‹ Les nouvellistesChapitre 128 sur 139 · Le Dinonciaieur national, 7 numéros, in · texte numérisé non relu

Le Dinonciaieur national, 7 numéros, in

« l'habit bourgeois », pour pouvoir pénétrer plus librement dans les cafés et se mêler aux groupes du jardin. Le 8 septembre 1790, le mauvais temps a rassemblé les « moteurs » chez les limonadiers et dans les « boutiques de bois ». « Plusieurs particuliers tenaient des propos contre la liberté et la Révolution, et disaient hautement qu'il fallait exterminer les ministres, plusieurs membres de rAssemblée nationale et M. le maire et M. de La Fayette. Que, quant à ce dernier, on avait déjà soudoyé des chasseurs et des cavaliers pour lui faire sa fête. »

Tavernier proteste et ne se retire qu'après avoir dit « ce que son zèle patriotique lui dictait ». De là il se rend au café de Foy. Tavernier veut y entrer : mais un groupe de vingt hommes lui en défend l'accès. A travers la fenêtre, il aperçoit un chevalier de Saint- Louis, revêtu d'un uniforme bleu, parements et doublures rouges, qui parlait avec vivacité. Quelques-uns de ceux qui gardaient l'entrée disaient :

« Voilà notre défenseur! voilà celui opérera la contre-Révolution! »

Et Tavernier poursuit son « itinéraire » comme ses devanciers, naguère aux ordres des Manille et des Sartine, notant les propos, y mêlant les siens et, le soir, à huit heures, rédigeant son rapport '.

Reproduction exacte, jusque dans ses détails, de la journée d'un « observateur » sous le règne de Louis XV.

Marmontel montre, en 1789, les jardins, les galeries, les cafés du Palais-Royal remplis d'une multitude <• ('-garée et menaçante ■. Elle reçoit avec avidité tous

Page 1