I. Mercure galant, janv. 1693, p
■2. D'Ardène, le Nouvelliste, dans la collection de ses Œuvres, IV, 305.
NOUVELLISTES D'ETAT. 2j
nom, « Furet », que l'auteur de la Novellomame donne à son héros. Il se faufile à Versailles '.
En cour, malgré la foule et la garde revêche, Il vous gobe en passant une nouvelle fraîche. Souvent, contre le mur appliqué fortement,
Il comprend des seigneurs certain bourdonnement. Dont il rumine après toute la conséquence -.
Il revient enfin, « gonflé de nouvelles », pour s'en aller, « plus léger qu'un crieur de gazelles », en régaler les dames 3 :
Par là, plus fier encore, il respire à longs traits L'odeur du doux encens que lui donnent les belles, Et cueille à pleines mains le fruit de ses nouvelles. Quels plaisirs n'a-t-il pas dans leurs réduits secrets?
Type au reste déjà ancien. Les auteurs le montrent dès le xvie siècle, « chargé de plumes, se paonnant, empesé et plus droit qu'un fuseau. 11 s'en va au Louvre et, oyant à la porte, ou à la basse-cour où sont les laquais, quelque nouvelle, il s'en retourne voir ses amis et leur fait entendre que le roi l'a tiré à part, lui parlant en secret deux heures et que, entre autres choses, il lui dit la nouvelle qu'il apporte4 ».
Donneau de Vizé qui, en sa qualité de directeur du Mercure, était lui-même nouvelliste, met ses confrères en scène. Il peint leur ardeur inlassable à s'enquérir de toutes choses :
« De grâce, Monsieur, dit Cloranle, en s'interrompanl avec la précipitation d'un curieux, c'est-à-dire d'un nouvelliste, puisque vous venez du Palais,