‹ Les nouvelles machines marines. Supplément au Traité des appareils à vapeur de navigation mis en harmonie avec la théorie mécanique de la chaleur. Ouvrage rédigé pour l'introductionChapitre 72 sur 85 · BAD · texte numérisé non relu

BAD

distillée.

allumés.

remis en aeUvlté.

enlreleava.

J Marche auxiliaii

laile : ..^f,

.. Suif:

CR Dans le rapport ^ , le numérateur indique les consommations réelles in*

scrites dans ce petit tableau, et le dénominateur, les consommations normales, c'est-à-dire les totaux des colonnes 15, 16, 17, IS et 19 du recto du rapport semestriel.

Si la machine fait mouvoir une pompe de cale spéciale, mentionner succinctement la cause de son fonctionnement. La durée de ce fonctionnement se portera à la colonne 23.

No 77, Explleattons relatives an tableau en

Ev tItb. — A gauche: le millésime de Tannée. — il droite deê mote : « Rapport Benteêlriel », le nom du bâtiment, et tout à fait à Tangle supérieur de droite, le numéro du semestre.

Tablkao. — Colonne 1. •* Ce nombre d'heures est fourni par le mécanicien chargé du canot à vapeur ; il doit en faire le relevé h la fin de chaque journée et le porter sur un petit carnet spécialement affecté à cet usage, et sur lequel il mentionnera les dépenses de combustible, d'huile et de suif faites par la machine du canot à vapeur.

Colonne 2. — Ensemble, toutes les machines auxiliaires. Pour n'écrire qu'un seul chiffre qui puisse servir de base d'appréciation, on peut rapporter le nombre d'heures de marche de toutes les machines distinctes à une seule, que Ton désignera dans la colonne 19 des observations, et proportionneQement à la dépense de charbon. Exemple :

La pompe de cale mue par une machine spéciale a marché pendant 2^ et a consommé 500^' de charbon • 500^,00

La machine des ventilateurs a marché pendant 2^ et a dépense 250"» 250^,00

Les machines des treuils ont marche pendant 20'' et avec une consommation de 400*» . 400*«,00

En rapportant tout à la pompe de cale on a :

Pompe décale^ 2^ . s**

Machine des ventilateurs, 2" x r^Q 1 "

Machine! des treuib, 2^ X^ P 36-

Total à inbcrirc: 4^ 36*

Colonne 3. — Somme pour tout' le semestre des consommations de houille pour toutes les machines auxiliaires et pour le canot à vapeur.

Colonne 4. — Ce chiffre est fourni par le commis aux vivres et certifié par l'officier d'administration.

Colonne 5. — Somme pour tout le semestre des consommations de houille

faites pour le service des vivres. Cette quantité est relevée sur les casernets

de quart, en totalisant les nombres inscrits pour le service des vivres à Tar-

ticle coniommationi extérieures,

^ j « T. . C nombre de la colonne 5

Cohnne 6. - Rapport g- = ^^„ j^ ,^ ,„i^, ^ ; ce qui donne la dépense

de combustible corespondant à une ration.

Colonne 7. — Total du charbon dépensé par les forges pour les travaux courants, pendant tout le semestre. Ces quantités sont inscrites sur les journaux de la machine à la colonne versements^ consommations extérieures. Les dépenses faites pour les travaux extraordinaires, tels que : grandes réparations, chauffacge d'une pièce dans un fourneau, asséchage des chaudières, chauffage de la chambre des machines ou de toute autre partie du bâtiment dans les pays froids, etc., sont reportées à la colonne 19 des observations avec mention succincte de la cause de ces dépenses.

Colonnes S, 9 et 10. — Dans chacune, le nombre total d'heures pendant lesquelles l'appareil désigné a fonctionné pour le nettoyage de la carène, multiplié par le nombre d'hommes employés à ce travail.

Colonne 11. — Surface mouillée en mètres carrés. Cette surface est inscrite au registre descriptif, page 13, pour le tirant d'eau moyen en charge. On en déduit sa valeur pour le tirant d'eau moyen du semestre, en mesurant, une fois pour toutes, la longueur de la ligne d'eau à la flottaison au tirant d'eau moyen en charge^ et en multipliant cette quantité par la différence entre le tirant d'eau moyen du semestre et le tirant d'eau moyen en charge; on obtient ainsi, d'une manière suffisamment approchée^ ce qu'il faut ajouter ou retrancher au nombre inscrit au registre descriptif*

/, , ,ft n L S nombre de la colonne 11

Colonne 12. — Rapport ., ^ , ^ = t r ^ j

f-^r ^1 somme des nombres des colonnes 8, 9 e/ 1 0'

ce qui donne le nombre de mètres carrés nettoyés par un homme dans une heure de travail.

Colonne 13. — Somme pour les trois quarts et pour tout le semestre des nombres inscrits au repère 16 des journaux.

Colonne 14. — Puissance nominale officielle.

Colonne 15.

Ti ^ i^ A ± ^ nondfre de la colonne 13 . ,

Rapport effectué =, = — r — y—, ; rrî ce qui donne

*^' F nombre de la colonne 14 ^

le nombre d'heures d'entretien par cheval nominal.

Colonnes 16, 17, 18. — Ces coefficients doivent être déterminés en service

courant et par calme. Quand on veut faire ces expériences, il faut régler le

nombre de tours de la machine, le maintenir aussi exactement que possible, et

à défaut de bases pour mesurer la vitesse, jeter le loch à plusieurs reprises.

On a alors :

^ ^ . ^ , , pas de Vkélice — avance du navire pour un tour

Coefficient de recul = ^ ^ — . „, .,. •

pas de l hélice

Remarque. L'avance du navire pour un tour se calculera à Taide de la formule : A= — ^ — ^^ ; dans laquelle on représente par :

A ravance pour un tour.

V le nombre de milles à l'heure.

N le nombre de tours d'hélice par minute.

Si Fhélice est à pas variable, c'est le pas de sortie qu'il convient de prendre pour la détermination du coefficient de recul, à moins qu'il ne soit spécifié qu'on a opéré différemment dans les essais officiels. Si dans ces essais Ton a pris le pas moyen, il fandra agir de la même manière en service courant.

Colonne 19 (observations). — Former dans cette colonne le petit tableau suivant :

KUUtMS

des colonnes.

DéPSHSES.

Huile.

Suif.

Charbon.

Trav* extraordinaires.

Nota. — Il faut indiquer succinctement dans la colonne 19, le motif du fonctionnement du canot et des machines auxiliaires. S'il y a plusieurs machines auxiliaires, il faut indiquer celle à laquelle ont été rapportées les heures de fonctionnement.

N^ 77^ Coefficients de rendement.— C^oefficient de rendement de la machine seule.

Recto, au bas du tableau. — r* ligne : lu valeur do H s'obtient en faisant la somme des toiaux dos colonnos 9, 11 et 13 du recto. 2* ligne: La valeur de Tl' s'obtient en faisant la somme des trois produits :

r^ multiplié par le (otal de lu colonne 8. c^ — — 10.

3* ligne: La valeur normale de ce coefficient = 1. (Voir les observations, ciaprès, relatives à ce coefficient).

k* ligne : Ce rapport s'obtient en faisant :

somme de» totaux des cofonnes 20 gf 21 du recto somme des totaux des colonnes 9, \l et 12 = H

La valeur normale de ce rapport est donnée au registre descriptif, page !21.

Remarque. Si le rapport obtenu surpasse notablement celui inscrit au registre descriptif, il y a lieu de mentionner succinctement dans la colonne 2k des observations, les causes qui ont déterminé Taugmentation de ce rapport.

5* ligne : Ce rapport s'obtient en faisant

total de la colonne 22 du recto

douze foi* le nombre total de tonneaux de charbon introduits dans les fourneaux'

La quantité de charbon, formant le dénominateur de ce rapport, s'obtient en faisant la somme des totaux des colonnes 9, 11, 13, 15, 16, 17, 18 et 19.

La valeur normale de ce rapport est 0,12.

Pour le rapport de CR à CN, inscrit à la main dans la colonne observations, les valeurs de CN sont :

Pour la marche auxiliaire, 0,15G x total de la colonne 14.

Pour tes foyers allumés, rallocation ( multipliée par la somme des nombres

réglementaire (n* 76i) ( inscrits au repère 10 des journaux.

Pour les feux remis en activité, Tailo- ( multipliée par la somme des nombres

cation réglementaire (n* 76i). . . . f inscrits au repère 11 des journaux.

*our tes feux entretenus, l'allocation ( multipliée par la somme des nombres

réglementaire (n*" 76i) ( inscrits -au repère 12 des journaux.

n I. f é'itj tenace S multipHée par la sommo des nombres

Pour reauduUlUe, 16S666 { j^Jj^ ^^^^^^ ,4 des journaux.

OBSERVAnONS RELATIVES AUX COEFFICIENTS DE RENDEMENT. — TouteS leS fols qu'un

coefficient de rendement atteint ou surpasse 1,2 de sa valeur normale, il faut justifier son augmentation. — Cette augmentation peut être justifiée :

1' Pour les matières grasses : par leur mauvaise qualité, par des échauiïements, ou par Tétat des portées exigeant un graissage plus abondant.

2* Pour les escarbilles : par la mauvaise qualité du combustible, par son état en poussière, ou par Timpossibilité moUvée de les repasser au feu.

3» Pour Vallumage : par la mauvaise qualité du charbon, par son état en poussière, par la durée des appareillages ou des mouillages.

40 Pour la marche auxiliaire, la remise en activité des fetix ou leur entretien : par la mauvaise qualité du charbon ou l'insuffisance des allocations réglementaires.

50 Pour la distillation : par la mauvaise qualité du charbon, par le fonctionnement du petit cheval refoulant de l'eau dans le réfrigérant, par Tallumago d^ne chaudière exclusivement a/Tectée à la distillation.

m RAPPORT SEMESTRIEL. — N» 77»

H 6<» Pour le coefficient de rendement économique g;, il faut d^abord comparer

les coefficients de recul obtenus pendant les essais officiels aux trois allures de marche sous vapeur, aux coefficients de recul trouvés dans les essais faits en êervice courant, pendant ce semestre, et qui sont inscrits aux colonnes 16, 17 et 18(Terso du rapport semestriel). Si les premiers sont plusgrandsque les seconds, c'est que Tétat de la mer et Taction du vent ont contribué à augmenter le rap-

port R>. Si les coefficients des colonnes 16, 17 et 18 sont supérieurs à ceux des

essais officiels inscrits au registre descriptif, page 35, c*est que la carène est

sale ou Tarrimage défectueux; d'où une augmentation du rapport «p. — Enfin,

si le coefficient de recul pour tout le semestre diffère peu du coefficient moyen de recul des essais officiels, toute la responsabilité de l'augmentation du coefficient de rendement économique retombe sur la machine, car Tinfluence du vent de la mer ou de Pétat de la carène a été sensiblement nulle.

Cette augmentation peut être justifiée :

1" Par la mauvaise qualité du charbon; 2* par des fuites abondantes d'eau ou de vapeur aux chaudières; 3* par des fuites de vapeur intérieures ou extérieures dans la machine; 4* par un mauvais vide au condenseur déterminé par des rentrées d'air ou par un mauvais fonctionnement des pompes à air; ô« par une accumulation de sels sur les surfaces de chauffe.

Comme le coefficient moyen de recul pour tout le semestre est presque toujours supérieur au coefficient moyen de recul des essais officiels, il est bon de se rendre compte de la part de responsabilité qui incombe à la machine, en ramenant le coefficient de rendement économique h, ce qu'il aurait été avec un recul moyen égal h celui des essais. A cet effet, on multiplie le coefficient de rendement économique du semestre par le rapport :

coefficient moyen cT avance du iéinêêtre, coefficient moyen d^ avance de* es$au*

on trouve ainsi le coefficient de rendement économique de la machine seule*.

En effet, pour un chemin parcouru de E milles, la dépense réeUe est

H et la dépense normale H'; d'où coefficient de rendement économique

H s=Tj>. — Si nous désignons par A le coefficient moyen d'avance des essais,

par a le coefficient moyen d'avance du semestre et par E le nombre de milles parcourus, nous aurons : E = pas de l'hélice x a; chemin pour lequel nous prenons la consommation normale égale à H'.

* Le coefQcienl d'avance s'entend du rapport de I*avance du navire au pas»

rr • * j. avance coefficient â^ avance = .

Si le coefficient moyen d^arance avait été A comme lors des essais, le che-

min parcouru par le navire eût été: E'=EX— (en désignant ce cheiliîn par E'),

et la consommation normale H' afférente à ce chemin E' serait donnée par TeZ'

pression suivante en fonction de H' : H"= H'X ~* la consommation réelle

restant toujours H.

Le coefficient de rendement économique ramené aux circonstances des essais serait:

îF^ÎTxÂ^IF^A

Remarque, — Ce petit calcul doit être fait fréquemment par le mécanicien chargé pendant le semestre, lorsque le charbon est de bonne qualité, et plus particulièrement lorsqu'il lui arrive de fonctionner à un nombre de tours pour lequel le recul est inscrit au registre descriptif. Il pourra ainsi s'apercevoir de bonne heure des dérangements intérieurs qui pourraient se produire dans le fonctionnement de Tappareil moteur.

' No 97^ Résumé des consommations de honille* — IVotiee aar les charbons employés. — Compte rendu des circonatanises qui ont pn modifier d'une manière sensible le rendement de Fappareil moteur*

Au VERSO. — Résumé des consommations de houille en kilogrammes.

V* ligne. — Somme des totaux des colonnes 9, 11 et 13 du recto.

2* Ugne. — Total de la colonne 15 du recto.

3* ligne, ~ Somme des totaux des colonnes 16, 17 et 16 dtt recto.

k" ligne. — Total de la colonne 19 du recto.

5* ligne, — Nombre de la colonne 3 du verso.

6« ligne. — Nombre de la colonne 5 du verso.

?• ligne. — Nombre de la colonne 7 du verso, augmenté, s'il y a lieu, de la quantité inscrite dans la colonne observation sous la rubrique Travaux extraordinaires.

Le total de toutes ces consommations est la quantité de houille réellement dépensée pendant le semestre pour tous les services réunis.

Remarque. — Si on avait fait un versement à un service quelconque étranger au bâtiment, la quantité versée ne devrait pas figurer en consommation dans le rapport semestriel.

Notice sur les charbons BMPLOvés. *-* Indiquer la provenance et la qualité des charbons employés pendant le semestre. Mentionner la manière dont ces charbons se comportent sur la grille ; s'ils encrassent peu ou beaucoup ; si la crasse est adhérente ou non ; s'ils exigent peu ou beaucoup de tirage. Indiquer également l'aspect de la flamme, de la fumée et de la suie; Tépaisseur de la couche nécessaire pour obtenir le meilleur rendement; ainsi que la proportion de menu ou de poussier à la sortie de la soute.

Transûtiption des ordres. — Compte rendu abrégé des circonstances particulièi^es qwi ont pu modifier d'une manière notable le rendement de la machine. — Cette' note est rédigée par le capitaine. En ce qui concerne la machine, le mécanicien doit fournir les éléments nécessaires, d'après les observations qui ont été faites dans le cours de cette instruction, et, surtout, dégager le coefficient de rendement économique de la machine du coefficient de rendement économique du semestre, a6n que le capitaine puisse se rendre compte de rinfluence sur le coefficient de rendement économique général, des trois termes : vent et mer^ coque^ machine.

Les bulletins de voyage dressés à la fin de chaque traversée sont les pièces à consulter par le capitaine, pour la rédaction de cette partie du rapport semestriel.

Remarque. — En vue de tenir les ports au courant de toutes les circonstances, incidents ou accidents qui ont pu survenir dans les machines des bâtiments armés, et afin de fournir les moyens efficaces d'apprécier les qualités et les défauts des appareils et d'arriver à les perfectionner, une dépêche du 28 octobre 1872 prescrit aux commandants des bâtiments de joindre aux rapports semestriels une copie des annotations inscrites pendant le semestre sur les registres descriptifs et historiques. Cette copie doit être approuvée par les commandants,.et elle est conservée dans le port auquel appartient le bâtiment.

CiiAP.IVI, § 5. — Entretien des chaudières et des machines.

H* 78. — \: EÉMia à ftolA dM chandltoes. — S. EalèveaMiit dM dépMs mHm gralwny. — Chaîne JmibliB. — . Coorrole Lembart. — Apparaît BowUaad. 3. Gonaarvatioii daa ohandltoaa avr laa MUmanta déaarméa.

N^ 78^ Essais A froid des cliandières. — Dès leur achèvement et avant leur mise à bord, les chaudières doivent être soumises à une épreuve à froid au moyen d'une pompe de compression. La même règle doit être suivie à Tégard d'une chaudière réparée. De plus, il est réglementaire de faire subir la même opération, chaque année, aux chaudières en cours de service.

Des ordonnances ministérielles règlent le mode de procéder à ces épreuves. Ces ordonnances peuvent se résumer ainsi qu'il suit * :

1* Toute chaudière neuve ou refondue doit être essayée sous une pression effective double de la pression de régime pour laquelle elle a été construite,

* Voir, notamment; le règlement du 30 juilllet 1877 (B. 0., pa^e M), sur les essais des chaudières employées dans la marine.

toutes les fois que celle-ci n*excèdé pas 6 atmosphères. Lorsque la pression de régime excède 6 atmosphères, la wrcharge d'épreuve doit être constante et égale à 6*« par centimètre carré. — Il importe de se rappeler d^ailleurs, qu'en France, la charge des soupapes de sûreté est toujours réglée sur le grand diamètre de ces soupapes.

2* Toute chaudière simplement réparée sera essayée, avant sa remise en service, à une pression effective égale à une fou ei,de\nie la pression de régime, toutes les fois que celle-ci ne dépassera pas 6 atmosphères. Pour des pressions supérieures à 6 atmosphères, la surcharge d^épreuve sera constante et égale à 3N par centimètre carré.

3<> Une chaudière en service à hord, subira chaque année la même épreuve qu^en 2<» ci-dessus ; pourtant le premier essai n'est obligatoire que deux ans après la mise en place de la chaudière, si elle était neuve ou refondue au moment de son montage à bord.

k"" Dans toutes les épreuves, la pression sera maintenue pendant le temps nécessaire à Texamen de toutes les parties de la chaudière ; on surveillera avec soin les déformations et on les mesurera. Le temps nécessaire à cet exa* men pourra varier de 5 à 10 minutes.

5» Toute chaudière d'un bâtiment armé ou en première catégorie de réserve subira l'essai à l'eau froide une fois par an. — Tout corps de chaudière d'un bâtiment en deuxième ou troisième catégorie de réserve subira l'essai à l'eau froide une fois tous les deux ans. — Si le bâtiment passe de la deuxième ou de la troisième catégorie de réserve à l'état d'armement. Fessai des chaudières sera obligatoire au commencement de l'armement, à moins que les chaudières niaient subi l'essai depuis moins d'un an.

Les essais sont obligatoires pour tous les corps de chaudière, y compris ceux des machines auxiliaires.

Dans le cas où Ton concevrait quelques doutes sur l'état des chaudières d'un bâtiment, on pourra devancer l'époque de Tessai annuel, et on rendra compte au ministre du résultat de cet essai.

6* Il est recommandé de visiter les chaudières en service, aussi souvent que les circonstances le permettront, par les moyens généralement usités, tels que le marteau, l'inspection minutieuse par la vue, le percement de trous quand la présence d'un personnel expérimenté le permettra. Ce dernier procédé devra toujours être conduit de manière à ne pas affaiblir les chaudières. Toutefois, et sauf des cas exceptionnels, la visite par percement de trous ne doit avoir lieu pour les chaudières neuves ou refondues, qu'après la deuxième année ; et pour les chaudières réparées qu'après la première année de leur mise en service. A partir de ce moment, ce mode de visite peut être utilement renouvelé.

7° Quand dans les épreuves à l'eau froide d'un corps de chaudière, on apercevra des indices de fatigue avant d'arriver à la pression égale à une fois et demie la pression effective, on arrêtera l'opération, et les soupapes de sûreté de ce corps et des autres corps du même groupe seront chargées de manière que la pression effective de service soit les deux tiers de celle à laquelle on s'est arrêté.

Si l'essai à l'eau froide conduisait à l'emploi d'une pression inférieure aux

deux tiers de la charge maximum assignée à la chaudière lorsqu'elle était neuve, ce serait Tindication qu'il faut réparer, refondre ou changer l'appareil évaporatoire. Cependant il sera possible d'abaisser encore la charge des soupapes soit en cours de campagne, soit même au moment de la mise en service, lorsque, par la suppression de la détente variable, on pourra compenser Teffet résultant de la diminution de pression, en augmentant la durée de Tintroduction dans les cylindres.

Dans ce dernier cas, comme dans les précédents, les chaudières devront être essayées à une fois et demie la pression de régime adoptée.

8<> Après chaque essai on dressera un tableau qui sera joint au devis d*annement et dans lequel on consignera : les résultats des essais pour chaque corps; les observations recueillies pendant la visite faite en 6* ci-dessus, lorsque cette visite aura eu lieu ; le nombre d'heures de chauffe de chaque corps, depuis que les chaudières sont à bord.

Ce tableau sera dressé et tenu à jour, par les divers services auxquels le bâtiment sera successivement confié. Il sera disposé conformément au modèle ci-joint :

Toute chaudière neuve ou refondue portera un timbre poinçonné indiquant le nom du constructeur et la pression maximum de la chaudière.

Pour mesurer les déformations, dont il est parlé en 4° ci-dessus, que peuvent éprouver les chaudières pendant Tessai à froid, on prendra à l'aide de jauges, alors que les chaudières sont sans pression, l'écartement des faces en regard des foyers et des bottes & feu, ainsi que la distance des faces extérieures des enveloppes à des points fixes du bâtiment, telles que les murailles ou les cloisons des soutes. On mesurera également cet écartement pendant l'essai, et le rapprochement des faces en regard des foyers et des bottes à feu, ou celui des enveloppes aux points de repère fixes pris sur le bâtiment, donnera la mesure des déformations. On consignera sur le tableau des essais, la valeur de ces déformations ainsi que la pression & laquelle elles se sont produites.

Lorsque dans la visite dont il est fait mention en 6^ ci-dessus, Ton aura pratiqué des trous pour mesurer les épaisseurs des tôles ; ces trous seront ensuite légèrement fraisés extérieurement, puis bouchés soit au moyen de rivets, soit par des goujons taraudés; les rivets devront être préférés s'il n'y a pas lieu de craindre que le choc occasionné par le rivetage détermine des fuites ultérieures. Si les chaudières sont fortement affaiblies il sera préférable d'employer des goujons.

Si après un essai fait en cours de campagne, une chaudière est reconnue affaiblie au point de ne pouvoir supporter une pression égale aux deux tien de la pression primitive, on pourra la consolider en augmentant le nombre des tirants, des entretoises et des armatures ; ces dernières pourront d*ûlleurs être maintenues au moyen de boulons, si l'on craint que le rivetage ébranle la chaudière au point de déterminer des fuites. Après cette réparation, la chaudière sera essayée de nouveau, mais en ayant soin d'agir avec prudence, principaloment à partir du moment où la pression aura atteint la valeur sous laquelle la chaudière avait préalablement cédé.

Le mode de procéder aux épreuves des chaudières dans la marine anglaise.

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diffère peu de celui employé en France. Les ordonnances de ramirauté qui régissent la matière, sont sensiblement les mêmes que celles émanant du ministère de la marine française, que nous venons d'analyser. La seule différence consiste en ce que la pression d'essai des chaudières en service doit être double de la pression de régime, et que les essais des chaudières déjà vieilles doivent être faits tous les six mois.

Le mode de procéder aux épreuves à froid des chaudières et les précautions à prendre pour le refoulement de Teau dans les générateurs, sont expliqués en détail au n° 160^ du G^ traité^ et peuvent se résumer ainsi qu^il suit :

Dans les divers ports, les ateliers de la Direction des constructions navales et Tatelier central de la réserve, disposent de pompes foulantes spécialement destinées à ces épreuves*, ces pompes sont munies de manomètres étalons du système Bourdon et d'un tuyautage permettant de les mettre facilement en communication avec les chaudières à éprouver. Le plus habituellement, cette communication est établie par un trou de sel, en remplaçant la porte autoclave en fonte de la chaudière, par une porte en tôle munie d*une tubulure sur laquelle vient se raccorder le tuyau de refoulement de la pompe de compression. Ces portes font partie de Toutillage de la pompe.

En cours de navigation, la pompe à incendie peut remplacer la pompe de compression, si la pression d'épreuve ne dépasse pas 6^* par cm. c. ce qui est le cas le plus habituel. On peut aussi employer le petit cheval lorsqu'il est manœuvrable à bras, et cela, pour toutes les pressions.

Quoi qu'il en soit, la pompe étant disposée, on fait d'abord le plein complet de la chaudière en ayant eu le soin de maintenir la soupape d'arrêt parfaitement fermée; en même temps, la soupape de sûreté est tenue ouverte ainsi que le robinet de purge de la boite de cette dernière soupape. Lorsque Teau sort par ce robinet de purge on le ferme, on cale la soupape et on établit la communication du manomètre étalon avec le tuyau de refoulement de la pompe. — Si la soupape de sûreté est disposée sur la partie la plus éleyée du générateur, tout Tair a été expulsé ; et en pompant pendant quelques instants avec célérité, le manomètre ne tarde pas à indiquer la pression d'épreuve.

Comme la pression monte très-rapidement, il est important de ne pomper qu'à petits coups afin d'éviter les coups de bélier, surtout à partir du moment où la pression atteint celle du fonctionnement normal. Dès que le manomètre marque la pression d'épreuve, on ne fait plus pomper que pour maintenir cette pression, qui tend à tomber par le fait du gonflement de la chaudière.

Si le générateur est déjà affaibli, il est prudent de laisser un peu d'air dans le sommet. On met beaucoup plus de temps pour atteindre la pression d'épreuve, mais la chaudière fatigue beaucoup moins.

Les parties des chaudières qui s'usent le plus rapidement sont : les enveloppes, principalement dans les fonds et à la hauteur du niveau de l'eau; les culottes des cheminées; la partie supérieure des courants de flamme; les côtés des fourneaux et les fonds des cendriers; les fonds et les parties supérieures des boîtes à feu.

En France, lorsque les visites sont faites par les soins de la Direction des

constnictioDs navales, deux trous sont percés dans chaque feuille de tôle composant la chaudière, et les parties, dont Tusure atteint ou dépasse le cinquième de répaisseur de la tôle lorsqu'elle était neuve, sont changées. Dans les visites fréquentes faites à Tintérieur des chaudières, on doit s'attacher à examiner avec soin les tirants, les entretoises et les points d'attache des tirants, principalement celles de ces parties placées à la hauteur du niveau normal de Teau ; ces pièces sont le plus habituellement recouvertes d'une couche d'oxyde trèsépaisse, qui peut faire croire au premier abord, à une très-forte épaisseur de matière, alors que le métal est réduit à presque rien.

N* 'VS, ESnlèvemei&t des dépôts salins ou

L'un des soins les plus importants pour assurer le bon fonctionnement des chaudières, leur conservation, et obtenir une bonne utilisation du combustible, consiste à maintenir Tintérieur des générateurs dans un parfait état de propreté.

Le nettoyage intérieur des chaudières est un travail très-long, pénible et ingrat, qui semble grossier et qui nécessite pourtant un grand soin de la part des hommes qui l'exécutent. Certaines précautions, énumérées en détail au n* ISlt du G^ traité, sont indispensables pour mener h bien l'opération qui nous occupe. Lorsqu'on ne dispose que de marteaux, de pinces aciérées et de grattes, on parvient, à la longue, à nettoyer les faces planes des lames d'eau ainsi que les enveloppes et les ciels de fourneaux ; mais le nettoyage des tubes présente de grandes difficultés et mérite une sérieuse attention.

Lorsque tous les tubes sont fixes on emploie avec avantage, pour ce nettoyage, soit la chaîne Joublin, soit la courroie Lambert dont il est parlé plus loin.

Certains mécaniciens ont employé un procédé plus expéditif et beaucoup moins fatigant, qui consiste, les chaudières étant vides, à allumer sur la grille un feu très-vif qu'on entretient avec des copeaux et autres matières donnant une longue flamme. La dilatation des tubes fait casser le sel qu'on entend craquer et qui se détache par plaques. Ce procédé est peu recommandable, car si l'on chauffe trop, la dilatation des tubes ébranle les joints sur les plaques de tête et on risque en outre de brûler les rivures de la boite à feu.

Un système fondé sur le même principe, mais beaucoup plus pratique, consiste à chauffer chaque tube séparément et par parties, au moyen de mandrins en fer d'un diamètre de 6"" environ, et de 30'" à W de longueur. Ces mandrins sont soudés à des tringles de 2"' à 3'" de diamètre et de longueur suffisante pour pouvoir atteindre la boite à feu. On les fait chauffer à la forge jusqu'au rouge et on les promène ensuite dans les tubes; par le fait de la dilatation des tubes, Tenveloppe de sel se brise et tombe dans le fond des chaudières, d'où elle est enlevée au moyen de petits rouables par les portes autoclaves. Avec une forge descendue dans la chambre de chauffe et trois mandrins, on peut facilement nettoyer une douzaine de tubes par heure, soit un peu plus d'un foyer par jour. L'homme qui manie le mandrin est averti par le craquement du sel que l'effet est produit et qu'il peut avancer son outil.

462 ENTRETIEN DES CliAUDiÈRES. ^ N* 78,

Ce procédé de nettoyage est assez reoommandable; il est ezpéditif et il a le grand avantage de ne pas obliger les hommes à séjourner dans les chaudi^es, ce qui est trè&-malsain, surtout dans les pays chauds. L'homme qui manœuvre le mandrin doit avoir soin de ne pas le laisser trop longtemps à la même place, car une trop grande dilatation des tubes pourrait faire détacher les rivures des plaques de tète ; aussi doit-il avancer son outil dès quMl a entendu le craquement du sel.

Les dépôts graisseux qui se forment dans les chaudières alimentant des machines munies de condenseurs à surface, demandent pour leur enlèvement des soins analogues à ceux que réclame l'enlèvement des dépôts salins. Il importe notamment de s'assurer de l'état de l'air dans l'inténeur des diaudières avant de permettre à des hommes de s'y introduire. Ensuite il conviendra de boucher, à l'aide de tampons, les débouchés des tuyaux qui viennent aboutir dans l'intérieur des générateurs, afîn d'éviter qu'ils ne soient obstrués par de l'oxyde ou des paquets de graisse. Cela fait, on fera gratter avec soin toutes les parties accessibles en enlevant les graisses à mesure. Les parties hautes dans le voisinage du niveau normal, les ciels des foyers près des bottes à feu et le fond des chaudières, sont les points où se forment en général les plus fortes couches.

Les tubes sont très-difficiles à nettoyer directement, aussi après avoir enlevé groucHmodo la plus grande partie des graisses que l'on a pu atteindre, l'enlèvement des dépôts graisseux dans l'intérieur des chaudières pourra être complété en fermant d'abord les diverses portes autoclaves, puis le trou d'homme après avoir fait le plein à l'eau douce et avoir introduit dans la chaudière une certaine quantité de potasse et de soude caustique. On chauffera jusqu'à l'ébullition en laissant la soupape de sûreté ouverte pendant un certain temps, de manière à déterminer une agitation du liquide destinée à produire la saponification des graisses. Lorsqu'on supposera ce résultat atteint, on fermera pendant un temps la soupape de sûreté de manière à obtenir une pression sufOsante pour faire une extraction complète.

Lorsque les chaudières sont pourvues de tubes démontables, ces derniers sont enlevés et facilement nettoyés sur le parquet de chauffe ; quant aux tubes fixes, leur nettoyage devient relativement facile, car les grattes, les demi-lunes ou les pinces sont introduites par les trous des tubes démontés.

Chaîne Jouhlin* — Cette chaîne, représentée par la fig, 27, pi. YIII, est destinée à détacher le sel qui se dépose sur les tubes des chaudières. Il existe deux espèces de chaîne : Tune droite, l'autre héUcoïdale.

Fig. 27, Dans la chaîne droite k,vîte\%\es maillons a en acier trempé, sont installés à la PI vin ^^^i^^vi^i^ ®^ placés alternativement sur deux et sur trois de front. Ces maillons sont taillés de chaque côté en queue d'aronde, et présentent ainsi deux pointes qui avec le milieu de la face droite intérieure, sont sur un arc de cercle dont le diamètre est celui des tubes des chaudières. — La chaîne se passe en sautoir sur trois tubes d, comme le montre la vue *•, et l'on gratte ainsi trois

demi-tubes à la fois. Pour passer la chaîne, rextrémité de celle-ci est munie d*un cordon b que Poq manœuvre au moyen d*un crochet e. La chaîne devant être passée sur les trois tubes di, d^ d, par exemple, le cordon b est descendu en bg puis le crochet c est passé dans Tintervalle b^ et va prendre le cordon b en dessous du tube di et le remonte. Le double est gardé en b^ et le bout libre est descendu dans le même intervalle ; le crochet c reprend ce bout audessus du tube d^^ et le remonte dans Tintervalle b^. On laisse aller le double b^ et on le retient seulement en ^5, en laissant retomber le bout libre dans ce dernier intervalle, d'où il est repris par le crochet en dessous du tube d, et remonté dans l'intervalle («. Le double b^ étant abandonné, on tire sur le cordon b^ jusqu'à ce que Textrémité de la chaîne vienne en main. Il n'y a plus alors qu'à tirer alternativement sur les deux bouts de la chaîne, en la faisant glisser sur toute la longueur des tubes, pour détacher le sel qui les recouvre.

Pour les parties avoisinant les courants de flamme, où Thomme ne peut pas être placé directement au-dessus des tubes, il faut installer des retours, comme pour la courroie Lambert dont il est question ci-après. — Lorsque les moitiés des trois tubes sur lesquels la chaîne est en prise sont nettoyées, on repasse la chaîne en avançant d'un rang de tubes, et ainsi de suite ; on arrive de cette façon à nettoyer complètement tous les tubes, sauf ceux des rangées extrêmes. Pour ces derniers, on emploie plus spécialement la chaîne hélicoïdale, Al, vue 2*.

Les maillons a^ de cette chaîne ont la même forme que ceux de la chaîne droite ; mais il n'y en a que deux à chaque rang, en avançant toujours d'un maillon sur le même côté. De cette façon la chaîne peut être enroulée sur le tube et y faire un tour et demi sans que les maillons se rencontrent. Voici comment on passe la chaîne hélicoïdale, sur le tube e par exemple. Le cordon de la chaîne est descendu dans l'intervalle /", vue k"-^ le crochet descendu dans l'intervalle fij prend ce cordon en dessotu du tube e, et le remonte. Le double étant gardé en /*(, le bout est redescendu ; le crochet engagé en/*, dans l'intervalle le reprend au-dessus du tube e, et le remonte. Le double est lâché en /i et conservé seulement en f. Le bout libre du cordon est de nouveau redescendu par Tinvalle /i repris comme la première fois en dessous du tube c, et remonté dans rintervalle/i. On lâche alors le double en /*, et on tire sur /i, le cordon fait un tour et demi sur le tube, et est remplacé ensuite par la chaîne qui vient à rappel du cordon, et qui prend la position représentée par la vue 3*. — La chaîne est alors manœuvrée en tirant alternativement par chacune de ses extrémités, et en la faisant glisser sur toute la longueur du tube.

La chaîne hélicoïdale est très dure à manœuvrer ; aussi ne s*en seri-on que pour les tubes des rangées extrêmes que la chaîne droite ne peut nettoyer complètement. On comprend même que la chaîne hélicoïdale devient inutile si, pour les tubes des rangées extrêmes, on installe des retours pour que l'un des cordons de la chaîne droite sorte par le trou de sel voisin.

Bien que la chaîne droite soit d'une manœuvre plus facile que la chaîne hélicoïdale, elle n'en exige pas moins l'emploi de deux hommes. La résistance qu'ils doivent vaincre est toujours assez grande pour qu'Us ne puissent pas s'apercevoir immédiatement de la disparition du sel sur les tubes^ de sorte

qu'on est exposé à frotter ces derniers à nu, et par suite à les raguer fortement. -^ La chaîne Joublin débarrasse promptement les tubes du sel qui les recouvre, mais il faut opérer avec la plus grande circonspection.

— Cet outil, qui a été réglementaire pendant quelques années, est actuellement remplacé par les courroies Lambert.

Courroie Ijambert. — La courroie Lambert, fig. 28, pL VIII, destinée à remplacer la chaîne Joublin, est d^une manœuvre plus commode que cette dernière, et offre plus de sûreté pour les tubes.

Fig. 28, — Sur une courroie en cuir A, terminée par deux poignées B, destinées à PI. vm. recevoir des cordons, sont rivetées des griffes en acier trempé a, vues 3* et (i\ contre-tenues, de Tautre côté de la courroie, par de petites plaques en fer a\ vue 5«. Les griffes a ont leurs bords, dans le sens de la longueur de la courroie, relevés h. angle droit; ces bords ont été creusés par trois coups de tiers-point, et forment ainsi quatre dents, vue 6*, dont les angles intérieurs sont abattus en chanfrein, pour former une arête vive. — Bien que la courroie soit droite, l'élasticité du cuir permet de lui faire exécuter un tour complet sur le tube, et en tirant alternativement sur les deux extrémités, les griffes détachent le sel. Les vues V et 2* montrent la courroie installée sur un tube; cette courroie se passant, d^ailleurs, au moyen de ses cordons et d'un crochet, d*une manière analogue à ce que nous avons expliqué pour la chatne Joublin. — Les colliers C,wi« 7% portant les poulies de retour c, sont passés, sur deux tubes des rangées horizontales extrêmes, r un en haut, Tautre au bas. Ces colliers peuvent glisser sur les tubes, mais ils sont retenus par de$ cartahus 1, 2, faisant retour sur des tirants ou des entretoises. Les cordons b, fixés aux poignées B de la chatne, sont tirés obliquement par les hommes, au lieu d'être tirés verticalement comme dans la chatne Joublin. L'un de ces cordons, celui du haut, est tiré vers l'arrière de la chaudière, tandis que celui du bas, qui sorf par un trou de sel, est tiré vers l'avant. 11 résulte de l'action opposée de ces cordons b, que la courroie glisse un peu sur le tube à chaque traction; le tube ne risque donc pas d'être coupé. De plus, l'action oblique des cordons empêche les deux bouts de la courroie de mordre l'un sur l'autre. — Pour les tubes placés au milieu du faisceau tubulaire, le cordon inférieur est en outre tiré très-obliquement par rapport à la façade de la chaudière; les chapes des poulies c sont k émerillon, ce qui leur permet de toujours s'orienter convenablement. Pour les parties des tubes qui avoisinent les plaques de tête avant, il est nécessaire d'installer un deuxième retour pour le cordon inférieur t, placé en dedans de la chaudière, à l'ouverture du trou de sel. — On fait avancer la courroie sur le tube en embraquanl les cartahus 1, ou en leur donnant du mou selon le besoin.

La courroie Lambert, déjà préférable à la chaîne Joublin au poijit

de vue de la facilité de la manœuvre et de la sécunté pour les tubes, est d'une construction beaucoup moins dispendieuse, et peut d'ailleurs être facilement réparée et même confectionnée à bord.

Appareil Roiwland. -— Le ramonage des tubes des chaudières au moyen d'écouvillons, est une opération qui demande beaucoup de temps et qui, par suite, n^est pas sans présenter de graves inconvénients, lorsqu'il est nécessaire de Feffectuer sous vapeur. La production de vapeur est presque nulle dans la chaudière sur laquelle on opère ; de plus, Tair froid qui pénètre par les portes des bottes à tubes nuit au tirage, détermine une combustion imparfaite et occasionne des contractions préjudiciables à la conservation des appareils évaporatoires. Il importe, par suite, d'effectuer le ramonage sous vapeur avec la plus grande célérité. Pour atteindre ce résultat, on emploie, depuis quelque temps déjà, le ramoneur à vapeur connu sous le nom d'appareil RowUand,

Cet appareil se compose d'un tube en caoutchouc vulcanisé, portant à Tune de ses extrémités un raccord en bronze pouvant se visser sur la tubulure d'un robinet ou d'une soupape de prise de vapeur; l'autre extrémité du tube est terminée par une lance en cuivre avec manche en bois. Le robinet ou la soupape de prise de vapeur est fixé sur le coffre à vapeur de la chaudière, et le tuyau en caoutchouc est vissé à son poste chaque fois qu'il y a lieu de procéder au ramonage. La longueur du tuyau doit être telle que l'on puisse atteindre tous les tubes de la chaudière avec la lance.

Lorsque Ton veut effectuer en marche le ramonage d'un corps de chaudière, on dispose un échafaudage avec une planche mise sur deux seaux à escarbilles, en regard du groupe de tubes. sur lequel on veut opérer; l'appareil étant yissé sur la tubulure de prise de vapeur, un homme se place au robinet ou à la soupape, et un autre saisit à la main le manche en bois de la lance ; puis, ayant ouvert la porte de la boite à tubes, ce dernier monte sur l'échafaudage et introduit l'extrémité de la lance successivement dans chacun des tubes, en commençant par la rangée supérieure. L^homme placé à la manœuvre de la prise de vapeur ouvre l'obturateur et le ferme presqu'aussitôt, dès que le premier l'avertit que la lance est introduite dans un tube. Le jet de vapeur chasse la suie du tube et la projette dans la boite à feu.

Le ramonage se fait très-rapidement k Taide de l'appareil Rowland, et ne présente pas le moindre danger lorsque les deux hommes chargés de la manœuvre s'entendent bien; en outre, il n'est pas nécessaire de laisser tomber le fourneau correspondant au groupe de tubes à ramoner. Les inconvénients de ce mode d'opérer sont d'occasionner une dépense de vapeur et de projeter de la suie sur le pont ; mais le premier de ces inconvénients est largement compensé par le fait de la moins longue durée de l'opération.

Lorsque l'on est très-pressé, on peut opérer sans faire fermer la soupape ou le robinet pour chaque tube; l'homme muni de la lance se tient un peu à distance de la boîte à fumée, et fait passer rapidement la lance en regard de chaque tube en procédant horizontalement, et en commençant par la rangée supérieure. — Dès qu'un groupe est ramoné, on ferme la boîto à tubcy, on m. ôO

remet en activité le fourneau correspondant, puis on procède au ramonage d*un nouveau groupe.

Hfo 78, Conservation des ohandières sur les bâtiments désannés. — Lorsqu'un bâtiment passe de la position d'armement à celle de réserve ou de désarmement, le personnel mécanicien est conservé à bord après le débarquement du reste de Féquipage, et cela jusqu'à ce que les machines et les chaudières aient été visitées et placées dans le meilleur état possible pour assurer la conservation de ces appareils. Cette opération constitue ce que Ton appelle la mise en réserve de la machine et des chaudières.

Pour placer les chaudières en position de réserve, on commence par procéder au ramonage de la cheminée, des tubes et des courants de flamme, ainsi qu'au nettoyage des fourneaux et des cendriers. Puis» on ouvre les chaudières et on enlève avec soin les dépôts et les incrustations de tous genres existant à rintérieur, en prenant à cet effet toute les précautions énumérées précédemment

Les cheminées doivent être grattées avec soin, puis peintes au minium ou au gris de zinc tant à Tintérieur qu'à Textérieur; elles sont ensuite recouvertes de leur capot, en ayant soin de s'assurer que ces derniers sont parfaitement étanches. Les tuyaux d'échappement sont également recouverts de capots étanches. — Les boites à feu et à fumée, les conduits de fumée et les foyers sont également grattés et peints comme la cheminée; quelquefois, au lieu de la peinture, on se contente de frotter un bouchon gras sur les parois des foyers après qu'elles ont été bien nettoyées.

Les divers robinets des chaudières sont démontés et rodés, s'il y a lieu ; il en est de même des diverses soupapes. Ces organes sont ensuite remontés après avoir été préalablement huilés, ainsi que leurs divers organes de manœuvre. Les divers tuyaux aboutissant aux chaudières sont grattés et miaintenus tels quels extérieurement ; intérieurement ils doivent être parfaitement asséchés \ à cet effet, on enlève une clef de robinet ou l'on casse un joint vers la partie la plus basse des tuyaux pour qu'ils puissent se vider entièrement ; puis. Ton fait au besoin un joint plein sur le parcours des tuyaux établissant la communication entre l'intérieur des chaudières et la mer, afin d'éviter les infiltrations.

On peut même, si on le juge nécessaire, laisser une partie de ces tuyaux démontée, afin que, dans le cas où la fermeture incomplète des robinets laisserait suinter un peu d'eau, cette eau puisse tomber dans la cale sans séjourner dans les tuyaux. Dans le cas où l'on prendrait cette dernière détermination, il faudrait faire un joint plein sur Textrémité du tuyau attenant à la chaudière, à moins qu'il n'existe un obturateur permettant d'empêcher l'air de pénétrer dans le générateur. -« Les autres tuyaux, tels que ceux d'alimentation, de conduite de vapeur, et, en général, tous ceux qui ne communiquent pas avec une prise d'eau, demeurent entièrement montés après qu'ils ont été asséchés et que leurs soupapes ou robinets ont été rodés.

Quand les chaudières sont parfaitement nettoyées et asséchées intérieurement, les soupapes et les robinets rodés et les tuyaux vidés, on procède à leur fermeture. Plusieurs procédés sont actuellement en usage pour empêcher

Toxydation de Tintérieur des générateurs. Ces procédés sont : 1» la fermeture à Tair chaud, connue sous le nom de procédé Rabourdin ; 2* la fermeture à la chaux yiye ; 3* un procédé mixte consistant dans remploi simultané des deux premiers modes de fermeture.

Le procédé Rabourdin consiste à expulser de l'intérieur des chaudières Pair qui s'y trouve, et à le remplacer par de Tacide carbonique. Voici comment on procède pour atteindre ce résultat. Les chaudières étant préparées comme nous Pavons dit plus haut, les divers robinets et soupapes aboutissant à la chaudière étant fermés, leurs organes de manœuvre sont amarés afin que, par inadvertance, on ne puisse les ouvrir. Les trous d^homme et les portes autoclaves sont disposés pour qu'on puisse les fermer simultanément ; et, à cet effet, les tresses sont mises sur les portes après avoir été préalablement enduites de blanc de céruse du de suif. Cela fait, on garnit de charbon de bois et on allume un nombre suffisant de petits réchauds de 60 à 80 centimètres de longueur, et d'une largeur telle qu'ils puissent être introduits par les portes autoclaves. Ces réchauds, au nombre de six ou de huit pour une chaudière à quatre fourneaux, sont introduits par les portes du bas et par celles placées à la hauteur des ciels de fourneau ; on les alimente jusqu'à ce que la température de l'enveloppe ait atteint 60 à 70 degrés. Ces réchauds sont déplacés de temps en temps dans le sens de la longueur de la chaudière, afin que toutes les parties de celle-ci soient également échauffées.

Cette opération nécessite habituellement de trois à quatre heures, et exige la consommation de 5 à 6 kilogrammes de charbon de bois par fourneau, pour les chaudières réglementaires à faces planes. On reconnaît que l'air est suffisamment raréfié et qu'il est remplacé par de l'acide carbonique, lorsque la combustion semble sur le point de cesser. A ce moment, on retire tous les réchauds à la fois, puis l'on ferme simultanément toutes les portes, si l'on dispose d'un nombre d'hommes suffisant. Dans le cas où l'on ne pourrait pas fermer toutes les portes à la fois, on fermerait d'abord celles du bas, puis celles du haut, en retirant les réchauds à mesure, et enfin le trou d'homme. La fermeture des portes doit s'effectuer avec célérité, afin d'emprisonner l'acide carbonique.

Pour effectuer la fermeture des chaudières par le procédé Rabourdin^ il convient de profiter d'une série de beaux jours et d'un temps très-sec ; car, dans ces conditions, l'intérieur des chaudières n'étant pas chargé d'humidité, l'opération s'effectue plus rapidement et la conservation des chaudières est mieux assurée contre la formation de l'oxyde.

Sur les bâtiments en réserve, dont les chaudières sont fermées par ce pro* cédé, on renouvelle l'opération tous les six mois; généralement, les visites s^effectuent au commencement du printemps et au conunencement de l'au-^ tomne.

Le deuxième procédé^ qui tend beaucoup à se répandre aujourd'hui, et qui a d'ailleurs donné d'excellents résultats, consiste à introduire dans la chaudière de petits bassins en tôle, contenant une certaine quantité de chaux vive destinée à absorber l'humidité et à empêcher l'oxydation. Ces petits bassins sont confectionnés de manière à pouvoir être introduits par les trous de sel et les

portes aaloclaves; ils sont au nombre de douze par corps de chaudière de quatre fourneaux, et généralement disposés ainsi qu'il suit : quatre dans les fonds, quatre à la hauteur des ciels de fourneau, et quatre dans le coffre & vapeur ; ils sont suspendus aux entretoises ou aux tirants à Taide de crochets en fort fil de fer. La dépense de chaux vive est de 20'****^- par fourneau.

On profite également d'une série de beaux jours pour introduire les bassins à chaux, et fermer les chaudières après les avoir toutefois bien nettoyées et asséchées. Ce dernier procédé est plus expéditif et moins coûteux que le système Rabourdiny et donne souvent de meilleurs résultats. Quelquefois on emploie simultanément les deux modes de préservation, c'estr-à-dire que les chaudières ayant été traitées comme dans le système Rabourdin^ on y introduit des bassins de chaux vive avant d*en opérer la fermeture.

Dans le but d'assurer la conservation des chaudières sur les bâtiments désarmés, il est de la plus haute importance de suivre les prescriptions énumérées aux numéros 181 ««, du G' Traité, En outre, il sera nécessaire de procéder, aux époques prescrites par les règlements, aux essais à Teau froide. Ainsi que nous Tavons dit au commencement du présent numéro, les résultats de ces essais seront consignés sur un tableau du modèle page 459, et inscrits au journal descriptif et historique de la machine (page 18 et suivante de la partie historique).

Pour les bâtimenU armée, dont les chaudières doivent être prêtes à fonctionner au premier ordre, on emploie avec avantage le procédé suivant :

Après qu'une chaudière a été nettoyée et asséchée, on place dans chacun de ses fourneaux, près de l'entrée du cendrier, un réchaud que l'on peut alimenter avec de la houille; les trous de sel placés au-dessus et à côté des foyers étant fermés, on met, à Tintérieur, de petits réchauds au charbon do bois près des trous de sels du bas. La soupape de sûreté reste ouverte. Lorsqu'on juge que la chaudière ne renferme plus que de l'air sec, les trous de sel du bas sont fermés, et on laisse retomber la soupape de sûreté sur son siège. — Pour empêcher les infiltrations d'eau de pénétrer dans la chaudière, il conviendrait d'installer de petits robinets de purge sur les tuyaux d'alimentation et sur ceux d'extraction.

«• 7S. — 1. BtMis dM maohIaM après l« moata^ ov aprto des répu^liou lapor» taatM. — a. Bntrtttton dM mmahimm avr !•• bâtlBMrta «■ rém&rw «t ééamrwÊém. — 3. Eaircttoa àmm eonémammuru à wmrtmom «t maiam k dnnatr à cem m^pmtélMm M à ImuTu mcotmaoirmm sur !•■ bAtlnaats «a réaarra at 4

N^ 79| Essais des maeliines après le moiita§^ ou après des réparations importantes. — Dès le commencement du montage d'une machine, des ordres ministériels prescrivent d'embarquer deux ou trois mécaniciens sous les ordres d'un officier de vaisseau, pour suivre cette opération.

Que l'appareil ait été construit par Pindustrie, par un arsenal ou par Pusine iVIndrei , le montage ainsi que les premiers essais sont dimgés par Pusine qui

EiNTRETIEN DES APPxVlŒILS. — N» 79^ 469

a fourni la machine \ cette usine est également chargée de l'entretien et de la conservation de l'appareil jusqu'à ce que ce dernier ait été admis en recette.

Le mécanicien embarqué pour suivre le montage, tient un journal sur lequel il note jour par jour les travaux exécutés par les monteurs et les moyens employés par eux ; de plus, il dresse un cahier, dit de montage, sur lequel il relate toutes les données de la machine, les différents repères, ainsi que tous les éléments propres à éclairer le mécanicien appelé plus tard à diriger Tappareil. Sur ce cahier de montage, il mentionne au fur et à mesure de Tavancement des travaux :

l^ Pour le plan de pose, — Les différentes lignes de repère tracées sur ce plan ou sur les faces latérales des carlingues -, le nombre, la disposition, et les dimensions des boulons de fixation soit de la plaque de fondation, soit des pièces fixes, suivant que la machine est montée sur une plaque de fondation ou directement sur les carlingues. Si ces dernières sont en fer, il mentionne s*il y a eu ou non interposition d'une couche de bois entre les carlingues et la face inférieure des pièces fixes ; et dans le cas d'une semblable interposition, la nature et l'épaisseur de la couche du bois interposé.

Un dessin coté devra d'ailleurs accompagner la page sur laquelle ces renseignements seront consignés.

2*^ Pour les pièceê fixes. — Le mode de jonction de ces pièces entre elles et avec les carlingues ou la plaque de fondation suivant le cas ; la nature et l'épaisseur de la couche du mastic interposé ; la position des différents points de repère, leur but et les distances de ces points à ceux auxquels ils se rapportent. Si le montage de ces pièces présente une particularité quelconque, il devra en être fait mention sur le cahier de montage, et un dessin coté sera annexé à ce renseignement.

Il sera également utile d'indiquer les dimensions principales et les poids des différentes pièces fixes, telles que cylindres, bâtis, condenseurs ; les sections des robinets de prise d'eau et de décharge ; le mode de fixation et la disposition des manchons traversant la muraille et servant à la tenue de ces robinets ; la disposition du tube d'étambot, etc.

En un mot, le cahier de montage doit fournir tous les renseignements de nature à éclairer aussi complètement que possible tout mécanicien appelé à remplacer du jour au lendemain celui qui a suivi le montage. A cet effet, des dessins en nombre suffisant devront être joints à ces divers renseignements.

3« Pour les pièces mobiles. — L'agencement des différentes pièces entre elles, principalement pour celles qui sont cachées, les précautions particulières à prendre tant pour leur montage que pour leur démontage ; les points de repère, leur position et leur distance à ceux auxquels ils correspondent; les longueurs d'axe en axe; le genre de garniture des tiroirs, des presse-étoupe.etc. leur mode de serrage, le pas des vis de serrage ou le cône des clavettes ; la nature du métal des divers coussinets.

Si les bagues métalliques des pistons, les barrettes et les garnitures des tiroirs sont garnies d'antifriction, il devra en être fait mention au cahier de montage. Au fur et à mesure de l'embarquement des pièces, et avant leur montage, le mécanicien relèvera ou fera relever les croquis cotés de toutes l'S

pièces tant fixes que mobiles de la machine ; il s'attachera principalement à relever les croquis des pièces qui seront cachées après le montage.

Des dessins, d'après les croquis ainsi relevés, seront ensuite exécutés à Téchelle; et outre les dessins de ces pièces de détail, le mécanicien exécutera ou fera exécuter les dessins d'ensemble des diverses parties de Tappareil.

Si, pendant le cours du montage, le mécanicien remarquait des agencements défectueux, des dispositions fâcheuses de quelques organes, ou des pièces avariées ne présentant pas des garanties suffisantes de solidité, il noterait son opinion sur le cahier de montage et soumettrait ses observations à Tofficier chargé de suivre les travaux de montage.

Tous les dessins dont il est fait mention plus haut, doivent être faits en double expédition : Tune est annexée au cahier de montage et la seconde est remise à la majorité de la flotte où elle est conservée pour former les archives de la machine du bâtiment.

Toutes les semaines, le mécanicien dresse un rapport des travaux exécutés et il le remet à Tofficier chargé du bâtiment, qui le vise et le transmet à la majorité de la flotte.

A partir du jour où le bâtiment prend armement pour essai et que le personnel mécanicien embarqué est suffisant, ce personnel concourt à la propreté et à Tentretien de la machine et des chaudières.

Pendant les essais préliminaires faits pour le compte de l'usine qui a fourni l'appareil, le personnel mécanicien embarqué assiste en spectateur à ces essais, et étudie les précautions particulières à prendre avant et pour la mise en marche, ainsi que les soins spéciaux à donner à l'appareil pendant le fonctionnement. Afin d'être renseigné d'une manière complète, le mécanicien chargé distribue son personnel de façon que chacun des organes soit surveillé ; il fait en outre des rondes fréquentes pendant le fonctionnement, et prend note de tous les faits intéressants qui se sont produits pendant ces essais. Il consigne ses observations sur le journal et sur le cahier de montage.

S'il se produit des avaries, s'il y a lieu de prendre des mesures particulières pour la mise en marche ou pour les stoppages, sll remarque des difficultés graves pour la surveillance ou pour le graissage de certains organes, il rend compte de ses observations à l'officier chargé de la machine et à l'officier en second, et il en prend note sur le journal.

Lors des essais officiels faits en présence de la commission de recette, le mécanicien chargé, tout en étudiant le fonctionnement de la machine, exerce une sorte de contrôle sur la manière dont fonctionne le moteur, principalement si la machine est fournie par Tindustrie. Il fait notamment tenir un compte exact de la dépense de combustible et de matières grasses aux différentes allures. A cet effet, il assiste ou il fait assister l'un de ses honmies au pesage du charbon qui doit être brûlé lors de ces expériences; il fait prendre note toutes les demi-heures ou plus souvent si c'est nécessaire, de la pression aux chaudières, du vide aux condenseurs, de l'ouverture des registres, de la concentration de Teau des chaudières, etc.

Dans ces essais, la commission s'assure que la machine fonctionne sans ûchauffements ni chocs, qu'elle développe ou qu'elle est susceptible de déve-

EiNTRETIEN DES APPAREILS. — N« 79, 471

lopper toute la puissance qu*on doit en attendre ; qu'il n'existe ni fuites extérieures ni fuites intérieures ; que le vide au condenseur est satisfaisant -, que la dépense de vapeur et de combustible par cheval indiqué n'excède pas la quantité prévue par le marché ; que les dispositions prises, tant pour assurer la surveillance que pour vérifier le graissage, sont satisfaisantes; et que le renversement de marche peut s'effectuer dans un temps n'excédant pas celui stipulé sur le marché. En outre, la machine est mise successivement à différentes allures, et on note dans chaque cas la vitesse du bâtiment, le nombre de tours de la machine, la pression aux chaudières, le vide aux condenseurs. Pouverture des registres et des régulateurs d'injection, la durée de l'introduction; on relève en même temps et simultanément, des diagranmies sur les deux faces des pistons des divers cylindres. Les calculs de ces diagrammes fournissent les puissances développées aux diverses allures.

La marche à toute puissance doit être tenue pendant au moins quatre heures consécutives s'il s'agit d'une machine neuve. La mesure de la vitesse résulte de plusieurs parcours successifs, deux à deux de sens inverses, le long d'une base mesurée.

Dans certains cas, notamment lorsqu'il s'agit d'essayer une machine venant de subir une réparation importante, on s'abstient de faire des essais à outrance, afin de ne pas fatiguer les organes de la machine ; parfois même on se borne h des essais sur place. Dans ces cas, il convient de n'employer que le nombre des chaudières nécessaire pour obtenir le nombre de tours qu'on ne veut pas dépasser, car c'est en agissant ainsi que l'on peut, en rapportant la puissance développée au nombre de mètres carrés de grille employés, en déduire la puissance que Ton obtiendrait si toutes les chaudières avaient été mises en fonction.

Dans les expériences destinées à vérifier le bon état des machines ayant subies de fortes réparations, les commissions s'attachent à s'assurer que toutes les chaudières fonctionnent sans fuites k la pression voulue ; que la machine tourne sans chocs ni échauffements à une vitesse au moins égale à celle qui correspond à la grande vitesse en service ordinaire; et enfin que la puissance obtenue par mètre carré de grille des chaudières employées, est en rapport avec ce qu'on doit attendre de l'appareil expérimenté.

A la suite des essais officiels, et alors que ces essais ont été reconnus satisfaisants par la commission, le mécanicien chargé soumet, s'il y a lieu, ses observations au commandant du bâtiment, qui les transmet au président do la commission s'il le juge opportun. Dans ce cas, la commission ordonne les modifications réclamées, ou fait mentionner au procès-verbal les observations qui lui sembleraient de nature à sauvegarder la responsabilité du mécanicien, en cas d'accident provenant des faits qui lui sont signalés.

A partir de ce moment, le mécanicien chargé prend la responsabilité de l'appareil. Il doit dès lors se conformer aux instructions données aux n** 181 et 182 du G^ traité relatives à l'entretien dos machines et des chaudières.

N^ 79, Entretien des machines sur les bâtiments en réserve ou désarmés. — Si le bâtiment désarme définitivement à la suite

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des essais, l^entretien de la machine et des chaudières incombe à la direction des constructions navales ; mais pendant le désarmement ce travail doit être exécuté par le personnel mécanicien embarqué.

Si le bâtiment est placé dans Tune des catégories de réserve, Tentretien est confié à un personnel mécanicien plus ou moins important, suivant la catégorie. Nous allons examiner successivement les diverses manières d'agir, suivant que le bâtiment est placé dans la r*, la 2* ou la 3* catégorie de réserve.

1'* Catégorie. — Les chaudières sont vidées, nettoyées intérieurement et extérieurement, asséchées, puis fermées avec les joints faits à demeure. Les parties non feutrées et accessibles sont peintes au minium, et aucun objet ne doit être placé au-dessus des chaudières. Le tuyautage reste complètement monté sans joints brisés, sauf le cas où Ton craindrait des infiltrations dans les chaudières; dans cette circonstance on pourrait, soit casser un joint dans les parties basses des tuyaux, soit sortir un tournant de robinet pour laisser écouler dans la cale Peau qui pourrait s'infiltrer.

Les cheminées sont conservées amenées si elles sont à télescope; mais elles doivent être hissées, puis amenées de nouveau tous les quinze jours, afin de s^assurer du bon fonctionnement des appareils de manœuvre. Dans tous les cas elles doivent être recouvertes de leur capot, et la peinture extérieure doit être renouvelée chaque fois que le besoin s'en fait sentir.

Les machines des bâtiments en 1'* catégorie doivent être tenues prêtes à fonctionner au premier ordre; en conséquence, tous les joints sont faits à demeure.

A la suite d'un fonctionnement, les différents récipients, tels que condenseurs, bâches, corps de pompe, etc., 'sont ouverts, asséchés puis refermés. Les cylindres sont également ouverts, asséchés et huilés ; les pistons visités, puis remontés en réglant le serrage des garnitures métalliques. Les plateaux des cylindres sont ensuite remontés d'une façon définitive, sauf les bouchons de visite qu'on laisse le plus habituellement enlevés, afin de faciliter l'entretien de l'intérieur des cylindres. Le montage de ces bouchons ne demande d'ailleurs que très-peu de temps. Les bottes & tiroirs sont également ouvertes et asséchées ; les glaces des cylindres et les barrettes sont huilées, puis le tout est remonté à demeure. Toutefois, si les portes de visite des tiroirs sont de petites dimensions, et que leur remontage ne nécessite que quelques heures, il sera préférable de conserver ces bottes ouvertes pour faciliter Tentretien des parties frottantes. Tous les coussinets sont visités successivement, réparés s*il y a lieu, huilés, puis remontés avec le serrage réglé comme pour le fonctionnement.

Les visites effectuées, aucun démontage nécessitant un travail de plus de vingt-quatre heures, ne doit être entrepris sans l'autorisation du Préfet maritime.

Tous les trois mois, ou plus souvent si on le juge nécessaire, on s'assure, par le fonctionnement de la machine sous vapeur, que toutes les pièces de l'appareil et tous les joints sont en bon état. Tous les jours la machine doit être manœuvrée à la main à l'aide du vireur ;

on lui fait faire un quart ou un tiers de tour, en ayant soin que les mêmes portages ne se reproduisent pas. La mise en train, les valves de vapeur, les organes dUnjection sont manœuvres tous les deux ou trois jours. Les soupapes, les robinets (sauf les robinets de sûreté des prises d'eau), Tembrayage et le frein sont manœuvres au moins une fois par semaine. Si Thélice est amovible, elle est maintenue en place ; mais, tous les mois, elle est remontée, puis amenée afin de s'assurer que Tappareil se meut sans obstacle dans ses coulisses.

Les parties intérieures des cylindres et des tiroirs, les glissières, les coussinets, les articulations, les pièces polies et les filets des écrous susceptibles d'être démontés sont entretei^us légèrement huilés.

Les bâtiments en V* catégorie, avec coque en fer, passent au bassin tous les six mois, et ceux en bois tous les ans; le mécanicien doit profiter de cette circonstance pour visiter les coussinets de Thélice, visiter et changer, sMl y a lieu, la garniture du presse-éloupe arrière, visiter les crépines et les prises d'eau, et rôder ces dernières s'il est nécessaire. Les dates de ces opérations doivent être consignées sur le journal de la machine et sur le journal historique.

Toutes les réparations courantes doivent être faites par le personnel du bâtiment, aidé, au besoin, de Tatelier central de la réserve, si le bâtiment ne dispose pas de moyens suffisants pour les exécuter avec ses propres ressources. Ce n'est que dans le cas de réparations importantes, et qui ne pourraient être exécutées même avec les ressources de Tatelier central, que les bâtiments doivent avoir recours aux ateliers des constructions navales.

Cette règle est applicable non-seulement aux bâtiments en réserve, mais aussi aux bâtiments armés qui disposent d'un personnel plus nombreux.

Il va de soi que les machines auxiliaires que peut posséder le bâtiment, sont traitées de la même manière que la machine principale ; c'est-à-dire que ces machines doivent être prêtes à fonctionner au premier ordre, et qu'on s'assure du bon état de leurs organes par le fonctionnement sous vapeur, chaque fois que l'on fait subir cette opération à la machine principale.

La cale doit être tenue constamment sèche et aérée. Si le bâtiment fait un peu d'eau, elle doit être localisée, autant que possible, en établissant au besoin des petits batardeaux pour l'empêcher de se répandre, et cette eau est épongée chaque jour. Afin de faciliter la surveillance et l'aérage de la cale, il conviendra d'enlever un certain nombre des feuilles du parquet de chauffe , toutes celles d'un même bord, par exemple; mais, afin d'éviter les accidents, il sera prudent d'établir un barrage à l'aide d'une filière. Toutes les semaines on enlève les feuilles de parquet qui étaient en place la semaine précédente, et vice versa,

A bord des bâtiments de la 1'* catégorie, le plein des soutes à charbon est fait; tous les approvisionnements et les rechanges sont à bord. Les pièces de rechange doivent être placées & l'abri de l'humidité, et doivent être visitées de temps en temps ; les pièces polies, en fer ou en acier, telles que les tiges de pistons et de tiroirs, les garnitures métalliques des pistons, les ressorts en acier pour cylindres, etc., etc., sont peintes avec un mélange de suif et de blanc de céruse ; et, tous les six mois au moins, cet enduit est renouvelé. Les

clapets en caoutchouc sont conservés à l'abri de la chaleur et de la lumière ; il convient même de les conserver dans une caisse pleine d*eau que Ton renouvelle tous les quinze jours. Cette dernière mesure est réglementaire.

2* et 3* catégorie, — Les bâtiments placés dans ces catégories doivent avoir leurs machines en bon état, mais non prêtes à fonctionner au. premier ordre. Avant qu'un navire soit admis dans l'une ou l'autre de ces catégories, il est procédé à des essais en présence d'une commission nommée par le Préfet maritime, et de laquelle fait toujours partie le commandant de la réserve, assisté du mécanicien principal du bâtiment central.

Lorsque ces essais sont reconnus satisfaisants, le Ministre en est avisé, et il indique la catégorie dans laquelle le bâtiment doit être placé.

Que le navire arrive de campagne, ou qu'il vienne d'être armé en essai, le personnel mécanicien embarqué est maintenu à bord pendant un mois au moins après le désarmement du bâtiment, à l'effet d'effectuer les nettoyages et les visites prescrites par les règlements, pour la mise en réserve de la machine et des chaudières.

Voici le résumé succinct des opérations à effectuer pour la mise en réserve : Chaudières. — Les chaudières sont vidées, asséchées, puis parfaitement nettoyées intérieurement et extérieurement, les incrustations et les dépôts de tous genres sont soigneusement enlevés. Cela fait, les chaudières sont fermées par l'un des procédés indiqués aun^TSs. Les parties non feutrées et accessibles sont peintes au minium ou au gris de zinc.

Les cheminées sont grattées avec soin et peintes au minium ou au gris de zinc, tant à l'intérieur qu'àrextérieur; elles sont recouvertes de capots étanches, ainsi que les tuyaux d'échappement.

Avant la fermeture des chaudières, les différents robinets et les soupapes sont rodés s'il est nécessaire, et leurs organes de manœuvre sont visités et huilés.

Le tuyautage de vapeur reste totalement monté avec les joints faits à demeure. En prévision des infiltrations d'eau dans les chaudières, un joint au moins, de chaque tuyau d'eau est brisé pour laisser écouler dans la cale l'eau qui pourrait ainsi suinter-, ou bien on prend la précaution de faire un joint plein sur le parcours du tuyau. Dans ce dernier cas, le mécanicien indique par un repère la position de ce joint plein et il en prend note sur un cahier destiné à rester entre les mains de ses successeurs.

Machine. Les différents organes de la machine sont visités, nettoyés avec soin puis remontés.

Les bouchons et les plateaux des cylindres, ainsi que les portes des tiroirs, des bâches, et des condenseurs ont leurs joints faits à blanc, avec une garniture de toile huilée et parfois même, on conserve ces récipients ouverts s^n de faciliter l'entretien intérieur.

Toutes les garnitures en chanvre et en coton des presse-étoupe et des pistons des différentes pompes, sont enlevées et remplacées par des tresses en coton huilées. Ces garnitures provisoires ne sont pas serrées.

Les garnitures ainsi enlevées sont étiquetées après avoir été complétées, s'il y a lieu, et sont conservées en magasin.

Les clapets en caoutchouc sont démontés et conservés à Tabri de la chaleur et de la lumière; une instruction ministérielle récente, enjoint de les placer dans une caisse en tôle zinguée contenant de Teau que Ton changera tous les quinze jours.

LUntérieur des bâches et des condenseurs (si ces derniers sont à mélange) sont grattés avec soin, puis peints au minium. Si les condenseurs sont à surface, les tubes sont sortis, nettoyés avec soin, puis remontés.

Un des joints de chaque tuyau d'injection ou de prise d'eau des pompes de circulation est démonté, afin que les suintements d'eau puissent s'écouler dans la cale. Les mêmes précautions sont prises à l'égard de tous les tuyaux susceptibles de laisser pénétrer Teau dans une partie quelconque de la machine. Tous les autres tuyaux restent complètement montés après avoir été asséchés.

Si les tuyaux de décharge débouchent au-dessus de la flottaison, ces tuyaux sont tamponnés extérieurement puis calfafés, la même mesure est prise à l'égard des tuyaux de décharge accidentelle et des tuyaux de refoulement des pompes de cale.

Si les tuyaux de décharge débouchent au-dessous de la flottaison, comme cela a lieu dans la plupart des machines, on prend toute les précautions possibles pour empêcher les suintements et prévenir Tintroduction de Teau dans les bâches.

Tous les coussinets, les articulations, les divers joints de la ligne d'arbre sont démontés, visités, huilés, puis remontés.

Le résultat de ces différentes visites doit être consigné sur le journal et sur le registre descriptif de la machine.

Toutes les opérations ci-dessus indiquées ayant été effectuées, et tous les organes ayant été mis en bon état, la machine est placée dans la position dite de réserve, et il ne reste plus dès lors qu'à l'entretenir dans cette position,

A cet effet: les cylindres sont visités tous les six mois et maintenus asséchés et huilés. Les garnitures métalliques des pistons sont démontées aux mêmes époques, huilées et remises en place. Il en est de même des tiroirs de distribution et des organes de détente.

Toutes les pièces polies de la machine, les articulations, les coussinets, les ressorts et les filets des écrous susceptibles d'être démontés sont entretenus à l'huile. Les joues des divers coussinets et celles des colliers d'excentriques sont garnis de petites tresses légèrement huilées, afin d'empêcher l'introduction de corps étrangers. Pour le même motif, les lumières de graissage sont tamponnées, soit avec un petit bouchon de bois ou de métal, soit avec du coton.

Les hélices restent en place ; sur les bâtiments qui ont un puits, l'hélice doit être hissée, puis amenée au moins une fois tous les quatre mois.

Tous les huit jours au moins, la machine est mise en mouvement à l'aide du vireur, puis arrêtée après avoir fait un quart de tour environ, en ayant soin que les mêmes portages ne se reproduisent pas. Une fois par mois on fait faire à la machine, un peu plus d'un tour complet.

Les parties intérieures et cachées de la machine doivent être visitées successivement, de telle sorte que la visite complète de l'appareil ait eu lieu dans l'espace de six mois.

Suivre par ailleurs les instructions données aux n** 181 et 182 du G*. Traité^ notamment en ce qui concerne Pentretien delà peinture, du calfatage au-dessus de la machine et des chaudières, et la propreté des cales.

Les différentes machines auxiliaires doivent naturellement être traitées delà même manière que la machine principale, les visites successives des différents organes de ces machines doivent être faites de manière que la visite complète ait eu lieu dans six mois.

N^ 79, Entretien des csondensears à. sarfa^se et soins à donner à. ee» appareils et à. leurs aisceasoires sur les bAtiments en réserve et désarmés. — De la propreté des tubes des condenseurs à surface, dépend un meilleur rendement de la machine et une plus longue durée des chaudières etdes différentes parties du condenseur. Nous savons en effet (n* 49 , «, ,) que la conductibilité diminue rapidement avec Faccroissement de Tépaisseur des dépôts graisseux qui se forment sur les tubes. De plus, Taccumulation des corps gras dans le condenseur produit, à la longue, la détérioration et Tusure des tubes, en même temps qu'elle est susceptible de paralyser le fonctionnement des clapets et même de décomposer ces derniers qui sont tous en caoutchouc. Il y a par suite, un grand intérêt à maintenir propre Tintérieur des condenseurs.

Dans les premières machines munies de condenseurs à surface, le graissage des cylindres se faisait au suif; mais actuellement, le suif est supprimé, et Phuile seule est employée.

Quel que soit le corps gras qui recouvre les tubes, il est nécessaire de procéder au nettoyage intérieur des condenseurs aussi souvent que le permettent les circonstances de la navigation. Nous avons indiqué au n» 75i, les divers moyens mis en usage pour effectuer ces nettoyages en cours de navigation.

Lors d^n désarmement complet ou lors de la mise en réserve d^un bâtiment pourvu de condenseurs à surface, il conviendra d'effectuer à fond le nettoyage intérieur de ces appareils. A cet effet, après avoir procédé au nettoyage à la vapeur comme il est dit au n<> 75„ qui permet d'extraire la plus grande partie des graisses, on sortira successivement les tubes, en procédant par rangées verticales, de manière qu'un homme puisse s'introduire pour nettoyer les faces latérales intérieures et les plaques de tête, en même temps que l'on nettoyera parfaitement, tant intérieurement qu'extérieurement, tous les tubes

Dans ce nettoyage, il faudra prendre la précaution de ne pas enlever Tétain ; on emploiera avec avantage, des brosses trempées dans une dissolution de potasse ; puis après ce lavage les tubes seront passés dans de l'eau douce. Pour faciliter le remontage, il conviendra de repérer les tubes avec les plaques de tête avant d'en effectuer le démontage.

Le nettoyage à fond, dont nous venons de parler, n'ayant besoin d'être effectué qu'une fois pour toutes, pendant le temps que le bâtiment restera en réserve ou désarmé, les tubes pourront être remontés d'une façon définitive après leur nettoyage, mais en s'abstenant de refaire les joints des tubes avec les plaques de tête principalement si ces joints sont faits au moyen de plaques en caout-

chouc, comme sur les fig. 18 et 19, p/. VI. Si l'étanchéité des tubes est obtenue au moyen de petits presse-étoupe, comme sur les /i^. 1 6 et 1 7 de la môme planche, on pourra refaire ces presse-étoupe au fur et à mesure du remontage, car leur confection nécessiterait un temps très-long qui pourrait retarder l'armement. Les plaques de caoutchouc sont conservées de la même manière que les clapets des diverses pompes (n- 79i « %)-

Les bâches à eau douce, celles à eau salée et les coquilles sont asséchées, grattées puis peintes au minium ou au gris de zinc.

Si les pompes de circulation sont des pompes ordinaires mues par la machine, elles présentent dans ce cas les mêmes dispositions que les pompes à air, et sont traitées de la môme manière (n* 79| «, ,) que ces dernières.

Si les pompes de circulation sont des pompes centrifuges, elles sont démontées, visitées, asséchées, puis remontées, avec les joints faits à blanc pour faciliter Tentretien intérieur.

I* SO. — I. MpdilUwMoM «pportéMi mk appArttlU à ploafMir. — S. ■poBtaBée dn oharbon dans Im soatM. — S. Apparalls éLwwm poar oomlMittre Tl»-

N^ 80| Modllloatioiis apportées aux appareils à. plonf^ur*

— L'appareil à plongeur du système Rouquayrol-Denayrouzej dont la description est donnée d'une manière complète au n« 483, du G** Traité^ a subi depuis quelque temps des modifications qui ont beaucoup contribué à étendre l'emploi de ce système de scaphandre. Les modifications les plus importantes consistent dans la suppres^on du pincenez et du ferme-bouche, et dans l'adoption d'un appareil acoustique permettant de converser de la surface avec le plongeur.

Le vêtement actuel des scaphandres Rauquayrol-Denayrouze diffère peu de celui employé par M, Cabirol (n* 183| du G*. Traiié), Il se compose de deux épaisseurs de toile entre lesquelles se trouve logée une épaisseur de caoutchouc en feuille ; les parties les plus susceptibles de s*user telles que les pieds, les coudes, Tentre-jambes, les genoux et les aisselles sont renforcées d*une épaisseur de même étoffe, qui se trouve double en tous ces points. Le tissu extérieur a été croisé de manière à résister plus longtemps.

Le casque, dont le volume est à peu près celui du casque Cabirol, est moins haut et plus large que ce dernier, ce qui donne une plus grande aisance aiu mouvements de la tête du plongeur; de plus, les verres du nouveau casque sont tous ronds, plats et de grande dimension; leur épaisseur est de 12*", et le verre supérieur seul est protégé par un grillage mobile. Il a été reconnu en effet, que ce dernier verre était le seul réellement exposé à des chocs assez violents pour en déterminer la rupture, et que le grillage empêchait parfois le plongeur de bien distinguer les objets.

La jonction du vêtement avec le casque ne comporte qu'un seul joint. La collerette en caoutchouc formée par le rebord supérieur du costume, se trouye fortement pressée par quatre boulons, entre deux brides à surface plane du casque et de la pèlerine ; les faces en regard de ces brides sont garnies de ron^ délies en caoutchouc d'un centimètre d*épaisseur, et c*est entre ces dernières que Tient se loger la collerette du vêtement.

La soupape de sortie d*air est disposée de la même façon que celle des scaphandres Cabirol, mais elle offire cette particularité que le prolongement de sa tige traverse la paroi intérieure du casque et permet au plongeur de rouvrir en appuyant légèrement avec sa tète, pour le cas où il se sentirait gêné par Tezcès d*air. La facilité de manœuvre de cette soupape avec la tête, constitue un véritable progrès, car le plongeur ne se trouve pas dans Tobligation d'interrompre son travail pour manœuvrer cet organe.

Dans les premiers appareils Rouquayrol-Denayrouze^ le plongeur portait sur le dos un réservoir d'air, en forte tôle, dans lequel venaient aboutir les tuyaux de refoulement d'air de la pompe. Cet appareil, dont la description est d'ailleurs donnée au n^ 183, du G*. Traité^ était encombrant etgênait beaucoup les mouvements du plongeur. Dans le nouvel appareil de ces constructeurs, le réservoir d'air est conservé dans le voisinage de la pompe avec laquelle il communique par deux tuyaux en caoutchouc servant au refoulement de l'air. Le réservoir d'air se compose d'une botte cylindrique en forte tôle, essayé à 12 atmosphères; il porte à sa partie supérieure un manomètre, gradué en mètres d'eau, qui sert à régler l'allure de la pompe d'après la profondeur à laquelle travaille le plongeur. Un robinet purgeur est placé à la partie inférieure pour l'évacuation de Teau qui a pu être entraînée pendant le fonctionnement de la pompe. Chacune des deux tubulures qui donnent accès à l'air refoulé par la pompe, est munie d'un clapet qui a pour but de s'opposer à la sortie de l'air du réservoir, dans le cas d'une rupture des tuyaux ou d'un arrêt momentané de la pompe.

La nouvelle pompe diffère très-peu de celle employée avec les anciens appareils des mêmes constructeurs. Elle se compose de deux cylindres mobiles dont les pistons sont pourvus de garnitures en cuir qui font joint hydraulique ; ces pistons portent, à leur centre, une soupape d'aspiration d'air s'ouvrant de dessous en dessus. Dans les anciennes pompes (fig. 246 du G*. Traité) y chacun des cylindres portait à sa partie supérieure une bâche d'air, avec tubulure pour le tuyau de refoulement; sur les nouvelles pompes, ces bâches ont été supprimées et remplacées par une petite boite en bronze de forme cylindrique, dans laquelle se trouve un clapet de refoulement. La course de ce clapet est limitée par une vis faisant office de butoir, et vers son sonunet se trouve une tubulure où se fixe le tuyau conduisant l'air refoulé dans le réservoir.

D'un autre côté, chaque cylindre porte, à sa partie supérieure, un godet à robinet destiné à introduire de Peau au-dessus des pistons, lorsque la pompe est mise en action.

Les souliers sont comme ceux employés avec tous les autres genres de scaphandres, c'est-èniire en cuir très-fort avec semelles en plomb ; mais afinde préserver le bout du soulier, cette partie est recouverte, dans les nouveaux appareils, par

ENTRETIEN DES APPAPEILS. — N^ 80, 479

un sabot en bronze qui la protège sur une longueur d'environ 10 centimètres.

L'appareil acoustique, dont est actuellement pourvu le nouveau scaphandre Rauquayrol^Denayrouse^ comporte les parties suivantes :

1* Un tube acoustique en caoutchouc avec garniture métallique en hélice dans rintérieur; Tune des extrémités de ce tube porte un pavillon comme dans les porte-voix ordinaires, et l'autre un raccord qui vient se visser sur une petite tubulure placée au sommet du casque.

2« Une plaque métallique de l" d'épaisseur et d'environ 5 décimètres carrés de surface, rivée et soudée à l'intérieur du casque, en regard de la tubulure sur laquelle se visse le tube acoustique. Le but de cette plaque est de répercuter par ses vibrations, les sons produits à l'extrémité libre du tube, et aussi d'isoler complètement l'intérieur du casque, afin d'empêcher l'air refoulé dans le vêtement de s'échapper par ce tube.

Il est indispensable de prendre certaines précautions pour se faire entendre distinctement du plongeur, car le bourdonnement occasionné par l'arrivée et la sortie de l'air du vêtement, empêche le plongeur de percevoir les sons répercutés par la plaque métallique. Lorsqu'on veut adresser une question au plongeur, la personne placée à la surface et qui tient à la main l'embouchure du porte-voix, ainsi que la corde des signaux, l'informe, à l'aide d'un signal convenu fait au moyen de cette dernière corde, qu'elle va lui adresser la parole. Dès que le plongeur a répondu par un signal conventionnel qu'il a compris cette demande, on fait momentanément arrêter la manœuvre de la pompe, ou du moins, on fait pomper plus lentement, en même temps que le plongeur de son côté comprime le ressort de la soupape d'échappement d'air. Ces manœuvres ont pour but de faire cesser, pendant un moment, le bourdonnement occasionné par la sortie de l'air.

Pour parler dans le porte-voix, il faut maintenir la bouche à quelques centimètres de l'embouchure et articuler très-distinctement, et d'une voix d'autant plus forte que le plongeur est plus profondément immergé. A une profondeur de 12 à 15 mètres, le plongeur perçoit assez distinctement les paroles qui lui sont adressées, s'il a pris les précautions ci-dessus indiquées, mais les sons deviennent moins intelligibles à mesure que la profondeur augmente.

De son côté, il suffit au plongeur de parler distinctement, d'une voix forte et en accentuant chaque syllabe, pour que la personne placée à la surface, per^ çoive les réponses en appliquant l'cfreille à l'embouchure du porte- voix. Les paroles du plongeur s'entendent très-bien même à une profondeur supérieure à 15 mètres.

L'appareil acoustique est appelé à rendre de très-grands services, d'autant plus que cet appareil peut presque toujours être employé dans les travaux que les marins peuvent avoir à exécuter. ^ Les signaux conventionnels dont on a fait usage jusqu'à ces derniers temps sont en très-petit nombre ; et le plongeur est, la plupart du temps, obligé de remonter à lasurface soit pour prendre un outil, soit pour donner des explications sur ce qu'il a vu et prendre des ordres pour l'exécution des travaux à exécuter ; ce qui fait perdre un temps considérable* Le porte-voix remédie à cet inconvénient. Son installation est d'ailleurs possible, quelque soit le système de scaphandre.

Relativement aux soins à prendre pour la conservation de l'appareil, il convient de suivre les instructions ci-dessous :

Lorsqu'on a fini de se servir du scaphandre, on dévisse tous les tuyaux et on les fait sécher à Tombre dans un lieu aéré avant de les ramasser. Le vêtement proprement dit doit être traité de la même manière; il serait bon d'ailleurs, si Tappareil a servi dans Teau de mer, de le passer préalablement à ]*eau douce avant de le mettre au sec. — Les objets en caoutchouc doivent être ramassés dans un lieu sec et aéré et dont la température ne soit jamais trop élevée, car le caoutchouc se détériore à la chaleur.

Si le vêtement s'est durci, comme cela arrive fréquemment lorsqu'il reste longtemps sans être employé, il convient de lui randre sa souplesse avant d'en faire usage, en le plaçant dans un milieu dont la température soit de 40* à 50«, ou en le plongeant dans de l'eau portée à cette température.

Les vêtements de laine ne doivent également être ramassés que lorsqu'ils sont bien secs, il est bon d'ailleurs de les exposer à l'air de temps en temps en profitant naturellement d'un beau jour pour cette exposition.

Quant à la pompe, il sera nécessaire de la démonter et de l'essuyer dès qu'on aura fini de s'en servir -, les pièces en bronze seront essuyées à sec et celles en fer ou en acier seront conservées légèrement huilées. Les cuirs des pistons seront graissés de temps en temps à l'huile de poisson de façon à leur conserver leur souplesse. Si, au moment de s'en servir, les cuirs des pistons étaient trop durs, on les ramollirait en les démontant et en les frottant soit avec du suif propre soit avec de l'huile de poisson.

N» 80, Combufitious spontanées du charbon dans les soutes. — Les causes des combustions spontanées sont attribuées au développement de chaleur qui se produit, par le fait des modifications chimiques qu'éprouvent certaines substances contenues dans le charbon, sous PinQuence de l'oxygène de Pair. Les pyrites de fer et de cuivre sont celles de ces substances qui sont les plus connues. L'oxydation de ces pyrites par le fait de l'humidité, peut donner lieu à un dégagement de chaleur assez intense pour produire l'ignition.

D'autre part, les charbons fHables laissent échapper dans la soute, en se brisant, un gaz hydrogène carboné, qui diffère peu du gaz d'éclairage et qui est susceptible de s'enflammer k l'approche d'une lumière. — De leur côté, les charbons peu friables, mais très-poreux, ont la propriété d'absorber un grand volume d'oxygène, ce qui occasionne un dégagement de chaleur d'autant plus grand que la quantité de ce gaz absorbé est plus considérable. L'oxydation s'accélérant à mesure que la chaleur s'accumule, l'action chimique agit si énergiquement que le charbon peut s'échauffer au point d'entrer en ignition.

Le bris du charbon pendant son embarquement et son arrimage, favorise également l'absorption de l'oxygène et augmente naturellement la tendance à réchauffement.

Les statistiques enregistrent chaque année, un nombre considérable d*incen-

dies survenus sur les navires, et principalement sur les bâtiments à vapeur ou sur les bâtiments à voiles chargés de charbon. Ces incendies prennent habituellement naissance dans la masse du charbon, ils sont beaucoup plus fréquents dans les parages des tropiques que dans les pays froids ou tempérés. Les chances de combustions spontanées croissent avec la durée du séjour du charbon à bord et avec son état de division; en d'autres termes, plus le charbon est menu plus il est susceptible d'entrer en ignition ; elles croissent également avec l'état d'humidité lors de l'embarquement.

Certains ingénieurs conseillent d*aérer fréquemment les soutes en y établissant un courant d'air par des temps secs. Mais il a été reconnu que dans les pays chauds, une ventilation môme énergique, est insuffisante pour empêcher d'une manière complète réchauffement dans la masse d*un charbon réduit en poussière, car cette ventilation ne peut avoir un effet de refroidissement suffisant. La circulation ne peut être que bien faible dans la masse d'un charbon menu, et le développement de la chaleur serait encore favorisé par le supplément d'oxygène amené par la ventilation.

Diverses commissions constituées en Angleterre, pour étudier les moyens propres à conjurer les accidents qui nous occupent, sont opposées à la ventilation des soutes ou des cales remplies de charbon. L'expérience semble prouver, en effet, que plus les soutes k charbon ou les cales de chargement sont ventilées, et plus les combustions spontanées sont fréquentes.

L'aération des soutes par le haut, mais sans courant d'air, favorise le dégagement du grisou (n* 199^ du G** Traité) \ ce procédé peut être employé dans le cas où le charbon est embarqué directement au sortir de la mine, avant qu'il ait eu le temps de se débarrasser de ce gaz. On évite ainsi les explosions qui se produisent parfois dans les soutes, et qui proviennent de l'inflammation du gaz hydrogène carboné qui se dégage du charbon et se mélange ^vec l'air.

Nous avons indiqué au n» 199, du G* Traité, les moyens à employer pour prévenir et combattre les combustions spontanées.

N^ 80s Appareils divers pour combattre l'Incendie. — Outre

les moyens indiqués au n° 199» du G** Traité^ plusieurs ingénieurs ont récemment proposé, et fait accepter divers appareils propres à éteindre les incendies. La plupart de ces appareils sont basés sur le même principe, lequel consiste à chasser Pair du foyer d'incendie ou du moins à ^n empêcher le re. nouvellement, et à remplacer ce gaz par de l'acide carbonique. Nous allons examiner succinctement, parmi les divers appareils proposés, ceux qui nous semblent le plus recommandables.

M. Daniel J. Uowes à imaginé un appareil propre non-seulement à éteindre les incendies déclarés à bord, mais encore à découvrir tout foyer d'incendie prêt à se développer. — Cet appareil se compose d'un système de tubes ouverts à leurs extrémités et rayonnant dans les diverses parties du bâtiment, notamment dans les soutes et les cales de chargement. Cet appareil tubulaire est relié à une machine soufflante qui, en temps ordinaire, sert à la ventilation en expulsant l'air chaud et les gaz dangereux capables d'occasionner des combustions spontanées. Cette machine soufflante communique avec un réservoir

en forte tôle conteDant de Pacîde carbonique fortement comprimé. Si un foyer de combustion existe en un point quelconque du parcours de Tappareil tubulaire, Pair aspiré par la machine soufflante répand une odeur de fumée qui donne Téveil, et avec un peu d'attention on ne tarde pas à découvrir le point attaqué. En général, un incendie ne se déclare pas tout de suite avec une grande intensité, et s^il est pris à ses débuts, les conséquences ne sont pas graves; aussi Tappareil de M. Daniel J. Howe$ ne fournirait-il que ce seul résultat, qu'il n*en constituerait pas moins un appareil précieux.

Dès qu'on reconnaît un commencement d'incendie, la communication entre la machine soufflante et le réservoir d'acide carbonique doit être établi, en môme temps que Texpulsion de l'air est arrêtée ; puis on ferme toutes les issues pouvant donner accès à l'air dans le lieu attaqué, et l'action de la machine est employée à refouler de Tacide carbonique dans cet endroit. L'air cessant de fournir son oxygène et le milieu se remplissant d'acide carbonique, Pincendie ne tarde pas à s'éteindre.

MM. Carlier^ docteur médecin, et Claude Vignon, général du génie, se sont fût breveter en 1862 pour un extincteur basé sur le même principe que le précédent.

Ainsi que nous l'avons dit précédemment, l'incendie ne se déclare généralement que sur une très-petite échelle, et il ne se développe le plus ordinairement que parce que Ton n'a pas immédiatement sous la main les moyens propres à réteindre, ou parce que le lieu où il a pris naissance n'est pas facilement accessible eu égard aux appareils dont on dispose.

Dans le but de remédier à ce grave inconvénient, MM. Carlier et Vigrum ont imaginé de condenser de Tacide carbonique dans l'eau en la comprimant à une forte pression. Or, l'eau absorbe 1,5 de son volume d'acide carbonique par atmosphère, on conçoit alors que si Ton projette cette eau sur le théâtre de l'incendie, l'acide carbonique se dégage et prend la place de l'air, en même temps que l'eau refroidit le corps en combustion. Par le fait de ces deux effets combinés, l'incendie est promptement éteint.

Afin d'éviter la déperdition du gaz, lorsque les appareils restent longtemps chargés, l'acide carbonique comprimé est mis dans un vase distinct de celui qui contient l'eau, et l'ouverture d'un robinet permet de mettre, au moment voulu, les deux substances en contact. Une manche h. incendie est vissée sur une tubulure portée par le vase contenant l'eau ; et lors de l'ouverture du robinet placé entre les deux récipients, l'acide carbonique se dégage spontanément en se détendant, traverse le liquide, se mélange avec lui et se trouve projeté sur le foyer d'incendie par la pression qui existe dans le vase où il a été comprimé.

Le lieutenant américain Barber propose le moyen suivant pour combattre les incendies à bord : Établir dans un endroit convenable du bâtiment un ou plusieurs récipients de 0",90 à 1 mètre de long sur 0",30 de large, d'une contenance de kk k 50 kilog. d'acide carbonique à l'état liquide. Faire partir, du sommet des récipients, un tuyau en fer courant dans toute la longueur du navire; faire embrancher sur ce tuyau principal, à angle droit et à des distances déterminées par les aménagements du navire, d'autres tuyaux dont les extré-

mités viendront aboutir au fond des diverses soutes ou des cales. Placer un robinet sur le tuyau principal et sur chacun des embranchements, de façon à pouvoir établir la communication de n'importe quel endroit avec le récipient d'acide carbonique — Il est bien entendu que les appareils de manœuvre des robinets des tuyaux spéciaux doivent être placés dans un lieu bien accessible, sur le pont par exemple.

Les choses étant ainsi disposées, si Ton a le feu à bord, dans une partie quelconque du navire, il suffira, pour l'éteindre, d'ouvrir le robinet du récipient et celui du tuyau correspondant au lieu où le danger est signalé, en môme temps qu'on fermera les écoutilles, et toutes les autres ouvertures de l'endroit où règne le feu. L'acide carbonique qui a été soumis à une très-forte pression pour se liquéfier, se détend pour remplir les tuyaux à l'état gazeux, et à cause de sa densité (1,5 par rapport à l'air), il tombe au fond de la soute et la remplit en commençant par le bas, sans se mêler à l'air qui s'échappe dans le haut par les fissures qui existent toujours malgré la fermeture des écoutilles. D'ailleurs, l'oxygène de l'air emprisonné serait bientôt absorbé par la combustion et transformé & son tour en acide carbonique. Ce dernier gaz ne pouvant entretenir la combustion, le feu s'éteindrait.

moyens de faire couler le bAtiment. — A la suite de la terrible catastrophe du Magenta, où le feu s'est déclaré subitement, et s'est surtout propagé d'une manière très-rapide, des ordres ministériels ont prescrit de pourvoir tous les navires de guerre d'une disposition permettant de couler le bâtiment en peu de temps, pour le cas où l'incendie prendrait spontanément, comme sur le Magenta, des proportions telles, que les moyens dont on dispose seraient impuissants pour s'en rendre maître.

La disposition qui a été généralement adoptée sur les cuirassés consiste dans l'application, sur les tuyaux d'injection ou sur les tuyaux d'aspiration des pompes de circulation, d'une forte tubulure munie d'un gros robinet débouchant dans la cale. Les dimensions de cette tubulure et du robinet sont les mêmes que celles de la prise d'eau sur laquelle ils sont appliqués. Le robinet débouchant dans la cale n'étant appelé à servir que dans le cas extrême où il y aurait nécessité de faire couler le navire, est muni d'une forte bride de sûreté à laquelle la clef doit être amarrée pour prévenir tout mécompte.

Dans le cas où le commandant donnerait l'ordre de couler le navire, il suffirait d'ouvrir simultanément les prises d'eau d'injection, ou d'aspiration de la pompe de circulation (suivant le cas), et le gros robinet dont il vient d'être parlé. D'après le nombre, la section des robinets et le tonnage des navires de guerre, vingt à vingt-cinq minutes suffiraient pour faire couler un bâtiment.

Appareil respiratoire Oalibert* — L'appareil respiratoire Gaîibert est destiné à fournir pendant un temps notable, et sans le secours d'aucune pompe, de l'air à un homme engagé dans un milieu asphyxiant. Cet appareil a une grande analogie avec l'appareil respiratoire Rouquayrol-Denayrouxe dont la description est donnée au n» 183, du G'^ Traité; mais il est beaucoup moins compliqué, moins lourd, moins coûteux, et surtout, il peut être disposé à ser^ vir dans un temps très-court.

PI. VIU

Fig. 29, L^appareil Galihert est représenté par la fig. 29, pi VIII. Il se compose d'un réservoir A (d'une contenance de 110 litres environ), formé de deux épaisseurs de toile entre lesquelles se trouve logée une épaisseur de caoutchouc en feuille. Ce réservoir est rempli d'air au moyen d'un grand soufflet à main dans le genre de ceux employés par les bouchers, et une minute suffit pour en faire le plein.

Le réservoir A est porté sur le dos de l'opérateur au moyen de deux bretelles 1 et fixé de plus à la taille par la ceinture 2 ; cette ceinture sert en même temps de ceinture de sauvetage. Deux tubes en caoutchouc a et h partant du réservoir, aboutissent à une pièce en corne que l'opérateur maintient dans la bouche par une légère pression des dents et une fermeture complète des lèvres. Un pince-nez oblige l'opérateur à ne respirer que par la bouche ; cette opération doit se faire le plus lentement possible.

A l'aspiration, l'air arrive du réservoir par les deux tubes a et ^ et y retourne par les mêmes tubes lors de l'expiration. L'un des tubes a, part du sommet du réservoir ; l'autre b, descend un peu plus bas que le milieu de la hauteur de ce même réservoir. Il résulte de cette disposition, que l'air aspiré vient plus naturellement par le tube a, et que l'acide carbonique rejeté à l'expiration doit suivre le tube b.

Les choses doivent en effet se passer de cette façon, si les mouvements d'aspiration et d'expiration sont très-lents. — Il résulte des nombreuses expériences faites, que les 110 litres d'air emmagasinés dans le réservoir A, suffisent à la respiration d'un homme ordinaire pendant 20 minutes au moins. C'est plus qu'il n'en faut dans la plupart des cas, pour retirer une personne de danger, soit dans un puits, soit dans une fosse, soit dans un milieu asphyxiant quelconque, voire même dans un incendie. Cet appareil serait d'une utilité incontestable en marine en cas d'incendie, surtout pour aller ouvrir les prises d'eau des soutes à poudre, au cas où l'incendie prendrait naissance dans le voisinage de ces soutes.

Il existe comme accessoires de l'appareil : 1" des lunettes pour préserver les yeux de la fumée et des gaz délétères ; — 2* une corde de sauvetage en ligne blanche de 10 millimètres, amarrée par l'une de ses extrémités à une boucle en fer fixée sur la ceinture en cuir 2, et passant dans un anneau porté par Tune des bretelles-, l'autre bout de la corde est conservé dans la main d'un homme qui se trouve ainsi en communication avec l'opérateur et qui est prêt à lui porter secours en cas d'accident ; — 3* un sifflet d'appel ; — 4* une botte en fer-blanc pour contenir l'appareil.

Ajoutons avant de terminer, que l'opérateur peut être revêtu comme dans le scaphandre, d'un vêtement imperméable mettant le corps complètement à l'abri. Si en outre il y a lieu de redouter la chute de certains corps pouvant atteindre l'opérateur, comme cela est susceptible de se produire dans un incendie, il sera prudent de le coiffer d'un casque comme ceux des pompiers.

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