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DES GRANDES DÉCOUVERTES DE LA THÉRAPEUTIQUE DEPUIS CINQUANTE ANS

Messieuhs,

Je désire continuer dans cet hôpital l'enseignement de la thérapeutique auquel j'ai consacré ma vie scientitique. Commencé à l'hôpital Saint-Antoine, cet enseignement m'a déjà permis de puhlier mes Leçons de clinique thérapeutique ; j&veux aujourd'hui achever, en la perfectionnant, l'œuvre commencée, œuvre que je persiste à croire utile et féconde en heureux résultats.

Autant mes débuts à l'hôpital Saint-Antoine ont été pénibles et difficiles, par suite des conditions matérielles où je me trouvais placé, autant aujourd'hui ma tâche m'est rendue facile et attrayante, par la générosité et la libéralité que l'Assistance publique a mises à placer sous ma main tous les éléments propres à cet enseignement. Aussi, je tiens à remercier publiquement le directeur général de l'Assistance publique et son secrétaire général; M. Brelet, ainsi que l'architecte de cet hôpital, M. Gallois, de la rapidité et de l'habileté qui ont présidé à l'exécution des différents travaux qui ont transformé ce service de baraques en un véritable service modèle. Car, par un hëureux hasard de circonstances, nous trouvons réunis dans un même local l'amphithéâtre, le laboratoire et les malades, de manière a nous permettre de faire marcher de pair l'enseignement, nos recherches expérimentales et nos études cliniques.

CONFÉRENCES DE THÉRAP. 1

^ VIIEMIÈRE CONFÉHENCE.

Dans cet onseigncmenL Llicrapeuliquc, nous ne sortirons pas du domaine de la pratique, et c'est toujours l'application h l'être malade qui jugera en dernier ressort la valeur de l'indication du médicament. Le laboratoire nous servira presque exclusivement à connaître les elTcts physiologiques et surtout toxiques de la substance soumise à l'expérience ; je crois peu, en effet, à la thérapeutique expérimentale. Ne pouvant créer chez les animaux la plupart des affections qui frappent l'être humain, il nous est impossible d'étudier chez eux l'action thérapeutique des principales substances médicamenteuses. Le plus ordinairement, nous constatons chez les sujets en expérience, non pas l'action thérapeutique, mais bien les effets toxiques du médicament, faisant ainsi non pas de la thérapeutique expérimentale, mais bien de la toxicologie expérimentale.

Est-ce à dire qu'il faille abandonner de pareilles recherches? Nullement, messieurs, elles offrent, au contraire, un réel intérêt; elles nous montrent l'influence plus ou moins toxique de la substance dont on fait usage, elles nous guident sur les doses à employer, elles nous permettent enfin de donner souvent une explication physiologique des effets observés. Aussi, verrez-vous chaque jour quels grands avantages vous pourrez tirer de pareilles recherches.

Ces travaux de laboratoire porteront aussi sur les moyens les plus propres à isoler les principes actifs des substances médicamenteuses. Enfin, c'est grâce à eux que nous pourrons examiner attentivement les voies d'élimination des médicaments et compléter ainsi l'étude de ce que l'on a décrit sous le nom à'actwn pharmacodynamique des substances médicamenteuses.

Aussi dirai-je à tous ceux qui attachent quelque prix à l'étude de la cure des maladies, à tous ceux qu'attirent ces recherches de physiologie et de thérapeutique expérimentale, cà tous ceux qui veulent glaner dans cet immense domaine de la matière médicale, à tous ceux qui désirent augmenter le nombre de nos agents thérapeutiques, je dirai : Yenez près de nous, les portes de nos salles vous sont largement ouvertes ; le laboratoire, avec tous les moyens d'investigation de la science moderne, est à votre disposition ; et vous trouverez près de moi, près du docteur Bardct, chef du laboratoire, près de mes internes, MM. Legendrc et Sapelicr, les conseils et les appuis qui vous sont nécessaires.

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