‹ Les nouvellistesChapitre 10 sur 139 · NOUVELLISTES D'ÉTAT, DE PARNASSE ET DE RUELLES · texte numérisé non relu

NOUVELLISTES D'ÉTAT, DE PARNASSE ET DE RUELLES

Ce n'est pas seulement la curiosité, ce sont les intérêts les plus graves, les exigences des relations et des carrières, ce sont les affaires et le négoce, c'est la vie môme de l'esprit, qui réclamaient d'autres informations que les quelques nouvelles de cour et les rares échos mondains donnés par la Gazette et le Mercure. Si bien qu'au xvne et au xvme siècle, on ne pouvait se montrer plus agréable à ses entours, èt'"e mieux venu dans un salon, ni payer plus gracieuse-

l. Molière, les Précieuses élucides. — La Bruyère, Caractères. — Non. aelles nouvelles par M. D... (Donneau de Yizé), Paris, 1663, 3 vol. in-12. — « Journal de l'assemblée du Luxembourg » par l'abbé de Choisy, Bibl. de PArsenal, ms. 3186, p. 175-216. — Collection du Mercure galant. — Le Galani nouvelliste, histoires du teuips-, Paris, 1693. — Le Galant n liste par M"1 la comtesse D. I.'" M1"' do Gomez de Vasconcelle) ; Paris, 1703. — Les Nouvellistes, comédie en trois actes par M..., comédien ordinaire de la troupe de Villeneuve, représentée sur le tbéâtre de Villeneuve, le 25 juin 1111. Bibl. de YArsenal, ms. 2754, p. 138-240. La No

manie, comédie en un acte, Bibl. nui., ms. franc. 9249, p. 291 et suiv. — Le Nouvelliste, comédie de d'Ardène, dans le recueil de ses ueuvres i Marseille, 1767), t. IV. — Pot-pourry », par Menin, conseiller au Parlemenl de Metz, Bibl. de la ville de Paris, ms. 29388, in-ibl.

ment son écho à la table où l'on était invité, qu'en apportant des nouvelles importantes ou piquantes et puisées aux bonnes sources. Certes l'homme d'esprit était recherché, comme il le sera toujours; mais accueilli avec plus d'empressement encore était celui que l'on savait bien informé. « C'est là ce qui vous fait valoir dans les compagnies », dit la Madelon des Précieuses ridicules. Ainsi se forma, en s'adaptant aux besoins et au goût du jour, le type du « nouvelliste ». L'auteur de la Novellomanie le définit : « Un nouvelliste est un homme qui sait tous les jours les plus fraîches nouvelles ». Il a disparu de la société actuelle, où son rôle est tenu par la presse quotidienne; mais quelle n'était pas son importance sous l'ancien régime!

Au salon, c'était à lui que revenait la place devant la cheminée, où il se chauffait le haut-de-chausses, tout en parlant avec autorité et non sans avoir relevé les basques de son habit.

Lycas, qui revient de Versailles, Le sait, déclare-t-il, du duc de...

<■ Je le tiens aussi de l'Hostel de... Ainsi rien qui soit plus certain >. »

A table, il prend le dé de la conversation et, durant qu'il parle, les plus beaux yeux se suspendent à ses lèvres.

Tel Lubin, que Donneau de Vizé présente dans son Mercure galant. C'est un « affamé de nouvelles ' ». Du matin au soir il court la ville, « d'un pas sans égal ». « Vrai Furet », dit d'Ardène2. Et c'est précisément ce

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