujours plus élevé que dans l'appareil tubulaire, parce qu'avec le fonctionnement de la machine, le courant de vapeur qui s'établit de l'appareil tubulaire au tube diviseur, produit une sorte d'aspiration qui empêche la pression dans le cylindre-niveau d^être égale à celle de la chaudière. Cet effet est encore plus sensible lorsque l'eau d'alimentation se déverse directement dans le cylindre-niveau pour passer de là dans le collecteur inférieur, parce que cette eau condense à son arrivée, une certaine quantité de vapeur,
— Pour connaître la hauteur vraie de l'eau dans la chaudière, il suffit de stopper; l'équilibre dépression s'établit dans le cylindre-niveau et dans le générateur, et le niveau accusé dans le tube est bien alors celui de l'eau dans la chaudière. — Dans les appareils de canot, il est bon en marche, de tenir toujours le niveau de l'eau au haut du tube. Dans les appareils de navire, le niveau de l'eau doit, dans les mêmes conditions, être toujours maintenu dans le tube supérieur.
Dans le cas où le robinet automoteur d'alimentation fonctionnerait d'une manière défectueuse, il faudrait le manœuvrer èi la main comme un régulateur d'alimentation de chaudière ; serrer un peu ses garnitures pour le maintenir dans la position voulue, ou encore tenir le contre-poids soulevé à l'aide dMn bout de fil de fer amarré contre une partie saillante du cylindre-niveau.
Abaissement notable du niveau de l'eaa aux ehaadières. Hei^nres â prendre. — Voir le n"* 1694 du G^ Traité. — Observer en outre que l'abaissement du niveau de l'eau dans le ou les générateurs, ne peut provenir que de l'une ou de quelques-unes des causes suivantes : 1* manque d'eau dans les caisses ou réservoirs à eau douce; 2* fuites dans le tuyautage ou dans le générateur; 3* fonctionnement défectueux de la pompe alimentaire; 4* soulèvement accidentel de la soupape de trop-plein d'alimentation ; 5« obstruction de la crépine d'alimentation et fonctionnement défectueux de l'automoteur d'alimentation.
Si le niveau de l'eau baisse de plus en plus dans le tube, manœuvrer l'automoteur d'alimentation à la main, comme il est dit ci-dessus. De plus, mettre l'injecteur alimentaire en fonction, et fermer un peu la porte du cendrier pour ralentir la combustion et diminuer momentanément la vaporisation. Rechercher ensuite la cause qui produit l'abaissement du niveau, en circonscrivant, pour ainsi dire, par une investigation rapide, la partie défectueuse.
I. — S'assurer, par exemple, d'abord de la hauteur de l'eau dans les caisses. Si Teau manque, introduh'e de Teau de mer dans la caisse alimentaire, et
fonctionner avec cette eau, en observant les mesures indiquées ci-après, à l'article chauffe h Veau de mer.
II. — Si Teau est à bonne hauteur dans les caisses, jeter un coup d*œil sur le tuyautage, et inspecter rapidement le générateur, pour s'assurer s'il y a ou non des fuites. S'il y a des fuites dans le générateur, et que ces fuites soient telles qu'il est impossible de tenir le niveau (n^ 175, du G^ Traité), mettre bas les feux et visiter aussitôt que possible la partie avariée. Si les fuites se produisent dans le tuyautage, agir comme on fait en pareil cas (n* 175, du G^ Traité)^ c'est-à-dire atténuer momentanément la fuite à l'aide d'une rousture.
III. — Dans le cas où il n'y a pas de fuites dans le générateur ni dans le tuyautage, interroger le robinet de purge de la pompe alimentaire et le tuyau de refoulement de cette pompe, pour se rendre compte de son fonctionnement {n^ 178| du G^ Traité). — Si le fonctionnement delà pompe est défectueux ou laisse à désirer, agir comme il est dit au n« 196, du G^ Traité.
IV. — Si la pompe fonctionne bien, reporter son attention sur le trop-plein d'alimentation et la crépine. Si la soupape de trop>plein d'alimentation ne fonctionne pas ou fonctionne très-peu, c'est un indice qu'elle ne porte pas ou qu'elle porte imparfaitement sur son siège. Un corps dur, par exemple, peut s'être logé sous la soupape, et la maintenir soulevée. Dans ce cas, supprimer momentanément le fonctionnement de la pompe alimentaire, démonter le couvercle de la caisse à soupape, dégager et nettoyer cette dernière, remonter le couvercle de la caisse avec une limande au suif comme joint, et remettre la pompe en fonction. Lorsque le refoulement de l'injecleur se fait dans la caisse à soupape, ainsi que cela a lieu dans plusieurs appareils de canot, supprimer son emploi pendant que l'on effectue Topération ci-dessus, et stopper la machine en prenant les précautions indiquées ci-après.
V. — Si la soupape de trop-plein fonctionne à chaque refoulement de la pompe, c'est un indice que la crépine est obstruée en partie ou totalement. Agir, dans ce cas, comme il est dit ci-avant pour la pompe. Démonter, nettoyer et remonter rapidement la crépine, en se servant dans le remontage, de joints au suif; puis remettre en marche. Si les joints fuient, les envelopper, ainsi que la boîte de la crépine, dans une large et bonne rousture.
Les diverses opérations qui viennent d'être énumérées ci-dessus doivent se faire intelligemment et le plus rapidement possible.
Dans tous les cas où l'eau disparait complètement des tubes de niveau, il faut stopper et se rendre compte immédiatement de la cause ou des causes du manque d'eau. Si le niveau baisse dans l'une des chaudières d'un appareil de navire, il faut manœuvrer l'automoteur à la main, fermer la porte de cendrier de cet appareil pour diminuer la production de vapeur, puis s'assurer, en agissant comme ci-dessus, si les organes d'alimentation de cette chaudière fonc^ tiennent, et s'il n'y a pas de fuites dans le générateur ou dans le tuyautage. Si le niveau baissait à la fois dans toutes les chaudières, agir comme il est dit ci-avant; diminuer l'allure de la machine et la vaporisation en fermant les cendriers. Stopper, si l'eau disparaissait complètement.
400 COiNDDlTE DES CHAUDIÈRES. — N' 74,
tiSbollitions et projections d*eaa. — Les ébulHtions et les projections d'eau proviennent des causes indiquées au n^ 174,, , «i «, du G* Traité^ mais surtout d'un niveau tenu trop haut et d'une chauffe mal conduite et trèsirrégulière. Il faut, en pareil cas, régulariser la chauffe et diminuer l'alimentation en agissant à la main sur le robinet automoteur, ou en surchargeant son contre-poids à l'aide des rondelles en fer ad hoc. Purger fréquemment Tépurateur de l'appareil de canot, et pratiquer de plus fortes extractions dans l'épuraleur des appareils de navire, soit en surchargearit le contre-poids de l'automoteur d'extraction, soit en s'aidant du robinet de purge. Après avoir ramené le niveau à la hauteur voulue, régler le contre-poids des automoteurs d'alimentation et d'extraction en conséquence.
Sapppimep une chaudière A la mer et en allumer une autre. — Se reporter aux indications énoncées au n* 1734 du G^ Traité. — En outre suivre, pour la chaudière supprimée, les indications données à l'article ci- après : mettre bas leê feux.
Activer ou ralentir les feux. — Voir le n» 1675 du G^ Traité. — Pour augmenter l'activité des feux, ouvrir davantage la porte ou les portes de cendrier, et augmenter progressivement l'épaisseur de la couche de charbon sur la grille. Dans les appareils de canot, ouvrir un peu l'échappement dans la cheminée pour augmenter le tirage. Dans tous les cas, nettoyer les grilles h l'aide du crochet, et bien niveler le charbon. — Le ralentissement des feux s'obtiendra en fermant plus ou moins la porte ou les portes de cendrier. Dans les appareils de canot, fermer en tout ou en partie Téchappement dans la cheminée. Enfin, dans tous les cas on pourra brûler les escarbilles.
L'ouverture de la porte de fourneau et celle de la boîte à tubes ont pour effet de faire tomber la pression en refroidissant le générateur et son enveloppe. Mais ces moyens, surtout le dernier, ne doivent être employés que comme dernière ressource. On peut encore faire tomber la pression en tenant le niveau plus élevé, c'est-k-dire, en alimentant davantage. L'eau sera entraînée en plus grande abondance dans l'épurateur, d'où on l'enverra aux réservoirs par la purge ou par l'automoteur. Il ne faudrait cependant pas échauffer par trop Peau des réservoirs, car cela pourrait nuire au fonctionnement de la pompe alimentaire.
Stoppages ou arrêts. -— Si l'on est prévenu que l'on va stopper, faire un bon niveau à l'aide de l'injecteur ou du petit cheval, si la pompe alimentaire n'est pas suffisante, en tenant soulevé le levier du contre-poids de l'automoteur; et, aussitôt que l'on reçoit l'ordre de stopper, ne fût-ce que pour quelques minutes, fermer les portes de cendrier et ouvrir celles des foyers. Ouvrir aussi, de préférence à la soupape de sûreté, et pour prévenir une perte d'eau,fla soupape de décharge de l'épurateur pour envoyer la vapeur en excès dans le réfrigérant, d'où elle se rend, après sa condensaUon, dans les caisses à eau. — Dans les appareils de canot, ouvrir également le robinet de décharge, c'est-à-dire d'envoi de vapeur à l'organe d'épuisement de
Peau de la cale, afin d'utiliser la vapeur en excès, et refaire les niveaux & l*aide du petit cheval ou de Tinjecteur, si la production de vapeur est considérable.
Restcn» sur les feux. — Si Tarrèt doit se prolonger, en un mot, si Ton doit rester sur les feux (n« IQl^ du G* Traité)^ attirer le charbon sur Pavant de la grille, et laisser la soupape ou le robinet de décharge de Tépurateur suffisamment ouvert, pour n'avoir que la pression à laquelle on a reçu l'ordre de se tenir. Maintenir les niveaux, si besoin est, à Paide des alimentateurs auxiliaires, et employer le temps d'arrêt au décrassage des grilles ainsi qu'au ramonage des tubes, s'il y a lieu.
Remonter en pression, — Pour remonter en pression, niveler le charbon sur la grille et charger modérément le fourneau; fermer la porte de foyer, ouvrir celle de cendrier et fermer le robinet ou la soupape de décharge de Pépurateur. S'il y a lieu de pousser rapidement les feux, ouvrir le robinet d'échappement direct dans la cheminée pour augmenter le tirage; puis, lorsque la pression le permet, échauffer, purger et balancer la machine, et attendre les ordres en évacuant, s'il y a lieu, l'excès de vapeur par la décharge de Pépurateur. Se conformer pour la conduite des feux, à ce qui a été dit à l'article activer ou ralentir les feux.
Mettre bas les feui» — Si l'on reçoit l'ordre de stopper et de mettre bas les feux, effectuer cette opération en se conformant aux indications énumérées au n^ I685 du G^ Traité, — Une note émanée du ministère de la marine, relativement à la conduite des appareils de canot prescrit, en pareil cas, de prendre à la pelle le charbon qui se trouve sur la grille, et de le jeter à la mer, afin d'éviter de mouiller les tôles de la chaudière. Les générateurs Belleville ne doivent jamais être vidés à Pextinction des feux, afin d'éviter le refroidissement brusque des tubes. Il serait même préférable de les remplir complètement. Se reporter par ailleurs aux indications énoncées au n* I684 du G^ Traité.
Si Pétat de Patmosphère fait présager un abaissement de température à déterminer la congélation de Peau, il faut vider complètement le générateur par le robinet de vidange, et laisser écouler Peau qui est dans le tuyautage, avant que la chaudière soit complètement refroidie.
Harehe acscldentelle à, Peau saomâtre on A l'eaa de mér«
— Appareil de canot. — DafTs les appareils de canot, où, par suite de manque d'eau dans les caisses à eau douce, on se trouve dans la nécessité de fonctionner & Peau de mer, il faut procéder comme suit : Remplir provisoirement d'eau de mer la caisse à eau en communication avec la pompe alimentaire, faire monter le niveau de Peau dans le générateur en déchargeant le contre-poids de Pautomoteur d'alimentation, et en le manœuvrant à la main s'il y a lieu ; purger fréquemment Pépurateur ou tenir son robinet de purge ouvert d'une manière permanente, et d'une quantité telle qu'il ne sorte que de Peau par ce robinet ; prendre de temps à autre de Peau à la petite purge, mesurer la con- III. â6
eeniraiion de cette eau à Taide du pèse-sels, et tenir le niyeau d'autant plus haut que le degré de concentration de Teau est plus élevé. Dans tous les cas, ne jamais dépassera* de concentration.
En se rendant dans Tépurateur, la vapeur entraîne une quantité d*eau d'autant plus considérable que le niveau de Teau dans la chaudière est plus élevé. D'autre part, Peau entraînée violemment avec la vapeur, s'oppose en partie à la cristallisation des sels dans les tubes supérieurs et enlève une notable quantité de ces sels. A son arrivée dans Tépurateur, la vapeur se sépare de l'eau et des sels qu'elle a entraînés, et ces derniers sont rejetés à la mer par le robinet de purge de Tautomoteur manœuvré comme il est dit ci-dessus.
Appareil de navire. — Dans les appareils de navire où les machines sont forcément pourvues de condenseurs à surface, il peut se faire que l'eau recueillie dans les bâches à eau douce, soit saumâtre par suite de la non étanchéité des garnitures des tubes des condenseurs. Cet état de choses, préjudiciable au fonctionnement des générateurs, pourrait avoir des Qonséquences très-graves si l'on n'en était prévenu. Il convient donc, dans les appareils pourvus de ces sortes de condenseurs, de se rendre compte de temps k autre, au moyen du pèsesels, de la nature de l'eau recueillie dans les bâches à eau douce. Si la présence de l'eau de mer, en plus ou moins grande quantité, est constatée, il faut opérer comme il a été dit ci-dessus; c'est-à-dire faire monter le niveau de l'eau dans les générateurs, et surcharger le contre-poids de l'automoteur de purge de l'épurateur, de façon à maintenir le degré de concentration de l'eau dans les générateurs au point voulu.
Si par suite d'un manque d'eau douce dans les réservoirs, on était dans l'absolue nécessité de fonctionner à l'eau de mer, il faudrait procéder comme suit:
Faire puiser la pompe alimentaire dans une caisse de réserve préalablement remplie d'eau de mer, et agir comme il a été dit ci-dessus au point de vue des niveaux dans les générateurs et de l'automoteur de purge de l'épurateur. Diriger le trop-plein d'alimentation dans la caisse où puise la pompe alimentaire et se servir du robinet de purge k la main de l'épurateur, soit pour produire une extraction continue, soit pour faire des extractions intermittentes. — L'eau de condensation devra être dirigée de la bâche k eau douce dans une caisse spéciale. —Enfin, on sera conduit très-probablement k diminuer l'allure de la machine, k cause des pertes de chaleur résultant des extractions. Lorsque la provision d'eau distillée obtenue en agissant ainsi sera jugée suffisante, on devra mettre la pompe alimentaire en communication avec la caisse qui contient cette eau, vider tous les récipients et tuyau dans lesquels circule Peau de mer ; et remettre la machine k l'allure normale, lorsque l'eau de mer de la chaudière aura été remplacée par l'eau distillée.
En fonctionnant k l'eau de mer ainsi qu'il vient d'être dit, on peut dans l'espace de deux à trois heures, recueillir assez d'eau pour une marche que l'on estime en moyenne k quarante-huit heures, mais qui peut être plus ou moins prolongée, suivant l'état de l'appareil au point de vue des fuites d'eau et de vapeur. Dans tous les cas, lorsque l'on aura mis bas les feux, après une marche à l'eau saumâtre ou k l'eau de mer, il faudra démonter quelques-uns des bouchons de viaiie des tubes et des collecteurs pour se rendre compte de l'état des
surfaces intérieures du générateur, et procéder, s'il y a lieu, à un nettoyage complet.
N^ 74, Emploi des antl-caloaipes.— Dans les machines pourvues de condenseurs par mélange, Teau d'alimentation prise k la bâche est sensiblement aussi salée que celle de la mer. En effet, on a vu au n* 97i du G^ Traité, que la condensation d'un kilog. de vapeur exige environ 25 kilog. d'eau de mer à 12*, injectés dans le condenseur, pour que le mélange soit à la température de 40* à laquelle il convient de maintenir l'eau de la bâche. Pour peu qu'il y ait quelques entraînements d'eau, ce qui oblige à forcer l'injection, Teau de la bâche atteint à très-peu près le chiffre de 0,035 de concentration. On a expliqué au n* 170, du G* Traité, comment se comportent, dans les chaudières, les divers sels que renferme l'eau de mer, les inconvénients qu'ils occasionnent et les divers procédés employés pour atténuer ces fâcheux effets. Les extractions (n* 172, du G' Traité) convenablement dirigées ont été reconnues comme le moyen le plus efficace pour éviter de trop fort dépôts ; mais elles occasionnent des dépenses d'autant plus fortes qu'elles sont plus abondantes.
Des instructions ministérielles prescrivaient de maintenir la concentration entre 2*,5 et 3* du salinomètre réglementaire, dans les chaudières fonctionnant entre 2** et 2'\ 75 de pression absolue ; mais on a pensé que ces extractions et par suite la dépense qui en résulte, pouvaient être réduites dans des proportions notables sans augmenter sensiblement les dépôts. Cette manière de voir était basée sur ce que, à la température de 130* et à la concentration de 0,105, l'eau de mer est déjà presque complètement sursaturée par rapport au sulfate de chaux; c'est-à-dire que ce sel est presque complètement mis en liberté, même avant que l'eau se vaporise. Dès lors, l'augmentation de la concentration ne peut avoir que peu d'effet sur la manière dont se comporte ce sel, et pourvu que l'on se trouve assez loin de la saturation par rapport au sel marin, le degré de concentration de l'eau des chaudières peut être augmenté. Dans le môme ordre d'idées on a été conduit à penser que des extractions trop abondantes pouvaient, au lieu de diminuer les dépôts, contribuer à les augmenter, car les sels de chaux devenant libres dès que l'eau atteint la température de 130*, plus on introduit d'eau, plus grande doit être la quantité des sels de chaux précipités. Des expériences faites à ce sujet sur le transport la Creuse, faisant le service entre Toulon et la Cochinchine, n'ont pas donné des résultats satisfaisants, et il est encore d'une bonne pratique de ne pas laisser monter la concentration au-delà de 3* du salinomètre réglementaire pour les chaudières à moyenne pression alimentées à l'eau de mer.
Il est parfaitement reconnu aujourd'hui, que c'est pendant les temps d'arrêts, alors que la vaporisation est la moins active, que la plus grande partie des sels que le courant de vapeur maintenait en suspension, se déposent sur les surfaces de chauffe. Pour prévenir ces effets, il importe de déconcentrer l'eau des chaudières pendant les temps d'arrêts, en pratiquant des extractions et des alimentations successives, ces dernières étant naturellement faites à l'aide du petit cheval, puisque la machine ne fonctionne pas. On a également reconnu que le sel déposé à chaque période de fonctionne-
ment ne durcit réellement qu'à la période de fonctionnement suivante -, on a constaté en ouvrant les portes de regard, qu*après avoir pratiqué une trèsforte extraction en arrivant au mouillage, les surfaces de chauffe n^étaient recouvertes que d'un dépôt pulvérulent et peu adhérent. Par suite, il y a un trèsgrand avantage au point de vue de la conservation des chaudières, à pratiquer des nettoyages aussi fréquents que possible, et à effectuer une forte extraction immédiatement après la mise bas des feux. Mais il ne faut pas que Teau découvre le faisceau tubulaire, afln d'éviter les contractions brusques qui résulteraient de la circulation de Tair froid dans les courants de flamme, si les tubes n'étaient pas baignés par l'eau.
La dépense occasionnée par les extractions étant très-considérable, on a cherché et l'on recherche encore aujourd'hui les moyens propres à prévenir les dépôts, tout en restreignant considérablement les extractions. Les matières essayées pour combattre les incrustations et qui portent le nom générique d'an/icalcairej sont très-nombreuses; jusqu'à ce jour, aucune n*a donné une solution complète de la question, en permettant de supprimer les extractions ; mais il en est pourtant qui ont fourni des résultats partiels diminuant dans une mesure notable, les inconvénients résultant de l'alimentation à l'eau de mer.
On peut distinguer parmi ces substances, celles qui agissent par réaction chimique et celles dont l'action est purement mécanique. Citons d'abord quelquesunes des matières agissant par réaction chimique :
La soude catutique a été quelquefois employée avec succès pour désagréger les incrustations persistantes ; mais son prix est très-élevé.
VhypoiulfUe de soude a la propriété d'augmenter la solubilité du sulfate de chaux; malheureusement ce sel est trop cher pour qu'on puisse songer à l'employer; et, du reste, des extractions périodiques seraient nécessaires malgré tout ; elles pourraient seulement être moins abondantes.
Le sel ammoniac a été l'objet de nombreux essais et de rapports très-favorables de la part de chimistes et d'ingénieurs anglais. Ce sel, comme le précédent, élève la limite de solubilité du sulfate de chaux et empêche son adhérence aux parois lorsqu'il se dépose. Le prix de ce sel est bien moins élevé que celui des sels dont il a été question ci-dessus; on pourrait, par conséquent, remployer avantageusement, au point de vue de l'économie de combustible, et cela permettrait de réduire les extractions dans de notables proportions; mais un excès de ce sel peut déterminer l'oxydation rapide des tôles.
Vacide chlorhydrique décompose les carbonates de chaux et de magnésie, en formant des chlorures de calcium et de magnésium, et dégageant l'acide carbonique. Son prix est peu élevé; mais le moindre excès de ce réactif attaque les parois des chaudières, aussi convient-il d'en rejeter l'emploi.
Les substances contenant une certaine proportion de tannin, telles que Vécorce, la sciure de bois de chêne, le ton, les déchets de cuir, etc., ont également été employées dans les chaudières ; ces matières forment avec la chaux un tannate basique de chaux insoluble, mais non adhérent. Seulement, ces matières ont l'inconvénient de pouvoir être entraînées par la vapeur et d'engorger les tuyaux et les robinets.
Citons maintenant des matières dont l'effet est seulement mécanique:
CONDOITE DES CHAUDIÈRES. — N« 74, 405
Les pommês de ierre^ Vamidon, la farine de /t», le son^ la gomme^ etc., donnent à Peau une certaine viscosité qui s'oppose au durcissement des dépôts.
Les substances grasses, comme Thuile et le suif, empêchent Tadhérence des dépôts en s'interposant entre eux et la tôle-, mais les matières grasses ont le grave inconvénient de provoquer des ébulUtions fréquemment accompagnées de projection d'eau.
Déaincpastant Féron. — Ce désincrustant est tout simplement du warech haché que Ton introduit dans la chaudière, soit par le trou d'homme avant l'allumage, soit pendant la marche, par un gros robinet à réservoir central semblable aux graisseurs de cylindre à doubles robinets. Ce produit, essayé sur plusieurs bâtiments en 1875 et 1876, a d'abord donné lieu à des rapports favorables ; mais il est actuellement abandonné, son efficacité ayant été reconnue très-douteuse.
Zinc. — - Le produit qui jusqu'à ce jour semble avoir donné le meilleur résultat, au point de vue de la facilité de l'enlèvement des dépôts, est le zinc. Une dépèche ministérielle enjoint de l'employer dans les chaudières des machines pourvues de condenseurs à surface. — Le zinc a aussi été essayé sur le Itmter, pourvu d'une machine à condensation par mélange, et les résultats ont été favorables au point de vue de la non adhérence du sel, que l'on détachait très-facilement, à la main, soit sur les ciels des fourneaux, soit sur les tubes. Les extractions avaient d'ailleurs été conduites de manière à maintenir la concentration à 3<* du salinomètre réglementaire. Ce n'est pas, en effet, au point de vue de la diminution des extractions que remploi du zinc peut être avantageux, mais seulement au point de vue de la facilité de l'enlèvement des dépôts.
Anti-calcaire Froidevllle. — Ce produit est composé de 0,20 de fécule de pomme de terre, 0,06 de soude caustique et 0,74 d'eau. Avec les chaudières à moyenne pression, la dépense est d'environ 1^ par tonneau d'eau vaporisée. L'anti-calcaire doit préalablement être dissous dans 3 fois son volume d'eau, puis il peut être envoyé dans la chaudière au moyen du petit cheval. Les résultats des essais faits au port de Brest ont été très-satisfaisants, tant que la pression n'a pas dépassé 3*^ 25 \ et la concentration a pu être élevée jusqu'à %" du salinomètre, en faisant une extraction par le fond, toutes les 24 heures, pour chasser les boues. Mais, avec la pression de 6«S et une concentration de ô"" au salinomètre, et bien que la dose d'anti-calcaire fût doublée, il s'est formé des dépôts adhérents.
Ce produit a encore été essayé comme anli-oléique^ à raison de 1"' par kilogramme d'huile ; mais les résultats n'ont pas été tout à fait satisfaisants, car les dépôts recueillis aux chaudières contenaient 11 p. 100 de fer. D'autre part, l'eau receuillie au réfrigérant a toujours eu un goût empyreumatique prononcé.
Les divers produits que nous venons d'examiner ne peuvent prévenir, d'une manière absolue, les dépôts dans les chaudières marines alimentées à l'eau de mer. Jusqu'à ce jour, le seul palliatif réellement salutaire est Textraction
convenablement dirigée, et encore faut-il, pour que Tefficacité soit réelle, que la pression absolue ne dépasse pas 3 atmosphères.
Chaudières aUmentées A l'eau douce naturelle. — Toutes les eaux douces, à Tétat naturel, contiennent une certaine quantité de bi-carbonate de chaux. La plupart renferment aussi du sulfate de chaux, du chlorure de calcium, du chlorure de magnésium et du sulfate de magnésie; en général, ces deux derniers sels sont en très-faible proportion.
La majeure partie des sels de chaux se dépose dès les premiers moments de TébuUition, par reflet du dégagement d'acide carbonique. Ce dépôt affecte la forme vaseuse et donne peu de concrétion. Mais une partie de ce sel reste en dissolution, et c'est cette partie qui, en se précipitant lentement et au fur et à mesure que la vaporisation se fait, forme le tartre que Ton observe sur les surfaces de chauffe des chaudières alimentées k Teau douce.
Le nettoyage des tubes des chaudières ainsi alimentées à Peau douce naturelle, a d'abord été fait en grattant les tubes avec des outils appropriés; mais ce travail est très-long et très-coûteux en raison de la dureté de la croûte et de la difficulté que Ton éprouve à atteindre les tubes placés au centre du groupe. L'adoption d'un certain nombre de tubes démontables facilite, il est vrai, ce nettoyage ; mais, malgré tout, le nettoyage ne cesse pas que d'être long, et les tubes sont toujours un peu détériorés à la suite de cette opération.
Appareil dénncnutant Field. — Pour empêcher la formation du tartre adhérent dans les chaudières de son système, M. Field a proposé de combattre l'incrustation au moyen de l'électricité. — Suivant l'inventeur, il existe dans toutes les chaudières un courant électrique naturel -, ou, en d'autres termes, une chaudière remplie d'eau et chauffée, constitue une véritable batterie électrique développant un courant d'électricité. Les têles se trouvent ainsi dans des conditions très-favorables pour recevoir les dépôts et les matières solides adhérentes; mais une action électrique intérieure, suffît pour empêcher les incrustations de se produire.
L'appareil désincrustant Field se compose d'une tige métallique traversant la paroi de la chaudière, en passant dans des presse-étoupe formés de corps mauvais conducteurs de l'électricité ; cette tige porte, à sa partie inférieure, une cloche ou capsule métallique renversée qui plonge dans l'eau de la chaudière. Le sommet extérieur de la tige est mis en communication avec le pôle négatif d'une pile formée de deux éléments, et le pôle positif de la pile est mis en communication avec la paroi de la chaudière.
D'après l'inventeur, l'application de cet appareil, qui date de plusieurs années, n'a jamais présenté le moindre inconvénient, et les parois des chaudières sur lesquelles il a été établi ont toujours été parfaitement nettes. En un mot, cet appareil aurait donné d'excellents résultats, et les dépôts se formeraient à l'état boueux. Il suffirait d'un nettoyage, plus ou moins fréquent suivant lanature des eaux employées, pour conserver la chaudière dans un parfait état de propreté; ces nettoyages se feraient d'ailleurs très-rapidement, puisque les dépôts ne seraient nullement adhérents.
Attires appareiU diitmructania.^ Plusieurs autres appareils également propres
CONDUITE DES CHAUDIÈRES. — iN« U^ 407
& combattre les incrustations à Taide de rélectricité, ont été brevetés en Angleterre et en Amérique.
Nous citerons en passant Tappareil imaginé par M. G. Tracey^Parry et celui inventé par M. Baker. L'appareil de M. Tracey-Pairy se compose d*un long tube de cuivre formant un conducteur attaché à la paroi supérieure de la chaudière, mais isolé électriquement de cette paroi, et relié par un fil à une autre partie de la chaudière. Ce conducteur porte à chaque extrémité un renflement auquel sont fixées un certain nombre de pointes magnétiques. Le conducteur avec ses pointes magnétiques est placé directement au-dessus du ciel du foyer ou dans la chambre à vapeur. — Les rapports sur le fonctionnement de cet appareil ont été, en général, favorables.
L'appareil BaÂter, que l'on construit actuellement chez MM. KiUonet C^^ à Leed*^ comporte une pièce en platine qui constitue la partie principale de Pappareil ; cette pièce a la forme d*un disque présentant un certain nombre de tiges terminées en pointes fines et disposées symétriquement suivant des rayons. Les axes de ces tiges ne sont pas placés tout à fait dans le plan du disque, mais suivant les génératrices d*un cône très-évasé.
Cette sorte d'étoile se place horizontalement, les pointes dirigées vers le bas, dans le haut du coffre à vapeur et en plein dans le courant de vapeur qui se rend dans la machine. Elle est reliée d'une manière solide à la tôle de la chaudière par un support mauvais conducteur de Télectricité.
Un fil de cuivre assez gros est soudé au bout d'une tige qui fait corps avec rétoile, et met celle-ci en communication avec un point éloigné de la paroi non mouillé de la chaudière. Ce fil est isolé électriquement sur tout son parcours et aboutit par une soudure 2i une borne métallique qui est soigneusement reliée à la tôle du générateur.
Les effets de l'appareil Baker ont été très-variables. D'une part, les journaux anglais rapportent des faits de désincrustation et de préservation remarquables, constatés sur des chaudières alimentées ^ Peau de mer aussi bien que sur celles alimentées à l'eau douce. Plusieurs industriels notamment, MM. Farcol père et fils témoignent des résultats satisfaisants qu'ils ont obtenus de cet appareil. D'autre part, la Compagnie transatlantique et divers industriels n'ont pu réussir, malgré de nombreux essais, à empêcher par ce moyen l'incrustation de leurs chaudières.
Parmi les hypothèses proposées pour expliquer les effets de l'électricité dans l'appareil, voici celle qui nous paraît la plus acceptable. La vapeur, en passant sur l'étoile, décompose son fiuide neutre et la charge d'électricité, ainsi que le fil conducteur et la paroi intérieure de la chaudière. On conçoit donc que les particules solides, lorsqu'elles viennent en contact avec cette paroi, se chargent d'électricité de même nom et soient immédiatement repoussées.
Quand on réussit k bien préserver l'étoile de toute altération, à bien assurer la conductibilité et l'isolement du fil de cuivre, les effets sont vraiment remarquables. On a retiré de plusieurs chaudières des blocs énormes d'incrustation qui se sont peu à peu ramollies et détachées. On a constaté, dans plusieurs cas, qu'après deux ou trois nettoyages qui débarrassaient la chaudière des dépôts
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préexistants^ il ne sV formait plus d'incrustation, mais seulement des boues sans adhérence que des lavages faisaient facilement disparaître.
CuAP. IV, § 5. — Conduite des MACHiNEs.
■• 78. — I . WréomaiÈamm à prendre poor te mlee en merclM et pendent le nmréb» dee aMWihines Woolf dee dlrere typee. — 2. Conduite dee oondensenre à mrlkce. ^ S. Apperell Hétet et RIsbec ponr déffreieser Teeu d'elimentatlon.
N^ 75, Précautioiis A prendre pour la mlae en nuuN^he et pendant la marohe des machines "Woolf des divers types. — Presque toutes les règles de conduite développées au chap. IV, g 3 du G* Traité , sont applicables aux machines Woolf. Nous y renverrons le lecteur, en nous contentant d'expliquer ce qui est particulier aux nouvelles machines.
Mspositimis A prendre avant le départ. — Se reporter aux indications du n* 176, du G* Traité. — En outre, s'assurer, en le faisant manœuvrer, du bon fonctionnement du porteur d'ordres du pont à la machine. De plus, lors de Tallumage des feux, ou peu après, ouvrir en partie les soupapes d'arrêt et les valves de vapeur, d'aiord pour que ces organes ne se coincent pas, et en outre, pom* que l'air chaud et la première vapeur formée à la chaudière, puissent cîi-culer dans les tuyaux, les chemises et les boîtes à tiroir, et échauffer ainsi lentement et progressivement la machine. — Lorsque la pressiou aux chaudières est suffisante, ouvrir les prises d'eau des pompes de circulation ainsi que les obturateurs de décharge de ces pompes et ceux des pompes à air. — Faire marcher les petits chevaux et les pompes de circulation, si elles sont indépendantes, afin de s'assurer du bon fonctionnement de ces machines. Conserver d'ailleurs les pompes de circulation en marche, mais à une allure modérée. — Amorcer les pompes à air, au moyen du réparateur, et faire à moitié le plehi des bâches à eau douce.
Si la machine possède des organes de détente variable, les déclancher, ou bien, suivant le cas, ouvrir la soupape qui supprime leur fonctionnement, ou les disposer de manière qu'ils fournissent la plus forte période d'introduction. S'il existe un régulateur, le disposer pour la plus grande vitesse, afin que les sections d'ouverture des registres soient suffisantes pour assurer le départ. Le régulateur se réglera ensuite en marche pour le nombre de tours demandé. — Afin de faciliter
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la manœuvre des tiroirs, desserrer légèrement leurs garnitures ou celles de leurs compensateurs, en prenant toutefois la précaution de desserrer bien carrément. On ne réglera le serrage définitif que pendant la marche, en ayant bien soin d'agir avec prudence pour ne pas faire un serrage exagéré. Cette dernière recommandation s'applique tout particulièrement aux tiroii'S qui ont des garnitures métalliques. Nous ferons remarquer que, d'une manière générale, le serrage des garnitures des tiroirs aussi bien que de celles des pistons des machines Woolf, doit toujours être modéré. Gela tient à ce que, pour le ou les cylindres détendeurs, la différence des pressions, en vertu de laquelle les fuites se produisent, ne dépasse jamais l'S5; pour le cylindre admetteur, cette différence est plus grande dans les machines à haute pression, mais les petites fuites ont peu d'importance, puisque la vapeur se rend au cylindre détendeur.
Échauffer la machine $ purg^er le condenseur. — Se reporter aux indications du if 176, du G^ Traité. — En outre, échauffer progressivement la machine en ouvrant, comme nous l'avons dit, les soupapes d'arrêt dès l'allumage des feux, et en établissant la communication du tuyau de vapeur avec les cylindres détendeurs, ainsi qu'avec les chemises de tous les cylindres et les doubles-fonds de leurs couvercles. Les divers robinets de purge restent ouverts pendant cette opération. — Déplacer les manivelles de temps à autre afin de pouvoir amener la vapeur dans chacun des bouts de cylindres, et de bien échauffer ces récipients.
S'il est nécessaire de purger les condenseurs et d'y établir le vide avant la mise en marche, commencer par fermer les purges des cylindres. Puis, envoyer directement la vapeur au condenseur, soit au moyen de la soupape de décharge des chaudières au condenseur, soit en manœuvrant la mise en train après avoir ouvert les valves d'introduction directe aux cylindres détendeurs. L'opération s'achève ensuite comme il est indiqué au n° 176, du G^ Traité.
La purge du condenseur ne s'effectue presque jamais avec les machines Woolf, parce que ces machines fonctionnent à une pression suffisamment élevée pour dispenser de cette opération. D'ailleurs, avec les condenseurs à surface, la purge du condenseur est extrêmement difficile à cause de la grande quantité d'eau que renferment les tubes ; cette eau condense la vapeur pendant très-longtemps, et l'empêche de garder une pression suffisante pour chasser l'air que le con-
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denseur renferme. — D'autre part, il importe de remarquer qu'avec une mise en train Mazeline, il est toujours dangereux d'établir le vide au condenseur ; car lors des manœuvres, la machine peut partir avant l'arrivée à bloc de la mise en train, et on est exposé à faire des avaries.
Balancer. — Se reporter au n* 176, du C Traité. — Faire exécuter à la machine, et alternativement, quelques tours en avant et quelques tours en arrière, en suivant d'ailleurs les indications de l'article ci-après.
Mettre en miarche; réguler la vitesse; stopper et renverser la marche. — Nous allons indiquer successivement les différentes manières de procéder pour manœuvrer l'appareil motem-, suivant le genre de machine, le nombre et la disposition des cylindres, et le mode de condensation. Pour les machines ordinaires à condensation par mélange, à deux cylindres indépendants, il suffit de se reporter au n** ITôg du G' Traité, — Examinons les machines autres que ces dernières.
1° Machine a un seul cylindre. — Ce genre de machine ne peut partir, quelle que soit d'ailleurs la pression de la vapeur, si la manivelle n'a pas dépassé son point mort d'une quantité suffisante pour que le couple moteur de départ (n* 7 1 J soit capable de vaincre les frottements et l'inertie des pièces. Lorsqu'une semblable machine est stoppée aux environs d'un point mort, il est nécessaire de la virer à bras d'une certaine quantité pour changer la position de sa manivelle. — Par ailleurs, pour que la machine puisse être lancée dans l'un quelconque des deux sens de la rotation, il faut évidenmient qu'en plaçant convenablement la mise en train, l'introduction ne soit fermée pour aucun des bouts du cylindre. Aussi, est-ce toujours vers la demi-course de son piston que l'on stoppe la machine, ou qu'on la ramène par une manœuvre intelligente de la mise en train et de la valve.
Le genre de machine qui nous occupe ne se rencontre guère que sur les canots à vapeur, et fonctionne généralement sans condensation. La mise en marche s'effectue en ouvrant d'abord le registre de vapeur et les purges de la boîte à tiroir et du cylindre ; puis on porte vivement le secteur à la suspension qui convient à la marche à produire. On donne ainsi à l'appareil une impulsion capable de lui faire franchir le premier point mort, bien que le piston n'ait à parcourir que la moitié de sa coiu'se. — On règle le nombre de tours, soit en modifiant la sus-
pension du secteur, ce qui pennet de faire varier le degré de détente, soit par la manœuvre de la valve.
2" Machines a trois cylindres indépendants. — Ces machines fonctionnent à une période d'introduction maximum de 0,40, obtenue au moyen d'un oi-gane de détente variable sans déclanche. — Pour mettre ces appareils en marche, il faut ouvrir la communication des boîtes à tiroir des trois cylindres, qui consiste en des tuyaux et des robinets ad hoc; de cette façon, le fonctionnement des organes de détente est supprimé. — Cela fait, la machine se manœuvre ainsi qu'il est indiqué au nM76- du G^ Traité, en fermant les puises des cylindres et la communication des boîtes à tiroir dès que les purges ne donnent plus d'eau.
3* Machines Woolf, a trois cylindres côte a côte points morts a 90* ET 135**. — Ces machines sont encore les plus nombreuses sur les bâtiments de la flotte française. Pour assurer le départ, il faut introduire directement de la vapeur dans les boîtes à tiroir des cylindres détendeurs, en ouvrant les valves ou les soupapes à ce destinées. — Le fonctionnement des organes de détente, quand ces organes existent, est suspendu, et les purges des cylindres sont tenues ouvertes. — On place la mise en train dans la position convenable pour la marche commandée, puis on ouvre petit à petit, et simultanément, les registres principaux de vapeur et les registres additionnels; on ouvre également, s'il existe, le robinet établissant la communication entre les deux faces du piston du cylindre admetteur. Dès que la machine s'est mise en mouvement, et que les purges des cylindres ne donnent plus d'eau, on ferme ces purges, ainsi que les registres additionnels et le robinet dont il vient d'être question. — Si la pompe de circulation est indépendante, elle sera mise en marche avant la machine, mais à une allure modérée, que l'on accélérera ensuite suivant le besoin. — Si la pompe de circulation est mue par la machine ellemême, il n'y a pas à s'occuper de sa mise en action ; il suffit d'avoir ouvert sa prise d'eau et son obturateur de décharge. — Si la condensation s'effectue par mélange, on opère comme pour les machines ordinaires, mais en fermant de bonne heure les purges des cylindres.
La vitesse se règle au moyen de l'organe de détente du cylindre admetteur, quand il existe, et à défaut, avec les valves de ce cylindre.
Pour stopper, on commence par supprimer le fonctionnement des détentes variables, puis on ferme les registres et l'injection dans le cas d'une condensation par mélange. La fermeture des registres suffit si la
condensation s'effectue par surface. En même temps, on ouvre les purges des cylindres, puis on manœuvre la mise en train pour l'amener au milieu de son parcours.
Quelle que soit la durée de l'arrêt, il n'est pas nécessaire de stopper les pompes de circulation si elles sont indépendantes; on se contente de niodérer l'allure de la petite machine qui les met en mouvement. Le fonctionnement continuel des pompes de circulation permet de maintenir le condenseur à une température convenable, et de plus, la dépense de vapeur de cette petite machine empêche la pression de monter aussi rapidement aa\ chaudières. Si par ailleurs, les tuyaux d'échappement de vapeur des chaudières aboutissent aux condenseurs, la marche des pompes de circulation devient indispensable tant que les soupapes de sûreté sont ouvertes ; l'allure de ces pompes se règle d'après le débit de vapeur des soupapes.
On doit prendre, en outre, tant pour la machine que pour les chaudières, les précautions indiquées au n" 176^ du G* Traité.
4*'MachikeWoolf,adeuxouaunplus grand nombre de paibes de cylindres BOUT A BOUT POINTS MORTS A 90" OU 120*. — Daus co genre de machine, il y a deux vilebrequins calés à 90% ou trois vilebrequins calés à 120**, ou enfin quatre vilebrequins à angle droit. — Lorsque la machine ne comporte que deux paires de cylindres, il faut, pour que la mise en marche soit assurée, que la période d'introduction aux cylindres détendeurs, soit au moins égale à 0,60. — Après avoir placé la mise en train dans la position qui convient à la marche à produire, on ouvre les valves d'introduction directe dans les cylindres détendeurs, en même temps que la valve principale permettant l'introduction dans les boîtes à tiroir des cylindres admettent. De cette façon, les pistons des cylindres admetteurs reçx)ivent une même poussée sur leurs deux faces, du moins pendant la période d'introduction, et les pistons des cylindres détendeurs déterminent le mouvement. — Si Tune des paires de cylindres se trouvait avoir ses pistons dans une position comprise entre la fin de l'introduction et le commencement de l'avance à l'évacuation, la vapeur introduite dans la boîte à tiroir du cylindre détendeur viendrait agir à-contre de la marche sur le piston du cylindre admetteur correspondant, de sorte que ce dernier tendrait à s'opposer au mouvement que devrait déterminer le piston du cylindre détenteur de lautie paire. La machine pourrait alors éprouver de très^randes difficultés à partir, et pourrait même ne pas partir, suivant la position (les manivelles. En pareille occunence, il ne faut ouvrir d'abord, que
la valve d*introduction directe qui convient au cylindre détendeur dont le piston se trouve dans la période d'admission ; puis, lorsque le mouvement est déterminé, et que la manivelle de Tautre paire de cylindres atteint le point mort, on ouvre le registre additionnel correspondant. — Après un tour ou deux, on ferme les registres additionnels et on règle l'ouverture du registre principal.
Dans quelques machines de ce type, les cylindres détendeurs possèdent des tiroirs spéciaux permettant d'introduire directement dans les orifices de ces cylindres, au lieu d'introduire dans leurs boîtes à tiroir. Avec cette disposition, on peut donner de la vapeur aux cylindres détendeurs quelle que soit la position de leurs manivelles, et la manœuvre est beaucoup plus sûre.
Les variations de vitesse s'obtiennent en modifiant l'introduction aux cylindres admétteurs, par l'organe de détente variable dont ces cylindres sont généralement pourvus, et puis, en dernier ressort, par les registres. — On stoppe en fermant les valves de vapeur et en ouvrant les purges des cylindres; puis on suspend le fonctionnement de l'organe de détente variable.
Les pompes de circulation indépendantes se manœuvrent comme il est dit ci-dessus.
Les machines à plus de deux paires de cylindres, se mettent en marche ainsi qu'il vient d'être expliqué, mais avec plus de facilité, en raison du nombre de manivelles.
5* Machines Woolf, a deux cylindres côte a côte pocsts morts a 90". — Dans ces machines, il existe habituellement un petit tiroir de manœuvre, permettant d'introduire directement de la vapeur, non dans la boite à tiroir du cylindre détendeur, mais dans les orifices mêmes de ce cylindi-e. Avec cette disposition, il est toujours possible de déterminer le départ de la machine, pourvu que la manivelle du piston du cylindie détendeur ne soit pas trop près d'un de ses points morts. Le tiroir de manœuvre, disposé comme nous venons de l'indiquer, permet de purger le condenseur avant le départ, si cette opération est nécessaire.
Quoiqu'il en soit, pour mettre en marche une machine du genre qui nous occupe, il faut d'abord manœuvrer la mise en train dans le sens convenable pour la marche commandée; puis, ouvrir le registre principal permettant l'introduction dans la boîte à tiroir du cylindre admetteur. Cela fait, examiner la position de la manivelle du cylindre détendeur et manœuvrer le tiroir additionnel de façon que la vapeur de la chaudière vienne exercer son action sur la face convenable pour
414 œNDUlTE DES MACHINES. — N» 75,
déterminer le mouvement dans le sens commandé. Lorsque la machine est lancée, on ramène le tiroir de manœuvre à mi-course et on règle l'ouverture du registre principal, les oi^anes de détente, Tallure des pompes de circulation, si elles sont indépendantes, jusqu'à ce que Ton atteigne la vitesse commandée.
Les modifications de la vitesse s'obtiennent au moyen de l'organe de détente du cylindre admetteur, et en dernier ressort par le registre. On règle d'ailleurs l'allure de la pompe de circulation d'après la vitesse de la machine. Pour stopper rapidement avec ces machmes, il est parfois nécessaire de faire tomber le vide du condenseur en ouvrant les purges des cylindres; sans cette précaution, la machine tourne encore pendant quelque temps sous l'influence de la vapeur renfermée dans les espaces neutres et de celle que laisse passer la valve en raison de son imparfaite étanchéité. Toutefois, comme la mise en train est toujours à secteur, on peut se dispenser d'ouvrir les puises en ramenant le secteur à mi-course. — Le renversement de marche, s'il y a lieu de le produire, s'effectuera beaucoup plus facilement et plus rapidement si l'on a gardé le vide au condenseur.
N® 7S, Conduite des (Mindenseaps & siurfkce. — Les condenseurs à surface exigent des soins spéciaux qu'il faut prendre à l'égard de ces organes, soit avant la mise en marche, soit pendant la marche, soit pendant un arrêt, soit enfin à un arrêt définitif de l'appareil moteur.
Soins & donner aux condenseurs & surface avant la mise en marclie. — Avant l'appareillage, lorsque les pompes de circulation sont mues par la madiine elle-même, on fait le plein des chambres à eau de ces récipients. Cette opération s'exécute en ouvrant la prise d'eau et l'obturateur de décharge.
Si la pompe de circulation agit par aspiration, il faut ouvrir les robinets d'air placés à la partie supérieure des coquilles. — Si la partie supérieure des condenseurs est au-dessous de la flottaison, le plein se fera ainsi naturellement ; dans le cas contraire, le plein se complétera lors de la mise en marche de la pompe de circulation. Si pendant la purge des cylindres, on craint que les tubes supérieurs s'échauffent un ]^ trop on peut faire fonctionner le réparateur. — On amorce la pompe à air et on fait le plein de la bâche à eau douce, en ouvrant le réparateur de manière à établir la communication entre les coquilles et la chambre à eau du condenseur. L'eau filtre ainsi entre les dapets du
condenseur remplit la chambre de la pompe à air, puis soulève les clapets de bâche pour passer dans ce récipient. On laisse ainsi le niveau s'élever jusque vers le milieu du tube indicateur de la bâche; puis on ferme le réparateur.
Si les pompes de circulation sont mues par la machine, il n'y a pas à s'en occuper. Lorsqu'elles sont indépendantes, il faut les mettre en marche dès que la machine est échauffée ; mais à une allure modérée, que l'on accélère plus tard suivant le besoin.
Soins & donner anx <M)ndensears & sorfaoe pendant la maFche. — Il faut consulter fréquemment l'indicateur du vide. Si la pompe de circulation est conduite par la machine, il n'y a pas à s'en occuper au point de vue de la quantité d'eau qu'elle débite ; mais il faut surveiller son fonctionnement. Si la pompe de circulation est indépendante, il faut régler son allure pour obtenir le meilleur vide possible avec une température de 35** à 40* pour l'eau de la bâche â eau douce.
Afin que l'alimentation soit continue, et que l'on ne s'expose pas, d'une part, à perdre de l'eau douce par le robinet de décharge accidentelle, ou, d'autre part, à refouler de l'air dans les chaudières; il importe que le niveau de l'eau dans la bâche à eau douce soit toujours à bonne hauteur (vers le milieu du tube indicateur). A cet effet, il faudra faire en sorte que les régulateurs d'alimentation étant bien réglés, le réparateur ne soit ouvert que de la quantité strictement nécessaire pour conserver les niveaux constants aux chaudières et aux bâches.
Par ailleurs, on dégraissera l'eau d'alimentation, ainsi qu'il est expliqué ci-après (n* 755), en introduisant très-régulièrement le lait de chaux dans le condenseur.
Si pendant le fonctionnement Ton s'aperçoit que le niveau de l'eau des chaudières se maintenant à bonne hauteur, le niveau des bâches à eau douce augmente malgré la fermeture des réparateui*s, c'est un indice certain que les tubes ne sont pas étanches et qu'une certaine quantité d'eau de circulation tombe dans la chambre à vapeur du condenseur. Si la fuite est considérable, ce dont on s'aperçoit au fonctionnement de la décharge accidentelle, il faut, pom- éviter les dépôts salins aux chaudières, fonctionner aune pression plus faible, ne dépassant pas 3*S00 absolus, puis pratiquer des extractions en rapport avec la gravité de la fuite.
En marche, il est de toute hupossibilité de remédier à des fuites
intérieures des tubes. Mais cette opération doit être effectuée dès Tarrivée au mouillage, ou mieux, dès que les circonstances permettent de se passer du fonctionnement de la machine. On découvrira las tubes par lesquels les fuites se produisent, en opérant ainsi qu'il suit : 1* vider complètement tous les conduits de Teau de circulation et démonter les coquilles ; 2' remplir d'eau la chambre à vapeur du condenseur, soit au moyen d'une pompe à incendie par le trou d'honune, soit à l'aide du petit cheval ou de l'injection par mélange, si le tuyautage le permet. Il va de soi qu'avant ce remplissage, il aura été nécessaire de fermer la purge de la chambre à vapeur du condenseur, ainsi que l'obturateur du tuyau de décharge accidentelle, si le débouché de ce tuyau à l'extérieur se trouve plus bas que le sommet du condenseur. Ces opérations étant effectuées, il sera facile de reconnaître les tubes dont il faut refaire les garnitures.
Soins à, donner aux <M»ndensears â sopfaise pendant an temps d'arrêt sous vapeur. — Pour éviter qu'un condenseur à surface, dont le sommet est au-dessus de la flottaison, s'échauffe pendant un stoppage d'une certaine durée, il faut fermer la prise d'eau et réduire l'ouverture de l'obturateur de décharge de la pompe de circulation, et faire refouler le petit cheval dans les coquilles inférieures
/,|0 4g \ Au besoin, on ouvrirait de temps à autre le réparateur, en
laissant écouler l'eau à la cale par les tuyaux de vidange du condenseui*.
Si la pompe de circulation est indépendante, et dans ce cas, quelle que soit la position du sommet du condenseur par rapport à la flottaison on devra faire fonctionner cette pompe, mais à une allure modérée.
Remarque. — Les condenseurs à surface sont exposés à des accidents analogues à ceux qui sont indiqués au n* ITT^ du G^ Traité, et qui sont relatifs aux condenseurs par mélange. Pour parer à ces accidents ou les conjurer, il suffit d'agir ainsi qu'il est indiqué à ce numéro.
Soins À donner aox <Mmdenseurs â surface à Farrét définitif de Fappareil moteur. — Afin d'obtenir mi bon vide et une condensation rapide en réduisant le plus possible le travail de la pompe de circulation, il est de la plus haute importance de maintenir les tubes du condenseur dans un paifait état de propreté et d'empêcher qu'ils soient recouverts par les matières grasses qui sont très-mauvaises conductrices delà chaleur. Pour ces motifs, il convient de réduire le grais-
CONDUITE DES MACHINES. — N« 75, 4i7
sage des cylindres au strict nécessaire, sdnsi qu'il a été dit au n^ ^l^^. Il faut, en outre, chaque fois que les circonstances le permettent, procéder au nettoyage intérieur du condenseur. Ce nettoyage peut s'effectuer de deux manières différentes : à la vapeur ou par un lessivage. Pour nettoyer les tubes à la vapeur, il convient de prendre les dispositions suivantes. Lors d'un stoppage définitif, on conserve aux chaudières une certaine pression après la mise bas des feux; puis, après avoir fermé les robinets d'entrée et de sortie de l'eau de circulation, on vide la chambre à eau du condenseur à l'aide d'un tuyautage ad hoc; mais on conserve l'eau qui est dans le fond de la chambre à vapeur, afin de laisser les clapets en caoutchouc immergés. Cela fait, on introduit de la vapeur dans le haut et dans le bas du condenseur au moyen d'un tuyautage spécial destiné à cet effet, et l'on fait en sorte que la température de cette vapeur n'excède pas lOO"", afin de ne pas détériorer les clapets.
Pendant cette opération, les matières grasses recouvrant les tubes sont fondues par la vapeur, et tombent dans le fond de la chambre à vapeur, d'où on les extrait en vidant ce compartiment. — Il faut vingtcinq minutes environ pour effectuer l'opération qui nous occupe.
Le deuxième procédé consiste, après avoir vidé la chami)re à eau du condenseur, ^ remplir la chambre à vapeur avec ime forte dissolution de soude caustique ou de potasse, et d'agiter le mélange afin de favoriser la fusion des matières grasses. On peut, comme pour le premier moyen, introduire, principalement par le bas, une certaine quantité de vapeur qui élèvera la température et déterminera une agitation favorable à l'exécution de l'opération. L'eau savonneuse, résultant du mélange ainsi obtenu, sera extraite par les purges du condenseur, dans des seaux que l'on aura la précaution de disposer au débouché de ces purges, afin de ne pas salir la cale.
Les matières grasses détériorent les clapets et peuvent en gêner le fonctionnement ; en conséquence, chaque fois que les circonstances le permettront, il conviendra d'ouvrir les bâches, les condenseurs et les pompes à air et de nettoyer aussi bien que possible ces récipients ainsi que les clapets. Ce nettoyage peut s'effectuer d'abord à la gratte, pms en frottant les clapets avec ime brosse trempée dans ime dissolution tiède de potasse ou de soude caustique.
N^ 75, Appareil Hétet et Risbeo pour dégrufatier l'c
d*alimeiitatioii« — Les matières grasses introduites dans la vapeur