‹ Les nouvellistesChapitre 37 sur 139 · Grand Théâtre des Nouvellistes, p · texte numérisé non relu

Grand Théâtre des Nouvellistes, p

Il en est une que les États de Hollande viennent de faire frapper, où l'on voit, à l'avers, la figure de Mercure; au revers, les emblèmes des sept provinces unies entourés dclauriers. L'inscription était en latin : prétexte tout trouvé pour un érudit de la bande à en donner l'explication. Donneau a reproduit la scène avec sa vivacité coutumière :

« Périandre n'eut pas plutôt remarqué l'inscription qui était sur la médaille (pic, sans rien examiner davantage, il la lut plusieurs fois avec emphase et l'apprit même par cœur.

« — Vive le latin! sécria-t-il dès qu'il l'eut bien mise dans sa mémoire, c'est une langue qu'on ne peut assez admirer, qui dit beaucoup de choses en peu de paroles, comme on peut voir dans cette inimitable inscription, qui dit plus de choses en six ou sept petites lignes, que vous n'en pourriez dire en trente de prose française.

« ASSERTIS LEGIBUS...

« dit-il alors,

« ASSERTIS LEGIBUS...

» .Messieurs.

« ASSERTIS LEGIBUS...

« cela veut dire : Ayant affermi les lois, les ayant assurées, rétablies, fait revivre et les ayant remises dans leur premier éclat; en sorte que rien n'est plus capable de les détruire, ni même de les ébranler. Voilà ce que veut dire :

« ASSERTIS LEGIBUS...

« Passons à :

« EMENDATIS SACRIS...

« EMENDATIS SACRIS... "

« Ah! Messieurs, que

« EMENDATIS SACRIS...

« est admirable !

(i EMENDATIS SACRIS...

« ayanl épuré la religion, L'ayant corrigée, l'ayant réformée. C'est le vrai mot, messieurs, réformée; la religion réformée, et c'est ce que...

o EMENDATIS SACRIS...

-< signifie.

« ADJUTIS DEFENSIS...

« Ah! que cet

« ADJUTIS DEFENSIS...

« est beau ! Rien ne peut égaler

■ ADJUTIS DEFENSIS...

« ADJUTIS DEFENSIS...

« vaut un million.

« ADJUTIS DEFENSIS...

« ayant donné du secours à ceux qui nous en ont autrefois donné, les avant défendus, ayanl pris le parti de nos alliés, de ceux qui s'étaient joints avec nous :

« ADJUTIS... CONCILIATIS REGIBUS...

« Rien ne peut payer

<< CONCILIATIS REGIBUS...

a Ah! que ce

« CONCILIATIS REGIBUS...

o a de force!

> CONCILIATIS REGIBUS...

6 ayant été les arbitres des Rois, les ayant, par nos soins, nos avis, nos secours, notre prudence, remis bien ensemble, obligés à faire la paix, accordés, réunis et tout ce qui vous plaira sur ce sujet; car il n'est rien que, pour l'union des rois, ne signifient ces deux mots. Je dis deux mots, messieurs, car il

n'y en a que deux cl c'est ce que nous devons remarquer :

« CONCTLIATIS REGIBUS...

c< Pour moi, je ne puis me lasser d'admirer :

« CONCILIATIS REGIBUS...

« et je tiens que

« CONCILIATIS REGIBUS...

« peut seul suffire à faire l'éloge de la langue latine. Mais passons au reste, car je n'aurais jamais fait, si j'entreprenais tout ce que renferme cette inscription ' . »

Enfin viennent les critiques d'art. Pour faire la description d'un portrait ils ont recours aux termes

techniques :

Angle, optique, profil, nuage, draperie.

Ils ne parlent que de « massicot, d'azur, de vermillon ». Et il n'est œuvre de maître où quelque détail ne soit repris par eux. Celui-ci connaît plus particulièrement des travaux d'architecture :

C'est d'abord dans ses mains qu'on trouve avec plaisir

Pour bâtir des palais cent ordres à choisir :

Car. sans le Corinthien, le Toscan, l'Ionique,

Et ce qu'a de charmant avec eux le Dorique,

Il en fait, voir encor de Bon invention

Qui des plus curieux bornent la passion.

Et ce ne sont d'abord, par ses soins pédanlesques,

(>ue Irises, piédestals, ovales et grotesques,

Colonnes, pavillons, lambris et chapiteaux,

Tout enfin, hors l'argent pour bâtir ces châteaux.

Pour donner à sa critique l'autorité de ce que notre langue moderne appelle un graphique, le nou-

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